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lundi 9 octobre 2017

ROHINGYAS : IDÉOLOGIES ET APPROCHE VICTIMAIRE

L'ennui avec une idéologie, quelle qu'elle soit, c'est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu'il n'y avait que deux idéologies, l'idéologie bourgeoise ou l'idéologie socialiste[1]. En cela, comme sur d'autres points d'ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l'idéologie de l'islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l'islam serait le communisme du XXe siècle[2]. Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L'actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l'illustrer, nous nous pencherons sur ce qu'il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l'ancienne Birmanie.
Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois une minorité dont il ignorait jusqu'à lors l'existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui compose le Myanmar, à côté de la majorité birmane bouddhiste. Malheureusement, le public découvre le conflit Rohingyas/Birmans viaar les informations qui lui sont données de façon tronquée ; l'explication livrée est en effet monocausale. Rien n'est plus dangereux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais implantés sur le territoire de l'actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Londres ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l'indépendance birmane, cette minorité n'a jamais été considérée par les habitants de ce pays comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». 
Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux - pas loin de 130[3] - qui ne sont pas toujours en sympathie avec le pouvoir central de Naypyidaw[4]. En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins et les Karens, de nombreux conflits ont émaillé les rapports entre le pouvoir central et les ethnies péripéhriques depuis l'indépendance en janvier 1948 et surtout sous la junte militaire qui dirigea le pays de 1962 et 2011 et qui le contrôle encore en grande parite aujourd'hui.

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays - ils n'ont pas le droit de sortir de leur Etat, n'ont pas de papiers d'identité -, ils n'ont pas le statut de citoyens mais celui d'« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile  comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées.

Géographiquement, les Rohingyas sont regroupés à l'ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le nord de la province de l'Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités de cette province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires.

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu'ils sont musulmans. C'est là qu'intervient l'approche idéologique du conflit, que les faits sont travestis et que s'ouvre le Storytelling. Alors que l'on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux ("gentils musulmans" contre "méchants bouddhistes"), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l'islam n'est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. 
En effet, il y a d'autres fortes minorités musulmanes au Myanmar, d'origine indienne ou chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes n'ont aucun souci d'intégration et qu'elles ne font pas l'objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population, qu'il n'y a pas de conflit entre elles et les bouddhistes. 
Ainsi, présenter ce qui s'y passe sous l'angle d'une minorité musulmane opprimée du fait seul qu'elle professe l'islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes.

L'intérêt des islamistes...

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu'ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d'Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). 
Par la mise en avant de cette posture victimaire, les musulmans n'apparaissent plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l'opinion et exonère de toute analyse[5], tant l'émotion tue la raison. 

De plus, en appeler à l'action des musulmans du monde contre les responsables birmans, permet à ces idéologues non seulement de permettre l'ouverture d'un nouveau foyer-creuset pour combattants jihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (l'oumma) face à l'ennemi impie en une cause transnationale et globale.
Soulignons que dans ce conflit, les vicitmes n'appartiennent pas à un seul camp. Les Rohingyas tuent et détruisent eux aussi, avec autant de sauvagerie, de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu'il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n'est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l'Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des jihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al-Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l'ISI (les services secrets pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l'Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu'ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

... et celui des mondialistes

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l'Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. 
Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers, notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc. En effet, on constate que le groupe Total, présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l'hommistes » étant d'accuser le groupe français de "collusion avec le régime birman sanguinaire" et ainsi d'évincer Total de sa licence d'exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %[6]), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents[7].

Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, soutien majeur du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu'un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l'Arakan) ; un pipe-line financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d'acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipe-line endommagé et/ou rendu inopérant, et un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République populaire de Chine[8].
           
Ces deux types d'idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu'applaudir si ce n'est pousser à la mise en avant de ce conflit, car pour l'un, il mobilise au niveau mondial non seulement l'oumma, mais la tendance islamiste radicale et jihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ;  et pour l'autre, il permet d'avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d'organisations relais aux intentions « humanistes » qu'ils financent et qu'ils manipulent[9].

