Le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, s'est livré à une nouvelle charge contre la Belgique, qu'il a accusée - sans la nommer explicitement - de vouloir faire de la République démocratique du Congo (RDC), une "nouvelle Libye", dans une référence à ce pays d'Afrique du nord plongé en plein chaos depuis le renversement de son dirigeant Mouammar Kadhafi en octobre 2011. "Mais vous êtes vous-mêmes témoins des prédictions apocalyptiques qui tombent chaque jour des quatre coins du monde, surtout de nos anciens colonisateurs qui ne rêvent que de nous voir peut-être disparaître ou bien faire de nous un nouveau Soudan, une nouvelle Libye ou une nouvelle Somalie", a-t-il affirmé jeudi dans une interview accordée au site d'informations Actualité.cd.
"Nous allons résister à cela. C'est ce que le Premier ministre (Bruno Tshibala, dont la nomination avait été critiquées par Bruxelles) a tenu à rappeler. Je pense que la volonté de tous les Congolais est dans ce sens là, a ajouté M. Mende, qui est aussi porte-parole du gouvernement.
En réponse à une question sur la référence à la Belgique dans ces propos, il a répondu "Vous avez bien compris parce que nous n'avons pas deux anciens colonisateurs. Je n'ai pas besoin de les nommer".
La tension s'est accrue entre Bruxelles et Kinshasa depuis la désignation en avril au poste de Premier ministre de M. Tshibala, un transfuge du parti d'opposition historique, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS).
Selon le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, cette désignation s'écartait "de la lettre et de l'esprit de l'accord de la Saint-Sylvestre", qui prévoyait la nomination d'un Premier ministre proposé par le Rassemblement des forces acquises au changement (Rassop), une vaste plate-forme de partis d'opposition créée par le défunt Etienne Tshisekedi wa Mulumba, l'opposant historique en RDC, décédé le 1er février dernier à Bruxelles.
Dans la foulée, la RDC avait décidé de suspendre la coopération militaire belgo-congolaise.
Lubumbashi a commencé le week-end dans le crépitement des balles et les cris des manifestants. « Les combattants Mai Mai étaient vêtus de costumes traditionnels, brandissaient des manchettes, des arcs et des flèches et ils criaient « Kata Katanga », nous raconte un ressortissant belge, encore sous le choc de la violence avec laquelle les forces de l’ordre ont dispersé quelque 300 manifestants.
Venus du Nord Katanga, les miliciens Mai Mai accompagnés de femmes et d’enfants sont entrés dans la ville par la commune de Ruashi, puis ont gagné la place de la poste, en plein centre-ville. « Ils marchaient, sans que rien ne les arrête » assure notre témoin, « et même lorsque les forces de l’ordre ont commencé à tirer, ils poursuivaient leur progression. C’est ainsi que l’on déplore au moins cinq morts dans les rangs des manifestants. »
Dans l’après-midi, alors que la panique était générale au sein de la population de Lubumbashi, quelque 150 miliciens Mai Mai se sont dirigés vers le siège de la Monusco où ils se sont rendus et ont été désarmés. La police a par la suite procédé au ratissage de la ville. D’après notre témoin, les manifestants, qui brandissaient le drapeau du Katanga ne scandaient pas de slogans politiques mais exprimaient plutôt un ras-le-bol social : « ils criaient : on n’en peut plus, nous ne sommes pas des esclaves »…
Le gouverneur du Katanga, M. Moïse Katumbi, s’est dit indigné par cette manifestation violente et il a promis de mettre ces miliciens à la disposition de la justice. Il a aussi évoqué des complicités politiques : « ceux que nous allons interroger vont citer des gens que nous allons arrêter… » Il apparaît en effet que derrière le malaise social, le Katanga traverse aussi une crise politique : la province du cuivre, l’entité la plus riche du pays, vit très mal la perspective d’être découpée en quatre provinces distinctes, très inégales sur le plan économique. Dans le Nord Katanga en particulier, berceau de la famille du président Kabila, les Balubakat redoutent d’être coupés du « Sud utile » où se trouvent les principaux gisements miniers générant l’essentiel des ressources de la province.
