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dimanche 2 juin 2013

Menace terroriste contre les intérêts français en Côte d’Ivoire

“Aucun pays de la sous-région n’est à l’abri des violences terroristes”, a estimé, le 28 mai, Hamed Bakayoko, le ministre ivoirien de l’Intérieur, pour qui “l’ennemi est de manière permanente en éveil et ne ménage aucun effort pour liguer toutes les forces du mal contre la sécurité des populations”. Et d’ajouter : “On a constaté que les trafiquants d’armes se sont intégrés aux trafiquants de drogues, et ensemble, ces narcotrafiquants se sont eux-mêmes intégrés à tous ces mouvements djihadistes, malgré leurs nuances.
Et, manifestement, les craintes de M. Bakayoko sont fondées. Ainsi, tout comme la Côte d’Ivoire, le Niger, pays contributeur de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), laquelle vient en appui de l’opération française Serval, a été la cible d’un double attentat suicide la semaine passée. Si l’un d’entre eux a spéficiquement visé des intérêts stratégiques français (exploitation d’uranium, ndlr) en frappant un site exploité par une filiale d’Areva, l’autre a concernant les militaires nigériens, avec l’attaque du camp d’Agadez.
En outre, une note de “dernière minute” a été publié par le ministère français des Affaires étrangères le 27 mai dernier. “Au regard de l’activisme de groupes terroristes opérant dans la bande sahélienne, il importe que les Français résidant ou de passage en Côte d’Ivoire fassent preuve d’une vigilance accrue, notamment à l’égard de tout comportement suspect, lors de leurs déplacements et dans les endroits qu’ils fréquentent de façon habituelle ou occasionnelle. Il convient de demeurer attentif à l’évolution de la situation au Mali mais aussi aux recommandations éventuelles qui pourraient être diffusées par le Consulat général de France en Côte d’Ivoire “, indique-t-elle.
Le ministre ivoirien de l’Intérieur a aussi fait savoir que “plusieurs individus” ont récemment été interpellés à Abidjan par la Force de recherche d’action de la police (FRAP). Toujours selon lui, ces suspects auraient “avoué que leur objectif est de s’attaquer aux intérêts des occidentaux en Afrique.” Et de préciser avoir noté une “information persistante faisait état de la présence discrète d’éléments djihadistes à Abidjan” depuis le lancement de l’opération Serval au Nord-Mali contre les groupes terroristes qui s’y étaient installés.
Environ 10.000 ressortissants français se sont installés en Côte d’Ivoire. Et, étant donné que le président ivoirien, Alassane Ouattara, est également à la tête de la présidence tournante de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui arme la MISMA, il est en effet à craindre que le pays soit une cible de choix pour les jihadistes, d’autant plus que ses frontières sont poreuses et que ses forces de sécurité n’ont pas toujours les moyens nécessaires pour accomplir leurs missions.
La France compte par ailleurs 450 militaires en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la Force Licorne. Le 25 mai dernier, cette dernière a testé son dispositif “RESEVAC” avec un exercice simulant l’évacuation de ressortissants français et étrangers en cas de dégradation de leur sécurité.

vendredi 3 mai 2013

Main basse sur les matières premières en Côte d’Ivoire


La crise ivoirienne a beau être terminée depuis maintenant deux ans avec la chute de Laurent Gbagbo, il n’en reste pas moins que le pays reste divisé, comme l’ont montré les tensions constatées lors des dernières élections municipales.
“Le désarmement et la réinsertion des ex-combattants des deux camps politiques, qui demeurent cruciales pour résoudre une grave menace contre la paix durable dans le pays, sera un défi”, avait d’ailleurs récemment estimé Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies.
Justement, un rapport de l’ONU concernant la Côte d’Ivoire et remis le 28 avril dernier a de quoi être inquiétant. Ainsi, constatant que les taxtes sur les exportations ivoiriennes n’avaient que très peu progressé depuis la fin de la crise en 2011, les experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles du pays, profitant aussi bien à un “réseau militaro-économique” mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l’actuel président, Alassane Ouattara.
“L’administration ivoirienne a progressivement intégré d’anciens commandants rebelles dans les forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités économiques et leurs méthodes de prédateurs et de chefs de guerre”, ont expliqué les experts indépendants de l’ONU, qui dénoncent le “pouvoir et l’influence croissants dont jouissent les réseaux d’anciens membres des Forces nouvelles de par leur intégration aux corps réguliers chargés de la sécurité ” ainsi que le “contrôle qu’ils exercent sur diverses activités économiques illégales ou informelles.”
Et le phénomène ne manque pas d’ampleur : 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d’autres poches. Il concernerait aussi le coton, le bois, l’or ou encore les diamants.
Les sommes détournées sont loin d’être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l’économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. La contrebande passe principalement par le Ghana, où a d’ailleurs trouvé refuge l’aile radicale des partisans de Laurent Gbagbo, le président déchu.
“Ces groupes (favorables à Gbagbo, ndlr) ont les moyens de mener des opérations militaires à l’aide d’armes et de matériel connexe qu’ils se procurent dans le non-respect total du régime de sanctions, ainsi que de recruter des combattants, en Côte d’Ivoire et ailleurs”, indique le document.
Ce rapport ne fait en outre cadeau à aucun des deux anciens camps. L’hebdomadaire “L’Elephant Déchaîné”, qui en a fait la synthèse, souligne que le document indique que “Laurent Gbagbo dispose d’autres comptes cachés à la SGBCI et sur lesquels roupillent tranquillement plus de 5 milliards de francs CFA” et que l’on y apprend “que Charles Blé Goudé (ndlr, partisan de Gbagbo et arrêté en janvier), en plus de disposer de plusieurs identités, dispose d’un surprenant compte bancaire à la BFA et sur lequel de nombreuses entreprises publiques et privées, on ne sait trop pourquoi, ont ordonné de nombreux dépôts de fortes sommes d’argent. Curieusement, alors qu’il est censé être gelé, ce compte continue d’être opérationnel et des retraits y sont effectués à distance via des cartes bancaires.”
La question est donc de savoir à quoi va servir tout cet argent amassé. Pour les experts de l’ONU, il est possible qu’il ait été utilisé pour acheter de l’armement. Ce qui est interdit en Côte d’Ivoire, le pays étant encore soumis à un embargo. Mais c’est la levée de ce dernier qui est à redouter : avec des moyens financiers importants, il est en effet à craindre une ruée sur les armes des deux camps.
http://www.opex360.com/2013/05/03/main-basse-sur-les-matieres-premieres-en-cote-divoire/

