vendredi 8 septembre 2017

Djihad mondial

Principaux événements de la semaine
  • Cette semaine, l'État islamique a subi deux revers, qui s'ajoutent à une série d'échecs :
    • L'organisation a été forcée d'accepter un cessez-le-feu avec le Hezbollah, en vertu duquel elle a évacué ses membres des montagnes Qalamoun à l'Ouest (frontière syro-libanaise). Les membres ont été transférés vers l'Est, apparemment vers la ville d'Abu Kamal, qui est contrôlée par l'Etat islamique. Hassan Nasrallah a prononcé un discours de "victoire" dans lequel il a souligné que la sécurité du Liban n'est plus menacée et que c'est un "jour historique pour le Liban, pour la région, pour le Hezbollah et pour l'armée syrienne".
    • La ville de Tal Afar, à l'Ouest de Mossoul, est tombée dans la semaine entre les mains des forces irakiennes et de la "Mobilisation populaire" (milices chiites commanditées par l'Iran) grâce à une planification rigoureuse, à la participation de forces nombreuses à la campagne et à la baisse de moral de l'Etat islamique. Les forces irakiennes sont en train de terminer les opérations de ratissage pour éradiquer l'organisation de la région de Tal Afar, afin de créer une continuité de contrôle le long de la frontière irako-syrienne.
  • Alors que l'Etat islamique fait face à des pressions croissantes en Syrie et en Irak, ses partisans à travers le monde poursuivent leurs efforts pour mener des attaques. Cette semaine, deux attaques à l'arme blanche ont été commises en Belgique, ainsi qu'un attentat suicide dans une mosquée chiite en Afghanistan, et une attaque à l'arme blanche au Daguestan. Les médias de l'organisation ont salué le succès de l'attaque de Barcelone et ont appelé à commettre d'autres attaques contre l'Espagne et à multiplier les attaques contre les pays européens.
L'implication de la Russie en Syrie
  • Le "Forum international militaire et technique 2017" a été organisé à Moscou du 22 au 27 août. De hauts responsables militaires ont fait référence au rôle de la Russie en Syrie :
    • Alexander Novikov, chef du Bureau pour le développement des drones de l'état-major russe, [1] a déclaré au forum que le réseau d'UAVcréé comprend des avions à petite, moyenne et longue portée qui ont effectué 14 000 sorties au cours des combats (TASS, 25 août 2017).
    • Igor Korobov, chef du renseignement de l'armée russe et vice-chef de l'état-major a déclaré que les organisations terroristes luttant en Syrie utilisent des "essaims tactiques" qui effectuent des bombardements et des attaques surprise contre des unités de l'armée syrienne. Les attaques sont menées par de petits groupes bien formés. Il a ajouté que l'utilisation de ces tactiques de combat crée l'effet d'une attaque soutenue, appliquant une pression et démoralisant l'adversaire, bien que celui-ci soit plus important en nombre. Il a souligné que les organisations terroristes sont capables de faire évoluer leurs tactiques de combat, passant d'une technique de guérilla à des attaques frontales et vice versa (TASS, 25 août 2017).
    • Korobov a également déclaré que selon leurs estimations il n'y a pas plus de 9 000 membres de l'Etat islamique en Syrie. Ils sont désormais concentrés principalement dans le Centre de la Syrie et dans les régions de l'Est de l'Irak, principalement le long de l'Euphrate. Selon lui, la direction de l'Etat islamique considèrent la Syrie comme un tremplin pour sa diffusion dans l'ensemble du Moyen-Orient et d'autres régions du monde (Agence de presse Tass, site Internet du ministère russe de la Défense, 25 août 2017). Selon lui, environ 15 000 terroristes du Front Al-Nusra opèrent en Syrie. Par opposition à l'Etat islamique, le Front Al-Nusra cherche à modifier le régime en Syrie et à établir un régime islamique en Syrie (Site Internet du ministère russe de la Défense, 25 août 2017).
    • Sergei Sorovkin, commandant des forces russes en Syrie, a déclaré qu'au cours des trois derniers mois, les organisations terroristes ont perdu plus de 8 000 hommes et une grande quantité d'armes. Il a ajouté qu'en trois jours, l'armée de l'air russe a détruit 415 installations terroristes en Syrie et a réalisé plus de 160 sorties [2] (TASS, 25 août 2017).
    • Le chef de la direction opérationnelle de l'état-major russe Sergei Rudskoy a déclaré à la conférence que, depuis le début des activités de la Russie en Syrie, l'armée de l'air russe a réalisé plus de 28 000 sorties et environ 90 000 frappes aériennes. Rudskoy a souligné que la campagne militaire russe a porté un coup dur au dispositif logistique des organisations terroristes en Syrie. Les routes d'accès des combattants et les mouvements d'armes ont été bloqués et le soutien économique des organisations terroristes lié à la vente illicite de biens et des installations terroristes vitales ont été endommagés (TASS, 25 août 2017).
Réunions de promotion de la réconciliation dans les zones de désescalade
  • Le 26 août 2017, une réunion a eu lieu à Deraa, organisée par le Centre russe pour la réconciliation syrienne dans les zones de désescalade, en présence de représentants du régime syrien, des organisations rebelles, de responsables locaux (y compris des territoires occupés par les insurgés) et de gouverneurs des provinces de Deraa, Quneitra et Suwayda, concernées par les zones de désescalade. Diverses questions ont été soulevées au cours de l'entretien, telles que la promotion de la réconciliation nationale, l'aide humanitaire, la coopération souhaitée de la population, et la restauration du statu quo ante. Le gouverneur de la province de Deraa Khaled Al-Hanous et un représentant du Centre pour la réconciliation entre les belligérants ont déclaré que la réunion a été un succès. La réunion a également accueilli une conférence vidéo avec de hauts dirigeants des organisations rebelles dans le Sud de la Syrie (Russie 24, site Internet de l'Etoile rouge, Al Watan, 26 août 2017).

Principaux développements en Syrie
La campagne de reprise d'Al-Raqqah
  • De violents combats ont été signalés à Al-Raqqah, sans aucun changement significatif sur le terrain. Novruz Ahmed, une combattante kurde, a déclaré dans une interview (Reuters, 28 août 2017)
  • Il est impossible de prévoir la date exacte de fin des hostilités. Cependant, les Kurdes/FDS s'attendent à ce que les combats ne durent pas plus de deux mois. Elle croit qu'il y a environ 700 à 1 000 membres de l'Etat islamique à Al-Raqqah, principalement dans le centre-ville. Les FDS ont encerclé les membres de l'Etat islamique et ont pris le contrôle de 60 % de la ville.
  • Environ 15 000 combattants des FDS prennent part à la campagne de reprise d'Al-Raqqah. Le nombre de civils dans la ville est estimé à environ 5 000 - 10000, y compris les familles des membres de l'Etat islamique. Elle a précisé que l'organisation se battra jusqu'à la fin. De nombreux membres de l'Etat islamique restés à Al-Raqqah viennent de l'étranger et sont exploités pour mener des attentats suicide. Les forces des FDS et leurs alliés ont mis en place un "conseil civil" pour gérer les affaires d'Al-Raqqah après la défaite de l'Etat islamique. Elle a ajouté que les FDS n'ont pas l'intention de rester dans Al-Raqqah après sa libération, à moins d'y être invitées.
  • Les FDS ne prévoient pas d'avancer vers la région de Deir Ez-zor puisque l'ensemble de leurs ressources est consacrée à la lutte pour Al-Raqqah. Elle a ajouté que les FDS ont été appelés à libérer Deir Ez-zor et que ces demandes sont toujours en cours d'examen.

