mercredi 13 septembre 2017

La guerre-en-Syrie-pourquoi-Etats-Unis-vont-devoir-prendre-une lourde-décision-quant-à leur présence-place-Alain-Rodier

Atlantico : Alors que les forces du régime syrien, soutenues par les Russes et le Hezbollah, ont pu reprendre le contrôle de la base aérienne à l'est de Deir ez-Zor, la fin du conflit serait désormais à portée de main. Dans une telle optique, et alors que les États Unis sont confrontés à une décision concernant leur avenir sur le territoire syrien, quels sont les enjeux à prendre en compte de la part de Washington ?


Alain Rodier : Les derniers développements en Syrie ont montré une poussée rapide des forces de Bachar el-Assad vers l’est permettant de lever le siège qui pesait sur Deir ez-Zor depuis trois ans. Elles sont soutenues par l’aviation et des forces spéciales russes ainsi que par différentes milices chiites. La bataille n’est pas terminée et devrait se prolonger le long de l’ouest de l’Euphrate vers la frontière irakienne avec pour objectif final la prise de la ville d’Abou Kamal située à la frontière. A noter que Damas tente de récupérer des tribus sunnites hostiles à Daech pour accompagner le mouvement, une manière de légitimiser les reconquêtes territoriales.
Une unité sunnite, « les Faucons de l’Euphrate » (Suqour al Furat) a par exemple été constituée à partir de membres de la tribu Chaitat. Elle a des comptes à régler avec Daech auquel elle s’était opposée en 2014. En représailles, les salafistes-djihadistes avaient massacré 700 de ses membres.
Parallèlement, les Forces démocratiques syriennes (FDS) composées majoritairement de Kurdes du PYD (Parti de l’union démocratique, le « cousin » syrien du PKK turc) soutenues en direct par les Américains continuent d’assiéger la ville de Raqqa. Ne voulant pas perdre trop de temps, elles l’ont également contourné pour lancer une offensive vers l’est de l’Euphrate.
Paradoxe, les forces légalistes syriennes et russes progressent le long de l’ouest de l’Euphrate et les FDS et les Américains font de même à l’est. C’est une sorte de "course" dont l’objectif final est le contrôle d'une portion de la frontière irakienne. Elles sont à portée de canon les unes des autres et le risque d’incident - particulièrement aérien - est élevé même une coordination semble avoir été établie entre les commandements russe et américain pour éviter toute bavure. Mais la guerre n’est pas une science exacte.
Le problème est que la région située de l’autre côté de la frontière (en Irak) est encore partiellement tenue par Daech. Aucune offensive gouvernementale n’a encore été déclenchée pour libérer la zone. Mais globalement, ce sont les milices chiites irakiennes proches de Téhéran - et pas de l’armée régulière - qui semblent être en mesure de le faire. Si cela est le cas, elles accueilleront avec enthousiasme bien les forces légalistes syriennes mais, en ce qui concerne les FDS, c’est une autre histoire…
Dans le reste de la Syrie, la situation est globalement figée, surtout en raison des zones de « désescalade » qui ont été négociées entre Russes, Américains, Jordaniens et Turcs.

Plus spécifiquement, quels seraient les risques découlant d'un départ des États Unis, qui aurait pour effet de permettre la création d'une ligne Damas-Bagdad-Téhéran unifiée ?


Les intentions des uns et des autres sont assez claires en dehors de celles de Washington.
-         Bachar el-Assad veut reconquérir l’ensemble du pays et s’accrocher au pouvoir.
-         Les Russes sont là pour rester car la Syrie représente désormais leur base avancée au Proche-Orient et en Méditerranée. Les bases de Tartous et Hmeimim sont louées à Damas pour 49 ans depuis janvier 2017.
-         Les Kurdes veulent leur indépendance ou, à défaut, une très large autonomie dans un pays de type « fédéral ».
-         Les Turcs sont décidés à empêcher par tous les moyens la constitution d’un Kurdistan unifié (le Rojava) le long de leur frontière donc ils sont présents pour longtemps dans la zone qu'ils ont conquis lors de l'opération "bouclier de l'Euphrate" en août 2016 à l’ouest de l’Euphrate jusqu’au corridor d’Azaz.
-         Al-Qaida « canal historique » souhaite contrôler, via la coalition Hayat Tahir al Cham (HTC) qui lui est affiliée secrètement, la province d’Idlib et harceler le régime dans tout l’ouest de la Syrie. Le HTC monte en puissance gagnant de nouvelles recrues qui proviennent d’autres formations rebelles en perdition dont le plus puissant était le Ahrar al-Cham (soutenu par Ankara).
-         Téhéran est là pour créer un passage sécurisé qui reliera l’Iran à la Méditerranée via l’Irak et la Syrie. Pour cela, il se sert de nombreuses milices dont le Hezbollah libanais. Pour les encadrer, la force Al-Qods, le « Service Action » des pasdarans, est présente en nombre en Syrie. Globalement, le "croissant chiite" reliant l'Iran au Liban via l'Irak et la Syrie est en train de se réaliser dans les faits.
-         Le Hezbollah souhaite acquérir des armes - en particulier des missiles de haute précision - en prévision d’un conflit futur avec Israël quand il se sera retiré de Syrie une fois la guerre terminée. Hassan Nasrallah, son leader, a d'ailleurs proclamé le 11 septembre l'avoir définitivement gagné.
-         Israël veut empêcher le transfert d’armes vers le Hezbollah et éviter l’influence de plus en plus prégnante de l’Iran en Syrie. L’Etat hébreu tient aussi à préserver le plateau du Golan en éloignant au maximum les Iraniens et le Hezbollah.
-         Les Américains veulent vaincre Daech sur le terrain puis après, personne ne sait vraiment quelles sont leurs intentions. Peut-être même pas le président Trump lui-même !