vendredi 26 avril 2013

Total découvre un gisement de pétrole au large de la Côte d'Ivoire


e géant pétrolier français Total a annoncé jeudi dans un communiqué avoir découvert un gisement de pétrole lors de son premier forage exploratoire effectué au large de la Côte d'Ivoire, où il dispose de plusieurs permis de recherche.
Le groupe a détecté une couche contenant du pétrole de "bonne qualité" sur une épaisseur totale de 28 mètres, grâce au puits d'exploration Ivoire-1X foré à plus de 5.000 mètres de profondeur (dont 2.280 mètres d'eau), a-t-il précisé.¢

La découverte a été effectuée non loin des eaux ghanéennes où d'importants gisements ont été décelés ces dernières années. L'importance du gisement n'a pas encore été déterminée, les données acquises grâce au forage étant en cours d'analyses.

Mais selon Total, cette découverte confirme que le système pétrolifère du bassin de Tano, au sein duquel des gisements importants ont été trouvés au large du Ghana, dont le champ géant de Jubilee, s'étend bien jusqu'aux eaux ivoiriennes.

La découverte est située dans le permis de recherche CI-100, opéré par le groupe français qui en détient 60%, aux côté du groupe privé ivoirien Yam's Petroleum (25%) et de la compagnie pétrolière nationale, Petroci (15%). Total détient également des participations dans trois autres permis d'exploration ivoiriens situés en eaux très profondes.

Cette découverte est encourageante pour la Côte d'Ivoire, qui est actuellement un producteur de pétrole très modeste et incite les compagnies pétrolières à prospecter dans ses eaux, dans l'espoir qu'elles y découvrent des réserves voisines de celles trouvées au large du Ghana.

Selon le ministère ivoirien des Mines, du pétrole et de l'énergie, le pays a produit en 2010 près de 40.000 barils de brut par jour, une goutte d'eau par rapport à la production africaine (plus de 10 millions de barils par jour selon les statistiques de la compagnie BP).

La compagnie pétrolière britannique Tullow Oil avait également annoncé en juin dernier la découverte d'un gisement dans les eaux ivoiriennes.

vendredi 14 septembre 2012

Ouattara m'a tué!

Ouattara m’a « tuer »…
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Michel Garroté – Rédacteur en chef – L’officine de censure de la presse écrite ivoirienne a décidé la suspension de sept quotidiens. Aucun des quotidiens concernés, ‘Le Temps’, ‘Aujourd’hui’, ‘Le Nouveau Courrier’, ‘Lg Info’, ‘Le Quotidien d’Abidjan’, ‘L’Alternative’ et ‘Notre Voie’, n’est disponible. « Nous faisons face à une dictature des plus féroces, des plus sauvages que la Côte d’Ivoire a jamais connue, même lors du règne du parti unique, même lors de l’intermède militaire avec le général Robert Gueï », dénonce, auprès d’une agence française, César Etou, porte-parole des journaux suspendus. Les libertés sont assassinées sous le régime Ouattara avec une Assemblée nationale dominée par son camp et son groupe ethnique.
Merci Sarkozy.
C’est un peu comme à Benghazi.
Encore merci Sarkozy.
Fera-t-il pire ailleurs, Flanby ?
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 www.dreuz.info

lundi 27 août 2012

Côte d’Ivoire : arrestation des membres du parti de Gbagbo

Le numéro 2 du parti, Laurent Akoun, et le porte-parole de Gbagbo Justin Koné Katinan ont tous deux été arrêtés ce week-end.

