| Arab foreign ministers have been called into emergency session in Cairo this week by Saudi Arabia. They will be asked to hear evidence from Saad Hariri, who resigned as Lebanese prime minister, of Iranian aggression against a number of Arab nations, including Yemen, Iraq, Bahrain and Syria. |
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samedi 18 novembre 2017
Saudis call emergency Arab League session on Hariri's testimony against Iran
lundi 25 septembre 2017
Moyen Orient constantes géopolitiques et défis à venir
Du Machrek au Pakistan, et de la mer Noire à la mer Rouge, l'« Orient compliqué », est devenu le Moyen-Orient qui, dérivé de l’anglais Middle East, reflète une vision plus extensible – jusqu’aux projets de remodelage du « Grand Moyen-Orient » (Greater Middle East) forgé par l’administration américaine pour accompagner et justifier la guerre en Irak en 2003.
Le Moyen-Orient est une exception dans le monde contemporain, marqué par les dynamiques régionales d’intégration.
Le Conseil de coopération du Golfe ne regroupe que les Etats de la péninsule arabique, et connaît depuis peu une crise sans précédent, sur fond de rivalité entre le royaume saoudien et le Qatar
Des facteurs naturels, géographiques, et culturels, historiques et humains, font de la région une « mosaïque », non seulement de peuples, de religions et d’Etats aux intérêts fortement antagonistes, mais également de familles, de tribus et d’ethnies fonctionnant comme un système d’« identités gigognes ».
L’espace du Moyen-Orient subit d’abord « le poids du désert et de l’histoire », ainsi que le rappelle Pierre Royer dans la revue Conflits : « Le désert façonne l’espace et les cultures moyen-orientaux. Il tient une place importante, quoique inégale, dans les monothéismes qui sont tous nés dans cette région, ce qui n’est pas un hasard puisque historiquement les trois religions révélées s’appuient l’une sur l’autre » – et se concurrencent d’autant plus violemment.
Si le désert fonctionne comme un océan, « avec ses ports (les villes d’où partent les traversées), ses îles (les oasis), ses routes et ses flux (les caravanes) », il tend à mettre en valeur les espaces « autres », où se concentre la population : vallées fluviales, villes (souvent situées dans ces mêmes vallées) et montagnes (refuges d’autant plus naturels qu’ils sont plus arrosés, donc plus fertiles).
« Historiquement, ce sont les zones de ‘non-désert’ qui sont les régions dominantes, et celles d’où viennent les conquérants : de Sumer à l’Egypte pharaonique, des Babyloniens aux Assyriens, le ‘croissant fertile’, ce concept reliant les deux vallées fluviales majeures (d’une part le Nil, d’autre part la Mésopotamie, où coulent le Tigre et l’Euphrate) par les riches plaines littorales de l’Est méditerranéen, a vu se succéder des foyers majeurs de civilisation depuis la Préhistoire. »
Aujourd’hui encore, les trois principales et réelles puissances géopolitiques de la région sont l’Egypte, la Turquie et l’Iran, enserrant des Etats majoritairement arabes, plus petits et donc généralement plus faibles . « La steppe syro-irakienne, dont l’axe structurant est la vallée de l’Euphrate, et les montagnes arméno-kurdes ont été les principaux espaces convoités du Moyen-Orient », rappelle l’islamologue Olivier Hanne.
Qui souligne l’influence, dans la structuration de l’espace régional, des frontières (souvent mouvantes et tardives, en particulier dans les déserts arabiques) et des « seuils » (sites et villes enjeux de tensions internationales ou de focalisation des opinions publiques : Gaza, Jérusalem, Damas, Alep, Mossoul, Bassorah, etc.).
Pour Olivier Hanne, il est possible de distinguer des équilibres géopolitiques récurrents. En premier lieu, autour d’une séparation Est-Ouest traduite au cours de l’histoire dans l’opposition entre Rome et les Parthes, Byzance et les terres d’Islam, les Ottomans et les Safavides iraniens : « La ligne de faille de ces partages méridiens suit immanquablement la vallée de l’Euphrate, le piémont des Zagros [à la frontière Irak-Iran] ou la ligne Ezurum-Nisibe [en pays kurde] ».
L’autre équilibre oppose les puissances du Nord à celles du Sud de la Région (autrefois l’Egypte face aux Hittites, les populations sémites face aux Indo-européens) : « Le partage latitudinal suit alors les monts Taurus, les lignes Antioche-Nisibe [Mossoul] et Damas-Bassorah. »
Ces fragiles équilibres géopolitiques sont régulièrement bouleversés par des facteurs externes : invasions mongoles des XIIIe-XIVe siècles, guerre de 1914-1918…
L’héritage du chaos provoqué par les multiples interventions « occidentales » ne peut être sous-estimé.
Il pèse plus que jamais dans le devenir de la région, selon l’ancien ministre des finances de la République libanaise et enseignant à l’université Saint-Jospeh de Beyrouth, Georges Corm (La Nouvelle Question d’Orient, La Découverte, mars 2017).
Dans l’entretien qu’il livre à Conflits, il estime que la Question d’Orient est en fait une « Question d’Occident », théâtre des rivalités entre puissances européennes, « aujourd’hui à la traîne des Etats-Unis qui ont repris le ‘flambeau’ impérialiste de l’Europe des nations », en particulier s’agissant de la volonté d’empêcher la Russie d’atteindre les « mers chaudes » (Méditerranée et océan Indien).
