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mercredi 16 octobre 2013

Fabius : hommage à Giáp, outrage à l’armée française







« Le général est mort, paix à son âme » (s’il en a une). C’est par cette laconique déclaration que notre ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius aurait pu commenter la disparition du général Giáp, mort vendredi 4 octobre dernier à l’âge canonique de 102 ans. Le gouvernement du Viêtnam et la famille de l’intéressé se seraient sans doute contentés de cette épitaphe et les relations commerciales (et culturelles) entre nos deux pays n’en auraient aucunement souffert.

Malheureusement, la réalité du texte envoyé par notre remarquable chef de la diplomatie française est un déni de respect, lancé à la face de toute l’armée française.
En effet, Laurent Fabius a rendu samedi un hommage appuyé au général Võ Nguyên Giáp : « Alors que la France et le Viêtnam sont devenus désormais des partenaires stratégiques, je salue aujourd’hui la mémoire d’un homme exceptionnel et présente mes profondes condoléances à sa famille et au peuple vietnamien », a ajouté M. Fabius, rappelant que le général Giáp était « profondément attaché à la culture française et parlait d’ailleurs parfaitement notre langue ».
« Le général Giáp fut un grand patriote et un grand soldat », a poursuivi le ministre.
Quel mépris pour nos soldats qui sont morts au combat dans la guerre d’Indochine ! Ils se sont battus dans la jungle ou sur les champs de bataille, avec courage et acharnement, et ils sont morts humblement et dans la discrétion, avec honneur et pour leur patrie, selon le serment qu’ils avaient fait à la France.
Si ce général vietnamien a marqué l’histoire de son pays pendant quarante ans, luttant successivement contre les Japonais, les Français et les Américains, il fut aussi et surtout un chef militaire impitoyable, sacrifiant ses hommes sans vergogne en cherchant à écraser par le nombre l’ennemi, comme à Diên Biên Phu en 1954, où la victoire ne fut obtenue qu’après trois mois de combat et un effectif dix fois supérieur en nombre !
Mais si Giáp est le vainqueur incontestable de Diên Biên Phu (aidé par les généraux chinois, et à cause de multiples erreurs stratégiques françaises assorties d’un abandon des soldats français par les politiciens), il est aussi et surtout le criminel de guerre qui organisa les camps de prisonniers qui furent le théâtre d’un programme d’extermination qui atteignit jusqu’à 72 % de taux de mortalité.
Ceux qui ont survécu et qui ne se sont jamais remis de la blessure qu’a été pour eux la guerre d’Indochine, sans parler des familles qui pleurent leurs fils, assistent aujourd’hui impuissantes à cet hommage et ces gesticulations diplomatiques honteuses.
Le commandant Hélie de Saint Marc, décédé au mois d’août 2013, héros de la guerre, ancien déporté, officier de la Légion étrangère, n’a pas été honoré avec tant d’empressement par les médias français ni même par le gouvernement. Grand silence. Pourtant, plusieurs généraux, parmi les plus prestigieux, avaient tenu à être présents à ses funérailles…
Les militaires qui rentrent d’Afghanistan ou du Mali, et qui partiront pour de nouveaux « Théâtres d’Opérations », vont certainement être très motivés pour se battre au profit d’un gouvernement antimilitariste qui n’affiche pour eux que du mépris. Sans compter les coupes budgétaires dont ils font l’objet en silence… En silence pour longtemps encore ?

