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vendredi 28 juillet 2017

Lors de la libération d’Alep et de la prise de l’état-major saoudien qui s’y trouvait, la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva constata la présence d’armes de son pays dans neufs entrepôts abandonnés par les jihadistes. Elle nota soigneusement les indications portées sur les caisses et, de retour dans son pays, enquêta sur la manière dont elles étaient arrivées en Syrie.
Depuis 2009 —à la brève exception de la période allant de mars 2013 à novembre 2014—, la Bulgarie est gouvernée par Boïko Borissov, un personnage haut en couleur, issu de l’une des principales organisations criminelles européennes, la SIC. Rappelons que la Bulgarie est à la fois membre de l’Otan et de l’Union européenne et qu’aucune de ces deux organisations n’a émis la moindre critique contre l’arrivée au pouvoir d’un chef mafieux identifié depuis longtemps par les services internationaux de police.
Si la Bulgarie a été l’un des principaux exportateurs d’armes vers la Syrie, elle a bénéficié de l’aide de l’Azerbaïdjan.
Toutes les opérations que nous allons récapituler ici sont illégales en droit international, y compris celles organisées publiquement par le Pentagone.
On savait déjà que la CIA avait fait appel à la SIC et à Boïko Borissov pour fabriquer en urgence du Captagon à destination des jihadistes en Libye, puis en Syrie. Depuis l’enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network(BIRN), on savait que la CIA et le SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) avaient acheté pour 500 millions de dollars d’armes à la Bulgarie, entre 2011 et 2014, pour les jihadistes. Puis que d’autres armes furent payées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et transportées par Saudi Arabian Cargo et Etihad Cargo [2].
Fin 2012, la Croatie livrait aux jihadistes syriens 230 tonnes d’armes pour une valeur 6,5 millions de dollars. Le transfert en Turquie était opéré par trois Iliouchine de la compagnie Jordan International Air Cargo, puis les armes étaient parachutées par l’Armée qatarie [3]. Selon Eric Schmitt du New York Times, l’ensemble de ce dispositif avait été imaginé par le général David Petraeus, directeur de la CIA [4].
Lorsqu’en 2012, le Hezbollah tenta de découvrir le trafic de la CIA et du SOCOM, un attentat fut perpétré contre des touristes israéliens à l’aéroport de Burgas, le centre névralgique du trafic.
Selon une source proche du PKK, en mai et juin 2014, les services secrets turcs ont affrété des trains spéciaux pour livrer à Rakka, c’est-à-dire à ce qui s’appelait alors l’Émirat islamique en Irak et en Syrie et qui est connu aujourd’hui comme Daesh, des armes ukrainiennes payées par l’Arabie saoudite et plus d’un millier de Toyota Hilux (pick-up double cabine) spécialement arrangés pour résister aux sables du désert. Selon une source belge, l’achat des véhicules avait été négocié avec le Japonais Toyota par la société saoudienne Abdul Latif Jameel.
le Qatar qui ne voulait pas être en reste a acheté pour les jihadistes à la société d’État ukrainienne UkrOboronProm la version la plus récente de l’Air Missile Defense Complex "Pechora-2D". La livraison a été effectuée par la société chypriote Blessway Ltd [5].
Selon Jeremy Binnie et Neil Gibson de la revue professionnelle de l’armement Jane’s, l’US Navy Military Sealift Command a lancé en 2015 deux appels d’offres pour transporter des armes du port roumain de Constanta vers le port jordanien d’Aqaba. Le contrat a été emporté par Transatlantic Lines [6]. Il a été exécuté juste après la signature du cessez-le-feu par Washington, le 12 février 2016, en violation de son engagement.
Selon Pierre Balanian d’Asia News, ce dispositif s’est poursuivi en mars 2017 avec l’ouverture d’une ligne maritime régulière de la compagnie états-unienne Liberty Global Logistics reliant Livourne (Italie) / Aqaba (Jordanie) / Djeddah (Arabie saoudite) [7]. Selon le géographe Manlio Dinucci, elle était principalement destinée à la livraison de blindés vers la Syrie et le Yémen [8].
Selon les journalistes turcs Yörük Işık et Alper Beler, les derniers contrats de l’ère Obama ont été effectués par Orbital ATK qui a organisé, via Chemring et Danish H. Folmer & Co, une ligne régulière entre Burgas (Bulgarie) et Jeddah (Arabie saoudite). Pour la première fois, on parle ici non seulement d’armes produites par Vazovski Machine Building Factory (VMZ) (Bulgarie), mais aussi par Tatra Defense Industrial Ltd. (Tchéquie) [9].
Le total de ces opérations représente des centaines de tonnes d’armes et de munition, peut-être des milliers, principalement payées par les monarchies absolues du Golfe, prétendument pour soutenir une « révolution démocratique ».
En réalité, les pétro-dictatures ne sont intervenues que pour dispenser l’administration Obama de rendre des compte au Congrès US (Opération Timber Sycamore) et lui faire prendre des vessies pour des lanternes [10]. L’ensemble de ce trafic a été personnellement contrôlé par le général David Petraeus, d’abord depuis la CIA dont il était le directeur, puis depuis la société de placements financiers KKR qu’il a rejointe. Il a profité de l’aide de hauts-fonctionnaires, parfois sous la présidence de Barack Obama, puis massivement sous celle de Donald Trump.

