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mardi 3 octobre 2017

L’islam politique contre la Chine

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Selon l’état-major US, la Thaïlande fait partie de la zone à détruire (ici, la carte publiée par Thomas P. M. Barnett en 2003).

Poursuivant sa Grande stratégie d’extension du domaine de la guerre [1], le Pentagone préparait en même temps l’instrumentation des kurdes au Moyen-Orient élargi, une guerre civile au Venezuela et une guerre d’usure aux Philippines. Cependant, ces conflits devront attendre au profit d’un quatrième théâtre d’opération : la Birmanie, aux marches de la Chine.

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Le 28 septembre au Conseil de sécurité, Jeffrey Feltman, le numéro 2 de l’Onu, assiste aux débats aux côtés du secrétaire général António Guterres. Après avoir personnellement supervisé l’agression contre la Syrie, il entend organiser celle contre la Birmanie. Ancien fonctionnaire états-unien, Feltman fut l’adjoint d’Hillary Clinton.


Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le 28 septembre, l’ambassadrice US et plusieurs de ses alliés ont accusé le gouvernement de coalition du Myanmar de « génocide » [2]. Ce gros mot —qui en droit européen désigne un massacre de masse, mais en droit US s’applique à une méthode d’assassinat même si le criminel ne fait qu’une seule victime— suffit pour Washington à justifier d’une guerre, avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité comme on l’a vu en Yougoslavie [3]. La réunion du Conseil de sécurité s’est tenue à la requête de l’Organisation de la Conférence islamique (OIC).
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Depuis 2013, les médias occidentaux s’appliquent à présenter le bouddhisme sous une forme sectaire. Ici, le moine Ashin Wirathu. Condamné en 2003 à 25 ans de prison, en raison de ses prêches anti-musulmans, il a bénéficié de l’amnistie générale en 2012. Il n’est pas difficile de trouver des fanatiques dans n’importe quelle religion.
Pour faire correspondre les faits avec leur narration, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui célébraient lors de la « révolution safran » (2007) Aung San Suu Kyi et les moines bouddhistes pour leur résistance non-violente à la dictature du SLORC [4], ont purement et simplement amalgamé l’armée birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi [5] et tous les bouddhistes du pays [6] dans le camp des méchants.
La Birmanie n’a jamais connu la paix civile depuis la domination étrangère, britannique puis japonaise [7]. Elle est plus facile à déstabiliser depuis que la junte du SLORC a accepté de partager le pouvoir avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et qu’ils tentent ensemble de résoudre pacifiquement les nombreux conflits internes du pays.

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Indispensables à l’économie chinoise, les pipe-lines du Yunnan aboutissent sur la côte pacifique dans la province d’Arakan/Rakhine.