En outre, plusieurs « Balubakat » importants, comme le général John Numbi (mis en cause dans l’assassinat de Floribert Chebeya) ou le pasteur Mulunda Ngoy(critiqué à la suite des élections de novembre 2012) sont écartés du pouvoir tandis que le député de Pweto, Katumba Mwanke a péri dans un accident d’avion. Se sentant de plus en plus écartés du pouvoir présidentiel, dont ils ont été la matrice, des notables « Balubakat », dénonçant l’« ingratitude » du chef de l’Etat, laisseraient volontairement fermenter la révolte d’une base frustrée, qui craint d’être privée des progrès économiques de la province. Ce week-end, la révolte a gagné Lubumbashi, mais il y a déjà plusieurs semaines que le Nord Katanga affronte la révolte des Mai Mai…
There has been a lot of conjecture and speculation surrounding Bosco's "surrender" to the US embassy on Tuesday morning. In recent weeks, various parties to the conflict have been purposely spreading false information, which has made it difficult to parse the facts. Here are my own thoughts on some of these points.
Why did Bosco surrender? His time was up. On February 24, an internal battle had broken out among the M23, pitting Bosco's wing against that of Sultani Makenga (for more information about Bosco's career and the divisions within the M23 see the Usalama Project's briefing here). While Bosco led a large group of soldiers––at least 500 were reported to have crossed the border on 14 March––he was short on ammunition. After weeks of fighting, he decided to run.
The larger and perhaps more important question is: Why did the M23 implode? Divisions existed since the group's creation in April 2012, driven by ethnic considerations (Bosco is from the Gogwe sub-ethnic group, many of Makenga's officers are Banyajomba), historical differences (Makenga was close to Laurent Nkunda, whom Bosco replaced in January 2009), and struggles over money and power (each carried out promotions behind the other's back and set up separate tax structures).
The final straw, however, appears to have been the looming possibility of a peace deal, or at least Bosco's perception that one might take place. With an international arrest warrant looming over his head, and declarations by the Congolese government concerning his arrest, he knew that he would have no chance of re-integrating the Congolese army.
Nonetheless, important questions persist. Allegations abound, for example, that President Kabila exacerbated the divisions with bribes. But which side did he bribe––each accuses the other for having received blood money.
Rwanda's role is also curious. Reliable reports point to Rwandan backing for the M23 up until the capture of Goma on November 20, 2012. Since then, however, support appears to have declined (perhaps also because there has been a de facto truce with the Congolese army during the Kampala negotiations). However, if the Rwandan army had wanted to prevent the implosion, they most likely could have. Also, if they had wanted to solve Bosco's ammo problem, they could have easily sent bullets and mortar rounds across the border. So why didn't it? Had the aid cuts affected its view of the conflict, and the M23 squabbles looked like a way out?
How did Bosco get to the US embassy? Again, there appear to be more questions than answers. It is obvious that Bosco thought his choice was the ICC or probable death––but at the hands of whom? And was it his choice to make?
The first version, supported by many current and former M23 soldiers, has Bosco crossing the border along with the rest of his troops, probably on 14 or 15 March, being arrested by the Rwandan army and debriefed. They then decided that they didn't want yet another Congolese rebel under house arrest in Rwanda––Laurent Nkunda and Jules Mutebutsi are enough of a headache, and Bosco's ICC warrant would certainly make him a more difficult case.
But why would the Rwandan government hand Bosco over to the US embassy, where he immediately asked to be transferred to the ICC? The Rwandan government opposes the ICC, and is probably concerned by some of the revelations that Bosco could make on the stand. After all, Kigali backed the UPC armed group for whose crimes Bosco is now answering, as well as the CNDP and M23. If this version is correct, it may be that Rwanda was not left any good options and preferred Bosco being sent to the ICC than having him sit around under house arrest in Rwanda (or worse). After all, Bosco's former UPC boss Thomas Lubanga stood trial for 5 years without any revelations being made about outside support to his group.