A l'inverse, alors que le départ des Britanniques a déjà pu être signalé, que les autres puissances régionales se sont également retirées, dans quelle mesure les États-Unis peuvent ils rester isolés sur la zone ? Que peuvent ils réellement espérer de leur présence sur place ?

 
Il est possible que les Américains restent en Syrie pour assurer la survie du Rojava car personne (Ankara, Damas) n’osera l’attaquer s’ils sont là, même en nombre réduit (on parle de mille hommes des forces spéciales) mais alors, ils y seront pour longtemps comme en Corée du Sud depuis 1953 !

S’ils s’en vont, le Rojava sera soumis à une pression de plus importante de la part de Damas et de la Turquie jusqu’à ce que les Kurdes rentrent dans le rang.
            La communauté internationale reste divisée sur la conduite à tenir. L’Arabie saoudite et les pays sunnites qui la suivent exigent le départ de Bachar el-Assad et soutiennent discrètement le HTC dans l’espoir d’affaiblir le régime mais se gardent bien maintenant d’intervenir directement.
L’Europe veut aussi le départ de Bachar, mais aussi que les responsables des massacres gouvernementaux soient traduits devant un tribunal international pour crimes contre l’Humanité.
La Chine et l’Inde se font plus discrètes mais s’apprêtent à participer à la reconstruction du pays quand un certain ordre sera rétabli

Djihad mondial

    • En Syrie - Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah et contrôlent désormais 65 % de la ville. En même temps, les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué d'avancer vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, prenant ainsi le contrôle de la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. De plus, le siège de l'enclave du régime syrien à Deir Ez Zor a été levé.
    • En Irak, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé qu'après dix jours de combats, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar, le dernier bastion de l'Etat islamique dans le Nord de l'Irak.
  • La coalition internationale contre l'Etat islamique a empêché, par le biais de frappes aériennes, le transit de centaines de membres de l'Etat islamique et de leurs familles de la région de Qalamoun vers l'Est de la Syrie. Selon un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis, le passage est bloqué en raison des craintes que les membres rejoignent les combats dans l'Est de la Syrie et en Irak. Il a souligné que puisque la coalition n'est pas concernée par l'accord, elle n'y est pas astreinte.
  • Les zones de désescalade
    • Suite aux efforts communs de la Jordanie et de la Russie, Moscou a annoncé l'ouverture d'une salle d'opérations à Amman en Jordanie, destinée à superviser la mise en œuvre des accords de désescalade. Dans son annonce, la Russie a souligné l'importance du maintien du cessez-le-feu et la mise en œuvre des accords (Al-Arabiya, 31 août 2017).
    • S'adressant à des étudiants et à des professeurs de l'Institut national des Relations internationales de Moscou (MGIMO), Sergey Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que l'accord sur les zones de désescalade en Syrie n'est pas dangereux pour la sécurité d'Israël. Lavrov a souligné que la décision sur la mise en place de ces zones prend en compte les préoccupations d'Israël en matière de sécurité et que, lorsqu'il a été conclu, l'ensemble des partenaires ont été mis à jour, y compris Israël. Il a également dit que, dans toutes les décisions ayant trait au Moyen-Orient, les intérêts de sécurité d'Israël sont assurés, comme les intérêts du reste des pays de la région (Tass, 1er septembre 2017).
    La coalition internationale contre l'Etat islamique
    • Dans une déclaration finale prononcée lors d'une conférence téléphonique à partir de Bagdad, Stephen Townsend, commandant de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a clairement indiqué que les Etats-Unis continueront de coopérer avec les forces des YPG fonctionnant aux côtés des FDS dans la région d'Al-Raqqah. Se référant à la poursuite de la lutte contre l'Etat islamique, il a affirmé que la bataille finale avec l'organisation est susceptible d'avoir lieu dans la vallée de l'Euphrate dans la région entre Deir Ez-zor en Syrie et le district de Rawa en Irak. Il a ajouté que les forces des FDS, qui comptent environ 50 000 combattants, prendront part à la bataille. Il a affirmé que les FDS sont une force légère possédant un petit nombre de véhicules blindés mais qu'elles sont les plus efficaces dans la lutte contre l'Etat islamique. Au sujet de la capture du chef de l'Etat islamique Abu Bakr Al-Baghdadi, Townsend a dit qu'il ne pense pas que le commandant de l'Etat islamique soit mort (Hurriyet Daily News, 2 septembre 2017).
    • Dans un entretien avec Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, il a dit qu'il y avait encore trois importants domaines d'instabilité en Syrie : Deir ez-Zor, Al-Raqqah et Idlib. Il a déclaré que le régime syrien et les forces syriennes devraient reprendre Deir Ez-zoravant Octobre 2017. Al-Raqqah devrait être reprise plus ou moins en même temps par les États-Unis et les FDS. Quant à Idlib, il a fait référence à la présence de membres du Fateh al-Sham (Front Al-Nusra) et a précisé que sa chute était attendue plusieurs mois après la chute d'Al-Raqqah et de Deir ez-Zor. De tels événements pourraient marquer le début de la fin de la crise en Syrie (Reuters, 2 septembre 2017).
    Principaux développements en Syrie
    La campagne d'Al-Raqqah
    • Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah (Dimashq al-Aan, 1er septembre 2017) et contrôlent 65 % de la ville (Réseau Al-Sham, 3 septembre 2017). Dans le même temps, les combats se poursuivent dans le Sud-Ouest de la ville.
    • Au cours de la semaine, les affrontements ont opposé les FDS, assistées par des frappes aériennes de la coalition, sur plusieurs secteurs, y compris : Al-Dar'iyah, le quartier d'Al-Murour au Sud-Ouest et à la limite de la vieille ville (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). L'Etat islamique a annoncé que lors d'affrontements dans le quartier d'Al-Murour 18 combattants des FDS ont été tués et dix autres ont été blessés (Compte Twitter, 3 septembre 2017).
    La campagne de reprise de Deir Ez-zor
    • Les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué leur avancée vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, éliminant ainsi la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. Le ministère russe de la Défense a déclaré que l'élimination de l'Etat islamique dans la région de Deir Ez-zor et sa reprise portent un coup stratégique à la présence de l'organisation en Syrie (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017).
    • Après la reprise d'Uqayribat, les forces du régime nettoient la ville avant de reprendre l'ensemble du district. Les forces russes, aidées par l'armée de l'air, ont continué leur avancée dans la partie Ouest de l'enclave. Le 4 septembre 2017, les forces syriennes ont atteint le siège de la 137èmebrigade (qui avait été utilisée par l'armée syrienne), à environ 7 km à l'Ouest de la ville, où elles ont affronté des membres de l'Etat islamique. Une autre force syrienne avance le long de la route du mont Bishri. Les membres de l'Etat islamique se sont retirés de la route reliant Al-Sukhnah à Deir Ez-zor, y compris de la région de Kobajjep, et d'Al-Shoula, au Sud-Ouest de Deir ez-Zor (Observatoire syrien des droits de l'homme, 4 septembre 2017).
    • Ces mouvements de l'armée syrienne et de ses partisans marquent l'arrêt du siège de l'enclave de Deir ez-Zor. Un fonctionnaire de l'armée syrienne a déclaré que les forces avaient achevé la deuxième phase de leur campagne dans le désert de Syrie, grâce à l'appui aérien syrien et russe. Il a ajouté qu'ils avaient réussi à lever le blocus de Deir ez-Zor. L'annonce a souligné que la levée du blocus est d'une importance stratégique pour la guerre contre le terrorisme (Télévision syrienne, 5 septembre 2017). Les membres de l'Etat islamique ont tenté de retarder l'avancée des forces syriennes, en tirant vers les concentrations d'artillerie des forces de l'armée syrienne. En outre, un terroriste suicide a procédé à une attaque au moyen d'une voiture piégée (Twitter, 3 septembre 2017).
    La participation russe en Syrie
    • L'armée russe a aidé les forces du régime et leurs partisans. Dans des attaques menées par les forces russes pendant les combats, un convoi de l'Etat islamique, qui était composé de 12 camions, d'armes, de munitions, de véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses et d'armes antiaériennes et de mortiers - a été détruit. Dans d'autres attaques, des véhicules blindés, des positions d'artillerie, des postes de contrôle et des centres de communication de l'Etat islamique ont été détruits (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017). Le 4 septembre 2017, les Russes ont également tiré des missiles de croisière à partir de leur frégate Amiral Essen, ancrée dans le bassin méditerranéen (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). L'Etat islamique prétend que lors d'affrontements dans le village d'Al-Mushrefa, au Sud-Ouest de Uqayribat, plusieurs soldats russes ont été tués (Réseau Al-Sham, 30 août 2017). Le ministère russe de la Défense a fait savoir qu'une fois la zone reprise, il a été en mesure de corroborer l'information, reçue par divers canaux, selon laquelle la zone était occupée par des membres de l'Etat islamique originaires des pays russophones (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). 