Jusqu'à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd'hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l'ancienne égérie des mondialistes - coqueluche des droits de l'hommistes, enfant chérie de l'hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix - qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88% de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l'importance de Pékin et de l'aspect vital du pipe-line chinois. Elle mesure également l'influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu'ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation philanthropique Buddha Dhammadirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son image d'icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. 
Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu'ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu'à l'extérieur du pays, par des idéologues islamistes et mondialistes.

Philippe Raggi Cf2R

  • [1] Les Origines intellectuelles du léninisme, Calmann-Lévy, 1977.
  • [2] Sociologie du communisme, échec d'une tentative religieuse au XXe siècle, Paris, Libres-Hallier, 1979.
  • [3] Officiellement, il y a 135 ethnies au Myanmar.
  • [4] Nom de la nouvelle captiale politique et administrative du pays. L'ancienne capitale, Rangoun demeure néanmoins la capitale économique.
  • [5] On lira avec intérêt le livre de François Thual, Les conflicts identitaires, Ellipses, 1995.
  • [6] http://www.total.com/fr/medias/actualite/communiques/myanmar-total-met-en-production-le-projet-gazier-badamyar?xtmc=exploration%20production%20myanmar&xtnp=1&xtcr=3
  • [7] Cf. l'étude faite par Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement(CF2R), sur le sujet de ces ONG en Birmanie (http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece.php)
  • [8] Le pipe-line pourra approvisionner en pétrole brut la République populaire de Chine à hauteur de 6% du total de ses importations. Le transport de gaz est, lui, déjà opérationnel. (https://www.ft.com/content/21d5f650-1e6a-11e7-a454-ab04428977f9 )
  • [9] Cette instrumentalisation d'idiots utiles en arrive à un tel point que l'on devrait requalifier certaines ONG en « GONG », des Governemental ONG, comme le dirait Eric Denécé.
     

