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samedi 1 juin 2013

Des islamistes syriens arrêtés en Turquie avec du gaz sarin

Les autorités turques ont arrêté douze membres présumés du Front al Nosra, un groupe rebelle syrien lié à Al Qaïda en Irak, qui planifiaient des attentats en Turquie et étaient en possession de gaz sarin, rapportent jeudi des médias turcs.
Ces informations n'ont pas été immédiatement confirmées de source officielle.
Les douze suspects ont été arrêtés à Adana, une ville du sud de la Turquie située à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne, écrivent les journaux turcs Taraf, Cumhuriyet et Aksam.
La police a saisi au cours de la perquisition deux kilos de gaz sarin et des armes lourdes, ajoutent-ils sans citer leurs sources.
Les membres présumés du Front al Nosra préparaient un attentat de grande ampleur et on été inculpés par un tribunal de la ville, selon les journaux.

Selon le quotidien pro-gouvernemental turc, Zaman, 4 kg de gaz Sarin aurait été retrouvé par la police turque chez les rebelles syriens d'Al-Nosra. Cette branche est proche d'Al-Qaïda et est soutenue par les autorités US, britaniques, françaises et israëliennes en Syrie qui lui fournissent armes, logistiques et combattants. D'un côté on assiste à la diabolisation des musulmans intégristes-terroristes proches de la mouvance al-qäidiste et de l'autre on les arme et on les soutient en Syrie et en Lybie...C'est à n'y rien comprendre.

"Hier matin, à l’aube, la Direction générale de la Sécurité (Emniyet Genel Müdürlügü) a mené une opération à Adana, dans la Sud de la Turquie, contre des cellules de l’organisation terroriste Jabhat Al Nosra, fer de lance de l’insurrection en Syrie."
Au cours de leur interrogatoire mené par la police turque, proche de l'OTAN, les terroristes auraient avoué vouloir acheminer le gaz sarin vers les zones de combat en Syrie mais aussi de les utiliser en Turquie. La police enquête actuellement sur les pistes qui ont permis aux terroristes de se procurer cette arme chimique. D'autres sources évoquaient déja la présence d'armes chimiques tombées aux mains de nos amis d'Al-Qaïda plus communément appelés "rebelles"(CNN )

Gageons que les communiquants de l'OTAN, machine de guerre médiatique propagandiste s'il en est,  ne reprendront pas ce genre d'information. Wait and see...

Source :
ZAMMAN 30.05.13 

mardi 22 janvier 2013

Le grand aveuglement : pourquoi ne voyons-nous pas que le Mali n'est qu'un épisode d'une Guerre mondiale déclenchée il y a 30 ans ?

La guerre djihadiste internationale est déclarée depuis 1979, date de l'invasion soviétique de l'Afghanistan.
Au-delà de ce qui se passe encore sur le site d’In Amenas, au-delà de l’avancée des troupes françaises - qui ne sont plus seules, contrairement à ce que prédisaient certaines Cassandres - au Mali, apparaît dans toute sa clarté un fait que la conjonction des aveuglements, des renoncements et des alibis avait caché depuis au moins trente ans, à savoir qu’il s’agit d’une guerre djihadiste internationale déclarée par les djihadistes eux-mêmes et cela depuis 1979, année charnière.
Cette année-là, en effet, verra l’invasion soviétique de l’Afghanistan et sa conséquence majeure : la formation des brigades internationales de l’islamisme, avec notamment, dans ses rangs, un certain Oussama Ben Laden et, de l’extérieur, l’aide des Etats-Unis focalisés alors sur la lutte contre Moscou, considérée encore comme l’ennemi principal.
Dans le même temps, l'ayatollah Khomeini, logé, nourri et blanchi par Giscard, va créer la première république islamique des temps modernes. Enfin, action beaucoup moins remarquée mais encore plus significative : la prise de la grande mosquée de la Mecque - lieu sacré de l’Islam - par des salafistes radicaux qui accusent le régime saoudien de trahir Allah. Il faudra l’intervention du GIGN français pour mettre fin - dans le sang - à cette agression.
Depuis, à Londres comme à Madrid, au Kenya comme à Bali, à Marrakech comme à Toulouse, précédée et couronnée évidemment par le 11 septembre 2001 à New York, la guerre des intégristes contre les infidèles se poursuit sur tous les fronts, ne faisant aucune différence entre Arabes et Européens, Russes et Américains, Chinois et Indiens, civils et militaires, adultes et enfants.
Les buts sont avoués, cohérents et explicites : restaurer le Califat aboli en 1924 par ce traître d’Ataturk, après la chute de l’empire ottoman, reconstruire la nation islamique avec l’application totale de la charia, reconquérir les terres européennes abandonnées aux mécréants à la fin du XVème siècle. Aux autruches qui ne voulaient rien voir ni rien entendre, il suffisait depuis longtemps d’écouter un certain nombre de télévisions satellitaires du Moyen-Orient, pour connaître quotidiennement l’énoncé du programme.
Peu importe dès lors les oiseuses discussions sur l’identité de l’état-major : Al-Qaïda n’est qu’une des expressions de cette idéologie totalitaire, et a depuis longtemps franchisé la marque en des myriades de labels qui œuvrent ici ou là, en Europe comme au Sahel, au service du même objectif. Que nous le voulions ou non, cette guerre mondiale bat son plein et ne s’arrêtera pas de si tôt, parce qu’elle n’a rien à voir avec les précédents conflits internationaux. Certains raisonnent encore avec les lunettes de 40-45 ou de la Guerre froide. N’en déplaise aux nostalgiques de l’anti-colonialisme d’il y a un demi siècle, cette guerre asymétrique oppose, bien au-delà des dictatures corrompues et des régressions organisées, tous ceux - musulmans, chrétiens, juifs, athées ou agnostiques - qui mettent la liberté et les droits humains au-dessus de tout, et ceux qui veulent instaurer le nouvel ordre totalitaire. C’est pourquoi le Mali et In Amenas ne sont que les épisodes d’un feuilleton dont on est loin de connaître la fin.
 
 
 

André Bercoff

André Bercoff est journaliste et écrivain.
Il est notamment connu pour ses ouvrages publiés sous les pseudonymes Philippe de Commines et Caton.
Il est l'auteur de La chasse au Sarko (Rocher, 2011), et plus récemment Qui choisir (First editions, 2012)