    Attaque d'un convoi de l'Etat islamique par les forces de la coalition
    • Des avions de la coalition internationale contre l'Etat islamique ont empêché un convoi de 17 autobus transportant des membres de l'organisation et leurs familles, qui avaient été évacués de la région de Qalamoun, d'atteindre sa destination dans la ville d'Abu Kamal dans l'Est de la Syrie à la frontière irako-syrienne, l'un des derniers bastions de l'Etat islamique dans la région. Le convoi était composé de quelque 300 membres de l'Etat islamique et d'un nombre semblable de membres de leur famille qui avaient été évacués du Liban dans le cadre d'un accord de retrait entre le régime syrien et le Hezbollah d'une part et l'Etat islamique de l'autre. Les membres ont annoncé qu'au moins 12 personnes ont été tuées dans l'attaque (Zaman Al-Wasl, 1er septembre 2017).
    • Les forces de la coalition ont mené une attaque aérienne contre le convoi dans le secteur d'Al-Hmimah, au Sud de Deir ez-Zor. Suite à cette attaque, et après que le convoi a changé de direction, les forces de la coalition ont effectué une autre attaque. Le gouvernement irakien a également refusé de permettre au convoi de passer par son territoire (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). A la suite de l'attaque, le régime syrien et le Hezbollah ont commencé à chercher une route alternative pour le convoi qui s'est égaré pendant plusieurs jours dans une région désertique au Nord-Est de Palmyre (Qasioun, 2 septembre 2017). Des sources de l'opposition syrienne ont indiqué que des dizaines de civils et de membres de l'Etat islamique avaient abandonné l'autobus et tenté de se rendre dans la région de Deir Ez-zor en voiture (Washington Post, 2 septembre 2017).
        Le Hezbollah a publié une annonce officielle selon laquelle les avions américains ont empêché les bus transportant les membres de l'Etat islamique et leurs familles, qui ont quitté une région sous le contrôle du gouvernement, d'avancer et qu'ils ont imposé un siège dans le désert. Il a en outre été déclaré que les Américains ont empêché l'aide humanitaire d'atteindre les malades, les blessés et les personnes âgées. Le porte-parole de la coalition a indiqué que les forces de la coalition Internationale ne permettent pas au convoi d'approcher de la frontière syro-irakienne. Il a également été signalé qu'il a été demandé à la Russie de faire savoir au régime d'Assad les intentions de la coalition au sujet du convoi. L'Irak a annoncé que si le convoi approchait de sa frontière, il lancerait une action militaire (Al-Hadath Al-Arabiya, 2 septembre 2017).
    • Un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis a déclaré que la coalition n'est pas concernée par l'accord et n'y est donc pas astreinte. Cependant, il a souligné que la coalition avait attaqué le convoi conformément au droit international. Le porte-parole a en outre souligné que la coalition peut intervenir n'importe où et n'importe quand contre l'Etat islamique sans porter atteinte à des civils. Le porte-parole de la coalition internationale Ryan Dillon a déclaré que l'attaque du convoi avait pour but d'empêcher la progression des membres de l'Etat islamique vers l'Est en direction de l'Irak. Il a également déclaré que la coalition continuera de suivre les convois en temps réel et de les frapper dans les zones ouvertes, où il n'y a pas de civils (Reuters, 1er septembre 2017).
    Principaux développements en Irak
    La ville de Tal Afar
    • Haider al-Abadi, le Premier ministre irakien, a déclaré le 1er septembre 2017 qu'après 10 jours de combat, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar et de l'ensemble de la province de Ninive (Compte Twitter du premier ministre irakien, 2 septembre 2017). Au Nord de Tal Afar, des dizaines de membres de l'Etat islamique se sont rendus aux forces peshmergas kurdes après avoir fui les forces de sécurité irakiennes (Al-Prat, 30 août 2017). Les forces d'ingénierie de l'Irak continuent leurs activités de neutralisation des engins piégés dans la ville de Tal Afar (Al-Iraqiya, 3 septembre 2017).
    • L'armée irakienne a annoncé qu'au cours de la reprise de la région de Tal Afar, plus de deux mille membres de l'Etat islamique ont été tués, dont 50 terroristes suicide. 77 voitures piégées ont été neutralisées, ainsi que 990 engins piégés. En outre, 71 structures ont été neutralisées, ainsi que 46 motos piégées et 66 tunnels. De grandes quantités d'armes et 13 ateliers de fabrication de voitures piégées ont été découverts. Selon l'armée irakienne, 150 soldats irakiens ont été tués dans la campagne de Tal Afar et quelque 600 ont été blessés (Al Sumaria, 2 septembre 2017).
    Poursuite de la réhabilitation de Mossoul
    • Le 30 août 2017, un pont flottant a été inauguré pour connecter le côté Est et le côté Ouest de Mossoul. Le pont a été installé par le corps d'ingénierie de l'armée irakienne. En même temps, la réhabilitation du quatrième pont reliant l'Est et l'Ouest de la ville a également commencé (Centre d'information de Ninive, 30 août 2017).
       L'Etat islamique craint la poursuite de la campagne en Irak
    • Après la reprise de Mossoul et de Tal Afar, les membres de l'Etat islamique craignent que les forces de sécurité irakiennes continuent leurs tentatives de reprendre d'autres bastions de l'organisation en Irak : une source locale a rapporté que chaque nuit, des familles de membres de l'organisation quittent la ville d'al-Sharbat (un bastion de l'organisation à quelques 90 km au sud de Mossoul) vers des destinations inconnues, en raison des craintes que la ville soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al Sumaria, 3 septembre 2017). Une source locale d'Al-Hawija a annoncé que la plupart des commandants de l'Etat islamique et leurs familles ont quitté la ville, qui est sous contrôle de l'Etat islamique, de crainte que la ville, à quelque 55 km au Sud-Ouest de Kirkouk, soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    Attaques en Irak