Par un hasard de la géographie, la Birmanie laisse passer sur son territoire le pipe-line reliant le Yunnan chinois au golfe du Bengale, et héberge des stations de surveillance électronique chinoises des voies navales qui passent au large de ses côtes. Faire la guerre en Birmanie est donc plus important pour le Pentagone que de stopper les deux « routes de la soie » au Moyen-Orient et en Ukraine.
Héritage de la colonisation britannique, se trouve parmi les populations birmanes discriminées, 1,1 million de descendants des ouvriers bengalis que Londres déplaça à l’intérieur de l’Empire des Indes vers la Birmanie : les Rohingyas [8]. Il se trouve que cette minorité nationale —et non pas ethnique— est musulmane alors que la grande majorité des Birmans sont bouddhistes. Enfin, il se trouve que durant la Seconde Guerre mondiale, les Rohingyas collaborèrent avec l’Empire des Indes contre les nationalistes birmans.
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Parfaitement équipé, le Mouvement pour la Foi ou Armée du salut des Rohingyas de l’Araka est entraîné par les Britanniques en Arabie saoudite et au Bangladesh. Avant le début des événements actuels, il comprenait au moins 5 000 soldats.
En 2013, alors que le Pentagone et la CIA avaient déployé des hordes jihadistes en Syrie et y tenaient une guerre de position, l’Arabie saoudite créa une énième organisation terroriste à La Mecque, le Mouvement de la Foi (Harakah al-Yaqin). Ce groupe, qui déclare rassembler des Rohingyas, est en réalité commandé par le Pakistanais Ata Ullah, qui combattit les Soviétiques en Afghanistan [9]. Le royaume saoudien hébergeait la plus importante communauté masculine Rohingyas, après la Birmanie et avant le Bengladesh, avec 300 000 travailleurs mâles sans leurs familles.
Selon un rapport des services de renseignement bengalis, antérieur à la crise actuelle, le Mouvement pour la Foi agit depuis un an avec une scission de la Jamat-ul-Mujahideen bengalie autour du slogan « Le Jihad du Bengale à Bagdad ». Ce groupuscule a fait allégeance au Calife de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, et a rassemblé dans une même coalition les Mudjahiden indiens, Al-Jihad, Al-Ouma, le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde (SIMI), le Lashkar-e-Toiba (LeT) et le Harkat-ul Jihad-al Islami (HuJI) pakistanais. Cet ensemble a été financé par la fondation Revival of Islamic Heritage Society (RIHS) du Koweït.
Lorsque, il y a moins d’un an et demi, en mars 2016, le SLORC accepta de partager le pouvoir avec le parti d’Aung San Suu Kyi, les États-Unis tentèrent d’instrumenter la prix Nobel de la paix contre les intérêts chinois. Sachant qu’il leur serait difficile de manipuler la fille du père de l’indépendance birmane, le communiste Aung San, ils encouragèrent le Mouvement pour la Foi —« on ne sait jamais… »—.
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En septembre 2016, Aung San Suu Kyi est venue expliquer ses efforts en faveur des Rohingyas à la tribune de l’assemblée générale de l’Onu. Comme son père Aung San, qui crut un instant à l’aide des Japonais pour libérer son pays de la colonisation britannique, la prix Nobel de la paix a naïvement imaginé la sympathie des Anglo-Saxons pour résoudre les problèmes internes du Myanmar.
En septembre 2016, Aung San Suu Kyi représenta son pays à l’Assemblée générale des Nations Unies [10]. Fort naïvement, elle expliqua les problèmes de son peuple et les moyens qu’elle mettait en place pour les résoudre progressivement, à commencer par celui des Rohingyas. De retour chez elle, elle réalisa que ses anciens soutiens états-uniens étaient en réalité les ennemis de son pays. Le Mouvement pour la Foi lança une série d’attaques terroristes, dont celle du poste de la police des frontière de Maungdaw où 400 terroristes volèrent l’arsenal tuant 13 douaniers et soldats.
Persévérante, Aung San Suu Kyi poursuivit la mise en place d’une commission consultative chargée d’analyser la question rohingya et de proposer un plan concret pour mettre un terme aux discriminations dont ils font l’objet. Cette commission était composée de six Birmans et de trois étrangers : l’ambassadrice néerlandaise Laetitia van den Assum, l’ancien ministre libanais (en réalité représentant la France) Ghassan Salamé, et l’ancien secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, en qualité de président de la commission.
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La Commission consultative pour les Rohingyas autour de son président, Kofi Annan. Parmi les six membres birmans, on remarque des personnalités historiques de la lutte pour les Droits de l’homme, U Win Mra et U Khin Maung Lay, aussi bien qu’Al Haj U Aye Lwin, le guide spirituel d’un ordre musulman soufi.
Les neuf commissaires entreprirent un travail d’une rare qualité malgré les obstacles birmans. Des partis politiques échouèrent à faire dissoudre la commission par l’Assemblée nationale mais parvinrent à faire adopter une motion de défiance de la commission par l’assemblée locale d’Arakan (l’État où vivent les Rohingyas). Quoi qu’il en soit, les commissaires rendirent leur rapport le 25 août avec des recommandations possibles à mettre en œuvre et sans piège, dans le réel but d’améliorer les conditions de vie de chacun [11].
Le jour-même, les services secrets saoudiens et états-uniens donnaient le signal de la riposte : le Mouvement pour la Foi, renommé par les Britanniques Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, divisé en 24 commandos, attaquait des casernes de l’armée et des postes de police, faisant 71 morts. Durant une semaine, les troupes birmanes menaient une opération anti-terroriste contre les jihadistes. 400 membres de leurs familles fuyaient vers le Bangladesh.
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Le président de l’Organisation de la coopération islamique, Recep Tayyip Erdoğan, ouvre la campagne médiatique mondiale pour sauver les Rohingyas (Istanbul, 1er septembre 2017).
Trois jours plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commençait à téléphoner à tous les chefs d’État de pays musulmans pour les alerter sur « le génocide des Rohingyas ». Le 1er septembre, c’est à dire le jour de la plus importante fête musulmane, l’Aïd al-Adha, il prononçait un vibrant discours à Istanbul, en sa qualité de président en exercice de l’Organisation de coopération islamique, pour sauver les Rohingyas et soutenir leur Armée du salut [12].
Pourtant, ces jihadistes n’ont aucunement défendu les Rohingyas, mais sont intervenus de manière systématique pour faire échouer les tentatives d’améliorer leurs conditions de vie et de mettre un terme aux discriminations qui les frappent.
