lundi 20 mai 2013

Syrie: «Quel intérêt aurait Bachar el-Assad d’utiliser les armes chimiques?»


Jeudi 25 avril, les Américains, qui jusque-là s’étaient montrés très prudents sur cette question, ont affirmé avoir de fortes présomptions quant à l’utilisation d’armes chimiques par les forces loyales à Bachar el-Assad. Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques, explique les raisons de ce revirement américain et ce qu’il aura comme conséquences possibles.

RFI: Alors que deux jours auparavant, l’administration américaine faisait savoir que les preuves n’étaient pas suffisantes pour conclure à une réelle utilisation d’armes chimiques dans le conflit, elle a changé de position ce jeudi 25 avril. Comment expliquer ce changement d’attitude ?
Jean-Claude Allard : La question des armes chimiques est présente depuis le début du conflit pour deux raisons : la question de l’existence de ces armes et celle de leur emploi.
Aujourd’hui, cette question revient suite à l’envoi d’une lettre des parlementaires à la Maison Blanche, qui demandent un point de situation. La Maison Blanche a été obligée de répondre, en reconnaissant un certain nombre de choses, mais avec extrêmement de prudence, car tout ce qu’elle peut annoncer est lié à la fameuse « ligne rouge » de Barack Obama et peut donc lui lier les poings pour une intervention.
Pourquoi cette prudence ? Parce qu’il n’y a pas de certitude quant à la provenance des indicateurs qui sont, je le rappelle, des analyses de sang et des analyses de terrain faites sur des prélèvements de terrain et sur des victimes présumées. Donc, on ne sait pas réellement la façon dont ont été faites les contaminations. Est-ce par accident, ou est-ce par emploi délibéré ? Et dernier point que soulève la Maison Blanche, c’est que, en cas d’emploi délibéré, qui l’a fait ?
Bachar el-Assad a accusé les rebelles de les avoir employés à Alep et les rebelles accusent Bachar el-Assad de les employer à Damas et à Homs. Aucune commission d’enquête n’a pu aller sur le terrain à ces différents endroits, parce que Bachar el-Assad l’a refusé. Cela peut être une preuve.
Est-ce aller trop loin que de parler de pressions sur Barack Obama, de pressions israéliennes, notamment ?
La question israélienne est plus liée à la question de l’existence des armes qu’à celle de leur l’emploi. C'est-à-dire qu’il y a des stocks d’armes et de munitions dispersés sur le territoire syrien.
Si les rebelles s’emparent de ces stocks, Israël s’interroge sur lesquels d’entre eux auront la main dessus ? On sait aujourd’hui que la rébellion syrienne est divisée. Al-Nosra a fait allégeance à Aqmi. Le Hezbollah a des ramifications avec certains groupes rebelles. Si les stocks d’armes tombent dans l’un ou l’autre de ces deux groupes, c’est une menace pour Israël. Il y a deux actions à traiter : l’emploi ou la sécurisation des stocks d’armes.
Le secrétaire américain de la Défense, Chuck Hagel, a reconnu l’utilisation d’armes chimiques. Une reconnaissance toutefois extrêmement prudente. Il parle de « différents degrés de certitude. » Qu’est-ce que cela signifie, en clair ?
Cela signifie qu’il faut avoir la certitude de la provenance des échantillons qui ont été testés. Savoir si l’emploi a été délibéré, ou accidentel. Dernier point, éventuellement, est la possibilité d’un emploi de provocation.
Quel intérêt aurait Bachar el-Assad d’utiliser les armes chimiques ? Il sait depuis le début que c’est la « ligne rouge » de l’Occident. Il sait par ailleurs que l’Occident n’a pas envie de s’impliquer dans ce conflit. On le voit avec l’aller-retour sur la livraison d’armes rebelles. Sa stratégie devrait donc être de s’appuyer sur la Russie et la Chine comme il l’a fait jusqu’à présent et de continuer à maintenir la rébellion, en agissant avec des moyens conventionnels, de façon à ne pas exciter l’Occident, qui risquerait d’armer sa rébellion. Donc stratégiquement, il n’y a pas trop d’intérêt pour el-Assad, d’utiliser l’arme chimique.
On évoquait la Russie et la Chine. Si cette reconnaissance d’utilisation d’armes chimiques était avérée, cela pourrait-il changer leur point de vue ?
Vraisemblablement, oui. Aujourd’hui, Russie et Chine soutiennent Bachar el-Assad parce qu’il est, à leur esprit, encore possible de le soutenir, tout en composant avec l’Occident. C’est le même cas avec la Corée du Nord. Tant qu’il y a des provocations, c’est bien. Mais à partir du moment où ça ne franchit pas cette fameuse « ligne rouge. »
La Russie et la Chine soutiennent Bachar el-Assad, je pense qu’elles sont présentes en Syrie à ses côtés, qu’elles ont des informations. Elles n’ont pas intérêt à pousser Assad à l’utilisation des armes chimiques. Elles ont dû jouer jusqu’à présent un rôle de modérateur. Mais elles ont d’autres intérêts que de soutenir Assad : elles ont intérêt à se développer économiquement, à devenir de grandes puissances industrielles, économiques et autres. Si Assad a vraiment commis cette faute, elles l’abandonneront.

Syrie: le départ de Bachar el-Assad fait-t-il encore partie des options retenues par Washington?