mardi 7 mai 2013

Plus de mondialisation, moins de pauvreté

Le taux de pauvreté extrême a été divisé par deux en vingt ans grâce, non pas aux socialistes du monde entier et autre beaux parleurs impuissants, mais grâce à la mondialisation, l’économie de marché, l’emploi privé, et la libéralisation des échanges. Par Pierre-Antoine Delhommais pour Le Point.
Le grand miracle de l’économie mondiale se poursuit. C’est forcément un peu difficile à concevoir quand on vit dans la seule région de la planète en récession ; ça l’est encore plus quand on habite une France qui voit le ciel lui tomber sur la tête, où la crise morale vient s’ajouter à la crise économique et financière en attendant qu’éclatent la révolte fiscale et la colère sociale. Mais, oui, le grand miracle de l’économie mondiale se poursuit. Sans l’Europe et sans la France, certes, mais il se poursuit. Jamais depuis la naissance de l’humanité, pour employer des grands mots, la machine économique mondiale n’a aussi bien tourné qu’en ce moment. Jamais la mission première qu’on lui fixe, à savoir améliorer le bien-être sur terre, n’a été aussi bien remplie qu’aujourd’hui.
En 2000, à New York, 193 États et 23 organisations internationales avaient défini et adopté huit grands objectifs économiques, sociaux et planétaires, pompeusement dénommés Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Au premier rang d’entre eux figurait celui de diviser par deux, entre 1990 et 2015, le taux de pauvreté extrême dans le monde. A l’époque, personne n’envisageait sérieusement qu’il pourrait être atteint.
Mais c’est avec cinq ans d’avance qu’il l’a été. Au milieu du tintamarre provoqué par l’affaire Cahuzac, personne n’a prêté attention à cette annonce faite début avril par le patron de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. En 1990, 43 % des habitants de la planète vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour. En 2010, ils n’étaient plus que 21 %. En vingt ans, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est tombé de 1,9 milliard à 1,3 milliard alors que la population mondiale bondissait dans le même temps de 5,3 à 6,9 milliards.
Bien sûr, on peut toujours faire la fine bouche. Signaler par exemple qu’en prenant un seuil à 2 dollars par jour, on compte toujours près de 2,5 milliards de personnes absolument pauvres, soit 43 % de la population de la planète. Souligner aussi que la baisse de la pauvreté est en trompe-l’oeil, puisqu’elle est surtout le fait de l’Asie du Sud, et en particulier de la Chine (où le taux est passé de 60 % en 1990 à un peu plus de 10 % aujourd’hui). Indiquer enfin que, malgré cet enrichissement monétaire, 870 millions de personnes souffrent de la faim et 6,9 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année.
Tout cela est vrai, affreusement vrai, mais n’enlève rien au caractère enthousiasmant de la nouvelle : malgré la crise économique gravissime qu’a connue l’Occident, la misère a plus reculé sur terre en une génération qu’au cours des deux millénaires précédents. Mieux, cette évolution monétaire s’est accompagnée de progrès sociaux jamais vus. La proportion d’enfants de moins de 5 ans en insuffisance pondérale est passée de 29 % en 1990 à 18 %. Durant la dernière décennie, 8 millions de personnes atteintes du sida ont été soignées aux antirétroviraux et le nombre total d’enfants non scolarisés a diminué de plus de 40 %. Entre 2004 et 2011, le nombre annuel de décès attribuables au paludisme – qui tue encore un enfant chaque minute en Afrique et ampute le PIB de ce continent de 12 milliards de dollars par an – a chuté de 75 %. De quoi, tout de même, un peu relativiser nos malheurs économiques et la baisse de 0,4 % de notre pouvoir d’achat.
L’autre très bonne nouvelle, c’est que le mouvement de baisse de la pauvreté devrait se poursuivre au cours des prochaines décennies. Et même s’accélérer. M. Kim s’est fixé un nouvel objectif : éradiquer la pauvreté absolue à l’horizon 2030, en ramenant son taux de 21 % actuellement à moins de 3 %.
Les pays en développement ne l’atteindront qu’à trois conditions : 1) une forte croissance économique ; 2) une forte croissance économique ; 3) une forte croissance économique. C’est elle qui, depuis vingt ans, a permis des succès inespérés dans la lutte contre la pauvreté. Le PIB des pays émergents a progressé à un rythme de près de 6 % par an depuis 2000, un rythme que M. Kim espère maintenir et même faire accélérer au cours des prochaines années.
Le plus sûr moyen d’y parvenir, voire le seul : renforcer la mondialisation, développer l’économie de marché, augmenter l’emploi privé, accroître la libéralisation des échanges. Bref, continuer à faire demain ce qui a marché hier. Entre 1958 et 1978, la Chine fermée et planifiée avait connu un taux de croissance annuel moyen de 5,8 %. Depuis 1980 et les premières réformes engagées par Deng Xiaoping pour ouvrir l’économie chinoise sur le reste du monde, ce taux est monté à 9,8 %.
Face aux sornettes décroissantes, face à l’hymne antimondialisation entonné en choeur et à tue-tête par les Le Pen, Mélenchon et Montebourg, il n’est jamais inutile de rappeler la vérité brute des faits économiques. Car, à l’évidence, il est encore plus difficile d’éradiquer la bêtise que d’éradiquer la pauvreté.
Source : http://www.lepoint.fr/editos-du-point/pierre-antoine-delhommais/plus-de-mondialisation-moins-de-pauvres-25-04-2013-1659615_493.php

samedi 27 avril 2013

François, pape du nouvel ordre mondial ?