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Le général Mohsen Rezaei fut le commandant des Gardiens de la Révolution qui se battirent aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite durant la guerre de Bosnie-Herzégovine contre la Serbie.
Le 5 septembre, le président du Conseil de discernement iranien, Mohsen Rezaei, proposait de joindre les forces de tous les États musulmans et de créer une armée islamique pour sauver les « frères rohingyas » [13]. Une prise de position d’autant plus importante que le général Rezaei est un ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution.
Alors que l’armée birmane avait cessé toute activité contre les terroristes, des villages rohingyas étaient brûlés, tandis que la population rakhine de l’Arakan lynchait des musulmans, à ses yeux tous liés aux terroristes. Selon les rohingyas, c’est l’armée birmane qui brûlait les villages, tandis que selon l’armée birmane, c’était les jihadistes. Progressivement, tous les Rohingyas habitant au Nord de l’Arakan se mettaient en marche pour se réfugier au Bangladesh, mais curieusement pas les Rohingyas habitant au Sud de l’État.
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Le 6 septembre, une délégation officielle turque se rendait au Bangladesh pour y distribuer des vivres aux réfugiés. Elle était conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et par l’épouse et le fils du président Erdoğan, Bilal et Ermine.
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La campagne de mobilisation communautaire dans les pays musulmans s’appuie sur des visuels particulièrement marquants. Ainsi, cette photographie est diffusée par le gouvernement turc. Elle est censée représenter les victimes musulmanes des moines bouddhistes en Birmanie. Il s’agit en fait d’une ancienne photographie d’une cérémonie funèbre des victimes d’un tremblement de terre en Chine.
Dans les pays musulmans, une vaste campagne de désinformation assurait, photos à l’appui, que les bouddhistes massacraient en masse les musulmans. Bien sur, aucune de ces photos n’avait été prise en Birmanie, et ces fausses nouvelles furent démasquées les unes après les autres. Mais dans ceux de ces pays où la population est peu éduquée, ces photos convainquirent tandis que les démentis furent inaudibles. Seul le Bangladesh émettait des réserves sur le rôle des jihadistes et assurait le Myanmar de sa coopération contre les terroristes [14].
Le 11 septembre, le président en exercice de l’Organisation de conférence islamique (OCI), Recep Tayyip Erdoğan, intervenait devant la commission scientifique de l’Organisation réunie à Astana (Kazakhstan) —dont ce n’est pas la compétence—, « pour sauver les Rohingyas ».
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Pour l’ayatollah Ali Khamenei, l’engagement militaire de son pays aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite en Birmanie serait une catastrophe. D’autant que l’Iran a une histoire millénaire de coopération avec la Chine.
Dès le lendemain, le 12 septembre, le Guide de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei prenait position. Très inquiet de la proposition du général Rezaei, il veillait à délégitimer la guerre de religion en préparation, le « choc des civilisations », quitte à mettre en cause la présence d’une femme à la tête d’un État. Il veillait donc à fermer la porte à un engagement militaire des Gardiens de la Révolution. Il déclarait : « Il est tout à fait possible que le fanatisme religieux ait joué un rôle dans ces événements, mais il s’agit là d’une question tout à fait politique, car c’est le gouvernement du Myanmar qui en est le responsable. Et à la tête de ce gouvernement, il y a une femme cruelle, lauréate du Prix Nobel de la paix. En réalité, ces événements ont signé l’acte de décès du Prix Nobel de la paix » [15].
Immédiatement à Téhéran, le président cheikh Hassan Rohani faisait appel à l’armée régulière pour participer au conflit en préparation. Le 17 septembre, les chefs d’état-major des armées iraniennes et pakistanaises entrèrent en contact pour unir leur forces dans la crise [16]. Il s’agit de la première initiative militaire, mais elle concerne l’armée iranienne (qui travaille déjà avec ses homologues turques et pakistanaise pour défendre le Qatar) et non pas des Gardiens de la Révolution (qui se battent aux côtés des Syriens contre les jihadistes). L’Iran achemine également une aide massive aux réfugiés.
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Aung San Suu Kyi appelle l’opinion publique internationale à prendre en compte les efforts du Myanmar pour régler la question des Rohingyas et dénonce le terrorisme jihadiste. Elle ne sera pas plus comprise que Mouamar Kadhafi dénonçant l’attaque d’Al-Qaïda contre son pays (Naypyidaw, 19 septembre 2017).
Le 19 septembre, ignorant les explications d’Aung San Suu Kyi [17] et profitant de l’Assemblée générale de l’Onu, Recep Tayyip Erdoğan réunit le groupe de contact de l’OCI pour demander à tous les États membres de suspendre tout commerce avec le Myanmar et pour demander au Conseil de sécurité de l’Onu de statuer [18].
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L’Arabie saoudite protège et encadre depuis 2013 l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan. Le roi Salmane attribue 15 millions de dollars aux réfugiés rohingyas au Bangladesh où se trouvent les camps d’entrainement du groupe jihadiste.
Sortant enfin de l’ombre, l’Arabie saoudite affirma alors soutenir les Rohingyas discrètement depuis 70 ans et leur avoir déjà offert 50 millions de dollars d’aide durant cette période. Le roi Salmane y ajouta un don de 15 millions de dollars [19]. L’ambassadeur saoudien aux Nations unies à Genève, Abdulaziz ben Mohammed Al-Wassil, y mobilisa le Conseil des Droits de l’homme.
Oubliant les guerres qu’ils se livrent en Irak, en Syrie et au Yémen, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite, c’est-à-dire les trois principales puissances militaires musulmanes, se sont ressoudées par simple réflexe communautaire [20] et positionnées aux côtés des Rohingyas. Toutes trois ont désigné l’ennemi commun : le gouvernement de coalition de l’armée birmane et d’Aung San Suu Kyi.
Ce complet retournement de situation au Moyen-Orient a déjà eu un précédent : les guerres de Yougoslavie. En Bosnie-Herzégovine (1992-95) et au Kosovo (1998-99), les pays musulmans et l’Otan se battirent côte à côte contre les chrétiens orthodoxes liés à la Russie.
