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jeudi 13 février 2014

Livre Rwanda - Un génocide en questions Bernard Lugan

 

Le 6 avril 1994, l’avion qui transporte les présidents du Rwanda et du Burundi est abattu à Kigali par un tir de missile. Le lendemain de l’attentat, un gigantesque massacre prend pour cible la minorité tutsie, accusée d’être responsable de la mort du président de la République rwandaise. Une flambée de violence embrase le pays. En un peu plus de trois mois, quelque 800.000 Tutsis sont exterminés à coups de machette.
Les Européens, tétanisés par des photos de vastes charniers, apprennent alors le nom de cette ancienne colonie belge où se déroule le dernier génocide de ce XXe siècle finissant.
Quelque vingt ans plus tard, le Rwanda défraie de nouveau l’actualité française. En ce début de février 2014 s’ouvre à Paris le procès d’un officier rwandais accusé de « complicité de génocide et crime contre l’humanité ».
Les internautes fréquentant Boulevard Voltaire connaissent Bernard Lugan. Ils ont eu l’occasion de lire les derniers ouvrages de cet historien spécialiste de l’Afrique. L’un d’eux, « Les Guerre d’Afrique », vient de recevoir le prix Raymond-Poincaré 2013. Il était logique que ce professeur à l’École de guerre, à Paris, se penche sur l’histoire du génocide rwandais. Notre ami a d’autant plus raison d’étudier ce drame qu’il a été l’objet d’une incroyable campagne d’accusations contre la France et son armée. Cette dernière fut rendue responsable de tous les péchés du monde. Elle était coupable. Elle était complice des bourreaux, des assassins, et de toutes les malversations possibles et imaginables. Bernard Lugan se donne la noble tâche de remettre les faits à l’endroit. Ce faisant, il bouscule rudement bien des clichés et démonte des assertions tout à fait fallacieuses.
En octobre 1990, le président Mitterrand décide l’intervention de la France au Rwanda. Devant l’accroissement des troubles, des renforts sont envoyés en juin 1992, lesquels quitteront le pays en décembre 1993. À la suite des massacres de masse perpétrés après l’attentat contre le président, le Conseil de sécurité de l’ONU autorise, le 22 juin 1994, la France à intervenir afin de protéger les populations. L’opération Turquoise débutera dès le lendemain.
L’armée française fut dès lors accusée de partialité. Dans une guerre à la fois ethnique et révolutionnaire, elle aurait été censée être favorable aux génocidaires. Les accusations sont tellement excessives qu’elles dépassent, par leur ampleur, un antimilitarisme convenu dans toute une presse si éprise de vertu et d’humanisme qu’elle en perd parfois la raison.
De fait, une certaine opacité plane toujours sur les tenants et aboutissants de ce génocide. Les lecteurs s’intéressant à l’histoire de ce malheureux pays ont du mal à comprendre l’inaction des divers gouvernements français dans la traque aux génocidaires dont un certain nombre (de prétendus réfugiés) coulent des jours paisibles sur notre sol. Ce trouble ne se dissipe pas avec le procès qui vient de s’ouvrir devant la cour d’assises de Paris à l’encontre du capitaine Pascal Simbikangwa. Vingt ans après, on plonge de nouveau dans la tragédie.
On ne peut oublier que de nombreux Hutus furent jugés et condamnés pour leur participation au génocide. Ils le furent en Norvège, en Belgique, en Allemagne. Comment expliquer la cécité de la France ? D’une justice bien silencieuse, on est en droit de se demander si elle ne fut pas bâillonnée.
 

mercredi 30 octobre 2013

RDC – La reconquête militaire et les leçons du passé

Les évènements se sont accélérés ce week-end dans l’Est de la République Démocratique du Congo. L’armée nationale a repris du terrain face aux combattants du M23, malgré les renforts dont ce mouvement a pu bénéficier de l’étranger. En l’espace de trois jours, les villes de Kibumba, Kiwanja et Rutshuru sont passées sous contrôle des FARDC. Dans la liesse populaire se lit l’espoir d’une fin victorieuse de la guerre. Mais les choses ne sont pas aussi simples, et les scenarios d’un retournement de situation devraient être gardés à l’esprit. Le péril pourrait essentiellement venir des « pays voisins », comme par le passé. L’ambassadeur du Rwanda à l’ONU a déjà annoncé que Kigali était prêt à lancer une opération dans l’Est du Congo. Le péril pourrait tout aussi venir des autorités congolaises elles-mêmes ou d’un acteur insoupçonnable : la « communauté internationale ».
En effet, ce conflit, qui dure depuis 1996, a connu tellement de rebondissements qu’aucune victoire, d’un côté comme de l’autre, n’est jamais à prendre pour un acquis définitif.

Le péril rwandais
Pour des raisons diverses, l’armée rwandaise se bat déjà dans l’Est du Congo sous couvert du M23, mais il s’agit d’un engagement non officiel. On piaffe d’impatience à Kigali pour intervenir officiellement. Il faudrait pour cela un motif internationalement acceptable. En août dernier, l’armée rwandaise était aux portes de Goma, déployée dans la ville voisine de Gisenyi. Il s’agissait de riposter aux tirs d’obus qui avaient frappé le territoire rwandais et que Kigali attribuait à l’armée congolaise.
L’astuce n’avait pas marché puisque de hauts responsables de l’ONU avaient démenti que les tirs aient pu être le fait des soldats congolais. Ils provenaient des positions du M23, c’est-à-dire des unités rwandaises officieusement déployées au Congo. En d’autres termes, des soldats rwandais qui tirent sur leurs propres populations pour se procurer un motif légitime d’intervention dans l’Est du Congo. C’est un machiavélisme dont la révélation a nettement ruiné la crédibilité internationale du régime actuel de Kigali. Mais il semble qu’il n’a pas encore élaboré un autre scenario puisque l’ambassadeur du Rwanda à l’ONU a, à nouveau, parlé de tirs sur le territoire rwandais pour essayer de justifier une possible intervention des RDF dans l’Est du Congo.
Difficile de convaincre l’opinion internationale avec un stratagème comme celui-là. Mais dans une guerre, tout peut arriver. Un massacre médiatisé, par exemple, pourrait tout changer et ouvrir la voie à une intervention militaire étrangère. Au nom de la protection d’une « minorité en danger »… C’est le genre de « coup monté » dont une nation en guerre n’est jamais à l’abri. Encore moins face à un régime capable de tirer des obus sur sa propre population sans s’embarrasser de la présence d’une mission de l’ONU dans la région.
Le péril congolais
La hiérarchie de l’armée congolaise a encore beaucoup à démontrer pour mériter la confiance de la population. Plusieurs opérations militaires ont été compromises par la hiérarchie elle-même qui donnait des ordres contradictoires et démobilisait les troupes. A titre d’exemple, on peut rappeler, qu’en juillet 2012 les FARDC avaient réussi à repousser le M23 jusqu’à Bunagana. Des ordres contradictoires arrivèrent de Kinshasa entraînant l’arrêt des opérations. Le M23 en profita pour accumuler des renforts. Le 06 juillet 2012, les Congolais furent surpris par une offensive qui aboutit à la prise de Goma, quatre mois plus tard.
Cette hiérarchie-là, voire le régime tout entier de Joseph Kabila, n’offre aucune garantie sur le fait que les territoires repris aujourd’hui, par les soldats, au prix de leurs vies, ne seront pas perdus demain à l’instigation des individus haut-placés. Il est même arrivé que les soldats reçoivent l’ordre de se retirer d’une ville et d’abandonner leur propre population entre les mains improbables du M23. C’est ce qui s’est passé en mars dernier, justement, à Rutshuru et Kiwanja.
Les Congolais ont ainsi un vrai problème avec leurs autorités actuelles, et pas seulement.
Le péril de la « communauté internationale »
La communauté internationale au Congo, symbolisée par la Monusco, joue un jeu assez trouble. Ainsi en août dernier, alors que l’armée congolaise était au point d’en finir avec le M23, des voix s’étaient élevées pour obtenir un arrêt des combats et pour pousser les Congolais aux pourparlers de Kampala. Deux mois plus tard, ces pourparlers se révèlent avoir été orchestrés uniquement pour procurer du répit au M23 et lui permettre de se ressourcer militairement et financièrement. En tout cas, dès le départ, les revendications du groupe armé n’avaient aucune chance d’aboutir.
Le Congo ne peut pas prendre un nouveau risque politique et sécuritaire d’intégrer dans son armée des individus issus de mouvements armés, nombreux étant des combattants étrangers à la loyauté incertaine. Par ailleurs, les membres du M23 étant impliqués dans des crimes imprescriptible, une éventuelle amnistie qui leur serait accordée serait un acte politique difficile à gérer par les autorités de Kinshasa. Dès lors, on ne comprend toujours pas ce que de nombreuses personnalités de la communauté internationale entendent par « solution négociée ».
Le patron de la Monusco, Martin Kobler, a encore répété à Kiwanja que la « seule solution » était politique, faisant échos au propos des responsables du M23 qui réclament le retour aux pourparlers de Kampala. Sous peine, ont-ils menacé, de mener une offensive généralisée contre le Congo. Une offensive qui serait, bien entendu, le fait des armées du Rwanda et de l’Ouganda. Derrière les deux pays, les Congolais le savent maintenant, opèrent des réseaux impliquant indirectement les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Ce qui amène à un autre péril : le temps et l’agenda international.
Surveiller l’agenda international
Les Congolais ont tout à craindre de l’agenda international. Les attaques contre le pays interviennent systématiquement pendant que l’opinion internationale est absorbée par une actualité « importante ». Les récentsbombardements de la ville de Goma se sont produits fin août dans la fièvre internationale autour d’imminents bombardements de la Syrie par les Etats-Unis. Ce qui, au passage, a fini par trahir une évidente coordination opérationnelle entre les Etats-Unis et le M23 par Rwanda et Ouganda interposés.
Il faut également rappeler que la ville de Goma était tombée entre les mains du M23 pendant la réélection de Barack Obama et que l’offensive qui avait mené aux fameux accords du 23 mars 2009 avait été lancée durant la campagne présidentielle américaine de 2008.
Les Congolais devraient ainsi surveiller l’actualité américaine tout en gardant un œil sur leurs inquiétants « voisins de l’Est ».
Pour le moment, la plus grande menace à redouter se situe fin 2016, dans la foulée de la succession à la Maison Blanche. Il n’est pas, pour autant, exclu qu’un grand évènement médiatique ne se produise d’ici-là. Une« opportunité » dont Kampala et Kigali ne manqueraient pas de profiter pour mener une nouvelle opération au Congo et forcer les Congolais à se soumettre aux négociations avec le M23.
En définitive, s’il faut aujourd’hui reconnaître aux soldats congolais, longtemps humiliés et dénigrés, un incontestable sursaut de dignité, il ne faut pas perdre de vue les risques, bien réels, d’un dramatique retournement de situation.
Boniface MUSAVULI

