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vendredi 28 juillet 2017

Lors de la libération d’Alep et de la prise de l’état-major saoudien qui s’y trouvait, la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva constata la présence d’armes de son pays dans neufs entrepôts abandonnés par les jihadistes. Elle nota soigneusement les indications portées sur les caisses et, de retour dans son pays, enquêta sur la manière dont elles étaient arrivées en Syrie.
Depuis 2009 —à la brève exception de la période allant de mars 2013 à novembre 2014—, la Bulgarie est gouvernée par Boïko Borissov, un personnage haut en couleur, issu de l’une des principales organisations criminelles européennes, la SIC. Rappelons que la Bulgarie est à la fois membre de l’Otan et de l’Union européenne et qu’aucune de ces deux organisations n’a émis la moindre critique contre l’arrivée au pouvoir d’un chef mafieux identifié depuis longtemps par les services internationaux de police.
Si la Bulgarie a été l’un des principaux exportateurs d’armes vers la Syrie, elle a bénéficié de l’aide de l’Azerbaïdjan.
Toutes les opérations que nous allons récapituler ici sont illégales en droit international, y compris celles organisées publiquement par le Pentagone.
On savait déjà que la CIA avait fait appel à la SIC et à Boïko Borissov pour fabriquer en urgence du Captagon à destination des jihadistes en Libye, puis en Syrie. Depuis l’enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network(BIRN), on savait que la CIA et le SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) avaient acheté pour 500 millions de dollars d’armes à la Bulgarie, entre 2011 et 2014, pour les jihadistes. Puis que d’autres armes furent payées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et transportées par Saudi Arabian Cargo et Etihad Cargo [2].
Fin 2012, la Croatie livrait aux jihadistes syriens 230 tonnes d’armes pour une valeur 6,5 millions de dollars. Le transfert en Turquie était opéré par trois Iliouchine de la compagnie Jordan International Air Cargo, puis les armes étaient parachutées par l’Armée qatarie [3]. Selon Eric Schmitt du New York Times, l’ensemble de ce dispositif avait été imaginé par le général David Petraeus, directeur de la CIA [4].
Lorsqu’en 2012, le Hezbollah tenta de découvrir le trafic de la CIA et du SOCOM, un attentat fut perpétré contre des touristes israéliens à l’aéroport de Burgas, le centre névralgique du trafic.
Selon une source proche du PKK, en mai et juin 2014, les services secrets turcs ont affrété des trains spéciaux pour livrer à Rakka, c’est-à-dire à ce qui s’appelait alors l’Émirat islamique en Irak et en Syrie et qui est connu aujourd’hui comme Daesh, des armes ukrainiennes payées par l’Arabie saoudite et plus d’un millier de Toyota Hilux (pick-up double cabine) spécialement arrangés pour résister aux sables du désert. Selon une source belge, l’achat des véhicules avait été négocié avec le Japonais Toyota par la société saoudienne Abdul Latif Jameel.
le Qatar qui ne voulait pas être en reste a acheté pour les jihadistes à la société d’État ukrainienne UkrOboronProm la version la plus récente de l’Air Missile Defense Complex "Pechora-2D". La livraison a été effectuée par la société chypriote Blessway Ltd [5].
Selon Jeremy Binnie et Neil Gibson de la revue professionnelle de l’armement Jane’s, l’US Navy Military Sealift Command a lancé en 2015 deux appels d’offres pour transporter des armes du port roumain de Constanta vers le port jordanien d’Aqaba. Le contrat a été emporté par Transatlantic Lines [6]. Il a été exécuté juste après la signature du cessez-le-feu par Washington, le 12 février 2016, en violation de son engagement.
Selon Pierre Balanian d’Asia News, ce dispositif s’est poursuivi en mars 2017 avec l’ouverture d’une ligne maritime régulière de la compagnie états-unienne Liberty Global Logistics reliant Livourne (Italie) / Aqaba (Jordanie) / Djeddah (Arabie saoudite) [7]. Selon le géographe Manlio Dinucci, elle était principalement destinée à la livraison de blindés vers la Syrie et le Yémen [8].
Selon les journalistes turcs Yörük Işık et Alper Beler, les derniers contrats de l’ère Obama ont été effectués par Orbital ATK qui a organisé, via Chemring et Danish H. Folmer & Co, une ligne régulière entre Burgas (Bulgarie) et Jeddah (Arabie saoudite). Pour la première fois, on parle ici non seulement d’armes produites par Vazovski Machine Building Factory (VMZ) (Bulgarie), mais aussi par Tatra Defense Industrial Ltd. (Tchéquie) [9].
Le total de ces opérations représente des centaines de tonnes d’armes et de munition, peut-être des milliers, principalement payées par les monarchies absolues du Golfe, prétendument pour soutenir une « révolution démocratique ».
En réalité, les pétro-dictatures ne sont intervenues que pour dispenser l’administration Obama de rendre des compte au Congrès US (Opération Timber Sycamore) et lui faire prendre des vessies pour des lanternes [10]. L’ensemble de ce trafic a été personnellement contrôlé par le général David Petraeus, d’abord depuis la CIA dont il était le directeur, puis depuis la société de placements financiers KKR qu’il a rejointe. Il a profité de l’aide de hauts-fonctionnaires, parfois sous la présidence de Barack Obama, puis massivement sous celle de Donald Trump.