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En 1995, Oussama Ben Laden fait défiler sa Légion arabe, à Zenica, devant le président Alija Izetbegović. Ces combattants sont d’anciens moudjahidines qui se sont battus contre les Soviétiques en Afghanistan. Ils prendront par la suite le nom d’Al-Qaïda. Durant la guerre, les services secrets russes pénétrent la caserne de la Légion arabe et constatent que tous ses documents sont en anglais et non pas en arabe.
En Bosnie-Herzégovine, le président Alija Izetbegović s’entoura de l’États-unien Richard Perle, qui le conseilla au plan diplomatique et dirigea la délégation bosniaque lors des accords de Dayton. Il bénéficia au plan médiatique des conseils du Français Bernard-Henri Lévy, selon les dires de celui-ci, jamais démentis. Enfin, au plan militaire, il s’appuya sur les conseils du Saoudien Oussama Ben Laden qui organisa pour lui la Légion arabe et reçut un passeport diplomatique bosniaque. Durant le conflit, soutenu en sous-main par l’Otan, Izetbegović reçut publiquement l’appui de la Turquie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite [21].
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L’opinion publique occidentale a accepté sans débat de violer la Charte des Nations Unies au Kosovo après avoir assisté impuissante à l’exode de milliers de civils.
Le conflit kosovare débuta par une campagne terroriste de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) contre Belgrade. Les combattants furent formés par les forces spéciales allemandes sur une base de l’Otan en Turquie [22]. L’actuel chef des services secrets turcs, Hakan Fidan, fut l’officier de liaison avec les terroristes au sein de l’état-major de l’Otan. Il est aujourd’hui le chef du MIT, les services secrets turcs et le second personnage du régime. Au début de la guerre, 290 000 Kosovars fuirent la Serbie en trois jours pour se réfugier en Macédoine. Les télévisions occidentales montrèrent à loisir cette longue file de fuyards. Cependant, selon les quelques millions de Macédoniens qui les reçurent, il n’y avait aucune raison objective à cette migration largement encadrée par l’Otan. Peu importe, on utilisa ce déplacement de population pour accuser le président Slobodan Milošević de réprimer de manière disproportionnée la campagne terroriste touchant son pays, et l’Otan lui déclara la guerre sans autorisation du Conseil de sécurité.
Le sale travail qui se prépare étend le théâtre des opérations vers l’Est. Le Pentagone n’a pas la possibilité d’imposer une alliance turco-irano-saoudienne, mais il n’en a pas besoin. En Yougoslavie, ces trois États étaient coordonnés par l’Otan lorsqu’ils n’avaient pas de contacts directs. Cependant, le fait de se battre côte à côte en Birmanie va les contraindre à trouver des arrangements en Irak, en Syrie et au Yémen ; voire en Libye. Considérant la dévastation du Moyen-Orient et la persévérance des populations à résister, le Pentagone peut laisser cette région panser ses blessures pendant une décennie sans crainte d’y voir surgir la moindre capacité d’opposition à sa politique.
Au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité posant les bases de la future guerre contre la Birmanie, le secrétariat d’État a informé le président Barzani que les États-Unis ne soutiendraient pas l’indépendance d’un Kurdistan en Irak. Le Pentagone ne peut en effet pas mobiliser la Turquie et l’Iran en Asie du Sud-Est tout en leur faisant un enfant dans le dos à leur frontière. Massoud Barzani qui s’était engagé sans retour pour le référendum d’indépendance devrait donc bientôt se retirer de la vie politique. D’autant que l’affichage des drapeaux israéliens à Erbil, massivement relayé par les chaînes de télévision arabes, perses et turques, lui a aliéné la totalité de ses voisins.
Si le scénario du Pentagone se poursuit comme on peut l’anticiper, la guerre contre la Syrie devrait se terminer faute de combattants, partis au loin, servir l’« Empire américain » sur un nouveau théâtre d’opération.
[1] Source : The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. Analyse : « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.
[2] « Myanmar : le Secrétaire général demande "une action rapide" pour mettre fin au "cauchemar" des Rohingya dans l’État de Rakhine », Compte-rendu du Conseil de sécurité, Onu, 28 septembre 2017. Référence : CS/13012.
[3] Le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà fait rédiger l’acte d’accusation du Myanmar, avant même les événements actuels : Countdown to Annihilation : Genocide in Myanmar, Penny Green, Thomas MacManus & Alicia de La Cour Venning, Queen Mary University of London, 2016. Persecution of the Rohingya Muslims ; Is Genocide Occurring in Myanmar’s Rakhine State ; a Legal Analysis, Allard Lowenstein, Yale University, 2016.
[4] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Abiad & Aswad (Syrie), Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.
[5The Burma Spring : Aung San Suu Kyi and the New Struggle for the Soul of a Nation, Rena Pederson, Foreword by Laura Bush, Pegasus, 2015.
[6Neither Saffron Nor Revolution : A Commentated and Documented Chronology of the Monks’ Demonstrations in Myanmar in 2007 and Their Background, Hans-Bernd Zöllner, Humboldt-University, 2009.
[7Burma/Myanmar : What Everyone Needs to Know, David Steinberg, Oxford University Press, 2013.
[8] Pour être plus précis, il y a eu des immigrés bengalis en Birmanie avant la domination britannique, mais l’immense majorité des Rohingyas descend des travailleurs déplacés par les colons. NdA.
[9] “Myanmar’s Rohingya insurgency has links to Saudi, Pakistan”, Simon Lewis, Reuters, December 16, 2016.
[10] “Speech by Aung San Suu Kyi at 71st UN General Assembly”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 21 September 2016.
[11Towards a peaceful, fair and prosperous future for the people of Rakhine, Advisory Commission on Rakhine State, August 2017.
[12] “We won’t Leave Rohingya Muslims Alone”, Presidency of the Republic of Turkey, September 1, 2017.
[13] “Rezaei urges Muslim states to defend Rohingya Muslims”, Mehr Agency, September 6, 2017.
[17] “Aung San Suu Kyi speech on National Reconciliation and Peace”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 19 September 2017.
[18] « OIC Contact Group on Rohingya calls for UN Resolution on Myanmar », Organisation of Islamic Cooperation, September 19, 2017.
[20The Rohingyas : Inside Myanmar’s Hidden Genocide, Azeem Ibrahim, Hurst, 2016.
[21Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, préface de Jean-Pierre Chevènement, éditions Xenia, 2006.
[22] « L’UÇK, une armée kosovare sous encadrement allemand », par Thierry Meyssan, Notes d’information du Réseau Voltaire, 15 avril 1999.