mardi 29 octobre 2013

RDC: les rebelles du M23 seraient «quasiment» finis militairement

Presque toutes les positions du M23 ont été abandonnées hier », a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU par vidéo-conférence le chef de la mission des Nations unies au Congo (Monusco), Martin Kobler : « Cela marque quasiment la fin militaire du M23 ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence lundi après-midi pour examiner la situation en RDC, après la reprise des combats dans l’est du pays, au cours desquels un Casque bleu tanzanien a été tué.

Les forces gouvernementales ont repris le contrôle

« On peut dire aujourd’hui que le M23 est militairement fini. L’attaque conduite par les forces armées de la République démocratique du Congo avec le soutien de la Monusco a été un succès », a déclaré pour sa part l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud, à l’issue de cette réunion.
« La plupart de positions tenues par le M23 ont été reprises par les forces armées de la République démocratique du Congo. Tout le monde a conclu que nous devions revenir à la table de négociations à Kampala », a-t-il ajouté.
L’armée congolaise, épaulée par les Casques bleus de l’ONU, a infligé depuis vendredi revers sur revers aux combattants du M23 dans l’est de la RDC, où la zone sous le contrôle de la rébellion se réduit considérablement.

L’Ouganda et le Rwanda accusés de soutenir les rebelles

Les combats entre le M23 et l’armée avaient repris vendredi, après environ deux mois de trêve, et quatre jours après la suspension des pourparlers de paix entre les deux camps, qui se déroulent à Kampala.
L’ONU et Kinshasa accusent régulièrement l’Ouganda et le Rwanda, qui le démentent, de soutenir les rebelles, dont les combattants, selon des sources militaires étrangères, seraient dorénavant moins d’un millier.
Le Mouvement du 23 Mars (M23) est né d’une mutinerie, en avril 2012, d’anciens rebelles essentiellement tutsi, intégrés dans l’armée en 2009 après un accord de paix. Il a contrôlé jusqu’à 700 km carrés limitrophes du Rwanda et de l’Ouganda.

lundi 9 septembre 2013

Guerre au Kivu : Un conflit causé par le lobby juif

Avant de condamner les USA il faut en savoir le mode opératoire aussi bien pour leur peuple que pour le monde entier. Les USA sont controlés par les cartels puissants des riches et non necessairement par le Gouvernement. Les preuves sont multiples en soutient à notre constat. Le conflit congolais avec le Rwanda et l'Ouganda est plus causé par le lobby juif avec des amis américains et autres internationaux dont certains se retrouvent dans l'Administration politique Américaine, Britanique, Canadienne, Allemande, Belge, Sud Africaine etc. Et le Président des USA à lui seul et quelques uns de ses collaborateurs ne peuvent pas évincer ces cartels puissants. C'est pourquoi tous ceux et celles qui défilent auprès de l'administration Américaine pour espérer prendre le pouvoir en RDC perdent leur temps et leur énergie. Par contre si le people congolais se décide et se soulève contre les forces négatives au pays, et vu le niveau actuel de la diplomatie de la Diaspora congolaise, il y a beaucoup d'espoir pour réussir. Courage !
[Daniel Mamba Tshiamba]
LU POUR VOUS "Crimes,organisés en Afrique centrale" & Guerres et massacres au Congo : faut-il « surveiller » les Américains ?

Guerres et massacres au Congo : faut-il « surveiller » les Américains ?

A priori deux pays et deux peuples n’ayant rien à voir l’un avec l’autre. La République Démocratique du Congo et la Syrie. Sauf d’être les cibles concomitantes de l’Amérique et de ses alliés militaires. Quelles que soient les explications qui pourront être fournies pour justifier ces actions, les Etats-Unis se révèlent être un empire militaire assez inquiétant. Mais l’occasion tombe à point nommé. Il était temps de savoir ce que subit un peuple, les Congolais, meurtri de façon récurrente dans le silence de la communauté internationale par deux alliés des Etats-Unis.
Les attaques rwando-ougandaises devaient être menées juste pendant que Washington « absorbe » l’actualité internationale. Il a fallu du temps pour relever de troublantes coïncidences entre les emballements médiatiques déclenchés par Washington et les déclenchements des opérations armées contre le Congo à partir du Rwanda et de l’Ouganda, deux puissants alliés du Pentagone en Afrique accueillant des coopérants militaires américains. La dernière semaine du mois de septembre a été marquée par une montée de fièvre, Washington s’apprêtant à mener des frappes contre la Syrie.
C’est exactement le moment que choisit le Rwanda pour dépêcher plusieurs bataillons sous le couvert du M23 dans l’Est du Congo et bombarder la ville de Goma en violation de plusieurs règles du droit international dont la Charte de l’ONU prohibant les actes d’agression et les dispositions du Statut de Rome sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité (bombardement des populations civiles). L’opération est « heureusement » un tragique fiasco pour Kigali, l’armée congolaise et les troupes tanzaniennes de la brigade d’intervention de l’ONU ayant réussi à repousser l’agression. C’est aussi le moment que choisit l’Ouganda, à la grande surprise des Congolais, pour franchir la frontière et occuper le territoire de Mahagi au Nord-Est du Congo. La violence des attaques et leur coordination interpellent. Hasard de calendrier ? Sûrement pas.

De troublantes coïncidences

Il y a près d’un an, en novembre 2012, les armées rwandaise et ougandaise avaient lancé une opération éclair dans l’Est du Congo sous couvert du M23 qui se termina par la prise de Goma. Personne n’avait relevé que les médias internationaux étaient absorbés par la campagne présidentielle américaine. On avait tenu l’opinion internationale en haleine sur une possible défaite de Barack Obama face à Mitt Romney, juste ce qu’il faut pour passer sous silence la fulgurante opération que les deux alliés militaires des Etats-Unis, Museveni et Kagamé, menaient dans l’Est du Congo. Un hasard de calendrier là aussi ?... Certainement pas.
En tout cas, les coïncidences se multiplient et ne laissent guère de place à l’hypothèse de simples hasards de calendrier.
Il y a cinq ans, en octobre-novembre 2008, le CNDP, l’ancêtre du M23, moribond quelques semaines seulement auparavant, s’était révélé d’une puissance de feu étrangement déroutante. L’armée congolaise fut balayée au bout de quelques jours de combats. Des milliers de soldats et de civils congolais furent jetés dans la nature, terrifiés par des massacres comme celui de Kiwanja. Les autorités congolaises signèrent un véritable acte de capitulation que sont les fameux accords du 23 mars 2009 et acceptèrent, sur instruction de l’administration Obama[1], l’entrée des bataillons rwandais sur le territoire congolais. Officiellement pour traquer les rebelles hutus rwandais des FDLR. L’accord fut en réalité un piège qui permit au Rwanda de disposer d’une véritable armée parallèle dans l’Est du Congo comme cela a fini par être révélé. Une armée de chevaux de Troie en mission pour drainer les minerais de l’Est du Congo vers le Rwanda[2] où s’activent des multinationales impliquées dans le trafic des minerais de sang[3], anglo-saxonnes pour la plupart.
Ce qu’on a oublié de relever, c’est que cette humiliante déroute de l’armée congolaise se produisit au moment où le « monde entier » accompagnait le premier président noir à la Maison Blanche. Personne n’aurait imaginé que pendant ce grand moment de frénésie planétaire aux cris de « yes we can », des mains occultes orchestraient un énième carnage dans l’Est du Congo, à l’insu de l’opinion internationale. Une fois la fièvre électorale retombée aux Etats-Unis, plus un seul coup de feu ne fut tiré par les combattants rwando-ougandais. Du moins, jusqu’à la « prochaine occasion ».