L’élection du pape François, le 13 mars 2013, est un pas de plus dans l’insertion de l’Église dans les instances mondialistes. Sitôt élu, il a reçu l’hommage des partisans du nouvel ordre mondial et du noachisme (voir notre article :« Connaissez-vous le noachisme ? »). Il est vrai que son action en Argentine a laissé de très bons souvenirs aux partisans d’un monde sans frontières. Ainsi, on peut relever l’engagement du cardinal Bergoglio en faveur de la fête juive« Hanoucca ». Nous pouvons citer aussi la joie de la franc-maçonnerie juive argentine, les B’nai B’rith 1, qui a salué l’élection de cet homme sur la chaire de Saint Pierre.
Lors du concile Vatican II, il a été décidé d’entamer un dialogue et un rapprochement avec le judaïsme, politique renversant complètement l’attitude traditionnelle de l’Église. Celle-ci, jusqu’à Pie XII, a toujours considéré que les portes de la synagogue étaient définitivement fermées depuis l’arrivée du Messie et que les juifs devaient se convertir au catholicisme et reconnaître le Dieu trinitaire. L’adoption du document« Nostra aetate » (« De notre temps ») au début du pontificat de Paul VI a effacé d’un trait de plume l’enseignement bimillénaire de l’Église romaine. Ce changement a fait dire à Gerhart Riegner, secrétaire général du Congrès juif mondial et intervenant de premier plan lors des travaux de Vatican II :« De plus, le cardinal Bea a souligné avec raison que, de tous les textes adoptés par le deuxième concile du Vatican, celui sur les juifs est le seul qui ne contient aucune référence aux enseignements traditionnels de l’Église, qu’ils soient patristiques, conciliaires ou pontificaux. Cela démontre à l’évidence le caractère révolutionnaire de cet acte » 2.
Toute la politique des papes depuis Vatican II s’inscrit dans cette logique révolutionnaire (liberté religieuse, œcuménisme, modification plus que douteuse du rite d’ordination, etc.). Pour parachever cette « œuvre de rénovation », le pape François s’est lancé, un mois après son élection, dans la réforme de la Curie romaine. Pour lui, il s’agit de réorganiser celle-ci afin d’assurer une plus grande collégialité dans le gouvernement de l’Église. Ainsi, les évêques et les cardinaux du monde entier auraient leur mot à dire dans la gestion et la direction de l’Église. En fait, cette réforme de fond consiste à démocratiser la fonction du pape (naturalisme), à diluer son rôle de « vicaire du Christ » dans une forme d’assemblée parlementaire ecclésiastique mondiale.
La fonction surnaturelle du pape, intermédiaire entre le Ciel et les hommes, doit disparaître. C’est le même raisonnement qui a prévalu au cours de la Révolution française avec l’abolition du titre de « roi de France ». Le monarque, à l’origine « lieutenant du Christ » et intermédiaire entre le Christ « vrai roi de France » et son peuple, selon l’heureuse formule de Sainte Jeanne d’Arc (triple donation du 21 juin 1429 qui résume la science politique française), a vu son titre désacralisé et modifié en « roi des Français ». Comme pour la France et maintenant pour l’Église, nous assistons à une disparition des intermédiaires, à un effacement du lien surnaturel avec le Ciel. Cette évolution correspond exactement à la politique du noachisme qui consiste, selon les préceptes des rabbins talmudiques, à favoriser le peuple juif (le peuple prêtre) comme seul intermédiaire entre l’humanité (les Gentils) et le Dieu unique. Dans cette affaire, il ne doit avoir qu’un seul vainqueur et pas de concurrents.
En tout cas, les choses vont bon train dans l’instauration de cette religion universelle. Depuis les années 2000, il s’est mis en place au Kazakhstan un« Congrès des religions mondiales et traditionnelles ». Réunissant toutes les religions dans un bâtiment pyramidal, appelé « Pyramide de la paix », à Astana (l’anagramme n’est pas innocente), le président kazakh s’est plu àoffrir une maquette très représentative de cet état d’esprit à Benoît XVI au cours de son passage au Vatican le 6 novembre 2009. Précisons que le cardinal Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a évoqué « le rôle des religions pour l’unité de la famille humaine » lors du congrès d’Astana en juillet 2009.
Tous ces actes et tous ces propos participent à la tentative de restauration de la tour de Babel. Pareille au premier essai, la punition ne devrait pas tarder.
  1. B’nai B’rith : Cette organisation maçonnique juive signifiant « les Fils de l’Alliance » a été fondée le 13 octobre 1843 à New York, au Café Sinsberner, par 12 Juifs immigrés d’Allemagne in Tribune juive n°997, 13 au 19 novembre 1987, p. 18. 
  2. Gerhart Riegner, « Ne jamais désesperer », Editions Cerf, 1999, p.388-389. 
Ce qui est fascinant chez certains chrétiens « sans peur et sans reproche » quand il s’agit de produire une critique parfois très juste sur la menace de l’idéologie islamique, c’est leur obsolescence programmée lorsqu’il s’agit d’appliquer le même procédé avec une religion que l’Eglise de notre Seigneur a cotoyé cela depuis des siècles et dont elle a su se prémunir tant bien que mal…mais bon heureusement que le Christ ne possédait pas cette couardise lorsqu’il confrontait ceux dont les héritiers suscitent tant l’admiration de ses fidèles de nos jours.

