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mercredi 28 février 2018

Syrie: Les enjeux sous-jacents de la bataille d’Al Ghouta René Naba



«De la rationalité occidentale dans la guerre de Syrie»

Un nouveau front s’est ouvert début février 2018 dans la périphérie de Damas, dans le secteur d’Al Ghouta, avec pour objectif majeur d’alléger la pression militaire exercée sur les forces turques et leurs supplétifs de l’Armée Syrienne Libre dans le nord de la Syrie, alors que l’offensive turque, -«l’opération rameau de l’olivier»- contre les forces kurdes de Syrie, lancée le 19 janvier 2018, marque le pas, faisant craindre un enlisement turc dans le chaudron syrien.
Les objectifs sous jacents de la nouvelle bataille d’Al Ghouta, menée principalement par des alliés de la Turquie et du Qatar -Ahrar Al Cham et Jaych Al Islam, viseraient, d’une part, à remettre en selle les groupements islamistes déconsidérés après une série de revers retentissants depuis la reconquête d’Alep en décembre 2016; à réinsérer, d’autre part, les puissances occidentales et leurs alliés pétromonarchiques dans le jeu diplomatique dont ils en ont été évincés par les performances militaires russes et de leurs alliés régionaux, les forces gouvernementales de l’Amée Arabe Syrienne, les Pasdaran (Iran) et le Hezbollah (Liban).
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi 24 Février 2018 à l’unanimité une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois en Syrie, alors que les batailles dans le secteur de la Ghouta orientale, périphérie de Damas, font rage. Deux des groupements islamistes «Jaych Al Islam» (Armée de l’Islam, pro saoudien) et Faylaq Ar Rahmane (La Brigade d’Al Rahman, pro Turquie-Qatar) ont souscrit à cette résolution dont sont exclus les groupements qualifiés de terroristes (Daech, Jabhat Al Nosra, ert Al Qaida). Ce fait confirme que la bataille de Ghouta oppose l’armée gouvernementale syrienne à des groupements terroristes, immergés au sein de la population civile, en guise de «boucliers humains», et bénéficiant des facilités de transit et de ravitaillement en armes des Israéliens, et non un assaut des forces gouvernementales contre des civils innocents, comme tend à l’accréditer la propagande occidentale et de leurs alliés pétromoanrchiques.
La Turquie a engagé ses troupes dans le secteur d’Afrine, le 19 janvier, contre les forces kurdes, encadrées par des Français et Américains, afin de mettre en échec le projet de création d‘une entité kurde indépendante dans le nord de la Syrie.
Aux yeux des stratèges occidentaux une telle entité viendrait en compensation de l’échec de la proclamation d’un état indépendant kurde dans le Nord de l’Irak. Un projet qui avait été conçu par les Américains et les Israéliens pour servir de plateforme à leurs menées anti iraniennes depuis le Nord de l’Irak, frontalier de l’Iran.
La nouvelle stratégie occidentale arrêtée lors d’une réunion à Londres en date du 11 janvier 2018 prévoierait la relance de la campagne sur les armes chimiques, la partition du pays, le sabotage du processus de reconciliation intersyrienne menée sous l’égide russe à Sotchi, de même que le cadrage de la Turquie, unique pays musulman membre fondateur de l’Otan qui a pris ses distances avec ses alliés atlantistes.
Pour aller plus loin sur ce sujet, cf ce lien
Jadis fer de lance du combat contre la Syrie, Ankara craint que le projet occidental ne débouche sur un démembrement de la Turquie avec la relance se l’irredentisme kurde. Le président Erdogan caresse le projet de créer une barrière humaine arabe dans la zone frontalière syro-turque, en installant dans ce secteur les 3,5 millions de Syriens réfugiés en Turquie, se débarrassant du même coup de ce fardeau humain et financier dans la perspective des prochaines échéances électorales.
Réputés pour leur versatilité et bien qu’encadrés par les Américains et les Français, les Kurdes ont fait appel au Président syrien Bachar Al Assad pour défendre «l’intégrité territoriale» de la Syrie et croiser le fer contre la Turquie, alors qu’ils figurent parmi les grands artisans du démembrement de leur pays d’accueil.
Au delà de ce rebondissement guerrier se pose la question de la rationalité occidentale et de leurs alliés kurdes dans la guerre de Syrie:
Pour les Kurdes, s’allier avec les États Unis, artisans de la capture d’Abdallah Ocalan, le chef charismatique du mouvement indépendantiste kurde de Turquie, puis réclamer l’aide de la Syrie, dont ils ont contribué à la déliquescence de son état central, relève à tout le moins d’une incohérence.
Pour les Occidentaux, s’opposer à l’indépendance de la Catalogne et de la Corse et s’employer à provoquer la partition de la Syrie, relève à tout le moins de la duplicité, dommageable pour la crédibilité de leur discours moralisateur.
Au déclenchement de la guerre de Syrie, la présence de la Russie était réduite à sa portion congrue. Sept ans après, elle dispose d’une importante base aérienne, à Hmeiymine, sur le littoral syrien, la première au Moyen Orient depuis l’époque des Tsars, doublée d’une base navale à Tartous; La Chine, d’un point d’escale à Tartous jouxtant la base navale russe, première percée militaire chinoise en Méditerranée depuis la nuit des temps.
En crise avec l’Otan dont elle a été un membre fondateur, la Turquie s’est considérablement rapprochée de l’Iran et de la Russie, les chefs de file de la contestation à l’hégémonie israélo-occidentale au Moyen Orient, alors que l’Iran est désormais militairement présente en Syrie, frontalier d’Israël, que l’État Hébreu a perdu la maîtrise absolue du ciel comme tend à le démonter la destruction d’un chasseur bombardier F16 israélien dans l’espace aérien syrien, et que le Hezbollah libanais aguerri par les combats de Syrie, s’est hissé au rang de grand décideur régional. La faute à qui?

jeudi 4 janvier 2018

Iran: l'armée d'élite du régime proclame la fin des manifestations

L'armée d'élite du pouvoir en Iran a proclamé la fin du mouvement de contestation qui a fait 21 morts et entraîné des centaines d'arrestations, dans la foulée de manifestations massives de soutien au régime.
Parallèlement, l'Iran s'est plaint auprès du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres d'ingérence des Etats-Unis dans ses affaires intérieures, tout en cherchant à minimiser le mouvement de contestation, le premier de cette ampleur depuis celui de 2009 contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui avait été violemment réprimé.

La classe politique en Iran -réformateurs comme conservateurs- s'est positionnée contre les violences lors des manifestations, tout en soulignant la nécessité de trouver une solution aux problèmes économiques, principalement le chômage qui atteint 30% chez les jeunes.

