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mercredi 13 février 2013

La fraude des mots

Le mariage pour tous existe déjà. Tous les célibataires peuvent se marier, mais pas avec n’importe qui : on n’épouse pas un parent proche, plusieurs personnes, une personne de même sexe ou une personne déjà mariée. Le prétendu « mariage pour tous » est donc en fait un mariage entre personnes de même sexe et c’est comme cela qu’il doit être nommé (ce que les Anglo-Saxons ont l’honnêteté d’admettre puisqu’ils parlent de same-sex marriage). Le terme de « mariage pour tous » est destiné à nous sidérer et à désarmer la critique. Car comment peut-on être contre le mariage « pour tous » ? Une si jolie expression qui évoque la culture pour tous, la santé pour tous, ou encore une manif sympa, « Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais ».
De même, le terme homoparentalité est-il tout sauf neutre. Ce néologisme a été forgé en 1997 par l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens – un lobby s’il en est. Le fait qu’il soit largement admis et repris aujourd’hui est une victoire sur les cerveaux. On impose le mot afin de banaliser la chose. Et l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels va faire monter les enchères sur le marché de l’adoption internationale, en augmentant la demande pour une offre stable ou en baisse du produit le plus convoité : un enfant en bas âge et en bonne santé (prix dans les agences américaines : 30.000 dollars). Bien sûr, là encore, on joue sur les mots en parlant de frais d’agence, de compensation des frais de grossesse, de donation (obligatoire) à l’orphelinat, ou autres euphémismes destinés à masquer la réalité de ce qui est un business.
Penchons-nous à présent plus avant sur les questions autour de la procréation médicalement assistée (PMA), puisque le débat est en train d’émerger et que beaucoup moins de choses ont été dites sur ce point pour le moment.
La Gestation pour autrui (GPA) d’abord : quelle jolie expression, n’est-ce pas ? Et ils y tiennent, à ce qu’on l’utilise, et font les gros yeux à ceux qui parlent de « mère porteuse » (les lecteurs qui auraient eu le courage de regarder Interdits d’enfants, le téléfilm de propagande diffusé sur France 2 le 9 janvier, comprendront de quoi je parle). Elle est si jolie, cette expression, se terminant par un mot français un peu désuet – autrui. Dans « autrui », on entend altruisme. « Autrui » nous rappelle aussi les Évangiles : « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse ».
Pourtant si l’on examine la chose, où est l’altruisme ? Les mères porteuses sont rémunérées. Elles sont rémunérées parce que si elles ne l’étaient pas, il n’y aurait pas de mères porteuses. C’est aussi simple que cela. Au pays phare de cette innovation, les USA, le prix de la location d’un ventre est de 40.000 euros en passant par une agence (et beaucoup moins si les parties se mettent d’accord directement). L’autorisation de cette pratique dans d’autres pays a permis de casser les prix : c’est 10.000 euros en Inde et 20.000 en Ukraine. Seule une petite partie de ces sommes va aux mères porteuses elles-mêmes.
Quant à la réciprocité (« Fais à autrui… ») qui est au fondement de la règle d’or de l’éthique et des Évangiles, parlons-en. On n’a encore jamais vu une Américaine de la classe moyenne supérieure louer son ventre à une Ukrainienne pauvre ! Les femmes qui louent leur ventre pour neuf mois ont toujours moins d’argent que celles qui ont recours à ce service. Comme souvent, ce rapport économique a aussi une dimension raciale. Ce sont souvent des femmes de couleur qui louent leur ventre pour la gestation de bébés le plus souvent blancs : des Noires américaines et maintenant, avec le développement du tourisme procréatif, des femmes indiennes ou thaïes. Il y a aussi, bien sûr, aussi des femmes blanches : des Américaines blanches de la petite classe moyenne qui ont besoin d’argent, par exemple pour payer la scolarité de leurs propres enfants, et aussi des Ukrainiennes et des Géorgiennes depuis 1997, c’est-à-dire depuis l’effondrement économique des pays ex-soviétiques.