 

mardi 7 mai 2013

Le 7 Mai… par Pieter Kerstens

Dien Bien Phu: Ni capitulation... Ni reddition !
En 1919, Naissance de Eva DUARTE de PERON à Los Toldos en Argentine.
M
ais le 7 mai, en 1954, c’était la chute du camp retranché de Dien Bien Phu. Ni capitulation… Ni reddition ! Et pour ces milliers de vaincus commence une lente descente aux enfers, l’apprentissage du désespoir. Mais ce qu’ils ne savent pas, parce que personne ne leur a jamais dit, c’est que la liberté était en marche et venait à leur rencontre.
Submergés par le nombre...
Car si la presse du monde entier annonce, en première page le 8 mai 1954, la défaite française et la perte irrémédiable de l’Indochine, les tribus montagnardes, elles, se soulèvent. Par milliers, les maquisards se mettent en route et libèrent des villes abandonnées précédemment par les Français et occupées par les troupes de Giap. Dien Bien Phu appartient au Viet Minh, mais tout l’arrière-pays leur échappe ! Jamais les volontaires méos n’ont été aussi nombreux et enthousiastes dans la jungle, les vallées et les forêts du Nord Tonkin et du Nord Laos… alors que semble triompher l’ordre rouge. Ly Séo Nung et ses partisans ont repris Lao Kay à la frontière de Chine, ainsi que Laï Chau, et ses guerriers vêtus de noirs sont arrivés en vue d’Éliane 2, le 8 mai. ¢


Colonne Crève-Cœur...
Ce même jour, le colonel Godard commandant la colonne Crève-Cœur a reçu l’ordre de faire demi-tour pour rentrer au Laos alors qu’il ne restait plus que 50 kms pour aboutir à Dien Bien Phu. Il aurait rencontré les maquisards de « Malo » et « Servan », venus de la plaine des Jarres, plus de 2.000 méos autour de leur roi Touby Liphong, allié de la France dès l’invasion japonaise. Après des semaines de marches harassantes dans la jungle, des escalades de pitons calcaires, le franchissement d’innombrables rivières et vallées, ils sont sans doute partis trop tard. Mais qu’auraient-ils pu faire face aux 60.000 « bo-doïs » du Viet Minh ?

Et la France a délibérément ignoré le sort qui attendait les dizaines de milliers de montagnards qui attestaient les armes à la main dans les hautes vallées d’Indochine, leur refus d’être livrés, pieds et poings liés, aux Tonkinois, ces étrangers qu’ils avaient toujours combattus. Honte à Mendès France !

Et jamais cette question n’a été posée aux Vietnamiens « A Dien Bien Phu, vous avez capturé 11.721 soldats de l’Union française, valides ou blessés. Après les accords de Genève, vous nous en avez rendus 3.290. Ils en manquent 7.801. Que sont-ils devenus ? »

J’ai eu la chance de pouvoir parcourir, l’automne dernier, le nord du Tonkin sur plus de 3.000 km. Ce circuit en boucle, de Hanoi à Haiphong, en passant par Mai Chau, Son La, Dien Bien Phu, Cha Pa, Bao Ha , Yen Binh, Bac Quang, Quan Ba, Yen Minh, Coc Pan, Cao Bang, Dong Khe, Na Cham, Dong Dang, On, Bac Ninh, et Ha Long m’a permis de visualiser le cadre décrit dans les multiples ouvrages concernant la guerre d’Indochine (de 1945 à 1954).
Assaut sur les Elianes: "Contre le Viet, contre l'ennemi..."
Ce périple « sur les traces de la Légion Étrangère » était aussi l’accomplissement d’une promesse faite à deux anciens képis blancs -à des périodes différentes- si d’aventure j’allais au Viet Nam, je rechercherais les lieux historiques et j’irais aussi me recueillir, en mémoire du sacrifice des dizaines de milliers de soldats tombés pour la défense du drapeau français et des valeurs qui s’y rattachent : courage, fidélité, patrie, famille, honneur, abnégation et ténacité.

À Dien Bien Phu se trouvent d’immenses monuments érigés à la gloire de l’Armée de Libération du Vietminh, commandée par le génial et illustre général GIAP au service de l’Oncle HO ; monuments qui écrasent les visiteurs étrangers par la hauteur de leur suffisance.

Pour ma part j’ai ignoré la propagande marxiste (nous étions selon mon guide, mon épouse et moi, les seuls touristes étrangers à ne pas vouloir visiter le champ de batailles, le musée et le mausolée) et je me suis rendu au monument de l’Armée Française.