Le secrétaire d'Etat John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont annoncé mardi 7 mai qu'ils envisageaient la tenue d'une conférence, en vue d'un règlement politique de la crise syrienne. Cette conférence pourrait avoir lieu avant la fin du mois de mai et aurait pour base de travail l'accord de Genève conclu en juin 2012 par les grandes puissances, et qui prévoit une transition politique en Syrie. Mais les dirigeants de l'opposition syrienne doutent du succès de la démarche. En effet, le sort de Bachar el-Assad n'a pas été évoqué par les Russes et les Américains.

Corée du Nord: nouveau test de tir de missile


La Corée du Nord a effectué lundi un nouveau test de tir de missile de courte portée, le cinquième en trois jours, une série d'essais qui a poussé le secrétaire général de l'ONU à s'inquiéter des risques "d'escalade dangereuse".
Ce tir a été confirmé par un porte-parole du chef d'Etat major des armées de Corée du Sud, qui ignorait s'il s'agissait de tests de missiles guidés ou de fusées tirées de lanceurs multiples. "Nous cherchons à en savoir plus sur la nature précise de ces essais", a déclaré le porte-parole.

Cannes : un magnat chinois critique l'insécurité en France


Un magnat de l'industrie cinématographique chinoise a annoncé sur son compte de microblog avoir été victime d'un vol en marge du festival de Cannes, critiquant vertement "l'arrogance" et l'insécurité qui régneraient en France.
Zhang Qiang est le numéro deux du China Film Group, le plus important et plus influent conglomérat d'Etat chargé du 7e Art en Chine.
Il a relaté être descendu, pour le festival, dans une résidence Pierre et Vacances, et avoir trouvé, au retour d'un dîner, la porte de son appartement grande ouverte après avoir été forcée. Ses bagages avaient été volés.
"La direction de l'hôtel s'est montrée indifférente et m'a demandé d'appeler la police moi-même, disant qu'ils pouvaient seulement changer la serrure et ne voulant même pas venir jeter un coup d'oeil dans mon appartement!", a-t-il dénoncé.
"La sécurité publique en France est vraiment mauvaise et, face à une telle arrogance, il ne faut pas hésiter à ne pas venir à un tel festival !", s'est également emporté Zhang Qiang, au sujet de ce qu'il a qualifié d'"expérience dramatique".

Liban: deux morts dans des accrochages armés à Tripoli

http://www.lorientlejour.com/

"L'armée libanaise est sur les lieux et répond aux tirs".
Au moins deux personnes ont été tuées et six autres blessées à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, au cours de heurts confessionnels liés au conflit en Syrie voisine, a rapporté dimanche une source de sécurité à l'AFP.

Les deux morts sont un habitant de 22 ans du quartier alaouite de Jabal Mohsen, et un adolescent de 13 ans originaire du quartier sunnite rival de Bab el-Tebbaneh. En outre, une personne a été blessée à Jabal Mohsen et cinq autres à Bab el-Tebbaneh.

"L'armée libanaise est sur les lieux et répond aux tirs", a ajouté la source de sécurité, sous le couvert de l'anonymat.

Dans l'après-midi, l'Agence nationale d'information (ANI, officielle) a affirmé que la route internationale reliant Tripoli à la région de Akkar était dangereuse en raison de tirs de francs-tireurs

Des affrontements opposent souvent des habitants des quartiers de Tripoli, les uns partisans du président syrien Bachar el-Assad, qui est alaouite, et d'autres majoritairement favorables aux rebelles syriens, principalement sunnites.

En mars dernier, au moins huit personnes ont été tuées en quatre jours dans un nouveau round de violences.

Le Hezbollah laisse au moins 20 morts et des dizaines de victimes à Al-Qussayr


Selon plusieurs sources libanaises, syriennes et arabes, le Hezbollah a subi d’importantes pertes humaines lors de sa nouvelle offensive contre Al-Qussayr, à Homs. Depuis dimanche matin, le parti de Dieu a perdu au moins 20 morts, qui s’ajoutent à dix autres tués samedi. Parmi les morts figurent Fadi Al-Jazzar, l’un de ses chefs qui avait été libérés par Israël en 2004. D’origine sunnite, Fadi s’était converti au chiisme après avoir épousé une chiite proche du Hezbollah. Son frère Samer Al-Jazzar, connu sous son pseudo Abou Sajed Al-Makdessi, avait déjà été tué en Irak où il combattait dans les rangs d’Al-Qaïda.
Ce dimanche soir, les hôpitaux du Hezbollah, situés dans la banlieue sud de Beyrouth, appellent aux dons de sang et reconnaissent que plusieurs dizaines de blessés du Hezbollah arrivent en permanence depuis le front en Syrie.

vendredi 17 mai 2013

Nigeria: frappes aériennes sur des bastions de Boko Haram


 


L'armée nigériane a annoncé vendredi avoir mené des frappes aériennes ciblées visant des bastions de Boko Haram dans le nord-est du pays, illustrant un nouveau tournant dans la guerre contre le groupe islamiste.
"Des frappes aériennes ont lieu depuis mercredi" et se poursuivaient vendredi, a déclaré à l'AFP le brigadier général Chris Olukolade, porte-parole des armées.
"Chacun de leur bastion est attaqué", a-t-il ajouté, précisant que, selon lui, "il y a beaucoup de victimes" mais qu'il était trop tôt pour avancer un bilan.
En outre, l'armée nigériane a déployé des soldats aux frontières avec le Cameroun pour empêcher les islamistes de s'enfuir, selon des habitants témoignant ainsi de la stratégie de l'armée nigériane d'encercler les insurgés islamistes.
Sur le terrain, plusieurs milliers de soldats, des avions et hélicoptères de combat ont été déployés dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa, où l'état d'urgence a été décrété, pour reconquérir des zones tenues par des membres de Boko Haram.