Affichage des articles dont le libellé est Myanmar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Myanmar. Afficher tous les articles

mercredi 29 novembre 2017

Myanmar

A propos de l'abruti Omar Sy et des Rohingyah, quelques précisions utiles :
"Depuis quelques jours nos journaleux s’épanchent sur ces malheureux ROHINGYAS qui par dizaines de milliers se voient contraints de quitter «leur pays », la Birmanie, chassés par l’armée Birmane.
C’est tout juste si on ne nous demande pas de les accueillir chez nous ces « pauvres musulmans persécutés".
Mais au fait, qui sont-ils très exactement ces Rohingyas ?
Ce sont justement des « migrants » qui ont envahi la Birmanie au cours du XIXe siècle parce qu’ils étaient chassés du Bengale par les Anglais, qui les considéraient comme une minorité religieuse « très dangereuse, prédatrice et parasitaire », en quelques mots des « criminal tribes» (tribus criminelles).
Depuis leur arrivée en Birmanie, il y a deux siècles, les Rohingyas vivent en communauté, refusent de s’intégrer, rejettent les traditions, la culture et le mode de vie birman, tout en revendiquant tous les avantages que leur accordait la citoyenneté birmane.
Depuis le début de ce XXIe siècle et le développement mondial de l’islamisme, depuis le début de la guerre déclarée par l’État islamique au reste du monde, les Rohingyas du sud de la Birmanie se révoltent : ils saccagent les élevages de porcs et les restaurants qui en servent, ils veulent imposer la charia et leurs mœurs dans cette Birmanie dont la majorité de la population est bouddhiste. Ce dernier mois de ramadan, la violence, provoquée par le terrorisme islamiste, s’est accentuée : notamment une vingtaine de postes de police détruits par des djihadistes rohingyas dans la région de Rakhine, et la décision a été prise par les autorités birmanes d’y mettre un terme et d’expulser cette minorité rohingyas vers leur pays d’origine, le Bangladesh.
Plus de deux cent mille clandestins rohingyas ont déjà été expulsés.
Bien entendu tous les pays musulmans du monde crient au génocide (et qui mieux qu’eux peut en parler puisqu’ils le pratiquent depuis des siècles et des siècles) contre cette campagne antiterroriste, et au premier rang les organisations islamistes internationales, suivis par certains autres pays qui se veulent démocratiques, laïques, républicains, et soi-disant respectueux des droits de l’homme, comme par exemple la France et sa presse pro-musulmane, pro-chance pour la France !
En revanche on se garde bien de vous informer sur la persécution permanente des chrétiens du Timor, en Indonésie, des coptes en Égypte, des Syriaques en Irak et des juifs, dans tous ces pays essentiellement musulmans.
On passe sous silence les attentats répétés commis par une minorité musulmane islamiste, se revendiquant de l’État islamique, dans ce pays, les Philippines, à majorité chrétienne !
Nos médias critiquent ouvertement le silence de Aung San Suu Kyi, l’actuelle chef du gouvernement birman, qu’il y a peu de temps encore était encensée pour le Prix Nobel de la Paix qui lui était décerné.
Les pays qui, eux, sont parfaitement au courant de cette situation dramatique pour la Birmanie, comme l’Inde et la Chine, lui apportent un soutien inconditionnel.
Gardons-nous de jeter la première pierre contre ces pays qui se défendent courageusement contre le terrorisme religieux islamique puisque nous sommes incapables d’y mettre un terme !
Il est primordial que la population française soit informée sur ces évènements par d’autres médias que ceux «subventionnés» pour la désinformer ! ce qu’elle fait admirablement."
(Manu L.)

lundi 9 octobre 2017

ROHINGYAS : IDÉOLOGIES ET APPROCHE VICTIMAIRE

L'ennui avec une idéologie, quelle qu'elle soit, c'est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu'il n'y avait que deux idéologies, l'idéologie bourgeoise ou l'idéologie socialiste[1]. En cela, comme sur d'autres points d'ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l'idéologie de l'islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l'islam serait le communisme du XXe siècle[2]. Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L'actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l'illustrer, nous nous pencherons sur ce qu'il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l'ancienne Birmanie.
Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois une minorité dont il ignorait jusqu'à lors l'existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui compose le Myanmar, à côté de la majorité birmane bouddhiste. Malheureusement, le public découvre le conflit Rohingyas/Birmans viaar les informations qui lui sont données de façon tronquée ; l'explication livrée est en effet monocausale. Rien n'est plus dangereux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais implantés sur le territoire de l'actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Londres ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l'indépendance birmane, cette minorité n'a jamais été considérée par les habitants de ce pays comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». 
Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux - pas loin de 130[3] - qui ne sont pas toujours en sympathie avec le pouvoir central de Naypyidaw[4]. En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins et les Karens, de nombreux conflits ont émaillé les rapports entre le pouvoir central et les ethnies péripéhriques depuis l'indépendance en janvier 1948 et surtout sous la junte militaire qui dirigea le pays de 1962 et 2011 et qui le contrôle encore en grande parite aujourd'hui.

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays - ils n'ont pas le droit de sortir de leur Etat, n'ont pas de papiers d'identité -, ils n'ont pas le statut de citoyens mais celui d'« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile  comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées.

Géographiquement, les Rohingyas sont regroupés à l'ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le nord de la province de l'Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités de cette province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires.

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu'ils sont musulmans. C'est là qu'intervient l'approche idéologique du conflit, que les faits sont travestis et que s'ouvre le Storytelling. Alors que l'on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux ("gentils musulmans" contre "méchants bouddhistes"), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l'islam n'est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. 
En effet, il y a d'autres fortes minorités musulmanes au Myanmar, d'origine indienne ou chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes n'ont aucun souci d'intégration et qu'elles ne font pas l'objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population, qu'il n'y a pas de conflit entre elles et les bouddhistes. 
Ainsi, présenter ce qui s'y passe sous l'angle d'une minorité musulmane opprimée du fait seul qu'elle professe l'islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes.

L'intérêt des islamistes...

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu'ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d'Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). 
Par la mise en avant de cette posture victimaire, les musulmans n'apparaissent plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l'opinion et exonère de toute analyse[5], tant l'émotion tue la raison. 

De plus, en appeler à l'action des musulmans du monde contre les responsables birmans, permet à ces idéologues non seulement de permettre l'ouverture d'un nouveau foyer-creuset pour combattants jihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (l'oumma) face à l'ennemi impie en une cause transnationale et globale.
Soulignons que dans ce conflit, les vicitmes n'appartiennent pas à un seul camp. Les Rohingyas tuent et détruisent eux aussi, avec autant de sauvagerie, de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu'il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n'est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l'Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des jihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al-Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l'ISI (les services secrets pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l'Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu'ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

... et celui des mondialistes

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l'Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. 
Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers, notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc. En effet, on constate que le groupe Total, présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l'hommistes » étant d'accuser le groupe français de "collusion avec le régime birman sanguinaire" et ainsi d'évincer Total de sa licence d'exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %[6]), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents[7].

Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, soutien majeur du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu'un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l'Arakan) ; un pipe-line financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d'acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipe-line endommagé et/ou rendu inopérant, et un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République populaire de Chine[8].
           
