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mercredi 13 septembre 2017

Djihad mondial

    • En Syrie - Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah et contrôlent désormais 65 % de la ville. En même temps, les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué d'avancer vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, prenant ainsi le contrôle de la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. De plus, le siège de l'enclave du régime syrien à Deir Ez Zor a été levé.
    • En Irak, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé qu'après dix jours de combats, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar, le dernier bastion de l'Etat islamique dans le Nord de l'Irak.
  • La coalition internationale contre l'Etat islamique a empêché, par le biais de frappes aériennes, le transit de centaines de membres de l'Etat islamique et de leurs familles de la région de Qalamoun vers l'Est de la Syrie. Selon un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis, le passage est bloqué en raison des craintes que les membres rejoignent les combats dans l'Est de la Syrie et en Irak. Il a souligné que puisque la coalition n'est pas concernée par l'accord, elle n'y est pas astreinte.
  • Les zones de désescalade
    • Suite aux efforts communs de la Jordanie et de la Russie, Moscou a annoncé l'ouverture d'une salle d'opérations à Amman en Jordanie, destinée à superviser la mise en œuvre des accords de désescalade. Dans son annonce, la Russie a souligné l'importance du maintien du cessez-le-feu et la mise en œuvre des accords (Al-Arabiya, 31 août 2017).
    • S'adressant à des étudiants et à des professeurs de l'Institut national des Relations internationales de Moscou (MGIMO), Sergey Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que l'accord sur les zones de désescalade en Syrie n'est pas dangereux pour la sécurité d'Israël. Lavrov a souligné que la décision sur la mise en place de ces zones prend en compte les préoccupations d'Israël en matière de sécurité et que, lorsqu'il a été conclu, l'ensemble des partenaires ont été mis à jour, y compris Israël. Il a également dit que, dans toutes les décisions ayant trait au Moyen-Orient, les intérêts de sécurité d'Israël sont assurés, comme les intérêts du reste des pays de la région (Tass, 1er septembre 2017).
    La coalition internationale contre l'Etat islamique
    • Dans une déclaration finale prononcée lors d'une conférence téléphonique à partir de Bagdad, Stephen Townsend, commandant de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a clairement indiqué que les Etats-Unis continueront de coopérer avec les forces des YPG fonctionnant aux côtés des FDS dans la région d'Al-Raqqah. Se référant à la poursuite de la lutte contre l'Etat islamique, il a affirmé que la bataille finale avec l'organisation est susceptible d'avoir lieu dans la vallée de l'Euphrate dans la région entre Deir Ez-zor en Syrie et le district de Rawa en Irak. Il a ajouté que les forces des FDS, qui comptent environ 50 000 combattants, prendront part à la bataille. Il a affirmé que les FDS sont une force légère possédant un petit nombre de véhicules blindés mais qu'elles sont les plus efficaces dans la lutte contre l'Etat islamique. Au sujet de la capture du chef de l'Etat islamique Abu Bakr Al-Baghdadi, Townsend a dit qu'il ne pense pas que le commandant de l'Etat islamique soit mort (Hurriyet Daily News, 2 septembre 2017).
    • Dans un entretien avec Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, il a dit qu'il y avait encore trois importants domaines d'instabilité en Syrie : Deir ez-Zor, Al-Raqqah et Idlib. Il a déclaré que le régime syrien et les forces syriennes devraient reprendre Deir Ez-zoravant Octobre 2017. Al-Raqqah devrait être reprise plus ou moins en même temps par les États-Unis et les FDS. Quant à Idlib, il a fait référence à la présence de membres du Fateh al-Sham (Front Al-Nusra) et a précisé que sa chute était attendue plusieurs mois après la chute d'Al-Raqqah et de Deir ez-Zor. De tels événements pourraient marquer le début de la fin de la crise en Syrie (Reuters, 2 septembre 2017).
    Principaux développements en Syrie
    La campagne d'Al-Raqqah
    • Le 1er septembre 2017, les FDS ont annoncé avoir achevé la reprise de la vieille ville d'Al-Raqqah (Dimashq al-Aan, 1er septembre 2017) et contrôlent 65 % de la ville (Réseau Al-Sham, 3 septembre 2017). Dans le même temps, les combats se poursuivent dans le Sud-Ouest de la ville.
    • Au cours de la semaine, les affrontements ont opposé les FDS, assistées par des frappes aériennes de la coalition, sur plusieurs secteurs, y compris : Al-Dar'iyah, le quartier d'Al-Murour au Sud-Ouest et à la limite de la vieille ville (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). L'Etat islamique a annoncé que lors d'affrontements dans le quartier d'Al-Murour 18 combattants des FDS ont été tués et dix autres ont été blessés (Compte Twitter, 3 septembre 2017).
    La campagne de reprise de Deir Ez-zor
    • Les forces du régime syrien et ses partisans, avec le soutien de la Russie, ont continué leur avancée vers Deir ez-Zor. Le 2 septembre 2017, le ministère russe de la Défense a indiqué que les forces syriennes, appuyées par l'aviation russe, ont terminé la reprise d'Uqayribat, éliminant ainsi la dernière poche de résistance de l'Etat islamique dans le Centre de la Syrie. Le ministère russe de la Défense a déclaré que l'élimination de l'Etat islamique dans la région de Deir Ez-zor et sa reprise portent un coup stratégique à la présence de l'organisation en Syrie (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017).
    • Après la reprise d'Uqayribat, les forces du régime nettoient la ville avant de reprendre l'ensemble du district. Les forces russes, aidées par l'armée de l'air, ont continué leur avancée dans la partie Ouest de l'enclave. Le 4 septembre 2017, les forces syriennes ont atteint le siège de la 137èmebrigade (qui avait été utilisée par l'armée syrienne), à environ 7 km à l'Ouest de la ville, où elles ont affronté des membres de l'Etat islamique. Une autre force syrienne avance le long de la route du mont Bishri. Les membres de l'Etat islamique se sont retirés de la route reliant Al-Sukhnah à Deir Ez-zor, y compris de la région de Kobajjep, et d'Al-Shoula, au Sud-Ouest de Deir ez-Zor (Observatoire syrien des droits de l'homme, 4 septembre 2017).
    • Ces mouvements de l'armée syrienne et de ses partisans marquent l'arrêt du siège de l'enclave de Deir ez-Zor. Un fonctionnaire de l'armée syrienne a déclaré que les forces avaient achevé la deuxième phase de leur campagne dans le désert de Syrie, grâce à l'appui aérien syrien et russe. Il a ajouté qu'ils avaient réussi à lever le blocus de Deir ez-Zor. L'annonce a souligné que la levée du blocus est d'une importance stratégique pour la guerre contre le terrorisme (Télévision syrienne, 5 septembre 2017). Les membres de l'Etat islamique ont tenté de retarder l'avancée des forces syriennes, en tirant vers les concentrations d'artillerie des forces de l'armée syrienne. En outre, un terroriste suicide a procédé à une attaque au moyen d'une voiture piégée (Twitter, 3 septembre 2017).
    La participation russe en Syrie
    • L'armée russe a aidé les forces du régime et leurs partisans. Dans des attaques menées par les forces russes pendant les combats, un convoi de l'Etat islamique, qui était composé de 12 camions, d'armes, de munitions, de véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses et d'armes antiaériennes et de mortiers - a été détruit. Dans d'autres attaques, des véhicules blindés, des positions d'artillerie, des postes de contrôle et des centres de communication de l'Etat islamique ont été détruits (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 2 septembre 2017). Le 4 septembre 2017, les Russes ont également tiré des missiles de croisière à partir de leur frégate Amiral Essen, ancrée dans le bassin méditerranéen (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). L'Etat islamique prétend que lors d'affrontements dans le village d'Al-Mushrefa, au Sud-Ouest de Uqayribat, plusieurs soldats russes ont été tués (Réseau Al-Sham, 30 août 2017). Le ministère russe de la Défense a fait savoir qu'une fois la zone reprise, il a été en mesure de corroborer l'information, reçue par divers canaux, selon laquelle la zone était occupée par des membres de l'Etat islamique originaires des pays russophones (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 6 septembre 2017). 