Les mystères de la Première Guerre du Congo

Ça commence à faire beaucoup. Il semble que dès la Première Guerre du Congo, il fallait relever le lien entre les grands moments de l’actualité internationale « orchestrée » par les Etats-Unis et le lancement des opérations militaires contre le Congo.
En effet, on s’est longtemps demandé comment un pays de la taille du Rwanda, qui sortait d’une guerre qui l’avait saigné sur le plan démographique et ruiné sur le plan économique, a pu acquérir la capacité de terrasser un mastodonte de la taille du Zaïre (90 fois plus grand que le Rwanda) et mené ses troupes jusqu’à Kinshasa, en moins de six mois. Les recherches entreprises plus tard ont révélé que plusieurs pays avaient été mêlés à l’atroce « aventure ». Mais la vitesse avec laquelle cette coalition s’était formée laissait perplexe. Des mains secrètes avaient tout entrepris pour que des Rwandais, des Ougandais, des Burundais, des Angolais, des Zimbabwéens, et surtout des Américains, des Britanniques et même des Israéliens se retrouvent tout d’un coup ensemble, à ce moment précis, pour mener l’assaut contre le Zaïre du Maréchal Mobutu.

Là aussi, un hasard de calendrier ? Surtout pas !

Le « monde entier » était alors scotché devant les écrans pour « accompagner » Bill Clinton vers son second mandat face au républicain Bob Dole. Personne, ou presque, ne prêta attention à la boucherie qui se déroulait dans les forêts du Congo et à une intense, mais discrète, activité de l’armée américaine dans la région des Grands Lacs. Personne n’avait prêté attention à l’intérêt croissant des Etats-Unis pour les ressources du Continent africain, exprimé quelques années plus tôt par l’administration Clinton et aux effets dévastateurs que ces intérêts étaient au point de produire sur le Congo, pays particulièrement visé par Washington. Personne ne prêtait attention aux dirigeants avec qui les Etats-Unis faisaient alliance en Afrique (Museveni et Kagamé) et à la calamité qu’ils mijotaient contre le Congo et qu’il a fallu quelques années pour commencer à comprendre[4].
Lorsque la pression médiatique retombe, et que Bill Clinton finit de s’installer confortablement dans son second mandat, le dernier coup de feu a été tiré au Congo. Tout redevient calme. Sauf que le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) ne retrouve plus ses réfugiés hutus. Entre 100.000 et 400.000 d’entre eux ont disparu, comme avalé par un trou noir. Les témoignages sont étouffés, discutables, mais lorsqu’on met la main dessus, on imagine aisément l’ampleur de l’horreur qui vient de se dérouler, à une « vitesse éclair », dans les forêts du Congo. On sait seulement que les auteurs de ce massacre « de haute volée » n’ont jamais été inquiétés. Ca, au moins, ça ne peut pas être le fait du hasard, les crimes ayant bel et bien été commis. Il faudra attendre 2010, c’est-à-dire 14 ans, pour que les enquêteurs de l’ONU produisent un premier rapport[5], assez timide, mais suffisant pour ouvrir juste une lorgnette sur cette effroyable « exploit militaire ». Moins de six mois… Il doit y avoir un chef d’orchestre doué d’un génie froid derrière ces menées macabres.

SOS pour les populations du Congo !

On est naturellement dérouté par l’idée que « la plus grande démocratie du monde » puisse être mêlée[6] à ces guerres de massacre. Mais on ne peut pas non plus ne pas soulever des interrogations sur Washington qui dispose de coopérants militaires très entreprenant[7] au Rwanda et en Ouganda. Museveni et Kagamé peuvent-ils vraiment envoyer des troupes à répétition dans l’Est du Congo à l’insu du Pentagone et des coopérants militaires américains ? Des questions embarrassantes, mais qui devraient susciter l’extrême vigilance sur le sort des Congolais. En tout cas, il va falloir désormais surveiller l’actualité internationale dominée par les Etats-Unis.
Que les dirigeants américains soient de bonne foi ou pas, par rapport aux tragédies à répétition qui déciment femmes et enfants dans l’Est du Congo, les coïncidences deviennent suffisamment inquiétantes pour que l’histoire à venir du Congo, face aux Etats-Unis, puisse faire l’objet d’une rigoureuse surveillance. Ne serait-ce que par compassion pour les populations innocentes de l’Est du Congo qui ne demandent qu’à vivre et qui méritent meilleur traitement de la part des « grands pays civilisés ».

Paranoïaque ou échaudé à raison ?

On peut déjà commencer à s’inquiéter pour 2016, une année annoncée pour être à risque. Le Président Kabila finit son second mandat et on ne sait toujours pas s’il envisage de se maintenir au pouvoir. Mais surtout, de l’autre côté de l’Atlantique, le Président Obama va céder son fauteuil, limitation à deux mandats oblige. Coïncidence explosive… Pour une fois, les « amis » du peuple congolais seraient bien inspirés de ne point se passionner pour la campagne présidentielle américaine. C’est le contexte idéal dont profitent les « bouchers » de tous poils pour massacrer des populations sans défense dans l'Est du Congo.
Mais en attendant 2016, il va falloir suivre avec attention une possible intervention américaine en Syrie. On sait que le Rwanda, allié de Washington, masse des troupes dans la ville frontalière de Gisenyi[8]. Au premier bombardement en Syrie, ces troupes pourraient déferler sur Goma.
Et il y a déjà des indices qui devraient inquiéter au plus haut point. L’envoyée spéciale de l’ONU, Mary Robinson, proche de Londres et Washington, répète à qui veut l’entendre qu’il faut une solution négociée à la crise actuelle de l’Est du Congo[9]. Que faut-il négocier avec les individus qui ont largué des bombes sur la population de Goma et de Gisenyi ? Que faut-il négocier avec les individus qui avaient pillé Goma en novembre 2012 et violé des dizaines de femmes[10] ? Faut-il que le Congo réintègre dans son armée de nouveaux Ntaganda qui ont longtemps paralysé le pays sur le plan de la défense ? Les appels à la négociation laissent les Congolais perplexes. On demande l’impensable à un peuple, mais ce n’est pas le sujet qui devrait retenir l’attention. Il faut penser à une prochaine attaque qui se prépare, les discours sur une « solution négociée » ne servant qu’à distraire l’armée et la population pour faciliter la victoire aux armées d’agression.
Décidément, le Congo est la cible de trop de coups fourrés et de complots meurtriers qui commencent seulement à livrer quelques indices. Le péril est que trop de monde s’y trouve mêlé.
On s’est longtemps demandé comment est-il possible qu’au 21ème siècle la mort de six millions de personnes passe quasiment à l’insu de l’opinion internationale. Il n’est pas rare, de se retrouver en Occident avec des gens qui ne savent même pas situer la République Démocratique du Congo sur la carte. Le pays où se déroule le plus grand massacre du monde est un illustre inconnu de l’actualité internationale. On commence à y voir clair.
En faisant coïncider les attaques contre le Congo avec les grands moments de l’actualité internationale, on a chaque fois créé un épais rideau de fumée que l’opinion internationale peine toujours à percer. Quel média serait aujourd’hui audible en parlant du M23 pendant que le monde retient son souffle dans l’angoisse d’une possible attaque américaine contre la Syrie ? Et pourtant des dizaines[11], voire des centaines de soldats rwandais viennent de périr dans les batailles au nord de Goma. Une bérézina qui aurait pu « bénéficier » d’une couverture médiatique planétaire. Incognito… Sauf pour les familles des soldats rwandais.
Mais qui aurait imaginé une telle coordination des opérations armées contre deux pays si différents (RD Congo et Syrie). Des agents au Pentagone ?
On aboutit à l’angoissante conclusion que les massacres des populations dans l’Est du Congo, depuis maintenant 17 ans, ont les allures d’un « chef-d’œuvre » ultra-macabre réalisé de main de maître suivant un timing rigoureusement calibré.
Effrayant…
[Boniface MUSAVULI / (AgoraVox 06/09/2013)]
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Un ouvrage révélateur : Crimes organisés en Afrique centrale

Vérités sur un complot international. Dans cet ouvrage riche en informations et documents, Honoré Ngbanda, ancien ministre de la Défense et ancien conseiller spécial du Maréchal Mobutu, lève le voile sur les différents réseaux occultes, les multinationales et les chefs d’Etat, qui se livrent à la prédation minière, au financement de l’instabilité et de la pauvreté en Afrique centrale. Paris, Editions Duboiris, 2004, 450p., 20 euros