De même, « l’instrumentalisation des trois religions monothéistes, comme des différentes minorités religieuses et ethniques, dans le cadre des questions géopolitiques, est une constante qui a refait surface depuis la dernière époque de la guerre froide » (cf. notes CLES n°183 « Géopolitique des islamismes » du 31/03/2016 et n°199 « Géopolitique des chrétiens d’Orient » du 15/12/2016).
Reste pour George Corm le facteur essentiel pour comprendre l’instabilité de la région : « la malédiction du pétrole et les conséquences calamiteuses de l’économie de rente ».
La question du pétrole est relativement bien connue.
C’est notamment elle qui explique l’importance prise progressivement par les pétromonarchies, malgré des facteurs géopolitiques initiaux défavorables, ainsi que la première Guerre du golfe de 1990-1991 (davantage que celle de 2003, aux motivations plus larges).
C’est dans le « corridor des hydrocarbures », reliant le nord de l’Irak et l’est de la Syrie à Oman, en passant par le golfe Persique et donc à la fois les Etats de la péninsule arabique et l’Iran, que se concentrent les plus fortes tensions.
Les enjeux sont en effet colossaux : la région dispose de 47,3 % des réserves mondiales de pétrole et assure 32,4 % de la production mondiale d’hydrocarbures (chiffres à fin 2015, www.connaissancedesenergies.org).
Près de 30 % du pétrole mondial et 2 400 pétroliers transitent chaque année par le détroit d’Ormuz (www.lesclesdumoyenorient.com).
Pour contrôler les richesses et les flux, la stratégie américaine suppose de privilégier ses alliés traditionnels (Arabie saoudite en tête), de lutter contre les combattants islamistes (facteurs d’instabilité) et de contenir la Russie et l’Iran.
Le pétrole n’explique cependant pas tout de la situation régionale.
Il y a le nucléaire, bien sûr, mais aussi des ressources plus élémentaires : l’eau et l’alimentation. « La prochaine guerre dans notre région concernera l’eau » avait déclaré Boutros-Ghali.
Le Moyen-Orient regroupe plus de 6 % de la population mondiale mais ne bénéfice que de moins de 1 % des ressources hydriques de la planète. L’ONU y recense la plupart des 300 conflits de l’eau.
« Les tensions existent au niveau de trois ensembles hydrographiques : les bassins du Nil, du Jourdain et enfin du Tigre et de l’Euphrate », relève le professeur de géopolitique Pierre Bertholot dans Conflits, rappelant notamment que « 80 % des eaux prélevées dans l’ensemble Israël-Cisjordanie viennent de ce dernier territoire et 80 % sont utilisés dans le premier ».
Sébastien Abis, de l’IRIS, appelle pour sa part à « ne pas sous-estimer la variable alimentaire », qui en découle pour une grande part, avec la faible disponibilité des sols arables.
« Entre l’augmentation de la population et l’évolution des régimes alimentaires, cette région du monde est l’une des plus dépendantes des approvisionnements internationaux pour couvrir ses besoins » – une vulnérabilité alimentaire qui apparaît comme un défi autant qu’un paradoxe supplémentaire pour l’antique croissant fertile !
http://notes-geopolitiques.com/le-moyen-orient-en-ebullition/#more-5757
lundi 24 juillet 2017
Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie
Lors de la libération d’Alep et de la prise de l’état-major saoudien qui s’y trouvait, la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva constata la présence d’armes de son pays dans neufs entrepôts abandonnés par les jihadistes. Elle nota soigneusement les indications portées sur les caisses et, de retour dans son pays, enquêta sur la manière dont elles étaient arrivées en Syrie.
Depuis 2009 —à la brève exception de la période allant de mars 2013 à novembre 2014—, la Bulgarie est gouvernée par Boïko Borissov, un personnage haut en couleur, issu de l’une des principales organisations criminelles européennes, la SIC. Rappelons que la Bulgarie est à la fois membre de l’Otan et de l’Union européenne et qu’aucune de ces deux organisations n’a émis la moindre critique contre l’arrivée au pouvoir d’un chef mafieux identifié depuis longtemps par les services internationaux de police.
C’est donc clairement en mettant leur vie en jeu que Dilyana Gaytandzhieva a remonté la filière et que la rédaction du quotidien de Sofia, Trud, a publié son dossier [1]. Si la Bulgarie a été l’un des principaux exportateurs d’armes vers la Syrie, elle a bénéficié de l’aide de l’Azerbaïdjan.
Le gigantesque trafic d’armes de la CIA contre l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Inde
Depuis le début des printemps arabes, un gigantesque trafic d’armes a été organisé par la CIA et le Pentagone en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu. Toutes les opérations que nous allons récapituler ici sont illégales en droit international, y compris celles organisées publiquement par le Pentagone.
En matière de trafic d’armes, même lorsque des individus ou des sociétés privées servent de paravent, il est impossible d’exporter des matériels sensibles sans l’assentiment des gouvernements concernés.
Toutes les armes dont nous allons parler, sauf les systèmes de renseignement électronique, sont de type soviétique. Par définition, même si l’on prétend que des armées dotées d’armes de type Otan sont les destinataires finales de ces livraisons, c’est impossible. Ces armées servent juste à couvrir le trafic.
On savait déjà que la CIA avait fait appel à la SIC et à Boïko Borissov pour fabriquer en urgence du Captagon à destination des jihadistes en Libye, puis en Syrie. Depuis l’enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network(BIRN), on savait que la CIA et le SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) avaient acheté pour 500 millions de dollars d’armes à la Bulgarie, entre 2011 et 2014, pour les jihadistes. Puis que d’autres armes furent payées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et transportées par Saudi Arabian Cargo et Etihad Cargo [2].