Côte d’Ivoire : arrestation des membres du parti de Gbagbo
Justin Koné Katinan arrêté ce vendredi ©AFP
Laurent Akoun, secrétaire général du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a été arrêté ce dimanche. « Laurent Akoun a été arrêté en début d’après-midi à Adzopé (à une centaine de km au nord d’Abidjan, ndlr) par la gendarmerie », a déclaré le président du FPI, Sylvain Miaka Oureto. Une source sécuritaire ivoirienne a confirmé son arrestation. « Il se trouverait à la gendarmerie à Abidjan », a ajouté Oureto. Il n’était pas possible dans l’immédiat de connaître les motifs officiels de l’arrestation de Akoun. Par ailleurs, le porte-parole de Gbagbo, Justin Koné Katinan, a été arrêté ce vendredi à Accra par la police ghanéenne, et est dans l’attente d’une décision du Ghana sur sa libération ou son extradition. Katinan est en exil depuis la fin de la crise post-électorale ivoirienne (décembre 2010-avril 2011) qui a fait quelque 3.000 morts. Le Ghana a confirmé son arrestation. « Justin Koné Katinan, ancien ministre ivoirien du Budget et porte-parole de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a été arrêté par les services de sécurité ghanéens et écroué au Ghana », a indiqué le ministère de l’Information. Un autre haut responsable du FPI, l’ex-ministre Alphonse Douati, a été arrêté le 18 août, inculpé et incarcéré cette semaine pour « atteinte à la sûreté de l’État », pour son lien présumé avec les attaques contre les Forces républicaines.

jeudi 9 août 2012

Crise ivoirienne: plus de 700 victimes des forces pro-Ouattara

Une enquête réclamée par le président ivoirien Alassane Ouattara sur les violences commises durant la crise de 2010-2011 a conclu que ses forces armées ont causé la mort de plus de 700 personnes, et celles de l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo d'environ deux fois plus.
"La crise a donné lieu à de massives violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire", a déclaré la présidente de la Commission nationale d'enquête (CNE), Paulette Badjo, en remettant à M. Ouattara le rapport issu d'un an d'enquête et de l'audition de près de 16.000 personnes.
Créée par le chef de l'Etat, la commission a enregistré "3.248" personnes tuées durant la crise, un chiffre qui "reste certainement en-deçà de la réalité", a-t-elle indiqué.
Les forces armées pro-Gbagbo sont responsables de la mort de 1.452 personnes (dont 1.009 exécutions sommaires), tandis que les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara ont causé la mort de 727 personnes (dont 545 exécutions sommaires), selon les données citées par Mme Badjo, qui n'a pas précisé l'identité ni le statut (civil ou militaire) des victimes.
La commission a aussi mis en cause les forces non conventionnelles qui ont combattu, comme les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels "dozo" qui, selon de nombreux témoignages, ont agi aux côtés des FRCI et ont tué 200 personnes d'après la CNE.
Le chiffre communément admis, par l'ONU notamment, est de quelque 3.000 personnes tuées durant la crise, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010 et qui s'est achevée par l'arrestation de l'ex-président le 11 avril 2011 après deux semaines de guerre.
Visiblement ému par le tableau de ces "horreurs", selon son expression, M. Ouattara a remis le rapport de la commission au Premier ministre et ministre de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou, afin qu'il prenne des "mesures".
Réaffirmant son engagement pour la "lutte contre l'impunité", le président ivoirien a assuré que "toutes les personnes qui ont posé des actes répréhensibles pendant la crise postélectorale répondront de leurs actes devant la justice".
Régulièrement interpellé par les ONG internationales sur les crimes commis par ses forces durant la crise, en particulier dans l'Ouest, et sur l'absence de poursuites contre les siens, M. Ouattara a expliqué depuis un an attendre les conclusions de la commission.
Le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), avait par avance récusé en février les conclusions de la CNE, dénonçant une "justice des vainqueurs".
L'ex-chef de l'Etat est incarcéré depuis fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité.
Une vingtaine de figures du camp Gbagbo, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, et des dizaines d'autres personnes de ce bord (des civils et des militaires) sont inculpées et détenues en Côte d'Ivoire en lien avec la crise postélectorale.

mardi 31 juillet 2012

Prétendue opération de sécurisation de l’Ouest ivoirien : ce qui se passe vraiment par Frnck Totti

Depuis plus d’une année déjà, la région de l’ouest du pays est confrontée à une insécurité chronique plus intense que le reste de la Côte d’Ivoire. Mais il aura fallu l’assassinat de sept casques bleus, début juin, pour voir le régime Ouattara lancer d’urgence une opération dite de sécurisation de la région, où il ne fait pas bon vivre.




Depuis plusieurs jours, les Frci ont investi l’ouest du pays, particulièrement la région de Taï, où plusieurs attaques ayant entrainé morts d’hommes, ont été perpétrées par des hommes armés non identifiés ces derniers temps. Officiellement, selon l’Etat-major des Frci, il s’agit d’une opération de sécurisation de la zone frontalière avec le Liberia. Mais sur le terrain, le constat est tout autre. En fait d’opération de sécurisation, c’est plutôt une opération de persécution des populations, notamment des autochtones Oubis, qu’il est donné de constater sur le terrain. Des éléments des Frci, particulièrement déchainés contre les autochtones, accusés à tort de servir de bras séculiers à des prétendus « assaillants miliciens ». 