Le jeudi 2 décembre 2004

Depuis la chute du président Mobutu en 1997, l’Afrique centrale, vit un cycle infernal de conflits armés, de pillages organisés et de trafics en tous genres.
Pourquoi ces conflits et ce chaos indescriptible ? Pourquoi plusieurs rapports de l’Onu sur le pillage des ressources minières en République Démocratique du Congo sont restés sans effet jusqu’à ce jour ?
Dans cet ouvrage riche en informations et documents, Honoré Ngbanda, ancien ministre de la Défense et ancien conseiller spécial du Maréchal Mobutu, lève le voile sur les différents réseaux occultes, les multinationales et les chefs d’Etat, qui se livrent à la prédation minière, au financement de l’instabilité et de la pauvreté en Afrique centrale.
De la nébuleuse rwandaise à la compagnie minière American Mineral Fields Inc, basée en Arkansas, fief de l’ancien président américain Bill Clinton, en passant par la Gécamines, dirigée par le représentant personnel de Robert Mugabe, Honoré Ngbanda dénonce un complot international qui trouve son origine dans le génocide du Rwanda de 1994 et le programme américain de l’Africa New Opportunities Act signé en 1995 par Bill Clinton. Documents et preuves à l’appui, Honoré Ngbanda montre comment le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, est devenu le meneur d’un plan d’occupation et d’extermination des populations civiles à l’Est du Zaïre. Un dispositif qui rassemble des terroristes et des voyous.
Témoin direct de cette horrible machination ourdie de longue date au sein du cabinet du président Mobutu, l’auteur dévoile les véritables ressorts des crimes organisés en Afrique centrale depuis sept ans.
Un ouvrage inédit et un témoignage exclusif d’un acteur de premier plan.
Morceaux choisis (sic) No comment…

La transition congolaise piégée et contrôlée par Paul Kagame

[…]…Kagame a savamment conçu et mis sur pied, depuis la seconde agression, un instrument de manipulation et d’instrumentalisation des marionnettes congolaises, avec la complicité des Rwandais qu’il a réussi ainsi à infiltrer au sein des structures de la transition congolaise jusqu’au niveau le plus élevé de « l’espace présidentiel. » Et cela grâce au Rassemblement Congolais pour la Démocratie en abrégé RDC. (…)… L’objectif de Kagame est désormais très clairement défini : placer une marionnette congolaise, à défaut d’un Rwandais pur-sang, à la tête de la République Démocratique du Congo, pour lui permettre d’exploiter impunément les richesses de notre pays, et d’annexer l’Est de notre territoire national…

Azarias Ruberwa, un Rwandais à la tête de la RDC

[…]…Il suffit simplement de parcourir la riche saga du RCD émaillée de péripéties les plus rocambolesques pour réaliser la brutalité, le cynisme et le mépris avec lesquels Paul Kagame traite tous les Congolais qui osent relever la tête pour lui résister. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je leur conseille d’aller interroger les victimes et les rescapés de cette tyrannie dont Wamba dia Wamba, Zahidi Ngoma, Lunda Bululu, Tambwe Mwamba, Endundo, Ilondo…et j’en passe. Un cas mérite cependant qu’on lui accorde une attention toute particulière. La dernière mise en scène de Kagame à laquelle tous les Congolais ont assisté, estomaqués, fut-elle du remplacement sans pudeur à la tête du RCD-Goma du Congolais Onusumba qui avait pourtant conduit toutes les négociations, par Azarias Ruberwa. L’objectif a été d’imposer Azarias Ruberwa au poste stratégique de vice-président de la République en charge de la Défense et de la Sécurité. Ce coup de force de Kagame est capital pour sa stratégie qui vise à contrôler le déroulement de la transition et de torpiller son évolution. Il veut empêcher les élections et accélérer dans le même temps l’annexion de la partie Est de la RDC….
…le vice-président Azarias Ruberwa constitue une pièce maîtresse dans le dispositif actuel de Paul Kagame en RDC. En effet, sous les ordres personnels du chef d’Etat-major de l’armée rwandaise, le général James Kabarebe, Ruberwa applique fidèlement les instructions qui lui sont données depuis Kigali par Kagame en personne. Il dicte et oriente la transition dans notre pays… …Le 6 avril 2004, le chef d’Etat-major […] James Kabarebe, envoie un courrier électronique au (…) Azarias Ruberwa pour lui dire : « Nous vous remercions infiniment car vous gardez votre position. Hima USA ont envoyé les colis concernant l’OP. Ayez d’abord le contrôle de la ville de Gombe […] N’ayez pas peur car nous sommes déjà prêts. » (voir annexe 10). Il s’agit du message de muleliberation@voilà.fr (adresse électronique de James Kabarebe) à ruga6@hotmail.com (adresse électronique de Azarias Ruberwa). Dans cet échange, il est également question de corruption et de manipulation des autorités politiques et militaires de la transition en RDC : « Vous connaissez bien leur situation, si vous leur donnez un montant suffisant, ils seront vite ravis. » Il ajoute un propos encore plus méprisant, voire raciste à l’égard des Congolais en disant : « Leur sang est toujours infidèle à la parole. »
Le 8 mai 2004, le même James Kabarebe renvoie un message codé au […] Azarias Ruberwa pour lui dire : « A présent, nous allons envoyer Ali Luschombo, l’office de Ciribanya. Ils vont se retrouver avec le groupe des Ethiopiens (léopards) chez George Mirindi qui leur donnera le programme venant de Kagame. Ce sont eux qui s’occuperont de Joseph Kabila. Ce programme est subdivisé en huit parties. Rappelle-toi la lettre XX507. Il y a un changement d’heure. Ce sera à minuit. C001 dirigera les opérations contre Zahidi Ngoma, il a reçu tout le programme. C’est Bizima Karaha qui s’occupera de Yerodia et des autres […] Soyez déterminés (esprit vainqueur). Il faut que nous dirigions la RDCongo. Relis les courriers que tu as reçus de Kagame. Prompte réponse. »(voir annexe n° 11).
Comme on le voit, la RDC est dirigée et contrôlée par Kigali à travers Azarias Ruberwa. Il exécute des ordres et des directives de Paul Kagame.
Mais, Ruberwa n’est pas seul. Il est à la tête d’un réseau politico-militaire au sein duquel Bizima Karaha, Kundabatware et Obed Rwabasira sont des pions stratégiques aux ordres de Kagame et de James Kabarebe. [ …] Bizima Karaha est une pièce importante de la stratégie du Rwanda comme en témoigne cette lettre de félicitation et d’encouragement du 15 août 2004, qui lui est adressée par Mukezamfura Alfred, député du parlement rwandais.(voir annexe n) 12). Le député lui exprime sa « satisfaction », car, il a « pu suivre à la lettre les instructions qui [lui] ont été données. » Cette lettre fait suite à la décision de Bizima Karaha et de sa clique de se retirer du parlement de transition et de se consacrer exclusivement à l’annexion de l’Est de la RDC.

L’armée de la RDC minée par le président du Rwanda

Dans la stratégie de Paul Kagame, l’armée reste l’instrument de conquête par excellence, car sa méthode repose essentiellement sur la violence et le crime. Dans les instructions et les remarques qu’il faisait à Ruberwa au travers de l’un des documents intercepté par nos réseaux de renseignement, Kagame lui dit sèchement : « je vous ai déjà dit que personne n’a jamais réussi à régner en Afrique sans verser du sang. De qui avez-vous donc pitié ? Vous avez pitié des gens au moment où vous voulez régner ? » Ces paroles résument toute la pensée de Paul Kagame.
[…] Le piège dans lequel le président rwandais est en train d’enfermer le peuple congolais n’est donc pas à sous-estimer. Pour preuve, cette lettre du général Gatsinzi Marcel, ministre le la Défense du gouvernement rwandais adressée le 12 août 2004 au général Obed Rwabasira, commandant de la région militaire du RCD/Goma. […] « Nous vous envoyons des militaires Banya qui viennent de terminer leur formation », écrit le ministre rwandais à son collaborateur du RCD, « et également les nôtres qui sont bien aguerris au combat. Prenez bien soin d’eux. Veuillez recevoir en attendant ces fusils (armes) monté(e)s, nous vous enverrons le reste dès qu’ils(elles) seront monté(e)s. Veuillez nous envoyer ce que vous nous avez promis. » (Voir la copie de la lettre ne kinyarwanda et sa traduction libre en annexe n° 13). Ceci montre à quel point l’armée dite congolaise du RCD/Goma est complètement inféodée au Rwanda. C’est cette armée-là qui sera demain versée au sein de notre armée nationale ! C’est aussi cette armée-là qui a tenté de reprendre le contrôle de la ville de Bukavu et de la région du Kivu, sous le commandement du général rwandais Kundabatware et du colonel Mutebwisi, lui aussi rwandais. Ce dernier est le propre cousin germain du vice-président de La RDC Azarias Ruberwa.
[…] Voici une autre […] une note du ministère de la Défense du Rwanda adressée à […] Kundabatware en 2004 . […] « Nous avons le plaisir de vous exprimer notre satisfaction pour le travail que vous accomplissez. Nous avons reçu vos rapports ainsi que ceux des personnes avec lesquelles vous travailliez… Nous vous envoyons ce que vous avez demandé y compris les hommes afin d’atteindre l’effectif souhaité. Ayez donc la patience d’attendre ceux qui sont encore en formation. Concernant le colonel Mutebuzi, il faut qu’il attende lui aussi les instructions pour poursuivre son travail. Il faut que vous vous apprêtiez à accueillir James Kabarebe qui viendra voir comment se déroulent les préparatifs. Nous vous envoyons ce que vous nous avez demandé. Pour le reste, veuillez communiquer au porteur de ce courrier. Nous vous attendons ce 30 août pour la réunion de stratégie de travail » (Voir la copie de note en kinyarwanda ainsi que sa traduction libre en annexe n° 14).
Lors de la répartition des quotas au sein de l’armée […], Kagame a pesé de tout son poids, […] pour se tailler la part du lion. […] les officiers rwandais ou à défaut pro-Kagame, occupent aujourd’hui des postes de commandement hautement stratégiques au sein des états-majors de l’armée congolaise. […] Au niveau de l’état-major général, le commandement de l’état-major des Forces terrestres est assuré par le général Buki, de père katangais et de mère rwandaise. Il est le protégé de James Kabarebe qui l’avait imposé, à l’époque, à Laurent-Désiré Kabila au début de la guerre. Le commandement de l’état-major de la logistique est confié au général Malick qui est un officier de l’APR (l’Armée Patriotique Rwandaise) […].
Au niveau des régions militaires, le commandement de la région militaire du Kasaï Oriental est confié au général Amisi alias « Tango-Tango », […] l’auteur des massacres de civils congolais à Kisangani. Le commandement de la région militaire du Nord Kivu a été confié à Laurent Kunda […]. Il fut, avec Amisi Tango-Tango, co-auteur des massacres de civils à Kisangani. Il est officier de renseignement de l’APR …
Je dis à tous mes compatriotes que la situation est grave, qu’il n’est plus question de parler, de parler, de parler encore. Kagame est vraiment décidé à prendre notre pays par la force avec ses principaux soutiens. Si vous en doutez toujours, je vous en apporte une preuve supplémentaire. Le 15 mai 2004, nos réseaux de renseignement ont intercepté un autre message de James Kabarebe (muleliberation@voilà.fr) à Azarias Ruberwa (ruga6@hotmail.com).
Voici son contenu : « A l’issue de la rencontre avec Kagame (01RK), il a donné l’ordre de déclencher les opérations à la fin de ce mois. On commencera à Beth selon son programme. Ce sont ceux qui se trouvent à HED-CAT qui mèneront l’opération. Selon l’ordre de Kagame les lions (Erythréens) qui se trouvent chez nous arriveront chez vous déguisés en fourmis. Dès qu’ils seront sur place, les opérations pourront être déclenchées. Que Bizima Karaha (02C) continue ce qu’il est en train de faire. J’attends ta réponse. Renvoie-moi ma femme (copine), elle a trop traîné. Mais ne lui passe pas mon numéro de téléphone. » (voir annexe n° 15).