    Attaque d'un convoi de l'Etat islamique par les forces de la coalition
    • Des avions de la coalition internationale contre l'Etat islamique ont empêché un convoi de 17 autobus transportant des membres de l'organisation et leurs familles, qui avaient été évacués de la région de Qalamoun, d'atteindre sa destination dans la ville d'Abu Kamal dans l'Est de la Syrie à la frontière irako-syrienne, l'un des derniers bastions de l'Etat islamique dans la région. Le convoi était composé de quelque 300 membres de l'Etat islamique et d'un nombre semblable de membres de leur famille qui avaient été évacués du Liban dans le cadre d'un accord de retrait entre le régime syrien et le Hezbollah d'une part et l'Etat islamique de l'autre. Les membres ont annoncé qu'au moins 12 personnes ont été tuées dans l'attaque (Zaman Al-Wasl, 1er septembre 2017).
    • Les forces de la coalition ont mené une attaque aérienne contre le convoi dans le secteur d'Al-Hmimah, au Sud de Deir ez-Zor. Suite à cette attaque, et après que le convoi a changé de direction, les forces de la coalition ont effectué une autre attaque. Le gouvernement irakien a également refusé de permettre au convoi de passer par son territoire (Observatoire syrien des droits de l'homme, 2 septembre 2017). A la suite de l'attaque, le régime syrien et le Hezbollah ont commencé à chercher une route alternative pour le convoi qui s'est égaré pendant plusieurs jours dans une région désertique au Nord-Est de Palmyre (Qasioun, 2 septembre 2017). Des sources de l'opposition syrienne ont indiqué que des dizaines de civils et de membres de l'Etat islamique avaient abandonné l'autobus et tenté de se rendre dans la région de Deir Ez-zor en voiture (Washington Post, 2 septembre 2017).
        Le Hezbollah a publié une annonce officielle selon laquelle les avions américains ont empêché les bus transportant les membres de l'Etat islamique et leurs familles, qui ont quitté une région sous le contrôle du gouvernement, d'avancer et qu'ils ont imposé un siège dans le désert. Il a en outre été déclaré que les Américains ont empêché l'aide humanitaire d'atteindre les malades, les blessés et les personnes âgées. Le porte-parole de la coalition a indiqué que les forces de la coalition Internationale ne permettent pas au convoi d'approcher de la frontière syro-irakienne. Il a également été signalé qu'il a été demandé à la Russie de faire savoir au régime d'Assad les intentions de la coalition au sujet du convoi. L'Irak a annoncé que si le convoi approchait de sa frontière, il lancerait une action militaire (Al-Hadath Al-Arabiya, 2 septembre 2017).
    • Un porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis a déclaré que la coalition n'est pas concernée par l'accord et n'y est donc pas astreinte. Cependant, il a souligné que la coalition avait attaqué le convoi conformément au droit international. Le porte-parole a en outre souligné que la coalition peut intervenir n'importe où et n'importe quand contre l'Etat islamique sans porter atteinte à des civils. Le porte-parole de la coalition internationale Ryan Dillon a déclaré que l'attaque du convoi avait pour but d'empêcher la progression des membres de l'Etat islamique vers l'Est en direction de l'Irak. Il a également déclaré que la coalition continuera de suivre les convois en temps réel et de les frapper dans les zones ouvertes, où il n'y a pas de civils (Reuters, 1er septembre 2017).
    Principaux développements en Irak
    La ville de Tal Afar
    • Haider al-Abadi, le Premier ministre irakien, a déclaré le 1er septembre 2017 qu'après 10 jours de combat, les forces irakiennes ont terminé la reprise de Tal Afar et de l'ensemble de la province de Ninive (Compte Twitter du premier ministre irakien, 2 septembre 2017). Au Nord de Tal Afar, des dizaines de membres de l'Etat islamique se sont rendus aux forces peshmergas kurdes après avoir fui les forces de sécurité irakiennes (Al-Prat, 30 août 2017). Les forces d'ingénierie de l'Irak continuent leurs activités de neutralisation des engins piégés dans la ville de Tal Afar (Al-Iraqiya, 3 septembre 2017).
    • L'armée irakienne a annoncé qu'au cours de la reprise de la région de Tal Afar, plus de deux mille membres de l'Etat islamique ont été tués, dont 50 terroristes suicide. 77 voitures piégées ont été neutralisées, ainsi que 990 engins piégés. En outre, 71 structures ont été neutralisées, ainsi que 46 motos piégées et 66 tunnels. De grandes quantités d'armes et 13 ateliers de fabrication de voitures piégées ont été découverts. Selon l'armée irakienne, 150 soldats irakiens ont été tués dans la campagne de Tal Afar et quelque 600 ont été blessés (Al Sumaria, 2 septembre 2017).
    Poursuite de la réhabilitation de Mossoul
    • Le 30 août 2017, un pont flottant a été inauguré pour connecter le côté Est et le côté Ouest de Mossoul. Le pont a été installé par le corps d'ingénierie de l'armée irakienne. En même temps, la réhabilitation du quatrième pont reliant l'Est et l'Ouest de la ville a également commencé (Centre d'information de Ninive, 30 août 2017).
       L'Etat islamique craint la poursuite de la campagne en Irak
    • Après la reprise de Mossoul et de Tal Afar, les membres de l'Etat islamique craignent que les forces de sécurité irakiennes continuent leurs tentatives de reprendre d'autres bastions de l'organisation en Irak : une source locale a rapporté que chaque nuit, des familles de membres de l'organisation quittent la ville d'al-Sharbat (un bastion de l'organisation à quelques 90 km au sud de Mossoul) vers des destinations inconnues, en raison des craintes que la ville soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al Sumaria, 3 septembre 2017). Une source locale d'Al-Hawija a annoncé que la plupart des commandants de l'Etat islamique et leurs familles ont quitté la ville, qui est sous contrôle de l'Etat islamique, de crainte que la ville, à quelque 55 km au Sud-Ouest de Kirkouk, soit bientôt attaquée par les forces de sécurité irakiennes (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    Attaques en Irak
