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lundi 30 septembre 2013

Les États-Unis n’ont jamais été aussi proches de la faillite

Les États-Unis n’ont jamais été aussi proches du défaut de paiement, selon le secrétaire au Trésor, Jack Lew. Les républicains refusent en effet de donner leur accord pour le relèvement du plafond de la dette tant que les démocrates n’auront pas accepté de couper dans les dépenses sociales.

Le blocage politique au Congrès finira-t-il par causer la faillite des États-Unis ? C’est en tout cas la crainte affichée par certains responsables démocrates et républicains. Même le secrétaire au Trésor Jack Lew, dont le rôle consiste généralement à rassurer sur la sécurité du papier américain s’en inquiète désormais.
Les réserves du Trésor s’épuisent
Les capacités d’emprunt des États-Unis seront en effet épuisées au plus tard le 17 octobre prochain, date à laquelle la trésorerie du pouvoir fédéral ne sera plus que de 30 milliards de dollars, a averti mercredi Jack Lew, dans une lettre adressée aux dirigeants du Congrès.
Les dernières réserves seront utilisées entre le 22 octobre et le 31 octobre si le plafond de la dette américaine, c’est à dire la limite maximale d’endettement américain décidée par le Congrès, n’est pas relevée d’ici là. Or, le Trésor devra faire face le 1er novembre prochain à 55 milliards de dollars de dépenses sociales, médicales et militaires.
D’importantes coupes budgétaires ont déjà été réalisées

Le problème vient de la difficulté qu’ont démocrates et républicains à trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette. Parmi les principaux motifs de préoccupation figure la volonté des élus républicains d’obtenir des coupes dans les dépenses publiques en échange du relèvement du plafond fédéral, actuellement fixé à 16.700 milliards de dollars.
Or, Washington a déjà coupé dans pratiquement tous les postes budgétaires, à l’exception de ceux de la sécurité sociale, chère au président Barack Obama, depuis la dernière crise politique du même type qui était survenue en 2011 et les coupes dans les dépenses imposées par les républicains lors des discussions sur le budget début 2013. Des coupes qui sont responsables d’un affaiblissement de la reprise selon le président américain.
Les républicains se préparent déjà au défaut
Jusqu’ici, un défaut était impensable. Mais contrairement aux fois précédentes, les marges de manœuvre qu’a le Congrès sont désormais très réduites. Ne restent en effet possibles que des réductions des pensions de retraite ou de l’assurance santé des seniors.
Ce à quoi Barack Obama, qui avait mis en garde les républicains contre une “crise montée de toute pièce“, en juillet dernier, et les démocrates dans leur ensemble sont opposés. Ce qui fait dire aux analystes que cette fois-ci, le risque de défaut serait réel.
Pour l’heure, les investisseurs ont une telle confiance dans la signature des États-Unis qu’ils minimisent généralement le risque de voir Washington incapable d’honorer ses engagements. Mais un tel défaut ne manquerait pas de faire remonter en flèche les coûts du crédit, que la Fed, la banque centrale américaine, s’évertue à maintenir au plus bas pour favoriser la reprise.
De leur côté, certains républicains préparent un compromis visant à établir une liste des créanciers prioritaires au cas où le Trésor serait effectivement à court de liquidités. Une idée que rejette en bloc la Maison Blanche.
La Tribune

jeudi 31 mai 2012

Quand la finance internationale donne une leçon de démocratie à François Hollande

« Les pays qui sont en faveur des eurobonds devraient dévoiler (à leurs citoyens) comment ces instruments financiers vont entamer leur souveraineté fiscale », a déclaré aujourd’hui le président de la Bundesbank.
« La mise en commun des dettes est juste la face visible, tandis que le fédéralisme en est la face cachée. Les gouvernement qui sont en faveur (des eurobonds) « oublient » de le révéler », ajoutait Jens Weidmann.
« les Eurobonds ont pour conséquence de transférer encore plus de pouvoirs des Etats Européens vers un gouvernement national à Bruxelles » détaillait le Président de la Bundesbank et membre conseil de la Banque Centrale Européenne, qui déclare vertement être « de plus en plus irrité par les discussions sur les Eurobonds ».
« Même dans les pays dont les gouvernements demandent les eurobonds, la France par exemple, je ne vois pas de débat public ni de soutien public pour le transfert de la souveraineté nationale qui sera nécessaire après un tel choix. Et pourtant, c’est précisément le débat que nous devrions avoir » ajoute Weidmann.
Le Président Hollande veut forcer l’adoption de l’Eurobond, c’est à dire mettre en commun toutes les dettes de l’Europe, afin de pouvoir emprunter de nouveau, mais l’Allemagne est opposée à ce choix, car cela retire aux gouvernements la pression de faire les réformes qui s’imposent et de s’appliquer de l’auto-discipline.
Il est intéressant de constater que le nouveau Président Français, qui promet d’écraser la finance mondiale, se soit si vite tournée vers elle pour obtenir ses eurobonds, et que c’est précisément la finance mondiale qui lui rappelle que sa démarche piétine l a démocratie que son poste incarne.
Ce que le Gouverneur de la Banque Centrale Allemande ignore – mais comment pourrait-il le savoir – c’est que les socialistes (et ceux qui ont voté pour François Hollande), sont autant attaché au respect du processus démocratique, même pour un thème aussi fondamental que la souveraineté de la France, que moi de ma première chemise.
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© Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info