mercredi 2 janvier 2013

L’Afrique doit ressaisir son destin – par Pierre Le Vigan


L’Afrique est indépendante depuis cinquante ans. Elle avait des atouts. Ils n’ont pas fructifié. Pourquoi ? C’est à cette question que répond Bernard Lugan dans Décoloniser l’Afrique. L’Afrique est pourtant « aidée ». Pourquoi les aides à l’Afrique ne servent-elles à rien ? Pourquoi même contribuent-elles à enfoncer l’Afrique dans la pauvreté ? Pour répondre à ces questions, il faut comprendre l’Afrique et la connaître. Il faut aussi décentrer son regard : le monde n’existe pas que du point de vue de l’Occident, des Lumières, de l’idéologie « droits-de-l’hommiste ». L’Afrique ne s’en sort pas sauf quelques pays (cf. Pierre Le Vigan, « L’Afrique et ses chances », dansFlash, octobre 2010). La croissance démographique y est de plus en plus rapide depuis un siècle (avec des écarts énormes entre par exemple la Tunisie qui a fait sa transition démographique et la Somalie avec sept enfants par femme) : cent millions d’habitants en 1900, deux cents millions en 1950, un milliard en 2009. Trop de déséquilibre entre la croissance des hommes et celle des richesses : depuis 1981, le P.I.B. par habitant a diminué de 15 %.
Si l’Afrique souffre, c’est moins de sous-développement que de mal-développement, voire d’une conception occidentale du développement. Pour le F.M.I. et la Banque mondiale, le développement, c’est d’abord le développement économique et la mesure de celui-ci, c’est d’abord l’entrée dans la mondialisation. Il faudrait, compte tenu de sa démographie, à l’Afrique une croissance moyenne de 7 % par an. Est-ce vraiment la solution ? À quel prix, notamment écologique, serait une telle marche folle en avant ? Et qui peut croire que c’est possible en Afrique ?
Voyons le fond des choses. On prétend faire sortir les Africains de la pauvreté, et on croît que les Africains sont « des Européens pauvres à la peau noire ». C’est mettre l’Afrique à l’envers montre Bernard Lugan. Il faut la remettre à l’endroit. Or cela ne consiste pas à commencer par le développement économique, encore moins par l’aide économique. Cela consiste à remettre la politique à sa place et la société en ordre. D’abord redonner son rôle à la politique : faire fructifier les différences et non les nier. Or le placage voulu par l’Occident d’une démocratie procédurale aboutit à une « démocratie » africaine ethno-mathématique, à savoir que c’est l’ethnie la plus nombreuse qui prend le pouvoir et en abuse. Le refus de prendre en compte les différences notamment ethniques aboutit ainsi à l’inverse du but recherché officiellement : à exacerber les conflits. Or l’Afrique a besoin de stabilité plus que de processus électoraux plaqués artificiellement, elle a besoin d’économies autocentrées plus que de dérégulation libérale, elle a besoin d’une maîtrise de sa démographie plus que d’encouragements à la demande de « réparations » et à la croyance en une aide toujours plus forte et toujours plus inadaptée de l’Occident. Bref, l’Afrique a besoin qu’on cesse de lui voiler la vérité : elle doit reprendre possession d’elle-même, elle doit cesser de se laisser infantiliser, elle doit cesser de prêter le flanc à des interventions pseudo-humanitaires, elle doit cesser de rêver à une émigration vers l’Europe et l’Amérique qui consiste à laisser fuir ses élites (au nom en France de l’immigration « choisie » – choisie ni par les Africains ni par le peuple français mais par le Capital), elle doit cesser de se faire néo-coloniser (et prendre ses terres) par les nouvelles puissances de l’Asie et achetée par les multinationales. En un mot, elle doit régler ses problèmes entre Africains.