L'obélisque érigé grâce à Rolf Rodel
Ce petit obélisque se situe dans le quartier Thanh Truong, près de la reconstruction du tunnel De Castries. Très rares sont les visiteurs qui se recueillent là, dans ce carré chargé de symboles, de sang et de sacrifices, d’explosions et d’exploits, de victoires et d’humiliations.

Ce monument a été érigé grâce à l’obstination de Rolf RODEL, sous-officier de la Légion et ancien combattant du Front de l’Est. En effet selon certaines sources, la Légion Étrangère avait enrôlé 35.000 soldats allemands issus des camps de prisonniers, au lendemain de l’armistice, dont plusieurs dizaines de sous-officiers et certains officiers, très compétents et efficaces, pour un engagement de 5 ans. Partout ailleurs au Tonkin, à Lao Kay ou à Lay Chau, à Ha Giang ou à Dong Van, à Meo Vac ou à Bao Lac, à Cao Bang ou à Dong Khe, à That Khe, à Lang Son, Dong Trieu ou Haiphong, RIEN !!!

Vae Victis … Mais, « la gloire est le soleil des morts », R.I.P.

Au Tonkin, en novembre 2012, plus aucune trace d’un siècle de présence française. TOUT a été effacé, martelé, éradiqué. Subsistent encore les passerelles volantes au-dessus des rivières, des poteaux en béton portant les câbles électriques, quelques rares maisons coloniales et le chemin de fer qui n’a subi aucune amélioration ni modernisation ces 60 dernières années…¢


Bibliographie : les 170 jours de Diên Biên Phu de Erwan BERGOT.

Croquis du camp retranché de Dien Bien Phu

Ich hatt' einen Kameraden - Légion Etrangère
video
A la Légion et dans les Paras,
on ne pleure pas ses Morts... on les venge !
 

jeudi 21 février 2013

Plus explosive que le Sahel ? La Mer de Chine !

 
Patrick
Weber

Journaliste, chroniqueur et écrivain.

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Vus d’Europe, les conflits qui opposent la Chine à ses voisins, pour quelques cailloux posés au milieu de la mer et le plus souvent totalement inhabités, peuvent paraître futiles. Pour ne pas dire pittoresques. Mais il suffit de se promener dans les rues de Hanoï ou de Tokyo pour se rendre compte que l’affaire est beaucoup plus grave. Nul besoin d’ailleurs d’aller interroger les huiles ou les grands diplomates. Un simple tour dans un bar ou au marché suffit à comprendre à quel point la Chine fait peur.
Chez nous, c’est le dynamisme économique qui inquiète. En Asie, ce sont les bruits de bottes qui font frémir.
Demandez aux Tibétains ce qu’ils en pensent. Tout un peuple sacrifié sur l’autel du sacro-saint pragmatisme économique. Les prostituées prenant d’assaut Lhassa pour tromper l’ennui des bidasses chinois. Toute tentative de révolte écrasée dans le sang. Les moines s’immolant dans l’indifférence générale.
Et les Occidentaux ? Ils ont transformé le Dalaï Lama en idole bobo sans chercher à comprendre la profondeur de son combat. Et en quoi la lutte pour la liberté de penser autrement qu’à travers le prisme de la bourse et du yuan tout puissant nous concerne tous.
Aujourd’hui, le Japon n’est pas seul à s’élever contre les prétentions hégémoniques de la Chine. La plupart des nations du sud-est asiatique s’inscrivent dans le même combat. Et ce n’est même plus une question de chapelle idéologique. Les îles Paracels sont au cœur des luttes entre la Chine communiste et le Viet-Nam, tout aussi communiste. Les héritiers de tonton Mao et de l’Oncle Ho s’affrontent pour quelques îles et surtout, pour des eaux territoriales riches en promesses énergétiques et en ressources de pêche. Des nains comme Taiwan, la Malaisie, les Philippines ou Brunei osent défier le dragon géant chinois. Et l’on voit même des anciens ennemis héréditaires comme le Japon, le Vietnam, la Thaïlande ou la Malaisie se serrer les coudes contre l’ennemi commun.
Avis à tous ceux qui seraient tentés de limiter les futures zones de conflits au Sahel ou au Moyen Orient : il se prépare de solides feux d’artifice du côté de la mer de Chine. Et comme souvent là-bas, la cuisine risque d’être très épicée.
Patrick Weber, le 20 février 2013