La « gestation pour autrui » est donc bien mal nommée. Sans doute est-ce volontaire. C’est un slogan publicitaire qui masque la violence du rapport de force économique. Il serait plus honnête de parler de mères porteuses et de maternité de substitution, comme le font les Anglo-Saxons, avec les termes surrogate mothers (opportunément abrégé en surrogates) et surrogacy. Mais ce qui gêne les tenants de la dite « GPA » dans le terme de « maternité de substitution », c’est qu’on nomme « mère » celle qui n’est pour eux que la gestatrice et en aucun cas la mère de l’enfant. La dite « GPA » a d’ailleurs explosé depuis que, après avoir séparé maternité sociale et maternité biologique, les évolutions de la médecine ont permis de diviser la maternité biologique elle-même en deux. En effet, les mères porteuses étaient rarissimes du temps où il fallait en passer par un rapport sexuel, et rares encore avec l’insémination artificielle car peu de femmes sont prêtes psychologiquement à abandonner ainsi leur enfant et à affronter le stigmate social qui va avec. Mais depuis que la fécondation in vitro (FIV) est maîtrisée, la porteuse ne fournit souvent que l’utérus (et tout son environnement évidemment), l’ovule ayant été fourni par une autre femme, laquelle peut être ou pas la mère d’intention ou mère sociale. Les Anglo-Saxons parlent alors de gestational surrogacy. Il faut toujours un ovule fécondé par du sperme et qui grandit dans un utérus pour faire un enfant, mais si l’ovule et l’utérus n’appartiennent plus à la même personne, alors la situation change du tout au tout et la « GPA » peut sortir de la marginalité. En effet, le lien de l’enfant avec la gestatrice est affaibli si celle-ci n’est pas aussi la mère génétique et surtout la situation juridique devient plus sécurisante pour les parents sociaux (le couple qui paye), en particulier si la mère sociale est aussi celle qui a fourni l’ovule. Dans ces conditions, la meilleure mère porteuse sera simplement celle qui a déjà des enfants, besoin d’argent, un mode de vie sain et qui présente le moins de risques de changer d’avis par la suite – finalement des conditions assez faciles à remplir, d’où l’explosion de la pratique.
Et la meilleure « donneuse » d’ovules sera celle qui a le meilleur patrimoine génétique.
Ceci nous amène à notre dernier point : le « don de gamètes » (ovules et spermatozoïdes).
La rémunération des donneurs de gamètes est interdite en France. Il s’agit donc bien d’un don, mais malheureusement, du coup, il n’y a pas assez de donneurs. Et surtout il n’y a presque pas de donneuses d’ovules – leur extraction étant autrement plus compliquée et médicalement contraignante que celle du sperme. Donc les gamètes se vendent et s’achètent sur un marché procréatif mondialisé. Le sperme danois s’exporte dans le monde entier. Alors, combien ça coûte ? En Europe, le prix d’une FIV avec « don » d’ovules frais va de 4 500 à 6 500 euros, selon les pays et les cliniques, plus le voyage et le séjour dans les pays où cela se fait (Espagne, Grèce, certains pays de l’Est). De cette somme rondelette la donneuse reçoit au maximum 1.000 euros. C’est bien le moins pour un « don » qui implique des piqûres et des médicaments tous les jours pendant un mois, puis une opération avec anesthésie locale ou générale pour recueillir les ovules. Sans parler des conséquences à long terme sur la santé, que l’on ne connaît pas vraiment. A la différence de l’Europe, les tarifs aux États-Unis sont beaucoup plus différenciés car ils dépendent de la qualité génétique présumée de la donneuse. Des agences spécialisées présentent des catalogues de donneuses, avec antécédents médicaux et familiaux, mensurations, niveau d’étude et bien entendu photos (de la donneuse adulte et enfant). Une étudiante de Harvard de haute taille peut vendre ses ovules dans les 50.000 dollars, alors que les ovules les moins chers coûtent dans les 3.000 dollars. La loi du marché n’opère pas avec une telle brutalité en Europe dans la mesure où les receveurs (en général des couples) n’ont accès à pratiquement aucune information sur les donneuses.
Finalement, quelle attitude adopter face à tout cela ? D’abord, lutter pour redonner aux mots leur sens. Ensuite, informer sur la réalité de ces pratiques complexes, sans juger à l’emporte-pièce les personnes en situation d’avoir à payer pour ce que les autres ont gratuitement. Enfin, prendre le pouvoir, au moins sur les esprits, et éduquer les jeunes générations pour les détourner de la marchandisation de l’humain. Sinon, de FIV en GPA et d’IVG en DPI (diagnostic pré-implantatoire), nous allons tout droit vers une nouvelle humanité inhumaine. Les publicitaires trouveront bien un sigle désincarné pour masquer le clonage vers lequel nous allons à brève échéance (les pratiques les plus en pointe de la FIV touchent d’ores et déjà au clonage) ou l’utérus artificiel qui, lui, est un horizon plus lointain.
Cathy Cardaillac
23/01/2013
(*) Vladimir Volkoff, Petite Histoire de la désinformation. Du Cheval de Troie à Internet, Editions du Rocher, 1999, 314 pages