    • A'ana - Une source de sécurité irakienne a déclaré que des avions de la coalition internationale ont attaqué un convoi de l'Etat islamique dans la région désertique près de la frontière irako-syrienne. 22 membres de l'organisation ont été tués dans l'attaque (Al-Sumaria, 2 septembre 2017).
    • Samarra L'Etat islamique a annoncé que trois de ses membres armés et revêtus de gilets piégés ont attaqué la station d'électricité au Sud de la ville de Samarra. Les terroristes ont ouvert le feu puis activé leurs vestes piégées. L'attentat a tué dix agents de sécurité irakiens et blessé vingt autres (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    • Al-Waleed/Al-Tanf – L'Etat islamique a indiqué avoir attaqué un véhicule appartenant à la milice d'Al-Hachad Al-Shaabi - une milice pro-iranienne aidant le gouvernement irakien dans sa lutte contre l'Etat islamique dans la zone d'Al-Tanf entre l'Irak et la Syrie. Certains des passagers ont été tués et d'autres ont été faits prisonniers (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
    La péninsule du Sinaï
    • Un compte Twitter rapportant les événements dans la péninsule du Sinaï a publié une annonce de l'Etat islamique menaçant les employés d'une usine de béton d'El-Arish et déclarant le site objectif légitime d'attaque. Conformément à l'annonce, l'usine est l'un des outils dans la guerre de l'armée contre les fidèles musulmans d'Allah et est donc une cible légitime. L'annonce met en garde les employés et les propriétaires des véhicules transportant les produits de l'usine (Twitter ,3 septembre 2017).
    Autres pays
    Philippines : Les combats entre l'Etat islamique et l'armée philippine à Marawi touchent à leur fin
    • D'après un rapport de l'agence Reuters, qui s'appuie sur des sources militaires des Philippines, la campagne de la ville de Marawi sur l'île de Mindanao, qui dure depuis plus d'une centaine de jours, est maintenant dans sa phase finale. Selon l'agence, la zone dans laquelle les deux parties s'affrontent a été réduite et se concentre désormais au quartier commerçant de la ville. Le nombre de membres de l'Etat islamique qui prennent part aux combats a considérablement diminué. En conséquence, les femmes et les enfants sont également impliqués dans les combats. Plus de 800 membres de l'Etat islamique, pour la plupart armés, ont été tués dans les affrontements depuis le 23 mai 2017. Les membres de l'organisation détiennent 56 otages chrétiens, pour la plupart des femmes, ainsi que 80 résidents de la ville qui ont été contraints de porter des armes et de lutter contre l'armée philippine (Reuters, 4 septembre 2017). Le 2 septembre 2017, l'Etat islamique a signalé que quelque cinquante soldats philippins ont été tués dans des affrontements dans plusieurs quartiers de la ville (Al-Zuaram, 2 septembre 2017).
    Myanmar
    • La branche information Al-Malahem d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique a publié un clip intitulé "La Birmanie (Myanmar), la plaie oublié". Le clip montre le cheikh Khalid Bin Umar Batrafi, porte-parole d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, mentionnant les souffrances des musulmans en Birmanie, qui sont opprimés par le gouvernement bouddhiste. Selon lui, la seule solution à cette crise est le jihad. Il a appelé les musulmans de Birmanie à s'y préparer. Il a également appelé les musulmans des pays voisins (Bangladesh, Malaisie, Inde, Indonésie) à aider leurs frères en Birmanie et à mener le jihad (Al-Malahem, 2 septembre 2017).
    La gestion de l'Etat islamique
    Un membre de l'Etat islamique recherché
    • Le 29 août 2017, le département du Trésor a déclaré que Salim Mustafa Mohammed Al-mansour, responsable des finances de l'Etat islamique à Mossoul, était recherché. La déclaration a été faire en coordination avec le gouvernement irakien, qui a décidé de geler tous ses biens en Irak. Mansur est connu depuis 2009, lorsqu'il était un haut responsable d'Al-Qaïda. En 2014, il a été impliqué dans le transfert de milliers de dinars irakiens à l'Etat islamique à Mossoul. En 2016, il était responsable de la vente de pétrole et de ses dérivés produits par l'Etat islamique dans les champs occupés en Irak et en Syrie. Selon le département du Trésor, il s'est récemment rendu d'Irak en Turquie et pourrait se trouver à Mercin, Istanbul, ou Adana. On ne sait pas comment il est arrivé en Turquie sans être arrêté par les autorités. John E. Smith, responsable de la supervision des avoirs étrangers du Département du Trésor, a déclaré que le ministère continue de travailler en étroite coopération avec le gouvernement irakien pour éliminer les réseaux financiers de l'Etat islamique à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak (Site Internet du Département du Trésor, 29 août 2017).
    Les membres de l'Etat islamique célèbrent l'Eid al-Adha au Sud de Damas
    • A l'occasion de la fête de l'Eid Al-Adha, les bureaux d'information de l'Etat islamique dans les divers districts ont publié des photos et des vidéos décrivant l'atmosphère festive. Les clips proposent des instructions sur les coutumes permises et interdites et précisent que la lutte contre le jihad fait partie intégrante de la fête :
    • Dans un clip diffusé par le bureau d'information de l'Etat islamique dans la province d'Al-Khayr, les coutumes de la fête sont expliquées conformément aux concepts de l'organisation. À la fin du clip, un homme masqué exhorte les musulmans qui ne sont pas en mesure d'émigrer sur les terres de l'Islam à amplifier le jihad en menant des actes du jihad sur les terres des Juifs et des croisés (Akhbar Al-Muslimeen, 31 août 2017).
    • La province de Damas de l'Etat islamique a publié des photos de ses membres célébrant la fête dans le Sud de Damas (peut-être dans le camp de réfugiés d'Al-Yarmouk, bien que l'emplacement exact n'a pas été spécifié). Les images montrent les membres de l'organisation priant et écoutant le sermon de l'imam dans une mosquée. En outre, des photos ont été publiées montrant la distribution de bonbons à la population locale et des moutons conduits à l'abattage (Akhbar Al-Muslimeen, 2 septembre 2017).
       