vendredi 31 août 2012

Un think tank américain élabore des projets d’escalade militaire contre la Chine

par Peter Symonds pour WSWS

Une publication du groupe de réflexion de Washington, Center for Strategic and International Studies (CSIS, Centre d’études stratégiques et internationales) intitulé « Stratégie de positionnement de la force armée américaine dans la région Asie-Pacifique: un évaluation indépendante », fournit au gouvernement Obama ce qui revient à être un plan directeur pour des préparatifs militaires en vue d’un conflit avec la Chine.
Bien que le CSIS soit un organisme non gouvernemental, son évaluation a été commanditée par le ministère de la Défense, ainsi que l’exige la Loi d’autorisation de la Défense nationale de 2012, donnant un statut semi-officiel à ses conclusions et ses propositions. Cette publication a impliqué des discussions approfondies avec le personnel militaire américain haut placé du Commandement du Pacifique au Pentagone. Le rapport du CSIS a été remis au Pentagone le 27 juin mais n’a eu de couverture médiatique qu’après que ses principaux auteurs, David Berteau et Michael Green, ont témoigné le 1er août devant le Comité des forces armées de Etats-Unis.
Le rapport a fait grand bruit dans les médias australiens qui ont fait d’une de ses propositions les gros titres des journaux, celle de faire une base d’opération avancée d’un groupement tactique de porte-avions américain à HMAS Stirling, une base navale d’Australie occidentale. Si cela était mis en pratique, la recommandation transformerait la base et la ville voisine de Perth en une cible potentielle de missiles nucléaires russes et chinois. La proposition sert à souligner les implications immenses de l’évaluation du CSIS qui est en droite ligne avec le « pivot » conflictuel du gouvernement Obama envers l’Asie et visant la Chine.
L’évaluation du CSIS déclare que l’objectif géostratégique américain sous-jacent dans la région Asie-Pacifique est d’empêcher « la montée de tout Etat hégémonique dans la région qui pourrait représenter une menace pour les intérêts américains en cherchant à en obstruer l’accès aux Etats-Unis ou à dominer le domaine maritime. A partir de cette perspective, le problème le plus significatif pour les Etats-Unis aujourd’hui en Asie est la puissance montante de la Chine, son influence et ses espérances de prééminence régionale. » en d’autres termes, l’hégémonie dominante des Etats-Unis dans la région doit continuer.