Ce qu’il est convenu d’appeler le « ratissage » des Frci dans cette région de Taï n’est rien d’autre que la traque d’autochtones stigmatisés comme étant des miliciens. Leur seul tort (comme toute la région de l’ouest d’ailleurs), c’est d’avoir massivement voté le président Laurent Gbagbo aux deux tours de l’élection présidentielle de 2010 qui a servi de prétexte à la guerre. Selon les informations en notre possession, la plupart des autochtones ont déserté les villages pour trouver refuge dans la ville de Taï et ses environs pour certains, et au-delà de la frontière libérienne pour d’autres. Parce qu’excédés de vivre le martyre du fait du harcèlement dont ils sont victimes de la part des Frci, des dozos et des milices burkinabè pro-Ouattara qui pullulent dans la région. Le groupe le plus connu pour ses hauts faits étant la milice d’Amadé Ouérémi, qui tient aujourd’hui toute la zone du mont Péko.

Contrairement aux informations données ça et là, les Frci ne sont pas en pleine bataille guerrière contre un quelconque embryon de « rébellion » dans la région comme on tente insidieusement de le faire croire au peuple. L’impressionnant renfort des Frci ne vise qu’à dissuader d’éventuelles attaques d’« assaillants ». Les éléments des Frci ont été pour cela prédisposés dans différents villages et à Taï. Malheureusement, cette présence surmédiatisée des Frci ne rassure guère les populations qui rechignent à regagner leurs lieux d’habitation. Alors que tout le monde est unanime pour dire que les « assaillants » proviennent de la forêt de Taï, personne au niveau des forces militaires mobilisées n’ose franchir le cap pour une fouille et un ratissage en bonne et due forme de cette immense forêt jugée « dangereuse ». Les prétendues offensives des Frci dont on parle depuis plusieurs jours ne le sont en réalité que sur papier. Et cela ne rassure guère les populations. Jusqu’à ce jour, le commandement des Frci n’a pas pris la décision de mener des expéditions dans la forêt de Taï. Comme on le voit, le régime qui a pourtant promis de dénicher les assaillants taxés sans preuve de pro-Gbagbo continue de mentir aux Ivoiriens.

Source : Nouveau Courrier

dimanche 10 juin 2012

Côte d'Ivoire: une embuscade tue 8 civils et 7 Casques bleus


Au moins huit civils ont été tués selon l'ONU au cours d'une attaque menée vendredi dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, qui a fait sept morts parmi les Casques bleus nigériens et au moins un mort dans l'armée ivoirienne, ce qui a conduit le Liberia à fermer sa frontière.
"Selon nos informations, au moins huit civils ont été tués, dont une femme", a déclaré à l'AFP Anouk Desgroseilliers, responsable de la communication du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha) en Côte d'Ivoire.
Sept Casques bleus nigériens de l'Opération des Nations unies dans le pays (Onuci) ont été tués, "première attaque de ce genre" perpétrée contre l'Onuci depuis son déploiement en 2004, selon la force onusienne.
Cette "embuscade" contre l'Onuci a eu lieu pendant un assaut d'éléments "venus du Liberia" contre plusieurs villages ivoiriens situés au sud de la ville de Taï, selon le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi, qui a confirmé la mort d'un élément des Forces républicaines (FRCI, armée ivoirienne). Une source au sein des FRCI sur place a affirmé à l'AFP qu'il y avait eu "deux morts" parmi leurs hommes, qui patrouillaient avec les Casques bleus.
 Le Liberia ferme sa frontière
A la suite de ces évènements, le gouvernement libérien a annoncé samedi la "fermeture immédiate" de sa frontière avec la Côte d'Ivoire.
"Le gouvernement a décidé de la fermeture immédiate de sa frontière avec la Côte d'Ivoire", a déclaré le ministre libérien de l'Information, Lewis Brown, au cours d'une conférence de presse.
Les "activités humanitaires" ne sont pas concernées par la mesure de fermeture de la frontière, a précisé le ministre libérien.
"Les individus impliqués dans des attaques transfrontalières seront arrêtés et remis autorités ivoiriennes", a affirmé M. Brown.
Il a ajouté que la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, actuellement en visite privée aux Etats-Unis, avait donné des instructions pour que des militaires libériens soient immédiatement déployés à la frontière et soutenus par la police et les services de l’immigration.
Dans cette région en proie depuis un an à des attaques attribuées à des forces fidèles à l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et réfugiées au Liberia, les violences de vendredi ont provoqué d'importants déplacements de populations.
"Des centaines de personnes sont arrivées à Taï, et on peut penser que des milliers d'autres sont sur la route", a indiqué Mme Desgroseilliers.
A Taï, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), notamment, est "sur place pour porter assistance aux déplacés et leur fournir de l'eau et un peu de nourriture", selon cette responsable de l'Ocha.
"C'est vraiment la panique, le sauve-qui-peut, les gens prennent de petits baluchons et fuient (leurs villages) à pied" notamment vers Taï, a raconté à l'AFP le maire de cette ville, Désiré Gnonkonté, joint par téléphone depuis Abidjan.
"Pourquoi c'est chez nous qu'on vient faire des morts?"
"On a peur", a confié Madeleine Tagnon, représentante des femmes de Taï. "Pourquoi à chaque fois c'est chez nous qu'on vient faire des morts? Pourquoi tranquillement les miliciens traversent chaque fois la frontière pour venir nous tuer?"
Des éléments de l'Onuci et de l'armée ivoirienne patrouillaient samedi dans la zone.
"J'ai marché en brousse avec mon enfant au dos, je ne sais pas où se trouve le reste de la famille", a raconté Ange Joëlle, une jeune femme arrivée dans le village de Glaro Ubor, dans l'est du Liberia, comme d'autres familles.
Les autorités ivoiriennes ont annoncé avoir déjà envoyé des renforts, en vue d'une "présence massive" dans les prochains jours autour de Taï. Des opérations militaires ivoiro-libériennes doivent en outre avoir lieu à partir du 15 juin dans la zone frontalière, avec le soutien des missions de l'ONU dans ces deux pays.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "attristé et scandalisé" par la mort de Casques bleus, et le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa "grave inquiétude" à propos de l'insécurité dans cette région. Le Niger s'est dit "indigné" et a assuré que cet "acte inacceptable" ne resterait pas "impuni".
Région la plus instable de Côte d'Ivoire, l'Ouest est en proie à des attaques depuis la fin de la crise politico-militaire de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3000 dans le pays.
AFP