Il est vrai que l’Occident a tout fait pour tromper l’Afrique sur elle-même. Par l’universalisme d’abord, par la repentance ensuite. « Croyant en l’homme citoyen du monde interchangeable, les universalistes veulent pouvoir appliquer partout les mêmes lois et les mêmes règles, tout n’étant selon eux qu’une question d’éducation » (on pourrait ajouter : sachant qu’il n’y a d’éducation qu’une conception possible qui est la conception occidentale). Au sein de l’Occident, la France représentait la variante extrême des Lumières. Comme elle avait proclamé à la face du monde « les droits de l’homme », elle avait le droit, et même le devoir, d’ « élever » vers elle, de transcender les peuples non-civilisés en civilisés, en humains, en Français, ces termes étant en somme synonymes. Qui ne voit que sous son apparente générosité cette position était d’une arrogance folle ? Le revers de cette politique c’est la dissolution de la France elle-même : si la France est « la patrie des droits de l’homme » — auto-définition emphatique de soi — comment peut-elle être plus concrètement et plus modestement, la patrie des Français – ce qui est somme toute tout ce qu’on lui demande ? C’est ce qui advint. La France ne se reconnut plus en elle-même. La France se volatilisa et « évapora en fraternité » (Victor Hugo).
C’est pourquoi chacun, les Africain tout comme les Européens, doit revenir au réel. « Les Africains ne sont pas inférieurs, ils sont autres » disait Lyautey. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas comme nous mais « en retard », mais signifie qu’ils n’ont pas vocation à faire forcément comme nous avons fait mais à suivre et inventer leur propre chemin.
Pour compter sur elle-même, l’Afrique doit ne pas se raconter d’histoires sur son histoire. La traite négrière ? Elle n’aurait pas été possible sans être organisée par des Africains eux-mêmes. La colonisation ? Elle a fait du mal aux âmes, a créé des frontières artificielles, mais n’a pas pillé l’Afrique. Elle a coûté beaucoup plus cher aux puissances européennes colonisatrices qu’elle ne leur a rapporté, le cas le plus emblématique étant l’Algérie, véritable gouffre pour la France des années trente à 1962. Les obligations en tout genre, stratégiques, sanitaires et autres, des puissances colonisatrices, ce que Jacques Marseille appelait les « contraintes de souveraineté » ont ruiné et retardé tout particulièrement la France. La fixation sur le passé interdit en outre aux Africains de saisir les enjeux actuels : 25 % des terres agricoles africaines sont concernées ou déjà dévolues dans le cadre de projets d’acquisition, qui concernent essentiellement des puissances asiatiques (Chine, Corée). L’application rigide du principe « un homme, un vote » dans des États-nations largement artificiels aboutit à des explosions que la reconnaissance institutionnelle des ethnies et le fédéralisme pourrait au contraire prévenir.
Les ethnies n’ont pas été créées par les colonisateurs. Elles ne sont pas la projection fantasmée des Européens soucieux de conforter leur propre identité. Les clivages ethniques priment sur les clivages religieux (Lugan, p. 164). S’il est exact que les rapports de force entre ethnies ont été figés par la colonisation, c’est effectivement leur remise en mouvement qui explique les guerres inter-africaines, essentiellement inter-ethniques. Le seul reproche que l’on peut faire à Bernard Lugan, c’est sans doute de ne pas assez souligner les liens entre ethnies et position sociale (dominants ou dominés), ethnies et activité économique (éleveurs nomades, cultivateurs sédentaires, etc.). Des liens qu’il n’ignore nullement mais qui ne sont pas au centre de son analyse. En d’autres termes, les conflits ethniques ont aussi une dimension socio-économique. Mais ne se réduisent jamais à l’économie comme l’explique justement Bernard Lugan.
Pierre Le Vigan
• Bernard Lugan, Décoloniser l’Afrique, Paris, Ellipses, 203 p., 16 €.