Attaque de l'Etat islamique contre l'armée syrienne qui avance le long de l'Euphrate
  • L'Etat islamique a lancé une attaque cette semaine, destinée à ralentir la progression de la force syrienne vers Deir Ez-zor le long de l'Euphrate (le long de la route 4). Le 24 août 2017, l'organisation a annoncé avoir repris plus de sept villages de l'armée syrienne au Sud-Est d'Al-Raqqah. Parmi les villages repris se trouve le village de Ghanim al-A'li près de la route 4, qui conduit d'Al-Raqqah vers Deir Ez-zor (voir carte). Selon l'annonce, quelque 27 soldats syriens ont été tués dans l'attaque de l'Etat islamique. Les membres de l'Etat islamique sont arrivés dans la région dans des véhicules tout terrain, certains équipés de mitrailleuses. Une des photos montre également un char de l'Etat islamique (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017). Il a été signalé que les forces syriennes se replient vers la zone au Sud d'Al-Resafa (Khatwa, 24 août 2017).
  • Au cours des affrontements, un terroriste suicide de l'Etat islamique appelé Abu Raji Al-Julani a fait exploser une voiture piégée à un centre de rassemblement de l'armée syrienne à la périphérie du village de Ghanim al-A'li. En conséquence, 58 soldats syriens ont perdu la vie et plusieurs véhicules ont été détruits. Des membres de l'Etat islamique ont saisi des armes et munitions (Akhbar Al-Muslimeen, 24 août 2017). Dans l'une des photos, on aperçoit le terroriste suicide, un jeune homme âgé d'une vingtaine d'années, s'appuyant sur des béquilles près d'un véhicule tout terrain revêtu de plaques d'acier, utilisé dans l'attaque (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017).

Attaque de l'Etat islamique sur des positions de l'armée syrienne et des milices chiites au barrage d'Al-Wa'er, à l'Ouest d'Abu Kamal
  • Le 23 août 2017, des combattants de l'Etat islamique ont attaqué des positions de l'armée syrienne et des milices chiites[3] à Wadi Al-Wa'er, à 106 km à l'Ouest de la ville d'Abu Kamal (qui est sous contrôle de l'Etat islamique). Une trentaine de combattants de l'Etat islamique ont pris part à l'attaque, arrivant dans les véhicules protégés par des plaques de métal (Akhbar Al-Muslimeen, 24 août 2017). Vingt soldats des forces syriennes ont été tués et des dizaines ont été blessés. En outre cinq véhicules militaires ont été détruits, ainsi qu'un lance-roquettes (Aamaq Qasioun, 23 août 2017).
L'accord de cessez-le-feu dans la lutte contre l'Etat islamique à l'Ouest de Qalamoun
  • L'armée libanaise, l'armée syrienne et le Hezbollah ont annoncé qu'un cessez-le-feu a été conclu avec l'Etat islamique et doit entrer en vigueur le 27 août 2017. Selon l'annonce, il s'agit d'un "accord global" censé mettre un terme à la campagne dans l'Ouest des montagnes de Qalamoun. L'accord découle des réalisations de l'armée libanaise, de l'armée syrienne et du Hezbollah, qui ont obligé l'Etat islamique à accepter d'évacuer ses combattants de la frontière syro-libanaise et à les transférer vers la ville d'Abu-Kamal dans l'Est de la Syrie.
  • Ci-après les principaux points de l'accord (Al Manar, Al Mayadeen, Al Nashra, centre d'information du Hezbollah) :
    • L'accord de cessez-le-feu entrera en vigueur à compter du 27 août à 7h heure locale.
    • Les membres de l'Etat islamique rendront leurs armes et seront transférés vers la ville de Deir ez-Zor. Un convoi est censé les transférer vers la ville d'Abu Kamal.
    • L'Etat islamique remettra au Hezbollah les corps de quatre combattants, qui ont été tués dans les batailles de Qalamoun et les corps de deux combattants tués dans les combats dans le désert de Syrie (dans la région de Palmyre). L'organisation informera l'armée libanaise du sort de neuf soldats libanais kidnappés en 2014. [4]
    • L'Etat islamique remettra au Hezbollah un soldat qui avait été fait prisonnier dans les batailles dans le désert de Syrie (région de Palmyre).
  • Le 27 août 2017, le processus de mise en œuvre de l'accord a débuté. Ci-après les principaux développements à ce jour :
    • Le 28 août 2017, l'évacuation des membres de l'Etat islamique et de leur famille de la zone à la frontière entre la Syrie et le Liban a commencé. Ils ont été transférés vers l'Est de la Syrie par des autobus suivis d'ambulances et accompagnés de soldats de l'armée syrienne. Des combattants du Hezbollah ont saisi les positions abandonnées par l'Etat islamique et ont organisé un "défilé de victoire" sur le mont Halima Qarah à l'Ouest de Qalamoun. Les combattants du Hezbollah ont été vus saluant et brandissant les drapeaux du Hezbollah, de la Syrie et du Liban (Reuters, 28 août 2017).
    • Le 27 août 2017, l'armée libanaise à Wadi Al-Dubb, à environ sept kilomètres au Sud d'Aarsal, a annoncé que les corps de huit soldats enlevés par l'Etat islamique ont été découverts. Les corps ont été transférés à un hôpital militaire pour des tests ADN (Site Internet de l'armée libanaise, 27 août 2017). Plus tôt, le 27 août 2017, le Hezbollah a annoncé avoir transmis aux autorités libanaises des informations sur l'emplacement des corps des membres des forces de sécurité libanaises (Compte Twitter, 27 août 2017).