    Activités de prévention
    Russie
    • Le bureau de sécurité fédérale de Russie (FSB) a arrêté deux membres de l'Etat islamique d'Asie centrale qui préparaient une attaque terroriste à Moscou le 1er septembre 2017. L'un des suspects, Murodbek Kadirov, a admis qu'il envisageait de mener une attaque suicide au milieu d'une foule importante. La fouille de son appartement a permis de découvrir un puissant engin et un clip publié sur Internet dans lequel il prêtait allégeance à l'Etat islamique. Des informations sur d'autres recrues et des instructions sur l'exécution de l'attaque ont été trouvées dans son téléphone. Le second suspect avait prévu une attaque à l'arme blanche (Spoutnik, 1er septembre 2017).
    • Dans ce contexte, il convient de mentionner la déclaration de Valery Gerasimov, le chef d'état-major russe lors de la cérémonie d'ouverture de l'académie militaire de l'état-major pour la lutte contre le terrorisme, selon laquelle le terrorisme international et la prolifération des conflits entre hommes armés nécessitent une nouvelle approche qui permettrait de garantir la sécurité et la poursuite de la formation des forces militaires (Tass, 1er septembre 2017).
    Turquie
    • L'unité anti-terroriste de la police d'Izmir a arrêté six suspects, dont trois ressortissants syriens, accusés d'être membres de l'Etat islamique. Selon la police, ils ont été trouvés en possession de "matériel numérique et de documents" contenant du matériel de propagande de l'Etat islamique. La Turquie a indiqué que jusqu'à présent, plus de 5 000 suspects ont été arrêtés, 5 000 membres présumés de l'organisation ont été expulsés et plus de 53 000 personnes soupçonnées de terrorisme se sont vus refuser l'entrée en Turquie (Sabah, 29 août 2017)
    La guerre de propagande
    • Le bureau d'information de l'Etat islamique a publié une vidéo montrant un garçon d'environ dix racontant comment il est arrivé à Al-Raqqah il y a deux ans avec sa mère depuis les Etats-Unis et a commencé à apprendre les lois de l'Islam. L'enfant dit que son père était un soldat américain, luttant contre les combattants du jihad en Irak. Il présente son ami Abdullah, sept ans, qui vit avec lui dans la même maison. Abdullah parle arabe et dit qu'il est arrivé de Sinjar (Nord-Ouest de l'Irak) et qu'il a été transféré à Al-Raqqah par des membres de l'Etat islamique et que maintenant, il apprend les lois de l'Islam. Youssef s'adresse au Président américain Donald Trump, "la marionnette des Juifs", affirmant que la bataille ne prendra pas fin à Al-Raqqah ou Mossoul mais sur vos "terres" (Akhbar Al-Muslimeen, 23 août 2017).