    • A'ana - Une source de sécurité irakienne a déclaré que des avions de la coalition internationale ont attaqué un convoi de l'Etat islamique dans la région désertique près de la frontière irako-syrienne. 22 membres de l'organisation ont été tués dans l'attaque (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    • Samarra L'Etat islamique a annoncé que trois de ses membres armés et revêtus de gilets piégés ont attaqué la station d'électricité au Sud de la ville de Samarra. Les terroristes ont ouvert le feu puis activé leurs vestes piégées. L'attentat a tué dix agents de sécurité irakiens et blessé vingt autres (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    • Al-Waleed/Al-Tanf – L'Etat islamique a indiqué avoir attaqué un véhicule appartenant à la milice d'Al-Hachad Al-Shaabi - une milice pro-iranienne aidant le gouvernement irakien dans sa lutte contre l'Etat islamique dans la zone d'Al-Tanf entre l'Irak et la Syrie. Certains des passagers ont été tués et d'autres ont été faits prisonniers (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    La péninsule du Sinaï
    • Un compte Twitter rapportant les événements dans la péninsule du Sinaï a publié une annonce de l'Etat islamique menaçant les employés d'une usine de béton d'El-Arish et déclarant le site objectif légitime d'attaque. Conformément à l'annonce, l'usine est l'un des outils dans la guerre de l'armée contre les fidèles musulmans d'Allah et est donc une cible légitime. L'annonce met en garde les employés et les propriétaires des véhicules transportant les produits de l'usine (Twitter ,3 septembre 2017).
    Autres pays
    Philippines : Les combats entre l'Etat islamique et l'armée philippine à Marawi touchent à leur fin
    • D'après un rapport de l'agence Reuters, qui s'appuie sur des sources militaires des Philippines, la campagne de la ville de Marawi sur l'île de Mindanao, qui dure depuis plus d'une centaine de jours, est maintenant dans sa phase finale. Selon l'agence, la zone dans laquelle les deux parties s'affrontent a été réduite et se concentre désormais au quartier commerçant de la ville. Le nombre de membres de l'Etat islamique qui prennent part aux combats a considérablement diminué. En conséquence, les femmes et les enfants sont également impliqués dans les combats. Plus de 800 membres de l'Etat islamique, pour la plupart armés, ont été tués dans les affrontements depuis le 23 mai 2017. Les membres de l'organisation détiennent 56 otages chrétiens, pour la plupart des femmes, ainsi que 80 résidents de la ville qui ont été contraints de porter des armes et de lutter contre l'armée philippine (Reuters, 4 septembre 2017). Le 2 septembre 2017, l'Etat islamique a signalé que quelque cinquante soldats philippins ont été tués dans des affrontements dans plusieurs quartiers de la ville (Al-Zuaram, 2 septembre 2017).
    Myanmar
    • La branche information Al-Malahem d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique a publié un clip intitulé "La Birmanie (Myanmar), la plaie oublié". Le clip montre le cheikh Khalid Bin Umar Batrafi, porte-parole d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, mentionnant les souffrances des musulmans en Birmanie, qui sont opprimés par le gouvernement bouddhiste. Selon lui, la seule solution à cette crise est le jihad. Il a appelé les musulmans de Birmanie à s'y préparer. Il a également appelé les musulmans des pays voisins (Bangladesh, Malaisie, Inde, Indonésie) à aider leurs frères en Birmanie et à mener le jihad (Al-Malahem, 2 septembre 2017).
    La gestion de l'Etat islamique
    Un membre de l'Etat islamique recherché
    • Le 29 août 2017, le département du Trésor a déclaré que Salim Mustafa Mohammed Al-mansour, responsable des finances de l'Etat islamique à Mossoul, était recherché. La déclaration a été faire en coordination avec le gouvernement irakien, qui a décidé de geler tous ses biens en Irak. Mansur est connu depuis 2009, lorsqu'il était un haut responsable d'Al-Qaïda. En 2014, il a été impliqué dans le transfert de milliers de dinars irakiens à l'Etat islamique à Mossoul. En 2016, il était responsable de la vente de pétrole et de ses dérivés produits par l'Etat islamique dans les champs occupés en Irak et en Syrie. Selon le département du Trésor, il s'est récemment rendu d'Irak en Turquie et pourrait se trouver à Mercin, Istanbul, ou Adana. On ne sait pas comment il est arrivé en Turquie sans être arrêté par les autorités. John E. Smith, responsable de la supervision des avoirs étrangers du Département du Trésor, a déclaré que le ministère continue de travailler en étroite coopération avec le gouvernement irakien pour éliminer les réseaux financiers de l'Etat islamique à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak (Site Internet du Département du Trésor, 29 août 2017).
    Les membres de l'Etat islamique célèbrent l'Eid al-Adha au Sud de Damas
    • A l'occasion de la fête de l'Eid Al-Adha, les bureaux d'information de l'Etat islamique dans les divers districts ont publié des photos et des vidéos décrivant l'atmosphère festive. Les clips proposent des instructions sur les coutumes permises et interdites et précisent que la lutte contre le jihad fait partie intégrante de la fête :
    • Dans un clip diffusé par le bureau d'information de l'Etat islamique dans la province d'Al-Khayr, les coutumes de la fête sont expliquées conformément aux concepts de l'organisation. À la fin du clip, un homme masqué exhorte les musulmans qui ne sont pas en mesure d'émigrer sur les terres de l'Islam à amplifier le jihad en menant des actes du jihad sur les terres des Juifs et des croisés (Akhbar Al-Muslimeen, 31 août 2017).
    • La province de Damas de l'Etat islamique a publié des photos de ses membres célébrant la fête dans le Sud de Damas (peut-être dans le camp de réfugiés d'Al-Yarmouk, bien que l'emplacement exact n'a pas été spécifié). Les images montrent les membres de l'organisation priant et écoutant le sermon de l'imam dans une mosquée. En outre, des photos ont été publiées montrant la distribution de bonbons à la population locale et des moutons conduits à l'abattage (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
       