Italie : Simone di Stefano, candidat de Casapound à la présidence de la région Lazio



ROME (NOVOpress) – Le mouvement de droite radicale et sociale Casapound Italia a révélé le nom de son candidat qui briguera la présidence de la région Lazio (image en Une), il s’agit du vice-président du mouvement Simone Di Stefano.
Agé de trente-six ans, il est né et a grandi dans le quartier populaire de Garbatella à Rome et a milité dès l’âge de 16 ans dans le Mouvement social italien, qu’il quittera en 1994.
Il est l’un des fondateurs de Casapound, dont il est vice-président et responsable de la propagande et de la communication. Séparé, père de deux filles, il a consacré sa vie au militantisme politique actif, organisant l’occupation de bâtiments abandonnés pour donner refuge à des centaines de familles italiennes en situation de précarité, et lançant des campagnes dans les médias pour défendre les classes populaires et les travailleurs en lutte.
« Nous sommes candidats aujourd’hui pour donner de l’espoir à l’Italie, après 10 années au cours desquelles nous avons montré sur le terrain, concrètement, ce nous pouvons faire, en comptant uniquement sur la force du militantisme et de l’auto-financement. Nous voulons offrir une véritable alternative à tous les déçus de centre-droit et de centre-gauche et tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la ligne libérale dominante, qui sera défendue par l’ensemble des candidats du système, de Storace à Bersani en passant par Monti et Berlusconi », a notamment déclaré Di Stefano.
« Notre nation modèle, a poursuivi le candidat de Casapound, nous voulons commencer à l’expérimenter dans le Latium (Lazio). Nous voulons faire de cette région un bastion social, un petit Etat fortement impliqué dans le développement de l’économie locale, permettant de tirer de cette économie localiste des ressources pour les services sociaux et de santé qui doivent rester fermement dans les mains du public. »
« Parmi les points clés de notre programme on trouve la création d’un “Institut régional pour la relance économique”, un outil capable d’intervenir directement là où une entreprise ou une société est susceptible de fermer. Nous voulons également appliquer le “Mutuo sociale”, qui est une solution pour accéder à la propriété de la première maison sans passer par les banques. Nous souhaitons aussi mettre en place une monnaie complémentaire locale, “l’Equo”, que nous allons bientôt expérimenter dans le quartier de l’Esquilino. Il s’agit d’un système déjà utilisé ailleurs et qui est en mesure de stimuler l’économie locale et la solidarité communautaire. Par ailleurs, nous voulons réduire drastiquement le financement public des partis politiques ainsi que la rémunération des administrateurs, parce que la politique ne doit être une “carrière comme une autre” faite pour l’argent et, d’autre part, les idées qui valent la peine doivent trouver, comme le fait Casapound, les moyens de leur auto-financement. »

Hollande salue l'Aïd-el-Fitr et oublie… Noël !


Dans la chaleur estivale du mois d’août, notre Président normal prit la peine d’abandonner un instant sa Valérie en bikini sur la plage de Brégançon pour aller poster sur le site de l’Élysée un message à l’attention des musulmans de France. (*).
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Saluant la fin du mois de Ramadan, il leur disait :
« A l’occasion de l’Aïd-el-Fitr, j’adresse tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite aux musulmans de France. Je souhaite que cette fête du pardon, du partage et du souci de l’autre, contribue à la concorde, dont notre Nation a tant besoin. Je tiens à réaffirmer mon attachement à l’égalité républicaine, qui protège tous ses citoyens et résidents, sans discrimination. La laïcité, qui assure la liberté de conscience comme elle garantit la liberté religieuse, demeurera indéfectiblement la règle de notre République. »
Sans doute distrait par une nuit de réveillon laïc et républicain chez sa nouvelle belle-mère, à Angers, François Hollande n’a pas songé à adresser ses vœux de Joyeux Noël aux chrétiens de France.
Derrière l’attitude volontairement grossière et ouvertement discriminatoire, pour le coup, on rappellera à François Hollande qu’il n’a pas seulement un physique à porter la bure pour vendre du fromage ou de la bière à la télé, mais bien des titres qui, attachés à sa fonction de président de la République, marquent les liens historiquement indéfectibles qui unissent la France et l’Église.
En effet, et l’on ne sache pas qu’il y ait renoncé, François Hollande est aujourd’hui :
  • – premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique majeure de Saint-Jean-de-Latran, à Rome
  • – chanoine de l’abbaye de Beauchêne, à Cerizay (Deux-Sèvres)
  • – proto-chanoine de la cathédrale d’Embrun (Hautes-Alpes)
  • – proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry (Loiret).
  • – et enfin chanoine honoraire de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, de Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Julien du Mans, Saint-Martin de Tours, Saint-Maurice d’Angers, Saint-Jean de Lyon, Saint-Étienne de Châlons et Saint-Germain-des-Prés, à Paris.
A ce jour, il n’est ni mufti honoraire de la Grande mosquée de Paris, ni rabbin de cérémonie à la Grande synagogue. Peut-être le regrette-t-il mais c’est ainsi, même s’il se fend d’un message officiel pour saluer la fin du Ramadan ou s’il coiffe la kippa une fois par an pour se rendre avec tout son gouvernement au déjeuner du CRIF.
La France a une histoire dont tout président de la République est l’héritier, même socialiste et bouffeur de curés.
François Hollande s’honorerait en ne l’oubliant pas.