Discours de "victoire" de Hassan Nasrallah
  • Le 28 août 2017, Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a prononcé un "discours de victoire" suite aux accomplissements dans les montagnes de Qalamoun. Dans son discours, il a fait référence aux dirigeants libanais et aux partis qui avaient critiqué l'implication du Hezbollah dans les combats. Nasrallah a souligné une partie des clauses de l'accord avec l'Etat islamique, précisant que la principale réalisation a été le retrait des terroristes hors des montagnes de Qalamoun. Il a déclaré que 670 personnes avaient été évacuées de la zone, dont 331 civils, 26 blessés et 308 membres armés de l'Etat islamique.
  • Hassan Nasrallah a qualifié le retrait des membres de l'Etat islamique de la frontière libano-syrienne de "deuxième libération" (la "première libération" étant le retrait d'Israël de la zone de sécurité le 25 mai 2000). Selon lui, la "deuxième libération", qui a débuté le 28 août 2017, est un "jour historique pour le Liban, la région, le Hezbollah, l'armée libanaise et l'armée syrienne". Nasrallah a appelé le peuple libanais et les hommes du Hezbollah à célébrer cette journée. Il a précisé que les membres de l'Etat islamique avaient occupé une large bande le long de la frontière montagneuse et faisaient peser une menace à la sécurité du Liban puisqu'ils avaient prévu de lancer des attaques sur son sol. Selon lui, il n'y a désormais "plus de membres de l'Etat islamique ni du Front Al-Nusra au sein du territoire libanais" (Al Manar, 28 août 2017).
Le bassin du Yarmouk (Sud du plateau du Golan)
  • Plusieurs factions de l'Armée syrienne libre ont annoncé le 28 août 2017 le lancement d'une nouvelle campagne contre l'Armée de Khalid Bin Walid (affiliée à l'Etat islamique) dans le bassin du Yarmouk. Dans les affrontements entre les deux parties, sept combattants de l'Armée syrienne libre ont été tués (Dimashq al-Aan, Réseau Al-cham, 28 août 2017).
  • Le 28 août 2017, l'Armée Khalid Bin Walid a annoncé que ses forces avaient été attaquées par des organisations rebelles. Selon le groupe, les forces rebelles ont tenté d'avancer vers ses positions dans les villes de Jillen et Adawan (voir carte). Dans une autre annonce, l'agence de presse Aamaq de l'Etat islamique a annoncé que les forces rebelles ont subi 19 morts dans les affrontements et que deux de leurs chars ont été touchés (Twitter, 28 août 2017).
Principaux développements en Irak
Annonce irakienne au sujet de la fin de la reprise de Tel- Afar
  • Le 27 août 2017 le général Abdel Amir Yarallah, chef de la campagne de Tal Afar, a annoncé la libération complète de la ville et de son district. Dans son annonce, Yarallah a noté que seuls les villages dans le sous-district de Tal Afar, Al-A'yadiya, à 90 km au Nord de Tal Afar, n'ont pas encore été libérés (Al-Sumaria, 27 août 2017). Les membres de l'Etat islamique, des Irakiens et des ressortissants étrangers sont rassemblés dans la région d'Al-Aiacha. Les forces irakiennes et les milices chiites sont impliquées dans des affrontements avec eux. La ville de Tal Afar a été libérée du contrôle de l'Etat islamique en l'espace d'une semaine, apparemment grâce à une planification soignée et à la participation des forces importantes dans l'attaque, disproportionnée par rapport à la taille de la ville. Il est également possible qu'une série de pertes territoriales de l'Etat islamique et l'usure de ses forces aient démoralisé les membres de l'organisation, qui contrairement à Mossoul et Al-Raqqah, n'ont fait preuve d'aucune résistance contre les assaillants.
  • Les médias irakiens couvrant la bataille de Tal Afar a souligné le rôle des milices chiites dans les combats ("Al Hashd Al-Shaabi", la Mobilisation populaire) exploités par l'Iran. Le 27 août 2017, Faleh Al-Fayyad, chef de la "Mobilisation populaire", a annoncé que l'Etat islamique a été défait à Tal Afar et que la Mobilisation populaire a joué un rôle majeur dans cette campagne (Site Internet de la Mobilisation populaire, al-Hashed, 20 août 2017). Selon le site de la "Mobilisation populaire", 16 divisions de l'organisation ont pris part à la bataille de Tal Afar.
  • Le 29 août 2017, le commandement général des peshmergas (les forces du Kurdistan) a annoncé que ses combattants avaient tué 130 membres de l'Etat islamique dans la zone au Nord de Tal Afar. Ces membres avaient fui le district de Tal Afar après la chute de la ville et tentaient de rejoindre la Syrie. Les affrontements entre les peshmergas et l'Etat islamique ont duré trois jours (Al Sumaria, 29 août 2017).
Attaques en Irak
  • Les attaques contre des cibles affiliées au régime Irakien se poursuivent :
    • Le 28 août 2017, la police irakienne a informé qu'un homme a été tué et cinq blessés dans l'explosion d'un engin piégé à Al-Yousufiyah, à environ 18 km au Sud de Bagdad (Al Sumaria, 28 août 2017).
    • Le 28 août 2017, il a été signalé qu'un responsable irakien du ministère de la Justice a été assassiné dans une attaque armée dans l'Ouest de Bagdad (Al-Sumaria, 28 août 2017).
    • Le 28 août 2017, le ministre irakien de l'Intérieur a déclaré que quatre personnes ont été tuées et huit ont été blessées. Parmi les morts figuraient deux gardes de sécurité irakiens. L'attaque a été réalisée à l'aide d'une voiture piégée qui a explosé dans le marché d'Alwah Jamilah, un quartier chiite au Nord-Est de Bagdad (Al Sumaria, 28 août 2017).
Réhabilitation de Mossoul
  • L'unité d'ingénierie de l'armée irakienne a poursuivi ses travaux d'érection d'un pont flottant sur le Tigre afin de relier l'Est de Mossoul avec son côté ouest. Le pont permettra aux véhicules civils et militaires de traverser le fleuve à proximité du pont d'Al-Hariya, qui a été détruit par l'Etat islamique (Site Internet du ministère irakien de la Défense, 27 août 2017).
  • Le gouvernement Irakien est sur le point de commencer le lancement d'un plan de réinstallation de 690 000 habitants de Mossoul qui ont fui la ville à cause des combats (Al-Aan, 27 août 2017). Selon Lize Grande, coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour l'Irak, l'une des principales stations de pompage d'eau à Mossoul a commencé à re-fonctionner après des travaux de reconstruction qui ont duré deux mois et demi. La station, qui a été endommagée au cours des combats, fournit de l'eau propre pour environ un tiers des résidents de la ville (Rudaw, 22 août 2017).