Mercredi lors d'une massive mobilisation prorégime, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays pour apporter leur soutien aux leaders religieux.
A Téhéran, beaucoup d'habitants interrogés par l'AFP ont dit comprendre les motifs socio-économiques des protestations mais ont dénoncé les violences et les critiques américaines.
"L'administration américaine actuelle a franchi toutes les limites en enfreignant les règles et les principes du droit international régissant la conduite civilisée des relations internationales", a affirmé le représentant iranien à l'ONU, Gholamali Khoshroo, dans une lettre rendue publique mercredi par la mission diplomatique iranienne auprès des Nations unies.
"Au cours des derniers jours, l'administration américaine dirigée par le président américain a augmenté ses interventions d'une manière grotesque dans les affaires intérieures de l'Iran sous prétexte de fournir un soutien à des manifestations sporadiques", a-t-il souligné en reprenant l'argumentation de Téhéran d'une contestation ourdie de l'étranger.
Depuis le début de la contestation, M. Trump a pris fait et cause pour les protestataires et a condamné le régime. L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a demandé des réunions d'urgence du Conseil de sécurité et de celui des droits de l'Homme sur l'Iran.
Et un haut responsable de l'administration américaine a affirmé que "toutes les possibilités étaient examinées" concernant des sanctions américaines contre des organisations et des personnes en Iran susceptibles d'être visées pour des "infractions" aux droits de l'Homme, des actes de censure ou l'entrave à la liberté de rassemblement.
Contrastant avec la position américaine, les pays européens ont réagi avec prudence aux protestations, exprimant leur "préoccupation" et appelant au "dialogue".
A Beyrouth, Hassan Nasrallah, le chef du mouvement libanais Hezbollah financé par Téhéran, a affirmé que les "espoirs de Trump ont été déçus, tout comme ceux des Israéliens et des responsables saoudiens qui pariaient sur des protestations plus importantes qui provoqueraient la chute du régime en Iran".

mercredi 3 janvier 2018

Nouvelle affaire : Obama aurait couvert le trafic de drogue du Hezbollah aux USA pour signer les accords sur le nucléaire iranien

Le Congrès exige que le département de la Justice remette tous les documents relatifs à l’activité de l’administration Obama pour protéger les activités du Hezbollah visant à apaiser l’Iran.

Selon la lettre envoyée au procureur général Jeff Sessions et dont nous avons pris connaissance, le Congrès a ordonné au département de la Justice de remettre tous les documents et messages qui pourraient être liés aux efforts récemment dévoilés, par le site Politico, de l’administration Obama pour saper l’enquête sur le groupe terroriste Hezbollah et ses financiers iraniens.
Cette lettre représente la première salve d’une nouvelle enquête menée par les dirigeants du Congrès sur des allégations selon lesquelles les hauts responsables de l’administration Obama ont fait obstruction à la justice en bloquant dix ans d’efforts de l’Agence de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Agency ou DEA) pour dévoiler les opérations illicites du Hezbollah aux Etats-Unis.
L’administration Obama, que des hauts responsables du Congrès ont qualifié de s’être rendue coupable d’activités « potentiellement criminelles », a interféré avec l’enquête de la DEA sur les activités de trafic de drogue du Hezbollah afin d’éviter d’indisposer son grand patron, l’Etat terroriste iranien, et préserver les chances de signer l’accord sur le nucléaire.
« Je croyais depuis longtemps que l’administration Obama ne pouvait pas faire plus de courbettes qu’il n’en a fait pour apaiser le régime iranien, et pourtant nous apprenons qu’Obama a bloqué l’enquête sur un trafic de drogue d’un milliard de dollars qui a rempli les poches du groupe terroriste Hezbollah. Tout cela pour sauver son contrat iranien très convoité », a déclaré le représentant Ron DeSantis (Républicain, district de Floride).
« Le Hezbollah est un groupe terroriste dont les mains sont tachées de sang américain et il serait inadmissible que la politique américaine renforce délibérément une organisation si malfaisante », a-t-il ajouté.
Les dirigeants du Congrès ont donc entamé une enquête officielle sur cette affaire et ont demandé au département de la Justice de remettre «tous les documents et messages» susceptibles d’éclairer «l’interférence dans les efforts de la DEA contre le Hezbollah».
« Nous avons la responsabilité de vérifier la véracité de ces allégations [parues dans Politico], et si elles sont exactes, nous devons établir si l’administration a entravé l’application de la loi américaine et compromis la sécurité nationale américaine, » a écrit le législateur à Jeff Sessions, selon la lettre.
Les législateurs demandent au département de la Justice de remettre au Congrès tous les documents relatifs à une opération de la DEA connue sous le nom de Projet Cassandra qui, selon Politico, faisait partie d’un effort visant à enquêter sur les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues depuis l’Amérique latine.
Le Congrès exige également les dossiers et les messages liés à d’autres enquêtes sur Hezbollah, y compris l’Opération Titan, l’Opération Perseus et l’Initiative du facilitateur Iran-Hezbollah.
DeSantis et Jordan ont également demandé au département de la Justice de produire des documents concernant les personnes clées liées à ces enquêtes, y compris celles dans le cercle restreint du Hezbollah.
De plus, les législateurs cherchent « tous les documents et messages se référant ou se rapportant à la désignation potentielle du Hezbollah comme Organisation criminelle transnationale », ainsi que, « tous les documents se référant ou se rapportant à des efforts pour poursuivre des cibles liées au Hezbollah à travers la loi RICO (la Loi sur les organisations qui se livrent au racket et la corruption).
Le département de la Justice doit fournir au Congrès ces messages et documents au plus tard à 17 heures le 8 janvier 2018.
La demande d’information marque le premier effort d’investigation du Congrès depuis que Politico a révélé pour la première fois que l’administration Obama pourrait avoir contrecarré les enquêtes de la DEA sur le Hezbollah dans le cadre d’un effort pour éviter d’irriter l’Iran, bénéficiaire du trafic de drogue pour le financement de ses opérations terroristes.
De nombreuses sources qui ont parlé au Free Beacon ont décrit l’ingérence dans l’affaire du Hezbollah comme faisant partie d’un effort plus large de l’administration Obama pour fermer les yeux sur les opérations terroristes mondiales de l’Iran.
Le Congrès est particulièrement intéressé de savoir si les principaux responsables de l’administration Obama, y compris l’ancien membre du Conseil de sécurité nationale Ben Rhodes, ont été mêlés à l’ingérence dans l’opération du Hezbollah dans le but de conserver les relations diplomatiques avec l’Iran et d’ouvrir la voie à l’accord sur le nucléaire iranien.
L’enquête réalisée par DeSantis et Jordan est menée dans le cadre plus large des efforts de surveillance pendant les négociations diplomatiques de l’administration Obama avec l’Iran qui ont conduit à l’accord nucléaire.
Les membres de l’administration Obama et les médias ont longtemps soutenu Obama tout en trompant les législateurs et le peuple américain sur la nature de l’accord afin d’assurer sa survie.
En plus des dernières informations sur l’enquête du Hezbollah, l’administration Obama a été accusée d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions internationales et d’avoir fourni à Téhéran de multiples injections d’argent juste pour s’assurer qu’elle reste à la table de négociation. Il suffisait aux Iraniens de faire mine de vouloir arrêter les négociations pour que le mou Obama et le faible Kerry leurs fassent des courbettes et leur accorde des avantages et de fonds.
Les agents américains de lutte contre le trafic de drogue qui ont parlé à Politico à ce sujet ont accusé l’administration Obama d’avoir fait dérailler l’enquête sur les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues et de blanchiment d’argent entamé en 2008 sous l’administration Bush, où des militants soutenus par l’Iran ont participé au réseau de trafic de drogue, ont fait l’objet d’écoutes téléphoniques et d’opérations secrètes aux États-Unis.
Selon le rapport, Le Hezbollah aurait blanchi et trafiqué au moins 200 millions de dollars par mois rien qu’aux Etats-Unis.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Oksana Zvirynska .