Ces deux types d'idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu'applaudir si ce n'est pousser à la mise en avant de ce conflit, car pour l'un, il mobilise au niveau mondial non seulement l'oumma, mais la tendance islamiste radicale et jihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ;  et pour l'autre, il permet d'avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d'organisations relais aux intentions « humanistes » qu'ils financent et qu'ils manipulent[9].

Jusqu'à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd'hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l'ancienne égérie des mondialistes - coqueluche des droits de l'hommistes, enfant chérie de l'hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix - qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88% de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l'importance de Pékin et de l'aspect vital du pipe-line chinois. Elle mesure également l'influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu'ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation philanthropique Buddha Dhammadirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son image d'icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. 
Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu'ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu'à l'extérieur du pays, par des idéologues islamistes et mondialistes.

Philippe Raggi Cf2R

  • [1] Les Origines intellectuelles du léninisme, Calmann-Lévy, 1977.
  • [2] Sociologie du communisme, échec d'une tentative religieuse au XXe siècle, Paris, Libres-Hallier, 1979.
  • [3] Officiellement, il y a 135 ethnies au Myanmar.
  • [4] Nom de la nouvelle captiale politique et administrative du pays. L'ancienne capitale, Rangoun demeure néanmoins la capitale économique.
  • [5] On lira avec intérêt le livre de François Thual, Les conflicts identitaires, Ellipses, 1995.
  • [6] http://www.total.com/fr/medias/actualite/communiques/myanmar-total-met-en-production-le-projet-gazier-badamyar?xtmc=exploration%20production%20myanmar&xtnp=1&xtcr=3
  • [7] Cf. l'étude faite par Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement(CF2R), sur le sujet de ces ONG en Birmanie (http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece.php)
  • [8] Le pipe-line pourra approvisionner en pétrole brut la République populaire de Chine à hauteur de 6% du total de ses importations. Le transport de gaz est, lui, déjà opérationnel. (https://www.ft.com/content/21d5f650-1e6a-11e7-a454-ab04428977f9 )
  • [9] Cette instrumentalisation d'idiots utiles en arrive à un tel point que l'on devrait requalifier certaines ONG en « GONG », des Governemental ONG, comme le dirait Eric Denécé.
     

samedi 7 octobre 2017

Le Myanmar et l’Inde contre le jihadisme

Le 25 août 2017, l’Organisation de Libération Rohingya a lancé 25 attaques simultanées contre des postes de police et des casernes dans l’État de Rakhine, sur la côte birmane, faisant 71 morts.
Cette opération était co-organisée avec un groupe bengali, ayant fait scission en 2016 de la Jamat-ul-Mujahideen autour du slogan « Le Jihad du Bengale à Bagdad ». Ce groupe a fait allégeance au Calife Abou Bakr al-Baghdadi et a rassemblé dans une même coalition les Mudjahiden indiens, Al-Jihad, Al-Ouma, le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde (SIMI), le Lashkar-e-Toiba (LeT) et le Harkat-ul Jihad-al Islami (HuJI) pakistanais. Cet ensemble a été financé par la fondation Revival of Islamic Heritage Society (RIHS) du Koweït.
En 2016, cette fédération était armée par l’Arabie Saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Otan.
Les Rohingyas sont les descendants des ouvriers bengalis, d’ethnies diverses, transférés par les Britanniques pour exploiter la Birmanie. Ils ne constituent donc pas une minorité ethnique, mais une minorité sociologique.
Les Rohingyas ont été absorbés par la population birmane lors de son indépendance, mais de religion musulmane, ils ne se sont jamais vraiment intégrés à la population bouddhiste du Rakhine. Ils ont en définitive été déchus de leur nationalité.
Depuis la construction du gazoduc reliant le port birman de Kyaukphyu à la ville chinoise de Kunming, la CIA a apporté son soutien aux Rohingyas contre le Myanmar.
Après les attentats du 25 août, le gouvernement birman du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a lancé une opération de répression contre l’Organisation de Libération Rohingya. Selon les uns, l’armée aurait alors commis des exactions contre des villages Rohingyas, selon d’autres, ce sont au contraire des agents provocateurs qui seraient venus brûler des villages. Toujours est-il que près de 125 000 personnes se sont enfuies du Myanmar et ont demandé asile au Bangladesh. Très inquiet de la présence de jihadistes parmi ces réfugiés, Dacca les a parqués à la frontière.
Recevant le Premier ministre indien Narendra Modi au palais présidentiel de Naypyitaw, le 6 septembre 2017, la conseillère d’État Aung San Suu Kyi a dénoncé le terrorisme international. Les deux parties ont publiées un communiqué commun dénonçant « la violence extrémiste dans l’État de Rakhine et spécialement la violence contre les forces de sécurité et la manière dont les vies des civils ont été affectées. »
La propagande occidentale et du Golfe présente les événements de Rakhine comme une agression bouddhiste contre une minorité musulmane.

Arrestation d’un jihadiste qui brûlait un village rohingya

Selon le général Min Aung Hlaing, l’armée birmane a arrêté un homme qui venait d’incendier sept maison dans le village rohingyas de Mi Chaung Zay (canton de Buthidaung).
Cet homme n’est autre qu’Einu, un officier de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, qui a appelé les membres de sa communauté à fuir le pays, précisément en accusant l’armée d’incendier leurs villages.
L’incident a eu lieu le 4 octobre 2017, vers 2h40 du matin. L’armée a aidé les villageois à éteindre l’incendie.
Depuis l’attaque de commissariats de police et de casernes par les jihadistes, le 25 août, l’armée et les jihadistes s’accusent mutuellement d’incendier les villages.

mardi 3 octobre 2017

L’islam politique contre la Chine

JPEG - 51.9 ko
Selon l’état-major US, la Thaïlande fait partie de la zone à détruire (ici, la carte publiée par Thomas P. M. Barnett en 2003).

Poursuivant sa Grande stratégie d’extension du domaine de la guerre [1], le Pentagone préparait en même temps l’instrumentation des kurdes au Moyen-Orient élargi, une guerre civile au Venezuela et une guerre d’usure aux Philippines. Cependant, ces conflits devront attendre au profit d’un quatrième théâtre d’opération : la Birmanie, aux marches de la Chine.

JPEG - 54.2 ko
Le 28 septembre au Conseil de sécurité, Jeffrey Feltman, le numéro 2 de l’Onu, assiste aux débats aux côtés du secrétaire général António Guterres. Après avoir personnellement supervisé l’agression contre la Syrie, il entend organiser celle contre la Birmanie. Ancien fonctionnaire états-unien, Feltman fut l’adjoint d’Hillary Clinton.


Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le 28 septembre, l’ambassadrice US et plusieurs de ses alliés ont accusé le gouvernement de coalition du Myanmar de « génocide » [2]. Ce gros mot —qui en droit européen désigne un massacre de masse, mais en droit US s’applique à une méthode d’assassinat même si le criminel ne fait qu’une seule victime— suffit pour Washington à justifier d’une guerre, avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité comme on l’a vu en Yougoslavie [3]. La réunion du Conseil de sécurité s’est tenue à la requête de l’Organisation de la Conférence islamique (OIC).
JPEG - 52.1 ko
Depuis 2013, les médias occidentaux s’appliquent à présenter le bouddhisme sous une forme sectaire. Ici, le moine Ashin Wirathu. Condamné en 2003 à 25 ans de prison, en raison de ses prêches anti-musulmans, il a bénéficié de l’amnistie générale en 2012. Il n’est pas difficile de trouver des fanatiques dans n’importe quelle religion.
Pour faire correspondre les faits avec leur narration, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui célébraient lors de la « révolution safran » (2007) Aung San Suu Kyi et les moines bouddhistes pour leur résistance non-violente à la dictature du SLORC [4], ont purement et simplement amalgamé l’armée birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi [5] et tous les bouddhistes du pays [6] dans le camp des méchants.
La Birmanie n’a jamais connu la paix civile depuis la domination étrangère, britannique puis japonaise [7]. Elle est plus facile à déstabiliser depuis que la junte du SLORC a accepté de partager le pouvoir avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et qu’ils tentent ensemble de résoudre pacifiquement les nombreux conflits internes du pays.

JPEG - 28.2 ko
Indispensables à l’économie chinoise, les pipe-lines du Yunnan aboutissent sur la côte pacifique dans la province d’Arakan/Rakhine.