Selon l’ancienne fonctionnaire du FBI et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition, Sibel Edmonds, de 1997 à 2001, l’Azerbaïdjan du président Heydar Aliyev hébergea à Bakou, à la demande de la CIA, le numéro 2 d’Al-Qaïda, Ayman el-Zawahiri. Bien qu’officiellement recherché par le FBI, celui qui était alors le numéro 2 du réseau jihadiste mondial se déplaçait régulièrement en avion de l’Otan en Afghanistan, en Albanie, en Égypte et en Turquie. Il recevait également des visites fréquentes du prince Bandar ben Sultan d’Arabie saoudite [11].
À ses relations sécuritaires avec Washington et Riyad, l’Azerbaïdjan —dont la population est pourtant principalement chiite— ajoute Ankara la sunnite qui le soutient dans son conflit contre l’Arménie à propos de la sécession de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh).
À la mort d’Heydar Aliyev aux États-Unis, en 2003, son fils Ilham Aliyev, lui succède. La Chambre de commerce USA-Azerbaïdjan devient l’arrière-cour de Washington avec à côté du président Aliyev, Richard Armitage, James Baker III, Zbigniew Brzeziński, Dick Cheney, Henry Kissinger, Richard Perle, Brent Scowcroft et John Sununu.
Selon Dilyana Gaytandzhieva, le ministre des Transports, Ziya Mammadov, met en 2015 à disposition de la CIA la compagnie d’État Silk Way Airlines aux frais de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le ministre des Affaires étrangères, le très peu scrupuleux Elmar Mammadyarov, envoie à plusieurs de ses ambassades des demandes d’homologation de « vols diplomatiques », ce qui interdit leurs fouilles au titre de la Convention de Vienne. En moins de trois ans, plus de 350 vols disposeront de ce privilège extraordinaire.
Bien que, selon les traités internationaux, ni les avions civils, ni les avions diplomatiques ne sont autorisés à transporter des matériels militaires, les demandes de reconnaissance comme « vols diplomatiques » portent mention explicites des chargements transportés. Cependant, à la demande du département d’État US, au moins l’Afghanistan, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Bulgarie, le Congo, les Émirats arabes unis, la Hongrie, Israël, le Pakistan, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Tchéquie, la Turquie et le Royaume-Uni fermèrent les yeux sur cette violation du droit international comme ils avaient ignoré les vols de la CIA entre leurs prisons secrètes.
En moins de trois ans, la Silk Way Airlines a ainsi transporté pour au moins 1 milliard de dollars d’armes.
De fil en aiguille, la journaliste Dilyana Gaytandzhieva a mis à jour un vaste système qui approvisionne également les jihadistes non seulement en Irak et en Syrie, mais aussi en Afghanistan, au Pakistan et au Congo, toujours aux frais des Saoudiens et des Émiratis. Certaines armes livrées en Arabie furent réexpédiées en Afrique du Sud.
Les armes transportées en Afghanistan seraient parvenues aux Talibans, sous le contrôle des États-Unis qui prétendent les combattre. Celles livrées au Pakistan étaient probablement destinées à commettre des attentats islamistes en Inde. On ignore qui sont les destinataires finaux des armes livrées à la Garde républicaine du président Sassou N’Guesso au Congo et à l’Afrique du Sud du président Jacob Zuma.
Les principaux négociants étaient les firmes états-uniennes Chemring (déjà citée), Culmen International, Orbital ATK (également déjà citée) et Purple Shovel.
Outre les armes de type soviétique produites par la Bulgarie, l’Azerbaïdjan acheta sous la responsabilité du ministre de l’Industrie de défense, Yavar Jamalov, des stocks en Serbie, en Tchéquie et accessoirement dans d’autres États, chaque fois en déclarant être le destinataire final de ces achats. Concernant les matériels de renseignement électronique, Israël mit à disposition la firme Elbit Systems qui prétendit être le destinataire final, l’Azerbaïdjan n’ayant pas le droit d’acheter ce type de matériel. Ces exceptions attestent que le programme azerbaïdjanais, s’il a été requis par les États-Unis et l’Arabie saoudite, était contrôlé de bout en bout depuis Tel-Aviv.
L’État hébreu, qui prétend être resté neutre durant l’ensemble du conflit syrien, a pourtant de nombreuses fois bombardé l’Armée arabe syrienne. Chaque fois où Tel-Aviv a reconnu les faits, il a prétendu avoir détruit des armes destinées au Hezbollah libanais. En réalité, toutes ces opérations, sauf peut-être une, étaient coordonnées avec les jihadistes. On apprend donc aujourd’hui que Tel-Aviv supervisait les livraisons d’armes à ces mêmes jihadistes, de sorte que si Israël s’est contenté d’utiliser son armée de l’Air pour les appuyer, il jouait en réalité un rôle central dans la guerre.
Selon les conventions internationales la falsification des certificats de livraison finale et l’envoi d’armes à des groupes mercenaires, qu’ils renversent des gouvernements légitimes ou détruisent des États reconnus sont des crimes internationaux.
L’opération Timber Sycamore, dans ses différents volets, est la plus importante affaire criminelle de trafic d’armes de l’Histoire. Dans les parties mises à jour, elle implique au moins 17 États et représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’armes pour plusieurs milliards de dollars.