The second version, supported by ex-CNDP officers, diplomats and Congolese and Rwandan intelligence agents, suggests that Bosco slipped across the border, evading detection and eventually arriving at the US embassy in downtown Kigali. According to this version, he took advantage of his contacts in the Rwandan army, as well as his ethnic kin and family in Ruhengeri, to escape arrest. There have even been reports of Rwandan intelligence agents being arrested for failing in their duties to detect him.
True? Hard to say––Bosco does have friends and family in Rwanda, as well as a lot of money. But if he wanted to hand himself over to the ICC, why not just go to the MONUSCO base in Kibati (just north of Goma), which was under his control up until the last minute? It would probably have been safer for him. And could he really escape detection by Rwandan security services, who have extensive contacts with M23 members and good control over their own country?
Will he be transferred to the ICC? Yes. There has been a lot of conjecture about the fact that the US is not signatory of the Rome Statute; Congolese analysts have also been suggesting that since the US is an ally to Rwanda, they might not want to transfer him, or that he will have to get from the US embassy to the airport, going through Rwandan territory.
At the end, none of this matters or is accurate. The Obama administration has not signed the ICC (it thinks it would be difficult to push it through domestically), but it backs the court. The expansion of the Rewards for Justice program last year to include individuals indicted by the ICC was an expression of that support––and it put a $5 million reward on Bosco's head (no one is thought to have picked it up, however). And President Kagame has now said that it will not block Bosco's extradition. So it's just a matter of time. What will the impact be of his transfer to the ICC? In part, it strengthens Makenga's hand––he is now rid of a large faction of his officers and political leaders who had been a thorn in his side. While he has probably lost over a third of his troops to death or defection, he has rationalized his military chain of command and now has more reliable politicians to represent him in Kampala. While he is now rid of all of the officers with serious legal problems (except himself), it is unclear whether this will result in a peace deal in Kampala. M23 delegates say that they can't accept the terms proposed by Kabila, which amount to integration with almost nothing in return. In particular, they insist on good ranks, political positions, the return of refugees, and a generous amnesty. As one of Makenga's officers told me today, just before a meeting of the officer corps, "Alituambia: vita ingali. Kungali njia mrefu." (He told us: there is still war. The road is still long).
On the other hand, Rwanda emerges with a boost to its reputation. While it isn't clear what role it played in Bosco's surrender, at the very least they signed off on the implosion of the M23, which makes it look like their are more part of the solution than the problem. In recent weeks, the World Bank has disbursed $50 million of the cut aid, and other donors may soon follow suit.
What will happen at the ICC? Bosco is reportedly more of a slam dunk that other cases currently being tried. Given his direct involvement in military operations, there is strong evidence against him for the Ituri crimes (rape, recruitment of child soldiers, murder, pillage). In addition, the prosecutor will seek to add charges related to his time as chief of staff of the CNDP (2006-2009).
So, in sum, Bosco's arrest won't bring peace to the eastern Congo, but Bosco's arrest does spell a victory in the battle against impunity and the dismantling to one of the barriers to a peace process in the country.
S’agit-il d’un tournant dans la guerre à l’Est du Congo ou d’un nouveau leurre ? Une fraction du mouvement rebelle du M23, considérée comme l’aile dure, a franchi samedi matin la frontière du Rwanda à la hauteur de Goma. Une soixantaine d’hommes de troupes ont été publiquement désarmés avant d’être acheminés dans des camps militaires rwandais, à Kibumba entre autres. Cette débandade avait été précédée de combats très violents du côté de Kibumba, où les hommes de Bosco ont enregistré 150 tués et ceux de Makenga une cinquantaine.