Création d’un nouveau territoire pour les Rwandais du Congo

[…] Cette nouvelle entité administrative destinée essentiellement aux Banyamulenge, arrache une partie du territoire de MWENGA, une partie du territoire de FIZI, dont ils ont longtemps prétendu être originaires, et une partie du territoire d’UVIRA. […]…ce rapport de l’administrateur Mugaza à Azarias Ruberwa expose clairement les quatre objectifs que se sont fixés les Rwandais qui habitent dorénavant cette partie de la RDC. En effet, M. Mugaza Ruseruka Théo, administrateur du territoire de Minembwe, écrit ceci dans son rapport au vice-président Ruberwa : « Suite aux lettres que nous vous avions écrites, vous informant de quelques points décidés pendant la réunion tenue à Minembwe le 24 décembre 2003 et à Kigali le 06 janvier 2004, nous vous signalons que nous sommes prêts à exécuter ces points. A savoir :
  • L’installation du Territoire de Minembwe dans la Province du Sud Kivu ;
  • Imposer nos autorités partout dans la Province du Sud Kivu ;
  • Prendre le contrôle du Lac Tanganyika et du lac Kivu ;
  • Contrôler tous les minerais de la Province du Sud Kivu » (voir annexe n° 17).
Azarias Ruberwa offre des passeports congolais à James Kabarebe, chef d’état-major rwandais à Kigali !
[…] Ainsi, dans le courrier électronique du 23 mai 2004, James Kabarebe (adresse électronique : « James Kahindo » James-k02r@hotmail.com) envoie à Azarias Ruberwa (adresse électronique : az_rb2001@yahoo.fr) un message de remerciement en swahili […] pour les passeports diplomatiques congolais qu’il venait de lui envoyer au nom de « James kahindo ». James Kabarebe écrit à Ruberwa ce qui suit : « Je te suis très reconnaissant pour ton courrier et son contenu. Kagame (01RK) est très content. Ce que je te demande, c’est d’être courageux (faire preuve d’un cœur d’hommes). J’ai reçu le rapport de 020C qui rencontre tes souhaits. Le passeport est bien arrivé. Essaie d’en obtenir d’autres pour 04R et 09R avec des noms luba (kassaïens). Mon nom (pseudonyme) de Kahindo sera désormais mon nouveau nom. « Grand-lac » fait savoir que ses troupes sont fin prêtes. Les commandos qui sont partis hier sont bien arrivés à bon port, ils viennent de me téléphoner. Je voulais simplement te dire que j’ai bien reçu le colis accompagnant ton courrier. Je t’écrirai demain quand j’aurai terminé le travail que vous m’avez demandé » (Voir document en kinyarwanda et sa traduction libre en annexe n° 20).
[…] Nous avons mis beaucoup de temps à découvrir la clé de leur système de codage qui cache souvent les noms de leurs complices ou de leurs cibles. A titre d’exemple : Kagame est désigné par le code (01K ; Museveni (01U) ; Joseph Kabila (KYK ou 001 ; Jean-Pierre Bemba (Grand fourmi) ; le général Kabulo (Popo 11) ; James Kabarebe (02R) ; Yerodia (yeux larmoyants) ; Zahidi Ngoma (22,9 ;20 ;11) ; Mgr Marini (13.1.18) ; Bizima Karaha (02C) et tant d’autres personnalités congolaise sont désignées par des codes …
[…] Dans le courrier électronique du 18 mai 2004, James Kabarebe transmet les chaleureuses félicitations de Kagame à Ruberwa pour la qualité de son travail : « Maintenant, nous nous rendons compte que tu mérites ta place. Même Kagame est très satisfait… »(voir annexe n°21). Voilà pourquoi Kagame a remplacé Onusumba à la tête du RCD à la dernière minute ! […] A la lecture de ces documents électroniques, il apparaît clairement que le vice-président congolais Azarias Ruberwa est sous les ordres de Kagame qui le manipule à travers James Kabarebe.
[…] Toutefois, je suis convaincu au fond de moi que les occupants de notre pays et leurs complices externes et internes n’ont aucun intérêt à ce que nous entrions dans la phase effective de la démocratie. Nous avons le devoir primordial de reconquérir notre pays dévasté pour le rebâtir dans sa dignité, dans ses frontières, dans la paix et dans son droit.
[…] j’estime que chaque responsable ou leader politique doit reconnaître et assumer la responsabilité collective et individuelle de toutes les fautes et de toutes les erreurs commises par le passé. Car nous avons une dette morale vis-à-vis du peuple congolais que nous devons aider à sortir de la situation de misère et de honte dans laquelle nous l’avons plongé. Quant à moi, je me suis engagé résolument dans ce processus difficile de remise en question de moi-même, du pardon, de la confiance à l’égard de mes compatriotes congolais pour qu’ensemble, nous libérions notre pays. […]
Le lecteur apprendra plus en lisant l’ouvrage.
Honoré Ngbanda Nzambo, ambassadeur du Zaïre en Israël (1982-1985), ministre de la Défense (1990-1992) et conseiller spécial en matière de sécurité du président Mobutu (1992-1997). Il a contribué aux négociations secrètes pour la libération de Nelson Mandela.

mercredi 14 août 2013

Reynders entrevoit des actions militaires plus fortes contre la rébellion du M23

"Les responsables de la Monusco sont décidés à montrer la capacité d'action de la brigade d'intervention".
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, n'a pas exclu mercredi que l'armée congolaise, appuyée par les Casques bleus de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco), mène dans les prochaines semaines des actions contre les groupes armés présents dans l'est, dont, en premier lieu, la rébellion du M23, présumée soutenue par le Rwanda et l'Ouganda voisins. "Les responsables de la Monusco sont décidés à montrer la capacité d'action de la brigade d'intervention" - une unité de 3.000 soldats sud-africains, tanzaniens et malawites au mandat offensif en cours de déploiement au Nord-Kivu -, a-t-il affirmé lors d'une rencontre avec quelques journalistes à Kinshasa.
Le chef de la diplomatie belge a rencontré mardi soir les nouveaux responsables de la Monusco, son chef politique, le diplomate allemand Martin Kobler, et le commandant militaire des Casques bleus, le général brésilien Carlo Alberto dos Santos Cruz.
Selon M. Reynders, les chefs militaires de la Monusco n'ont "aucun doute" sur la réalité du soutien accordé par le Rwanda et l'Ouganda au mouvement du 23 mars (M23), une rébellion qui occupe depuis plus d'un an une partie de la province du Nord-Kivu (est de la RDC). Kigali et Kampala - qui agit comme médiateur dans des pourparlers entre Kinshasa et le M23 - nient farouchement soutenir ce mouvement.
M. Reynders a également indiqué avoir perçu une "fatigue" des autorités congolaises à l'égard du M23 alors que les pourparlers de Kampala en cours depuis décembre s'éternisent. "J'ai l'impression que le maximum a été fait (du côté du gouvernement congolais) et qu'il faudra faire respecter l'intégrité du territoire", a-t-il souligné.

mercredi 12 juin 2013

Le Rwanda ne négociera jamais avec les FDLR

Le Rwanda ne négociera jamais avec les ex-génocidaires hutus de 1994 en partie réfugiés en République démocratique du Congo (RDC) en dépit de l’accord-cadre sur la pacification de l’est du Congo signé en février à Addis Abeba, a affirmé mercredi sans ambages la ministre rwandaise des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo. «La position du Rwanda par rapport à ce groupe (les Forces démocratiques de Libération du Rwanda, FDLR, ndlr) est très claire: le Rwanda ne va jamais négocier avec des individus qui par leurs actions mais surtout par leur idéologie continuent à prôner l’extermination d’une partie des Rwandais. Ça, c’est catégorique», a-t-elle affirmé à la presse à l’issue d’un entretien avec le ministre belge de la Coopération au développement, Jean-Pascal Labille.

vendredi 22 mars 2013

The Bosco surrender : more questions that answers

There has been a lot of conjecture and speculation surrounding Bosco's "surrender" to the US embassy on Tuesday morning. In recent weeks, various parties to the conflict have been purposely spreading false information, which has made it difficult to parse the facts. Here are my own thoughts on some of these points.