Bibliographie et webliographie

Deborah Spar, The Baby Business, Harvard Business School Press, 2006 (les chiffres sont datés mais les idées et les tendances y sont).
Les agences spécialisées sont légion. A titre d’exemple :
Correspondance Polémia – 10/02/2013


 

dimanche 25 septembre 2011

Commentaires

Vous êtes nombreux à lire les articles de presse que je reproduis. Actuellement faute de temps (activités professionnelles), il m'est impossible de faire une analyse des situations. Par contre je suis intéressé par les réactions que vous pourriez avoir sur le contenu des articles. J'aimerais aussi vous rappeler que les textes cités ne correspondent pas nécessairement à mes opinions. Alors profitez de votre liberté d'expression en commentant les articles. Merci.

Many of you read the press articles which I reproduce. Currently due to time constraints (professional activities), it is impossible to analyze situations. By cons I am interested in feedback you may have about the content of articles. I would also remind you that the texts cited do not necessarily reflect my views. So enjoy your freedom of expression by commenting on articles. Thank you.


Viele von euch lesen Sie die Presseartikel, die ich zu reproduzieren.Derzeit Zeitgründen (berufliche Tätigkeit), ist es unmöglich, Situationen zu analysieren. Durch die Nachteile Ich interessiere mich für Feedback können Sie über den Inhalt von Artikeln haben.Ich erinnere auch daran, dass die zitierten Texte geben nicht unbedingt meine Ansichten. So genießen Sie Ihre freie Meinungsäußerung durch kommentierte Artikel. Danke.




Muchos de ustedes leen los artículos de prensa que reproduzco. En la actualidad, debido a limitaciones de tiempo (actividades profesionales), es imposible de analizar las situaciones. Por contrayo estoy interesado en información que pueda tener sobre el contenido de los artículos. También le recordamos que los textos citados no reflejan necesariamente mis puntos de vista. Así que disfrute de su libertad de expresión al comentar sobre los artículos.Gracias


你们中许多人阅读报刊文章,我重现。目前,由于时间的限制(专业活动)是不可能的分析形势通过利弊的反馈感兴趣,你可能文章的内容我还要提醒你,文本引用不一定反映我的意见因此,享受文章评论你的言论自由谢谢


רבים מכם לקרוא את המאמרים בעיתונות שאני להתרבות. כיום בשל אילוצי זמן(הפעילות המקצועית), אי אפשר לנתח מצבים. עד והחסרונות אני מעוניין משובייתכן שיהיה על תוכן המאמרים. אני רוצה גם להזכיר לך את הטקסטים שהובאואינן בהכרח משקפות את דעותיי. אז חופש הביטוי שלך על ידי הערות עלמאמרים. תודה.


العديد منكم قراءة المقالات الصحفية التي كنت التكاثر. نظرا لضيق الوقت حاليا (الأنشطةالمهنية)، فإنه من المستحيل على تحليل الأوضاع. بواسطة سلبيات أنا مهتم ردود الفعل قد يكون لديك عن مضمون المقالات. وأود أن أذكر لك أيضا أن النصوص المذكورة لا تعكس بالضرورةوجهات نظري. لذلك تتمتع بحرية التعبير الخاص بالتعليق على المقالات. شكرا لك.


Многие из вас читали статьи в прессе, которую я размножаться.В настоящее время из-за нехватки времени(профессиональная деятельность), что невозможноанализировать ситуации. К минусам я заинтересован вобратной связи Вы можете иметь о содержании статей. Я также хотел бы напомнить вам, что тексты привел не обязательно отражает мои взгляды. Так что наслаждайтесь вашей свободывыражения мнений, комментируя статей. Спасибо.


Molti di voi leggere gli articoli di stampa che ho riprodotto.Attualmente per motivi di tempo (attività professionale), è impossibile analizzare le situazioni. Con contro Sono interessato areazione si può avere riguardo al contenuto degli articoli. Vorrei anche ricordare che i testi citati non riflette necessariamente le mie opinioni. Così, godetevi la vostra libertà di espressione dacommenti agli articoli. Grazie.



Multi ex turba legistis quod dictum pulvinar. Donec tempor tempusexigentiis (activities accusam), impossibile est resolvere elit. Byhabeas de cons sum interested in feedback content of articles. Volo etiam admonemus cogitare oportet, ut textus citati non meam sententiam. Sic habent libertatem loquendi by super articulos.Fusce.