Selon Krešimir Žabec du quotidien de Zagreb Jutarnji list, fin 2012, la Croatie livrait aux jihadistes syriens 230 tonnes d’armes pour une valeur 6,5 millions de dollars. Le transfert en Turquie était opéré par trois Iliouchine de la compagnie Jordan International Air Cargo, puis les armes étaient parachutées par l’Armée qatarie [3]. Selon Eric Schmitt du New York Times, l’ensemble de ce dispositif avait été imaginé par le général David Petraeus, directeur de la CIA [4].
Lorsqu’en 2012, le Hezbollah tenta de découvrir le trafic de la CIA et du SOCOM, un attentat fut perpétré contre des touristes israéliens à l’aéroport de Burgas, le centre névralgique du trafic. Contre l’enquête de la police bulgare et les constatations du médecin légiste, le gouvernement Borissov attribua ce crime au Hezbollah et l’Union européenne classa la Résistance libanaise comme « organisation terroriste » (sic). Il fallut attendre la chute provisoire de Borissov pour que le ministre des Affaires étrangères, Kristian Vigenine, souligne que cette accusation est sans aucun fondement.
Selon une source proche du PKK, en mai et juin 2014, les services secrets turcs ont affrété des trains spéciaux pour livrer à Rakka, c’est-à-dire à ce qui s’appelait alors l’Émirat islamique en Irak et en Syrie et qui est connu aujourd’hui comme Daesh, des armes ukrainiennes payées par l’Arabie saoudite et plus d’un millier de Toyota Hilux (pick-up double cabine) spécialement arrangés pour résister aux sables du désert. Selon une source belge, l’achat des véhicules avait été négocié avec le Japonais Toyota par la société saoudienne Abdul Latif Jameel.
Selon Andrey Fomin de l’Oriental Review, le Qatar qui ne voulait pas être en reste a acheté pour les jihadistes à la société d’État ukrainienne UkrOboronProm la version la plus récente de l’Air Missile Defense Complex "Pechora-2D". La livraison a été effectuée par la société chypriote Blessway Ltd [5].
Selon Jeremy Binnie et Neil Gibson de la revue professionnelle de l’armement Jane’s, l’US Navy Military Sealift Command a lancé en 2015 deux appels d’offres pour transporter des armes du port roumain de Constanta vers le port jordanien d’Aqaba. Le contrat a été emporté par Transatlantic Lines [6]. Il a été exécuté juste après la signature du cessez-le-feu par Washington, le 12 février 2016, en violation de son engagement.
Selon Pierre Balanian d’Asia News, ce dispositif s’est poursuivi en mars 2017 avec l’ouverture d’une ligne maritime régulière de la compagnie états-unienne Liberty Global Logistics reliant Livourne (Italie) / Aqaba (Jordanie) / Djeddah (Arabie saoudite) [7]. Selon le géographe Manlio Dinucci, elle était principalement destinée à la livraison de blindés vers la Syrie et le Yémen [8].
Selon les journalistes turcs Yörük Işık et Alper Beler, les derniers contrats de l’ère Obama ont été effectués par Orbital ATK qui a organisé, via Chemring et Danish H. Folmer & Co, une ligne régulière entre Burgas (Bulgarie) et Jeddah (Arabie saoudite). Pour la première fois, on parle ici non seulement d’armes produites par Vazovski Machine Building Factory (VMZ) (Bulgarie), mais aussi par Tatra Defense Industrial Ltd. (Tchéquie) [9].
Bien d’autres opérations ont eu lieu secrètement comme l’attestent par exemple les affaires du cargo Lutfallah II, arraisonné par la marine libanaise le 27 avril 2012, ou du cargo togolais, le Trader, arraisonné par la Grèce, le 1er mars 2016.
Le total de ces opérations représente des centaines de tonnes d’armes et de munition, peut-être des milliers, principalement payées par les monarchies absolues du Golfe, prétendument pour soutenir une « révolution démocratique ». En réalité, les pétro-dictatures ne sont intervenues que pour dispenser l’administration Obama de rendre des compte au Congrès US (Opération Timber Sycamore) et lui faire prendre des vessies pour des lanternes [10]. L’ensemble de ce trafic a été personnellement contrôlé par le général David Petraeus, d’abord depuis la CIA dont il était le directeur, puis depuis la société de placements financiers KKR qu’il a rejointe. Il a profité de l’aide de hauts-fonctionnaires, parfois sous la présidence de Barack Obama, puis massivement sous celle de Donald Trump.

- L’opération Timber Sycamore (Bois de sycomore) est la plus importante affaire de trafic d’armes de l’Histoire.
Le rôle jusqu’ici secret de l’Azerbaïdjan
Selon l’ancienne fonctionnaire du FBI et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition, Sibel Edmonds, de 1997 à 2001, l’Azerbaïdjan du président Heydar Aliyev hébergea à Bakou, à la demande de la CIA, le numéro 2 d’Al-Qaïda, Ayman el-Zawahiri. Bien qu’officiellement recherché par le FBI, celui qui était alors le numéro 2 du réseau jihadiste mondial se déplaçait régulièrement en avion de l’Otan en Afghanistan, en Albanie, en Égypte et en Turquie. Il recevait également des visites fréquentes du prince Bandar ben Sultan d’Arabie saoudite [11].