Why did Bosco surrender?

His time was up. On February 24, an internal battle had broken out among the M23, pitting Bosco's wing against that of Sultani Makenga (for more information about Bosco's career and the divisions within the M23 see the Usalama Project's briefing here). While Bosco led a large group of soldiers––at least 500 were reported to have crossed the border on 14 March––he was short on ammunition. After weeks of fighting, he decided to run.

The larger and perhaps more important question is: Why did the M23 implode? Divisions existed since the group's creation in April 2012, driven by ethnic considerations (Bosco is from the Gogwe sub-ethnic group, many of Makenga's officers are Banyajomba), historical differences (Makenga was close to Laurent Nkunda, whom Bosco replaced in January 2009), and struggles over money and power (each carried out promotions behind the other's back and set up separate tax structures).

The final straw, however, appears to have been the looming possibility of a peace deal, or at least Bosco's perception that one might take place. With an international arrest warrant looming over his head, and declarations by the Congolese government concerning his arrest, he knew that he would have no chance of re-integrating the Congolese army.

Nonetheless, important questions persist. Allegations abound, for example, that President Kabila exacerbated the divisions with bribes. But which side did he bribe––each accuses the other for having received blood money.

Rwanda's role is also curious. Reliable reports point to Rwandan backing for the M23 up until the capture of Goma on November 20, 2012. Since then, however, support appears to have declined (perhaps also because there has been a de facto truce with the Congolese army during the Kampala negotiations). However, if the Rwandan army had wanted to prevent the implosion, they most likely could have. Also, if they had wanted to solve Bosco's ammo problem, they could have easily sent bullets and mortar rounds across the border. So why didn't it? Had the aid cuts affected its view of the conflict, and the M23 squabbles looked like a way out?

How did Bosco get to the US embassy?

Again, there appear to be more questions than answers. It is obvious that Bosco thought his choice was the ICC or probable death––but at the hands of whom? And was it his choice to make?

The first version, supported by many current and former M23 soldiers, has Bosco crossing the border along with the rest of his troops, probably on 14 or 15 March, being arrested by the Rwandan army and debriefed. They then decided that they didn't want yet another Congolese rebel under house arrest in Rwanda––Laurent Nkunda and Jules Mutebutsi are enough of a headache, and Bosco's ICC warrant would certainly make him a more difficult case.

But why would the Rwandan government hand Bosco over to the US embassy, where he immediately asked to be transferred to the ICC? The Rwandan government opposes the ICC, and is probably concerned by some of the revelations that Bosco could make on the stand. After all, Kigali backed the UPC armed group for whose crimes Bosco is now answering, as well as the CNDP and M23. If this version is correct, it may be that Rwanda was not left any good options and preferred Bosco being sent to the ICC than having him sit around under house arrest in Rwanda (or worse). After all, Bosco's former UPC boss Thomas Lubanga stood trial for 5 years without any revelations being made about outside support to his group.

The second version, supported by ex-CNDP officers, diplomats and Congolese and Rwandan intelligence agents, suggests that Bosco slipped across the border, evading detection and eventually arriving at the US embassy in downtown Kigali. According to this version, he took advantage of his contacts in the Rwandan army, as well as his ethnic kin and family in Ruhengeri, to escape arrest. There have even been reports of Rwandan intelligence agents being arrested for failing in their duties to detect him.

True? Hard to say––Bosco does have friends and family in Rwanda, as well as a lot of money. But if he wanted to hand himself over to the ICC, why not just go to the MONUSCO base in Kibati (just north of Goma), which was under his control up until the last minute? It would probably have been safer for him. And could he really escape detection by Rwandan security services, who have extensive contacts with M23 members and good control over their own country?

Will he be transferred to the ICC?

Yes. There has been a lot of conjecture about the fact that the US is not signatory of the Rome Statute; Congolese analysts have also been suggesting that since the US is an ally to Rwanda, they might not want to transfer him, or that he will have to get from the US embassy to the airport, going through Rwandan territory.

At the end, none of this matters or is accurate. The Obama administration has not signed the ICC (it thinks it would be difficult to push it through domestically), but it backs the court. The expansion of the Rewards for Justice program last year to include individuals indicted by the ICC was an expression of that support––and it put a $5 million reward on Bosco's head (no one is thought to have picked it up, however). And President Kagame has now said that it will not block Bosco's extradition. So it's just a matter of time.

What will the impact be of his transfer to the ICC?

In part, it strengthens Makenga's hand––he is now rid of a large faction of his officers and political leaders who had been a thorn in his side. While he has probably lost over a third of his troops to death or defection, he has rationalized his military chain of command and now has more reliable politicians to represent him in Kampala. While he is now rid of all of the officers with serious legal problems (except himself), it is unclear whether this will result in a peace deal in Kampala. M23 delegates say that they can't accept the terms proposed by Kabila, which amount to integration with almost nothing in return. In particular, they insist on good ranks, political positions, the return of refugees, and a generous amnesty. As one of Makenga's officers told me today, just before a meeting of the officer corps, "Alituambia: vita ingali. Kungali njia mrefu." (He told us: there is still war. The road is still long).

On the other hand, Rwanda emerges with a boost to its reputation. While it isn't clear what role it played in Bosco's surrender, at the very least they signed off on the implosion of the M23, which makes it look like their are more part of the solution than the problem. In recent weeks, the World Bank has disbursed $50 million of the cut aid, and other donors may soon follow suit.

What will happen at the ICC? Bosco is reportedly more of a slam dunk that other cases currently being tried. Given his direct involvement in military operations, there is strong evidence against him for the Ituri crimes (rape, recruitment of child soldiers, murder, pillage). In addition, the prosecutor will seek to add charges related to his time as chief of staff of the CNDP (2006-2009).

So, in sum, Bosco's arrest won't bring peace to the eastern Congo, but Bosco's arrest does spell a victory in the battle against impunity and the dismantling to one of the barriers to a peace process in the country.

dimanche 17 mars 2013

Débandade du M23


Un tournant dans la guerre ou un nouveau leurre?
S’agit-il d’un tournant dans la guerre à l’Est du Congo ou d’un nouveau leurre ? Une fraction du mouvement rebelle du M23, considérée comme l’aile dure, a franchi samedi matin la frontière du Rwanda à la hauteur de Goma. Une soixantaine d’hommes de troupes ont été publiquement désarmés avant d’être acheminés dans des camps militaires rwandais, à Kibumba entre autres. Cette débandade avait été précédée de combats très violents du côté de Kibumba, où les hommes de Bosco ont enregistré 150 tués et ceux de Makenga une cinquantaine.
Quant aux officiers, ils ont été accueillis par leurs homologues rwandais : les colonels Ngaruye, Rwagati, Badege, Muhirwe, Karagwa, Nyabirungu ont été envoyés à Gisenyi par l’armée rwandaise

vendredi 11 janvier 2013

Rwanda : troublantes révélations sur la mort de trois Français


De nouvelles révélations du quotidien français Libération daté de ce jeudi 10 janvier, jettent le trouble sur des évènements qui ont précédé les premières heures du génocide de 1994. Elles concernent la mort de deux Gendarmes Français conseillers techniques auprès des autorités rwandaises et de l'épouse de l'un d'entre eux.
Tous trois furent tués à Kigali dans les premiers jours des tueries dans ces circonstances non élucidées. Le journal affirme dans son édition de ce jeudi matin que le certificat de décès établi par l'armée française pour l'un des gendarmes est un faux.

En avril 1994 alors que Kigali est livrée à la furie des tueurs, les corps de trois ressortissants français tués par balle sont retrouvés dans le jardin de leur villa. Deux gendarmes, René Maier et Alain Didot, et l'épouse de ce dernier. Leurs cadavres sont rapatriés en France via Bangui, où un médecin militaire français établit les certificats de décès.