 [1] “350 diplomatic flights carry weapons for terrorists”, Dilyana Gaytandzhieva, Trud, July 2, 2017.
[2] “War Gains : Bulgarian Arms Add Fuel to Middle East Conflicts”, Maria Petkova, Balkan Investigative Reporting Network, December 21, 2015.
[4] “In Shift, Saudis Are Said to Arm Rebels in Syria” and “Airlift To Rebels In Syria Expands With C.I.A.’S Help”, C. J. Chivers & Eric Schmitt, The New York Times, February 26 and March 25, 2013.
[5] “Qatar and Ukraine come to deliver Pechora-2D to ISIS”, by Andrey Fomin, Oriental Review (Russia), Voltaire Network, 22 November 2015.
[6] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.
[7] “Jordan strengthens military presence on border with Syria and Iraq”, Pierre Balanian, AsiaNews, April 11, 2017.
[8] « De Camp Darby, des armes US pour la guerre contre la Syrie et le Yémen », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto(Italie), Réseau Voltaire, 18 avril 2017.
[10] “U.S. Relies Heavily on Saudi Money to Support Syrian Rebels”, Mark Mazzetti & Matt Apuzzojan, The New York Times, January 23, 2016.
[11Classified Woman. The Sibel Edmonds Story : A Memoir et The Lone Gladio, Sibel Edmonds.