Quant aux officiers, ils ont été accueillis par leurs homologues rwandais : les colonels Ngaruye, Rwagati, Badege, Muhirwe, Karagwa, Nyabirungu ont été envoyés à Gisenyi par l’armée rwandaise
Le Congo serait-il un pays trop grand ? C’est la question qui circule dans les milieux intéressés par l’actualité africaine. Il s’agit malheureusement d’une mauvaise question qui ne mérite pas de réponse positive. Ce serait le déclenchement d’une nouvelle catastrophe. Sur place, les Congolais manifestent et rappellent qu’ils tiennent fermement à la préservation de leur nation, diverse, mais unie, qu’ils ont tissée et consolidée depuis plus d’un siècle. Les frontières de la RDC datent, en effet, de la conférence de Berlin de 1884-85. Depuis, le pays a traversé énormément d’épreuves, mais son peuple a toujours rappelé qu’il tient à rester « uni ».
Malheureusement, la pression n’a jamais cessé, et les Congolais se retrouvent à nouveau face à la question récurrente de la taille de leur pays. On parle de « balkaniser » le Congo, terme inapproprié, puisqu’il s’agit, en réalité, de « démembrer » le Pays de Lumumba, pour concéder une partie de son territoire au Rwanda de Paul Kagamé. Une folie.
Le 2 août dernier, les chrétiens, à l’appel des évêques, ont manifesté[1] pour rappeler qu’ils tiennent fermement à l’unité du pays et qu’ils ne concèderont jamais à l’idée d’une perte de territoire au profit de qui que ce soit.
La difficulté du peuple congolais est qu’il se retrouve dans un moment historique extrêmement délicat par rapport à la capacité de ses dirigeants. Selon le Professeur Jef Maton de l’Université de Gand[2], le Département d’Etat a déjà presque tourné la page. Les Américains (ils se trompent) ne voient aucun leader congolais capable de garantir la viabilité du pays. Même Barack Obama, qui avait beaucoup milité pour la préservation de ses frontières avant son entrée à la Maison Blanche, ne parle plus du Congo.
Sur le front militaire, on assiste à des scènes absolument ahurissantes. Des unités entières, pourtant appuyées par les casques bleus, désertent tout bonnement le front au premier coup de feu ennemi. Dans leur fuite, les soldats s’introduisent dans les habitations de leurs propres compatriotes et pillent de pauvres gens qu’ils sont censés protéger. Le pays n’a pas de culture militaire. Malgré d’immenses sommes englouties chaque année, il n’a jamais eu de véritable armée. Même le Maréchal Mobutu, à l’époque, au sommet de sa splendeur, devait faire appel à l’armée royale marocaine et aux commandos français pour venir à bout des insurrections dans la province stratégique du Katanga. Lorsque tout ceci sera fini, les Congolais devront, peut-être, se rendre à l’évidence et faire comme le Costa Rica[3]. Mais il s’agit là d’un autre débat.
Le pays a toutefois un peuple et tient à le rappeler.
Plusieurs maquis dans le Kivu tentent de contenir les agressions extérieures, et l’Eglise catholique, le plus grand culte du pays, se mobilise. Autour des régions de Goma et Bukavu, les Congolais s’organisent en mouvements de résistance structurés autour des groupes ethniques. Ils sont persuadés que l’arrivée de l’armée tutsie rwandaise serait l’occasion de nouveaux carnages. Les aventures militaires du Rwanda ont déjà coûté la vie à six millions de Congolais et une nouvelle incursion, quelle qu’en soit la motivation, ne serait que la répétition des tragédies d’un passé encore frais dans la mémoire.
La marche des chrétiens organisée à l’appel des évêques a ainsi drainé des milliers de Congolais dans les rues pour dire « non à la tentative de balkanisation » du pays. C’est sûrement le dernier acte avant le désastre.
Mais pourquoi essayer de démembrer le Congo ?
Les partisans du démembrement avancent l’argument selon lequel le Congo serait trop grand pour être gouvernable. Pourtant il y a au monde des pays plus grands et plus petits. Le Congo figure à la 11ème place pour sa taille et à la 19ème place pour sa démographie. Plusieurs pays, plus grands que le Congo, sont bien gouvernés malgré leur taille (Russie, Canada, Inde, Chine, Brésil,…) alors que de nombreux pays plus petits que le Congo (Somalie, Irak, Afghanistan…) sont dans un état de gouvernance beaucoup plus désastreux que celui du Congo.