samedi 2 décembre 2017

L'armée syrienne a intercepté des missiles israéliens près de Damas

La défense aérienne de l'armée syrienne a intercepté et détruit samedi au moins deux missiles israéliens ayant visé "une position militaire" dans la province de Damas, a rapporté l'agence officielle Sana.
"L'ennemi israélien a tiré à 00h30 (23h30 HB vendredi) plusieurs missiles sol-sol en direction d'une position militaire dans la province de Damas", a rapporté l'agence samedi matin. L'attaque a occasionné des "dégâts matériels", a-t-elle ajouté sans faire état de victime. "Les défenses aériennes de l'armée syrienne ont pu faire face à l'agression, (...) détruisant deux des missiles", indique Sana, sans préciser la région. De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté que des missiles israéliens présumés avaient visé "des positions du régime syrien et de ses alliés" au sud-ouest de Damas et que de puissantes explosions avaient été entendues jusque dans la capitale. Selon l'OSDH, des missiles se sont abattus près de la région de Keswé, au sud de Damas. "Un dépôt d'armes a été détruit", a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Il n'était pas en mesure de préciser dans l'immédiat si le dépôt appartenait à l'armée ou à ses alliés, le Hezbollah chiite libanais ou l'Iran. Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'armée israélienne s'est refusé à tout commentaire. Depuis le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011, Israël suit avec la plus grande attention l'évolution de la situation chez son voisin. L'Etat hébreu veille à ne pas être aspiré dans le conflit tout en frappant ponctuellement des positions du régime syrien ou des convois d'armes à destination du Hezbollah, en fonction de ce qu'il présente comme ses intérêts. Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre depuis des dizaines d'années. Les relations sont d'autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le Hezbollah mais aussi l'Iran, l'autre bête noire d'Israël. Le plus sérieux accrochage date de la nuit du 16 au 17 mars quand l'aviation israélienne avait ciblé en Syrie un convoi d'armes, présenté comme destiné au Hezbollah. L'armée syrienne avait riposté avec des moyens anti-aériens et Israël avait intercepté un missile tiré en direction de son territoire. 

mercredi 11 octobre 2017

Israel Prepares for War in Syria against Iran by Jonathan Spyer

Israeli officials believe that Iran is winning its bid for dominance in the Middle East, and they are mobilizing to counter the regional realignment that threatens to follow. The focus of Israel's military and diplomatic campaign is Syria. Israeli jets have struck Hezbollah and Syrian regime facilities and convoys dozens of times during Syria's civil war, with the goal of preventing the transfer of weapons systems from Iran to Hezbollah. In an apparent broadening of the scope of this air campaign, on Sept. 7 Israeli jets struck a Syrian weapons facility near Masyaf responsible for the production of chemical weapons and the storing of surface-to-surface missiles.
The strike came after a round of diplomacy in which Israeli officials concluded that their concerns regarding the developing situation in Syria were not being addressed with sufficient seriousness in either the United States or Russia. A senior delegation led by Mossad chief Yossi Cohen visited Washington in late August, reportedly to express Israel's dissatisfaction with the emerging U.S.-Russian understanding on Syria. Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu visited Russian President Vladimir Putin in Sochi to raise similar concerns with Moscow.
Israel is concerned about the free rein Washington & Moscow are affording Iran & its proxies in Syria.
In both cases, the Israelis were disappointed with the response. Their overriding concern in Syria is the free rein that all the major players there seem willing to afford Iran and its various proxies in the country. And as long as nobody else addresses that concern in satisfactory, Israel is determined to continue addressing it on its own.
Iranian forces now maintain a presence close to or adjoining the Israeli-controlled portion of the Golan Heights and the Quneitra Crossing that separates it from the Syrian-controlled portion of the territory. Israel has throughout the Syrian war noted a desire on the part of the Iranians and their Hezbollah clients to establish this area as a second line of active confrontation against the Jewish state, in addition to south Lebanon.

Hezbollah Secretary-General Hassan Nasrallah recently declared "victory" in Syria, with only "scattered" battles remaining.
"Syria," of course, hardly exists today. The regime is in the hands of its Iranian and Russian masters, and half of the country remains outside its control. But the Iran-led bloc and its clearly stated intention to eventually destroy Israel certainly do exist, and the de facto buffer against them may be disappearing. Hezbollah Secretary-General Hassan Nasrallah recently declared "victory" in the Syrian war, adding that what remained was "scattered battles."
With the prospect of pro-Iranian forces reaching Bukamal on the Syrian-Iraqi border, this opens up the possibility of the much-reported Iranian "land corridor" stretching uninterrupted from Iran itself to a few kilometers from the Israeli-controlled Golan. Earlier this month, Israel shot down an Iranian drone over the Golan Heights. It was the latest evidence of Iran's activities on the border. Syrian opposition reports have noted an Iranian presence in Tal Al-Sha'ar area, Tal Al-Ahmar, and Division 90 headquarters, all in the vicinity of the border.