Sinon pour ceux qui cherchent à discréditer Pierre Hillard, ces travaux sur l’UE, la création du bloc transatlantique (dont certains ont découvert l’existence depuis même pas quelques mois) et la fondation Bertelsmann font référence et tûs, tant ils occasionnent une grande peur chez les bienpensants (la même dont nous parlait Bernanos). Son érudition doublée de sa foi en Jésus-Christ lui valent toute ma sympathie et mon respect.
Pour info, le "Pape" François fut de surcroît affilié au club para-maçonnique du Rotary. Le document qui le prouve est dans cet article : http://johanlivernette.wordpress.com/2013/04/02/leglise-conciliaire-ennemi-du-catholicisme-traditionnel/
Il est également l'auteur d'un livre au titre aussi évocateur que catastrophique "Je crois en l'homme" : http://www.amazon.fr/gp/product/images/B00C9VTRDE/ref=dp_image_z_0?ie=UTF8&n=672108031&s=digital-text

Qu'est ce que c'est que ce delire? Monsieur Hillard se prendrait il pour l'esprit saint? Faites donc confiance ! Le pape n'a pas l'air d'un mou. Ou d'un tiede. ..il cite Leon Bloy, parle du Diable, et dit qu'on ne peut trouver Jesus sans passer par l'Eglise. De plus, Il a ecrit: "La crise socio economique et l'augmentation de la pauvrete qui s'en suit,sont provoquees par les politiques inspirees des formes de neoliberalisme qui considerent le profit et la loi du marché comme les parametres absolus, au detriment de la dignite des individus et des peuples."ce n'est pas tres mondialiste!!! L'oecumenisme n'est bon que si le dialogue n'est pas emputé des themes qui font polemique ...mais il faut continuer le dialogue en verite avec toutes les religions.Et a mon avis la curie sera nettoyee de ses mauvais elements.


dimanche 22 avril 2012

Le vent de l'Histoire tourne : L'Argentine prouve qu'il y a une vie après la "mondialisation inévitable" et que l'avenir n'est pas dans la destruction des États.



Le gouvernement argentin vient de décider, ce 16 avril 2012, d’exproprier le groupe espagnol Repsol de sa participation dans la compagnie pétrolière argentine YPF, qui est donc renationalisée.
Cette nouvelle décision fait grimper aux rideaux le gouvernement de Madrid qui y dénonce une attaque contre les « intérêts espagnols ». Mais elle s’inscrit en réalité dans une politique de longue haleine, mise en œuvre depuis dix ans par le président de la République Nestor Kirchner puis par sa femme qui lui a succédé à ce poste.
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L’actuelle présidente argentine Cristina Kirchner
Cette politique « néo-péroniste » est approuvée par une très grande majorité du peuple argentin : elle consiste à rendre à la République argentine sa souveraineté et son indépendance nationales, et sa capacité à assurer la justice sociale entre ses habitants. Ses succès sont remarquables.