jeudi 8 juin 2017

L’insurrection islamiste aux Philippines prend des airs de guérilla

Après avoir pris le contrôle d'une partie de la ville de Marawi, dans le sud des Philippines, les militants islamistes continuent d'affronter l'armée nationale, avec l'appui de djihadistes venus de nombreux pays. Selon une vidéo obtenue par Associated Press, ils planifieraient même de baser un nouveau califat en Asie du Sud-Est, mené et financé par l'État islamique (EI), à qui ils ont prêté allégeance.
Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Ils se cachent dans des tunnels à l'épreuve des bombes, dissimulent des armes dans les mosquées, n’hésitent pas à recourir à des boucliers humains et connaissent les passages et dédales de Marawi : les djihadistes retranchés sur l’île de Mindanao, où se trouve Marawi, sont pour l'armée philippine un adversaire redoutable.
Les autorités locales craignent désormais que la bataille s’éternise, surtout que les combats entamés le 23 mai ont fait jusqu’ici près de 200 morts, dont 134 djihadistes et une trentaine de civils.
« L'avantage [de l'ennemi], c'est leur maîtrise du terrain. Ils savent où mènent les allées les plus petites et sont libres de circuler », a dit cette semaine à la presse le major philippin Rowan Rimas, ajoutant qu’ils « savent d'où viennent les forces gouvernementales et où elles s'abritent. Ils ont des tireurs embusqués et leurs positions sont bien défendues. »
Pour l’heure, les militants islamistes contrôlent environ 10 % de Marawi. Leurs caves leur permettent de résister aux frappes aériennes de l’armée, et « même les mosquées ont des tunnels », ce qui leur permet de cacher leurs armes, a expliqué le porte-parole de l’armée philippine, le colonel Joar Herrera.
Il souligne que le règlement de l'armée lui interdit de frapper les mosquées et les écoles islamiques, des failles exploitées par les combattants.
Des soldats philippins progressent dans une rue de Marawi sous la protection d'un blindé léger,
Des soldats philippins progressent dans une rue de Marawi sous la protection d'un blindé léger, Photo : Reuters/Erik De Castro
Des combattants issus de nombreux pays
Le ministre philippin de la Défense, Delfin Lorenzana, avait reconnu au début du conflit que les forces de sécurité avaient été prises par surprise par l’opposition des militants islamistes.
Au départ, les autorités philippines estimaient à une centaine le nombre de combattants islamistes postés à Marawi. Ce chiffre a depuis été révisé à 500, dont des étrangers venus de Tchétchénie, d'Arabie saoudite, de Malaisie ou du Yémen pour rejoindre l’insurrection.
L’armée indique que les islamistes disposent d'un arsenal imposant, dont des lance-roquettes et un nombre important de munitions pour leurs puissants fusils d'assaut.
Leurs finances seraient également en santé. Selon Delfin Lorenzana, l’EI aurait versé 2 millions de dollars à la faction islamiste des Philippines, menée par Isnilon Hapilon, chef présumé de l’EI en Asie du Sud-Est soupçonné de se terrer à Marawi. Lundi, les autorités philippines ont aussi découvert 52,2 millions de pesos (un million de dollars) en liquide dans une de leurs caches.
Prise d’un territoire
Toute cette organisation alimente la puissance de l’insurrection islamiste qui viserait à prendre Marawi pour démontrer que l’EI est en mesure de gagner un territoire aux Philippines.
Mercredi, une vidéo obtenue par l’Associated Press montre les dirigeants de l’insurrection, dont Isnilon Hapilon, planifier la prise de certains secteurs de la ville. Ces informations ont été confirmées par le chef de l’état-major philippin, le général Eduardo Ano.
Des leaders de l'insurrection islamiste aux Philippines planifiant leur prochaine attaque sur la ville de Marawi
Image tirée d'une vidéo montrant des leaders de l'insurrection islamiste aux Philippines, dont Isnilon Hapilon (au centre), chef présumé de l'État islamique en Asie du Sud-Est. Les images présentent les plans du groupe pour prendre contrôle de la ville de Marawi, au sud des Philippines. Photo : La Presse canadienne/Associated Press
Avec un calme désarmant, on peut y voir les djihadistes discuter de prises d’otages dans une école, de barrer l’accès aux routes et de capturer une autoroute « pour effrayer la population ».
La vidéo a été découverte sur un appareil cellulaire saisi durant un raid contre une cache islamiste à Marawi, le 23 mai, où l’armée soupçonnait Isnilon Hapilon de se cacher.
Le général Eduardo Ano a aussi précisé à l’Associated Press que l’insurrection « a l’intention non seulement de faire rébellion, mais de démembrer une portion du territoire philippin et d’établir leur propre califat islamique mené par l’EI ».
De plus en plus, les autorités philippines craignent un conflit de longue durée, capable de faire de Marawi la nouvelle base mondiale de l’EI, alors qu’il perd du territoire au Moyen-Orient.
Le président philippin, Rodrigo Duterte, a déjà imposé la loi martiale à toute la région de Mindanao, où vivent 20 millions d'habitants, dans une tentative d'écraser rapidement la menace représentée par l'EI.
Il avait fixé un délai de 10 jours - désormais écoulé - pour débarrasser la ville de ses djihadistes. Maintenant, il somme l'armée de prendre tous les moyens nécessaires pour y parvenir.
Je vous ordonne d'écraser votre ennemi. Quand je dis écraser, vous devez tout détruire, y compris des vies.
 Rodrigo Duterte
Rodrigo Duterte a aussi déclaré que le gouvernement philippin n’allait jamais permettre aux militants islamistes de démembrer le pays.

mardi 6 juin 2017

Affrontement au Bilderberg 2017 par Thierry Meyssan

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].
Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.
Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).
Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.
De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.
La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.
Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeinistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].
La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.
Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.
D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].
L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans ignorer que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication..
De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

L'article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

lundi 16 septembre 2013

Le gouvernement philippin ferme face aux rebelles musulmans

Attaque meurtrière aux Philippines

 
Les combats s’intensifient dans l’île de Mindanao entre les séparatistes musulmans du Front Moro de libération nationale, qui ont pris des centaines de civils en otage, et les forces régulières philippines.
À propos de Zamboanga, la ville du sud de l’île philippine de Mindanao, théâtre de combats entre le Front Moro de libération nationale (MNLF) et les troupes gouvernementales, le président philippin Benigno Aquino a pris le ton de la fermeté : « Il y a une limite et, une fois qu’elle est franchie, nous serons obligés d’utiliser l’entière capacité de nos forces armées. »
Dans sa ligne de mire, les 300 hommes du MNLF qui ont pris 200 otages comme boucliers humains, un mois après la proclamation de l’indépendance de la « Bangsamoro », la « nation moro musulmane », dont ils voulaient hisser le drapeau sur le toit de la mairie de Zamboanga.
Il y a moins d’un an, pourtant, le président se félicitait que « la paix soit à portée de main », après avoir signé un accord-cadre historique avec la faction rivale du MNLF, le Front Moro islamiquede libération (Milf), qui laissait espérer la fin de quarante ans de conflit entre communautés chrétiennes et musulmanes « moro » sur la grande île du sud des Philippines, Mindanao. Cet accord-cadre devrait permettre la création d’une nouvelle entité autonome, dont le futur gouvernement intérimaire serait assuré par le Milf.

« poussés à bout par le gouvernement »

De quoi mécontenter profondément Nur Misuari, fondateur et dirigeant du MNLF, qui s’est morcelé en plusieurs branches dissidentes, la plupart prêtes à négocier avec le Milf. « Si le MNLF a attaqué Zamboanga, c’est parce qu’ils ont été poussés à bout par le gouvernement », accuse le P. Eliseo Mercado Jr., religieux oblat de Marie-Immaculée à Mindanao, qui dialogue régulièrement avec Nur Misuari. « Il a été délibérément marginalisé au cours des négociations de paix entre le gouvernement et le Milf », souligne-t-il.
« À chaque nouvelle annexe de l­’accord-cadre avec le Milf négociée, il y a un coup d’éclat du MNLF. L’attaque de Zamboanga coïncide avec le début des négociations de la troisième annexe, note François-Xavier Bonnet, chercheur associé pour l’Institut de recherches sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec). Pour Nur Misuari, c’est l’occasion de rappeler au gouvernement qu’il ferait mieux de se concentrer sur la révision en cours des accords de paix de 1996 avec son mouvement. C’est aussi une guerre d’ego. »