Par un hasard de la géographie, la Birmanie laisse passer sur son territoire le pipe-line reliant le Yunnan chinois au golfe du Bengale, et héberge des stations de surveillance électronique chinoises des voies navales qui passent au large de ses côtes. Faire la guerre en Birmanie est donc plus important pour le Pentagone que de stopper les deux « routes de la soie » au Moyen-Orient et en Ukraine.
Héritage de la colonisation britannique, se trouve parmi les populations birmanes discriminées, 1,1 million de descendants des ouvriers bengalis que Londres déplaça à l’intérieur de l’Empire des Indes vers la Birmanie : les Rohingyas [8]. Il se trouve que cette minorité nationale —et non pas ethnique— est musulmane alors que la grande majorité des Birmans sont bouddhistes. Enfin, il se trouve que durant la Seconde Guerre mondiale, les Rohingyas collaborèrent avec l’Empire des Indes contre les nationalistes birmans.
JPEG - 61.3 ko
Parfaitement équipé, le Mouvement pour la Foi ou Armée du salut des Rohingyas de l’Araka est entraîné par les Britanniques en Arabie saoudite et au Bangladesh. Avant le début des événements actuels, il comprenait au moins 5 000 soldats.
En 2013, alors que le Pentagone et la CIA avaient déployé des hordes jihadistes en Syrie et y tenaient une guerre de position, l’Arabie saoudite créa une énième organisation terroriste à La Mecque, le Mouvement de la Foi (Harakah al-Yaqin). Ce groupe, qui déclare rassembler des Rohingyas, est en réalité commandé par le Pakistanais Ata Ullah, qui combattit les Soviétiques en Afghanistan [9]. Le royaume saoudien hébergeait la plus importante communauté masculine Rohingyas, après la Birmanie et avant le Bengladesh, avec 300 000 travailleurs mâles sans leurs familles.
Selon un rapport des services de renseignement bengalis, antérieur à la crise actuelle, le Mouvement pour la Foi agit depuis un an avec une scission de la Jamat-ul-Mujahideen bengalie autour du slogan « Le Jihad du Bengale à Bagdad ». Ce groupuscule a fait allégeance au Calife de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, et a rassemblé dans une même coalition les Mudjahiden indiens, Al-Jihad, Al-Ouma, le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde (SIMI), le Lashkar-e-Toiba (LeT) et le Harkat-ul Jihad-al Islami (HuJI) pakistanais. Cet ensemble a été financé par la fondation Revival of Islamic Heritage Society (RIHS) du Koweït.
Lorsque, il y a moins d’un an et demi, en mars 2016, le SLORC accepta de partager le pouvoir avec le parti d’Aung San Suu Kyi, les États-Unis tentèrent d’instrumenter la prix Nobel de la paix contre les intérêts chinois. Sachant qu’il leur serait difficile de manipuler la fille du père de l’indépendance birmane, le communiste Aung San, ils encouragèrent le Mouvement pour la Foi —« on ne sait jamais… »—.
JPEG - 72.4 ko
En septembre 2016, Aung San Suu Kyi est venue expliquer ses efforts en faveur des Rohingyas à la tribune de l’assemblée générale de l’Onu. Comme son père Aung San, qui crut un instant à l’aide des Japonais pour libérer son pays de la colonisation britannique, la prix Nobel de la paix a naïvement imaginé la sympathie des Anglo-Saxons pour résoudre les problèmes internes du Myanmar.
En septembre 2016, Aung San Suu Kyi représenta son pays à l’Assemblée générale des Nations Unies [10]. Fort naïvement, elle expliqua les problèmes de son peuple et les moyens qu’elle mettait en place pour les résoudre progressivement, à commencer par celui des Rohingyas. De retour chez elle, elle réalisa que ses anciens soutiens états-uniens étaient en réalité les ennemis de son pays. Le Mouvement pour la Foi lança une série d’attaques terroristes, dont celle du poste de la police des frontière de Maungdaw où 400 terroristes volèrent l’arsenal tuant 13 douaniers et soldats.
Persévérante, Aung San Suu Kyi poursuivit la mise en place d’une commission consultative chargée d’analyser la question rohingya et de proposer un plan concret pour mettre un terme aux discriminations dont ils font l’objet. Cette commission était composée de six Birmans et de trois étrangers : l’ambassadrice néerlandaise Laetitia van den Assum, l’ancien ministre libanais (en réalité représentant la France) Ghassan Salamé, et l’ancien secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, en qualité de président de la commission.
JPEG - 72.8 ko
La Commission consultative pour les Rohingyas autour de son président, Kofi Annan. Parmi les six membres birmans, on remarque des personnalités historiques de la lutte pour les Droits de l’homme, U Win Mra et U Khin Maung Lay, aussi bien qu’Al Haj U Aye Lwin, le guide spirituel d’un ordre musulman soufi.
Les neuf commissaires entreprirent un travail d’une rare qualité malgré les obstacles birmans. Des partis politiques échouèrent à faire dissoudre la commission par l’Assemblée nationale mais parvinrent à faire adopter une motion de défiance de la commission par l’assemblée locale d’Arakan (l’État où vivent les Rohingyas). Quoi qu’il en soit, les commissaires rendirent leur rapport le 25 août avec des recommandations possibles à mettre en œuvre et sans piège, dans le réel but d’améliorer les conditions de vie de chacun [11].
Le jour-même, les services secrets saoudiens et états-uniens donnaient le signal de la riposte : le Mouvement pour la Foi, renommé par les Britanniques Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, divisé en 24 commandos, attaquait des casernes de l’armée et des postes de police, faisant 71 morts. Durant une semaine, les troupes birmanes menaient une opération anti-terroriste contre les jihadistes. 400 membres de leurs familles fuyaient vers le Bangladesh.
JPEG - 59.1 ko
Le président de l’Organisation de la coopération islamique, Recep Tayyip Erdoğan, ouvre la campagne médiatique mondiale pour sauver les Rohingyas (Istanbul, 1er septembre 2017).
Trois jours plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commençait à téléphoner à tous les chefs d’État de pays musulmans pour les alerter sur « le génocide des Rohingyas ». Le 1er septembre, c’est à dire le jour de la plus importante fête musulmane, l’Aïd al-Adha, il prononçait un vibrant discours à Istanbul, en sa qualité de président en exercice de l’Organisation de coopération islamique, pour sauver les Rohingyas et soutenir leur Armée du salut [12].
Pourtant, ces jihadistes n’ont aucunement défendu les Rohingyas, mais sont intervenus de manière systématique pour faire échouer les tentatives d’améliorer leurs conditions de vie et de mettre un terme aux discriminations qui les frappent.
JPEG - 16.2 ko
Le général Mohsen Rezaei fut le commandant des Gardiens de la Révolution qui se battirent aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite durant la guerre de Bosnie-Herzégovine contre la Serbie.
Le 5 septembre, le président du Conseil de discernement iranien, Mohsen Rezaei, proposait de joindre les forces de tous les États musulmans et de créer une armée islamique pour sauver les « frères rohingyas » [13]. Une prise de position d’autant plus importante que le général Rezaei est un ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution.
Alors que l’armée birmane avait cessé toute activité contre les terroristes, des villages rohingyas étaient brûlés, tandis que la population rakhine de l’Arakan lynchait des musulmans, à ses yeux tous liés aux terroristes. Selon les rohingyas, c’est l’armée birmane qui brûlait les villages, tandis que selon l’armée birmane, c’était les jihadistes. Progressivement, tous les Rohingyas habitant au Nord de l’Arakan se mettaient en marche pour se réfugier au Bangladesh, mais curieusement pas les Rohingyas habitant au Sud de l’État.
JPEG - 38 ko
Le 6 septembre, une délégation officielle turque se rendait au Bangladesh pour y distribuer des vivres aux réfugiés. Elle était conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et par l’épouse et le fils du président Erdoğan, Bilal et Ermine.
JPEG - 46 ko
La campagne de mobilisation communautaire dans les pays musulmans s’appuie sur des visuels particulièrement marquants. Ainsi, cette photographie est diffusée par le gouvernement turc. Elle est censée représenter les victimes musulmanes des moines bouddhistes en Birmanie. Il s’agit en fait d’une ancienne photographie d’une cérémonie funèbre des victimes d’un tremblement de terre en Chine.
Dans les pays musulmans, une vaste campagne de désinformation assurait, photos à l’appui, que les bouddhistes massacraient en masse les musulmans. Bien sur, aucune de ces photos n’avait été prise en Birmanie, et ces fausses nouvelles furent démasquées les unes après les autres. Mais dans ceux de ces pays où la population est peu éduquée, ces photos convainquirent tandis que les démentis furent inaudibles. Seul le Bangladesh émettait des réserves sur le rôle des jihadistes et assurait le Myanmar de sa coopération contre les terroristes [14].
Le 11 septembre, le président en exercice de l’Organisation de conférence islamique (OCI), Recep Tayyip Erdoğan, intervenait devant la commission scientifique de l’Organisation réunie à Astana (Kazakhstan) —dont ce n’est pas la compétence—, « pour sauver les Rohingyas ».
JPEG - 57.6 ko
Pour l’ayatollah Ali Khamenei, l’engagement militaire de son pays aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite en Birmanie serait une catastrophe. D’autant que l’Iran a une histoire millénaire de coopération avec la Chine.
