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mercredi 14 mars 2018

Djihad mondial

Principaux événements
  • Cette semaine encore, les combats en Syrie ont été focalisés sur la Ghouta orientale. Afin d’alléger la pression sur Damas, les forces syriennes et russes donnent désormais la priorité à la reprise de la Ghouta orientale plutôt qu’à la campagne de reprise de la région d’Idlib, qui a été temporairement suspendue. Les forces syriennes ont poursuivi leur offensive terrestre et auraient repris le contrôle de plusieurs villes et villages et d’environ un tiers de la région de la Ghouta orientale. Les progrès de la Syrie dans l’offensive terrestre, avec l’appui de l’armée de l’air russe ont continué, en dépit de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur un cessez-le-feu, et malgré l’ordre du Président Poutine d’observer des « pauses humanitaires. » Les médias ont signalé de nombreuses victimes civiles et une détérioration de la situation humanitaire.
  • Cette semaine, le Siège de Libération d’Al-Sham (affilié à Al-Qaïda) a poursuivi ses affrontements violents avec d’autres organisations rebelles afin d’acquérir le contrôle exclusif de la région d’Idlib. En outre, un groupe jihadiste fidèle au chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri s’est retiré de l’organisation. Les différends et fractures dans la région d’Idlib affaiblissent le Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations rebelles, et compromettent leur capacité de résister aux forces de la Syrie et de ses alliés lorsque la campagne reprendra.
  • En Irak, les forces de sécurité continuent de marquer des points dans leur activité contre les membres et les réseaux de l’Etat islamique dans les diverses provinces. Le régime irakien considère apparemment la partie occidentale de la province d’Al-Anbar comme un maillon faible en raison de l’activité intensive de l’Etat islamique, près de la frontière syro-irakienne, au Nord d’Abu Kamal. Cette semaine, il a été rapporté que le Premier ministre irakien a décidé de créer une nouvelle division comprenant des soldats de la province d’Al-Anbar, afin d’empêcher l’infiltration de membres de l’Etat islamique de Syrie.
Implication de la Russie et des Etats-Unis
La Russie affirme que des cibles russes de Damas sont visées par des tirs
  • Selon un rapport du Centre russe de réconciliation en Syrie, « des groupes armés » continuent de violer le cessez-le-feu dans la région de la Ghouta orientale. Selon le rapport, des hommes armés ont tiré sur la ville de Damas, visant en particulier l’ambassade de Russie, la représentation commerciale russe et le Centre russe de réconciliation dans la ville. La Russie a appelé les dirigeants des « groupes armés » à cesser les combats dans la région et à permettre le départ des civils. Le Centre russe de réconciliation a précisé que la Russie permettrait d’assurer un passage sûr pour les membres et leurs familles qui quittent la Ghouta orientale, et pourrait même fournir des véhicules et sécuriser l’itinéraire (Site Internet du ministère russe de la Défense, 6 mars 2018).
Suspension temporaire des opérations au sol dans la vallée de l’Euphrate
  • Le porte-parole du Pentagone, le Colonel Rob Manning a déclaré que les opérations au sol des Etats-Unis contre l’Etat islamique dans la vallée de l’Euphrate ont été temporairement suspendues. Selon les responsables américains, la décision est liée au fait que les Kurdes qui luttent contre l’organisation ont déplacé la plupart de leurs efforts vers l’enclave d’Afrin (Ouest de la Syrie), afin de lutter contre les forces turques qui ont envahi la région. Selon le porte-parole du Pentagone, il s’agit d’une « pause opérationnelle » sur le terrain des opérations, tandis que les frappes aériennes continuent comme d’habitude. Ainsi, deux routes d’approvisionnement de l’Etat islamique près d’Abu Kamal ont été attaquées et détruites le 4 mars 2018 (The Washington Post, 5 mars 2018).
Syrie
Les combats dans la Ghouta orientale
  • Le Colonel Suheil Hassan (« le Tigre ») a annoncé qu’au sixième jour de l’offensive terrestre, l’armée syrienne a repris 30 % des territoires occupés par les organisations rebelles dans la Ghouta orientale. Selon les médias syriens, les forces syriennes ont principalement attaqué des cibles du Siège de Libération d’Al-Sham (Remarque : Le Siège de Libération d’Al-Sham participe aux combats à Al-Ghouta aux côtés des autres organisations rebelles. Cependant, contrairement à la situation dans la région d’Idlib, il ne jouit pas d’une position dominante). Selon les médias syriens, les forces syriennes cherchent à diviser la région (Alep Today, 3 mars 2018).
La zone d’Idlib
Le Siège de Libération d’Al-Sham continue ses affrontements violents avec d’autres organisations rebelles dans la région d’Idlib, essayant d’imposer son contrôle. Un groupe proche des partisans du chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri appelé « Groupe des gardiens de la religion » a fait sécession du Siège de Libération d’Al-Sham. Ces conflits et ces affrontements ont lieu à un moment où les organisations rebelles à Idlib ont bénéficié d’une accalmie temporaire en raison de la campagne de la Ghouta orientale, qui affaiblit le Siège de Libération d’Al-Sham et les autres organisations rebelles dans la région d’Idlib et compromet leur capacité de résister aux forces syriennes à la reprise de la campagne.
Conflit entre le Siège de Libération d’Al-Sham et le Front de libération
  • Cette semaine, le Siège de Libération d’Al-Sham a repris la ville de Maarrat Misrin, à environ 8 km au Nord d’Idlib, après des affrontements avec le Front de libération de la Syrie (une nouvelle organisation qui vient d’être établie après que les organisations d’Ahrar Al-cham et Nour Al-Din ont rejoint leurs forces).
Nouvelle organisation proche d’Al-Qaïda dans le Nord de la Syrie
  • Le 17 février 2018, plusieurs groupes dans le Nord de la Syrie qui sont affiliés à Al-Qaïda ont annoncé leur unification sous le nom de « Organisation des gardiens de la religion » (en arabe : Tanzim Hurras Al-Din). Le chef de la nouvelle organisation est Abu Humam al-Shami, un jihadiste syrien qui s’est battu aux côtés d’Oussama ben Laden en Afghanistan. D’autres dirigeants de l’organisation sont Abu Julaybib le Jordanien et Sami al-Uraydi (Al-Alam, 28 février 2018). Les trois hommes, Abu Humam al-Shami, Abu Julaybib le Jordanien et Sami al-Uraydi ont été arrêtés il y a environ quatre mois par les partisans d’Abu Mohammed al-Joulani en raison de leur affiliation avec le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri. [1]
  • La nouvelle organisation a publié un communiqué intitulé « Sauver la tente des musulmans » [les combattants du jihad dans la Ghouta orientale]. L’annonce appelle les différents groupes en Syrie (implicitement, dans le Nord de la Syrie) à arrêter de se battre entre eux et à s’unir pour repousser l’ennemi dans la Ghouta orientale. Le même sort attend les jihadistes dans le Nord une fois que le régime syrien en aura fini à la Ghouta (Compte Twitter officiel de l’Organisation des gardiens de la religion, 27 février 2018).