L'Etat islamique revendique la responsabilité d'attaques dans d'autres pays
Attaque à l'arme blanche en Belgique
  • Le 25 août 2017 un homme armé d'un couteau a crié Allahu Akbar en attaquant une patrouille composée de trois soldats belges. [5] L'attaque s'est produite sur le Boulevard Emile Jacqmain, dans le Centre de Bruxelles. L'agresseur a été tué par l'un des soldats. Deux des soldats ont été légèrement blessés. Son nom est encore inconnu. Il est d'origine somalienne. Il est arrivé en Belgique en 2004 et a obtenu la nationalité belge en 2015. En Février 2017, il a été déclaré coupable relativement à une accusation de voies de fait.
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque. L'organisation a annoncé le 26 août 2017 que "l'auteur de l'attaque à l'arme blanche de Bruxelles est un soldat de l'État islamique. Il a effectué l'attaque en réponse aux appels à attaquer les pays de la coalition internationale" (Compte Twitter, 26 août 2017). Le libellé de cette annonce est typique des revendications des attaques inspirées par l'Etat islamique.[6]
Attaque suicide dans une mosquée chiite en Afghanistan
  • Le 25 août 2017, l'Etat islamique a annoncé que plus de soixante personnes ont été tuées[7] et quarante blessées dans une attaque suicide doublée d'une fusillade. L'attaque a été effectuée par deux terroristes dans la mosquée de l'Imam Zaman à Kaboul en Afghanistan. Les assaillants, Abu Zeid Al-Horasani et Abu Allah Jund l'Ouzbek, ont ouvert le feu sur les fidèles et ont fait exploser leurs ceintures piégées (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017).
Attaque à l'arme blanche au Daghestan
  • Un policier de la police du Daghestan a été tué et un autre blessé le 28 août 2017 lors d'une attaque à l'arme blanche menée par deux terroristes dans la ville de Kaspiysk, à 12 km au Sud-Est de Makhatchkala, la capitale du pays. Les deux terroristes ont été tués par un troisième policier (eNCA, 28 août 2017).
  • Le 28 août 2017, l'Etat islamique a publié des communiqués (similaires) en arabe et en russe déclarant: "Une source sécuritaire a informé l'agence Aamaq : les auteurs de l'attaque à l'arme blanche (dans le texte original : l'attaque avec des couteaux) contre des policiers de la police de Daghestan dans le secteur de Kaspiysk sont des soldats de l'Etat islamique" (Compte Twitter, 28 août 2017).
La guerre de propagande
  • Les média de l'Etat islamique ont fait l'éloge de l'attaque à la voiture bélier de Barcelone et ont menacé l'Espagne et les pays européens en général :
    • L'hebdomadaire Al-Naba' de l'organisation a menacé les pays européens, affirmant que les pays d'Europe paieront un lourd tribut pour leur guerre contre les musulmans. L'Espagne a connu cela dans le passé, mais il semble qu'elle n'a pas appris sa leçon. Les soldats de l'Etat islamique ont frappé le secteur du tourisme en Espagne, ce qui constitue une partie importante de son économie. Les pays européens paient un gros prix pour les attaques contre eux : alerte militaire, resserrement de la sécurité, baisse du tourisme et des revenus commerciaux, état de peur et d'intimidation. Les attaques contre l'Espagne et le reste des pays infidèles continueront aussi longtemps qu'ils sont en guerre avec l'Etat islamique. L'espoir est que les soldats de l'Etat islamique intensifieront leurs attaques dans un proche avenir. Les gouvernements chrétiens ("les Croisés") devraient se préparer à plus de pertes financières et pour plus de dépenses et pertes de vies (Al-Naba', numéro 94, 24 août 2017).
    • Akhbar Al-Muslimeen (28 août 2017), un site Internet associé à l'Etat islamique, a publié un clip provenant du bureau d'information de l'organisation dans la province d'Al-Khayr (Deir ez-Zor). Le clip était intitulé: "La première pluie, le raid sur Barcelone". L'ancien porte-parole de l'Etat islamique Abu Mohammad Al-Adnani y appelle à des attaques contre l'Occident, en donnant la priorité aux civils, car "dans les terres infidèles", personne n'est innocent et personne n'est immunisée. Deux Espagnols apparaissaient dans le clip:
      • Abu Al-Lieth de Cordoue appelle en espagnol les musulmans à commettre le jihad là où qu'ils vivent, s'ils ne peuvent pas migrer vers les Etats de l'Islam. À la fin du clip, il se tourne vers l'Espagne ("les croisés espagnols") et dit : "Nous allons venger la mort de nos martyrs et les crimes que vous commettez contre les musulmans dans l'État islamique" (Akhbar Al-Muslimeen, 28 août 2017).
      • Abu Salman l'andalou, qui parlent espagnol avec un lourd accent arabe, affirme : "Nous prions Allah pour recevoir nos frères qui ont mené le raid sur Barcelone. Notre guerre contre vous continue, ô croisés, jusqu'au jour du jugement". Plus loin dans le clip il dit : "Cessez votre lutte et abandonnez la coalition internationale, sinon nous ne vous permettront pas, si Dieu le veut, de rêver de paix et de sécurité".
[1] Head of the Russian General Staff's Office for UAV development. 
[2] L'organe central du ministère russe de la Défense, Krasnaïa Zvezda, a signalé la semaine dernière que l'armée de l'air russe a détruit plus de 1 000 installations de l'Etat islamique. Les avions russes ont effectué plus de 360 sorties de combat au-dessus de la Syrie. Des Uav ont effectué plus de 140 vols de reconnaissance, au cours desquels ils ont marqué plus de 190 infrastructures terroristes (TASS, 25 août 2017). 
[3] Les combattants chiites qui ont lutté avec l'armée syrienne appartiennent à la Division de l'Alfatmioun. Il s'agit d'une division composée de recrues afghanes exploitées par les gardiens de la Révolution iranienne. L'armée syrienne a salué la contribution de la force dans les combats en Syrie et a fait mention de l'importante contribution des UAV armés des gardiens de la Révolution à guidage de précision qui tirent des missiles antichars (Syria-Victory, 26 août 2017). 
[4] En 2014, l'Etat islamique et le Front Al-Nusra ont enlevé trente soldats libanais à la suite de violents combats autour de la ville d'Aarsal. Seize soldats kidnappés ont été libérés en 2015, quatre ont été exécutés par le Front Al-Nusra, un cinquième est mort de ses blessures. Il reste neuf prisonniers détenus par l'Etat islamique (France 24, 27 août 2017). 
[5] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 15 août 2017 intitulé "Analysis of ISIS’s Claims of Responsibility for Terrorist Attacks Carried Out Abroad", à l'adressehttp://www.terrorism-info.org.il/en/analysis-isiss-claims-responsibility-terrorist-attacks-carried-abroad/ 
[6] Selon une version, il s'agit d'une machette ou d'un couteau utilisé dans l'abattage halal (islamique). 
[7] Selon le ministère de la Santé publique de Kaboul, 28 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées. Selon la Commission indépendante des droits de l'homme, 40 personnes ont été tuées et 90 blessées (Afghanistan Times, 27 août 2017). 

Essentiel : « pourquoi Issa n’est pas Jésus », par l’Abbé Arbez

PUBLIÉ PAR ABBÉ ALAIN ARBEZ LE 7 SEPTEMBRE 2017

Le juif  Jésus (Yeshua) des évangiles n’est pas le Jésus (Issa) du coran et des hadiths. A l’époque du multiculturel et du politiquement correct, il est devenu banal d’entendre affirmer, au nom de la « tolérance », que le christianisme et l’islam, l’un autant que l’autre, vénèrent Jésus!