Selon l’ancienne fonctionnaire du FBI et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition, Sibel Edmonds, de 1997 à 2001, l’Azerbaïdjan du président Heydar Aliyev hébergea à Bakou, à la demande de la CIA, le numéro 2 d’Al-Qaïda, Ayman el-Zawahiri. Bien qu’officiellement recherché par le FBI, celui qui était alors le numéro 2 du réseau jihadiste mondial se déplaçait régulièrement en avion de l’Otan en Afghanistan, en Albanie, en Égypte et en Turquie. Il recevait également des visites fréquentes du prince Bandar ben Sultan d’Arabie saoudite [11].
À ses relations sécuritaires avec Washington et Riyad, l’Azerbaïdjan —dont la population est pourtant principalement chiite— ajoute Ankara la sunnite qui le soutient dans son conflit contre l’Arménie à propos de la sécession de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh).
À la mort d’Heydar Aliyev aux États-Unis, en 2003, son fils Ilham Aliyev, lui succède. La Chambre de commerce USA-Azerbaïdjan devient l’arrière-cour de Washington avec à côté du président Aliyev, Richard Armitage, James Baker III, Zbigniew Brzeziński, Dick Cheney, Henry Kissinger, Richard Perle, Brent Scowcroft et John Sununu.
Selon Dilyana Gaytandzhieva, le ministre des Transports, Ziya Mammadov, met en 2015 à disposition de la CIA la compagnie d’État Silk Way Airlines aux frais de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le ministre des Affaires étrangères, le très peu scrupuleux Elmar Mammadyarov, envoie à plusieurs de ses ambassades des demandes d’homologation de « vols diplomatiques », ce qui interdit leurs fouilles au titre de la Convention de Vienne. En moins de trois ans, plus de 350 vols disposeront de ce privilège extraordinaire.
Bien que, selon les traités internationaux, ni les avions civils, ni les avions diplomatiques ne sont autorisés à transporter des matériels militaires, les demandes de reconnaissance comme « vols diplomatiques » portent mention explicites des chargements transportés. Cependant, à la demande du département d’État US, au moins l’Afghanistan, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Bulgarie, le Congo, les Émirats arabes unis, la Hongrie, Israël, le Pakistan, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Tchéquie, la Turquie et le Royaume-Uni fermèrent les yeux sur cette violation du droit international comme ils avaient ignoré les vols de la CIA entre leurs prisons secrètes.
En moins de trois ans, la Silk Way Airlines a ainsi transporté pour au moins 1 milliard de dollars d’armes.
De fil en aiguille, la journaliste Dilyana Gaytandzhieva a mis à jour un vaste système qui approvisionne également les jihadistes non seulement en Irak et en Syrie, mais aussi en Afghanistan, au Pakistan et au Congo, toujours aux frais des Saoudiens et des Émiratis. Certaines armes livrées en Arabie furent réexpédiées en Afrique du Sud.
Les armes transportées en Afghanistan seraient parvenues aux Talibans, sous le contrôle des États-Unis qui prétendent les combattre. Celles livrées au Pakistan étaient probablement destinées à commettre des attentats islamistes en Inde. On ignore qui sont les destinataires finaux des armes livrées à la Garde républicaine du président Sassou N’Guesso au Congo et à l’Afrique du Sud du président Jacob Zuma.
Les principaux négociants étaient les firmes états-uniennes Chemring (déjà citée), Culmen International, Orbital ATK (également déjà citée) et Purple Shovel.
Outre les armes de type soviétique produites par la Bulgarie, l’Azerbaïdjan acheta sous la responsabilité du ministre de l’Industrie de défense, Yavar Jamalov, des stocks en Serbie, en Tchéquie et accessoirement dans d’autres États, chaque fois en déclarant être le destinataire final de ces achats. Concernant les matériels de renseignement électronique, Israël mit à disposition la firme Elbit Systems qui prétendit être le destinataire final, l’Azerbaïdjan n’ayant pas le droit d’acheter ce type de matériel. Ces exceptions attestent que le programme azerbaïdjanais, s’il a été requis par les États-Unis et l’Arabie saoudite, était contrôlé de bout en bout depuis Tel-Aviv.
L’État hébreu, qui prétend être resté neutre durant l’ensemble du conflit syrien, a pourtant de nombreuses fois bombardé l’Armée arabe syrienne. Chaque fois où Tel-Aviv a reconnu les faits, il a prétendu avoir détruit des armes destinées au Hezbollah libanais. En réalité, toutes ces opérations, sauf peut-être une, étaient coordonnées avec les jihadistes. On apprend donc aujourd’hui que Tel-Aviv supervisait les livraisons d’armes à ces mêmes jihadistes, de sorte que si Israël s’est contenté d’utiliser son armée de l’Air pour les appuyer, il jouait en réalité un rôle central dans la guerre.
Selon les conventions internationales la falsification des certificats de livraison finale et l’envoi d’armes à des groupes mercenaires, qu’ils renversent des gouvernements légitimes ou détruisent des États reconnus sont des crimes internationaux.
L’opération Timber Sycamore, dans ses différents volets, est la plus importante affaire criminelle de trafic d’armes de l’Histoire. Dans les parties mises à jour, elle implique au moins 17 États et représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’armes pour plusieurs milliards de dollars.