samedi 12 novembre 2016

Afghanistan: une attaque talibane contre une base US fait 4 morts

Quatre personnes ont été tuées samedi à l'aube dans une spectaculaire explosion revendiquée par les talibans visant la plus grande base militaire américaine d'Afghanistan, près de Kaboul, a annoncé l'Otan, témoignant d'un climat d'insécurité croissante.
L'attentat qui s'est produit à l'intérieur de la base de Bagram, au nord de Kaboul, survient alors que les talibans intensifient leurs attaques depuis le début de l'été et particulièrement à l'approche de l'hiver, quand la neige leur impose une cessation de fait des hostilités.
"Un engin a explosé sur la base aérienne de Bagram (...) quatre personnes sont mortes dans l'attaque et 14 ont été blessées", a déclaré l'Otan dans un communiqué, sans préciser les nationalités des victimes. "Nous traitons les blessés et avons ouvert une enquête".
Les autorités afghanes ont évoqué de leur côté un attentat-suicide: Waheed Sediqi, porte-parole du gouvernorat de la province de Parwan, où se situe Bagram, a déclaré qu'un kamikaze s'était fait exploser près d'un réfectoire à l'intérieur de la base.
"Nous ignorons l'identité des victimes, mais l'assaillant était l'un des employés afghans sur place", a-t-il affirmé à l'AFP.
Le gouverneur du district de Bagram Abdul Shakoor Quddusi a parlé d'une explosion "puissante" entendue dans toute la région.
Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a revendiqué l'attentat mené dans cette base pourtant très sécurisée et qui a fait "beaucoup de victimes dans les rangs de l'envahisseur américain", a-t-il clamé samedi peu après 05H30 (01H00 GMT).

Immédiatement après l'attaque, la base a été placée en alerte rouge et totalement verrouillée, interdisant toute entrée ou sortie de son enceinte.
Ce nouvel attentat met en évidence la dégradation de la situation sécuritaire, presque deux ans après la fin formelle des opérations de combat de l'Otan en Afghanistan et alors que les forces afghanes sont à la peine face aux insurgés islamistes talibans.
Il représente aussi un véritable défi aux Américains au sein même d'une de leurs installations les plus protégées du pays: la base de Bagram est enveloppée d'enceintes gardées par des troupes afghanes et américaines, surmontées de caméra de surveillance et de tours de guêt.
- Regain d'attaques -
La base de Bagram et son aéroport ont été fréquemment pris pour cible par le passé.

Depuis le retrait de la majorité des forces occidentales fin 2014, l'opération Resolute Support compte 12.000 hommes, dont près de 10.000 Américains. Sous commandement américain, ils sont chargés de former, conseiller et assister leurs pairs afghans et de les appuyer dans leur lutte contre les talibans et le groupe Etat islamique, surtout présent dans l'Est du pays.
Le général John Nicholson, qui commande l'opération de l'Otan en Afghanistan, a adressé ses "plus vives condoléances" aux familles des victimes.
Jeudi soir, au moins six personnes avaient été tuées et plus de cent blessées dans une attaque revendiquée par les talibans contre le consulat allemand de Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, "en représailles" avaient-ils expliqué à la mort de civils dans un bombardement de l'Otan la semaine dernière.
En décembre, un kamikaze taliban juché sur une moto s'était fait exploser près de la base, tuant six soldats américains. Cela avait été l'une des attaques les plus meurtrières contre des militaires étrangers en 2015 en Afghanistan.
L'intensification de ces attaques intervient quelques jours après l'élection présidentielle américaine.
L'Afghanistan a à peine été mentionnée dans la campagne pour l'élection, même s'il s'agit d'un des dossiers urgents auxquels le nouveau président devra s'attaquer.
Le président élu Donald Trump va hériter de la plus longue guerre des Etats-Unis, sans issue en perspective.
Car si la vaste intervention militaire déclenchée après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis s'est officiellement achevée fin 2014, Barack Obama, élu en 2008 sur la promesse de mettre fin aux deux guerres d'Irak et d'Afghanistan, a été contraint d'ajuster à plusieurs reprises le calendrier de retrait des troupes.

mercredi 14 août 2013

Fourteen Armed Taliban Killed

In a cleansing operation of security forces fourteen armed Taliban killed.
The Interior Ministry Press Office said, the security forces launched several cleansing operations in relevant areas of Ghazni, Kandahar, Kunuz and Balkh provinces during last 24 hours as a result of which fourteen armed Taliban killed, three injured and two others arrested.
During these operations amount of heavy and light weapons were captured.
According to another report, the national police personnel discovered and defused dozen mines that were planted by armed oppositions in relevant areas of Nangarhar, Laghman, Jawzjan, Kandahar, Uruzgan and Paktia provinces.

vendredi 21 juin 2013

Afghanistan : la lâcheté et l’ingratitude occidentales

Il y aura bientôt douze ans, au lendemain des attentats meurtriers du 11 septembre 2001, les forces armées américaines intervenaient en Afghanistan et jetaient bas le régime taliban qui se refusait à livrer Oussama ben Laden, son ami, son héros et son hôte. Ainsi les États-Unis tiraient-ils une première vengeance du raid terroriste dont ils avaient été la cible et signifiaient-ils au monde entier qu’il n’y aurait ni asile, ni répit, ni pardon pour Al-Qaïda et ses protecteurs.