la vie des otages

Avec un rapport de force de dix contre un en faveur des forces philippines, il est difficile de ne pas se demander pourquoi la crise n’est pas déjà résolue par les troupes d’élite philippines, formées par les Américains et sur place depuis déjà six jours. « Au centre de la stratégie du gouvernement, il y a un pivot central : la vie des otages », explique François-Xavier Bonnet.
Traumatisée par la sanglante prise d’otages, en août 2010, d’un car de touristes hongkongais par un policier dans le centre de Manille, l’administration Aquino cherche à tout prix à éviter la répétition du même scénario, souligne le chercheur. À l’époque, la presse s’était déchaînée contre le président, deux mois seulement après le début de son mandat. « Pour lui, le seul moyen de sortir la tête haute de cette crise est de sauver tous les otages », ajoute François-Xavier Bonnet.
« Si la crise met autant de temps à se résoudre, c’est aussi parce que certains politiques y jouent leur future candidature à la présidentielle de 2016, regrette le P. Eliseo Mercado. Pour eux, c’est l’occasion ou jamais de jouer au sauveur. » Mais, en une semaine de combats, au moins 51 rebelles, six soldats, un policier et quatre civils ont été tués à Zamboanga.

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Une guérilla ancienne

La guérilla indépendantiste à Mindanao a débuté dans les années 1970. Le bilan s’élève aujourd’hui à 150 000 morts et à des centaines de milliers de personnes déplacées. Depuis 2003, date d’un cessez-le-feu, la violence avait baissé d’intensité. Le président Benigno Aquino, élu en 2010, a fait de la signature d’un véritable accord de paix l’un des principaux objectifs de son mandat, qui s’achève en 2016.
L’île de Mindanao dispose d’importantes ressources naturelles, mais c’est une des régions les plus déshéritées de ce pays déjà pauvre, en raison de décennies de violences. La chambre de commerce de Zamboanga, ville qui abrite un gros centre de conditionnement de la sardine, estime à 50 milliards de pesos par jour (860 millions d’euros) le préjudice causé par les combats en cours.

Anaïs LLobet (à Manille) 

Il est temps pour les peuples qui veulent vivre en paix d'éradiquer ces fous.  

Raids de l'armée de l'air philippine contre la guérilla islamiste

Les combats dans les environs de Zamboanga durent depuis le 9 septembre. [EPA/DENNIS M. SABANGAN - Keystone]
Les combats dans les environs de Zamboanga durent depuis le 9 septembre. [EPA/DENNIS M. SABANGAN - Keystone]
Des frappes aériennes ont été lancées lundi aux Philippines pour déloger des rebelles musulmans qui avaient pris d'assaut une ville du sud de l'archipel le 9 septembre.

mardi 9 juillet 2013

Philippines: affrontements mortels entre rebelles musulmans et soldats

Plus de 100 dissidents d’une guérilla musulmane ont lancé des attaques contre les troupes militaires dans le sud des Philippines, provoquant des affrontements qui ont tué cinq soldats et de nombreux rebelles appartenant à un groupe qui veut nuire aux pourparlers de paix entre le principal groupe rebelle musulman du pays et le gouvernement philippin, a signalé l’armée.
 
Les combats ont duré toute la journée, samedi, entre les membres des Combattants islamiques pour la liberté des Bangsamoro (BIFF) en périphérie des villes de Datu Piang et Shariff Saydona Mustapha, dans la province de Maguindanao, et dans un village côtier au nord de la province de Cotabato.
Les troupes de l’armée philippine tentaient toujours de repousser les rebelles, dimanche, à partir d’un camp situé à flanc de montagne, selon le capitaine Anthony Bulao, porte-parole de l’armée régionale.
Les combats ont fait fuir des centaines d’habitants de Datu Piang, un village rural pauvre situé à environ 900 kilomètres au sud-est de Manille.
Les récentes attaques menées par les factions rebelles ont mis fin à des mois de calme relatif dans le sud du pays, où la situation politique et sécuritaire est extrêmement précaire.
Les guérillas musulmanes impliquées dans les combats de samedi ont déserté il y a deux ans le Front moro islamique de libération (MILF), le principal groupe de la rébellion musulmane, fort de quelque 11 000 membres.
La faction rebelle, dirigée par le commandant Ameril Umbra Kato, a rejeté les négociations entre le MILF et le gouvernement, soutenant que celles-ci ne menaient nulle part. Les dissidents continuent à se battre pour l’établissement d’une zone réservée à la minorité musulmane dans le sud des Philippines, pays à majorité catholique.
http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201307/07/01-4668497-philippines-affrontements-mortels-entre-rebelles-musulmans-et-soldats.php
 

jeudi 21 février 2013

Plus explosive que le Sahel ? La Mer de Chine !

 
Patrick
Weber

Journaliste, chroniqueur et écrivain.

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Vus d’Europe, les conflits qui opposent la Chine à ses voisins, pour quelques cailloux posés au milieu de la mer et le plus souvent totalement inhabités, peuvent paraître futiles. Pour ne pas dire pittoresques. Mais il suffit de se promener dans les rues de Hanoï ou de Tokyo pour se rendre compte que l’affaire est beaucoup plus grave. Nul besoin d’ailleurs d’aller interroger les huiles ou les grands diplomates. Un simple tour dans un bar ou au marché suffit à comprendre à quel point la Chine fait peur.
Chez nous, c’est le dynamisme économique qui inquiète. En Asie, ce sont les bruits de bottes qui font frémir.
Demandez aux Tibétains ce qu’ils en pensent. Tout un peuple sacrifié sur l’autel du sacro-saint pragmatisme économique. Les prostituées prenant d’assaut Lhassa pour tromper l’ennui des bidasses chinois. Toute tentative de révolte écrasée dans le sang. Les moines s’immolant dans l’indifférence générale.
Et les Occidentaux ? Ils ont transformé le Dalaï Lama en idole bobo sans chercher à comprendre la profondeur de son combat. Et en quoi la lutte pour la liberté de penser autrement qu’à travers le prisme de la bourse et du yuan tout puissant nous concerne tous.
Aujourd’hui, le Japon n’est pas seul à s’élever contre les prétentions hégémoniques de la Chine. La plupart des nations du sud-est asiatique s’inscrivent dans le même combat. Et ce n’est même plus une question de chapelle idéologique. Les îles Paracels sont au cœur des luttes entre la Chine communiste et le Viet-Nam, tout aussi communiste. Les héritiers de tonton Mao et de l’Oncle Ho s’affrontent pour quelques îles et surtout, pour des eaux territoriales riches en promesses énergétiques et en ressources de pêche. Des nains comme Taiwan, la Malaisie, les Philippines ou Brunei osent défier le dragon géant chinois. Et l’on voit même des anciens ennemis héréditaires comme le Japon, le Vietnam, la Thaïlande ou la Malaisie se serrer les coudes contre l’ennemi commun.
Avis à tous ceux qui seraient tentés de limiter les futures zones de conflits au Sahel ou au Moyen Orient : il se prépare de solides feux d’artifice du côté de la mer de Chine. Et comme souvent là-bas, la cuisine risque d’être très épicée.
Patrick Weber, le 20 février 2013