Par ailleurs, à l’intention des apprentis sorciers qui jouent avec le feu, essayer de briser les frontières du Congo remettrait en cause l’ensemble des frontières du Continent noir, en commençant par les neufs pays frontaliers. Il va y avoir d’interminables guerres puisqu’on n’arrivera jamais à situer le tracé des « nouvelles entités ». Les Congolais se marient et se mélangent depuis des siècles. Aucune tribu n’a jamais essayé de se « préserver ». Il n’y a donc jamais eu de « nation » à l’intérieur du pays, sur l’exemple des nations du Balkan ayant préexisté au démembrement de l’ancienne Yougoslavie. Essayer de bricoler des nations artificielles plongerait la région dans un cycle de violences et de guerres tribales remontant, pour certaines, à l’époque de la Traite négrière.
Par ailleurs, en dehors du Congo, les Congolais ne se voient pas prospérer dans un autre espace national. S’ils sont absorbés par le Rwanda ou l’Angola, ils deviendraient des sous-citoyens alors qu’ils ont aujourd’hui leur pays. Ils deviendraient une sorte d’Indiens pour le Rwanda qui aurait conquis un « Lebensraum » (espace vital)[4] ou de malheureux Aborigènes pour l’Angola qui, avec l’affaire des incursions répétés[5] et du pétrole[6] illégalement exploité, tient les Congolais en piètre estime. Le grignotage du pays a déjà commencé, mais le tracé frontalier est toujours garanti par le droit international et les archives des anciennes puissances coloniales (Belgique, Portugal, France). Mais surtout par une lame de fond patriotique qui traverse le pays d’un bout à l’autre.
Le projet de balkanisation du Congo risque donc de se heurter à une réalité toute bête : la « conscience nationale ». Les Congolais sont convaincus que s’ils cèdent un centimètre de leur territoire, le nouvel Etat qui serait créé ne serait intéressé que par le sous-sol et sacrifierait les populations. La peur de se faire « bouffer ».
Enfin, et c’est ce qu’il y a de plus banal, le Congo, objet de tant de convoitises, est avant tout l’« habitat » de son peuple. Boniface MUSAVULI
[3] Le Costa Rica est un pays neutre, le premier pays à avoir constitutionnellement supprimé son armée. Le Congo, qui n’a pas de culture militaire, pourrait peut-être négocier des traités de paix avec ses neuf pays limitrophes sous l’égide de l’ONU et confier la défense du territoire à une grande puissance comme la France qui protège militairement ses anciennes colonies d’Afrique ou l’Arabie saoudite protégée par les Etats-Unis aux termes de l’accord du Quincy.
Joseph Kabila a rompu le langage diplomatique pour tancer le Rwanda. Au cours de son allocution, tenue samedi soir à la télévision publique, le président congolais a dénoncé le soutien de Kigali aux mutins du M23. Ce dernier met sur la table trois pistes pour sortir du conflit dans le Nord-Kivu : militaire, politique et diplomatique.