Qu’il soit appelé Jésus ou Issa ne serait qu’un détail sans conséquence, puisqu’il appartiendrait de droit aux deux religions…
Dans la même perspective, sous l’influence de Massignon et de ses émules, l’appellation de civilisation « abrahamique« , a remplacé ce que précédemment on nommait civilisation judéo-chrétienne! Les journalistes se réfèrent maintenant aux « trois monothéismes« , ce qui permet, au passage, de placer l’islam au même niveau que le judaïsme et le christianisme, laissant croire que la religion de Mahomet (Mohamed) appartient à l’héritage biblique…
Des commentateurs chrétiens n’hésitent pas (par ignorance) à reprendre à leur compte l’expression pourtant spécifiquement islamique de « religions du Livre« , qui désigne juifs et chrétiens considérés avec condescendance par l’ultime « révélation coranique ». Alors qu’en fait ni le judaïsme ni le christianisme ne sont une religion du livre, et que seul l’islam donne littéralement au livre du Coran un statut aussi central et sacralisé. Allah incarné dans un livre qui ignore l’historicité et qui – incréé –  serait hors du temps.
Toutes ces expressions  malencontreuses reflètent une idéologie qui gagne chaque jour du terrain dans les médias et les mentalités, traduisant surtout l’irruption de l’islam en ce début de troisième millénaire. Actualisation du hadith: « l’islam domine, mais n’est pas dominé

Quelle est la logique de ce processus?

L’islam se perçoit comme la religion primordiale. Pour lui, le judaïsme et le christianisme n’en sont que des développements accessoires, et périmés. Les musulmans et eux seuls forment « la meilleure communauté au monde« (3.110)
Car pour le Coran, Abraham (Ibrahim) est le prototype radical du monothéiste, soumis à Allah (3.66), le hânif. Les musulmans et eux seuls sont donc les vrais représentants de cette foi fondamentale d’Abraham dans le monde d’aujourd’hui!
Or la religion de l’Abraham biblique et celle de l’Abraham coranique n’ont pas grand chose de commun. La ressemblance est purement formelle. Si l’Abraham de la Bible est le premier maillon vivant d’une chaîne historique de croyants en la promesse de Dieu, l’Abraham du Coran est un prophète qui proclame une foi intemporelle et abstraiteen l’unicité d’Allah. L’Abraham biblique renonce à sacrifier son fils Isaac, (Ismaël, dans le Coran) car le « Dieu des vivants » a en horreur les sacrifices humains.
Mais la relation à Dieu sous forme d’alliance, c’est à dire de réciprocité vivante etconfiante, si fondamentale chez les juifs et les chrétiens, est absente dans l’islam. L’Abraham du Coran est le premier « soumis » de toute une série de personnages, Adam, Noé, Jésus, etc. Les prophètes du Premier Testament manquent à l’appel, car le sens du mot « prophète » (nabi en hébreu, rasûl en arabe) n’est pas le même en islam.

Le musulman ISSA (=Jésus?)…

Deux sources décrivent le personnage d’IssaJésus musulman : le Coran et les Hadith, les deux ayant autorité  et constituant la sunna, la tradition islamique.
Le Coran donne un bref aperçu de sa vie, tandis que les Hadith (collection de dits du prophète Mohamed) précisent son rôle dans la compréhension islamique des temps à venir.

ISSA dans le Coran:

Selon les sourates qui parlent de lui, Issa est un prophète de l’islam parmi d’autres, mais dont l’envergure est particulière. Son message est purement islamique, en relation avec Allah (3.84). Comme tous les prophètes avant lui, et comme Mohamed après lui, Issa n’a pour seul but que de donner la loi de l’islam, et de ce fait, ses disciples appelés chrétiens devraient s’en remettre à cette seule loi (3.50; 5.48) car, au départ, ils étaient naturellement soumis à Allah en affirmant: « nous sommes croyants« , en d’autres termes: « nous sommes musulmans » (5.111).

Les Livres

Comme tous les prophètes de l’islam avant lui, Issa a reçu sa révélation de l’islam sous la forme d’un livre (6.90), appelé injil , (déformation de: évangile). La Torah était le livre d’Abraham, (!) et le Zabour (psaumes) était le livre de Daoud (David).
C’est pourquoi les juifs et les chrétiens sont appelés les « gens du livre« (ahl al kitab)Mais la seule religion révélée dans tous ces livres, c’est l’islam (3.18).
La révélation donnée à Issa confirme les prophètes qui l’ont précédé (3.49, 84; 5.46; 61.6). Mohamed lui-même, « sceau des prophètes« , a authentifié toutes les révélations antérieures, celle d’Issa incluse (4.47). C’est la raison pour laquelle les musulmans doivent croire dans la révélation que Issa a reçue (1.136) tout en sachant que son livre, injil, a été détourné de sa forme originelle par ses adeptes, et que, de nos jours, seul le Coran est le guide sûr pour accéder à l’enseignement d’Issa!

La biographie coranique de Issa

Selon le Coran, Issa était « Messie« . Il était sous l’influence du Saint Esprit (2.87; 5.110). Il est également présenté comme parole d’Allah (4.171).
La mère de Issa, Mariam, était la fille d’Imram (3.34,35) (cf le Amram de l’Exode) et la sœur d’Aaron et de Moïse (19.28). Elle avait été adoptée par Zakariah (père de Jean-Baptiste) (3.36). Toujours vierge, Mariam donna naissance à Issa, seule dans un lieu désert, non pas à Bethlehem de Judée, mais sous le palmier dattier (19.22s) d’une oasis.
Issa se mit à parler, encore bébé, dans son berceau (3.46; 5.110; 19.30). Il réalisa de nombreux prodiges, comme d’insuffler la vie à des oiseaux d’argile, de guérir les aveugles et les lépreux, de relever des morts (3.49; 5.111). Mais surtout, il annonça la venue de Mohamed (61.6).

Issa n’est pas mort sur une croix

Le Coran rectifie les messages qui l’ont précédé, car « les chrétiens et les juifs ont corrompu leurs Ecritures » (3.74-77; 113). Bien que les chrétiens croient que Jésus est mort en croix, il ne fut en réalité ni tué ni crucifié, et ceux qui affirment la crucifixion sont des menteurs (4.157).
Issa n’est jamais mort, mais a connu une ascension auprès d’Allah (4.158). C’est pourquoi, au jour de la résurrection, Issa en personne portera un témoignage d’accusation contre les juifs et les chrétiens qui ont cru à sa mort en croix (4.159).

Les vrais chrétiens devraient accepter l’islam

De la part des chrétiens et des juifs, il est impardonnable d’ignorer le fait que Mohamed a transmis le Coran comme claire évidence de la révélation d’Allah (98.1). Mohamed était même le cadeau d’Allah aux chrétiens, venu corriger leur mauvaise interprétation et leur déviance. Ils devraient donc accepter Mohamed comme messager d’Allah, et le Coran comme la révélation finale! (5.15; 57.28; 4.47).
Les « vrais » chrétiens étant par définition incapables d’aimer les ennemis de Mohamed (58.22), de ce fait, quiconque s’oppose au message de Mohamed ne peut pas être un vrai chrétien.