vendredi 2 mars 2012

Ouattara à la tête des Etats d’Afrique de l’Ouest. Merci qui ?

Dans cette tribune, Guy Labertit, ex-délégué Afrique du Parti socialiste français et compagnon de route du mouvement de démocratisation du continent, commente l’élection à la tête de la CEDEAO d’Alassane Ouattara, un homme qui dirige pourtant un pays sous perfusion économique et sous tutelle politique. Et dont le régime se fourvoie dans l’arbitraire et la mauvaise gouvernance.


A l’issue du dernier sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui vient de se tenir à Abuja les 16 et 17 février 2012, Alassane Ouattara en a été élu le président en exercice. Même si l’on peut penser que le tour de la Côte d’Ivoire était venu, ce n’est pas un mince paradoxe que de voir charger un chef d’Etat des différents problèmes de l’ensemble ouest africain alors que la situation dans son propre pays, la Côte d’Ivoire, est pour le moins précaire.


Les douze travaux d'Alassane Ouattara


Ses meilleurs alliés dans la sous-région sont, ou ont été récemment, contestés, que ce soit Abdoulaye Wade, candidat discuté à la présidence du Sénégal, à 86 ans officiels, ou Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso depuis vingt-cinq ans et qui rêve d’un nouveau bail en 2015 !
Les crises aigues se multiplient dans la sous-région avec la déstabilisation des pays du Sahel, liée à une politique aventureuse de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Otan en Libye qui a éliminé Kadhafi, au nom de la démocratie, mais réduit à néant l’Etat dans ce pays livré à des milices antagoniques sans projet politique. Le Nigeria se déchire à travers les velléités indépendantistes dans le delta du Niger riche en pétrole au Sud et l’irrédentisme meurtrier de la secte islamiste Boko Haram qui veut chasser les chrétiens du Nord du pays.
Au regard de la gestion de ces questions brûlantes, comment le nouveau président de la CEDEAO aura-t-il le temps de se consacrer aux immenses tâches qui l’assaillent en Côte d’Ivoire ? A moins qu’il ait choisi de déléguer ses affaires domestiques à ses puissants alliés extérieurs et aux institutions internationales.


Cette politique de fuite en avant a quelque chose de surréaliste. Les commentaires des spécialistes africanistes qui évoquent le double axe Côte d’Ivoire/Nigéria Côte d’Ivoire/Burkina Faso au sein de la CEDEAO prêteraient à sourire si le peuple ivoirien ne continuait de vivre un cauchemar. La Côte d’Ivoire est un pays dont l’ensemble des cadres de l’ancienne majorité présidentielle, qui représente la moitié de l’électorat, sont en prison ou en exil.

Après sept mois d’enfermement inhumain à Korhogo, malgré les tristes déclarations de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan (photo) qui le disait bien traité suite à la mascarade organisée pour sa visite en compagnie de Desmond Tutu et Mary Robinson, le Président Gbagbo est détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Le procureur Ocampo n’a toujours pas communiqué à la défense les charges qui motivent cette détention et n’a inquiété aucun des cadres du régime actuel pourtant directement impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité depuis la fin de l’année 2002. A signaler qu’en attendant l’audience de confirmation des charges du 18 juin, Laurent Gbagbo bénéficie d’une aide judiciaire pour organiser sa défense.

