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lundi 15 août 2011

L’OTAN cherche à passer des armes antitanks aux rebelles. Les Syriens se battent contre des Palestiniens à Lattakieh


Pour la première fois en 5 mois, au cours du soulèvement contre Assad, les forces syriennes ont affronté des groupes palestiniens dissidents, dimanche 14 août, dans le quartier d’al-Rami a-Filistini, du plus grand port de Syrie, Lattakieh. Alors qu’elles faisaient mouvement vers le centre-ville, les deux divisions de tanks et l’infanterie blindée motorisée ont été prises à parti par des Palestiniens usant de puissantes mitrailleuses lourdes, de RPG antichar et d’engins explosifs improvisés. Dix-neuf des 24 tués, dimanche, étaient des Palestiniens.

Les sources militaires de Debkafile affirment, contrairement à des reportages précédents, que les navires lance-missiles syriens croisant au large, n’ont pas pris part à l’attaque contre Lattakieh. Leur fonction consiste à assurer le blocus du port contre l’acheminement clandestin d’armes. Quoi qu’il en soit, les armes utilisées par les Palestiniens combattant à Lattakieh, dimanche, proviennent du Liban, arrivées à bord de bateaux de contrebande. Il y a des incidents presque quotidiens de navires syriens faisant feu sur des bateaux suspects.


Les Quartiers Généraux de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc, pendant ce temps, esquissent des plans pour lancer leur première phase en Syrie, qui consiste à armer les rebelles avec des armes assez puissantes pour combattre les tanks et les hélicoptères, fers de lance de la répression du régime Assad contre la dissidence. Au lieu de répéter les erreurs du modèle libyen de frappes aériennes, les stratèges de l’OTAN réfléchissent plus à injecter de larges quantités de roquettes antitanks et anti-aériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes, vers les centres de protestation, pour qu’elles puissent combattre les forces blindées du gouvernement.

Puisque les forces aériennes syriennes abattraient certainement les transports par air se chargeant des livraisons, la tendance consiste à envoyer les armes vers leur destination par voie terrestre, c’est-à-dire à travers la Turquie, sous la protection de l’armée turque par, au moins, deux routes : Le plan turc, dessiné il y a plusieurs mois, visant à établir des zones de sécurité à l’intérieur de la frontière syrienne, est l’une d’entre elles. Les réfugiés des zones de combat se verraient offrir un sanctuaire ici, plutôt que de pénétrer en Turquie et les enclaves protégées pourraient aussi servir de dépôt de distribution d’armes.

Alternativement, les armes seraient convoyées par camions sous la garde de l’armée turque et transférées aux mains des dirigeants rebelles, à des points de rendez-vous pré-arrangés.


Les sources militaires de l’OTAN et en Turquie ont refuse d’indiquer quand, comment et par quels moyens, les rebelles syriens, des civils sans expérience des armées à feu, recevront ces armes.  

Les sources militaires de Debkafile dévoilent que, depuis les deux dernières semaines, au moins, les dirigeants de l’insurrection syrienne et des déserteurs de l’armée se sont entraînés à l’usage de nouvelles armes, auprès d’instructeurs de l’armée turque, dans des installations de fortune au sein des bases turques, près de la frontière syrienne.

Nos sources révèlent qu’est aussi discutée à Bruxelles et Ankara, une campagne visant à enrôler des milliers de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et dans le monde musulman, pour combattre aux côtés des rebelles syriens. L’armée turque hébergerait ces volontaires, les entraîneraient et sécuriserait leur passage en Syrie.

Ces plans de l’OTAN étaient le script sous-jacent à l’appel de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, à des nations qu’elle n’a pas nommées, vendredi 12 août, pour qu’elles cessent d’envoyer des armes à la Syrie.


Nos sources rapportent qu’elle faisait référence à la Russie, qui a élevé le niveau de ses livraisons de munitions et de pièces détachées de tanks à la Syrie, au cours de ces deux dernières semaines.