Selon nous, la création de la nouvelle organisation jihadiste reflète les dissensions au sein du Siège de Libération d’Al-Sham et des partisans d’Al-Qaïda en Syrie. La plupart de ces conflits opposent les membres qui soutiennent Ayman Al-Zawahiri et les partisans d’Abu Mohammed al-Joulani, le chef du Siège de Libération d’Al-Sham. Al-Joulani a choisi de mener son organisation sur une voie plus indépendante, plus pragmatique, s’efforçant de coopérer avec d’autres organisations rebelles islamistes et tenant compte des contraintes sévères qui affectent son organisation. Selon nous, la création de la nouvelle organisation pourrait témoigner de l’élargissement du fossé entre le Siège de Libération d’Al-Sham et la direction d’Al-Qaïda sous Al-Zawahiri, à un moment où le Siège de Libération d’Al-Sham lutte pour son existence dans la région d’Idlib.

Le camp de réfugiés d’Al-Yarmouk
  • Les affrontements se poursuivent dans le camp de réfugiés de Yarmouk entre l’Etat islamique et le Siège de Libération d’Al-Sham. L’Etat islamique compte environ 2 000 membres contrôlant 70 % du camp, tandis que le Siège de Libération d’Al-Sham a près de 170 membres contrôlant 5 % du camp. Environ 25 % du camp est contrôlé par des organisations palestiniennes fidèles au régime syrien (Watan, 4 mars 2018).
  • La Province de Damas de l’Etat islamique a publié plusieurs photos montrant une équipe de snipers de l’Etat islamique opérant dans le Sud de Damas. Les photos montrent la préparation d’une position de tir en faisant un trou dans le mur, l’ajustement de la lunette d’observation, et le tir sur un homme en civil sur un toit (Nasher, 6 mars 2018).
   L’Euphrate
  • Au Nord d’Abu Kamal, les affrontements se sont poursuivis entre les membres de l’Etat islamique et les forces des FDS. Le 27 février 2018, la Province d’Al-Furat de l’Etat islamique a publié plusieurs photos montrant des membres de l’Etat islamique dans leurs véhicules se préparant à attaquer des positions des FDS au Nord-Est du village d’Al-Sha’fah, à environ 10 km au Nord d’Abu Kamal (Akhbar Al-Muslimeen, 1ermars 2018).
    
Droite : Deux combattants des FDS se rendent à des membres de l’Etat islamique à une position au Nord-Est du village d’Al-Sh’afah. Gauche : Membres de l’Etat islamique tuant des combattants des FDS qui se sont rendus (Akhbar Al-Muslimeen, 1er mars 2018)
  • Le 25 février 2018, l’armée de Khaled bin Al-Waleed, affiliée à l’Etat islamique, qui opère dans le bassin du Yarmouk, a publié une vidéo de ses combats et de la formation de ses membres. Un membre masqué de l’Armée de Khaled bin Al-Waleed qui apparaît dans la vidéo affirme que de nouvelles recrues de la zone du bassin du Yarmouk et du Hawran ont rejoint l’organisation. La vidéo comprend des exécutions de membres accusés de collaborer avec les ennemis de l’organisation (Akhbar Al-Muslimeen, 25 février 2018).
Principaux développements en Irak
Activités sécuritaires irakiennes à la frontière irako-syrienne dans la province d’Al-Anbar
  • Les médias arabes ont annoncé que les forces irakiennes ont récemment commencé à effectuer des recherches sur le terrain et dans l’air dans la région du désert de l’Ouest de la Province d’Al-Anbar, près de la frontière entre l’Irak et la Syrie. Dans ce contexte, le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a annoncé la formation d’une nouvelle division qui sera constituée d’habitants de la Province d’Al-Anbar, chargés de défendre la province et d’empêcher l’infiltration de « terroristes » de Syrie (Al-Hayat, 5 mars 2017).