L'offensive américaine sur les banlieues françaises (Partie 1)


On le sait depuis plusieurs années, les Américains sont clairement engagés dans une stratégie d’influence de vaste ampleur vis-à-vis des minorités en France. Pour les lecteurs de Polémia, « il ne s’agit pas là d’une découverte mais d’une confirmation : oui, il y a une claire et nette entreprise de manipulation des minorités en France par les Américains. Les opérations mises en œuvre sont scrupuleusement planifiées, suivies et évaluées ». Aujourd’hui, c’est le Qatar, gonflé de ses dollars et de ses euros qui lance une nouvelle offensive vers nos banlieues. Nous conseillons vivement le lecteur à se rendre aux adresses indiquées en fin d’article.
Polémia 
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« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique (...) sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. ». Ces mots surprenants sont ceux du défunt président français François Mitterrand.
Ils pourraient prêter à sourire plus qu’à les prendre au sérieux, sauf pour ceux qui s’inquiètent de l’offensive du Qatar, qui vient de promettre au gouvernement français de s’occuper des quartiers défavorisés, en échange du rachat d’un peu de dette française. Pourtant les banlieues françaises ne sont pas seulement visées par le Qatar mais également par de nombreux stratèges du département d’état américain, qui ont développé une stratégie à long terme basée sur la démographie des jeunes français issus de l’immigration africaine qui implique, à terme, une prise progressive de pouvoir et d’influence en France pour ces minorités.
C’est un câble datant du 25 janvier 2007 publié par Wikileaks qui révèle cette étonnante affaire. L’ambassade américaine y affirme clairement développer une politique active de soutien et de développement envers les communautés afro-arabes de France, en visant clairement les jeunes musulmans français. Les premiers éléments de cette politique furent fixés en 2001, juste après le 11 septembre, alors qu’il semblait vital au département d'état de tenter d'améliorer l'image de l’Amérique aux yeux des musulmans d'Europe.
Mais c’est suite aux émeutes françaises de 2005, que le président Obama nomme en 2009 Charles Rivkin comme nouvel ambassadeur des États-Unis en France. Celui-ci va alors par le biais de l’ambassade développer une intense campagne de lobbying auprès de jeunes français issus de l’immigration. Cette campagne prendra différentes formes : l’organisation de voyages sponsorisés aux Etats-Unis dans le cadre de programmes politiques, des déplacements de l’ambassadeur dans des zones sensibles à forte concentration de population d’origine immigrée, l’organisation de visites de stars américaines issues de la diversité dans ces quartiers, ou encore l’organisation d’événements (politiques ou artistiques) avec des jeunes français issus de la diversité. L’ambassadeur est principalement assisté dans ses activités de lobbying en direction de ces minorités par Mark Taplin, un diplomate de carrière, spécialiste des méthodes d’influence et du soft-power. Ancien attaché de presse adjoint en 1994 à l’ambassade américaine à Moscou il a ensuite travaillé en Ukraine, Moldavie et Biélorussie de 1999 à 2004, année de la révolution de couleur en Ukraine.
L’année suivante, en 2010, l’ambassade américaine à Paris rédige un câble dans lequel l’ambassadeur Charles Rivkin explique les activités américaines en direction des minorités. Le câble décrit la crise de la représentation nationale en France, la nécessité pour les américains de développer une stratégie pour la France, de s’engager dans un discours positif, de mettre en avant un exemple fort, lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse, l’encouragement des voix modérées, une diffusion des meilleures pratiques, l’approfondissement des compréhensions du problème, et enfin le ciblage des efforts. Le câble a été traduit et il est consultable ici, il est plus qu’explicite et mérite d’être lu. Il y est clairement expliqué que l’opération n’a comme intérêt final que de faire progresser les intérêts américains en France via la prise de pouvoir progressive de jeunes français issus de la diversité. Bien sur de nombreuses associations et fondations américaines opèrent depuis longtemps pour s’assurer du soutien à l’Amérique au sein des élites françaises, que l’on pense à la très célèbre fondation Franco-américaine, au club Jean Moulin (destiné à créer un projet d’opposition au gaullisme) ou encore plus récemment au conseil national pour les visiteurs internationaux. Mais la nouveauté de cette politique de séduction est qu’elle est focalisée sur des communautés ethnico-religieuses en France et notamment sur les jeunes musulmans.
Cette activité diplomatique vise donc les élites françaises tout comme les sites internet de la communauté immigrée en France. Sont cités notamment comme relais les sites oumma et saphir, qui ont confirmé leurs bonnes relations avec l’ambassade des Etats-Unis en France (voir ici et la). Mais des personnalités publiques et politiques issues de la diversité ont également été visées, comme par exemple Rokhaya Diallo, Reda Didi (ex-responsable du mouvement socialiste écologiste français les Verts qui a notamment publié un ouvrage A nous la France racontant son expérience américaine). Il y a aussi Ali Soumaré (ancien candidat PS aux élections régionales), Almamy Kanouté, (militant associatif et à la tête d'une liste indépendante à Fresnes), Najat Belkacem, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, et aujourd’hui membre du gouvernement français, ou encore Said Hammouche, fondateur du cabinet de recrutement Mozaïk RH, qui vise à favoriser la diversité dans les entreprises françaises. Enfin, le rappeur Axiom, qui a lui aussi participé à ce programme et publié un ouvrage intitulé J'ai un rêve, appelant à lancer, en France, une vraie dynamique de lutte des droits civiques, sur le modèle américain. Cette liste n’est pas exhaustive.
Plus surprenant, ce travail de lobbying des minorités cible particulièrement les musulmans français. L’ambassade américaine a par exemple contribué à lancer une association nommée Confluences, destinée à promouvoir les minorités et particulièrement la minorité musulmane dans la région lyonnaise, tout autant qu’ à lutter contre les discriminations. L’attaché culturel du consulat américain à Lyon siège au conseil d’administration de l’association. Plus récemment, c’est unemaison des Etats-Unis qui a été créée, destinée à informer les Lyonnais sur l’Amérique. Notre ambassadeur est aussi fortement intéressé par les « écoles de la seconde chance » destinées à favoriser l’intégration des jeunes défavorisés, souvent issus des agglomérations cosmopolites des grandes villes françaises. Ce travail en faveur des minorités défavorisées est plus limpide lorsque l’on lit le vibrant hommage rendu à l’ancien directeur de Sciences Politiques Richard Descoings, décédé dans des circonstances sordides aux Etats-Unis au début de cette année. On sait le travail énorme fourni par Richard Descoings pour ouvrir Sciences Po à la nouvelle diversité française, et aux minorités des quartiers dits défavorisés.
Au passage, la presse française, qui a applaudi cette initiative au nom de l’égalitarisme social et républicain a curieusement passé sous silence la gestion financière catastrophique de l’établissement.
Alexandre Latsa
La Voix de la Russie 
Voir :
La stratégie américaine pour influencer les minorités en France. Confirmation du diagnostic Vol A 93120 : Washington-La Courneuve 
Le rapport ne semble plus accessible sur la toile, mais on peut en lire des extraits traduits en français sur le site
Gestion des Risques Interculturels.