Où sont donc les fonds cachés du Président que le quotidien français Le Monde du 11 mai 2011, sous la plume fertile de sa correspondante à Genève, Agathe Duparc, situait en Suisse ? Les enquêteurs de la CPI, que l’on ne peut soupçonner de complaisance pour leur détenu, n’ont, pour leur part, toujours rien trouvé. Encore un exemple de manipulations médiatiques. Dès lors, que signifie l’inculpation du Président Gbagbo par la justice ivoirienne pour « crimes économiques », lui qui bénéficie d’un aide judiciaire ? Pas besoin d’enquête approfondie pour situer les biens immobiliers des têtes actuelles de l’Etat ivoirien, A. Ouattara et Guillaume Soro.


De plus, des centaines de cadres de l’ancienne majorité présidentielle ont leurs comptes bancaires bloqués et la totalité de leurs fonds gelés depuis un an. Eux et leurs familles sont condamnés à la survie et plusieurs décès parmi les sanctionnés, dont le plus récent est celui du maire de Cocody, Jean-Baptiste Gomont Diagou, attestent qu’ils ne peuvent même plus se soigner. Pourtant, on se plaît à répéter que la Côte d’Ivoire a renoué avec la démocratie et le respect des droits humains. Faut-il croire que le nouveau président de la CEDEAO restera insensible au sort de la moitié du peuple ivoirien puisqu’il a maladroitement déclaré qu’il allait faire du rattrapage auprès des populations qu’il estimait lésées par le précédent régime ? Il a un point commun avec l’actuel président français, son ami de vingt ans Nicolas Sarkozy, c’est celui de diviser les Ivoiriens comme son tuteur divise les Français.


Bien qu’en campagne électorale par gros temps, le capitaine Nicolas devra garder un oeil sur la lagune Ebrié, dont la surface lisse dissimule des fonds fangeux, car son quartiermaître Alassane va être très pris par sa nouvelle fonction à la tête de la CEDEAO. C’est que depuis l’arrestation du Président Gbagbo, le 11 avril 2011, « sous les bombes françaises », pour reprendre ses termes lors de l’audience de la CPI du 5 décembre, le Président Sarkozy s’est montré prodigue à l’égard du régime d’Alassane Ouattara. A commencer par les quatre cent millions d’euros annoncés par la France dès la fin du mois d’avril 2011 pour payer de prétendus arriérés de salaires alors que son prédécesseur avait honoré ces paiements jusqu’en février inclus malgré les fermetures des filiales des banques françaises.

Il faut y ajouter un mirobolant contrat désendettement/développement, quatre fois supérieur au plus avantageux accordé jusque-là au Cameroun, annulant sur quinze ans la dette de 2,25 milliards d’euros (1472 milliards de francs CFA) essentiellement contractée par les régimes PDCI auprès de l’Agence française de développement (AFD) qui avait cessé tout engagement financier en Côte d’Ivoire depuis 2002. Encore faudrait-il que les recettes de l’Etat suivent pour que cette mesure ne se limite pas à un simple jeu d’écritures. Enfin, l’effacement d’un milliard d’euros de dette bilatérale a été évoquée lors de la récente visite d’Etat d’Alassane Ouattara à la fin janvier 2012.


La Côte d'Ivoire sous perfusion et sous tutuelle

Le soutien politique de la France a été sans faille. La présence du président Sarkozy, fait inédit dans l’histoire des relations françafricaines, à l’investiture d’Alassane Ouattara le 21 mai 2011, la visite officielle du Premier ministre François Fillon les 14 et 15 juillet, le déplacement du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, les 21 et 22 octobre, suivi par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, les 6 et 7 novembre, pour faire le point sur les questions de sécurité, laissent à penser que les liens privilégiés ressortent de liens tutélaires qui ne sont pas sans rappeler les années soixante. Le parfum néocolonial se fait entêtant à travers la présence stratégique, sur place à Abidjan, de personnalités françaises.

Depuis mai 2011, Philippe Serey Eiffel (photo) , éphémère directeur des Grands travaux alors que Ouattara était le Premier ministre d’Houphouët-Boigny, a l’oeil sur les questions économiques. Le conseiller d’Etat en France Thierry Le Roy l’a rejoint en 2012 pour l’organisation de la réforme de l’Etat. Le général Claude Réglat, ancien commandant des Forces françaises au Gabon, gère les questions de sécurité et la réorganisation des services ivoiriens. Sans oublier les petites mains de la barbouzerie, comme Jean-Yves Garnault, l’ancien agent de la DST française, passant du service de Laurent Gbagbo à celui d’Alassane Ouattara.


Un tel empressement valait bien la remise de décorations de l’Ordre national de la Côte d’Ivoire à près d’une centaine récipiendaires lors de la visite d’Etat en France d’Alassane Ouattara. Certains universitaires français ont choisi d’être absents, mais politiques, hommes d’affaires, militaires, diplomates, intellectuels, petits et grands, unis par un même soutien historique ou récent à Alassane Ouattara, ont été récompensés, y compris l’épouse du directeur de publication de Jeune Afrique Béchir Ben Yahmed. La France n’a pas été chiche en décorant les membres du gouvernement ivoirien et du cabinet présidentiel présents à Paris.