Les chrétiens qui refusent ou acceptent l’islam

Quelques juifs et chrétiens sont de vrais croyants, car ils acceptent l’islam, ne parlent ni n’agissent en sa défaveur; mais la plupart, indifférents ou hostiles, sont des transgresseurs (3.109) qui seront châtiés, puisque ceux qui refusent de reconnaître la mission de Mohamed iront en enfer (98.6).
Pour le Coran, il est clair que les musulmans ne devraient « jamais prendre pour amis des juifs ou des chrétiens » (5.51). Ils doivent plutôt les combattre jusqu’à ce qu’ils se soumettent, payent la taxe de dhimmi, et soient humiliés (9.29).
Des centaines de versets coraniques sont de fait consacrés au « jihad dans le sentier d’Allah » (= guerre armée contre les infidèles). On trouve dans ce livre « sacré »  plus fréquemment les termes de combattre et de tuer que le mot prier.
Il existe un Livre du Jihad dans toutes les collections de Hadith, ce qui prouve la centralité de ce thème combattant, assimilé à un 6ème pilier de l’islam pour tout un courant historique.

Les croyances des chrétiens

Il est expressément demandé aux chrétiens de ne pas croire que Issa est le Fils de Dieu. La paternité étant perçue sur le plan purement biologique, la transcendante majesté d’Allah est évidemment incompatible avec le fait d’avoir un « fils » (4.172; 25.2).
Issa n’était simplement qu’une créature humaine, et un serviteur d’Allah. (4.172; 3.59).
Le Coran accuse les chrétiens de blasphémer, parce qu’ils croient en une famille de dieux: Dieu le Père, Marie la mère, et Issa le Fils… Pourtant Issa a rejeté cet enseignement (5.116). La doctrine de la trinité est une mécréance, et une destinée douloureuse attend inévitablement ceux qui y adhèrent (5.73) car le blasphème mérite les plus sévères sanctions. Les « associateurs » auront un châtiment particulièrement sévère en raison de cette impiété impardonnable aux yeux de l’islam (shirk).

Issa (Jésusdans les Hadith:

  • Issa, le destructeur de la chrétienté
La deuxième source officielle de la croyance islamique (aussi importante que le Coran lui-même) considère que le prophète Issa va jouer un rôle important à la fin des temps: il fera la guerre à toutes les religions, jusqu’à leur destruction, démontrant ainsi le triomphe de l’islam…
Dans une tradition, nous lisons que de nouveaux prophètes n’apparaîtront plus sur terre avant que Issa ne revienne, comme un homme de taille moyenne, au teint rougissant, portant deux vêtements légers, des gouttes tombant de sa tête, bien qu’il ne soit pas mouillé. Il combattra pour la cause de l’islam.
Issa « brisera la croix« , « tuera les porcs » et abolira la taxe imposée aux infidèles soumis. Allah détruira alors toutes les religions, à l’exception de l’islam.
Issa fera disparaître la figure du mal, vivra sur terre durant quarante ans et ensuite mourra. (Sunan Abou Daoud, livre 37,4310).
  • Quelle est la signification de ces dits?
La croix est le symbole de la chrétienté: briser la croix veut dire: abolir le christianisme. Dans la culture islamique, les porcs sont associés aux chrétiens, et les singes aux juifs; tuer les porcs est donc une manière d’annoncer leur anéantissement. Le retour d’Issapurifiera le monde de l’impureté que représentent les chrétiens aux yeux des musulmans.
Sous la loi islamique,  payer la taxe de capitation permet de racheter sa survie et ses biens lorsque l’on fait partie des « gens du livre » (9.29). L’abolition de la taxe signifie donc que le jihad a repris contre les juifs et les chrétiens vivant sous l’islam, et que ceux-ci devraient se convertir sous peine de mort ou d’esclavage.
Telle est donc la tâche finale d’assainissement que le musulman Issa devra accomplir, lorsqu’il reviendra dans les derniers jours!…
Rappelons que le musulman dit plusieurs fois par jour la fatiha, la première sourate du Coran, qui est considérée comme la matrice de toutes les autres. Or dans cette invocation à Allah, il est fait mention de « ceux qui encourent sa colère », c’est à dire les juifs, et de « ceux qui se sont égarés », c’est à dire les chrétiens! (Les commentateurs autorisés du Coran le spécifient traditionnellement ainsi). On voit combien cette incantation répétitive peut ancrer dans les esprits une discrimination religieuse méprisante envers les non-musulmans, ainsi que nombre d’autres sourates du Coran et que certains hadith particulièrement agressifs.

Analyse du musulman Issa (Jésus)

  • Issa n’est pas une figure historique.
Le Issa coranique n’est pas un personnage historique crédible, car son identité, comme son rôle de « prophète de l’islam« , se basent sur de présumées révélations individuelles à Mohamed, ayant eu lieu plus d’un demi millénaire après la vie et la mort du Jésus historique, au sujet duquel seuls les écrits néo-testamentaires sont les témoignages tangibles les plus proches.
  • Le véritable nom de Jésus n’a jamais été Issa.
La langue maternelle de Jésus était l’araméen. Du temps de son existence personnelle, il a été appelé Yeshua en araméen, puis Jesu en grec. Yeshua est une variante de l’hébreu Yehoshua, qui signifie « Yahvé sauve ».
Yeshua de Nazareth n’a jamais été appelé Issa, le nom que lui attribue le Coran. Issa ne veut rien dire en arabe; Jésus est délibérément privé de son identité.
  • Jésus n’a jamais reçu un « livre »!
Selon le Coran, un livre a été révélé à Issa, comme aux autres prophètes: c’est l’injil.
Le terme arabe « injil » n’est que la déformation du grec eu-angelion qui veut dire bonne nouvelle ou évangile. Jésus annonçait en effet une bonne nouvelle libératrice de la part de Dieu, dans la ligne de ses prédécesseurs, en se référant à une expression de la période du retour d’exil où une annonce de bonheur avait été faite au peuple d’Israël déporté à Babylone.
L’expression eu-angelion ne se comprend donc pas par rapport à un texte de révélation que Jésus lui-même aurait reçu tout rédigé, et que le Coran appelle « injil« .
Le terme « évangile » n’a été utilisé qu’après la mort de Jésus pour donner un titre biblique aux récits biographiques rédigés par Matthieu, Marc, Luc et Jean comme base de confessions de foi des communautés. C’est sans doute à partir de ces rédactions apostoliques que Mohamed s’est fait cette fausse idée d’un injil comme livre de révélation donné au prophète Issa par Allah..
L’ensemble des prophètes de l’islam dont les noms sont puisés dans les Ecritures hébraïques n’ont pas reçu de livre ou de code de lois. Par exemple les psaumes ne sont pas un livre révélant l’islam, comme le prétend le Coran, mais une collection de chants liturgiques, dont quelques-uns sont de David. Les Israélites qui se référaient alors à la Torah de Moïse n’ont jamais cherché de prescriptions légales dans les psaumes. Ainsi, David ne pouvait pas être un « prophète » au sens coranique du terme, c’est-à-dire un transmetteur de loi; de même, nombre de personnages cités comme tels par l’islam n’ont jamais été des porte-parole d’une loi.