La descente aux enfers wahhabites de la Tunisie


La voie empruntée actuellement par la Tunisie laisse présager de sérieuses hypothèques sur son avenir en tant que nation souveraine et indépendante. Elle est en train de sombrer corps et âme dans le piège tendu par les islamistes qui jouent à la vertu pour mieux dissimuler leur nature hideuse.
Il n’est un secret pour personne qu’il s’agit d’un rôle de composition et qu’ils ne manqueront pas de dévoiler leur vraie nature de soldats de l’ombre et ressortir leurs crocs venimeux. Ceux dont ils avaient fait usage à la fin des années 70 jusqu’au début des années 90 et lors de l’attentat sanguinaire de Bab Souika qui avait fait deux morts.
Jamais les islamistes n’avancent à visage découvert
Jamais les islamistes n’avancent à visage découvert, ils se voilent le visage comme ils voilent leurs femmes, pour ne pas effrayer l’opinion publique tunisienne et leurs propres affidés. Ils se fondent dans le paysage pour mieux surprendre leurs proies. Ils ne sont pas Dr Jeckill et Mr Hydre. Ils sont tels ces serpents des marais de la mythologie grecque, qu’on appelle les hydres, combattues et vaincues par Hercule, qui dans le cas de la Tunisie ne peut être que le peuple lui-même, patriote, solidaire et déterminé comme jamais pour arracher le pays des griffes des forces miliciennes, obscurantistes et mercenariales à la solde des pétromonarques wahhabites et fascistes.
On ne saurait les juguler et les contenir si on se garde de mettre en exergue et ignorer le soubassement idéologique de cette secte mystico-mafieuse d’ennahdha et sa haute toxicité sur l’état de santé mentale des masses, et sa nocivité sur le devenir démocratique et civilisationnel des populations musulmanes frustrées des libertés publiques, individuelles, politiques, cultuelles et confessionnelles depuis plus de 1400 ans. Des populations vivant sous la domination étouffante et asphyxiante d’un système idéologique qui utilise la religion comme un moyen de gouvernement de la vie des gens dans les moindres petits détails y compris celui de la pensée.
Ainsi, l’islamisme collaborationniste qui fait son retour effrayant sur la scène tunisienne, annonciateur d’une nouvelle Saint Barthélémy, d’une nuit de Cristal, a pour principale mission d’assurer la propagation de ce système totalitaire et théocratique, et de maintenir la population opprimée par l’ancien régime despotique, sous l’emprise wahhabite  en les enserrant dans les mailles acérées de son filet. La propagande wahhabite et ses vernis islamistes tunisiens ne lésine pas sur les moyens pour dévoyer l’esprit de la Révolution et la rendre évanescente aux Tunisiens.
Des ingrédients simples mais hautement toxiques pour les règles du jeu démocratique
Abusant de la crédulité, surfant sur le sentiment de peur et de culpabilité des damnés de la terre (les laissés pour compte de l’ancien régime) et de la tendance fâcheuse chez certains à vendre leurs âmes au diable, ils mijotent leur cuisine électorale avec des ingrédients simples mais hautement toxiques pour les règles du jeu démocratique: intimidation, manipulation, corruption, exaltation de l’âme musulmane, glorification de la splendeur islamique, appel au meurtre, incitation à la haine raciale, antisémitisme, libération de la Palestine, stigmatisation de la laïcité et des droits de la femme, remises en cause de la citoyenneté tunisienne, réinstauration de l’oumma, exorcisme, idolâtrie, achat des voix, intimidation , menaces physiques et verbales, ukase religieux, inquisition, takfirisme, anathèmes, pogroms etc.
Leur technique de propagande sectaire repose sur deux piliers qu’on peut résumer ainsi : nourrir les fantasmes des foules frustrées et opprimées, d’une part, et d’autre part verser l’obole (bakchich) aux partisans.
Une révolution censée permettre au peuple de renouer avec ses valeurs
Dans un pays ou la corruption était érigée en système de gouvernement, les islamistes ne font que perpétuer et respecter les moeurs du pays. Les Tunisiens qui ont pourtant fait une révolution pour la dignité et la probité, sont en train de passer outre les symboles attachés à ladite révolution, pour se laisser soudoyer et corrompre par les agents du djihad islamique. Une révolution censée permettre au peuple de renouer avec ses valeurs de paix, d’amour, de tolérance et de générosité, ressemble de plus en plus à une cour des miracles et de propagande religieuse.
Les mosquées se sont transformées en espaces d’instrumentalisation de la religion pour assouvir les desseins hégémoniques des wahhabites qui ne lésinent pas sur les moyens pour faire de leurs mercenaires tunisiens les futurs maîtres de la Tunisie. Le processus démocratique entamé le 14 janvier 2011 s’est en réalité mué en processus de vassalisation de la Tunisie, de sa wahhabisation rampante, plus inquiétant encore, de sa nazification, à laquelle s’attelle l’organisation sectaire, félonne et terroriste d’Ennahdha.

© Salem Ben Ammar pour www.Dreuz.info

Quand l’Europe paiera le prix de son soutien à l’islam politique… par Farid Zahran