mardi 5 septembre 2017

La fable du massacre des Rohingyas, guerre secrète contre le Myanmar Par Gearóid Ó Colmáin

Les Nations Unies ont accusé le gouvernement du Myanmar de commettre un « génocide » contre la minorité musulmane des Rohingyas, dans la province troublée du pays qu’est l’État d’Arakan. La crise au Myanmar a connu une escalade ces semaines passées, et des groupes de défense des droits de l’homme et des ONGs ont publié de copieuses dénonciations d’abus des droits humains et de massacres, allégués avoir été commis par les Forces Armées du Myanmar (Tatmadaw). Le gouvernement du Myanmar affirme qu’il mène une guerre contre le terrorisme contre des forces cherchant à déstabiliser l’état, et tout particulièrement des forces islamistes. 
Le gouvernement affirme également que la prétendue minorité ethnique communément dénommée « Rohingya » consiste en réalité d’immigrants illégaux, provenant de l’Est du Bengale.
En dépit de milliers d’allégations sérieuses de viol, de pillage et de massacre perpétrés par ces immigrants bengalis au Myanmar, les groupes de défense des droits de l’homme et la « communauté internationale » ont imputé toute la violence aux autorités birmanes. 
Qui sont les « Rohingyas », et pourquoi sont-ils désormais devenus le point de mire d’une attention internationale? Pourquoi la position des autorités birmanes est-elle ignorée? Quels objectifs géopolitiques peut-il y avoir derrière une tentative de déstabilisation du pays, reflétant ce qu’ont déclaré les autorités birmanes?
Les médias pro-Rohingyas ont rapporté que des Rohingyas avaient été tués à MaungDaw. Cette photo d’un site indonésien a été prise en Indonésie.

Qui sont les « Rohingyas »?
Il n’existe aucun groupe ethnique portant le nom de « Rohingya ». 