Dès le lendemain, le 12 septembre, le Guide de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei prenait position. Très inquiet de la proposition du général Rezaei, il veillait à délégitimer la guerre de religion en préparation, le « choc des civilisations », quitte à mettre en cause la présence d’une femme à la tête d’un État. Il veillait donc à fermer la porte à un engagement militaire des Gardiens de la Révolution. Il déclarait : « Il est tout à fait possible que le fanatisme religieux ait joué un rôle dans ces événements, mais il s’agit là d’une question tout à fait politique, car c’est le gouvernement du Myanmar qui en est le responsable. Et à la tête de ce gouvernement, il y a une femme cruelle, lauréate du Prix Nobel de la paix. En réalité, ces événements ont signé l’acte de décès du Prix Nobel de la paix » [15].
Immédiatement à Téhéran, le président cheikh Hassan Rohani faisait appel à l’armée régulière pour participer au conflit en préparation. Le 17 septembre, les chefs d’état-major des armées iraniennes et pakistanaises entrèrent en contact pour unir leur forces dans la crise [16]. Il s’agit de la première initiative militaire, mais elle concerne l’armée iranienne (qui travaille déjà avec ses homologues turques et pakistanaise pour défendre le Qatar) et non pas des Gardiens de la Révolution (qui se battent aux côtés des Syriens contre les jihadistes). L’Iran achemine également une aide massive aux réfugiés.
JPEG - 65.3 ko
Aung San Suu Kyi appelle l’opinion publique internationale à prendre en compte les efforts du Myanmar pour régler la question des Rohingyas et dénonce le terrorisme jihadiste. Elle ne sera pas plus comprise que Mouamar Kadhafi dénonçant l’attaque d’Al-Qaïda contre son pays (Naypyidaw, 19 septembre 2017).
Le 19 septembre, ignorant les explications d’Aung San Suu Kyi [17] et profitant de l’Assemblée générale de l’Onu, Recep Tayyip Erdoğan réunit le groupe de contact de l’OCI pour demander à tous les États membres de suspendre tout commerce avec le Myanmar et pour demander au Conseil de sécurité de l’Onu de statuer [18].
JPEG - 36.9 ko
L’Arabie saoudite protège et encadre depuis 2013 l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan. Le roi Salmane attribue 15 millions de dollars aux réfugiés rohingyas au Bangladesh où se trouvent les camps d’entrainement du groupe jihadiste.
Sortant enfin de l’ombre, l’Arabie saoudite affirma alors soutenir les Rohingyas discrètement depuis 70 ans et leur avoir déjà offert 50 millions de dollars d’aide durant cette période. Le roi Salmane y ajouta un don de 15 millions de dollars [19]. L’ambassadeur saoudien aux Nations unies à Genève, Abdulaziz ben Mohammed Al-Wassil, y mobilisa le Conseil des Droits de l’homme.
Oubliant les guerres qu’ils se livrent en Irak, en Syrie et au Yémen, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite, c’est-à-dire les trois principales puissances militaires musulmanes, se sont ressoudées par simple réflexe communautaire [20] et positionnées aux côtés des Rohingyas. Toutes trois ont désigné l’ennemi commun : le gouvernement de coalition de l’armée birmane et d’Aung San Suu Kyi.
Ce complet retournement de situation au Moyen-Orient a déjà eu un précédent : les guerres de Yougoslavie. En Bosnie-Herzégovine (1992-95) et au Kosovo (1998-99), les pays musulmans et l’Otan se battirent côte à côte contre les chrétiens orthodoxes liés à la Russie.
JPEG - 70.1 ko
En 1995, Oussama Ben Laden fait défiler sa Légion arabe, à Zenica, devant le président Alija Izetbegović. Ces combattants sont d’anciens moudjahidines qui se sont battus contre les Soviétiques en Afghanistan. Ils prendront par la suite le nom d’Al-Qaïda. Durant la guerre, les services secrets russes pénétrent la caserne de la Légion arabe et constatent que tous ses documents sont en anglais et non pas en arabe.
En Bosnie-Herzégovine, le président Alija Izetbegović s’entoura de l’États-unien Richard Perle, qui le conseilla au plan diplomatique et dirigea la délégation bosniaque lors des accords de Dayton. Il bénéficia au plan médiatique des conseils du Français Bernard-Henri Lévy, selon les dires de celui-ci, jamais démentis. Enfin, au plan militaire, il s’appuya sur les conseils du Saoudien Oussama Ben Laden qui organisa pour lui la Légion arabe et reçut un passeport diplomatique bosniaque. Durant le conflit, soutenu en sous-main par l’Otan, Izetbegović reçut publiquement l’appui de la Turquie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite [21].
JPEG - 25.7 ko
L’opinion publique occidentale a accepté sans débat de violer la Charte des Nations Unies au Kosovo après avoir assisté impuissante à l’exode de milliers de civils.
Le conflit kosovare débuta par une campagne terroriste de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) contre Belgrade. Les combattants furent formés par les forces spéciales allemandes sur une base de l’Otan en Turquie [22]. L’actuel chef des services secrets turcs, Hakan Fidan, fut l’officier de liaison avec les terroristes au sein de l’état-major de l’Otan. Il est aujourd’hui le chef du MIT, les services secrets turcs et le second personnage du régime. Au début de la guerre, 290 000 Kosovars fuirent la Serbie en trois jours pour se réfugier en Macédoine. Les télévisions occidentales montrèrent à loisir cette longue file de fuyards. Cependant, selon les quelques millions de Macédoniens qui les reçurent, il n’y avait aucune raison objective à cette migration largement encadrée par l’Otan. Peu importe, on utilisa ce déplacement de population pour accuser le président Slobodan Milošević de réprimer de manière disproportionnée la campagne terroriste touchant son pays, et l’Otan lui déclara la guerre sans autorisation du Conseil de sécurité.
Le sale travail qui se prépare étend le théâtre des opérations vers l’Est. Le Pentagone n’a pas la possibilité d’imposer une alliance turco-irano-saoudienne, mais il n’en a pas besoin. En Yougoslavie, ces trois États étaient coordonnés par l’Otan lorsqu’ils n’avaient pas de contacts directs. Cependant, le fait de se battre côte à côte en Birmanie va les contraindre à trouver des arrangements en Irak, en Syrie et au Yémen ; voire en Libye. Considérant la dévastation du Moyen-Orient et la persévérance des populations à résister, le Pentagone peut laisser cette région panser ses blessures pendant une décennie sans crainte d’y voir surgir la moindre capacité d’opposition à sa politique.
Au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité posant les bases de la future guerre contre la Birmanie, le secrétariat d’État a informé le président Barzani que les États-Unis ne soutiendraient pas l’indépendance d’un Kurdistan en Irak. Le Pentagone ne peut en effet pas mobiliser la Turquie et l’Iran en Asie du Sud-Est tout en leur faisant un enfant dans le dos à leur frontière. Massoud Barzani qui s’était engagé sans retour pour le référendum d’indépendance devrait donc bientôt se retirer de la vie politique. D’autant que l’affichage des drapeaux israéliens à Erbil, massivement relayé par les chaînes de télévision arabes, perses et turques, lui a aliéné la totalité de ses voisins.
Si le scénario du Pentagone se poursuit comme on peut l’anticiper, la guerre contre la Syrie devrait se terminer faute de combattants, partis au loin, servir l’« Empire américain » sur un nouveau théâtre d’opération.
[1] Source : The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. Analyse : « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.
[2] « Myanmar : le Secrétaire général demande "une action rapide" pour mettre fin au "cauchemar" des Rohingya dans l’État de Rakhine », Compte-rendu du Conseil de sécurité, Onu, 28 septembre 2017. Référence : CS/13012.
[3] Le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà fait rédiger l’acte d’accusation du Myanmar, avant même les événements actuels : Countdown to Annihilation : Genocide in Myanmar, Penny Green, Thomas MacManus & Alicia de La Cour Venning, Queen Mary University of London, 2016. Persecution of the Rohingya Muslims ; Is Genocide Occurring in Myanmar’s Rakhine State ; a Legal Analysis, Allard Lowenstein, Yale University, 2016.
[4] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Abiad & Aswad (Syrie), Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.
[5The Burma Spring : Aung San Suu Kyi and the New Struggle for the Soul of a Nation, Rena Pederson, Foreword by Laura Bush, Pegasus, 2015.
[6Neither Saffron Nor Revolution : A Commentated and Documented Chronology of the Monks’ Demonstrations in Myanmar in 2007 and Their Background, Hans-Bernd Zöllner, Humboldt-University, 2009.
[7Burma/Myanmar : What Everyone Needs to Know, David Steinberg, Oxford University Press, 2013.
[8] Pour être plus précis, il y a eu des immigrés bengalis en Birmanie avant la domination britannique, mais l’immense majorité des Rohingyas descend des travailleurs déplacés par les colons. NdA.
[9] “Myanmar’s Rohingya insurgency has links to Saudi, Pakistan”, Simon Lewis, Reuters, December 16, 2016.
[10] “Speech by Aung San Suu Kyi at 71st UN General Assembly”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 21 September 2016.
[11Towards a peaceful, fair and prosperous future for the people of Rakhine, Advisory Commission on Rakhine State, August 2017.
[12] “We won’t Leave Rohingya Muslims Alone”, Presidency of the Republic of Turkey, September 1, 2017.
[13] “Rezaei urges Muslim states to defend Rohingya Muslims”, Mehr Agency, September 6, 2017.
[17] “Aung San Suu Kyi speech on National Reconciliation and Peace”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 19 September 2017.
[18] « OIC Contact Group on Rohingya calls for UN Resolution on Myanmar », Organisation of Islamic Cooperation, September 19, 2017.
[20The Rohingyas : Inside Myanmar’s Hidden Genocide, Azeem Ibrahim, Hurst, 2016.
[21Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, préface de Jean-Pierre Chevènement, éditions Xenia, 2006.
[22] « L’UÇK, une armée kosovare sous encadrement allemand », par Thierry Meyssan, Notes d’information du Réseau Voltaire, 15 avril 1999.