La signature d’un nouvel accord de défense franco-ivoirien à Paris, le 26 janvier 2012, lors de cette visite d’Etat, à l’heure où la France a décidé de limiter sa présence militaire permanente sur le continent africain, révèle que Paris veut donner des gages sécuritaires à son nouveau protégé qu’elle a tout fait pour imposer à la tête de la Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, pour sa part, voulait mettre un terme à cette présence permanente après le retrait de la Force Licorne. Mais le nouveau chef de l’Etat ivoirien avait déjà voulu masquer une certaine impuissance à maîtriser la sécurité sur l’ensemble du territoire en proposant aux grandes puissances le 22 septembre dernier, lors de son discours à la dernière Assemblée générale des Nations Unies, de faire de la Côte d’Ivoire une plateforme de la lutte contre le terrorisme international. Les Etats-Unis, à l’image de leur imposante ambassade bunker d’Abidjan, ne sont sans doute pas insensibles à ce discours qui pourrait préfigurer une implantation d’Africom (Commandement des forces américaines en Afrique) en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ils n’ont jamais caché leur intérêt pour le pétrole du Golfe de Guinée.


Du reste, oubliés en septembre 2011 par le Président Gbagbo qui avait partagé un premier bloc entre Total et la Côte d’Ivoire (public et privés), ils viennent d’être associés, par le biais d’Anadarko Petroleum Corporation, avec CNR, major canadienne, et Total à l’octroi de trois blocs pétroliers prometteurs… L’arrivée à Abidjan, le 16 janvier 2012, d’Hillary Clinton accompagnée de William Fitzgerald, soussecrétaire d’Etat aux Affaires africaines, a traduit une forte ambition en matière militaire, énergétique et commerciale. La réalisation de ce projet a été facilitée par la politique de Nicolas Sarkozy, marquée du double sceau d’une vieille amitié personnelle avec Alassane Ouattara et d’un atlantisme fondamental, malgré quelques rodomontades qui font plutôt sourire qu’inquiéter Washington.


Toutes ces visites officielles des représentants du monde occidental, auxquelles la venue à Abidjan du vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai jun, reçu par A. Ouattara le 24 juin 2011, ne peut servir de contre point, sont l’occasion de discours lénifiants sur le retour de la paix en Côte d’Ivoire ou sur la réconciliation. Pourtant, la peur des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) règne toujours à l’intérieur du pays, la justice des vainqueurs continue de passer et la Commission « dialogue, vérité, réconciliation » dirigée par Charles Konan Banny, peine même à exister….


L'arbitraire politique et économique en guise de "gouvernance"


En matière de gouvernance, terme cher aux institutions internationales, la non installation, en février 2012, d’une Assemblée nationale dont les membres ont été élus le 11 décembre 2011, fait tache. Certes, les législatives seront reprises dans 11 circonscriptions le 26 février suite à l’invalidation des scrutins par le Conseil constitutionnel, le 31 janvier dernier, pour cause de fraudes alors même que l’ancienne majorité avait boycotté la consultation électorale ! On comprend mieux le refus de la communauté internationale de recompter les bulletins lors de l’élection présidentielle contestée de novembre 2010….


A la tête de l’Etat, Alassane Ouattara recourt donc à des ordonnances sans loi d’habilitation, y compris sur des questions aussi importantes que l’âge de la retraite. Ce dernier a eu beau répété à l’envi pendant sa visite d’Etat en France qu’il n’y a pas de justice des vainqueurs, que la paix est revenue et que l’armée est réunifiée, il n’empêche qu’aucun de ses partisans n’a été inquiété par la justice depuis dix mois, que l’opposition voit ses meetings perturbés ou attaqués violemment (un mort et soixante huit blessés le 21 janvier lors d’un meeting du Front populaire ivoirien) et que les FRCI incarnent l’arbitraire et la répression.


Faisant suite à bien d’autres, les exactions commises par ces FRCI à Vavoua, le 18 décembre 2011, ont contraint le chef des Armées à des menaces fortes, qui sont restées sans effet comme le montrent les dernières victimes d’Arrah le 12 février 2012. Véritable maître du jeu en matière sécuritaire, le Premier ministre et ministre de la Défense, Guillaume Soro, et les anciens commandants de zones rebelles dont l’impunité agace visiblement les protecteurs occidentaux du régime en place, pourraient voir l’étau de la justice se refermer sur eux. Toutefois, si cette perspective se confirmait, ils ne manqueraient pas de tout mettre en œuvre pour révéler des éléments confirmant la complicité d’Alassane Ouattara avec la rébellion depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002. Au sommet de l’Etat, c’est donc une sorte de fragile équilibre de la terreur qui persiste.


Après la chute d’Abidjan, l’assassinat par les FRCI, en avril 2011, du sergent chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, très proche d’Alassane Ouattara depuis les années 1990 et dans le secret de tous les coups d’Etat depuis 1999, a éliminé un témoin gênant, frère ennemi depuis 2003 du Premier ministre Guillaume Soro. L’action de son « commando invisible », ravageur dans la commune populaire d’Abobo où les partisans de Ouattara sont majoritaires, a joué un rôle décisif en liaison avec l’ONUCI et la Force Licorne pour écarter Laurent Gbagbo.