Le document reconnaît que la stratégie militaire est liée aux impératifs économiques. Il identifie « les accords commerciaux tels le Partenariat Transpacifique (PTP) et l’Accord de libre commerce USA-Corée » comme étant cruciaux à « une architecture transpacifique durable qui soutienne l’accès des Etats-Unis à la région et son influence dans cette région. » Bien qu’il déclare que les Etats-Unis « doivent intégrer chacun de ces instruments de puissance nationale et ne pas compter excessivement sur les capacités militaires des Etats-Unis », c’est précisément le déclin économique relatif des Etats-Unis qui motive le recours à la puissance militaire pour maintenir sa domination en Asie, tout comme au Moyen-Orient.
Ayant identifié la Chine comme principal rival potentiel, le rapport exclut toute répétition de la stratégie américaine d’endiguement utilisée pour isoler l’Union soviétique durant la Guerre froide, ce qui indique la dépendance économique des Etats-Unis par rapport à la Chine. Il est significatif que les auteurs rejettent un accord de partage du pouvoir avec la Chine, ou pour reprendre les termes du comité des forces armées, « un condominium bipolaire qui reconnaisse les intérêts essentiels de Beijing et divise implicitement la région. » Cette dernière conception, sous une forme ou une autre, est promue par quelques analystes stratégiques aux Etats-Unis et en Australie comme étant l’unique moyen d’empêcher une guerre. Le rapport du CSIS rejette tout retrait d’Asie des Etats-Unis, qui équivaudrait dans les faits à céder la région à la Chine.
Ayant exclu toutes les alternatives pacifiques, la publication du CSIS définit une stratégie militaire. Les auteurs ne prônent pas ouvertement une guerre avec la Chine, déclarant que « les conséquences d’un conflit avec cette nation sont presque impensables et il faut faire plus que tout son possible pour les éviter tout en respectant les intérêts des Etats-Unis. » Mais les auteurs n’excluent pas la possibilité d’un conflit dans le cas où les intérêts américains sont menacés, et ajoutent que la capacité à « maintenir une paix favorable » dépend de la perception que les Etats-Unis sont capables de sortir vainqueurs en cas de conflit. « Le positionnement de la force armée américaine doit démontrer sa volonté et sa capacité à se battre et à gagner, même dans les circonstances plus difficiles associées à A2D2 [stratégie d'interdiction d'accès à la région] et autres menaces à l’encontre des opérations militaires américaines dans le Pacifique occidental », déclare le rapport.
Ainsi au nom de la paix, les Etats-Unis préparent une guerre catastrophique avec la Chine. Les planificateurs stratégiques américains sont particulièrement préoccupés par les capacités militaires chinoises appelées A2AD, développement de sous-marins, missiles et avions de combat sophistiqués capables de poser un danger pour la marine américaine dans le Pacifique occidental. Bien que, comme ils en ont l’habitude, les Etats-Unis présentent de telles armes comme représentant « une menace » pour leur armée, en réalité la Chine riposte de façon défensive à la présence d’une puissance navale américaine écrasante dans les eaux proches de son territoire. La prépondérance navale américaine en Mer de Chine orientale, Mer de Chine méridionale et les points « d’étranglement » tel le détroit de Malacca, menace les voies maritimes en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique dont la Chine dépend pour son approvisionnement en énergie et matières premières.

Le rapport du CSIS approuve le repositionnement et le renforcement des forces militaires américaines dans le Pacifique occidental qui se sont accélérés sous le « rééquilibrage » vers l’Asie du gouvernement Obama. Cela comprend :
  • la consolidation des bases américaines, des troupes et des atouts militaires au Japon et en Corée;
  • le développement des forces américaines sur l’île de Guam et sur les îles Mariannes du nord, situées stratégiquement dans le Pacifique occidental;
  • le stationnement à Singapour de navires de combat de littoral, navires de guerre relativement petits, rapides et flexibles capable de récolter des informations, de faire des opérations spéciales et de déposer sur terre des soldats avec des véhicules armés;
  • la possibilité de faire un plus grand usage des bases aériennes et navales australiennes et de positionner 2 500 Marines dans la ville septentrionale de Darwin.
De plus, la publication confirme que les USA ont eu des discussions avec la Thaïlande, les Philippines et le Vietnam sur une possibilité d’accès aux bases et d’entraînement commun.
Le document examine aussi les efforts américains pour renforcer les liens militaires dans toute l’Asie, de l’Inde, Bangladesh et Sri Lanka jusqu’en Birmanie, Indonésie et Nouvelle Zélande, ainsi qu’avec ses alliés officiels.
Il est significatif qu’en classant les éventualités militaires par degré d’intensité, le document identifie l’Australie, le Japon et la Corée du Sud comme des alliés cruciaux « dans le spectre plus élevé d’intensité », à savoir un conflit militaire avec la Chine, « avec d’autres alliés et partenaires dans le spectre de moindre intensité. »
Bien qu’elle traite de façon large de toutes les contingences, l’évaluation du CSIS se concentre en premier lieu sur « la haute intensité. » Ses recommandations impliquent un développement plus important des accords militaires avec la Corée du sud, le Japon et l’Australie et qu’entre ces alliés eux-mêmes.
Elle recommande l’application des derniers accords militaires en date avec le Japon et la Corée du sud. Pour ce qui est du Japon, le document insiste sur la signification stratégique d’Okinawa. Okinawa est « centralement situé » entre l’Asie du nord-est et l’Asie du sud-est maritime, et est « positionné pour combattre tactiquement à l’intérieur de l’enveloppe A2AD dans les scénarios de haute intensité », autrement dit Okinawa est d’une importance cruciale dans toute guerre avec la Chine. Le gouvernement Obama s’est opposé de façon intransigeante aux appels du Japon à délocaliser la base navale américaine de Futenma au large d’Okinawa.