Le Premier ministre Abadi a récemment rencontré les commandants des forces de sécurité. La réunion a eu lieu suite à l’annonce selon laquelle3 000 membres de l’Etat islamique sont concentrés dans la région de Hajeen, à environ 25 km au Nord d’Abu Kamal, près de la frontière syro-irakienne. Les Irakiens craignent que ces membres s’infiltrent dans diverses régions de l’Ouest de l’Irak (Al-Hayat, 5 mars 2018). La zone au Nord d’Abu Kamal est aujourd’hui le secteur le plus actif de l’Etat islamique en Syrie et en Irak. Les Irakiens craignent que les membres de l’organisation dans ce secteur s’infiltrent dans la province sunnite d’Al-Anbar, où l’Etat islamique jouit traditionnellement d’un soutien local, dans le but d’essayer de reprendre leurs activités. [2]

Affrontements entre les forces de sécurité irakiennes et l’Etat islamique
  • Les activités des forces de sécurité irakiennes contre l’Etat islamique se sont poursuivies cette semaine dans tout l’Irak. des membres de l’Etat islamique ont été tués ou arrêtés, et de nombreuses armes ont été saisies. L’Etat islamique a du mal à répondre de façon adéquate à ces activités, et se contente d’opérations de guérilla sans impact médiatique. Ci-après les principales activités des forces de sécurité irakiennes :
    • La province de Kirkouk : Des membres de la Mobilisation populaire (milices chiites) ont tué six membres de l’Etat islamique à environ 55 km au Sud de Kirkouk (Al-Sumaria News, 3 mars 2018).
    • La Province de Ninive : Dix-sept membres de l’Etat islamique, dont deux commandants, ont été arrêtés par les forces de déploiement rapide de la province de Ninive, à 10 km à l’Ouest de Mossoul (Al-Sumaria News, 2 mars 2018).
    • La province de Diyala : Les forces de sécurité irakiennes ont détruit deux cachettes et trois véhicules appartenant à l’Etat islamique dans la région du lac de Hamrin, à environ 65 km au Nord-Est d’Aquba (Al-Sumaria News, 1er mars 2018).
    • La province d’Al-Anbar : L’armée irakienne a indiqué que les renseignements militaires ont découvert une voiture piégée et tué deux terroristes suicide qui s’apprêtaient à effectuer une attaque terroriste à un point de contrôle sur l’ancienne route Bagdad-Al-Anbar (Twitter, 3 mars 2018).
    • L’Ouest de Mossoul : L’armée irakienne a signalé que les forces de sécurité irakiennes ont découvert une cache d’armes dans la région de Wadi ‘Ekab, dans l’Ouest de Mossoul. Les armes comprenaient, entre autres, 12 ceintures explosives, 30 engins piégés et 30 détonateurs (Twitter, 1er mars 2018).
    • Le Sud de Mossoul : L’armée irakienne et les forces de sécurité irakiennes ont arrêté 11 membres de l’Etat islamique dans le Sud du quartier de Mossoul de Soumare. En outre, deux commandants de l’Etat islamique ont été arrêtés à environ 16 km au Sud de Mossoul.
    • Principales activités de l’Etat islamique:
    • Région de Mossoul : La Province de Ninive de l’Etat islamique a annoncé avoir tué six membres des forces de sécurité irakiennes au poste de contrôle principal à l’entrée du village de Badoush, à environ 10 km à l’Ouest des quartiers Nord de Mossoul (Nasher, 2 mars 2018).
    • La province de Kirkouk : La Province de Kirkouk de l’Etat islamique a annoncé qu’un membre de la police fédérale irakienne a été tué et trois autres blessés dans une embuscade à Al-Rashad, à environ 45 km au Sud-Ouest de Kirkouk (Nasher, 3 mars 2018).
    • La région de la ville de Baiji : Des membres de l’Etat islamique ont attaqué le poste de police fédérale à Al-Abbassi, au Nord-Est de la ville de Baiji. Huit membres ont été tués pendant l’attaque. Les forces irakiennes n’ont pas déploré de victimes (Al-Sumaria News, 4 mars 2018).
La péninsule du Sinaï et la frontière égypto-libyenne
Résumé provisoire de l’opération Sinaï 2018
  • Le porte-parole de l’armée égyptienne, le colonel Tamer al-Refai, a présenté un rapport sur les résultats de l’Opération Sinaï 2018 (Annonce no. 14). Entre autres, il a noté que l’armée de l’air avait détruit deux voitures piégées et tué 10 « terroristes. » Selon l’exposé, les éléments suivants ont été détruits : 145 cachettes et entrepôts de terroristes, un réservoir de carburant contenant plus de 10 000 litres d’essence, 28 motos, un atelier de fabrication d’engins piégés, et 39 engins piégés qui avaient été enfouis dans le sol (Page Facebook officielle du porte-parole de l’armée égyptienne, 4 mars 2018).
  
Attaques contre des tanks et des véhicules blindés
  • Le 1er mars 2018, des membres de la Province du Sinaï de l’Etat islamique ont fait exploser une bombe artisanale contre un char de l’armée égyptienne (M-60) dans le Sud d’Al-Arish. L’organisation a publié une vidéo montrant le tank feu et l’explosion de munitions (Akhbar al-Muslimeen, 3 mars 2018).

Le 3 mars 2018, la Province du Sinaï de l’Etat islamique a indiqué que ses membres avaient endommagé ou détruit neuf véhicules blindés de l’armée égyptienne. Selon l’annonce, ces attaques se sont produites dans différentes régions du Sud du Sinaï: Sheikh Zuweid (deux tanks touchés par ces engins) ; Al-Arish (un tank détruit) ; la zone de Sabikah, à l’Ouest d’Al-Arish (deux véhicules blindés touchés par des engins piégés). L’Etat islamique a également indiqué que ses tireurs d’élite avaient tué et blessé au moins six soldats égyptiens (Akhbar al-Muslimeen, 4 mars 2018).