Le terme « Rohingya » est un terme étymologique bengali, qui signifie « arakanais ». Un « Rohinga » n’est rien de plus qu’un Musulman d’Arakan, un Musulman résident de l’État d’Arakan, la province occidentale de la République de l’Union du Myanmar. Le Dr. Jacques Leider, directeur de l’École Française d’Études Asiatiques en Thaïlande et expert de l’histoire de l’État d’Arakan, met ce nom si fréquemment cité en contexte:
Rohnigya est un nom, pas une catégorie ethnique, qui a été ravivé de nos jours pour identifier les Musulmans d’Arakan, en tant que groupe social distinct. On pourrait éventuellement le comparer au nom donné aux Chinois musulmans du Myanmar, qui sont appelés « Panthay ».
Contrairement aux affirmations de propagande des « Rohingyas », l’Islam n’a été enregistré dans l’État d’Arakan qu’à l’époque de la dynastie Mrauk-U au quinzième siècle. 
Jusqu’au dix-neuvième siècle, les Musulmans n’ont composé qu’une toute petite minorité de la population d’Arakan. Au 19ème siècle, le Raj britannique a déplaçé des Bengalis pour travailler dans l’État d’Arakan, en Birmanie occidentale et essentiellement bouddhiste. Les colons musulmans ont été utilisés d’une manière idoine aux colons presbytériens d’Irlande au 17ème siècle; des colons protestants et presbytériens y avaient été installés par l’état impérial britannique, ceci afin de constituer une force loyaliste locale contre les autochtones irlandais. Les conséquences de cette implantation se font toujours sentir, dans la portion de l’ancienne province irlandaise d’Ulster encore occupée par les Britanniques.
Les Britanniques se sont servis des colons bengalis en Birmanie pour administrer l’État d’Arakan, au bénéfice des intérêts britanniques. Depuis lors, ils ont périodiquement perpétré des massacres de la population bouddhiste indigène de la région de l’État d’Arakan. L’historien Aye Chan écrit:
L’une des causes sous-jacentes de cette violence commune était le Système de Zamindar, importé du Bengale par les Britanniques. Selon ce système, les administrateurs britanniques accordaient aux propriétaires terriens bengalis des milliers d’acres de terres arables, dotés de baux de quatre-vingt-dix-neuf ans. Les paysans d’Arakan, qui fuyaient le pouvoir birman et qui revenaient chez eux après l’annexion britannique, se retrouvèrent privés des terres dont ils avaient, par héritage, été les légataires. Les Zamindars bengalis (les propriétaires terriens) n’ont pas non plus voulu des Arakanais comme locataires sur leurs terres. Des milliers de paysans bengalis furent importés du District de Chittagong pour y cultiver la terre. (Rapport sur les Opérations de Colonisation dans le District d’Akyab 1887-1888:2, 21)
Les paysans colons étaient fortement sous l’influence du mouvement « Faraizi » du Bengale, qui reposait sur des enseignements wahhabites importés d’Arabie. L’idéologie violente professait « l’installation des ikhwans ou frères dans les communautés agricoles proches des ressources aquifères. Les paysans selon leur enseignement, hors le fait de cultiver la terre doivent être prêts à prendre les armes dans une guerre sainte, à l’appel de leurs seigneurs. »
Les Musulmans qui causent aujourd’hui tous les troubles sont appuyés par les Saoudiens, les Pakistanais, les Turcs et les Bangladais ainsi que par les Britanniques et les Étasuniens, qui veulent balkaniser le Myanmar riche en minéraux. 
Je souhaite mettre l’accent sur « Musulmans qui causent tous les troubles ». Car il s’agit d’une minorité des Musulmans dans l’État d’Arakan, qui s’efforce de mener un « djihad » pour le compte des intérêts géopolitiques occidentaux et de la « guerre contre le terrorisme » d’origine sioniste en cours, étiquetée faussement et avec euphémisme, comme étant un « choc des civilisations ».
Depuis l’indépendance, la population musulmane de l’État d’Arakan est devenue la majorité, et les Bouddhistes ont subi des persécutions. 
Des temples sont souvent pris d’assaut et incendiés. Des viols de femmes bouddhistes locales par des hommes musulmans sont régulièrement rapportés. Les Bouddhistes d’Arakan vivent dans la peur. La violence islamiste contre les Bouddhistes dans l’État d’Arakan est souvent suivie d’attaques brutales contre des Musulmans, dans des régions du pays où ils sont minoritaires.
Un État d’Arakan indépendant qui, comme le Kosovo serbe, dépendrait entièrement des États-Unis pour sa sécurité, serait un trophée géopolitique de taille pour les USA et un outil majeur de déstabilisation graduelle de la Chine, où les USA mènent une guerre secrète par « djihad » interposé employant des terroristes ouïghours, dont beaucoup s’entraînent en Syrie et en Irak. Le Congrès Mondial Ouïghour est basé à Washington.
Les autorités du Myanmar mènent présentement une guerre de libération nationale contre deux organisations terroristes, dénommées l’Organisation de Libération Rohingya (OLR-RLO, Rohingya Liberation Organisation) et l’Organisation de Solidarité Rohingya (OSR-RSO, Rohingya Solidarity Organisation). L’OLR est soutenue par l’Arabie Saoudite, le Pakistan, la Turquie et – ipso facto – par l’OTAN. Des rapports récents d’agences de renseignement indiennes ont indiqué que Da’esh recrute désormais des Rohingyas en Inde et les envoie en Arabie Saoudite, afin d’y suivre un entraînement.
Les terroristes Rohingyas reçoivent très probablement des armes et un entraînement, des mains des renseignements militaires bangladais sous la supervision de la Turquie et des USA, tandis que les Saoudiens fournissent la radicalisation et le cash
L’histoire des réfugiés Rohingyas est une énorme opération de guerre psychologique, dont l’intention est de manipuler les émotions des consommateurs de médias de masse ignorants, qui ne comprennent pas l’histoire et le contexte géopolitique complexe du Myanmar et du Golfe du Bengale.
Avec une population de 150 millions d’individus, le Bangladesh est l’un des pays les plus densément peuplés du monde. L’état bengali est l’une des plus grandes « usines à sueur » (sweatshop – « atelier de misère », NdT) du monde, fournissant un labeur d’esclavage pour de puissantes entreprises occidentales. Cependant, l’état est incapable de fournir suffisamment d’emplois pour la jeunesse bourgeonnante du pays. Et ainsi, des centaines de milliers de jeunes Bengalis prennent la mer, en se dirigeant principalement vers la Thaïlande ou vers la Malaysie.
Exploités par une brutale mafia de trafiquants humains qui se coordonnent avec les agences de renseignement occidentales et les ONGs, ces migrants économiques échouent souvent sur les plages de l’État d’Arakan, où ont été dressés des camps de réfugiés. Ils sont ensuite recrutés par des groupes terroristes liés à al-Qaeda dans l’objectif de déstabiliser l’État d’Arakan pour le compte des intérêts occidentaux. La crise des Rohingyas est l’exemple le plus brutal et le plus flagrant de ce que Kelly Greenhill appelle les « armes de migration massives », où des êtres humains sont utilisés par un état comme armes géopolitiques contre un autre état.
En dépit de recherches exhaustives, effectuées sur le terrain au Myanmar par des chercheurs indépendants comme Rick Heizman, qui documentent abondamment et largement le nettoyage ethnique perpétré par les Musulmans Rohingya contre de pauvres paysans bouddhistes, les organisations de défense des droits de l’homme qui façonnent le consensus médiatique international n’ont fait que relayer les accusations de génocide proférées par les organisations qui le commettent elles-mêmes, c’est-à-dire les gangs terroristes organisés de l’insurrection « Rohingya ». Bien que le public soit porté à croire que des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch sont indépendantes, elles sont en réalité étroitement liées aux gouvernements du Royaume-Uni et des USA et fonctionnent comme agences para-étatiques impérialistes de propagande de guerre. Les organisations de défense des droits de l’homme infiltrées par des agents des renseignements occidentaux jouent un rôle-clé dans la fabrication du consensus populaire pour les interventions militaires des USA, de l’OTAN ou de l’ONU dans des pays où il est nécessaire de trouver un prétexte pour une guerre de conquête, cyniquement grimée en « intervention humanitaire ».
Tension frontalière entre le Bangladesh et le Myanmar
L’entraînement militaire présumé fourni aux terroristes Rohingya par les militaires bangladais est l’un des facteurs alimentant le conflit entre le Myanmar et le Bangladesh, où les tensions frontalières se sont récemment intensifiées. Dans son livre « The Politics of Refugees in South Asia – Identity, Resistance and Manipulation » [la politique des réfugiés en Asie du Sud – identité, résistance et manipulation, NdT], Narvine Murshid écrit:
Le Bangladesh voit-il un quelconque intérêt dans la prévention d’une lutte armée au Myanmar? Récemment, les relations entre les deux pays ont connu un litige au sujet de l’exploitation du gaz naturel dans le Golfe du Bengale. Selon le Bagnladesh, le Myanmar a empiété sur les eaux territoriales bangladaises autour de l’île de Saint Martin mais après enquête, le tribunal maritime a statué que la zone reposait à l’intérieur des frontières maritimes du Myanmar.
La politique des réfugiés en Asie du Sud
En 2012, une foule musulmane attaqua des laboureurs bouddhistes à Ramu au Bangladesh, détruisant des temples et de nombreuses maisons. Des politiciens locaux ont pris part à ces violences sectaires. Certains d’entre eux ont tenté de justifier ces crimes de haine en affirmant que la violence était causée par la frustration ressentie par les Rohingyas, qui ne pouvaient entrer dans l’État d’Arakan pour y « protéger » leurs coreligionnaires musulmans face à la « répression bouddhiste », suite à la fermeture de la frontière par l’Armée du Bangladesh. 
Il y a de bonnes raisons de croire que les groupes terroristes Rohingyas sont armés et entraînés au Bangladesh. L’auteur précité s’est fait dire au Bangladesh que, « ce n’est un secret pour personne que les Rohingyas ont un accès aux armes légères. » Les puissances occidentales soutiennent le Bangladesh dans cette entreprise à travers l’industrie des Droits de l’Homme, dédaignant totalement le nettoyage ethnique des Bouddhistes par les Musulmans dans l’État d’Arakan, et ignorant le fait que beaucoup des victimes de la prétendue répression de l’état birman sont des terroristes liés à al-Qaeda.