mercredi 13 septembre 2017

Djihad mondial

    • En Syrie - Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah et contrôlent désormais 65 % de la ville. En même temps, les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué d'avancer vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, prenant ainsi le contrôle de la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. De plus, le siège de l'enclave du régime syrien à Deir Ez Zor a été levé.
    • En Irak, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé qu'après dix jours de combats, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar, le dernier bastion de l'Etat islamique dans le Nord de l'Irak.
  • La coalition internationale contre l'Etat islamique a empêché, par le biais de frappes aériennes, le transit de centaines de membres de l'Etat islamique et de leurs familles de la région de Qalamoun vers l'Est de la Syrie. Selon un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis, le passage est bloqué en raison des craintes que les membres rejoignent les combats dans l'Est de la Syrie et en Irak. Il a souligné que puisque la coalition n'est pas concernée par l'accord, elle n'y est pas astreinte.
  • Les zones de désescalade
    • Suite aux efforts communs de la Jordanie et de la Russie, Moscou a annoncé l'ouverture d'une salle d'opérations à Amman en Jordanie, destinée à superviser la mise en œuvre des accords de désescalade. Dans son annonce, la Russie a souligné l'importance du maintien du cessez-le-feu et la mise en œuvre des accords (Al-Arabiya, 31 août 2017).
    • S'adressant à des étudiants et à des professeurs de l'Institut national des Relations internationales de Moscou (MGIMO), Sergey Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que l'accord sur les zones de désescalade en Syrie n'est pas dangereux pour la sécurité d'Israël. Lavrov a souligné que la décision sur la mise en place de ces zones prend en compte les préoccupations d'Israël en matière de sécurité et que, lorsqu'il a été conclu, l'ensemble des partenaires ont été mis à jour, y compris Israël. Il a également dit que, dans toutes les décisions ayant trait au Moyen-Orient, les intérêts de sécurité d'Israël sont assurés, comme les intérêts du reste des pays de la région (Tass, 1er septembre 2017).
    La coalition internationale contre l'Etat islamique
    • Dans une déclaration finale prononcée lors d'une conférence téléphonique à partir de Bagdad, Stephen Townsend, commandant de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a clairement indiqué que les Etats-Unis continueront de coopérer avec les forces des YPG fonctionnant aux côtés des FDS dans la région d'Al-Raqqah. Se référant à la poursuite de la lutte contre l'Etat islamique, il a affirmé que la bataille finale avec l'organisation est susceptible d'avoir lieu dans la vallée de l'Euphrate dans la région entre Deir Ez-zor en Syrie et le district de Rawa en Irak. Il a ajouté que les forces des FDS, qui comptent environ 50 000 combattants, prendront part à la bataille. Il a affirmé que les FDS sont une force légère possédant un petit nombre de véhicules blindés mais qu'elles sont les plus efficaces dans la lutte contre l'Etat islamique. Au sujet de la capture du chef de l'Etat islamique Abu Bakr Al-Baghdadi, Townsend a dit qu'il ne pense pas que le commandant de l'Etat islamique soit mort (Hurriyet Daily News, 2 septembre 2017).
    • Dans un entretien avec Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, il a dit qu'il y avait encore trois importants domaines d'instabilité en Syrie : Deir ez-Zor, Al-Raqqah et Idlib. Il a déclaré que le régime syrien et les forces syriennes devraient reprendre Deir Ez-zoravant Octobre 2017. Al-Raqqah devrait être reprise plus ou moins en même temps par les États-Unis et les FDS. Quant à Idlib, il a fait référence à la présence de membres du Fateh al-Sham (Front Al-Nusra) et a précisé que sa chute était attendue plusieurs mois après la chute d'Al-Raqqah et de Deir ez-Zor. De tels événements pourraient marquer le début de la fin de la crise en Syrie (Reuters, 2 septembre 2017).
    Principaux développements en Syrie
    La campagne d'Al-Raqqah
    • Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah (Dimashq al-Aan, 1er septembre 2017) et contrôlent 65 % de la ville (Réseau Al-Sham, 3 septembre 2017). Dans le même temps, les combats se poursuivent dans le Sud-Ouest de la ville.
    • Au cours de la semaine, les affrontements ont opposé les FDS, assistées par des frappes aériennes de la coalition, sur plusieurs secteurs, y compris : Al-Dar'iyah, le quartier d'Al-Murour au Sud-Ouest et à la limite de la vieille ville (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). L'Etat islamique a annoncé que lors d'affrontements dans le quartier d'Al-Murour 18 combattants des FDS ont été tués et dix autres ont été blessés (Compte Twitter, 3 septembre 2017).
    La campagne de reprise de Deir Ez-zor
    • Les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué leur avancée vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, éliminant ainsi la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. Le ministère russe de la Défense a déclaré que l'élimination de l'Etat islamique dans la région de Deir Ez-zor et sa reprise portent un coup stratégique à la présence de l'organisation en Syrie (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017).
    • Après la reprise d'Uqayribat, les forces du régime nettoient la ville avant de reprendre l'ensemble du district. Les forces russes, aidées par l'armée de l'air, ont continué leur avancée dans la partie Ouest de l'enclave. Le 4 septembre 2017, les forces syriennes ont atteint le siège de la 137èmebrigade (qui avait été utilisée par l'armée syrienne), à environ 7 km à l'Ouest de la ville, où elles ont affronté des membres de l'Etat islamique. Une autre force syrienne avance le long de la route du mont Bishri. Les membres de l'Etat islamique se sont retirés de la route reliant Al-Sukhnah à Deir Ez-zor, y compris de la région de Kobajjep, et d'Al-Shoula, au Sud-Ouest de Deir ez-Zor (Observatoire syrien des droits de l'homme, 4 septembre 2017).
    • Ces mouvements de l'armée syrienne et de ses partisans marquent l'arrêt du siège de l'enclave de Deir ez-Zor. Un fonctionnaire de l'armée syrienne a déclaré que les forces avaient achevé la deuxième phase de leur campagne dans le désert de Syrie, grâce à l'appui aérien syrien et russe. Il a ajouté qu'ils avaient réussi à lever le blocus de Deir ez-Zor. L'annonce a souligné que la levée du blocus est d'une importance stratégique pour la guerre contre le terrorisme (Télévision syrienne, 5 septembre 2017). Les membres de l'Etat islamique ont tenté de retarder l'avancée des forces syriennes, en tirant vers les concentrations d'artillerie des forces de l'armée syrienne. En outre, un terroriste suicide a procédé à une attaque au moyen d'une voiture piégée (Twitter, 3 septembre 2017).
    La participation russe en Syrie
    • L'armée russe a aidé les forces du régime et leurs partisans. Dans des attaques menées par les forces russes pendant les combats, un convoi de l'Etat islamique, qui était composé de 12 camions, d'armes, de munitions, de véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses et d'armes antiaériennes et de mortiers - a été détruit. Dans d'autres attaques, des véhicules blindés, des positions d'artillerie, des postes de contrôle et des centres de communication de l'Etat islamique ont été détruits (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017). Le 4 septembre 2017, les Russes ont également tiré des missiles de croisière à partir de leur frégate Amiral Essen, ancrée dans le bassin méditerranéen (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). L'Etat islamique prétend que lors d'affrontements dans le village d'Al-Mushrefa, au Sud-Ouest de Uqayribat, plusieurs soldats russes ont été tués (Réseau Al-Sham, 30 août 2017). Le ministère russe de la Défense a fait savoir qu'une fois la zone reprise, il a été en mesure de corroborer l'information, reçue par divers canaux, selon laquelle la zone était occupée par des membres de l'Etat islamique originaires des pays russophones (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). 