Emblème des Frères musulmans
Emblème des Frères musulmans
L’histoire confirme que la relation entre l’Occident et les Frères musulmans n’est pas un phénomène récent, mais qu’elle a existé depuis que l’organisation a été créée
Pendant l’occupation britannique, la Compagnie du Canal de Suez a fourni un soutien financier à Hassan Al-Banna et à d’autres acteurs locaux dans le but de contrer l’influence du Wafd, qui à l’époque conduisait la lutte nationale pour l’indépendance de l’Egypte. Après la révolution de Juillet 1952, les relations entre les Frères musulmans et Gamal Abdel Nasser se sont détériorées à cause de sa politique de refus d’alignement à l’ouest et au néo-colonialisme. Ce n’est que plus tard que les Frères musulmans conclurent une alliance avec Anouar el-Sadate, quand il rompu ses liens avec l’Union soviétique, et se déplaça dans la sphère d’influence occidentale.
Même lorsque les États-Unis soutenaient le régime de Moubarak, ils ont, en même temps, toujours maintenu des affinités avec les islamistes politiques en général, et les Frères musulmans en particulier.
Ce n’est plus un secret que l’Occident a, et continue, d’appuyer les demandes des Frères musulmans pour la conquête du pouvoir, la seule différence étant que désormais un tel soutien s’opère dans le cadre de la reconnaissance d’un dirigeant démocratiquement élu, choisi par son peuple.
Comme le dit un proverbe Arabe : « si quelqu’un veut manger de la merde, donnez-lui une cuillère »
Tout montre que les Frères musulmans n’auraient jamais pu arriver et rester au pouvoir sans le soutien continu des États-Unis et de plusieurs pays européens.
Le soutien de l’ouest aux Frères musulmans (surtout ces dernières années) a beaucoup choqué les Egyptiens des classes moyennes et supérieures, qui remarquent la contradiction entre la prétendue défense de l’Occident pour la démocratie et les droits de l’homme, et la rhétorique fasciste des Frères musulmans.
Les doutes sur le penchant de l’Occident pour les Frères musulmans s’accentuèrent quand la Maison Blanche publia des communiques affirmant que les questions relatives à la légalité de la déclaration sur la constitution du Président Mohamed Morsi étaient une question interne à l’Egypte, et ne suscitait aucune critique directe des États-Unis.
Une de mes connaissances a recueilli les confidences d’un diplomate européen qui l’a informé que la position de l’Europe, en ce qui concerne les Frères musulmans et Morsi, était de continuer à les soutenir en raison de leur aide à préserver la stabilité régionale au Moyen-Orient.
Le récent succès de Morsi dans la négociation du cessez-le-feu (temporaire) entre Israël et le Hamas a aidé à consolider cette réputation de leader capable de désamorcer les tensions dans la région.
Les Frères musulmans ont fait très attention à se présenter, en Europe, comme des leaders forts, pas seulement capables de faire des cessez-le-feu, mais aussi de faire de la politique, en acceptant les prêts de la Banque mondiale, après s’y être opposé lors de l’administration Ganzuri.
Avoir pu augmenter le prix des produits de base au milieu d’une récession, imposé une nouvelle constitution, un référendum, à un peuple qui s’est opposé à chacune de ces étapes, montre la force des Frères musulmans, et sa capacité à atteindre leurs objectifs quelles que soient les circonstances.
Je suis convaincu que le calendrier des décisions a été établi par la Banque mondiale (qui finance plus de 100 pays émergents) plutôt que par les Frères musulmans, dans le but de mettre en œuvre son programme de réforme économique, au mépris des intérêts du peuple égyptien.
Naturellement, les Frères musulmans sont confiants dans leur capacité à mettre en place un programme économique, et donc ils le feront. Ils peuvent aussi craindre que ne pas soutenir ces réformes risque de les faire passer pour faibles, et incapables de protéger les intérêts occidentaux en Egypte.