 [1] “350 diplomatic flights carry weapons for terrorists”, Dilyana Gaytandzhieva, Trud, July 2, 2017.
[2] “War Gains : Bulgarian Arms Add Fuel to Middle East Conflicts”, Maria Petkova, Balkan Investigative Reporting Network, December 21, 2015.
[4] “In Shift, Saudis Are Said to Arm Rebels in Syria” and “Airlift To Rebels In Syria Expands With C.I.A.’S Help”, C. J. Chivers & Eric Schmitt, The New York Times, February 26 and March 25, 2013.
[5] “Qatar and Ukraine come to deliver Pechora-2D to ISIS”, by Andrey Fomin, Oriental Review (Russia), Voltaire Network, 22 November 2015.
[6] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.
[7] “Jordan strengthens military presence on border with Syria and Iraq”, Pierre Balanian, AsiaNews, April 11, 2017.
[8] « De Camp Darby, des armes US pour la guerre contre la Syrie et le Yémen », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto(Italie), Réseau Voltaire, 18 avril 2017.
[10] “U.S. Relies Heavily on Saudi Money to Support Syrian Rebels”, Mark Mazzetti & Matt Apuzzojan, The New York Times, January 23, 2016.
[11Classified Woman. The Sibel Edmonds Story : A Memoir et The Lone Gladio, Sibel Edmonds.

mardi 2 avril 2013

Affaire LUMUMBA

Le service de renseignement britannique MI6 aurait joué un rôle dans l'assassinat du premier Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba, le 17 janvier 1961. C'est ce qu'affirme un Lord, David Edward Lea, dans un courrier des lecteurs de la 'London Review of Books' (LRB) passé pratiquement inaperçu, et relayé par le journal indien 'The Hindu'.