    Attaque d'un convoi de l'Etat islamique par les forces de la coalition
    • Des avions de la coalition internationale contre l'Etat islamique ont empêché un convoi de 17 autobus transportant des membres de l'organisation et leurs familles, qui avaient été évacués de la région de Qalamoun, d'atteindre sa destination dans la ville d'Abu Kamal dans l'Est de la Syrie à la frontière irako-syrienne, l'un des derniers bastions de l'Etat islamique dans la région. Le convoi était composé de quelque 300 membres de l'Etat islamique et d'un nombre semblable de membres de leur famille qui avaient été évacués du Liban dans le cadre d'un accord de retrait entre le régime syrien et le Hezbollah d'une part et l'Etat islamique de l'autre. Les membres ont annoncé qu'au moins 12 personnes ont été tuées dans l'attaque (Zaman Al-Wasl, 1er septembre 2017).
    • Les forces de la coalition ont mené une attaque aérienne contre le convoi dans le secteur d'Al-Hmimah, au Sud de Deir ez-Zor. Suite à cette attaque, et après que le convoi a changé de direction, les forces de la coalition ont effectué une autre attaque. Le gouvernement irakien a également refusé de permettre au convoi de passer par son territoire (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). A la suite de l'attaque, le régime syrien et le Hezbollah ont commencé à chercher une route alternative pour le convoi qui s'est égaré pendant plusieurs jours dans une région désertique au Nord-Est de Palmyre (Qasioun, 2 septembre 2017). Des sources de l'opposition syrienne ont indiqué que des dizaines de civils et de membres de l'Etat islamique avaient abandonné l'autobus et tenté de se rendre dans la région de Deir Ez-zor en voiture (Washington Post, 2 septembre 2017).
        Le Hezbollah a publié une annonce officielle selon laquelle les avions américains ont empêché les bus transportant les membres de l'Etat islamique et leurs familles, qui ont quitté une région sous le contrôle du gouvernement, d'avancer et qu'ils ont imposé un siège dans le désert. Il a en outre été déclaré que les Américains ont empêché l'aide humanitaire d'atteindre les malades, les blessés et les personnes âgées. Le porte-parole de la coalition a indiqué que les forces de la coalition Internationale ne permettent pas au convoi d'approcher de la frontière syro-irakienne. Il a également été signalé qu'il a été demandé à la Russie de faire savoir au régime d'Assad les intentions de la coalition au sujet du convoi. L'Irak a annoncé que si le convoi approchait de sa frontière, il lancerait une action militaire (Al-Hadath Al-Arabiya, 2 septembre 2017).
    • Un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis a déclaré que la coalition n'est pas concernée par l'accord et n'y est donc pas astreinte. Cependant, il a souligné que la coalition avait attaqué le convoi conformément au droit international. Le porte-parole a en outre souligné que la coalition peut intervenir n'importe où et n'importe quand contre l'Etat islamique sans porter atteinte à des civils. Le porte-parole de la coalition internationale Ryan Dillon a déclaré que l'attaque du convoi avait pour but d'empêcher la progression des membres de l'Etat islamique vers l'Est en direction de l'Irak. Il a également déclaré que la coalition continuera de suivre les convois en temps réel et de les frapper dans les zones ouvertes, où il n'y a pas de civils (Reuters, 1er septembre 2017).
    Principaux développements en Irak
    La ville de Tal Afar
    • Haider al-Abadi, le Premier ministre irakien, a déclaré le 1er septembre 2017 qu'après 10 jours de combat, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar et de l'ensemble de la province de Ninive (Compte Twitter du premier ministre irakien, 2 septembre 2017). Au Nord de Tal Afar, des dizaines de membres de l'Etat islamique se sont rendus aux forces peshmergas kurdes après avoir fui les forces de sécurité irakiennes (Al-Prat, 30 août 2017). Les forces d'ingénierie de l'Irak continuent leurs activités de neutralisation des engins piégés dans la ville de Tal Afar (Al-Iraqiya, 3 septembre 2017).
    • L'armée irakienne a annoncé qu'au cours de la reprise de la région de Tal Afar, plus de deux mille membres de l'Etat islamique ont été tués, dont 50 terroristes suicide. 77 voitures piégées ont été neutralisées, ainsi que 990 engins piégés. En outre, 71 structures ont été neutralisées, ainsi que 46 motos piégées et 66 tunnels. De grandes quantités d'armes et 13 ateliers de fabrication de voitures piégées ont été découverts. Selon l'armée irakienne, 150 soldats irakiens ont été tués dans la campagne de Tal Afar et quelque 600 ont été blessés (Al Sumaria, 2 septembre 2017).
    Poursuite de la réhabilitation de Mossoul
    • Le 30 août 2017, un pont flottant a été inauguré pour connecter le côté Est et le côté Ouest de Mossoul. Le pont a été installé par le corps d'ingénierie de l'armée irakienne. En même temps, la réhabilitation du quatrième pont reliant l'Est et l'Ouest de la ville a également commencé (Centre d'information de Ninive, 30 août 2017).
       L'Etat islamique craint la poursuite de la campagne en Irak
    • Après la reprise de Mossoul et de Tal Afar, les membres de l'Etat islamique craignent que les forces de sécurité irakiennes continuent leurs tentatives de reprendre d'autres bastions de l'organisation en Irak : une source locale a rapporté que chaque nuit, des familles de membres de l'organisation quittent la ville d'al-Sharbat (un bastion de l'organisation à quelques 90 km au sud de Mossoul) vers des destinations inconnues, en raison des craintes que la ville soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al Sumaria, 3 septembre 2017). Une source locale d'Al-Hawija a annoncé que la plupart des commandants de l'Etat islamique et leurs familles ont quitté la ville, qui est sous contrôle de l'Etat islamique, de crainte que la ville, à quelque 55 km au Sud-Ouest de Kirkouk, soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    Attaques en Irak
    • A'ana - Une source de sécurité irakienne a déclaré que des avions de la coalition internationale ont attaqué un convoi de l'Etat islamique dans la région désertique près de la frontière irako-syrienne. 22 membres de l'organisation ont été tués dans l'attaque (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    • Samarra L'Etat islamique a annoncé que trois de ses membres armés et revêtus de gilets piégés ont attaqué la station d'électricité au Sud de la ville de Samarra. Les terroristes ont ouvert le feu puis activé leurs vestes piégées. L'attentat a tué dix agents de sécurité irakiens et blessé vingt autres (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    • Al-Waleed/Al-Tanf – L'Etat islamique a indiqué avoir attaqué un véhicule appartenant à la milice d'Al-Hachad Al-Shaabi - une milice pro-iranienne aidant le gouvernement irakien dans sa lutte contre l'Etat islamique dans la zone d'Al-Tanf entre l'Irak et la Syrie. Certains des passagers ont été tués et d'autres ont été faits prisonniers (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    La péninsule du Sinaï
    • Un compte Twitter rapportant les événements dans la péninsule du Sinaï a publié une annonce de l'Etat islamique menaçant les employés d'une usine de béton d'El-Arish et déclarant le site objectif légitime d'attaque. Conformément à l'annonce, l'usine est l'un des outils dans la guerre de l'armée contre les fidèles musulmans d'Allah et est donc une cible légitime. L'annonce met en garde les employés et les propriétaires des véhicules transportant les produits de l'usine (Twitter ,3 septembre 2017).
    Autres pays
    Philippines : Les combats entre l'Etat islamique et l'armée philippine à Marawi touchent à leur fin
    • D'après un rapport de l'agence Reuters, qui s'appuie sur des sources militaires des Philippines, la campagne de la ville de Marawi sur l'île de Mindanao, qui dure depuis plus d'une centaine de jours, est maintenant dans sa phase finale. Selon l'agence, la zone dans laquelle les deux parties s'affrontent a été réduite et se concentre désormais au quartier commerçant de la ville. Le nombre de membres de l'Etat islamique qui prennent part aux combats a considérablement diminué. En conséquence, les femmes et les enfants sont également impliqués dans les combats. Plus de 800 membres de l'Etat islamique, pour la plupart armés, ont été tués dans les affrontements depuis le 23 mai 2017. Les membres de l'organisation détiennent 56 otages chrétiens, pour la plupart des femmes, ainsi que 80 résidents de la ville qui ont été contraints de porter des armes et de lutter contre l'armée philippine (Reuters, 4 septembre 2017). Le 2 septembre 2017, l'Etat islamique a signalé que quelque cinquante soldats philippins ont été tués dans des affrontements dans plusieurs quartiers de la ville (Al-Zuaram, 2 septembre 2017).
    Myanmar
    • La branche information Al-Malahem d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique a publié un clip intitulé "La Birmanie (Myanmar), la plaie oublié". Le clip montre le cheikh Khalid Bin Umar Batrafi, porte-parole d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, mentionnant les souffrances des musulmans en Birmanie, qui sont opprimés par le gouvernement bouddhiste. Selon lui, la seule solution à cette crise est le jihad. Il a appelé les musulmans de Birmanie à s'y préparer. Il a également appelé les musulmans des pays voisins (Bangladesh, Malaisie, Inde, Indonésie) à aider leurs frères en Birmanie et à mener le jihad (Al-Malahem, 2 septembre 2017).
    La gestion de l'Etat islamique
    Un membre de l'Etat islamique recherché
    • Le 29 août 2017, le département du Trésor a déclaré que Salim Mustafa Mohammed Al-mansour, responsable des finances de l'Etat islamique à Mossoul, était recherché. La déclaration a été faire en coordination avec le gouvernement irakien, qui a décidé de geler tous ses biens en Irak. Mansur est connu depuis 2009, lorsqu'il était un haut responsable d'Al-Qaïda. En 2014, il a été impliqué dans le transfert de milliers de dinars irakiens à l'Etat islamique à Mossoul. En 2016, il était responsable de la vente de pétrole et de ses dérivés produits par l'Etat islamique dans les champs occupés en Irak et en Syrie. Selon le département du Trésor, il s'est récemment rendu d'Irak en Turquie et pourrait se trouver à Mercin, Istanbul, ou Adana. On ne sait pas comment il est arrivé en Turquie sans être arrêté par les autorités. John E. Smith, responsable de la supervision des avoirs étrangers du Département du Trésor, a déclaré que le ministère continue de travailler en étroite coopération avec le gouvernement irakien pour éliminer les réseaux financiers de l'Etat islamique à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak (Site Internet du Département du Trésor, 29 août 2017).
    Les membres de l'Etat islamique célèbrent l'Eid al-Adha au Sud de Damas
    • A l'occasion de la fête de l'Eid Al-Adha, les bureaux d'information de l'Etat islamique dans les divers districts ont publié des photos et des vidéos décrivant l'atmosphère festive. Les clips proposent des instructions sur les coutumes permises et interdites et précisent que la lutte contre le jihad fait partie intégrante de la fête :
    • Dans un clip diffusé par le bureau d'information de l'Etat islamique dans la province d'Al-Khayr, les coutumes de la fête sont expliquées conformément aux concepts de l'organisation. À la fin du clip, un homme masqué exhorte les musulmans qui ne sont pas en mesure d'émigrer sur les terres de l'Islam à amplifier le jihad en menant des actes du jihad sur les terres des Juifs et des croisés (Akhbar Al-Muslimeen, 31 août 2017).
    • La province de Damas de l'Etat islamique a publié des photos de ses membres célébrant la fête dans le Sud de Damas (peut-être dans le camp de réfugiés d'Al-Yarmouk, bien que l'emplacement exact n'a pas été spécifié). Les images montrent les membres de l'organisation priant et écoutant le sermon de l'imam dans une mosquée. En outre, des photos ont été publiées montrant la distribution de bonbons à la population locale et des moutons conduits à l'abattage (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
       