Frontière égypto-libyenne et le désert de Libye
  • Le chef d’état-major égyptien, le général Mohammed Farid Hegazy, a annoncé que d’importantes forces de l’armée égyptienne sécurisent la frontière avec la Libye, longue de 1 200 km. Ces forces comprennent 15 bataillons, avec plus de 5 000 soldats. Ce déploiement fait suite aux informations selon lesquelles l’Etat islamique gagne en force en Libye. Selon les rapports des médias arabes, l’organisation a chargé des étrangers intéressés à rejoindre ses rangs à se rendre en Libye dans un proche avenir (Al-Hayat, 3 mars 2018).
  • Dans ce contexte, l’Etat islamique a annoncé dans son hebdomadaire Al-Nabā’ (21 février 2018) que « les soldats de l’État islamique vont lancer une nouvelle guerre d’usure » contre les « milices Haftar » et le gouvernement de l’entente nationale en Libye (Al-Nabā’, n° 120, 21 février 2018, cité dans Akhbar al-Muslimeen, 22 février 2018).
Activités de contre-terrorisme
Arrestation de quatre Irakiens qui prévoyaient d’attaquer l’ambassade des Etats-Unis à Ankara
  • Le 5 mars 2018, la police turque a arrêté quatre ressortissants irakiens, soupçonnés d’avoir comploté pour attaquer l’ambassade des Etats-Unis à Ankara. Tous les quatre vivaient dans la province de Samsun, près de la mer Noire (329 km au Nord-Est d’Ankara). Dans le même temps, la police d’Ankara a arrêté 12 membres de l’Etat islamique et recherche huit autres membres. Selon les médias turcs, des sources américaines ont fourni des renseignements qui ont conduit à l’échec de l’attaque. L’ambassade américaine en Turquie a annoncé la suspension de ses activités les 5 et 6 mars en raison d’une « menace sécuritaire » (Reuters, Hürriyet ; agence de presse Anatolia, 5 mars 2018).
Démantèlement d’une cellule de l’Etat islamique au Daghestan
  • Le 5 mars 2018, le Service fédéral russe de sécurité, avec le ministère russe de l’Intérieur, arrêté cinq membres d’une cellule de l’Etat islamique (y compris le chef de l’équipe) dans la ville de Makhachkala (la capitale de la République du Daghestan). L’équipe était impliquée dans le recrutement et l’envoi de terroristes du Daghestan en Syrie pour combattre aux côtés des « organisations terroristes. » L’équipe a recruté au moins quatre citoyens russes qui ont suivi une formation dans les camps de l’Etat islamique. Les raids menés par les forces de sécurité russes ont révélé de grandes quantités d’explosifs, d’armes et de munitions qui étaient destinés à être utilisés pour mener des attaques dans le District fédéral du Caucase du Nord (Service fédéral russe de sécurité, 6 mars 2018).
Afghanistan
Attaque de membres de l’Etat islamique à l’Est du pays
  • L’armée afghane a annoncé qu’au moins quatre membres de l’Etat islamique ont été tués dans une attaque de drones armés dans l’Est de l’Afghanistan. Deux d’entre eux ont été tués dans le district d’Achin de la province de Nangarhar, et deux autres dans le district de Watapur dans la province de Kunar (Agence de presse Khaama Press, 6 mars 2018).
Arrestation de hauts responsables de l’Etat islamique
  • Des responsables de la sécurité afghane ont rapporté l’arrestation du commandant des opérations de l’Etat islamique à Kaboul, « Omar », et du responsable du recrutement de l’organisation en Afghanistan, Ihsan Allah. Les Afghans ont diffusé des vidéos montrant les deux hommes admettant leur affiliation à l’organisation. Ils ont été arrêtés pour leurs liens avec l’attaque d’une mosquée chiite à Kaboul en Octobre 2017, au cours de laquelle 40 personnes ont été tuées (BBC en arabe, 4 mars 2018).

Deux laboratoires d’armes chimiques découverts chez les « rebelles modérés » syriens

armée arabe syrienne a saisi un laboratoire clandestin d’armes chimiques, le 12 mars 2018, à Aftris, et un second, le 13 mars, à Chifonya.
La Ghouta orientale, où se trouvent ces deux localités, avait été déclarée zone de désescalade par la Russie, mais nul n’est jamais parvenu à y distinguer les jihadistes étrangers d’éventuels « rebelles » syriens.
En définitive, le Conseil de sécurité a invité les uns et les autres à respecter 30 jours de cessation des hostilités pendant que les armées syrienne, russe et iranienne continuaient leurs opérations anti-terroristes.
Les bombardements des terroristes sur la capitale n’ont jamais cessé. Une moyenne de 35 obus est tombée chaque jour sur Damas depuis l’application de la Résolution 2401, faisant de nombreux dégâts humains.
En 2012, la République arabe syrienne avait dénoncé des attaques chimiques des jihadistes et appelé à l’aide l’Onu. En décembre 2012, une vidéo publiée par les « rebelles modérés » de l’Armée syrienne libre montrait un de leurs laboratoires. Elle assurait que les alaouites seraient tous gazés. Par la suite, des armes chimiques ont été saisies par la police en Turquie alors que des jihadistes s’apprêtaient à les faire entrer en Syrie. Les policiers qui ont procédé à cette opération sont aujourd’hui emprisonnés pour complot contre l’État turc.
Quoi qu’il en soit, rapidement, les Occidentaux accusèrent Damas d’utiliser lui même des armes chimiques. La Syrie signa alors la Convention prohibant ces armes, tandis que la Russie et les États-Unis venaient superviser leur collecte et leur destruction. Pourtant, ces accusations ont toujours perduré.      