Ce lord fait état d'une conversation avec l'ex-première secrétaire de l'ambassade britannique à Léopoldville (actuellement Kinshasa), de 1959 à 1961, Daphne Park - une fonction assimilée informellement à celle de patronne du MI6 au Congo durant cette période entourant l'indépendance de l'ancienne colonie belge.
Lord David Edward Lea répondait en fait à une affirmation d'un livre récemment publié concernant les services secrets britanniques, "Empire of Secrets: British intelligence, the Cold War and the Twilight of Empire" de Calder Walton.
Selon ce dernier, la question du rôle du MI6 dans l'assassinat du fer de lance du mouvement indépendantiste congolais se pose toujours. "La question reste de savoir si le complot britannique pour assassiner Lumumba… a jamais correspondu à une quelconque réalité. A ce jour, nous ne le savons pas", selon Calder Walton.
"En fait, en ce qui concerne ce cas particulier, je suis en mesure d'affirmer que nous le savons", corrige Lord David Edward Lea dans son courrier.
Et l'aristocrate de raconter qu'au cours d'une discussion avec Daphne Park, cette dernière lui a confié que le MI6 était bel et bien mêlé (et de près) à l'assassinat du Premier ministre congolais. "Je l'ai organisé", lui aurait affirmé Daphne Park. Selon Lord Lea, l'ancienne diplomate-espionne a expliqué que l'analyse de ses services à l'époque était que si l'Occident n'intervenait pas, Patrice Lumumba aurait remis les riches ressources minérales du Congo (devenu la République démocratique du Congo) "aux Russes" (l'Union soviétique en fait).
Interrogé par 'The Hindu', Lord Lea a confirmé le contenu de sa lettre à la LRB, précisant que la conversation avec Daphne Park - entre-temps devenue baronne Park of Monmouth - a eu lieu quelques mois avant sa mort en 2010. "C'est la conversation que j'ai eue avec elle et c'est ce qu'elle m'a raconté. Je n'ai rien à ajouter", a-t-il précisé.
Le rôle de la CIA était déjà reconnu...
Premier chef du gouvernement congolais après l'indépendance, de juin à septembre 1960, Patrice Lumumba avait été révoqué par le président Joseph Kasa-Vubu qu'il avait révoqué à son tour, le tout débouchant sur une crise constitutionnelle dans le tout jeune Congo indépendant.
A la mi-septembre 1960, Joseph-Désiré Mobutu (alors colonel) avait "neutralisé" le président et le Premier ministre, leur substituant un Conseil des Commissaires généraux fantoche, avec l'appui des Etats-Unis, de la Belgique et d'autres puissances occidentales.
Patrice Lumumba avait alors été fait prisonnier puis transféré au Katanga (sud-est), la très riche région minière, qui avait fait sécession avec le soutien actif de la Belgique. Il y a été assassiné, quelques heures après son transfert, le 17 janvier 1961 par un peloton d'exécution dirigé par le Belge Julien Gat.
Dans cette période de guerre froide entre l'URSS et les Etats-Unis, l'ombre de la CIA plane également sur l'opération. Des documents américains déclassifiés ont montré le rôle de Washington dans plusieurs complots destinés à éliminer Patrice Lumumba. L'un des plus célèbres étant évidemment l'opération de la CIA visant à placer du dentifrice empoisonné dans la salle de bain de Lumumba.
"Ce dentifrice n'est jamais parvenu jusqu'à la salle de bain de Lumumba", expliquera plus tard Larry Devlin, qui dirigeait la CIA au Congo à l'époque. "Je l'ai jeté dans le fleuve Congo".
... tout comme celui de la Belgique
En 2001, une commission d'enquête parlementaire belge avait conclu à la "responsabilité morale" de la Belgique. Cette dernière avait alors présenté ses excuses au Congo pour "l'apathie" et la "froide indifférence" dont elle avait fait preuve face aux événements ayant mené à son assassinat.
Des excuses que de nombreux historiens, Ludo De Witte en tête, estiment insuffisantes, arguant d'un rôle actif des autorités belges de l'époque dans cet assassinat politique. Rôle qui va bien au-delà, selon eux, d'une simple "apathie" ou "indifférence".
De nombreux fonctionnaires et conseillers belges travaillaient pour le Katanga sécessionniste via notamment la mission technique belge à Elisabethville (capitale du Katanga, aujourd'hui Lubumbashi). En octobre 1960, le ministre belge des Affaires africaines concluait comme suit un télex adressé à la mission technique belge auprès des autorités katangaises: "L'objectif principal à poursuivre dans l'intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l'élimination définitive de Lumumba".
"Il faut aller plus loin que la reconnaissance d'une responsabilité morale. Nous réclamons, entre autres, que toutes les archives de l'Etat belge soit ouvertes, nous voulons aller au-delà des présomptions", expliquait en juin dernier François Lumumba, le fils de l'ancien chef de gouvernement.
La famille du Premier ministre congolais assassiné a déposé plainte en juin 2011 devant le tribunal de première instance de Bruxelles contre l'Etat belge, mais aussi contre plusieurs personnalités de l'establishment belge, afin d'établir leurs responsabilités éventuelles dans l'exécution. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a autorisé l'ouverture d'une enquête sur base de ladite plainte.
Julien Vlassenbroek avec Belga