À ses relations sécuritaires avec Washington et Riyad, l’Azerbaïdjan —dont la population est pourtant principalement chiite— ajoute Ankara la sunnite qui le soutient dans son conflit contre l’Arménie à propos de la sécession de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh).
À la mort d’Heydar Aliyev aux États-Unis, en 2003, son fils Ilham Aliyev, lui succède. La Chambre de commerce USA-Azerbaïdjan devient l’arrière-cour de Washington avec à côté du président Aliyev, Richard Armitage, James Baker III, Zbigniew Brzeziński, Dick Cheney, Henry Kissinger, Richard Perle, Brent Scowcroft et John Sununu.
Selon Dilyana Gaytandzhieva, le ministre des Transports, Ziya Mammadov, met en 2015 à disposition de la CIA la compagnie d’État Silk Way Airlines aux frais de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le ministre des Affaires étrangères, le très peu scrupuleux Elmar Mammadyarov, envoie à plusieurs de ses ambassades des demandes d’homologation de « vols diplomatiques », ce qui interdit leurs fouilles au titre de la Convention de Vienne. En moins de trois ans, plus de 350 vols disposeront de ce privilège extraordinaire.
Bien que, selon les traités internationaux, ni les avions civils, ni les avions diplomatiques ne sont autorisés à transporter des matériels militaires, les demandes de reconnaissance comme « vols diplomatiques » portent mention explicites des chargements transportés. Cependant, à la demande du département d’État US, au moins l’Afghanistan, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Bulgarie, le Congo, les Émirats arabes unis, la Hongrie, Israël, le Pakistan, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Tchéquie, la Turquie et le Royaume-Uni fermèrent les yeux sur cette violation du droit international comme ils avaient ignoré les vols de la CIA entre leurs prisons secrètes.
En moins de trois ans, la Silk Way Airlines a ainsi transporté pour au moins 1 milliard de dollars d’armes.
De fil en aiguille, la journaliste Dilyana Gaytandzhieva a mis à jour un vaste système qui approvisionne également les jihadistes non seulement en Irak et en Syrie, mais aussi en Afghanistan, au Pakistan et au Congo, toujours aux frais des Saoudiens et des Émiratis. Certaines armes livrées en Arabie furent réexpédiées en Afrique du Sud.
Les armes transportées en Afghanistan seraient parvenues aux Talibans, sous le contrôle des États-Unis qui prétendent les combattre. Celles livrées au Pakistan étaient probablement destinées à commettre des attentats islamistes en Inde. On ignore qui sont les destinataires finaux des armes livrées à la Garde républicaine du président Sassou N’Guesso au Congo et à l’Afrique du Sud du président Jacob Zuma.
Les principaux négociants étaient les firmes états-uniennes Chemring (déjà citée), Culmen International, Orbital ATK (également déjà citée) et Purple Shovel.
Outre les armes de type soviétique produites par la Bulgarie, l’Azerbaïdjan acheta sous la responsabilité du ministre de l’Industrie de défense, Yavar Jamalov, des stocks en Serbie, en Tchéquie et accessoirement dans d’autres États, chaque fois en déclarant être le destinataire final de ces achats. Concernant les matériels de renseignement électronique, Israël mit à disposition la firme Elbit Systems qui prétendit être le destinataire final, l’Azerbaïdjan n’ayant pas le droit d’acheter ce type de matériel. Ces exceptions attestent que le programme azerbaïdjanais, s’il a été requis par les États-Unis et l’Arabie saoudite, était contrôlé de bout en bout depuis Tel-Aviv.
L’État hébreu, qui prétend être resté neutre durant l’ensemble du conflit syrien, a pourtant de nombreuses fois bombardé l’Armée arabe syrienne. Chaque fois où Tel-Aviv a reconnu les faits, il a prétendu avoir détruit des armes destinées au Hezbollah libanais. En réalité, toutes ces opérations, sauf peut-être une, étaient coordonnées avec les jihadistes. On apprend donc aujourd’hui que Tel-Aviv supervisait les livraisons d’armes à ces mêmes jihadistes, de sorte que si Israël s’est contenté d’utiliser son armée de l’Air pour les appuyer, il jouait en réalité un rôle central dans la guerre.
Selon les conventions internationales la falsification des certificats de livraison finale et l’envoi d’armes à des groupes mercenaires, qu’ils renversent des gouvernements légitimes ou détruisent des États reconnus sont des crimes internationaux.
L’opération Timber Sycamore, dans ses différents volets, est la plus importante affaire criminelle de trafic d’armes de l’Histoire. Dans les parties mises à jour, elle implique au moins 17 États et représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’armes pour plusieurs milliards de dollars.
Situation du djihad
La Russie et les pays de la coalition
L'accord de désescalade au Sud-Ouest de la Syrie : Etat des lieux
- En général, l'accord de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie, qui est entré envigueur le 9 juillet 2017, a été maintenu, à l'exception de violations isolées surune base quotidienne. La situation dans les zones de désescalade en Syrie est décrite par lesRusses comme "stable" (Site Internet du ministère russe de la Défense, 11-17 juillet 2017). Selonle centre de coordination de Hmeymim, la plupart des violations sont signalées dans les zonessous le contrôle de l'Etat islamique et du Fateh al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra)(Agence de presse TASS, 12 juillet 2017).
- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré, lors de sa visite en France, qu'Israël s'oppose à l'accord de désescalade dans le Sud de la Syrie parce qu'ilperpétue la présence iranienne en Syrie et ne tient pas compte des intérêts sécuritaires d'Israël(Quotidien israélien Haaretz, 16 juillet 2017[1]).Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré que dans le cadre de l'accord, les Etats-Unis etla Russie font de leur mieux pour s'assurer que les intérêts d'Israël en matière de sécurité soient pleinementpris en compte (Agence de presse TASS, 17 juillet 2017).Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a déclaré que les Etats-Unis et Israël ont un intérêt commun àempêcher l'enracinement de forces militaires iraniennes dans le Sud de la Syrie(Site Internet de la Maison Blanche, 17 juillet 2017).
Principaux développements en Syrie
La campagne d'Al-Raqqah
- Les combats se poursuivent dans Al-Raqqah entre les forces des FDS, avec l'appui aérien des Etats-Unis et les membres de l'Etat islamique (qui sont actuellement au nombre de 2 000 combattants, selon lesestimations américaines). Les FDS font face à une résistance acharnée (cette semaine, ils ont subides dizaines de victimes) dans leur avancée vers le centre-ville. Lesbatailles se déroulent principalement dans la vieille ville, mais dans plusieurs quartiers (apparemmentdéjà repris par les FDS), principalement au Sud et au Nord-Est de la ville, lescombats continuent.
- Concernant la situation à Al-Raqqah, les médias de l'Etat islamique ont précisé que les membres de l'organisation contrôlent le terrain et que les FDS ont subi de nombreuses pertes. Dansla vidéo d'une formation de tireurs d'élite à Al-Raqqah, un sniper, Zayd l'Azeri, indique en russe (avec des sous-titres en arabe) quedes combattantssont arrivés du monde entier pour combattre à Al-Raqqah. Il affirme que lesbénévoles sont répartis dans différentes unités désignées, comme les terroristes suicide, les terroristes menant l'assaut, les démineurs et les tireurs isolés. D'après Zayd l'Azéri, depuis le début dela campagne d'Al-Raqqah, un total d'environ 250 combattants des FDS ont été tués et blessés(Haqq et site Internet de partage de fichiers, 15 juillet 2017).
Déclarations américaines au sujet des combats à Al-Raqqah
- Des sources américaines ont déclaré que la campagne d'Al-Raqqah ne sera pas facilitéepar l'entrée des forces dans le cœur de la ville. Selon le lieutenantgénéral Stephen Townsend, commandant de la coalition dirigée par les Etats-Unis, l'Etat islamique a eu plus detrois ans pour se préparer à la bataille d'Al-Raqqah. Il a ajouté que malgré la bonneouverture des FDS au début des combats, la résistance de l'Etat islamiquea par la suite augmenté(Site Internet du ministère de la Défense, le 11 juillet 2017).
- Au cours d'une conférence de presse au département d'Etat américain, Brett H. McGurk,l'envoyé spécial du Président pour la coalitioncontre l'Etat islamique, a déclaré que les combatsdes forces des FDS dans Al-Raqqah se poursuivent de manière intensive. Selonlui, les FDS ont pénétré dans le centre-ville, ont surmonté les barrières défensives,les ceintures explosives, les tireurs, les tunnels et les attentats-suicide. Il a noté que les forcesont subi de nombreuses pertes et devraient subir des pertes supplémentaires avec la progression des combats (Site Internet du département d'Etat, 13 juillet 2017).
- D'après les estimations de l'armée américaine, il reste environ 2 000 combattants de l'Etat islamique à Al-Raqqah, contre environ 2 500 lorsque l'attaque de la ville a commencé.Le porte-parole de la coalition le Colonel Ryan Dillona noté que durant les premières phases des combats, lesforces des FDS ont avancé rapidement. Maintenant, cependant, alors que les forces s'approchent du centre-ville,elles rencontrent une résistance féroce de la part de l'Etat islamique, qui utilise des ceintures explosives et desdrones armés, causant de nombreuses pertes (CNN, 12 juillet 2017).
Implication des Etats-Unis dans les combats d'Al-Raqqah
- Selon le porte-parole de la coalition le Colonel Ryan Dillon,l'artillerie et lesavions de la coalition continuent d'appuyer les forces des FDS dans les combats. Dillon a noté que les conseillers militaires américainsqui conseillent les forces des FDS luttant contre l'Etat islamique àAl-Raqqah sont plus exposés à un contact avec l'ennemi que les conseillersqui agissaient dans les combats en Irak. Selon lui, l'augmentation de l'exposition dessoldats américains provient du fait qu'ils conseillent les forces locales directement, trèsprès de la ligne de front(CNN, 12 juillet 2017).
La région d'Idlib
- Les affrontements se poursuivent dans la région d'Idlib entre le Siège de Libérationd'Al-Sham, une coalition de plusieurs organisations dirigées par le Fateh al-Sham(autrefois connu sous le nom de Front Al-Nusra), et l'Etat islamique. Le Siège de Libération d'Al-Sham a fait état de 11 décès et de plusieurs blessés à la suite d'unattentat suicide près de l'un de ses avant-postes dans la ville d'Idlib (Al-Aan Dimashq,12 juillet 2017). Le mouvement Ahrar Al-Sham aurait arrêté 21 membres de l'Etat islamiqueà Idlib (Réseau Sham, 12 juillet 2017).
La région de Palmyre
- Au cours de la semaine, les forces syriennes sous le commandement de Hassan Suheil ont continué d'avancer vers la ville de Sukhnah. Les troupes syriennes auraient l'intention d'encercler les membres de l'Etat islamique dans la zone Ouest de Sukhnah (Observatoire syrien des droits de l'homme, 15 juillet 2017).