L’étau se resserre sur le Rwanda. L’Onu a réitéré ce dimanche ses accusations condamnant le soutien de Kigali aux mutins du Mouvement du 23 mars (M23). Ce vendredi, les Pays-Bas ont suspendu temporairement les cinq millions d’euros d’aide au développement destinée au Rwanda. Dimanche 22 juillet, les Etats-Unis avaient décidé de ne pas allouer, comme prévu, les 200 000 dollars (164 000 euros) de fonds accordés pour le financement d’une école militaire rwandaise. « En gelant leur aide militaire au Rwanda, les Etats-Unis ont mis fin à leur idylle débutée il y a 15 ans avec le régime du président Paul Kagame [...] », souligne l’AFP. Ces réactions en cascade de la communauté internationale ont donné des ailes au Président Joseph Kabila. Kabila accuse le Rwanda
Le président congolais a rompu le langage diplomatique pour tancer le Rwanda. Au cours de son allocution, tenue samedi soir à la télévision publique, il a dénoncé le soutien de Kigali aux mutins du M23. Ce dernier met sur la table trois pistes pour sortir du conflit dans le Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). « On a déjà officiellement demandé aux Ougandais de nous expliquer exactement ce qui se passe et la réponse à cette demande est que l’Ouganda n’a rien à voir. », a déclaré Joseph Kabila, rapporte RFI. « Quand à la présence du Rwanda, c’est un secret de polichinelle. », s’est exclamé le président congolais. Et de conclure « Alors, est-ce que la diplomatie peut être une solution ? De toutes les façons, il y a ces trois pistes de solution : militaire, politique et diplomatique. Ça peut être les trois à la fois ». Le rapport de l’ONU, publié mardi 26 juin, est catégorique. Les experts des sanctions des Nations Unies accusent le Rwanda de soutenir les mutins du M23, en leur fournissant « des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues ». Le démenti ferme de Kigali n’avait pas calmé l’ire de Kinshasa. Même si, depuis, les relations entre les deux pays s’étaient réchauffées notamment le samedi 14 juillet lors du sommet des chefs d’Etats du conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu à Addis-Abeba, en Ethiopie.
Si Joseph Kabila s’est montré ferme avec le Rwanda. Il n’a pas non plus évoqué d’éventuelles négociations avec les mutins du M23, ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Des négociations avec les mutins du M23 ?
Les autorités congolaises du Nord-Kivu l’auraient fait à sa place. D’après RFI, « Kinshasa demande une évaluation des accords du 23 mars, signés avec l’ancienne rébellion du CNDP qui constitue l’actuel M23, en présence d’une médiation internationale [...] une position relayée par le gouverneur du Nord-Kivu [...] le porte-parole du M23 se dit satisfait de cette position mais il ajoute de nouveaux points [...] ».
Les mutins du M23 reprochent à Joseph Kabila de ne pas avoir respecté les accords de paix. Ils réclament la pleine application du traité signé le 23 mars 2009. Pour rappel, entre les mois de mai et juin, les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les mutins du M23 ont provoqué le déplacement de plus de 200 000 personnes, dont 30 000 qui se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda, deux pays frontaliers de la RDC.
Selon la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), environ 2 000 personnes ont fui ce jeudi ces combats, dont une partie se dirige vers Goma, la capitale du Nord-Kivu. Ce vendredi, les affrontements se sont poursuivis dans la province.
Le processus électoral en République démocratique du Congo, où le président Joseph Kabila est en lice face à une opposition divisée, aborde une dernière ligne droite périlleuse, entre crainte de violences et contraintes logisitiques pour tenir les délais. La question du maintien de la date du 28 novembre pour la tenue de la présidentielle et des législatives -les deux à un seul tour- demeure.
62.000 bureaux de vote sontun casse-tête logistique 32 millions d'électeurs sont attendus pour ces scrutins. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la Mission de l'ONU (Monusco), qui apporte un appui logistique, sont désormais sous forte pression.
L'avion a récemment été préféré au bateau pour acheminer le matériel
L'autre inquiétude concerne la sécurité, après des tensions et violences enregistrées début septembre lors de manifestations à Kinshasa du parti d'opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), dont l'un des partisans a été tué après la dispersion d'un rassemblement par la police.
Onze candidats L'UDPS accuse la Céni de manquer de transparence et prévoit à nouveau de manifester le 22 septembre devant le siège de la Commission. A l'approche de la présidentielle, la popularité des principaux postulants, du moins dans la capitale Kinshasa, a pu se mesurer au nombre de partisans venus les accompagner au dépôt de leur candidature.
Le leader de l'UDPS et opposant historique Etienne Tshisekedi, 78 ans, a fait jeu égal avec le chef de l'Etat Joseph Kabiladevant Vital Kamerhe et Léon Kengo