Dans le but de mettre en œuvre sa réforme économique, l’Occident a de nouveau renié ses propres valeurs, a ignoré les déclarations constitutionnelle de Morsi qui font de lui le nouveau dictateur, mettant un terme à l’indépendance de la justice égyptienne.
Pourquoi l’ouest veut-il tellement mettre en œuvre un programme de réforme économique qui aggrave la situation des pauvres, tout en s’opposant au projet d’utiliser les ressources naturelles du pays qui permettraient de renforcer les secteurs de la santé et de l’éducation ? Pourquoi l’ouest insiste-t-il avec autant d’obstination à soutenir la politique de l’ère Moubarak qui ne fera que creuser le fossé entre les riches et les pauvres ?
Pourquoi refusent-ils d’appuyer les organisations démocratiques constamment réprimées depuis 1952 ? L’Europe et les Etats Unis ont soutenu la démarche des Frères musulmans pour mettre Israël à l’abri des roquettes du Hamas, mais ne savent-ils pas que le Hamas représente les Frères musulmans en Palestine, et qu’ils sont une seule et même chose ?
Les Frères musulmans sont une organisation fasciste
Il va sans dire que les Frères musulmans est une organisation fasciste, capable de gouverner le pays, et qu’elle peut faire ce que l’élite traditionnelle de l’Egypte n’a pas pu faire. Les occidentaux, la France surtout, voient dans le fascisme égyptien leur seule option, mais en réalité ce sont eux qui en ont fabriqué les conditions.
Les Frères musulmans, une bombe à retardement
L’Occident a choisi l’aile religieuse du fascisme comme agent, car ils sont les plus susceptibles de favoriser la propagation d’un projet conservateur et réactionnaire. Cependant, les Frères musulmans sont aussi une bombe à retardement, qui pourrait bien exploser et briser la poigne de fer de l’ouest sur la région.
L’Occident continue à voir l’Égypte avec des yeux colonialistes, et pour cette raison, il soutient les régimes réactionnaires, à condition qu’ils contribuent à préserver leurs intérêts stratégiques, peu importe les méthodes de répression qu’ils choisissent d’utiliser. Cependant, ce que l’Occident ne comprend pas, c’est que les organisations fascistes religieuses se nourrissent sur elles-mêmes, et si on les laisse se renforcer, elles finiront par retourner leur agressivité contre l’ouest lui-même, qualifiant le « Grand Satan » d’être la source de toute la corruption du monde.
Tout cela va se produire. Malgré le fait que l’Occident leur a fourni un soutien, et leur a permis de monter en puissance.
Les affairistes des institutions financières de l’Europe auront œuvré pour rien, car ils contribuent à l’émergence d’une entité qui leur est fondamentalement hostile en tant que civilisation, profondément enracinée dans les écrits de Sayyid Qutb.
L’Europe, et les Etats-Unis en particulier, ont déjà payé le prix de leur alliance avec les moudjahidines en Afghanistan, contre l’Union soviétique, et ils payeront le prix de leur soutien à l’islam politique dans le monde arabe.
Et dans pas très longtemps. La mort de l’ambassadeur américain en Libye n’est que le premier d’une suite d’actes de représailles.
Cependant, je pense que ce sera l’Europe, particulièrement la France avec son importante population musulmane, mûre au recrutement par des organisations islamistes radicales, qui paiera le prix du soutien aux Frères musulmans.
Toutefois, la revanche la plus douloureuse viendra très probablement des gens de la région eux-mêmes, qui voient l’Europe et les Etats Unis comme les financiers de ces organisations fascistes religieuses, qui sont en train de reconstruire les régimes répressifs du passé, mais cette fois avec une teinte religieuse.
© Farid Zahran, traduction et adaptation Dreuz.info