Mais selon Libération, le médecin dont la signature figure au bas de celui de René Maier conteste son authenticité : il n'utilisait pas le tampon présenté, et surtout, les conclusions du certificat « un décès accidentel » lui paraissent douteuses.

Qui à Paris aurait eu intérêt à produire un faux document ? Mystère, mais pour Libération, des responsables français ont forcément du donner leur accord. Dans quel but ?

Pour le quotidien, la réponse est peut-être à chercher dans les activités des deux gendarmes à Kigali. Ils étaient chargés, écrit le journal, des transmissions radio, celles de l'ambassade de France, celles de la mission de coopération française et celles de l'armée rwandaise. Ont-ils surpris des informations sur les auteurs de l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, au soir du 6 avril 1994, qui donna le coup d'envoi du génocide ?

La question de l'identité des tireurs du missile a toujours provoqué un débat passionné. Mis en cause il y a un an par une expertise balistique, les ultras du régime Habyarimana, un régime fermement soutenu par les autorités françaises.

mercredi 6 juin 2012

RDC: les mutins gardent leurs positions dans l'Est après une nouvelle attaque de l'armée

Les mutins ex-rebelles occupent toujours leurs principales positions dans des collines du parc des Virunga au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, après une attaque de l'armée congolaise lundi durant quelques heures, ont indiqué mardi les deux camps.
Les Forces armées conglaises (FARDC) avaient lancé une attaque tôt lundi matin mais "dans l'après-midi les éléments FARDC ont décroché des positions ennemies pour une bonne réorganisation", a déclaré à l'AFP un officier supérieur loyaliste.
Les FARDC ont notamment bombardé avec des hélicoptères la colline de Mbuzi, comme elle l'a déjà fait plusieurs fois.
"Les mutins ont enregistré quatre morts et six blessés graves", selon l'officier.
Les mutins évoquent de leur côté une "fuite" des FARDC "qui ne maîtrisent pas le terrain". "Nous sommes toujours dans nos positions. La situation est calme. Ca a duré jusqu'à 14H00 (12H00 GMT lundi). Ils ont bombardé avec des chars et des hélicoptères et des mortiers", a affirmé à l'AFP le porte-parole des mutins, le colonel Vianney Kazarama.
Selon lui, deux mutins ont été blessés.
Aucune source indépendante n'était en mesure de donner un bilan de ces affrontements fréquents depuis quelques semaines.
Les mutins sont des ex-combattants de la rébellion tutsi-congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrée dans les FARDC après un accord de paix le 23 mars 2009.
Ils ont commencé début avril à faire défection de leurs unités au Sud et au Nord-Kivu, et sont traqués depuis mai à l'extrême nord-est d'une petite bande du parc national des Virunga, bordée par la Rwanda et l'Ouganda, à une soixantaine de km environ au nord-est de Goma la capitale du Nord-Kivu.
Ils y occupent plusieurs collines, dont Mbuzi, Chanzu, Kavumu et Runyonyi, où se trouve leur QG.
Les mutins se réclament du M23 (Mouvement du 23 mars), crée début mai par le colonel Sultani Makenga après avoir fait défection. Ils revendiquent la pleine application des accords de 2009, notamment en ce qui concerne leur intégration. Ils dénoncent des problèmes de salaires, de nourriture, de santé, d'obtention de grades et de fonctions.
Kinshasa accuse le général en fuite Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP, d'être l'instigateur de la mutinerie. L'officier est recherché depuis 2006 par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants soldats au début des années 2000 quand il était dans une autre milice.
Le M23 a toujours nié tout lien avec Ntaganda.
L'ONG Human rights watch (HRW) a accusé lundi l'armée rwandaise de soutenir la mutinerie, d'avoir approvisionné le général Ntaganda en armes et de lui avoir fourni 200 à 300 recrues, dont des civils enrôlés de force et des enfants de moins de 18 ans.
Kigali a qualifié ces accusations d'"irresponsables".

samedi 17 septembre 2011

Chasse aux Tutsis entre Paris et Aubervilliers en marge de la visite de Kagame en France


Des agressions de Noirs supposés tutsis et d’autres incidents violents ont marqué la visite du président du Rwanda à Paris. Des ressortissants de RDC sont mis en cause. Ils auraient été poussés en avant, voire payés, par l’opposition rwandaise en exil. SOS-Racisme rassemble plaintes et témoignages.

Capture d’écran 2011-09-16 à 19.54.13.pngLa visite « de courtoisie » du chef de l’Etat rwandais à son homologie Nicolas Sarkozy entre le 11 et le 13 septembre 2011 est loin d’avoir apaisé les esprits dans l’opposition rwandaise en exil et parmi les ressortissants de République Démocratique du Congo (RDC) en Europe. Bien au contraire, « remontés à bloc » par une intense campagne de mobilisation sur internet, certains avaient décidé d’en découdre. Et des incidents, parfois très graves, ont été déplorés. Ils ont débuté le dimanche 11 septembre en soirée aux abords des « Docks », une immense salle de spectacle située dans le Parc des Portes de Paris, 45 avenue Victor-Hugo à Aubervilliers.

Agressions très violentes à Aubervilliers

Tout l’après-midi, à l’invitation de l’ambassade du Rwanda à Paris, quelque 4000 membres de la Diaspora s’étaient réunis pour entendre l’intervention de Paul Kagame, poser des questions et profiter d’un grand spectacle musical. En raison des menaces proférées les jours précédents, un impressionnant dispositif policier a canalisé la foule. Mais le dispositif a été levé vers 21 heures après le départ du président du Rwanda. Toute la soirée, des véhicules avaient été vus rôdant dans le quartier avec, semble-t-il, des Rwandais ou des Congolais à bord, visiblement venus pour en découdre. Selon plusieurs témoins, un fils Habyarimana conduisait l’un des véhicules, mais il n’a pas été impliqué dans les agressions qui ont suivi. Après le départ de Paul Kagame et de sa suite, vers 21 heures, le dispositif policier avait été levé avenue Victor-Hugo.
De petites équipes d’opposants sont alors passés à l’action. Des pierres ont été lancées contre des personnes isolées qui revenaient à pied vers le métro. Plusieurs personnes ont a été giflées.
Pierre B…, venu de la région de Bordeaux, a été tabassé et s’est fait voler tous ses papiers. Il s’est rendu à un commissariat proche qui a refusé d'enregistrer sa plainte mais les policiers ont quand même fait venir le Samu pour le faire soigner aux urgences.


Agressé et dépouillé

Innocent était venu de Strasbourg avec des amis de Mulhouse dans un minibus. Ils étaient six dans le véhicule, trois hommes et trois femmes. « Personne ne nous avait prévenu de nous méfier. En sortant de la salle d’Aubervilliers, nous avons commencé à rouler lorsque nous avons vu deux ou trois Rwandais qui semblaient perdus. Il y avait parmi eux Eric Kabera, le cinéaste. Ils cherchaient le chemin de leur hôtel. Au moment où nous discutions à leur hauteur, une voiture s’est arrêtée derrière nous. Trois hommes sont sortis en criant en lingala (la principale langue de RDC) : « Voilà des Tutsi qui sont venus dans l’avion de Kagame, on va leur casser la gueule ».  Eric et ses compagnons ont aussitôt détalé. Ils m’ont sorti du véhicule, m’ont fait une « balayette » pour que je tombe et les trois se sont acharnés sur moi à coups de pieds. J’étais pratiquement KO. Une femme en a profité pour s’enfuir du minibus. Ils se sont attaqués aux autres. L’un des agresseurs est retourné à sa voiture chercher des bidons d’essence et a commencé à arroser notre minibus et les femmes. Il a aussi jeté de l’essence sur une voiture bloquée derrière, une Mercedes pilotée par un Français. Heureusement, dans leur précipitation, les inconnus avaient oublié leurs briquets dans leur voiture. Ils sont retournés les chercher et ont d’abord incendié la Mercedes. Au moment où ils allaient allumer l’essence dont étaient imprégnés les deux femmes supposées tutsies et notre minibus,  beaucoup avaient vu la scène de loin et accouraient en criant. Les trois hommes ont aussitôt pris la fuite dans leur véhicule. Ca nous a sauvés ».

Deux Rwandaises supposées tutsies aspergées d’essence

Cette agression a été la plus violence de celles qui se sont produites aux alentours de la salle de spectacle d’Aubervilliers. Innocent et ses amis se sont rendu au commissariat d’Aubervilliers pour déposer plainte. Selon eux, les policiers les auraient reçus de mauvais gré en se plaignant d’être en sous-effectif. Il aurait fallu parlementer jusqu’à 3 heures du matin pour qu’enfin la - seule - plainte d’Innocent soit enregistrée.

Les policiers présents ont cependant procédé à 15 interpellations de « casseurs », tous issus de RDC et porteurs pour certains de cocktails Molotov.

Des « casseurs » issus de RDC

D’autres incidents se sont produits le lundi 12 septembre après-midi. Après le déjeuner des deux chefs d’Etat à l’Elysée, une conférence de presse était organisée au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) avec pour intervenants Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Tharcisse Karugarama, ministre de la Justice, Aloysie Inyumba, ministre de la Condition féminine et de la famille, François Kanimba , ministre du Commerce et de l'Industrie, James Musoni, ministre du Gouvernement local, Albert Nsengiyumva, ministre des Infrastructures et le professeur Anastase Shyaka, Secrétaire exécutif du Conseil de la gouvernance du Rwanda.