mercredi 28 février 2018

Djihad mondial

Principaux événements
  • Dans la région de l’Euphrate au Nord d’Abu Kamal, les membres de l’Etat islamique ont poursuivi leurs activités de guérilla contre les forces des FDS et les forces syriennes. Dans la région d’Idlib, les forces syriennes n’ont effectué aucune activité significative cette semaine. Les combats ont été essentiellement concentrés dans la zone à l’Est de Damas (Ghouta orientale), où les Syriens et les Russes ont procédé à des frappes aériennes massives contre les bastions des organisations rebelles (faisant des centaines de morts). Dans la zone d’Afrin, les affrontements entre les forces turques et les forces kurdes (GPJ) ont continué.
  • L’Etat islamique continue de mener des actes de guérilla contre les forces de sécurité irakiennes et les milices chiites (la Mobilisation populaire) dans les diverses provinces de l’Irak. Selon nous, bien qu’il s’agisse généralement d’activités d’individus solitaires, les forces de sécurité irakiennes ont du mal à fournir une réponse efficace à l’activité de l’Etat islamique. Au moins 27 membres de la Mobilisation populaire ont été tués cette semaine au Sud-Ouest de Kirkouk par des membres de l’organisation déguisés en policiers.
  • Les forces de sécurité égyptiennes continuent leur opération (Sinaï 2018) contre les avant-postes de la Province du Sinaï de l’Etat islamique. L’opération égyptienne se concentre sur le Nord du Sinaï. Les porte-parole égyptiens ont annoncé le succès de l’opération, précisant que des centaines de personnes recherchées ont été tuées, blessées ou arrêtées et que l’infrastructure de l’Etat islamique a été détruite. Selon nous, la Province du Sinaï continue à fonctionner et les annonces égyptiennes sont exagérées.
  • Implication des Etats-Unis
    • A la suite d’une réunion avec le Président turc et le ministre turc des Affaires étrangères, le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré que les États-Unis avaient l’intention de maintenir une présence militaire en Syrie. Dans le cadre de cette présence, les États-Unis continueront de former des forces de sécurité, afin de s’assurer que les « forces locales » sont efficaces, professionnelles et responsables, et qu’elles respectent les droits de l’homme. Tillerson a noté la préoccupation américaine face aux récents événements dans le Nord-Ouest de la Syrie (cf., l’opération de la Turquie dans le secteur d’Afrin). Il a appelé toutes les parties à rester concentrées sur la défaite de l’Etat islamique, la désescalade, la résolution du conflit syrien, et la défense des civils innocents. Tillerson a noté que les États-Unis reconnaissent le droit légitime de la Turquie de protéger ses frontières, mais l’invitent à faire preuve de retenue dans les frappes dans la région d’Afrin et à ne pas aggraver la tension existante. Il a aussi fait comprendre à la Turquie que l’aide américaine aux forces des FDS serait limitée (Site Internet du département d’Etat, 16 février 2018).