Le document du CSIS n’est pas la politique officielle du gouvernement Obama : ses conclusions sont présentées comme des recommandations. Il envisage tous les scénarios, dont celui de maintenir le statu quo et de diminuer les forces américaines de la région Asie-Pacifique, mais n’est favorable à aucun des deux. Cependant l’aspect le plus menaçant du rapport traite d’une liste substantielle de mesures qui pourraient être prises pour renforcer de façon marquée l’armée américaine dans toute cette région.
En plus de baser un porte-avion nucléaire américain en Australie occidentale, on compte parmi ces mesures les suivantes :
  • doubler le nombre de sous-marins d’attaque nucléaire basés sur Guam;
  • déployer des navires de combat en zone littorale en Corée du sud;
  • doubler la taille des forces amphibiennes à Hawaï;
  • baser de façon permanente un escadron de chasseurs-bombardiers sur Guam;
  • renforcer les équipements de surveillance avec ou sans personnel en Australie ou Guam;
  • optimiser les défenses antimissiles au Japon, en Corée du sud et Guam;
  • consolider les forces terrestres américaines.
Tout en recommandant que ces options soient envisagées, le CSIS appelle spécifiquement à ce que davantage de sous-marins d’attaque soient placés sur Guam, c’est à dire à distance de frappe aisée des voies maritimes et des bases navales chinoises.
Chacune de ces mesures ne fera qu’accroître les tensions avec la Chine et le danger d’une course aux armements et d’un conflit dans la région Asie-Pacifique.
L’évaluation du CSIS indique des poudrières potentielles, de la péninsule coréenne et du détroit de Taïwan à la Mer de Chine méridionale et aux frontières contestées entre l’Inde et la Chine. Le rapport représente clairement la façon de penser plus large au sein du gouvernement Obama et des cercles militaires et du renseignement américains les plus élevés qui préparent et planifient de façon téméraire une guerre avec la Chine.
Peter Symonds
Article original : US think tank plans military build-up against China

mardi 31 juillet 2012

Vers un conflit armé en Mer de Chine ?

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Les îles Sansha : un enjeu stratégique.
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Michel Garroté La Chine envoie deux garnisons militaires dans les îles Sansha, îles disputées en Mer de Chine : une garnison de son armée de terre et une autre de sa marine.
Ce nouveau déploiement militaire signifie que la Chine exclut désormais le dialogue et envisage une résolution militaire du litige. La Chine refuse de reconnaître les revendications de souveraineté sur les îles Sansha, revendications formulées par le Viêt-Nam et par les Philippines.
L’envoi de deux garnisons militaires dans les îles Sansha constitue la troisième plus grande concentration militaire chinoise, après son déploiement de troupes à la frontière avec l’Inde et son déploiement naval dans le détroit près de Taïwan.
L’envoi de garnisons militaires dans les îles Sansha relance, en Inde et aux Etats-Unis, les spéculations sur un conflit armé en Mer de Chine.
Michel Garroté
Rédacteur en chef
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