Prophéties bibliques et prophéties coraniques: rien à voir!

La compréhension biblique de la prophétie est totalement différente de celle de Mohamed. Une prophétie n’est pas considérée comme extrait d’un texte céleste préexistant éternellement, à l’instar du Coran, mais comme message de Dieu inspiré à des êtres humains pour un temps et un lieu spécifiques.
Un prophète biblique est une personne vivant dans un contexte précis, à qui Dieu révèle des réalités encore cachées à tous et qui est appelée à agir comme son porte-parole. La variété des textes inspirés dans la Bible montre bien que ceux-ci ne sont pas dictés à partir d’un livre céleste intemporel et an-historique.

Erreurs et anachronismes du Coran

L’affirmation du Coran selon laquelle Jésus ne fut pas exécuté sur une croix n’a aucune base factuelle, et rappelle étonnamment la polémique développée quelques siècles plus tôt par les courants hérétiques hostiles au christianisme naissant.
Or, l’un des points forts orthodoxes sur lequel se rejoignent toutes les sources chrétiennes originelles est précisément la crucifixion de Jésus.
La mère d’Issa est appelée Mariam dans le Coran, et elle est présentée comme la sœur de Moïse et d’Aaron, et la fille d’Imram (en hébreu Amram). Mohamed a visiblement confondu Marie avec la Myriam de l’Exode, treize siècles auparavant!
Le Coran reproche aux chrétiens d’adorer trois dieux: Dieu le Père, le Fils Jésus, et la Mère Marie. Ce qui est une caricature grossière. Il accuse aussi à tort les juifs et les chrétiens de polythéisme. (voir Deutéronome 6.4 et Jacques 2.19a), impiété gravissime.
De nombreuses séquences du Coran évoquent des récits populaires juifs ou chrétiens, et d’autres rappellent la littérature apocryphe datant d’un siècle minimum après la mort de Jésus. Ainsi, le récit coranique de Jésus (Issa) né sous un palmier-dattier est la reprise d’une fiction tardive, de même que celui de Jésus enfant insufflant la vie à des oiseaux d’argile.
Les titres que le Coran donne à Jésus, tels que Messie et Parole de Dieu ne trouvent aucune explication dans la propre logique islamique. Par contre dans la Bible, d’où ils ont été expatriés, ces titres prennent un sens précis, lié à un système théologique cohérent, que le Coran méconnaît totalement.
Le Coran mentionne le Saint Esprit en connexion avec Jésus, utilisant ainsi des phrases extraites de l’Evangile. Ibn Ishak, le biographe de Mohamed, rapporte que, pour ce dernier, l’Esprit est l’ange Gabriel (Jibril), (de même que les sourates 2.97 et 16.02).
C’est pourquoi l’expression biblique « Esprit de Dieu » ou ruah Elohim, ne peut se comprendre qu’à la lumière des saintes Ecritures hébraïques; cela ne correspond en tout cas pas à un ange.
L’allégation coranique selon laquelle Jésus aurait annoncé la venue de Mohamed (61.6) semble fondée sur une lecture complètement reformulée de Jean 14.26, un passage qui se réfère à la venue du Saint-Esprit.
Les Ecritures saintes hébraïques étaient la bible de Jésus. Il a toujours affirmé leur autorité et leur pertinence, et il a prêché à partir de leur message théologique. C’est en fonction de ces mêmes Ecritures que Jésus a reconnu et présenté Dieu comme Adonaï Elohim, le Dieu d’Israël. Il n’a jamais appelé Dieu Allah, nom d’une divinité païenne arabe dont le culte existait à la Mecque bien avant Mohamed (son propre père, mort avant sa naissance, se nommait d’ailleurs Abd allah = serviteur d’Allah).
Les développements narratifs de la Bible sont riches de détails historiques souvent confirmés par la recherche archéologique. Ils recouvrent plus d’un millier d’années et révèlent un long processus de créativité culturelle.
A l’opposé, l’histoire religieuse du Coran ne s’appuie sur aucun support archéologique; les récits fragmentaires et discordants qui la composent n’offrent jamais le reflet de cultures historiques. Aucune localisation possible de l’Israël ancien n’y est mentionnée, et le nom de Jérusalem, si central dans la Bible, n’y apparaît jamais!
La plupart des événements prétendument historiques relatés dans le Coran n’offrent aucune possibilité de vérification indépendante. Ainsi, on nous explique qu’Abraham et Ishmaël ont construit la Kaaba à la Mecque  (1.127) mais il n’y a aucun support historique à cette affirmation. Le texte biblique original, antérieur de plus de mille ans, ne place Abraham dans aucun lieu proche de l’Arabie.
Le Coran, écrit par étapes à partir du 7ème siècle de notre ère, et dont les sourates innombrables ont été finalement sélectionnées et peut-être reformulées par Othman (modifications jusqu’au 10 ème, selon Mondher Sfar) n’est pas crédible lorsqu’il parle de Jésus Christ. Il n’est pas compétent en histoire biblique, contient de nombreux contresens historiques, et ne peut donc faire autorité en la matière.

Appropriation, par l’islam, de l’histoire du judaïsme et du christianisme

A la lumière des événements ultérieurs, on peut analyser la prétention selon laquelle l’islam est la religion primordiale et les prophètes antérieurs à Mohamed déjà musulmans: cela s’appelle une appropriation abusive au profit de l’islam. Cette captation d’héritage spirituel prive le judaïsme et le christianisme de leur propre histoire.
N’oublions pas que de nombreux sites bibliques, comme les tombeaux des patriarches hébreux et le Mont du Temple, sont réclamés par l’islam comme étant des sites islamiques, et non pas juifs ou chrétiens. (Le Coran nous raconte qu’Abraham était le prototype du croyant de l’islam. D’où la revendication d’une Palestine arabe et musulmane, sans tenir aucun compte des bénéficiaires historiques de la Promesse, les Juifs).
Il est vrai que sous la loi islamique (le waqf), après la sortie des Arabes d’Arabie et l’invasion de la Terre sainte, les juifs et les chrétiens ont effectivement été bannis de ces sites chargés de mémoire juive et chrétienne exclusivement.
Le rôle des Ecritures hébraïques dans le christianisme n’a pas de parallèle avec la place que l’Islam donne à la Bible
Il y a une différence fondamentale entre l’attitude chrétienne vis-à-vis des Ecritures hébraïques et l’attitude musulmane envers la Bible. Les chrétiens acceptent telles quelles les Ecritures hébraïques, qui étaient celles de Jésus et de ses apôtres, et celles de la primitive Eglise, entièrement juive.
L’essentiel de la foi chrétienne s’appuie sur elles, et les concepts essentiels tels que Messie, Esprit de Dieu, Royaume de Dieu, salut, etc, s’enracinent profondément dans la tradition biblique. L’Eglise a même excommunié l’hérésiarque Marcion qui voulait exclure la Bible hébraïque du Canon des Ecritures!
Dans les temples et les églises, on lit chaque dimanche les mêmes Ecritures hébraïques que celles lues le samedi dans les synagogues. Les prêtres et les moines prient les psaumes chaque jour, louange typiquement juive.
Au contraire, la façon qu’a l’islam de traiter la Bible est d’une arrogance insupportable : d’un côté le Coran prétend « confirmer » les révélations précédentes, en même temps il n’accorde strictement aucune place au contenu réel de la Bible.
En déclarant sans aucun argument précis que les juifs et les chrétiens ont falsifié leurs Ecritures, le Coran  cherche surtout à couvrir ses fantaisies historiques et théologiques. Il est très rare que les étudiants musulmans connaissent quelque chose des textes ou de la théologie bibliques, les imams ne lisent jamais la Bible et ils restent ainsi enfermés dans leur autoproclamation coranique sans aucun repère critique.