    • Syrie
      La campagne de reprise de la région d’Idlib
      • Cette semaine, il n’y a pas eu de rapports d’une activité significative des troupes syriennes dans la campagne de reprise d’Idlib. Dans la zone du village d’Oum Al-Khalahil, environ 30 km au Sud-Ouest de la base aérienne d’Abu Ad-Duhur, des affrontements ont eu lieu entre le Siège de Libération d’Al-Sham et l’Etat islamique. Sept membres de l’Etat islamique ont été tués, et trois se sont rendus (Ibaa, 15 février 2018).
      La région d’Abu Kamal – Al-Mayadeen
      • Les membres de l’Etat islamique ont tiré sur des positions de l’armée syrienne à la périphérie d’Abu Kamal. Dans le village d’Hajin, environ 23 km au Nord d’Abu Kamal, les affrontements se sont poursuivis entre les membres de l’Etat islamique et les FDS. Les avions de la coalition internationale ont poursuivi leurs attaques aériennes contre des cibles de l’Etat islamique dans la région (Observatoire syrien des droits de l’homme, 16 février 2018).
      • L’armée syrienne a découvert un réseau de tunnels dans un quartier du village de Sabikhan sur la rive Ouest de l’Euphrate, à environ 22 km au Sud-Est d’Al-Mayadeen. Les tunnels incluaient seize espaces internes reliés entre eux. De l’équipement, des munitions, et des appareils de communication ont été trouvés à l’intérieur des tunnels (Chaîne Youtube Sana, 18 février 2018 ; agence de presse syrienne, 15 février 2018).
        La région de Deir ez-Zor
      Lutte pour le contrôle des champs de pétrole dans la région de Deir ez-Zor
      • Dans la région de Deir ez-Zor, parallèlement à la compétition sur le contrôle sécuritaire sur le terrain, existe également une concurrence commerciale pour le contrôle des champs de pétrole. Une page Facebook de nouvelles locales a rapporté que l’Etat islamique contrôle toujours plusieurs puits de pétrole dans la région désertique à l’Est de Deir ez-Zor. Selon le rapport, le pétrole brut est vendu par l’organisation à un prix inférieur à celui des FDS. En réponse, les FDS font pression sur les propriétaires de camions citerne et confisquent les véhicules qui ne sont pas autorisés à transférer du pétrole (Page Facebook EuphratesPost, 19 février 2018). Apparemment, l’attaque du 7 février 2018 réalisée par les FDS avec le soutien aérien de coalition contre une force syrienne qui avait traversé l’Euphrate, peut être considérée comme faisant partie de la lutte de pouvoir sur les champs de pétrole dans la région.
      Frappe d’une force syrienne par la coalition (Mise à jour)[1]
      • D’après plusieurs rapports, des civils russes qui travaillaient en tant qu' »entrepreneurs militaires » ont été tués dans les frappes aériennes du 7 février 2018. Les rapports sont fondés, entre autres, sur les messages des familles des victimes et des proches des personnes tuées dans les médias sociaux. Certains civils russes tués ou blessés appartenaient au Groupe Vagner[2] (Page Facebook Conflict Intelligence Team, institut de recherche russe basé Moscou, 12 février 2018 ; Bloomberg, 13 février 2018 ; RT, 15 février 2018 ; New York Times, 13 février 2018). Il semble que plusieurs dizaines de combattants russes ont été tués et blessés dans ces attaques aériennes (selon une autre version, seulement quelques civils ont été tués). Nous pensons que les rapports sur des centaines de morts russes sont exagérés.    
      Réactions américaines et russes sur l’incident du 7 février 2018 :
        • Selon le Secrétaire de la Défense James Mattis, la Russie a informé les États-Unis que ses combattants n’étaient pas présents dans la zone d’affrontement de Deir ez-Zor. Il a également ajouté qu’il n’était pas probable que l’attaque menée par les forces affiliées au régime syrien contre la base des FDS ait été coordonnée avec la Russie (Site Internet du secrétariat à la Défense, 13 février 2018).
        • La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a déclaré que les informations sur la mort de centaines de civils dans les attaques étaient incorrectes. Elle a déclaré que selon les informations préliminaires, cinq personnes, apparemment des citoyens russes, ont été tuées dans un affrontement dont les causes doivent être approfondies (Site Internet du ministère russe de la Défense, 15 février 2018).
        • Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, la possibilité de la présence de citoyens russes en Syrie qui ne sont pas des soldats de l’armée russe ne peut être exclue. Cependant, il a précisé que le Kremlin n’a pas d’information sur leur nombre (TASS, RIA, 14 février 2018).
      Damas
      • Au cours de la semaine, les affrontements entre les membres de l’Etat islamique et ceux du Siège de Libération d’Al-Sham dans le secteur du camp de réfugiés de Yarmouk (au Sud de Damas) se sont multipliés. L’Etat islamique a attaqué des avant-postes du Siège de Libération d’Al-Sham dans la partie Ouest du camp de réfugiés. Des sites Internet affiliés à l’Etat islamique ont signalé qu’après les affrontements, les membres de l’organisation ont réussi à prendre le contrôle de plusieurs quartiers et rues du camp (Khotwa, 16 février 2018). Le Siège de Libération d’Al-Sham aurait subi des pertes, dont certains de ses commandants (Enab Baladi, 17 février 2018). Après cinq jours de combats, l’Etat islamique aurait pris le contrôle de 50 % de la partie Sud du camp de réfugiés, tandis que le Siège de Libération d’Al-Sham en contrôlerait 30 %. En outre, l’Etat islamique contrôle apparemment des quartiers au Sud du camp de réfugiés, y compris Al-Assali et At-Tadamon, et la ville d’Al-Hajar al-Aswad (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 18 février 2018).

      Principaux développements en Irak
      Activités des forces de sécurité irakiennes contre les réseaux de l’Etat islamique dans le pays
      • Les affrontements entre les forces de sécurité irakiennes et des réseaux de l’Etat islamique se sont poursuivis dans tout le pays. Ci-après les principaux incidents :
        • La zone de Mossoul : Agissant sur la base de renseignements, les forces de sécurité irakiennes soutenues par des avions de la coalition ont tué 19 membres de l’Etat islamique dans la région d’Aski, à environ 35 km au Nord-Ouest de Mossoul (Agence de presse irakienne, 15 février 2018).
        • Diyala (région d’Aquba) : Trois membres de l’Etat islamique dans une voiture ont été tués par des combattants de la Mobilisation populaire à environ 66 km au Nord d’Aquba. Les autres membres qui étaient dans la voiture ont fui en direction d’Aquba (Agence de presse irakienne, 15 février 2018).
      • Province de Kirkouk : Des membres de l’Etat islamique déguisés en policiers ont attaqué une force de la Mobilisation populaire engagée dans une activité d’observation à plusieurs dizaines de kilomètres au Sud-Ouest de Kirkouk. Au moins 27 combattants de la Mobilisation populaireont été tués dans l’attaque, la plupart des habitants chiites de Basra, au Sud de l’Irak. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque.
      L’Egypte et la péninsule du Sinaï
      Poursuite de l’Opération « Sinaï 2018 » des forces de sécurité égyptiennes
      • Les forces de sécurité égyptiennes ont poursuivi leurs opérations de sécurité dans la péninsule du Sinaï dans le cadre de l’opération « Sinaï 2018. » Les porte-parole des forces armées égyptiennes ont fait état de nombreuses réalisations : nombreuses cibles terroristes frappées par l’armée de l’air, arrestation de centaines de personnes recherchées, destruction de bunkers, de centaines de cachettes et de dépôts d’armes, désactivation de près de 200 engins piégés, destruction de véhicules et de motos, démolition de tunnels et saisie de grandes quantités de drogues.L’opération est menée principalement au Nord du Sinaï, et les forces égyptiennes ont signalé que les habitants du Sinaï font preuve de coopération.
          