lundi 8 octobre 2012

Accord aux Philippines

Le gouvernement philippin et les rebelles du Front Moro islamique de libération ont conclu un accord visant à mettre fin à 40 ans de conflit dans le sud musulman des Philippines, a annoncé dimanche le président Benigno Aquino.

Cet accord établit une feuille de route vers la création, avant la fin du mandat de l'actuel chef de l'Etat en 2016, d'une région autonome dans le sud de ce pays d'Asie majoritairement catholique.

Ce conflit a fait plus de 100.000 morts.


Date: 07/10/2012
Source: Reuters via 20 Minutes.
http://www.20minutes.fr/ledire...-musulmans
Philippines : accord avec les rebelles musulmans du MILF

Extraits:

L'accord-cadre, annoncé par le président Benigno Aquino, prévoit l'établissement d'une zone semi-autonome dans le sud de l'archipel, la région de Mindanao à forte population musulmane dans un pays très largement catholique. Mindanao, qui désigne la grande île du sud, sert de base au Front moro islamique de libération (MILF), le principal groupe de la rébellion musulmane fort de quelque 12 000 membres.


Le groupe rebelle s'est félicité de cet accord, intervenu samedi en Malaisie, après des mois de négocations, et y voit "le début de la paix". "Nous sommes heureux et nous remercions le président pour cela", a déclaré Ghazali Jaafar, le vice-président du MILF en charge des affaires politiques.
Jaafar a également rappelé que l'accord annoncé ce dimanche était une simple ébauche, "une feuille de route", et qu'il restait à discuter de nombreux points, dont l'étendue de la région semi-autonome. Rien n'a également été communiqué sur un éventuel abandon des armes par les rebelles.


Date: 10/07/2012
Source: AFP via Le Monde
En gros, pour avoir la paix, l'Etat philippin catholique a baissé son froc face à ces barbus...

vendredi 31 août 2012

Un think tank américain élabore des projets d’escalade militaire contre la Chine

par Peter Symonds pour WSWS

Une publication du groupe de réflexion de Washington, Center for Strategic and International Studies (CSIS, Centre d’études stratégiques et internationales) intitulé « Stratégie de positionnement de la force armée américaine dans la région Asie-Pacifique: un évaluation indépendante », fournit au gouvernement Obama ce qui revient à être un plan directeur pour des préparatifs militaires en vue d’un conflit avec la Chine.
Bien que le CSIS soit un organisme non gouvernemental, son évaluation a été commanditée par le ministère de la Défense, ainsi que l’exige la Loi d’autorisation de la Défense nationale de 2012, donnant un statut semi-officiel à ses conclusions et ses propositions. Cette publication a impliqué des discussions approfondies avec le personnel militaire américain haut placé du Commandement du Pacifique au Pentagone. Le rapport du CSIS a été remis au Pentagone le 27 juin mais n’a eu de couverture médiatique qu’après que ses principaux auteurs, David Berteau et Michael Green, ont témoigné le 1er août devant le Comité des forces armées de Etats-Unis.
Le rapport a fait grand bruit dans les médias australiens qui ont fait d’une de ses propositions les gros titres des journaux, celle de faire une base d’opération avancée d’un groupement tactique de porte-avions américain à HMAS Stirling, une base navale d’Australie occidentale. Si cela était mis en pratique, la recommandation transformerait la base et la ville voisine de Perth en une cible potentielle de missiles nucléaires russes et chinois. La proposition sert à souligner les implications immenses de l’évaluation du CSIS qui est en droite ligne avec le « pivot » conflictuel du gouvernement Obama envers l’Asie et visant la Chine.
L’évaluation du CSIS déclare que l’objectif géostratégique américain sous-jacent dans la région Asie-Pacifique est d’empêcher « la montée de tout Etat hégémonique dans la région qui pourrait représenter une menace pour les intérêts américains en cherchant à en obstruer l’accès aux Etats-Unis ou à dominer le domaine maritime. A partir de cette perspective, le problème le plus significatif pour les Etats-Unis aujourd’hui en Asie est la puissance montante de la Chine, son influence et ses espérances de prééminence régionale. » en d’autres termes, l’hégémonie dominante des Etats-Unis dans la région doit continuer.