The Iraqi Shiite militia Hezbollah al-Nujaba has declared itself "ready to take action to liberate the Golan."
Pro-Iran forces, meanwhile, are open in their ambitions. Hezbollah al-Nujaba, an Iraqi Shiite force supported by Iran, has formed a "Golan Liberation" unit and declared itself "ready to take action to liberate the Golan." Senior figures from the Islamic Revolutionary Guard Corps and the Basij have been photographed in areas close to the border.
...
Israel is concerned by Iran's overarching regional ambitions. Recent comments by Nasrallah, the Hezbollah leader, that a future war with Israel might involve additional pro-Iranian militia forces to the Lebanese groups have been well noted in Jerusalem. Israeli Intelligence Minister Yisrael Katz recently told a security conference in Herzliya, as reported by Reuters, that in a future war between Israel and Hezbollah the latter may be able to make use of an Iranian naval port, bases for Iran's air and ground forces, and "tens of thousands of Shiite militiamen being brought in from various countries."
A recent report in the London-based Al-Quds al-Arabi described Iranian plans to thin out the Sunni Arab population between Damascus and the border with Lebanon, expelling Sunni residents and replacing them with pro-government Shiites from elsewhere in the country or outside it.

Jihad Mughniyeh (left), son of the late Hezbollah military chief Imad Mughniyeh, and Mohammad Allahdadi, a general in Iran's Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), were killed in an Israeli targeted strike in January 2015.
Israeli strategic culture tends to emphasize addressing immediate threats, but these potential demographic developments are also being watched closely in Jerusalem.
...
From an Israeli point of view, we are back to the pre-2010 Middle East, when Israel and pro-western Sunni powers understood they were in a direct faceoff with the Iranians and their allies. But in 2017, there is the additional complicating factor of a direct Russian physical presence in the Levant, in alliance or at least in cooperation with Israel's enemies.
U.S. President Donald Trump's administration, which remains exclusively focused on the war against the Islamic State, has done little to assuage Israeli concerns.
The Trump administration has done little to assuage Israeli concerns about the Iranian advance in Syria.
Trump and those around him, of course, share the Israeli assessment regarding the challenge of Iranian regional ambitions.
The impression, however, is that the administration may well not be sufficiently focused or concerned to actually take measures necessary to halt the Iranian advance — both military and political — in Syria, Iraq, or Lebanon.
Where does this leave Israel?
First, Israel's diplomatic avenues to the international power brokers in Syria remain open. When it comes to Washington, Israel's task is to locate or induce a more coherent American strategy to counter advance of the Iranians in the Levant.
Israel will take the measures it deems necessary to combat the Iranians and their proxies.
Its goal when it comes to Moscow is to ensure sufficient leeway from Putin, who has no ideological animus against Israel and no special sympathy for Tehran, so that Israel can take the measures it deems necessary to halt or deter the Iranians and their proxies.
Second, Israel will continue to rely on its military defenses, which remain without peer in the region. And as shown in Masyaf, they can be employed to halt and deter provocative actions by the Iran-led bloc where necessary. Nevertheless, as seen from Jerusalem, the shifting regional tectonic plates are producing a new situation in which the Iran-led alliance is once again directly facing Israel, consequently raising the possibility of direct confrontation. Masyaf was not the first shot in the fight between Israel and its proxies in the Levant — and it is unlikely to be the last.
Jonathan Spyer, a fellow at the Middle East Forum, is director of the Rubin Center for Research in International Affairs and author of The Transforming Fire: The Rise of the Israel-Islamist Conflict (Continuum, 2011).

mardi 8 août 2017

Djihad mondial

  • Cette semaine, il n'y a pas eu de modifications importantes sur le terrain en Syrie et en Irak :
  • En Syrie- La campagne de reprise d'Al-Raqqah est encore embourbée en raison de la persistance des combats des membres de l'Etat islamique. La campagne du Hezbollah dans la région de l'Arsal s'est terminée par une victoire, à l'issue de laquelle un cessez-le-feu a été conclu entre l'organisation et le Siège de Libération d'Al-Sham. Dans l'Est de la Syrie, les forces syriennes ont continué à nettoyer la zone située entre Homs et Al-Raqqah, ce, selon nous, dans le cadre des préparatifs de reprise de la ville de Sukhnah en vue de l'avancée vers Deir ez-Zor.
  • En Irak- La situation humanitaire dans la région de Mossoul continue d'être grave, et la plupart des habitants qui ont fui n'ont pas encore regagné leurs foyers. Dans la ville de Tal Afar, à l'Ouest de Mossoul, l'armée irakienne et les membres de la milice chiite de Mobilisation populaire se préparent à prendre le contrôle de la ville et l'ensemble de la zone. Les affrontements continuent entre les membres de l'Etat islamique et les forces de sécurité irakiennes dans diverses parties d'Irak, à ce stade, à un faible niveau d'intensité.
  • La déchéance de l'Etat islamique en Irak et en Syrie, avec la chute de Mossoul et la campagne d'Al-Raqqah, a accru la crainte dans plusieurs pays que les combattants étrangers de l'organisation retournent dans leur pays d'origine. Divers pays ont donc pris des mesures de prévention : le gouvernement britannique a révoqué la citoyenneté de plus de 150 individus détenteurs de deux passeports et leur interdit de retourner dans le pays ; des représentants de plusieurs pays d'Asie du Sud-Est se sont réunis en Indonésie et ont examiné les moyens de faire face à la menace posée par la possibilité que l'Etat islamique s'efforce d'établir d'autres places fortes dans leur pays.
  • Alors que les combats d'Al-Raqqah continuent, l'Etat islamique a publié une vidéo menaçant les pays occidentaux ("[…] Nos yeux sont sur Constantinople et Rome, et avec l'aide d'Allah, nous allons vous frapper dans vos maisons"). Deux membres de l'Etat islamique ont attaqué l'ambassade d'Irak à Kaboul, capitale de l'Afghanistan, apparemment en représailles à la chute de Mossoul. Selon l'organisation, 27 personnes ont été tuées dans l'attentat suicide et la fusillade.