      Au cours de la campagne, les forces de sécurité égyptiennes ont identifié un « centre d’information » de la Province du Sinaï de l’Etat islamique, situé dans une structure temporaire faite d’étain dans une région désertique. Un ordinateur portable, deux dispositifs de communication sans fil, des cassettes audio, des CD, des textes religieux islamiques et de la trésorerie ont été trouvés sur place (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 18 février 2018).
         
      • Un article dans le journal Al-Jadeed Al-Araby, qui a examiné la première semaine de l’opération, a déclaré que les forces de l’armée égyptienne avaient tenté d’imposer leur contrôle sur de nouveaux secteurs au Sud de Rafah, mais que l’état de préparation militaire des membres de la Province du Sinaï de l’Etat islamique les a surpris. En conséquence, les forces égyptiennes ont subi des pertes et l’armée n’est entrée que dans quelques secteurs à l’Ouest et au Nord de Rafah. D’après des sources de l’hôpital militaire d’Al-Arish, 15 militaires et policiers ont été tués (Al-Araby Al-Jadeed, 16 février 2018).
      Réaction de la Province du Sinaï de l’Etat islamique
      • En réponse à l’activité intensive des forces de sécurité égyptienne, la Province du Sinaï de l’Etat islamique a publié une déclaration affirmant que dans la deuxième semaine de l’opération, centrée sur les secteurs de Rafah et Sheikh Zuweid, les membres de la Province du Sinaï ont continué à résister aux forces égyptiennes, détruisant 14 véhicules militaires et tuant et blessant plusieurs soldats égyptiens (Twitter, 17 février 2018).
      • Un éditorial publié dans l’hebdomadaire Al-Nabha de l’Etat islamique a été consacré aux combats dans la péninsule du Sinaï. L’éditorial explique que les membres de l’organisation prévoient de multiplier les attaques contre tous ceux qui luttent contre eux. L’éditorial constate que le jihad dans le Sinaï contre le régime du Président El-Sisi ne s’arrêtera pas. L’éditorial exprime l’espoir que la fin du régime est proche et que les soldats du califat attaqueront sa maison et transformeront Le Caire en une terre de l’Islam, où la charia régnera (Al-Nabaā’, numéro 119, 15 février 2018).
      • Al-Qaïda s’est également déclarée favorable aux combats de l’Etat islamique contre les forces du régime égyptien. Dans un enregistrement audio diffusé par l’institut Al-Sahab, le leader d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri appelle les musulmans en Egypte à mener jihad contre le régime afin d’instaurer la charia. Selon lui, la révolution du peuple égyptien s’est terminée avec rien, parce que le « régime tyrannique corrompu » est revenu avec encore plus de force. Al-Zawahiri appelle à des attaques, des embuscades, des raids, des manifestations, des grèves, et des rassemblements visant à sauver les prisonniers. Il dit que cela devrait être un nouveau départ avec lequel tous les musulmans vont s’opposer aux « accords de cession » avec Israël et l’Egypte au sujet de la coopération en matière de sécurité avec les États-Unis (Institut d’information d’Al-Qaïda, 14 février 2018).
      Activités de l’Etat islamique dans le monde
      Crainte que les membres de l’Etat islamique de retour de Syrie et d’Irak arrivent en Libye et dans les pays du Sud du Sahara
      • En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry a rencontré l’Envoyé des Nations Unies en Libye, Ghassan Salamé. Shoukry a mis en garde contre les tentatives des membres de l’Etat islamique de fuir la Syrie et l’Irak et de se rendre en Libye et dans les pays africains (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso). Selon lui, l’Égypte est préoccupée par cette question, qui constitue une menace pour la sécurité et la stabilité dans la région (Al-Qods Al-Arabi, 17 février 2018).
      • Sky News a interviewé un membre de l’Etat islamique appelé Abu Saqr, qui a servi comme chef de la police d’Al-Raqqah lorsque la ville était sous le contrôle de l’Etat islamique. Dans l’interview, il a indiqué que la Libye était la nouvelle cible de l’organisation et la passerelle pour ses membres pour atteindre les pays européens. Abu Saqr a également noté qu’il y avait un certain nombre de réseaux de l’Etat islamique en Libye et a présumé que le pays allait devenir le siège principal de l’organisation (Al-Youm al-Sabea, 17 février 2018).
      Daghestan
      • Le 18 février 2018, un homme armé d’un fusil de chasse et d’un couteau a ouvert le feu à l’extérieur d’une église dans la ville de Kizlyar au Daghestan (près de la frontière avec la République tchétchène). Il a tiré sur les fidèles qui quittaient l’église. L’auteur de l’attaque a été abattu par la police après une lutte. Au moins cinq personnes ont été tuées et quatre autres ont été blessées, dont deux agents de sécurité. Selon les autorités russes, le tireur était Khalil Khalilov, 22 ans, un résident local. Elles ont précisé que l’enquête avait commencé et que toutes les possibilités sont examinées, y compris une attaque terroriste (Commission d’enquête russe, site Internet de l’agence de presse TASS, 18 et 19 février 2018).
      • L’agence de presse Amaq de l’Etat islamique n’a pas tardé à émettre un communiqué officiel indiquant qu’un membre de l’organisation était responsable de la fusillade. Selon un communiqué émis par la Province du Caucase, le tireur s’appelait Khalil le Daghestanais (Twitter, 18 février 2018). Selon des rapports non officiels, l’auteur a rejoint l’organisation l’an dernier et appartenait à cellule endormie (RBC, 18 février 2018). La chaîne Telegram Directorate 4 a publié une vidéo montrant le suspect prêtant allégeance à l’Etat islamique sur fond d’un drapeau de l’organisation, avec un fusil de chasse à ses côtés (lenta.ru, 18 février 2018).
      Activités de contre-terrorisme
      Tunisie
      • La police tunisienne aurait démantelé un réseau de trafic de jeunes femmes destinées à rejoindre les rangs de l’Etat islamique en Syrie. Le réseau avait recruté de jeunes femmes dans quatre gouvernorats tunisiens et les membres se déplaçaient librement d’un gouvernorat à l’autre malgré les strictes mesures de sécurité des forces de sécurité tunisiennes. Les autorités tunisiennes ne sont pas en mesure d’estimer le nombre de jeunes femmes tunisiennes enrôlées dans les rangs de l’Etat islamique, mais affirment que 40 % ont un bagage universitaire. Les experts en sécurité et les ONG estiment qu’elles sont plusieurs centaines et que la plupart d’entre elles se trouvent en Syrie et en Libye (Al-Youm al-Sabea, 15 février 2018).
      Maroc
      • Le ministère marocain de l’Intérieur a signalé l’arrestation de trois membres de l’Etat islamique dans les villes d’Al-Ayoun (contrôlée par le Maroc dans la partie Nord-Ouest du Sahara Occidental), Sala (près de Rabat), et Marrakech. Les trois hommes, âgés de 24 à 30 ans, ont prêté allégeance au chef de l’Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi. Ils étaient impliqués dans des activités d’incitation au meurtre et avaient tenté d’acquérir le savoir-faire et de l’expérience dans la fabrication d’explosifs et l’assemblage d’engins piégés. L’un d’eux avait fait des préparatifs pour commettre des attentats dans tout le pays (assabah.me, 15 février 2018).
      Liban
      • L’armée libanaise a annoncé que sept citoyens libanais et un citoyen syrien ont été jugés pour la mise en place d’un réseau affilié à l’Etat islamique au Liban (Compte Twitter officiel de l’armée libanaise, 15 février 2018). Les membres de la cellule, qui ont été arrêtés dans la zone d’Arsal au Nord-Est du pays, avaient prévu de mener des attaques terroristes à Beyrouth. Ils avaient reçu des instructions d’un commandant de l’Etat islamique du camp de réfugiés d’Ain al-Hilweh près de Sidon. Un autre terroriste a été tué lors d’une tentative d’arrestation à Tripoli, dans le Nord du Liban (Agence de presse Sana, 15 février 2018).
      [1] A ce sujet, votre notre bulletin "Pleins feux sur le jihad mondial" du 8-14 février 2018. 
      [2] Le Groupe Vagner est la plus grande organisation militaire en Russie. L'organisation réalise des projets militaires dans le monde entier et est même impliquée dans les combats dans les zones de conflit. L'organisation est active en Syrie de diverses façons, entre autres, dans la protection des champs de pétrole. La relation entre l'organisation et le Kremlin n'est pas claire, mais ses dirigeants auraient reçu des prix au Kremlin, et ses combattants sont formés dans les installations du ministère russe de la Défense (Wikipedia ; New York Times, 13 février 2018). 