    Activités de prévention
    Russie
    • Le bureau de sécurité fédérale de Russie (FSB) a arrêté deux membres de l'Etat islamique d'Asie centrale qui préparaient une attaque terroriste à Moscou le 1er septembre 2017. L'un des suspects, Murodbek Kadirov, a admis qu'il envisageait de mener une attaque suicide au milieu d'une foule importante. La fouille de son appartement a permis de découvrir un puissant engin et un clip publié sur Internet dans lequel il prêtait allégeance à l'Etat islamique. Des informations sur d'autres recrues et des instructions sur l'exécution de l'attaque ont été trouvées dans son téléphone. Le second suspect avait prévu une attaque à l'arme blanche (Spoutnik, 1er septembre 2017).
    • Dans ce contexte, il convient de mentionner la déclaration de Valery Gerasimov, le chef d'état-major russe lors de la cérémonie d'ouverture de l'académie militaire de l'état-major pour la lutte contre le terrorisme, selon laquelle le terrorisme international et la prolifération des conflits entre hommes armés nécessitent une nouvelle approche qui permettrait de garantir la sécurité et la poursuite de la formation des forces militaires (Tass, 1er septembre 2017).
    Turquie
    • L'unité anti-terroriste de la police d'Izmir a arrêté six suspects, dont trois ressortissants syriens, accusés d'être membres de l'Etat islamique. Selon la police, ils ont été trouvés en possession de "matériel numérique et de documents" contenant du matériel de propagande de l'Etat islamique. La Turquie a indiqué que jusqu'à présent, plus de 5 000 suspects ont été arrêtés, 5 000 membres présumés de l'organisation ont été expulsés et plus de 53 000 personnes soupçonnées de terrorisme se sont vus refuser l'entrée en Turquie (Sabah, 29 août 2017)
    La guerre de propagande
    • Le bureau d'information de l'Etat islamique a publié une vidéo montrant un garçon d'environ dix racontant comment il est arrivé à Al-Raqqah il y a deux ans avec sa mère depuis les Etats-Unis et a commencé à apprendre les lois de l'Islam. L'enfant dit que son père était un soldat américain, luttant contre les combattants du jihad en Irak. Il présente son ami Abdullah, sept ans, qui vit avec lui dans la même maison. Abdullah parle arabe et dit qu'il est arrivé de Sinjar (Nord-Ouest de l'Irak) et qu'il a été transféré à Al-Raqqah par des membres de l'Etat islamique et que maintenant, il apprend les lois de l'Islam. Youssef s'adresse au Président américain Donald Trump, "la marionnette des Juifs", affirmant que la bataille ne prendra pas fin à Al-Raqqah ou Mossoul mais sur vos "terres" (Akhbar Al-Muslimeen, 23 août 2017).