La Russie et les Etats-Unis

Les accords de désescalade
  • L'accord de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie, qui est entré en vigueur le 9 juillet 2017, a été maintenu, à l'exception de plusieurs violations sur une base quotidienne, principalement par les forces syriennes. Selon la télévision syrienne, qui suit le cessez-le-feu, la vie à Deraa est revenue à la normale, et les habitants de la ville ont repris leur routine quotidienne malgré des violations "négligeables" (Télévision syrienne, 31 juillet 2017).
  • Dans la zone de Ghouta, à l'Est de Damas, où un accord de désescalade a été atteint (22 juillet 2017), la police militaire russe a été déployée dans trois secteurs. Selon les rapports, les forces de police militaires sont censées être déployées dans plusieurs autres endroits. Deux "passages libres" sont censés être ouverts pour faciliter la sortie des civils (Al-Mudun, 30 juillet 2017).
  • Alexey Kuzin, chef adjoint de l'équipe d'inspection russe dans le Sud-Ouest de la Syrie, a rencontré des dignitaires locaux dans la région de Quneitra. Ci-après les principaux points de ses déclarations (Al-Watan, 1er août 2017) :
  • À ce jour, 12 centres de surveillance ont été établis dans le Sud de la Syrieet sont gérés conjointement par les armées russe et syrienne. L'un d'eux est situé dans la province de Quneitra. Il a souligné que "l'objectif est de mettre fin à la guerre en Syrie et de donner aux Syriens l'occasion de parler entre eux […]"
  • Un accord a été établi au sujet de l'unicité de la province de Quneitra, qui se reflète dans le déploiement de milices armées le long de la ligne de cessez-le-feu (cf., la frontière entre la Syrie et Israël) et au sujet du rôle d'Israël à ce sujet. Selon lui, les consultations sont en cours dans l'objectif de créer un ou deux passages dans la région de Quneitra "afin de réaliser l'intérêt de l'armée syrienne."
  • En réponse à la question de savoir si la Russie avait reçu des assurances et des garanties de "l'entité sioniste" qu'il ne procédera à aucune attaque contre l'armée syrienne à Quneitra, Kuzin a répondu que les conditions ont été fixées à Israël dans le cadre de désescalade. Selon lui, s'il y a une attaque israélienne sur la Syrie,  la partie russe, en tant qu'entité de surveillance, permettra d'identifier ces violations et, en tant que garant, "fera son devoir de la meilleure manière possible."
Frappes aériennes de la coalition en Irak et en Syrie
  • Le 27 juillet 2017, les forces de la coalition ont effectué quatre attaques aériennes contre des cibles de l'Etat islamique en Irak. Selon des rapports, un site de stockage de produits chimiques de l'organisation près de la ville de Rawa a été touché par l'une des frappes aériennes. Des frappes aériennes supplémentaires ont été réalisées dans les zones de Bagdad et Tal Afar. En Syrie, les forces de la coalition ont mené 17 attaques aériennes dans les secteurs d'Abu Kamal, Deir ez-Zor, Al-Shadadi, Al-Raqqah, et dans la partie orientale du pays. Ces attaques ont notamment détruit les installations de raffinage de pétrole de l'Etat islamique, un centre de communication et des systèmes de défense aérienne (Site de l'Opération, 28 juillet 2017).
  • Le Colonel Ryan Dillon, porte-parole de la force opérationnelle interarmées, a signalé la mort de plusieurs membres de haut rang de l'Etat islamique dans des frappes menées au cours des derniers mois en Irak et en Syrie. Selon les sources américaines, la mort de ces membres devrait perturber la capacité de l'organisation à diffuser ses messages de propagande et sa capacité à recruter et à financer des membres à l'étranger chargés d'effectuer des attaques terroristes. Ci-après les noms de plusieurs membres qui ont été mentionnés (Site Internet du ministère de la Défense, 27 juillet 2017).
  • Abu Suleiman l'Irakiena été tué début Juillet, dans la région de Mossoul. Abu Suleiman l'Irakien était chargé de la propagande de l'organisation. En cette qualité, il était responsable de la production des messages de propagande de l'Etat islamique, qui ont permis de recruter et de diriger des membres autour du monde.
  • Bassam al-Jayfus, chargé des budgets de l'Etat islamique,a été tué dans un bombardement le 18 juillet 2017 à Al-Mayadeen en Syrie. Dans le cadre de son travail dans l'organisation, Bassam al-Jayfus gérait des fonds alloués par de l'Etat islamique pour mener des attaques. Selon des rapports, son décès a provoqué des perturbations dans le réseau international de blanchiment de l'Etat islamique, par l'intermédiaire duquel des paiements étaient versés à des combattants étrangers.
Les Etats-Unis annoncent la cessation de l'appui à un groupe rebelle
  • Dans le secteur d'Al-Tanf, dans le Sud de la Syrie, les membres de la Brigade des martyrs d'Al-Qaryatayn,[1]l'une des organisations opérant dans la région sous la protection des Etats-Unis, ont effectué des opérations militaires hors de la zone de désescalade, sans la coordination des Etats-Unis et de la coalition. En conséquence, le porte-parole de la coalition le Colonel Ryan Dillon a déclaré qu'en dépit de l'importance de l'organisation dans les combats dans le Sud de la Syrie, les Etats-Unis ont décidé de cesser leur soutien. Il a ajouté que la raison est que la coalition ne prend en charge que les forces armées engagées dans la lutte contre l'Etat islamique. Selon le colonel Dillon, dans le cadre du processus de désengagement en cours, les États-Unis ont exigé que l'organisation remette les armes reçues des Etats-Unis, qui sont destinées à la lutte contre l'Etat islamique. Dillon a noté que c'était la première fois que les États-Unis ont dû rompre ses liens avec une organisation rebelle (Site Internet du ministère de la Défense, 27 juillet 2017).
  • Précédemment (24 juillet 2017), la Brigade des martyrs d'Al-Qaryatayn a annoncé avoirrompu ses liens avec la coalition internationale parce que la coalition a cessé de la soutenir dans les combats contre l'armée syrienne. Selon un haut fonctionnaire de l'organisation, la Brigade des martyrs d'Al-Qaryatayn a été averti par les États-Unis après une opération militaire dans laquelle ses membres ont pris le contrôle d'une salle des opérations de l'armée syrienne dans le désert de Syrie, à l'Est de Homs. Le directeur de l'information de l'organisation a déclaré que la coalition interdit strictement la lutte contre l'armée syrienne (Qasiyoun, 31 juillet 2017). Le 31 juillet 2017, la Brigade des martyrs d'Al- Qaryatayn a publié un tract affirmant que le général de Brigade et la coalition internationale avaient accepté de résoudre ce problème (Twitter, 31 juillet 2017).
  • La rupture des liens avec Al-Qaryatayn confirme la politique américaine de rupture des liens avec les organisations rebelles "modérées", à l'exception de celles qui luttent directement contre l'Etat islamique (Washington Post, 19 juillet 2017). Cette politique américaine est susceptible de conduire à la rupture des liens avec d'autres organisations rebelles, y compris les organisations rebelles dans le Sud de la Syrie. La rupture de ces liens est de nature à créer un vide sécuritaire et militaire qui pourrait être comblé par le régime syrien et ses alliés.