Le document reconnaît que la stratégie militaire est liée aux impératifs économiques. Il identifie « les accords commerciaux tels le Partenariat Transpacifique (PTP) et l’Accord de libre commerce USA-Corée » comme étant cruciaux à « une architecture transpacifique durable qui soutienne l’accès des Etats-Unis à la région et son influence dans cette région. » Bien qu’il déclare que les Etats-Unis « doivent intégrer chacun de ces instruments de puissance nationale et ne pas compter excessivement sur les capacités militaires des Etats-Unis », c’est précisément le déclin économique relatif des Etats-Unis qui motive le recours à la puissance militaire pour maintenir sa domination en Asie, tout comme au Moyen-Orient.
Ayant identifié la Chine comme principal rival potentiel, le rapport exclut toute répétition de la stratégie américaine d’endiguement utilisée pour isoler l’Union soviétique durant la Guerre froide, ce qui indique la dépendance économique des Etats-Unis par rapport à la Chine. Il est significatif que les auteurs rejettent un accord de partage du pouvoir avec la Chine, ou pour reprendre les termes du comité des forces armées, « un condominium bipolaire qui reconnaisse les intérêts essentiels de Beijing et divise implicitement la région. » Cette dernière conception, sous une forme ou une autre, est promue par quelques analystes stratégiques aux Etats-Unis et en Australie comme étant l’unique moyen d’empêcher une guerre. Le rapport du CSIS rejette tout retrait d’Asie des Etats-Unis, qui équivaudrait dans les faits à céder la région à la Chine.
Ayant exclu toutes les alternatives pacifiques, la publication du CSIS définit une stratégie militaire. Les auteurs ne prônent pas ouvertement une guerre avec la Chine, déclarant que « les conséquences d’un conflit avec cette nation sont presque impensables et il faut faire plus que tout son possible pour les éviter tout en respectant les intérêts des Etats-Unis. » Mais les auteurs n’excluent pas la possibilité d’un conflit dans le cas où les intérêts américains sont menacés, et ajoutent que la capacité à « maintenir une paix favorable » dépend de la perception que les Etats-Unis sont capables de sortir vainqueurs en cas de conflit. « Le positionnement de la force armée américaine doit démontrer sa volonté et sa capacité à se battre et à gagner, même dans les circonstances plus difficiles associées à A2D2 [stratégie d'interdiction d'accès à la région] et autres menaces à l’encontre des opérations militaires américaines dans le Pacifique occidental », déclare le rapport.
Ainsi au nom de la paix, les Etats-Unis préparent une guerre catastrophique avec la Chine. Les planificateurs stratégiques américains sont particulièrement préoccupés par les capacités militaires chinoises appelées A2AD, développement de sous-marins, missiles et avions de combat sophistiqués capables de poser un danger pour la marine américaine dans le Pacifique occidental. Bien que, comme ils en ont l’habitude, les Etats-Unis présentent de telles armes comme représentant « une menace » pour leur armée, en réalité la Chine riposte de façon défensive à la présence d’une puissance navale américaine écrasante dans les eaux proches de son territoire. La prépondérance navale américaine en Mer de Chine orientale, Mer de Chine méridionale et les points « d’étranglement » tel le détroit de Malacca, menace les voies maritimes en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique dont la Chine dépend pour son approvisionnement en énergie et matières premières.

Le rapport du CSIS approuve le repositionnement et le renforcement des forces militaires américaines dans le Pacifique occidental qui se sont accélérés sous le « rééquilibrage » vers l’Asie du gouvernement Obama. Cela comprend :
  • la consolidation des bases américaines, des troupes et des atouts militaires au Japon et en Corée;
  • le développement des forces américaines sur l’île de Guam et sur les îles Mariannes du nord, situées stratégiquement dans le Pacifique occidental;
  • le stationnement à Singapour de navires de combat de littoral, navires de guerre relativement petits, rapides et flexibles capable de récolter des informations, de faire des opérations spéciales et de déposer sur terre des soldats avec des véhicules armés;
  • la possibilité de faire un plus grand usage des bases aériennes et navales australiennes et de positionner 2 500 Marines dans la ville septentrionale de Darwin.
De plus, la publication confirme que les USA ont eu des discussions avec la Thaïlande, les Philippines et le Vietnam sur une possibilité d’accès aux bases et d’entraînement commun.
Le document examine aussi les efforts américains pour renforcer les liens militaires dans toute l’Asie, de l’Inde, Bangladesh et Sri Lanka jusqu’en Birmanie, Indonésie et Nouvelle Zélande, ainsi qu’avec ses alliés officiels.
Il est significatif qu’en classant les éventualités militaires par degré d’intensité, le document identifie l’Australie, le Japon et la Corée du Sud comme des alliés cruciaux « dans le spectre plus élevé d’intensité », à savoir un conflit militaire avec la Chine, « avec d’autres alliés et partenaires dans le spectre de moindre intensité. »
Bien qu’elle traite de façon large de toutes les contingences, l’évaluation du CSIS se concentre en premier lieu sur « la haute intensité. » Ses recommandations impliquent un développement plus important des accords militaires avec la Corée du sud, le Japon et l’Australie et qu’entre ces alliés eux-mêmes.
Elle recommande l’application des derniers accords militaires en date avec le Japon et la Corée du sud. Pour ce qui est du Japon, le document insiste sur la signification stratégique d’Okinawa. Okinawa est « centralement situé » entre l’Asie du nord-est et l’Asie du sud-est maritime, et est « positionné pour combattre tactiquement à l’intérieur de l’enveloppe A2AD dans les scénarios de haute intensité », autrement dit Okinawa est d’une importance cruciale dans toute guerre avec la Chine. Le gouvernement Obama s’est opposé de façon intransigeante aux appels du Japon à délocaliser la base navale américaine de Futenma au large d’Okinawa.

Le document du CSIS n’est pas la politique officielle du gouvernement Obama : ses conclusions sont présentées comme des recommandations. Il envisage tous les scénarios, dont celui de maintenir le statu quo et de diminuer les forces américaines de la région Asie-Pacifique, mais n’est favorable à aucun des deux. Cependant l’aspect le plus menaçant du rapport traite d’une liste substantielle de mesures qui pourraient être prises pour renforcer de façon marquée l’armée américaine dans toute cette région.
En plus de baser un porte-avion nucléaire américain en Australie occidentale, on compte parmi ces mesures les suivantes :
  • doubler le nombre de sous-marins d’attaque nucléaire basés sur Guam;
  • déployer des navires de combat en zone littorale en Corée du sud;
  • doubler la taille des forces amphibiennes à Hawaï;
  • baser de façon permanente un escadron de chasseurs-bombardiers sur Guam;
  • renforcer les équipements de surveillance avec ou sans personnel en Australie ou Guam;
  • optimiser les défenses antimissiles au Japon, en Corée du sud et Guam;
  • consolider les forces terrestres américaines.
Tout en recommandant que ces options soient envisagées, le CSIS appelle spécifiquement à ce que davantage de sous-marins d’attaque soient placés sur Guam, c’est à dire à distance de frappe aisée des voies maritimes et des bases navales chinoises.
Chacune de ces mesures ne fera qu’accroître les tensions avec la Chine et le danger d’une course aux armements et d’un conflit dans la région Asie-Pacifique.
L’évaluation du CSIS indique des poudrières potentielles, de la péninsule coréenne et du détroit de Taïwan à la Mer de Chine méridionale et aux frontières contestées entre l’Inde et la Chine. Le rapport représente clairement la façon de penser plus large au sein du gouvernement Obama et des cercles militaires et du renseignement américains les plus élevés qui préparent et planifient de façon téméraire une guerre avec la Chine.
Peter Symonds
Article original : US think tank plans military build-up against China