Tous les tanks de l’armée syrienne employés à écraser la protestation sont fabriqués en Russie. Selon des sources militaires à Washington, Bruxelles aimerait mettre en place un mécanisme pour contrebalancer les livraisons de gros matériel militaire de la part de la Russie ou de l’Iran, par la fourniture d’armes occidentales aux opposants du régime Assad, transformant l’insurrection asymétrique en une course aux armements. 

dimanche 14 août 2011

Somalie : les infidèles donnent, le monde musulman brille par son absence


La Corne de l’Afrique, principalement la Somalie, souffre d’une terrible sécheresse qui a provoqué la mort de dizaines de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes. La communauté internationale a fini par réagir avec du retard, mais l’a fait. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé, depuis hier, à acheminer les secours. La FAO a réuni une assemblée générale extraordinaire à Rome pour mettre au point un plan d’urgence destiné à la région.
Le monde musulman, par contre, a brillé par son absence.
L’Organisation de la conférence islamique (OCI) dont le siège est à Djeddah, n’a pas jugé utile de bouger le petit doigt. Il n’y a même pas eu de messages de solidarité en direction des victimes, à croire que les pays islamiques sont totalement insensibles devant la souffrance d’autrui.
Pourtant, le malheur touche surtout un pays musulman, en l’occurrence la Somalie. Le Coran fait de la solidarité entre musulmans un principe sacré pour lequel les fidèles rendront compte. Or, ce sont ce que le dictateur Mouammar El Gueddafi et les islamistes appellent «les croisés et les juifs» qui ont décidé de secourir le peuple somalien et les autres peuples d’Afrique de l’Est. Même les shebab, ces terroristes islamistes qui occupent une partie du territoire somalien et qui avaient expulsé, il y a quelques années, les ONG européennes parce que composées «de croisés et de juifs», ont appelé ces dernières à revenir pour aider les populations malades et affamées.
Dans tout cela, l’humanisme arabe, s’il existe, ne se manifeste pas.
Seule la mer Rouge sépare la Somalie des riches Etats pétroliers du Golfe. La puissante Arabie Saoudite fait la sourde oreille. Pourtant, sa responsabilité est grande dans le drame que vivent actuellement les Somaliens. C’est elle qui a armé les shebab, avec le concours du dictateur soudanais Omar El Béchir, et qui a provoqué l’éclatement de la Somalie. Elle finance le crime, la destruction pour l’expansion de la doctrine wahhabite. Mais la compassion n’existe pas chez les Saoudiens dès qu’il s’agit d’aller alléger les souffrances d’autres musulmans. Et dire que cela a lieu à la veille du mois sacré du Ramadhan, point de piété et d’entraide s’il en est.
Tayeb Belghiche
*L'ajout est de la Rédaction de TchadForum.
tchadforum de El Watan

lundi 8 août 2011

Revers majeurs pour l’Otan en Afghanistan

Deux soldats français ont été tués hier en Afghanistan dans une attaque d’insurgés dans la province de Kapisa, à une soixantaine de kilomètres de Kaboul, dans l’est du pays. Le bilan des pertes françaises s’alourdit encore. Depuis 2001, la France a ainsi perdu 72 hommes en Afghanistan. Les deux soldats tués dans l’Est étaient deux parachutistes de la Légion étrangère. Cinq autres légionnaires ont été blessés, « parmi lesquels trois sont légèrement touchés et deux plus sérieusement atteints, sans que leur pronostic vital soit engagé », a indiqué le porte-parole du contingent français en Afghanistan, le lieutenant-colonel Eric de Lapresle. Ces militaires participaient, en compagnie de militaires et policiers afghans, à une opération de recherche d’armes et d’explosifs dans le village de Nawrozkhel, à l’entrée de la vallée de Bedraou. « Au moment où les Français et les Afghans se désengageaient, il y a eu des tirs insurgés et un accrochage », a expliqué le lieutenant-colonel de Lapresle.

Vietnamisation du conflit

Le week-end a été noir pour les forces de l’Otan. Samedi, trente militaires américains, sept membres des forces spéciales afghanes et un interprète périssaient dans le crash d’un hélicoptère Chinook abattu par une roquette tirée par les talibans dans le centre du pays. Cette perte majeure est de loin la plus importante pour la coalition en bientôt dix ans de guerre. Au-delà du nombre de soldats tués, c’est surtout le symbole qui frappe : parmi eux, vingt Navy SEALs, dont certains appartenaient à la « Team 6 », selon les médias américains, fameuse pour avoir mené le 2 mai le raid contre l’ex-leader d’al-Qaida, Oussama Ben Laden. Trois mois plus tard, l’élite de l’armée américaine subit un revers qui démontre la vietnamisation du conflit. Les talibans ne lâchent rien. Pire, alors que l’Otan a entamé un retrait qui devrait s’achever en 2014, redoublant d’efforts et d’audace, ceux-ci regagnent du terrain, y compris dans les espaces jusqu’à présent sécurisés. Il deviendra désormais difficile aux forces encore présentes de ne pas faiblir. Nicolas Sarkozy a promis le contraire dimanche. Certaines promesses sont difficiles à tenir.