BD de Charlie Hebdo


Charlie Hebdo et l’islam, c’est une longue histoire tumultueuse. Alors, fallait-il remettre de l’huile sur le feu avec une BD sur la vie du prophète Mahomet ? De l’huile sur le feu ? Charlie s’en défend. Le magazine ne veut pas créer la polémique, mais au contraire, cherche à rassembler.
« À qui appartient Mahomet ? À tout le monde. Il est le prophète des musulmans, certes, mais pour d’autres il est un personnage historique ou bien une légende. On peut caricaturer Mahomet comme on caricature Jésus, Napoléon ou Zorro », explique la direction de Charlie Hebdo en quatrième de couverture du hors-série.
Reste que caricaturer le prophète est souvent pris pour une provocation dans le monde musulman. Charlie s’explique : « Lorsqu’on caricature Mahomet dans Charlie, on caricature surtout l’idée que s’en font les extrémistes, ou bien on se sert de Mahomet pour l’opposer aux musulmans radicaux. Dans tous les cas, c’est la vision des fous de Dieu qui détermine notre façon d’envisager Mahomet ».
« Il faut dire la vérité : on ne connaît pas Mahomet. En Occident, tout le monde peut citer des épisodes de la vie de Jésus, mais qui peut citer un épisode de la vie de Mahomet ? Est-ce normal dans un pays comme la France, où l’islam est présenté comme la deuxième religion ?
Nous avons mis en images la vie de Mahomet telle que l’ont racontée les chroniqueurs musulmans. Sans aucun humour ajouté. Si la forme apparaîtra à certains blasphématoire, le fond est parfaitement halal… À vous de voir ».

Vers un nouveau débat caricature vs. prophète ?

L’ambition de Charlie Hebdo, avec ce hors-série, est donc d’éduquer, de faire connaître la vie du prophète, et par conséquent de permettre le rapprochement entre musulmans et non musulmans.
L’initiative est malgré tout prise avec des pincettes (quand elle est prise en compte) dans le monde musulman. L’Iran a déjà condamné la BD par la voix de son ministre des Affaires étrangères, (sans l’avoir lue, forcément le hors-série n’est sorti qu’aujourd’hui) : « Nous condamnons toute injure à caractère religieux, en particulier celles du prophète islamique, et nous exigeons que des actions en justice contre les caricaturistes soient introduites ».
Le site web Algérie1.com, sans juger, prend les choses avec des pincettes, reprenant les mots de Charb, le rédacteur en chef de Charlie, tout en déplorant « cette nouvelle provocation des musulmans ». Mais en dehors de cela, les réactions sont calmes, sinon inexistantes. Il n'y a donc pas de levée de bouclier. 
Quid du contenu ? « Halal » ou pas ? Quelques pages ont déjà surgi sur Twitter. Il s’agit bien d’une BD contant l’histoire du prophète, sur un ton léger, plutôt que sacré. Au risque de réitérer pour une énième fois la polémique/le débat caricature vs. prophète. Mais l’histoire est bien là. Et pour ceux qui ne connaissent pas Mahomet, et qui n’ont qu’une idée… caricaturale de l’islam, c’est peut-être un bon point de départ.