Principaux développements en Syrie

La campagne d'Al-Raqqah
  • A Al-Raqqah, les combats entre les forces des FDS, avec le soutien aérien de la coalition et les membres de l'Etat islamique sont enlisés. Les FDS font face aux combats acharnés des membres de l'organisation. Apparemment, les FDS auraient subi de nombreuses pertes. Les combats dans la vieille ville se sont déroulés cette semaine dans l'ancienne mosquée. Dans les secteurs repris au Nord, à l'Est et à l'Ouest d'Al-Raqqah, il reste encore des membres de l'Etat islamique, et les affrontements se poursuivent.
  • Le Colonel Ryan Dillon, porte-parole de la force conjointe, a indiqué lors d'une conférence de presse que cette semaine, les forces des FDS avaient repris une superficie d'environ neuf mille mètres carrés, mais avaient rencontré une résistance féroce de l'Etat islamique. Le colonel Dillon a estimé que les FDS contrôlent maintenant 45  % de la ville,et moins de 2 000 membres de l'Etat islamique demeurent à Al-Raqqah (Site Internet du ministère de la Défense des États-Unis, 27 juillet 2017). Le colonel Dillon a présenté la situation de la campagne d'Al-Raqqah : à l'Ouest, les FDS ont repris plusieurs immeubles qui servaient de points de surveillance et d'observation de l'Etat islamique ; à l'Est, les forces ont marqué plusieurs réalisations près de la route principale menant de l'Est à la partie Ouest de la ville ; dans le Sud, les forces des FDS devraient bientôt établir un contrôle total ; au Sud de l'Euphrate, les forces continuent de renforcer leurs positions et d'isoler Al-Raqqah.
  • Une vidéo de 30 minutes publiée par le bureau d'information de la province d'Al-Raqqah de l'Etat islamique montre des combattants étrangers venus se battre dans les rangs de l'Etat islamique à Al-Raqqah. Parmi eux, il y a des ressortissants de Somalie, du Tadjikistan, de Tunisie, du Yémen, de Tchétchénie et d'ailleurs. Dans la vidéo, les combattants sont filmés durant les  préparatifs de la campagne dans la ville et creusent des tunnels et posent des mines. La vidéo comprend également des scènes de combats. Un des combattants, d'origine somalienne, s'adresse en anglais au Président des Etats-Unis : "Vos yeux sont sur Al-Raqqah et Mossoul, alors que nos yeux sont sur Constantinople et Rome. Avec l'aide d'Allah, nous allons vous frapper dans votre maison." Un autre orateur, appelé Abu Abdullah al-Shami, s'adresse au leader de l'Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi disant que la situation des combattants à Al-Raqqah est bonne et qu'ils sont engagés à maintenir leur emprise sur les lieux (Akhbar Al-Muslimeen, 30 juillet 2017).
La zone de nettoyage au Nord-Est de Homs jusqu'à la zone du Sud d'Al-Raqqah
  • Cette semaine, les forces syriennes ont poursuivi leurs activités militaires dans l'Est de la Syrie. Elles se sont concentrées sur la zone de nettoyage au Sud-Est de Homs jusqu'à la zone au Sud d'Al-Raqqah. Selon nous, cette opération est réalisée en préparation dela reprise de Sukhnah et de l'avancée vers Deir ez-Zor.
  • Au cours de la semaine, il y a eu des affrontements entre les membres de l'Etat islamique et les forces syriennes dans la région au Sud d'Al-Raqqah. Les forces syriennes auraient subi des pertes à la suite de l'explosion de membres de l'Etat islamique au Sud de la ville de Rasafah, au Sud d'Al-Raqqah (Khotwa, 27 juillet 2017). Le 28 juillet 2017, l'organisation a annoncé que les forces syriennes ont subi dix blessés dans une attaque contre des avant-postes de l'armée syrienne dans le champ de pétrole d'Al-Wahhab au Sud-Ouest d'Al-Raqqah (Haqq, 29 juillet 2017).
  • Cette semaine, les forces syriennes ont repris plusieurs sites au Sud d'Ithriya (Al-Sham Network, 26 juillet 2017). Dans la ville d'Uqayribat (environ 65 km à l'Est de Hama), qui est un centre d'approvisionnement de l'Etat islamique dans les villages à l'Est de Salamiyah, l'armée de l'air syrienne a attaqué les lignes de l'Etat islamique. Des dizaines de membres de l'Etat islamique auraient été tués dans les frappes aériennes (Télévision syrienne, 29 juillet 2017). Le 29 juillet 2017, une vidéo a été publiée, montrant les forces syriennes sous le commandement de Suheil al-Hassan faisant route vers la zone à l'Est de Salamiyah, vers Uqayribat (Twitter, 29 juillet 2017).
Zone de Palmyre
  • Les forces syriennes sous le commandement de Hassan Suheil ont continué d'avancer vers la ville de Sukhnah à partir du Nord. Selon les rapports, les troupes sont à la périphérie de la ville et ont pris le contrôle du champ de gaz près de la ville et de plusieurs collines. Les avions de l'armée russe ont attaqué la ville de Sukhnah et le champ de pétrole d'Al-Hill (Khotwa, 26 juillet 2017). Muawiyah al-Hadrami, commandant militaire de l'Etat islamique, aurait été tué par les forces syriennes à Sukhnah (Dimashq Al-Aan, 30 juillet 2017).
Campagne du Hezbollah dans la région de l'Arsal
  • Le bureau d'information militaire du Hezbollah a indiqué qu'un accord de cessez-le-feu avait été conclu entre le Hezbollah et le Siège de Libération d'Al-Sham à partir du 27 juillet 2017, 6h (Al-Nashra, 27 juillet 2017). Selon l'accord, qui sera mis en œuvre par étapes et qui a déjà commencé, les membres du Siège de Libération d'Al-Sham se déplacent vers Idlib avec leurs familles. Dans le même temps, plusieurs membres du Hezbollah qui ont été capturés en 2015-2016 seront libérés (Al-Nashra, 27 juillet 2017).
  • Il a été décidé que le processus d'échange de prisonniers serait effectué par étapes, en fonction du nombre de personnes prêtes à partir pour Idlib. Après chaque étape, le Siège de Libération d'Al-Sham libèrera un prisonnier du Hezbollah.Le transfert se fera par bus libanais. Le Siège de Libération d'Al-Sham a exigé que le Hezbollah soit responsable de la sécurité de l'autobus faisant route vers Idlib (Al-Nashra, 29 juillet 2017).
  • Le 30 juillet 2017, il a été signalé que la première étape de mise en œuvre de l'accord avait commencé (Porte-parole militaire du Hezbollah, 30 juillet 2017). Cinq membres du Hezbollah détenus par le Siège de Libération d'Al-Sham ont été remis à l'organisation (Liban 24, 30 juillet 2017). Par la suite, la mise en œuvre de la deuxième étape a commencé. Dans ce cadre, 150 bus sont arrivés dans la ville de Falita dans l'Ouest des montagnes de Qalamoun pour évacuer les membres du Siège de Libération d'Al-Sham et leurs familles (Al-Aan Dimashq, 30 juillet 2017). Dans ce cadre, cinq corps de membres du Hezbollah ont été transférés au Hezbollah (Agence de presse libanaise, 30 juillet 2017).
Le secteur d'Idlib
  • Le Siège de Libération d'Al-Sham a publié le 27 juillet 2017 une lettre adressée aux commandants des organisations rebelles dans le "Nord libéré (la Province d'Idlib et ses alentours)." Selon la lettre, il est interdit aux organisations rebelles opérant dans ce secteur de mettre en place de nouvelles organisations et factions dans le Nord de la Syrie. En outre, il a été indiqué dans la lettre que toute personne ou groupe qui cherchera à se séparer des organisations rebelles, y compris du Siège de Libération d'Al-Sham, sera obligée de quitter les organisations sans arme.La lettre était signée par le "responsable suprême, l'ingénieur Hashem al-Cheikh" (Commandant du Siège de Libération d'Al-Sham, alias Abu Jaber) (Twitter, 27 juillet 2017 ; Haqq, 29 juillet 2017).
  • Selon nous, cette instruction a été publiée dans le cadre des efforts déployés par le Siège de Libération d'Al-Sham pour établir son contrôle dans la région d'Idlib, après ses victoires sur l'Etat islamique et Ahrar Al-cham. Sa présence dans ce secteur transforme la ville d'Idlib et la zone qui l'entoure en unezone de contrôle où sont concentrées la plupart de ses forces en Syrie. Dans le même temps, les autres organisations rebelles opérant dans ce secteur, y compris les organisations fonctionnant sous protection turque, risquent des'affaiblir.