Ces Djihadistes qui vivent des Prestations Sociales par Soeren Kern

Un imam libyen qui suppliait Allah de « détruire » tous les non-musulmans a reçu plus de 527 000 euros de prestations sociales du gouvernement suisse, a révélé le diffuseur suisse SRF.
Abu Ramadan, arrivé en Suisse en 1998, a obtenu l'asile en 2004 en raison disait-il des persécutions que lui valaient en Lybie son affiliation aux Frères musulmans. Depuis 2004, Ramadan a touché 600 000 francs suisses (527 000 euros) de prestations sociales.

Établi en Suisse depuis près de 20 ans, Ramadan annone seulement quelques mots de français ou d'allemand et n'a jamais exercé aucune profession. Agé de 64 ans, il fera bientôt valoir ses droits à la retraite.

Tout en vivant aux crochets des contribuables suisses, Abu Ramadan, un salafiste bien connu, a lancé un appel à la charia et a exhorté les musulmans à refuser l'intégration dans la société suisse. Il a ajouté que les musulmans qui commettent des crimes en Suisse ne devraient pas être soumis aux lois suisses. Dans un sermon prononcé dans une mosquée près de Berne, il a déclaré :
« Oh, Allah, je te le demande, détruis les ennemis de notre religion, détruis les juifs, les chrétiens, les Hindous, les Russes et les chiites. O Dieu, je te supplie de les détruire tous et de redonner à l'Islam son ancienne gloire. »
Saïda Keller-Messahli, une militante suisso-tunisienne des droits de l'homme, a déclaré que Ramadan est dangereux en raison de son opposition à l'intégration des musulmans : « Il n'appelle pas directement au djihad, mais il crée le terreau mental qui prédispose au djihad ».

Adrian Amstutz, élu au Parlement fédéral, a mis en cause le multiculturalisme suisse:
« Ce scandale est si énorme qu'on peut à peine le croire. Les imams qui prêchent la haine envers les chrétiens et les juifs, et qui fustigent la dépravation de l'Occident, jouissent du droit d'asile et vivent confortablement des aides accordées aux réfugiés. Tout cela avec la complicité d'élus lâches et incompétents qui laissent carte blanche aux fonctionnaires complaisants et naïfs des services de protection sociale et d'aide aux réfugiés »
Beat Feurer, conseiller municipal de Bienne, ville suisse où Ramadan a vécu pendant 20 ans, a demandéaux autorités suisses d'ouvrir une enquête: « Ces personnes n'ont, à mon avis, rien à faire ici. Elles devraient être expulsées. »

Le scandale Ramadan n'a rien de spécifique à la Suisse. Dans de nombreux pays d'Europe, des milliers de djihadistes violents et non violents financent leurs activités à l'aide des prestations sociales. En 2015, l'Etat islamique a élaboré un guide pour les djihadistes d'Occident - « Comment survivre à l'Ouest » - qui préconisait la chose suivante : « Si vous pouvez demander des aides financières à un gouvernement, faites-le. »

En Autriche , plus d'une douzaine de djihadistes ont financé leur départ en Syrie au moyen de prestations sociales. Parmi ceux qui ont été arrêtés, Mirsad Omerovic, 32 ans, un prédicateur musulman extrémiste, a, selon la police, perçu plusieurs centaines de milliers d'euros pour la guerre en Syrie. Omerovic, père de six enfants vit exclusivement des aides de l'Etat-providence autrichien. Il a également touché des prestations complémentaires au titre du congé de paternité.

En Belgique, plusieurs des djihadistes impliqués dans les attentats de Bruxelles et de Paris ou 162 personnes ont trouvé la mort en 2015 et 2016, ont perçu plus de 50 000 € de prestations sociales, qu'ils ont utilisé pour financer leurs attentats terroristes. Fred Cauderlier, porte-parole du Premier ministre belge, s'est défendu ainsi : « Nous sommes une démocratie. Nous n'avons aucun moyen de vérifier la façon dont les gens utilisent leurs avantages sociaux. »
Rien que dans le Brabant flamand et à Bruxelles, des dizaines de djihadistes qui ont combattu en Syrie ont perçu pas moins de 123.898 € de prestations illégales, a indiqué le ministère de la Justice.
Peu auparavant, le journal flamand De Standaard a révélé que 29 djihadistes d'Anvers et de Vilvoorde qui ont rejoint l'Etat islamique en Syrie et en Irak ont, après leur départ, continué à toucher 1 000 € par mois d'aides sociales. Le maire d'Anvers, Bart de Wever, a déclaré : « Il serait anormal de maintenir ces personnes sur la liste des bénéficiaires sociaux et que leurs allocations chômage servent à financer leur combat en Syrie ».