vendredi 26 janvier 2018

Des djihadistes françaises et des pieux musulmans devant la justice irakienne

Trois terroristes françaises d’origine musulmanes, arrêtées pour avoir rejoint Daech en Irak, attendent leur procès et elles risquent d’être exécutées. Ces trois femmes avaient été arrêtées et emprisonnées à Bagdad après que l’armée irakienne a pris, en juillet dernier, le contrôle de la ville de Mossoul.

L’une de ces femmes, musulmane voilée, âgée de 28 ans, s’est rendue en Irak et en Syrie en 2015 avec son mari qui a été tué depuis, et elle est actuellement emprisonnée avec sa fille.

Le système judiciaire irakien a déjà condamné à mort une femme allemande qui avait rejoint l’Etat islamique. En septembre, la justice irakienne a condamné pour la première fois un prisonnier russe islamiste radical. En décembre, un ressortissant belge a été exécuté après avoir été reconnu coupable d’actes terroristes.

Environ 43 femmes et hommes français sont actuellement dans des centres de détention ou des prisons en Syrie et en Irak.

Le rôle des femmes terroristes n’est pas limité au Jihad du sexe avec les combattants, elles sont recrutées pour l’éducation, la médecine, les premiers soins et la coordination entre les cellules terroristes et leurs capacités à influencer les gens.

En France la fascination pour Daech n’est pas rare chez les pieux musulmans de la communauté, qui sont volontiers hostiles à l’État d’Israël.

La génération Mohamed Merah qui tient le terroriste pour modèle comme d’autres admirent Ben Laden se retrouve chez les terroristes palestiniens, les tueurs du GIA, voire ceux du FLN. On ne peut qu’être frappé par la similitude des assassinats commis par Merah et ceux commis par les tueurs palestiniens d’Itamar ou ceux commis par les terroristes du FLN ou du GIA.

Il y a quelques jours, une manifestation de soutien à la palestinienne Ahed Tamimi, devenue un héros, et ses proches, s’est déroulée dans le centre de Paris.

Les jeunes musulmans français s’éloignent de plus en plus de l’esprit de la République pour se rapprocher des thèses du mouvement islamiste du Hamas. La France perd rapidement son emprise sur les jeunes musulmans, qui la voient de plus en plus comme antithétique à leurs valeurs musulmanes.
Même ceux qui ont fait des hautes études, les étudiants musulmans des universités en France, sans même parler des salafistes, considèrent la République comme une entité qui s’oppose à leurs valeurs islamiques rétrogrades.
© Ftouh Souhail