- Cette semaine, les combats se sont poursuivis dans le secteur des champs de pétrole et de gaz d'Aarak et d'Al-Hail au Nord-Est de Palmyre. Il a été signalé que les forces syriennes ont pris le contrôle total du champ d'Al-Hail (Réseau Sham, 14 juillet 2017). Un total de 36 membres de l'Etat islamique auraientété tués dans les combats dans le secteur du champ d'Al-Hail (Dimashq, 14 juillet 2017). Selon un autre rapport, les forces syriennes auraient subi 14 morts etblessés dans l'explosion de mines à l'Est de la zone du champ d'Al-Hail (Agence de presse Sukhnah,17 juillet 2017).
- La poursuite de la reprise des champs de pétrole et de gaz par les forces syriennes dans les secteurs de Palmyre et d'Al-Raqqah provoque d'autres dommages à l'économie de l'Etat islamique, qui étaitbasée dans le passé, dans une large mesure, sur les revenus tirés du pétrole et de ses produits. L'organisation a perdu la plupart de ses champs de pétrole et de gaz et est susceptible de perdre plus de champs face à lapression dont elle fait l'objet.
Mort d'un commandant iranien
- L'Etat islamique a signalé la mort de Bahram Mehrdad, commandant des forces Ali Rida, un groupe pro-iranien opérant en Syrie sous la direction desGardiens de la révolution iranienne, dans la zone rurale à l'Est de Homs (Haqq, 14 juillet 2017). Selon les médias iraniens,le commandant qui a été tué était dans le passé commandant de secteur des Basijà Téhéran.
Principaux développements en Irak
La situation à Mossoul après sa libération
- Après la libération de Mossoul,les habitants ont commencé à retourner dans la ville depuis les camps de personnes déplacées, principalement en raison des mauvaises conditions dans les camps. Les personnes déplacées reviennent principalement dans la partie orientale de la ville, qui a subimoins de dégâts que la partie Ouest. Il y a une pénurie de logements dans la villecar de nombreuses maisons ont été détruites, et les prix des appartements à loueront augmenté. En outre, il y a un problème avec l'approvisionnement en eau, l'infrastructure de l'eau ayant été détruite. Le problème de l'électricité a été temporairementrésolu à l'aide de générateurs (Al-Khaleej, 17 juillet 2017).
- En parallèle au retour des habitants, les forces de sécurité irakiennes travaillentà détruire les pièges, les mines et les armes laisséspar l'Etat islamique.Les forces de sécurité irakiennes effectuent des explosions contrôlées et arrêtent desmembres de l'organisation en fonction de listes préparées à l'avance. Selon lesresponsables de la sécurité irakienne, il n'y a pas de combats dans la région de Mossoul et les bruits d'explosion qui peuvent êtreentendus autour de la ville sont le résultat d'explosions contrôlées des engins et des explosifslaissés sur le terrain par l'Etat islamique (Centre d'information de Ninive, 16 juillet 2017).
Réactions de l'Etat islamique à la perte de Mossoul
- L'Etat islamique n'admet pas qu'il a perdu la campagne de Mossoul. Dans un éditorialparu dans le n° 89 d'Al-Naba, l'hebdomadaire publié par lebureau d'information de l'État islamique, l'organisation se moque des chiites et affirme que la campagne à Mossoul n'apas encore été décidée. L'éditorial indique notamment qu'alors que les soldats ducalifat ont écrit de nouvelles pages de gloire à Mossoul, les "dictateurs" chiites dansle monde entier se félicitent de leur victoire, "une victoire qui n'est pas encoreatteinte, dans une campagne qui n'est pas encore décidée" (Al-Naba, 14 juillet 2017).
- Dans le même temps, la machine de propagande de l'Etat islamique s'efforce de glorifier lescombats de Mossoul en publiant des données (qui sont exagérées selon nous) sur les nombreuses pertes et le lourd préjudice subis par les forces irakiennes: l'Etat islamique a publié une infographie résumant les pertes subiespar les forces de sécurité irakiennes pendant la campagne pour Mossoul.Selon l'organisation,pendant les neuf mois de combats dans la ville, un total de 11 700 membres desforces de sécurité irakiennes ont été tués, dont 1 629 à la suite de tir de sniper ; des dizaines demilliers ont été blessés et sont devenus handicapés ; 2 622 points d'équipements militairesont été détruits ou mis hors service. L'Etat islamique a commis 482attaques suicide ; un total de 15 hélicoptères et drones 103 ont été abattus (Haqq, 14 juillet 2017).
- Même après la chute de Mossoul,l'Etat islamique continue d'effectuer des opérations de guérillacontre les forces irakiennes et les forces de la mobilisation populaire(les milices chiites),démontrant une fois de plus ses capacités opérationnelles :
- Le secteur de Mossoul: Le 15 juillet 2017, des membres de l'Etat islamique ont attaqué uneforce de la mobilisation populaire à environ 70 km au Sud de Mossoul. Un total de 23 membres ont ététués dans les échanges de tirs, certains d'entre eux par des tireurs de l'Etat islamique (Haqq, 15 juillet2017).
- Rawa : L'armée irakienne a annoncé la mort dans une frappe aérienne de trois membres de l'Etat islamique qui essayaient de planter des engins piégés sur la route à l'Est de la ville, qui estdétenue par l'organisation (Al-Sumaria, 16 juillet 2017).
- Rutba : L'Etat islamique a indiqué que ses membres avaient planté un engin piégé qui a endommagéun véhicule de l'armée irakienne à l'Est de Rutba (Haqq, 15 juillet 2017).