A l’évidence, Hillary Clinton, qui veut pousser l’avantage pour les Etats-Unis, a conscience de ces manquements démocratiques qui n’autorisent pas la Côte d’Ivoire à bénéficier du Millenium challenge account, convoité par Ouattara, accordé par les Etats-Unis aux pays en développement s’inscrivant dans les objectifs du millénaire définis par les Nations Unies. Les protecteurs occidentaux du nouveau régime hésitent au regard de cette mal gouvernance à accorder le fameux point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). L’opposant Ouattara dénonçait le Président Gbagbo quand il avait obtenu du FMI et de la Banque mondiale le point de décision de l’initiative PPTE le 30 mars 2010 en disant que c’était une honte que ce pays soit classé parmi les pays très endettés.


Il est piquant de voir que, devenu Président, il multiplie en 2012 les suppliques pour l’allègement de la dette. Rappelons que cette dette est à mettre au compte quasi exclusif des régimes d’Houphouët-Boigny, achevé par les trois ans de primature de Ouattara, et de Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo n’ayant pu guère compter pendant l’essentiel de sa présidence sur des engagements financiers extérieurs…


Cette décision de point d’achèvement dépend de l’exécution de réformes structurelles, notamment celle de la filière café cacao. Dans le négoce du cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, A. Ouattara, par l’intermédiaire de son épouse Dominique, dispose de relais familiaux. On sait qu’un fils de son précédent mariage, Loïc Folloroux, est le directeur Afrique du groupe britannique Armajaro, trader agressif qui a spéculé par des achats colossaux de cacao en 2002 (avant la tentative de coup d’Etat) et 2010 (avant les élections) dans le but de déstabiliser le régime Gbagbo. Ce groupe bénéficie des largesses de la Banque mondiale par le biais de la Société financière internationale (SFI) et se partage, bon gré mal gré, le secteur avec les Américains Cargill et ADM qui ont toujours eu les yeux de Chimène pour le Premier ministre libéral que fut Ouattara au début des années 1990.


Le frère et une nièce de Dominique Ouattara, Marc et Noelle Nouvian, sont actionnaires d’une nouvelle société de négoce international (Soneici) de fèves de cacao, dirigée par Hervé Dominique Alliali. Il est vrai que le Premier ministre Guillaume Soro s’est taillé la part belle avec l’installation de cols blancs rebelles (André Ouattara et autre Ismaël Koné) au sein du Conseil café cacao mis en place le 24 janvier 2012. Ces pratiques illustrent une approche qui n’est pas sans rappeler celle d’un chef d’Etat français qui, lui aussi, avait promis l’avènement d’une République irréprochable…


Dans quelques semaines, les Français vont élire leur Président et on ose espérer que leur choix ne sera pas sans conséquence sur cette anachronique relation franco-ivoirienne. Le principal concurrent du Président sortant, le socialiste François Hollande, annonce dans ses 60 engagements pour la France : « Je romprai avec la « Françafrique » en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité ». Alors, on a envie de crier « chiche ! », malgré le triste silence ou l’approbation des dirigeants socialistes français, à de rares exceptions près, lorsque Nicolas Sarkozy bombardait Abidjan avec l’aval de l’ONU pour écarter le Président Gbagbo, celui qui, élu en 2000, avait voulu porter un projet social démocrate sur le continent africain et en a été empêché dès 2002.


Guy Labertit


Source : Cameroon Voice
(Article paru sous le titre "CEDEAO. Labertit démasque Ouattara"

lundi 15 août 2011

Côte d'Ivoire - Deux chrétiens crucifiés par des pro- Alassane Ouattara

Oui, ce même personnage pour lequel la presse à immédiatement pris parti !
Il y a bien eu quelques articles furtifs comme quoi les deux camps étaient coupables de crimes de guerre ... mais si peu ! Le fait remonte à Juin dernier, et avait échappé au blogs d'informations à tendance chrétienne ... et à moi aussi.

Lu sur l'Observatoire de la Christianophobie

Même si l’information remonte au mois de juin dernier – elle avait échappé à mon attention, car personne dans la presse francophone, à peu près à l’unisson dans sa détestation de Laurent Gbagbo, n’avait osé en parler –, elle mérite d’être signalée par son horreur.

Deux paysans chrétiens, Raphael Aka Kouame et son jeune frère Kouassi Privat Kacou, interpellés dans la ville de Binkro par des miliciens musulmans de Alassane Ouattara le 29 mai dernier, et accusés à tort de cacher des armes, ont été, après avoir été battus et torturés, crucifiés « à l’exemple du Christ » comme se plurent à le souligner leurs tortionnaires, sur des madriers montés en croix. Mains et pieds percés de clous, l’aîné n’a pas résisté à cette nouvelle et horrible torture et en est mort, tandis que le plus jeune, miraculeusement, y a survécu.

Source : Infoméconnues.blogspot.com