    Activités de prévention
    Russie
    • Le bureau de sécurité fédérale de Russie (FSB) a arrêté deux membres de l'Etat islamique d'Asie centrale qui préparaient une attaque terroriste à Moscou le 1er septembre 2017. L'un des suspects, Murodbek Kadirov, a admis qu'il envisageait de mener une attaque suicide au milieu d'une foule importante. La fouille de son appartement a permis de découvrir un puissant engin et un clip publié sur Internet dans lequel il prêtait allégeance à l'Etat islamique. Des informations sur d'autres recrues et des instructions sur l'exécution de l'attaque ont été trouvées dans son téléphone. Le second suspect avait prévu une attaque à l'arme blanche (Spoutnik, 1er septembre 2017).
    • Dans ce contexte, il convient de mentionner la déclaration de Valery Gerasimov, le chef d'état-major russe lors de la cérémonie d'ouverture de l'académie militaire de l'état-major pour la lutte contre le terrorisme, selon laquelle le terrorisme international et la prolifération des conflits entre hommes armés nécessitent une nouvelle approche qui permettrait de garantir la sécurité et la poursuite de la formation des forces militaires (Tass, 1er septembre 2017).
    Turquie
    • L'unité anti-terroriste de la police d'Izmir a arrêté six suspects, dont trois ressortissants syriens, accusés d'être membres de l'Etat islamique. Selon la police, ils ont été trouvés en possession de "matériel numérique et de documents" contenant du matériel de propagande de l'Etat islamique. La Turquie a indiqué que jusqu'à présent, plus de 5 000 suspects ont été arrêtés, 5 000 membres présumés de l'organisation ont été expulsés et plus de 53 000 personnes soupçonnées de terrorisme se sont vus refuser l'entrée en Turquie (Sabah, 29 août 2017)
    La guerre de propagande
    • Le bureau d'information de l'Etat islamique a publié une vidéo montrant un garçon d'environ dix racontant comment il est arrivé à Al-Raqqah il y a deux ans avec sa mère depuis les Etats-Unis et a commencé à apprendre les lois de l'Islam. L'enfant dit que son père était un soldat américain, luttant contre les combattants du jihad en Irak. Il présente son ami Abdullah, sept ans, qui vit avec lui dans la même maison. Abdullah parle arabe et dit qu'il est arrivé de Sinjar (Nord-Ouest de l'Irak) et qu'il a été transféré à Al-Raqqah par des membres de l'Etat islamique et que maintenant, il apprend les lois de l'Islam. Youssef s'adresse au Président américain Donald Trump, "la marionnette des Juifs", affirmant que la bataille ne prendra pas fin à Al-Raqqah ou Mossoul mais sur vos "terres" (Akhbar Al-Muslimeen, 23 août 2017).