En février 2017, l'Agence nationale de l'emploi belge (RVA) a révélé que 16 djihadistes de retour de Syrie percevaient des allocations chômage. Le porte-parole de RVA, Wouter Langeraert, a déclaré :
« Nous vivons dans un état constitutionnel. Toutes les personnes parties combattre en Syrie n'ont pas été emprisonnées. Certains remplissent toutes les conditions d'éligibilité : ils ne sont pas en prison, ils se sont réinscrits dans leur municipalité et ils sont demandeurs d'emploi, etc. »
En Grande - Bretagne, les contribuables ont financé Khuram Butt, qui a dirigé l'attaque contre le London Bridge et le Borough Market, ou huit personnes ont été assassinées et 48 autres blessées.
Salman Abedi, le kamikaze de Manchester, a financé son attentat terroriste à l'aide des crédits à taux bonifiés et diverses aides accordées aux étudiants par le contribuable.
En octobre 2015, après obtention d'un diplôme de gestion à l'Université de Salford, Abedi a obtenu un prêt de £ 7,000 (7 529 €) de la Student Loans Company (Compagnie de prêts aux étudiants), un organisme financé par le contribuable. Il aurait également touché une bourse de plus de £ 7 000 pour l'année scolaire 2016, alors qu'il ne suivait aucun enseignement. Il semble également acquis qu'Abedi a bénéficié d'une aide au logement et d'une aide au revenu d'une valeur de 250 £ (269 €) par semaine.

David Videcette, un ancien détective de la police urbaine qui a enquêté sur les attentats de Londres de juin 2017, a déclaré à propos des prêts étudiants:
« C'est un moyen facile pour un terroriste de vivre et de financer ses activités au détriment du contribuable. Il suffit de s'inscrire à l'université, nul n'est obligé de suivre les cours. Et généralement, ils n'en suivent aucun. »
Le professeur Anthony Glees, directeur du Centre d'études sur la sécurité et le renseignement de l'Université de Buckingham, a déclaré : « Le système britannique propose des financements sans contrôle et facilement accessibles aux étudiants djihadistes. Il faut revoir le système. »

Pendant ce temps, Shahan Choudhury, un djihadiste de 30 ans, originaire du Bangladesh, radicalisé dans une prison britannique, a utilisé les aides sociales du gouvernement pour financer le départ de toute sa famille en Syrie, y compris trois jeunes enfants, pour combattre aux côtés de l'État islamique. La famille a disparu du jour au lendemain, abandonnant tous ses biens dans son appartement de East London, a indiqué le propriétaire.

En 2015, la presse a révélé que trois sœurs parties de Bradford pour la Syrie, ont continué de toucher leurs allocations. Khadija, 30 ans, Zohra, 33 ans, et Sugra Dawood, 34 ans, toutes trois parties avec leurs neuf enfants, ont utilisé les aides sociales et les crédits d'impôt pour enfants pour financer leur voyage.

Plus récemment, une demande d'accès à l'information a révélé qu'Anjem Choudary, un islamiste qui purge une peine de cinq ans et demi de prison pour avoir mené des actions de recrutement en faveur de l'État islamique, s'est vu attribuer plus de 140 000 livres sterling (151 600 €) d'aide judiciaire financée par le contribuable afin d'éviter la prison. Le chiffre devrait augmenter puisque ses avocats continuent de déposer des requêtes. Ce père de cinq enfants a engagé une action pour obtenir plus de 500 000 euros d'aide sociale, une somme qu'il qualifié d' « allocation du demandeur de djihad ».
Choudary affirme que les musulmans ont droit aux aides sociales qu'il assimile à la jizya, une taxe que les musulmans imposent aux non-musulmans pour leur rappeler leur statut permanent d'infériorité et de subordination.
Anjem Choudary qui purge une peine de prison pour avoir recruté des combattants pour l'Etat islamique affirme que les musulmans ont droit aux aides sociales qu'il assimile à la jizya, une taxe que les musulmans imposent aux non-musulmans pour leur rappeler leur statut permanent d'infériorité et de subordination. Il a engagé une action en justice pour obtenir plus de 500 000 d'aide sociale, une somme qu'il a qualifié d'« allocation du demandeur de djihad». (Photo de Oli Scarff / Getty Images)
Les médias britanniques ont révélé qu'avant son incarcération, Choudary touchait plus de 26 000 € (26 000 livres) par an d'aides sociales. Entre autres versements, Choudary percevait 15 000 livres sterling par an d'aide au logement pour louer une maison de £ 344 000 euros à Leytonstone, à l'est de Londres. Il a également touché une aide à la taxe d'habitation de 1957 €, une aide au revenu de 5 594 € et une aide sociale à l'enfance de 3 356 €. Étant donné que les aides sociales ne sont pas imposées, son revenu équivalait à un salaire de 34 421 €. En comparaison, le salaire annuel moyen des travailleurs à temps plein en Grande-Bretagne était de 30 300 € en 2016.

Au Danemark, le Service de la sécurité et du renseignement (PET) a reconnu que les djihadistes trop malades pour se rendre au travail mais suffisamment en forme pour combattre aux côtés de l'État islamique bénéficiaient de diverses prestations d'invalidité, de maladie et de retraite anticipée de l'Etat danois.
Peu auparavant, une note du ministère de l'Emploi a révélé que plus de 30 djihadistes danois ont continué de toucher des prestations sociales, - 672 000 couronnes danoises (90 000 €) en tout -, après qu'ils soient partis rejoindre l'Etat islamique en Syrie.
Le ministre de l'Emploi Troels Lund Poulsen a déclaré :
« C'est totalement inacceptable et honteux. Il faut arrêter. Si vous partez en Syrie pour participer au djihad et devenir un combattant de l'Etat islamique, alors vous n'êtes pas éligible aux prestations sociales du gouvernement danois ».
En France , le gouvernement a supprimé les prestations sociales d'environ 300 individus identifiés comme djihadistes. Avec plus de 900 citoyens partis combattre en Irak et en Syrie, la France est le plus gros fournisseur de djihadistes étrangers de l'Etat islamique.

En Allemagne , Anis Amri, un Tunisien de 23 ans auteur d'un attentat à la voiture bélier sur un marché de Noël à Berlin, a utilisé plusieurs identités pour percevoir illégalement des prestations sociales. Les autorités allemandes, informées de la fraude, n'ont pas réagi.