- Baiji: L'Etat islamique a annoncé le 15 juillet 2017 qu'il avait tiré un missile sur unezone de préparation des soldats de l'armée irakienne au nord de Baiji. Selon l'organisation, la frappe a été directe(Haqq, 15 juillet 2017).
L'Egypte et la péninsule du Sinaï
La péninsule du Sinaï
- Dans la péninsule du Sinaï, l'activité des forces de sécurité égyptiennes contre les membres de l'Etat islamique continue: l'armée de l'air égyptienne a attaqué des membres de l'organisation dansune maison dans un village à l'Ouest de Rafah. Vingt personnes auraient été tuées (Al-Bawaba News, 13 juillet 2017). Les forces de sécurité égyptiennes auraient déjoué unattentat suicide le 13 juillet 2017, à un poste frontière militaire dans le centre dela péninsule du Sinaï (Twitter, 15 juillet 2017). Dans un bombardement effectué par l'armée de l'air égyptienne au Centre de la péninsule du Sinaï, six terroristes ont été tués,et un véhicule chargé de grandes quantités d'explosifs a été détruit (Page Facebook officielle du porte-parole de l'armée égyptienne, 16 juillet 2017).
- Des membres de l'Etat islamique ont tué le cheikh de la tribu des Rumeilat à son domicile à Ismailiyaparce qu'ils le soupçonnaient de collaborer avec les services de sécurité égyptiens. En raisonde menaces sur sa vie, le cheikh a quitté sa maison à Rafah et s'est installé à Ismailiya. Cinqindividus masqués ont fait irruption dans sa maison et l'ont tué (Al-Masry Al-Youm, 14 juillet 2017). Les forces de sécurité égyptiennes à Ismailiya ont tué quatre terroristes qui ontparticipé à l'assassinat du cheikh (Twitter, 15 juillet 2017).
- A Hurghada, une station village sur la côte de la mer Rouge (au Sud-Ouest de Charm El-Cheikh), une attaque de couteau a été effectuée. Deux touristes allemands ont été tués. Quatre autres touristes ont été blessés (Al-Masry Al-Youm, Juillet 14, 2017). L'auteurétait Abd al-Rahman Shams al-Din, 28 ans, du village d'al-Cheikh (Al-Youm Al-Sabea, 14 juillet 2017). Pour le moment, aucune organisation n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Des sources officielles en Egypte et en Allemagne estiment quel'attaque a été inspirée par l'Etat islamique. Selon le ministère allemand des Affaires étrangères, le terroriste visait des ressortissants étrangers. L'un des témoins oculaires, un commerçant àl'hôtel, a noté que l'assaillant s'était écrié qu'il n'avait pas l'intention de nuire auxcitoyens égyptiens. Selon une source de sécurité égyptienne, l'agresseur était en contactavec des membres de l'Etat islamique via Internet et avait reçu pour mission d'attaquer lestouristes étrangers(Deutsche Welle, 15 juillet 2017).
Egypte
- Le 16 juillet 2017, des sources de l'armée égyptienne ont rapporté que l'armée de l'air avaitdétruit 15 véhicules transportant des armes, des munitions et des explosifs, quiavait tenté d'entrer en Égypte הן/ la frontière Ouest, entre l'Egypte et la Libye(Page Facebook officielle du porte-parole de l'armée égyptienne, 16 juillet2017). En parallèle à leur activité dans la péninsule du Sinaï, lesforces de sécurité égyptiennes opèrent également contre des terroristes le long de la frontière avecla Libye.L'Egypte, en coopération avec l'armée libyenne, surveille l'activité à lafrontière libyenne en utilisant des moyens technologiques tels que les drones (Al-Gomhuria, 16 juillet 2017).
Le comportement de l'Etat islamique
Estimation de l'activité de l'Etat islamique suite à la perte de territoires
- Un article publié par l'agence de presse russe RIA Novosti traite de l'avenirde l'Etat islamique. L'article note que jusqu'à présent, il y a deux hypothèses quant à l'avenir de l'organisation : selon la première hypothèse, Al-Qaïda succédera à l'Etat islamique.Selon la deuxième hypothèse,les membres de ces deux organisationsseront capables de s'accorder et d'établir une sorte de front commun.Tous les commentateurs conviennent que la marque de l'organisation ne devrait pas disparaîtremême après la perte de ses territoires en Syrie et en Irak. Ils affirment que l'organisation ferausage de l'expérience acquise dans des domaines liés à l'administration de l'état, telsque le recouvrement d'impôts, des opérations commerciales et la gestion d'entreprise, qui va lui permettrede financer le terrorisme en Irak et en Syrie, et même de le transférer en Occident.
- Les commentateurs russes affirment que bien que la mort d'Abu Bakr al-Baghdadia affaibli l'Etat islamique, elle ne conduira pas à la cessation de son activité. De plus, à leuravis, elle pourrait même créer de nouvelles difficultés dans la lutte contre l'organisation. Seloneux, le choix d'un nouveau chef à la place d'Al-Baghdadi sera une tâche difficile pour lesmembres de l'organisation et pourrait même conduire à une scission de l'organisation. Selon leurévaluation, cette scission compliquerait la lutte contre l'organisation, car lescombats ne seront pas contre une organisation, mais contre un certain nombre d'organisations rivales (RIA Novosti, 11 juillet 2017).