Principaux développements en Irak

La situation à Mossoul après sa libération
  • La situation humanitaire à Mossoul est encore grave.Dans la vieille ville de Mossoul, il y a encore des affrontements sporadiques entre les forces de sécurité irakiennes et les membres de l'Etat islamique restés sur place (Al-Aan Channel, 29 juillet 2017 ; Al-Jazeera, 30 juillet 2017). En effet, selon les estimations de l'Organisation internationale des migrations, plus de 830 000 résidents de la ville ne sont toujours pas rentrés chez eux et vivent dans de mauvaises conditions humanitaires. L'organisation estime qu'environ un million de personnes ont quitté la ville depuis le début de la campagne de Mossoul et vivement dans des camps de tentes dispersés dans tout l'Irak (Al-Aan Channel, 29 juillet 2017).
  • Des sources irakiennes de sécurité estiment qu'environ 4 000 membres de l'Etat islamique et environ 3 000 partisans de l'organisation ou individus engagés par l'organisation sont encore présents en Irak.[2] Ces sources estiment qu'il reste en Syrie environ 7 000 membres et près de 5 000 partisans. Dans Al-Raqqah, selon les estimations, il y aenviron 2 000 combattants avec leurs familles (AP, 28 juillet 2017).
  • L'armée irakienne et la Mobilisation populaire chiite continuent leurs préparatifs de reprise de l'enclave de l'Etat islamique dans la région de Tal Afar, à l'Ouest de Mossoul(Al-Jazeera, 30 juillet 2017). Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a confirmé que la Mobilisation populaire (affiliée à l'Iran) devrait prendre part à la campagne de libération de Tal Afar (CNN en arabe, 29 juillet 2017).
  • Après la libération de Mossoul, l'Etat islamique continue de contrôler une partie des provinces de Ninive et d'Anbar, parties de la province de Kirkouket plusieurs autres secteurs. Ci-après un rapport sur les confrontations entre l'Etat islamique et les forces de sécurité irakiennes dans diverses régions d'Irak :
  • Haditha: Quinze membres de l'Etat islamique ont été tués dans une attaque terrestre de l'armée irakienne, avec le soutien des forces tribales et des frappes aériennes de la coalition, au Nord-Ouest de la ville de Haditha. Quatre voitures piégées ont été détruites dans l'attaque (Al-Sumaria, 30 juillet 2017).
  • Al-Baghdadi : L'Etat islamique a annoncé que trois de ses membres ont attaqué un avant-poste de l'armée irakienne dans la ville d'Al-Baghdadi. Deux d'entre eux ont activé des vestes explosives dans l'assaut contre l'avant-poste. Plusieurs soldats irakiens ont été tués (Haqq, 28 juillet 2017).
  • La zone de Tuz Khurmatu: De lourds échanges de tirs ont été signalés le 29 juillet 2017 entre les forces peshmergas turques et des membres de l'Etat islamique dans le secteur de Tuz Khurmatu, à environ 170 km au Nord-Est de Bagdad. Selon les rapports, les deux côté ont subi des pertes (Al-Sumaria, 29 juillet 2017).
  • Le ministère irakien de l'Intérieura révélé qu'une tentative de l'Etat islamique de mener des attaques à la voiture piégée dans les lieux saints chiites de Nadjaf, Karbala et Samarra et dans la maison de l'Ayatollah Ali Sistani, la principale personnalité chiite en Irak, a été déjouée.Selon les Irakiens, les attaques terroristes étaient à l'étape de planification et étaient dirigées par des commandants de l'Etat islamique arrivés en Irak de l'étranger (Al-Sumaria, 30 juillet 2017).

L'Egypte et la Péninsule du Sinaï

La Péninsule du Sinaï
  • Dans la Péninsule du Sinaï, les activités intensives des forces de sécurité égyptiennes contre les membres de l'Etat islamique se poursuivent (Page Facebook de l'armée égyptienne, 27 juillet 2017). Selon les rapports, les services de sécurité égyptiens ont augmenté les mesures de sécurité autour des églises et des installations vitales et ont interdit la présence de véhicules à une distance de vingt mètres de ces sites. Les forces de sécurité ont également mis en place des barrages afin de créer une aire de contrôle loin de l'entrée des églises (Al-Bawaba News, 28 juillet 2017).
  • A l'un des barrages du canal de Suez menant au Nord du Sinaï, l'armée égyptienne a annoncé que ses forces avaient déjoué une tentative de contrebande d'une grande partie de l'équipement et des explosifs destinés à la préparation d'engins piégés. L'équipement était dissimulé dans un gros camion (Page Facebook officielle du porte-parole de l'armée égyptienne, 30 juillet 2017). Dans un autre rapport, l'armée égyptienne a annoncé que ses forces avaient confisqué du matériel servant à fabriquer des engins piégés, des munitions, des caméras et des appareils radio dans des lieux cibles de l'Etat islamique à Al-Arish, Rafah et Cheikh Zuweid (Page Facebook officielle du porte-parole de l'armée égyptienne, 30 juillet 2017).
  • Issa al-Kharafin, cheikh de la tribu Rumeilat et chef de tribu le plus important dans le Nord du Sinaï, a déclaré dans une interview que la situation actuelle dans la Péninsule du Sinaï était meilleure que dans le passé depuis que les tribus ont rejoint les forces de sécurité égyptiennes dans la lutte contre les organisations terroristes. Issa al-Kharafin a noté que, selon lui, le nombre de terroristes dans la Péninsule du Sinaï ne dépasse pas le millier. Le Sud de Rafah, le Sud d'Al-Arish et Cheikh Zuweid sont les secteurs où se déroule la plupart de l'activité terroriste. Selon lui, environ 50 % des résidents de la Péninsule du Sinaï, principalement dans les secteurs de Rafah et Cheikh Zuweid, ont quitté leurs foyers en raison de la situation sécuritaires et se sont installés dans des zones plus éloignées dans le Sinaï. En outre, selon lui, les tunnels à Rafah ne posent plus de danger puisque la plupart d'entre eux ont été détruits et qu'il en reste moins de cinq aujourd'hui(Al-Masry Al-Youm, 30 juillet 2017).