Pendant ce temps, un djihadiste de Wolfsburg qui avait emmené sa femme et ses deux enfants en Syrie, a continué de toucher des aides sociales, - plusieurs dizaines de milliers d'euros – tout au long de l'année qui a suivi son départ. Les autorités locales ont déclaré que les lois allemandes en matière de protection de la vie privée ne permettaient pas de savoir que la famille avait quitté le pays.
Il a néanmoins été prouvé que plus de 20% des djihadistes allemands partis combattre en Syrie et en Irak ont continué à percevoir des prestations d'aide sociale de l' État ; ils demeurent éligibles à ces mêmes allocations à leur retour en Allemagne. Le ministre bavarois de l'Intérieur, Joachim Herrmann, a déclaré :
« L'argent des contribuables allemands ne devrait jamais, directement ou indirectement, financer le terrorisme islamiste. Les avantages donnés à de tels parasites terroristes devraient être supprimés immédiatement. Ne pas travailler et répandre la terreur aux dépens de l'Etat allemand n'est pas seulement extrêmement dangereux, c'est aussi la pire des provocations et la pire des hontes. »
Aux Pays - Bas , le gouvernement a coupé les aides sociales de des dizaines de djihadistes après qu'un citoyen néerlandais, Khalid Abdurahman, se soit affiché sur YouTube en brandissant cinq têtes coupées. Originaire d'Irak, Abdurahman vivait des aides de l'Etat néerlandais depuis plus d'une décennie quand il a décidé de rejoindre les troupes de l'Etat islamique en Syrie. Les services sociaux l'avaient déclaré inapte au travail et les contribuables néerlandais ont payé ses factures médicamenteuses pour un traitement contre la claustrophobie et la schizophrénie.
La loi visant à mettre fin aux prestations d'aide sociale aux djihadistes ne s'étend pas aux prêts étudiants : le vice-premier ministre, Lodewijk Asscher, a déclaré qu'une telle interdiction serait contre-productive car elle rendrait plus difficile la réintégration sociale des djihadistes de retour des combats.

En Espagne , Saib Lachhab, un djihadiste marocain de 41 ans résidant à Vitoria au pays basque espagnol, a cumulé 9 000 € de prestations sociales pour financer son départ en Syrie. Chaque mois, il a reçu 625 € du gouvernement central et 250 € du gouvernement basque. L'assurance chômage lui versait également 900 € par mois.
Samir Mahdjoub, un djihadiste algérien de 44 ans résidant à Bilbao, au pays basque espagnol, a touché650 € chaque mois de l'aide sociale et 250 € en aide au logement. Redouan Bensbih, un djihadiste marocain âgé de 26 ans résidant dans la ville basque de Barakaldo, a perçu 836 € de prestations sociales par mois ; les versements ont continué même après sa mort sur un champ de bataille syrien. La police a finalement arrêté cinq musulmans du Pays basque qui interceptaient les paiements de Bensbih pour les transférer au Maroc. Les autorités basques ont justifié la poursuite des versements en plaidant leur ignorance du décès du bénéficiaire.
Ahmed Bourguerba, un djihadiste algérien âgé de 31 ans résidant à Bilbao, a perçu chaque mois 625 € de prestations sociales et 250 € d'aide au logement jusqu'à son incarcération pour des infractions liées au terrorisme. Mehdi Kacem, un djihadiste marocain âgé de 26 ans résidant dans la ville basque de Saint-Sébastien, a reçu 800 € par mois d'aide sociale jusqu'à ce qu'il soit arrêté pour son appartenance à l'Etat islamique.
Auparavant, un couple pakistanais résidant à Vitoria a été mis en examen pour fraude à l'aide sociale ; ils avaient créé dix identités fictives dans le but de générer des aides bien réelles qui leur auraient profité. La police a déclaré que le couple a escroqué le gouvernement basque de plus de 395 000 € au cours des trois dernières années.

En Suède , un rapport de l'Université de la Défense nationale a révélé que 300 citoyens suédois ont continué de toucher des prestations sociales même après leur départ en Syrie et en Irak. Dans la plupart des cas, les djihadistes ont fait jouer un réseau d'amis et de relations familiales pour actualiser les documents et maintenir l'illusion d'une présence en Suède.
Ainsi, les services d'aide sociale ont réglé indument 50 000 couronnes suédoises (5 257€) au converti musulman Michael Skråmo. Ce n'est qu'un an après son départ de Göteborg pour la Syrie, en compagnie de sa femme et de ses quatre enfants, que ses avantages sociaux ont été résiliés.
Magnus Ranstorp, l'un des auteurs du rapport, a déclaré que de tels versements mettaient en lumière la faiblesse des mécanismes de contrôle en Suède:
« Michael Skråmo était connu comme un chaud partisan de l'Etat islamique. La police aurait dû être capable de donner l'alarme et d'informer tous les services qu'un citoyen s'était embarqué pour une zone de guerre »
Parallèlement, l'Agence nationale chargée de l'emploi (Arbetsförmedlingen), a mis fin à un projet pilote de placement professionnel des migrants. Ils ont découvert que les employés musulmans de l'agence plaçaient des djihadistes suédois. Les agents de l'État islamique auraient distribué des pots de vin - et parfois, menacé - les employés de cette administration afin qu'ils rendent éligibles des combattants en Suède.
Mais à Lund, les fonctionnaires municipaux ne se sont pas laissés abattre : ils ont lancé un projet pilote dans le but de fournir aux djihadistes suédois de retour de Syrie un logement, un emploi, une formation et diverses aides financières, tout cela grâce au soutien du contribuables suédois.
Soeren Kern est senior fellow de l' Institut Gatestone, basé à New York .