- Il convient de souligner que les rapports de la mort d'Abu Bakr al-Baghdadi, d'abord parus dans les médias russes, n'ont pas encore été vérifiés.Unmembre des services antiterroristes kurdes a déclaré qu'il pensait qu'Al-Baghdadi était vivant et se trouve dans la région au sud d'Al-Raqqah. Selon lui, Al-Baghdadi est toujours en mouvement le long de la frontière irako-syrienne en évitant d'utiliserdesmoyens de communication électroniques (Reuters, 17 juillet 2017).
Mort d'un responsable de l'Etat islamique dans une frappe aérienne
- Le Département de la défense a signalé la mort d'un responsable de l'Etat islamique enAfghanistan baptisé Abu Said.Abu Said a été tué le 11 juillet 2017, avec d'autres membres de l'organisation, dans une frappe aérienne des Etats-Unis dans laprovince de Kunar dans l'Est de l'Afghanistan (près de la frontière pakistanaise). Abu Said est le troisièmeresponsable de l'organisation tué en Afghanistan depuis Juillet 2016 (Reuters, 14 juillet 2017).
Anti-terrorisme
Turquie
- La vague d'arrestations de suspects de l'Etat islamique enTurquie se poursuit.Selon le chef de la sécurité, lesforces de sécurité turques ont arrêté 233 personnes soupçonnées d'être impliquées dans des activités de l'Etat islamiquedans le cadre d'uneopération dans 29 provinces du pays. Les détenus comprennent 25ressortissants étrangers, qui seront traités par le ministère de l'Immigration (Spoutnik, 12 juillet2017). Cinq personnes soupçonnés d'être des membres de l'Etat islamique ont été tuées dans laprovince de Konya dans un échange de tirs avec la police turque. Le lendemain, lesforces de sécurité turques ont arrêté cinq autres individus soupçonnés d'avoir été en contact avec les cinqterroristes qui ont été tués (Hürriyet, 13 juillet 2017).
La Grande-Bretagne
- Dans le cadre de la guerre contre le financement du terrorisme, le gouvernement britannique amené uneétude retraçant les sources de financement desactivités de l'Islam radical dans le pays. Le 12 juillet 2017, la ministre britannique de l'Intérieur Amber Rudda présenté les principales conclusions du rapport au Parlement. La conclusion la plus importanteest que la plupart du financement provient de dons anonymes et de dons privésde Grande-Bretagne.Il a également été constaté que, dans de nombreux cas, les donateurs necomprennent pas la nature des groupes extrémistes qu'ils soutiennent. Legouvernement britannique a décidé de ne pas publier l'étude complète pour des raisons de sécurité eten raison de la grande quantité de renseignements personnels qu'elle contient.
- Selon le Home Office, l'étude fournit une bonne image de la façondont les éléments extrémistes dans le pays s'établissent financièrement, et améliore la compréhension de la façon dont les éléments islamiques extrémistes sont financés en Grande-Bretagne.Selon des fonctionnaires du gouvernement britannique, il n'y a pas d'étape spécifique à adopter, et donc le gouvernement britannique et ses alliés continueront à prônerles activités qu'ils ont effectué jusqu'à présent, y compris, entre autres(Site Internet du Home Office britannique, le 12 juillet 2017) :
- La tenue decampagnes de sensibilisation du public sur la nature et les objectifsdes organisations auxquelles les dons sont attribués.
- L'augmentation de la surveillance des organisations soupçonnées d'être extrémistes, tout enaugmentant le nombre d'organismes assujettis à la supervision
- La réalisation d'un examen en profondeur de l'utilisation abusive d'organismes de bienfaisance aux finsde financement du terrorisme.
- L'accroissement de la coopération internationale dans la lutte contrele terrorisme.
La guerre de propagande
Incitation à commettre des attentats en Occident
- Face aux échecs de l'Etat islamique en Syrie et en Irak, l'organisation incite ses membres etses sympathisants à mener des attaques terroristes dans les pays musulmans, arabes et dans les pays d'Occident:
- Début Juillet 2017, la branche turque de l'Etat islamique a publié unguide en turc de 66 pages contenant de nombreuses images et infographies détaillant lesdifférentes méthodes pour mener des attaques en Occident. Les méthodesmentionnées comprennent : l'incident de voitures en stationnement, l'incendie de forêts, des attaques à la voiture bélier,lafabrication de bombes, l'exécution d'attaques suicide contre des passants aumoyen de camions piégés, l'explosion de bâtiments et plus. Le guide est apparu sur la chaîne Telegram qui a également publié une vidéo de 25 minutes appelant les terroristes solitaires dans le monde à effectuer différents types d'attaques (TheWashington Times, 10 juillet 2017).
- L'Etat islamique a appelé les combattants d'Egypte et de Tunisie de retour dans leurspays d'origine après avoir combattu dans les rangs de l'Etat islamique en Irak à commettre des attentats contre destouristes au cours de l'été. L'appel a été publié principalement dans les forums jihadistes (Al-Bawaba News, 15 juillet 2017).
- Un article de fond dans le 11ème numéro du magazine Rumiyahpublié par la fondation Al-Hayat Media le 14 juillet 2017, en 11 langues, traite dupillage des infidèles. L'article précise la position de la loi islamique sur lesujet. L'article cite aussi une fatwa d'Ibn Taymiyyah autorisant l'enlèvement d'enfants infidèles. L'article est accompagné de photos, y compris unephoto du siège de la Banque centrale européenne, avec la légende"Les musulmans doivent attaquer l'infidèle les économiques infidèles (Rumiyah, 14 juillet 2017).
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