U Ko Ni, précédemment légiste défenseur de la cause des Musulmans au Myanmar

Il est possible que la CIA et le MI-6 soutiennent également quelques organisations terroristes bouddhistes, afin de discréditer le gouvernement du Myanmar. La violence s’est accrue dans l’État d’Arakan depuis l’assassinat de l’Avocat musulman des droits de l’homme U Ko Ni, le 29 janvier par des terroristes bouddhistes.
U Ko Ni a été un proche conseiller de la dirigeante du Myanmar, Daw Aung San Suu Kyi. Le gouvernement birman a déclaré qu’il s’agissait d’une tentative de « déstabilisation de l’état ». Amnesty International a expliqué au New York Times qu’une réelle enquête indépendante devait être menée, afin d’élucider l’assassinat d’U Ko Ni. L’insinuation claire est que les forces gouvernementales y étaient peut-être mêlées. Nonobstant, il est beaucoup plus probable que des forces tentant d’affaiblir le gouvernement étaient en réalité derrière l’exécution de ce meurtre.
Ils font la guerre par duperie
Beaucoup d’organisations et d’officines médiatiques qui rapportent sincèrement la guerre en Syrie ont été complètement leurrées par la crise sophistiquée et bien financée des « Rohingya » au Myanmar. L’excellent service d’information iranien PressTV a ainsi relayé de la désinformation et des mensonges provenant d’organisations sionistes telles que Human Rights Watch, qui reprochent à l’état du Myanmar la violence qui ensanglante le pays. Ils n’ont fait aucun effort pour expliquer objectivement la nature géopolitique de la crise des Rohingyas, et aucune tribune n’a été donnée aux victimes du terrorisme Rohingya. La République Islamique d’Iran a, par le passé, fait des erreurs politiques majeures. Dans les années 1990 l’Iran a soutenu les Moudjahidines bosniaques, collaborant avec les USA pour faire parvenir des armes aux terroristes qui massacraient les civils serbes pour le compte des pays de l’OTAN. L’Iran espérait ainsi acquérir de l’influence en Europe, et a été leurré par la propagande occidentale qui diabolisait le gouvernement serbe.
Les Israéliens ont joué un rôle central dans cette tromperie en exprimant un soutien en faveur des Serbes. Les relations entre Israël et la Serbie avaient été bonnes. Mais des agents de désinformation comme le journaliste Robert Fisk ont fait tout un foin du soutien israélien à la Serbie, créant ainsi dans l’imagination du gauchiste libéral bien-pensant des analogies entre l’oppression des Palestiniens par le régime israélien, et la répression serbe des terroristes bosniaques et kosovars. Le 6 janvier 2006, dans une chronique du journal The Independent sur le Premier Ministre israélien Ariel Sharon, Fisk a écrit:
Les admonestations sonores de Sharon contre la guerre de l’OTAN en Serbie de 1999 ont largement été oubliées à l’époque où il était Premier Ministre, parmi ses discours de haine contre le « terrorisme ». Onze ans plus tard il avait sympathisé avec l’objectif politique de Slobodan Milošević: empêcher l’établissement d’un état albanais au Kosovo. Cela, disait-il, allait mener à la « Grande Albanie » et fournir un havre à – que les lecteurs retiennent ici leur respiration – la « terreur islamique ». Dans une interview accordée à un journal de Belgrade, Sharon a dit que « nous devons nous tenir à vos côtés contre la terreur islamique.«
Bien qu’il soit un criminel de guerre et un boucher, Sharon exprimait parfois des opinions qui n’étaient pas en phase avec le Sionisme mainstream. Comme je l’ai souligné dans ma série sur la guerre du Sionisme en Europe, Sharon a pu être assassiné à cause de son aveu stupéfiant qu’Israël allait devoir mettre fin à l’occupation illégale des terres palestiniennes. Robert Fisk est, et a toujours été un agent de la désinformation et de propagande de guerre de l’OTAN.
Dans l’article précité, il entend que le lecteur croie que l’objection de Sharon au bombardement par l’OTAN de la Serbie était une mauvaise chose, simplement parce Sharon croyait que le soutien occidental en faveur du « djihad » islamique allait, dans ce cas précis, menacer la sécurité d’Israël. La réalité est que la guerre contre la Serbie a sonné le début d’une suite de guerres brutales d’agression contre des états-nations indépendants, et qui faisait partie d’une volonté de susciter un ordre mondial dominé par Israël. Mais çà, vous ne le lirez pas dans les chroniques trompeuses de Fisk, qui sont d’un frénétique libéralisme de gauche impérialiste. En diabolisant l’un des camps d’une guerre complexe, et en fournissant des justifications pour une campagne de bombardements qui a mené à une perte massive de vies innocentes en Bosnie, en Libye, en Syrie et au-delà, Robert Fisk devrait être jugé pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Fisk est un auteur habile et la plupart des gens échouent à voir comment il travestit sans cesse la vérité. L’OTAN n’a jamais soutenu les Palestiniens ou offert d’intervenir, alors qu’ils subissaient les bombardements massifs du régime sioniste. Cependant, l’organisation a bel et bien appuyé les terroristes et les trafiquants de drogue de l’Armée de Libération Kosovare. L’Iran n’a glané presque aucun avantage de son aventure géopolitique en Bosnie. Le régime « indépendant » bosniaque pro-US a ensuite voté pour le maintien des sanctions à leur égard aux Nations Unies! Une grande part de la diabolisation des Serbes provient de Bernard Henri-Lévy, un Sioniste fanatique et agent de chaos du « Nouvel Ordre Mondial ». Le Sioniste français Bernard Kouchner a été un autre acteur majeur de la destruction de la Yougoslavie.
Une couverture médiatique polarisée du Myanmar
Désormais, les mêmes mensonges et distorsions de la réalité se voient publiés par PressTV, comparant la répression de l’insurrection terroriste Rohingya par le gouvernement birman au génocide israélien des Palestiniens. Les auteurs de PressTV qui publient ces inepties feraient bien de songer au fait que l’Iran est confronté à une guerre majeure contre les États-Unis. Les mêmes groupes qui massacrent des civils bouddhistes au Myanmar ont posé des bombes dans des mosquées à travers l’Iran ces dernières années, et ils n’hésiteront pas à trancher en morceaux les Musulmans chiites iraniens lorsque la « Babylone » sioniste déferlera en Perse!
Le Guide Suprême iranien, l’Ayatollah Khameneï, a été sans équivoque dans sa condamnation du terrorisme takfiriste. Mais il existe une cinquième colonne opérant aux plus hauts niveaux de la République Islamique d’Iran pour le compte du Sionisme. Si l’Ayatollah Khameneï ne prend pas de mesures pour extraire ces individus de positions de pouvoir et d’influence, la République Islamique d’Iran pourrait devenir la prochaine Syrie.
Des milices bouddhistes commencent à émerger à travers le Myanmar; ils préviennent les citoyens de s’armer et de défendre leur race, leur religion et leur patrie contre l’invasion bengalie. Les tensions sociales et religieuses ont déjà été manipulées par l’Occident, dans le passé. En 2007, la CIA organisait la « révolution de safran » – une révolution de couleur qui s’est servi de moines bouddhistes comme bélier contre l’état, afin de faire progresser les intérêts géostratégiques occidentaux dans le pays.
 Le Moine Ashin Wirathu, cible de diabolisation occidentale
Ainsi qu’écrit plus haut, il peut y avoir des terroristes à la solde de la CIA au sein de la population bouddhiste. Le moine bouddhiste Ashin Wirathu a été accusé d’incitation à la haine raciale et au massacre contre la population musulmane. Le magazine Time a publié une photo de lui en couverture d’un de ses exemplaires portant la légende: « Le visage de la terreur bouddhiste ». J’ai visionné plusieurs documentaires et reportages médiatiques qui dédaignent purement et simplement ses arguments, selon lesquels il prend la défense de son peuple contre le terrorisme islamiste. Les crimes présumés commis par les Bouddhistes contre les Musulmans sont immanquablement confirmés, tandis que les crimes présumés commis par les Musulmans contre les Bouddhistes sont tout simplement ignorés, sans la moindre investigation. Les allégations contre Wirathu possèdent peut-être un fondement, mais j’attends toujours de voir quoi que ce soit pouvant être considéré comme une enquête objective et impartiale.