Quelques voix contemporaines à propos de Jésus:

  • Yasser Arafat. Dans une conférence de presse aux Nations Unies en 1983, Arafat a appelé Jésus « le premier fedayin palestinien qui a porté l’épée » (c’est à dire: qui a combattu pour l’islam).
  • Sheik Ibrahim Mahdi, employé de la télévision de l’autorité palestinienne a déclaré en direct en avril 2002: « Les juifs attendent le faux messie juif, tandis que nous attendons, nous, Jésus, paix sur lui. Les mains pures de Jésus feront trépasser le faux messie des juifs. Où? En Palestine! »
  • Shamim A. Siddiqi, écrivain, New York, a récemment exposé la définition classique de l’islam:
« Abraham, Moïse, Jésus et Mohamed, étaient tous des prophètes de l’islam. L’islam est l’héritage commun de la communauté judéo-christiano-islamique des Etats Unis, et établir le royaume de Dieu est la tâche commune des trois religions abrahamiques.
L’islam était la foi, l’art de vivre, des juifs et des chrétiens, mais ceux-ci les ont perdus dans des innovations humaines. Maintenant, les musulmans désirent remémorer la vraie religion à leurs frères et sœurs juifs et chrétiens. Ce sont les faits de l’histoire! »
Le négationnisme historique est un stratagème de l’apologétique islamique: en se présentant comme une confirmation du judaïsme et du christianisme, l’islam peut mieux les rejeter et les supplanter ensuite. Embrasser pour mieux étouffer.
Ce qui est affirmé dans une parodie de respect n’est ni du judaïsme, ni du christianisme, c’est une récupération pour mieux phagocyter l’ensemble, et finalement promouvoir Jésus et Moïse comme prophètes musulmans.
C’est souvent l’arrière-pensée des musulmans qui fréquentent le « dialogue interreligieux », car par ces discussions de salon pour naïfs, l’islam peut ainsi baliser la reconversion des juifs et des chrétiens vers « la vraie religion », dans le sens où Siddiqi parle de « tâche commune des juifs et des chrétiens dans l’établissement du royaume de Dieu aux USA« , ce qui, pour lui, veut dire promouvoir ensemble  la sharia et l’ordre islamique!

Conclusion:

Le Jésus du Coran, appelé Issa, est le résultat conjoint de l’imagination, de la fiction et de l’ignorance. Quand les musulmans vénèrent ce Issa, ils ont en tête quelqu’un qui n’a rien à voir avec le vrai Jésus, premier né de Marie, fils d’Israël, lié à l’histoire biblique. Le Issa du Coran est basé sur des affirmations non historiques émanant de légendes caravanières de l’Arabie du 7ème siècle.
Pour l’immense majorité des croyants musulmans, Issa est le seul Jésus qu’ils connaissent. Mais quiconque accepte ce Jésus islamique accepte aussi le Coran et la religion de Mohamed. En faisant du Jésus des évangiles Issa, un prophète de l’islam, les musulmans réduisent à néant l’existence propre du christianisme, comme ils l’ont fait du judaïsme en vampirisant Abraham, Moïse et David.
Selon les hâdith, la fin des temps verra ce Issa combattant venant détruire la foi chrétienne et faire de l’islam la seule religion triomphante dans le monde entier. Issa en personne démontrera la désobéissance des juifs et mettra les chrétiens en accusation pour les condamner à l’enfer en raison de leur croyance à la crucifixion et à l’incarnation.
L’acte final du musulman Issa reflète bien la stratégie apologétique qui consiste à remplacer le vrai Jésus historique, le Yeshua pacifique, par un clone agressif de Mohamed, de sorte que rien ne subsiste en dehors des visées planétaires de l’islam. L’altérité ne fait pas partie du paysage culturel de l’islam.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, en collaboration et selon les travaux en islamologiede Révérend Mark Durieprêtre anglican (Australie).
Que de mots pour justifier savamment ce qui est évident.
L’Islam récupère tout ce qu’il peut pour mieux se l’accaparer et l’enlever aux autres pour mieux les combattre ou les soumettre. Ainsi en va-t-il de l’ADN islamique.
Le musulman s’accapare les biens, les richesses matérielles mais aussi culturelles des autres pour s’en donner le lustre et la gloire. Il fini par se les approprier et par croire à sa propre grandeur. Sans pourtant savoir comment même les produire…
Ainsi les architectures, les artisanats de luxe, les œuvres d’art, L’architecture, mais aussi les avancées philosophiques et scientifiques dont il a laissé les savants les exposer en devanture, hors de sa propre sphère, savants devenus petits chiens savants tenus en laisse par leur maître islamique.
Ainsi – entre autres – le mythe de l’Andalousie arabe fabuleuse ou encore des merveilles mogholes aux Indes, les prodiges du califat en Perse, les richesses et les ors de la Sublime Porte.
Mais dès que les conquêtes ont été asséchées par ces pillages sans fins, et leur présence néfaste par leur arriération islamique, ils s’en sont retourné à leur néant civilisationnel arabique. Ils s’en sont retournés à leur malédiction, leur Dieu mahométan, inhumain et satanique.
Aujourd’hui, il tentent de refaire le coup à Dubaï et dans les émiratis du Golf Persique, avec leur tours gigantesques, leur architectures de prestiges, l’étalage du luxe et… le nouveau Louvre qui ouvre ses portes là bas !
Ils tentent de refaire le coup avec les succès de leurs athlètes aux jeux mondiaux et olympiques… athlètes ramassés de par le monde, payés rubis sur l’ongle avec en prime pour eux une nationalité nouvelle et un label religieux imposé.
Ces gens sont des spoliateurs dans l’âme et des pillards impitoyables.
Mais ils retourneront une fois encore à leur misère matérielle, spirituelle, scientifique et culturelle, une fois qu’ils auront détruit ceux qui leur auront procuré durant un demi-millénaire, gloire, félicité et tant de richesses visibles. Nous.