Malgré les règles de sécurité drastiques, un petit groupe de manifestants a réussi à s’introduire par une porte dérobée dans le Centre,  implanté dans l'aile Sud du Grand Palais, face au Pont Alexandre III à Paris.
A la demande du service de sécurité de la délégation rwandaise, le journaliste congolais Roger Bongos a été brièvement interpellé et sorti de la salle par la police française pour être maintenu dans un fourgon de Police  jusqu'à la fin de la conférence de presse.

Un journaliste congolais mis à l’écart

Le journaliste a protesté qu’il était accrédité par ce Centre de presse. De leur côté, les services de sécurité rwandais expliquent que Roger Bongos avait créé un esclandre le dimanche précédent à l’entrée de la réunion de la Diaspora à Aubervilliers en exigeant de pénétrer dans l’enceinte de la salle avec une caméra, alors qu’il n’avait pas été accrédité comme journaliste. « Il a hurlé et fait du tapage à Aubervilliers, nous étions donc en droit de nous méfier », argumente un responsable de la sécurité rwandaise. Ces deux versions ne sont pas contradictoires. Elles montrent le climat d’extrême tension sécuritaire autour de la visite du chef de l’Etat rwandais à Paris.
Entre l'opposition rwandaise qui s'estime traquée et muselée et les Congolais de RDC qui tiennent pour responsable Paul Kagame de tous leurs malheurs à l'Est du pays, les services de sécurité rwandais et français étaient sur les dents. Pour toutes ces raisons, certains médias "hostiles" ont été tenus à l'écart de la visite présidentielle. De son côté, Paul Kagame n’a accordé que de rares interviews : à l’Agence France Presse, à France 24 et au quotidien Libération. (voir l'article d'AFRIKARABIA sur la version de Roger Bongos)

Des manifestants aux tee-shirts maculés de rouge

Lors de la conférence de presse au CAPE, un petit groupe de Congolais qui avait réussi à s’infiltrer par une porte dérobée a dévoilé des tee-shirts maculé de rouge et crié des slogans hostiles au régime de Kagame avant d’être expulsé par des policiers.
Les protestataires ont ensuite brûlé des pneus ainsi qu’une voiture sur le périphérique, à proximité de la Porte de Saint-Cloud. La police a dû fermer cette section du périphérique, ce qui a provoqué d’importants embouteillages. Devant les protestations des usagers du périphérique bloqués par le brasier, les manifestants congolais ont affirmé par la suite que la voiture qui avait été incendiée sur le périphérique leur appartenait. Il ne semble pas que les auteurs de cette action aient été déférés au Parquet, ni même arrêtés.

Voiture incendiée sur le Périphérique

Dans les heures qui ont suivi, des Rwandais  catalogués « Tutsi » à leur faciès ont été insultés et agressés dans un autobus et dans des rames de métro. Dans un autobus de la RATP se trouvaient plusieurs avocats rwandais dont le Bâtonnier de Kigali Me Aloïs Rutadungwa et Me Donatien Mucyo. Entendant qu’ils discutaient en kinyarwanda, un passager apparemment congolais les a insultés. Puis il a appelé par téléphone ses amis à le rejoindre « pour régler leur compte à ces Tutsis ». Les Rwandais ont alerté le conducteur qui a appelé les services de sécurité de la RATP. Ceux-ci ont escorté les avocats jusqu’à leur hôtel pour qu’ils ne soient pas pris à partie.
Un autre avocat rwandais a été agressé à proximité du parvis du Trocadéro. Les policiers ont arrêté ses deux agresseurs, qui seraient pour l’un Congolais, et l’autre, Angolais.

Plusieurs avocats rwandais menacés, voire brutalisés

Ces incidents ne sont pas étonnants au vu du déferlement de messages haineux ces derniers jours visant le régime de Paul Kagame et plus précisément les Tutsi rwandais. Des internautes, apparemment issus de RDC, sont allés jusqu’à appeler au viol de femmes au Rwanda. Des chansons en lingala sont audibles et visibles sur Youtube, appelant au meurtre des Tutsi. La radicalisation de la campagne présidentielle en RDC semble avoir poussé certains à jeter de l’huile sur le feu, en accusant notamment le président Kabila d’être tutsi. Du côté de Kigali, on accuse les opposants rwandais réfugié sen Europe d’avoir instrumentalisé des Congolais pour les pousser en première ligne. L’association SOS Racisme a commencé à enquêter sur tous les incidents et agressions.

Lors de précédentes manifestations de même nature le 12 juin dernier à Chicago, des manifestants congolais avaient reconnu avoir touché 10 dollars chacun de la part « d’amis rwandais » pour crier des slogans hostiles et brandir des pancartes devant l’hôtel où résidait Paul Kagame.

Serge RAUQUE
Photo : Paul Kagame à Aubervilliers le 11 septembre 2011 (c) Ch. Rigaud www.afrikarabia.com
Il serait temps que La CPI se penche sur le génocide qui a eu lieu en RDC. SOS Racisme devrait enquêter là bas; y a du boulot!

mercredi 14 septembre 2011

Les vétérans de l’opération Turquoise demandent à Paul Kagame de « retirer » ses accusations contre l’armée française.

C’est un combat pour « défendre notre honneur »  que les vétérans français de l’opération Turquoise ont mené à l’approche de la visite du président rwandais, Paul Kagame, en France. 
Régulièrement accusés par ce dernier d’avoir été complices en 1994 du génocide contre les Tutsis, ils ont multiplié les démarches pour faire connaître leur colère contre les conditions de cette visite.
Avec à leur tête le général Jean-Claude Lafourcade, qui les commandait à l’époque au Rwanda lors de cette mission à but humanitaire, ils sont regroupés au sein de l’Association France Turquoise et ont diffusé un « mémorandum »  indigné, le faisant notamment remettre à Nicolas Sarkozy.

« Nous constatons que M. Kagame n’a pas retiré ses accusations3

 « Nous n’avons naturellement pas à commenter la reprise des relations diplomatiques de la France avec le Rwanda, que nous n’avons jamais contestée » , précisent d’abord les anciens militaires. Mais nous constatons que M. Kagame n’a pas retiré ses accusations  (…). Le président de la République, à qui nous avons demandé de s’exprimer publiquement sur ce sujet, n’a pas cru devoir répondre, à ce jour, à cette légitime demande. Si rien n’est fait, une telle visite ne pourra que contribuer à inscrire dans l’Histoire l’affirmation selon laquelle des soldats français ont participé au génocide rwandais. Cette falsification des faits est naturellement inacceptable. »
L’opération Turquoise a duré deux mois, du 22 juin au 21 août 1994. Auparavant, à la suite de l’attentat du 6 avril ayant coûté la vie au président Juvénal Habyarimana, et l’essentiel de la force de l’ONU (Minuar) s’étant retirée, des centaines de milliers de personnes, en majorité des Tutsis, avaient été massacrées par les Hutus sans que la communauté internationale intervienne.
L’opération Turquoise est déclenchée après le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 929 qui décide une opération humanitaire temporaire visant à protéger les populations civiles.

2 550 militaires français

Environ 2 550 militaires français et 500 autres soldats de plusieurs pays d’Afrique seront déployés. Ce détachement fut chargé de former une « zone humanitaire sûre »  dans le sud-est du Rwanda.
Le général Jean-Claude Lafourcade et ses frères d’armes d’alors, comme les généraux André Schill et Didier Tauzin ou le colonel Jacques Hogard, expliquent qu’il était « trop tard pour empêcher le génocide » , mais que « Turquoise a permis d’y mettre fin en sauvant plusieurs dizaines de milliers de vies »  dans les deux ethnies.
Cela a été rendu possible, précisent-ils, « en fixant sur le territoire »  une grande partie de la population qui fuyait vers le Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo), face à l’avancée de l’armée du Front patriotique rwandais (FPR, Tutsis de l’extérieur), commandé par le général Paul Kagame, qui mettait en déroute celle du régime en place.
Certaines lacunes ont certes pu être constatées, comme le retard pris pour sauver les Tutsis réfugiés dans la région de Bisesero et l’absence de moyens pour arrêter les génocidaires, ce que le général Lafourcade a reconnu dans un livre en 2010 (1). « Mais,  clame-t-il, les accusations de M. Kagame sont mensongères. Les soldats français ont fait un travail extraordinaire, ce qui a ensuite été reconnu par l’ONU. »
 18 députés interpellent Sarkozy
À l’initiative de Michel Voisin, député UMP de l’Ain et vice-président de la commission défense de l’Assemblée nationale, 18 députés, tous UMP, ont interpellé par courrier Nicolas Sarkozy sur ses relations avec Paul Kagame. Ils dénoncent les « accusations » régulièrement portées « à tort » par le président du Rwanda « concernant la participation active de l’armée française au génocide ».
Ils souhaitent que, durant sa visite, ce dernier « cesse » ses « accusations » portées « à tort » contre l’armée française, mais aussi « reconnaisse le rôle positif » de cette dernière. Mercredi 7 septembre, Nicolas Sarkozy avait laissé entendre que tous les sujets pourront être abordés lors des discussions.