Au dire de tous, Wirathu est un criminel violent qui dirige des foules ayant coûté la vie à des milliers de personnes, et qui ont créé une crise humanitaire qui engloutit lentement toute l’Asie du Sud-Est. Pourtant Wirathu compte encore parmi les soutiens les plus audibles d’Aung San Suu Kyi, et pèse fréquemment sur les décisions prises au plus haut niveau, par le parti de Suu Kyi. En outre l’Occident a échoué à le condamner ou à imposer la moindre sanction contre lui et, par le biais de ses propres divers médias grand public continue de lui accorder des interviews, ce qui entretient sa crédibilité et son influence.
Wirathu semble donc être un « criminel violent« , « au dire de tous« . La BBC a diffusé un documentaire intitulé « Notre Monde: le Moine Extrémiste du Myanmar » [en anglais, « Our World: Myanmar’s Extremist Monk« , NdT] où le doute n’est laissé à personne quant à l’identité des « gentils » et des « méchants » dans la guerre civile en gestation au Myanmar. Dans ce documentaire de la BBC des meurtres épouvantables, commis par des Bouddhistes contre des Musulmans, sont examinés avec attention. Des membres des familles sont interviewés, etc., mais le respect correspondant n’est absolument pas témoigné aux familles des victimes bouddhistes. Il nous est annoncé que les autorités ont interrompu le tournage du documentaire, et ont emmené l’équipe de la BBC pour leur poser des questions et vérifier leur accréditation. Le sous-entendu est que le gouvernement du Myanmar aurait quelque chose à cacher. Mais il est clair que c’est la BBC qui essaye de dissimuler l’information. La BBC n’a pas interviewé un seul fonctionnaire du gouvernement. Leur point de vue est totalement absent.
Nous ne disposons d’aucune information concernant des victimes bouddhistes d’agressions islamistes, en dépit de l’aveu par la BBC que les photos que le Moine Wirathu leur a montré sont si horribles et graphiques qu’elles ne se prêtent pas à la diffusion. Il nous est seulement dit que Wirathu n’a cure des victimes musulmanes. Wirathu pourrait rétorquer la même chose à propos du manque de compassion de la BBC pour les Bouddhistes. Nous pouvons voir des preuves exhaustives de la destruction de mosquées à Meiktila par des Bouddhistes, mais rien sur la destruction islamiste de temples bouddhistes à travers l’État d’Arakan. Il nous est péroré que le gouvernement ne fait rien pour faire cesser la violence bouddhiste, et quelques minutes plus tard il nous est annoncé que Wirathu a été incarcéré pendant neuf ans, précisément du fait de ses présumés crimes politiques.
Le reporter de la BBC Jonah Fisher montre au « moine malfaisant » une vidéo d’un homme musulman se faisant rosser à mort par des terroristes bouddhistes. Le reporter lui demande si sa prédication ne contribue pas à une telle violence. Après avoir condamné la violence qu’a subie le Musulman, Wirathu répond:
« Si le conflit avait commencé du fait de mes enseignements dans les lieux où je prêche, alors nous aurions pu en être les initiateurs mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Ils nous ont attaqués et nous avons répliqué, c’est ainsi que je le vois. » Une faction des moines bouddhistes, instrumentalisée par la CIA dans la « révolution de safran » en 2007, veut que le mouvement nationaliste 969 soit écrasé parce que c’est un « obstacle à la réforme démocratique ». Traduit en langage géopolitique, le nationalisme de Wirathu est un obstacle aux plans occidentaux de balkanisation du pays. Thein Sein, précédent Président, était moins favorable à l’autonomie régionale de l’État d’Arakan que l’est Daw Aung San Suu Kyi. Thein Sein soutient Wirathu.
Wirathu a proposé une législation prohibant le mariage des hommes musulmans avec les femmes bouddhistes. Il est parvenu à rassembler deux millions de signatures, afin que cette pétition soit présentée devant le Parlement. Le projet de loi est ethno-religieux et des observateurs occidentaux affirment qu’il est raciste, mais il s’agit d’une proposition tout à fait raisonnable d’un point de vue nationaliste bouddhiste. De nombreuses femmes bouddhistes sont converties à l’Islam et la population islamique s’accroît rapidement. La population indigène se sent menacée, et prend des mesures pour défendre sa culture et son identité. Des règles similaires existent dans de nombreux pays islamiques mais personne ne mentionne ce détail. Par exemple dans la République Islamique d’Iran, les hommes musulmans ont le droit d’épouser des femmes non-musulmanes mais celles-ci doivent se convertir à l’Islam, garantissant ainsi la continuité de l’Islam comme religion d’état.
Il nous est dit que Wirathu porte un message « haineux » et « intolérant ». Wirathu semble effectivement honnir l’islamisation du Myanmar, et il n’a aucune tolérance envers les nombreux crimes contre l’humanité perpétrés par des terroristes takfiris. Il veut que les Musulmans restent une minorité, et condamne les actes de violence commis à leur encontre. Que de haine et d’intolérance…! Un documentaire de PressTV intitulé: « Le Moine Raciste du Myanmar » aurait pu être produit par la BBC, CNN ou Channel 1, la chaîne israélienne! Wirathu est décrit comme un « fasciste » et diabolisé de son début à sa fin.
Ces dernières années, les États-Unis ont redéployé leurs forces dans le Pacifique Sud dans ce qui ressemble à la préparation d’une confrontation militaire avec la République Populaire de Chine. Les terrorismes de soutien, islamiste et lamaïste, sont deux pôles importants de la stratégie militaire de Washington contre la Chine. Un individu depuis longtemps à la solde de la CIA j’ai nommé le Dalaï-Lama, a publiquement condamné le gouvernement du Myanmar pour sa « répression » des Musulmans Rohingyas.
La CIA a financé des insurrections terroristes au Tibet depuis que les communistes chinois ont libéré le pays en 1950, mettant un terme à des siècles de servage et d’esclavage brutal. Le Dalaï-Lama, qui est exécré par de nombreux Bouddhistes authentiques, compte sans nul doute sur la forte présence de terroristes takfiris au Xinjiang pour occuper l’Armée de Libération du Peuple, pendant que le terroriste lamaïste continue d’être fomenté au Tibet. Les conditions pour une guerre civile sont mûres. La « communauté internationale », c’est-à-dire les États-Unis, soutient évidemment la guerre secrète du Bangladesh contre le Myanmar car il s’agit de contrer l’influence chinoise dans le Golfe du Bengale et de se servir de l’État d’Arakan comme base d’opérations pour le « djihad » imminent, appuyé par les USA, dans le province occidentale chinoise du Xinjiang; et ainsi que pour déstabiliser la Thaïlande, la Malaysie et l’Indonésie. Bien que l’élection du Président Donald Trump puisse supputer un changement d’orientation US, la CIA étant en conflit ouvert avec le président US sur la politique étrangère, il est probable que cela demeurera « business as usual« , pour la machine de guerre militaro-industrielle US.
En 1942, plus de 50 000 Bouddhistes ont été massacrés par des Musulmans « Rohingyas » à MaungDaw dans l’État d’Arakan. Les massacres de civils bouddhistes ont depuis été d’une régulière occurrence, d’échelle massive ces dernières années. Le modus operandi Rohingya est d’accuser la victime. Rick Heizman est l’un des rares chercheurs indépendants qui aient documenté le génocide en cours de paysans bouddhistes pauvres, par des terroristes « Rohingyas » soutenus par l’Occident. Le travail de Heizman pour l’Organisation Arakane pour les Droits de l’Homme et le Développement est le fruit de recherches exhaustives. Le Dr. Leider, cité plus haut, est lui-même l’un des rares experts ayant entrepris une approche scientifique du problème Rohingya. Il a dénoncé l’analyse médiatique internationale et des groupes de défense des droits de l’homme, qu’il considère biaisée et jouant sur le facteur émotionnel. Il a déclaré aux médias birmans, « les journalistes ont besoin de faire plus attention à diversifier leurs sources de documentation. »
Gearóid Ó Colmáin

Article original en anglais : The Rohingya Psyops: Waging Covert War on Myanmar, publié sur le site de l’auteur le 6 février 2017.
Traduit par Lawrence Desforges :

Gearóid Ó Colmáin est journaliste et analyste de la géopolitique.