RAPPEL DE L’HISTOIRE RÉCENTE DE L’ARGENTINE

Tout au long des années 90, l’Argentine avait appliqué, sous la présidence de Carlos Menem et à la demande du FMI, une politique ultra-libérale de privatisation à outrance de toute son économie.
Cette politique fut assez comparable à celle dont sont actuellement affligés la France et les pays de l’Union européenne, sous les exigences du même FMI et de la Commission européenne. Dans l’Argentine des années 1990, comme dans la France des années 2000-2010, les médias et les politiciens ne cessaient d’expliquer au peuple argentin qu’il était nul, et que son salut collectif ne viendrait que des « réformes indispensables » consistant à vendre à des groupes privés étrangers tout ce qui appartenait au peuple argentin.
Cette ultra-libéralisation de l’économie argentine a certes provoqué l’enrichissement d’une partie de la population pendant quelques années, et surtout une débauche de consommation.
Mais elle a aussi et surtout entraîné une autre partie de la population dans la pauvreté (environ 20% de chômeurs officiels vers 1998) , avant de provoquer une hyper-inflation et une crise économique et financière de très grande ampleur à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
La crise économique et financière culmina en 2001 et conduisit à des décisions historiques : le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement du président Eduardo Duhalde procédait à un gel total des avoirs bancaires et à une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar. La monnaie argentine continua à baisser très rapidement ensuite, jusqu’à perdre près de 50% face au dollar.
Après avoir mis en place un plan économique très volontariste, le président Duhalde convoqua des élections présidentielles anticipées en avril 2003. Ce fut le candidat péroniste de centre gauche Nestor Kirchner qui fut élu, sur un programme de restauration de l’État et de la souveraineté nationale argentine sur son économie.
Nestor Kirchner a été président de la République argentine de 2003 à 2007. Son bilan est historique :
a) envoyant balader les banquiers, il a « renégocié » la dette du pays en 2005 d’une façon expéditive : il a purement et simplement refusé le remboursement de trois quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure !
b) faisant un bras d’honneur au dogme de l’ultra-libéralisme et de la prétendue « mondialisation inévitable », il a :
- gelé les tarifs de l’énergie et des transports,
- taxé très fortement les importations,
- relancé l’activité économique (+ 50 % en cinq ans !) en la soutenant de façon keynésienne par les dépenses publiques,
- provoqué une forte hausse des salaires,
- et engagé un programme tenace de réappropriation par le peuple argentin des grands services publics du pays qui avaient été bradés à des intérêts privés américains ou européens à la demande du FMI :
- novembre 2003 : Renationalisation de la Poste argentine, qui avait été privatisée en 1997.
- janvier 2004 : Renationalisation de la concession de l’espace radioélectrique national, qui avait été attribué au groupe français Thales Spectrum, filiale de Thales (ex-Thomson) en 1997.
- mars 2006 : Renationalisation de la distribution de l’eau potable qui avait été attribuée au groupe français Suez en 1993.
- mars 2007 : Renationalisation du Chantier naval Darsena Norte, privatisé en 1999. Les employés reçoivent 10% des actions, le reste étant contrôlé par l’Etat.
C’est sa propre épouse, Cristina Kirchner qui lui a succédé au poste de présidente de la République le 10 décembre 2007. Réélue il y a quelques mois, en octobre 2011, elle a continué l’impressionnante œuvre libératrice de son mari :
- novembre 2008 : Renationalisation du système de retraites, qui avaient été privatisées en 1994.
- décembre 2008 : Renationalisation des compagnies aériennes Aerolineas Argentinas et Austral, privatisées et acquises en 1990 par la compagnie espagnole Iberia, puis en 2001 par le groupe espagnol Marsans.
- et enfin, ce 16 avril 2012 : Renationalisation majoritaire (à 51%) de la compagnie pétrolière YPF, qui avait été privatisée et cédée à l’Espagnol Repsol en 1992.
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Le président argentin Nestor Kirchner (aujourd’hui décédé) avec le président bolivien Evo Morales (à gauche) et le président vénézuélien Hugo Chavez (à droite)
CONCLUSION
Tout comme les cas islandais ou vénézuélien, la politique économique, financière, sociale et industrielle menée en Argentine depuis 10 ans est soigneusement censurée dans nos médias asservis à l’oligarchie financière et industrielle euro-atlantiste.
Cette censure s’explique : tout ce qu’a décidé le gouvernement de Buenos Aires, avec le soutien massif de sa population, prouve que les dogmes de l’ultra-libéralisme et de la « mondialisation inévitable » sont des mensonges et des politiques insanes, sur lesquelles un peuple peut – et doit – parfaitement revenir.
Après avoir failli être détruite par les tenants de la privatisation de la planète au profit d’une infime minorité, l’Argentine est la preuve vivante que l’avenir n’est pas dans la destruction des États, mais dans leur résurrection.
Je me permets au passage de voir, dans la politique de renaissance argentine, des points de ressemblance frappants avec le programme de renationalisation des services publics essentiels que j’avais présenté le 3 décembre dernier.
Ce n’est pas parce qu’une censure médiatique absolue m’a empêché de soumettre ce programme présidentiel libérateur au vote des Français qu’il a perdu de son intérêt et de sa pertinence. Bien au contraire, l’exemple argentin montre qu’il est plus actuel que jamais et que l’histoire finira, tôt ou tard, par lui donner raison.