mardi 15 mai 2012

La Jordanie achète 25% de la forêt du Congo

(…) ces états qui achètent des terres à d’autres nations. Ces dernières n’ont souvent pas d’argent et acceptent de vendre (ou de louer pour une très longue durée) une grande partie de leurs terres. L’Afrique est bien entendu le continent le plus touché par la colonisation. Les pays du continent vendent aux états souverains ou aux capitaux privés (compagnies) le peu de terres cultivables qu’ils ont. Au détriment des paysans qui se voient voler leurs biens dans l’inintérêt général. Sur les dernières années, on estime qu’environ 20 millions d’hectares de terres africaines ont étés vendues pour la somme de 30 milliards de dollars. Une somme colossale dont personne n’entend parler… Et surtout pas le citoyen lambda !

 


Il va de soi que j’invite tout ceux qui parcourent mon papier du jour à aller d’abord découvrir cet « Etat des lieux. » Mais dans le pire des cas, rien de grave : la situation reste très simple. En 5 mots comme en 100 : « La Jordanie colonise le Congo ! »


Une banque islamique en Jordanie a acheté plus de 25% de la forêt du Congo ! La transaction, rendue officielle, fait état d’une vente de plus de 500.000 hectares de forêt de « haute valeur » de la République Démocratique du Congo à une banque islamique d’investissement de Jordanie.
Au niveau des autorités jordaniennes, on explique cet achat par une donnée simple : avec la hausse du cout de la nourriture et la diminution des ressources naturelles au niveau local, cette acquisition va permettre à la Banque Islamique jordanienne de ne pas mettre tous ses oeufs dans un même panier ! »

 


Toutefois, cette dernière acquisition de terres par Sanabel est un peu plus intéressante.. Car la banque affirme vouloir y ajouter une petite touche écologique ! « En tant que première banque islamique de Jordanie, nous envisageons d’acheter un certain nombre de terres forestières, dans le but de lutter contre le déboisement.
En d’autre termes, la Jordanie, qui manque de tout (eau, bois, argent, etc…) achète 25% d’une des plus belles forêts d’Afrique pour y planter des arbres… Alors que 95% du sol jordanien est un désert, le même qu’en Israël, ou il serait tout à fait possible d’y planter des forêts pour lutter contre la désertification. Et ainsi améliorer l’Etat des ressources du Royaume.

Image réduite à 57.73%. Cliquez ici pour la voir en entier.


Mais il faut reconnaître également la franchise de la banque Sanabel, qui ajoute dans son communiqué : cet achat s’inscrit dans le cadre de notre plan de capitalisation du marché du carbone, un marché en pleine croissance.En achetant ces terres, nous allons pouvoir proposer des crédits-carbone.

 


Le marché des crédits carbone a été largement critiqué pour permettre aux entreprises de continuer à cracher beaucoup d’émissions de carbone tout en achetant du « crédit » aux entreprises qui n’en dégagent pas beaucoup. Et par définition, une banque ne dégage pas beaucoup de de carbone. Ainsi, la banque compte protéger la planète en permettant aux société polluantes de continuer à polluer de plus en plus.
Mais l’autre grand problème de cet achat jordanien, c’est le déplacement de populations pauvres qui vivent dans ces forêts. Qu’on se e dise : cet achat n’est rien autre qu’une colonisation pure et simple. Ainsi, les 70.000 autochtones vivant dans la région ouest de Gambella en Ethiopie ont été obligés de déménager il y a quelques mois, quand leur terre a été achetée par l’Arabie Saoudite.

 


Mais après-tout, qui s’intéresse vraiment à la colonisation moderne ? Il est tellement plus simple de se concentrer sur la construction d’un balcon d’un pauvre immeuble de l’Est de Jérusalem ...