Autres pays

Afghanistan
  • Le 31 juillet 2017, l'Etat islamique a annoncé que deux de ses membres avaient procédé à une double attaque terroriste contre l'ambassade d'Irak à Kaboul. Les deux terroristes ont attaqué l'ambassade avec des mitrailleuses et des grenades. Un des terroristes s'est fait exploser près du poste de garde, tandis que les membres du personnel de l'ambassade étaient retranchés à l'intérieur du bâtiment. La police afghane a sauvé le personnel de l'ambassade et a fouillé le secteur. L'Etat islamique a affirmé que sept agents de sécurité ont été tués à l'extérieur de l'immeuble, et plus de vingt personnes ont été tuées à l'intérieur de l'immeuble de l'ambassade (Haqq, 31 juillet 2017 ; site Internet du ministère afghan de l'Intérieur, 31 juillet 2017).
Yémen
  • Cheikh Khaled Batarfi, porte-parole d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, a appelé les habitants du Sud du Yémen à mener le jihad contre l'armée des Émirats arabes unis. Il a affirmé que l'armée était encore pire que les Houthis puisqu'elle sert les intérêts d'Israël et des États-Unis (alors que les Houthis servent les intérêts de l'Iran). Il a appelé le peuple du Sud du Yémen à se rebeller par tous les moyens, y compris le jihad (Centre d'information Futuh, 27 juillet 2017).

La gestion de l'Etat islamique

  • La fondation Al-Hayat de l'Etat islamique a diffusé une vidéo surl'émission de monnaie islamique et l'obligation de l'utiliser dans les territoires du califat. La vidéo est en arabe avec des sous-titres anglais. Le narrateur dans la vidéo explique que l'État islamique poursuit son jihad et sa campagne contre le système monétaire international des tyrans. Selon le narrateur, seule la monnaie émise par l'organisation peut être utilisée dans chaque transaction financière dans les territoires de l'État islamique (Al-Hayat, 31 juillet 2017).

Activités de prévention

Algérie
  • Les forces de sécurité algériennesont démantelé une équipe terroriste dirigée par un individu baptisé Mohamed Yacine Aknouche, 43 ans, à la double citoyenneté française et algérienne. En 2004, Aknouche a été condamné par contumace en France à huit ans de prison pour avoir planifié des attentats sur le marché de Noël de Strasbourg. Il a été arrêté le 27 juillet 2017, dans la ville côtière de Tibaza, à environ 50 km à l'Ouest de la capitale Alger. Des dizaines de photos de sites ont été trouvés dans son appartement, y compris des photos de bases militaires destinées à servir de cibles à des attaques. Une première enquête a révélé un lien entre Mohammad Aknouche et Amedy Coulibaly, l'auteur de l'attaque sur le supermarché Hyper Cacher à Paris en Novembre 2015(Dijla, 26 juillet 2017).
Quatre personnes soupçonnées d'avoir planifié d'abattre un avion dans une attaque "d'inspiration islamique" ont été arrêtées à Sydney
  • La police australienne a démantelé une cellule de terroristes qui avaient apparemment prévu de commettre une attaque "d'inspiration islamique" contre un avion.Quatre australiens d'origine libanaise (deux pères et deux fils) ont été arrêtés. Selon le chef de la police australienne Andrew Colin, les membres de la cellule avaient prévu d'introduireun engin piégé sur un vol à destination du Moyen-Orient. Il a noté qu'à l'heure actuelle, ils n'avaient pas beaucoup d'informations sur l'attaque prévue, y compris son emplacement et sa date.Le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a qualifié l'attaque prévue de grande envergure et de complexe et a déclaré que le gouvernement allait prendre des mesures de sécurité supplémentaires dans les aéroports du pays (The Australian, 31 juillet 2017).
Grande-Bretagne
  • Le gouvernement britannique a révoqué la citoyenneté de plus de 150 individus soupçonnés d'être impliqués dans des activités du jihad, dont des femmes mariées à des membres de l'Etat islamique et d'autres organisations jihadistes, et leur a interdit de retourner dans le pays. Seule la citoyenneté britannique des détenteurs de la double nationalité a été annulée parce que la loi n'autorise pas la révocation de la citoyenneté qui laisserait une personne apatride. Cette étape a été effectuée en raison de la crainte qu'un grand nombre de membres de l'Etat islamique reviennent en Grande-Bretagne en raison de l'effondrement de l'organisation (The Guardian, 30 juillet 2017). Le MI-5 estime qu'environ 850 citoyens britanniques se sont rendus en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de l'Etat islamique (Daily Mail, 30 juillet 2017).
Coopération accrue contre l'Etat islamique dans les pays d'Asie du Sud-Est
  • A la lumière des revers de l'Etat islamique en Syrie et en Irak, plusieurs pays d'Asie du Sud-Est ont décidé de renforcer leur coopération, en raison de la crainte que l'organisation tente de créer des avant-postes dans leur pays. Ils se sont réunis dans la ville de Manado, en Indonésie, où les participants ont discuté des moyens de faire face à la menace. La réunion a rassemblé des représentants d'Indonésie, de Malaisie, des Philippines, de la Principauté de Brunei, d'Australie et de Nouvelle-Zélande (Reuters, 29 juillet 2017).

[1]La Brigade des martyrs d'Al-Qaryatayn (Liwa Shuhada Al-Qaryatayn) est une organisation rebelle qui se définit comme faisant partie de l'Armée syrienne libre, qui opère dans l'Est des montagnes d'Al-Qalamoun et dans le désert de Syrie.
[2]Selon les estimations américaines publiées par le Département de la Défense,le nombre de membres de l'Etat islamique en Irak et en Syrie est de 15 000 (Exact au mois de Mars 2017). A des fins de comparaison, les estimations de Février 2016 étaient de 19,000-25,000, et pour l'année 2014,  20,000-31,000.