Deux ans plus tard, engagés dans une guerre dont ils n’avaient ni mesuré l’ampleur, ni prévu la durée, ni envisagé l’issue et où les avaient docilement suivis leurs alliés occidentaux, les États-Unis présidaient à l’installation d’un gouvernement dirigé par Hamid Karzai, encore aujourd’hui chef de l’État afghan, ou de ce qui en tient lieu.

Depuis le début de cette guerre qui n’ose pas plus dire son nom que celle d’Algérie, 4.000 soldats de la coalition dont 88 Français, 15.000 civils et 10.000 militaires afghans sont morts pour que les talibans (qui, de leur côté, ont enregistré 20.000 pertes) ne remettent pas la main sur l’Afghanistan. Des centaines de milliers d’Afghans, sous l’uniforme de l’armée ou de la police, parlementaires, gouverneurs de province, gardiens de prison, interprètes, enseignants, étudiants, fonctionnaires, commerçants, paysans, se sont plus ou moins affichés et compromis aux côtés de libérateurs en qui une fraction indéterminée de la population, en tout cas les talibans et leurs partisans, ne voit que des étrangers, des occupants et des infidèles.
Ces gens, qu’ils aient souhaité agir pour la démocratisation et la modernisation de leur pays, qu’ils aient été motivés par l’ambition ou la cupidité, qu’ils aient cédé à la nécessité, qu’ils aient été le jouet des circonstances, croyaient pouvoir se fier à la parole et au soutien de la première puissance du monde. La défaite (impossible sur le papier), le retrait (en revanche déjà programmé) de celle-ci, et le retour plus que probable des vaincus de 2001 les livreraient à des représailles vraisemblablement aussi atroces que massives.

Or, on apprenait mardi dernier que les talibans venaient d’ouvrir à Doha, capitale du Qatar – notre ami, notre allié et également celui de Washington -, une agence de « l’émirat islamique d’Afghanistan » (telle est l’appellation officielle de l’État taliban).
Deux jours plus tard, par le biais d’indiscrétions savamment distillées, on apprenait que M. James Dobbins, chargé au Département d’État de suivre le dossier AfPak (Afghanistan-Pakistan), s’apprêtait à entamer des négociations directes avec ce bureau, soudain élevé au rang d’ambassade du terrorisme, court-circuitant ainsi et frappant du même coup d’illégitimité le gouvernement même que les États-Unis avaient mis en place et reconnaissaient depuis le début du siècle comme seul représentant de son pays.
Devant la protestation indignée et plus que compréhensible – quoi que l’on pense du personnage – d’Hamid Karzai, l’entrevue annoncée comme un ballon d’essai a aussitôt été remise.

Mais qui s’y tromperait, sauf à être aveugle et amnésique ? Le même processus est en marche, qu’a vécu le Sud-Viêt Nam en 1975, qu’a connu l’Algérie française à partir de 1959. Comme en leur temps le gouvernement « fantoche » de Saïgon, comme la minorité catholique, comme les sectes, comme les Méos, comme les pieds-noirs, comme les harkis, comme les Français musulmans fidèles, ceux des Afghans qui ont osé braver les talibans et se ranger aux côtés des Américains vont goûter les fruits amers de la lâcheté, de la déloyauté et de l’ingratitude occidentales. Même lorsqu’ils ont à leur tête un orateur chaleureux, les États sont décidément des monstres froids.


Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.
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samedi 20 avril 2013

Les talibans amputent deux gardes afghans

Les talibans ont coupé la main droite et le pied gauche de deux gardes qui étaient en charge de la sécurité des troupes internationales dans la province d’Herat. Les insurgés ont revendiqué les amputations sur leur site internet Voice of Jihad (La voix du Jihad), pratiquées selon eux sur deux « voleurs » ayant « confessé » avoir « dérobé du liquide, des motos et d’autres biens » sur les principales routes de la province.

dimanche 30 octobre 2011

Attentat contre un car de l’Otan à Kaboul: 17 tués dont 13 Américains

Au moins 17 personnes - cinq militaires et huit employés civils de la force de l’Otan en Afghanistan (Isaf), tous américains, ainsi que quatre Afghans - ont été tués samedi dans un attentat suicide à la voiture contre un car de la coalition à Kaboul, revendiqué par les talibans.
Ce nouvel attentat à Kaboul, censée être placée sous haute sécurité et où les talibans ont multiplié récemment les attaques audacieuses, est un revers supplémentaire pour le gouvernement afghan et ses alliés de l’Otan, à trois ans du départ prévu du pays de l’ensemble des troupes de combat de la coalition et alors que l’insurrection des talibans ne cesse de s’étendre.
Un soldat canadien a été tué dans l’attentat suicide, a par ailleurs annoncé l’armée canadienne. Les Américains n’ont pas confirmé la mort du soldat canadien, ni précisé si le soldat faisait partie des 13 militaires tués.
Les insurgés talibans, qui combattent le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Otan depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fin 2001, ont revendiqué l’attentat dans un SMS envoyé par un de leurs porte-parole.
Les talibans ont également revendiqué un attentat suicide perpétré samedi par une femme kamikaze devant des bureaux de l’agence afghane du renseignement (NDS) à Asadabad, capitale de la province orientale de Kunar.
Les attentats suicide menés par des femmes sont extrêmement rares. En juin 2010, les talibans avaient revendiqué pour la première fois publiquement un attentat commis par une kamikaze, contre une patrouille des forces afghanes et américaines, déjà dans la province de Kunar.
http://www.lematin.ch/actu/monde/attentat-contre-un-car-de-l%E2%80%99otan-kaboul-17-tues-dont-13-americains-2011-10-29

vendredi 21 octobre 2011


 Les Etats-Unis ont appelé vendredi le Pakistan à prendre "dans les jours ou les semaines" à venir des "mesures fortes" pour éradiquer les refuges de rebelles talibans afghans sur son territoire, et les pousser à faire la paix avec le gouvernement de Kaboul.
En visite à Islamabad, où elle était arrivée la veille de Kaboul, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a souligné l'importance du Pakistan dans la résolution du conflit afghan, exposant ses priorités d'un ton résolu mais de manière moins agressive que d'autres responsables américains qui s'en étaient pris récemment au "double jeu" de leur allié vis-à-vis des islamistes.
Mme Clinton a appelé le Pakistan à soutenir les Etats-Unis sur les deux axes de leur stratégie afghane: appel aux talibans à négocier la paix et intensification des opérations militaires pour neutraliser leurs attaques.
Sur ce dernier point, elle a répété la nécessité d'éradiquer les refuges de talibans afghans installés au Pakistan, dans les zones tribales reculées et difficiles d'accès situées juste de l'autre côté de la frontière afghane, en demandant cette fois à Islamabad de prendre des "mesures fortes" au plus vite.
"Nous avons eu des discussions très approfondies et nous espérons les rendre opérationnelles dans les prochains jours et semaines", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue pakistanaise Hina Rabbani Khar.
Cela fait des mois que Washington appelle en vain Islamabad à lancer une intervention militaire dans le district tribal du Waziristan du Nord, notamment contre le réseau taliban afghan Haqqani, impliqué selon Washington dans de nombreuses attaques contre les Occidentaux en Afghanistan.
Avant de quitter le Pakistan pour le Tadjikistan en début de soirée, Mme Clinton a révélé lors d'une rencontre avec les médias locaux que des émissaires américains avaient rencontré l'été dernier des responsables du réseau Haqqani.
Cette prise de contact a été organisée par les services secrets pakistanais (ISI) et à leur demande, selon un responsable américain qui accompagnait Mme Clinton. Elle a toutefois eu lieu avant la série d'attaques contre les intérêts américains en Afghanistan dont Washington soupçonne qu'elles ont été organisées par le réseau Haqqani.
Les Etats-Unis ont depuis durci leur discours et leurs opérations contre ce groupe taliban, et mis la pression sur le Pakistan pour qu'il l'attaque dans ses bases arrières des zones tribales frontalières de l'Afghanistan.
En septembre dernier le prédécesseur du général Dempsey, l'amiral Mike Mullen, avait été plus loin en décrivant le réseau Haqqani comme le bras armé du Pakistan en Afghanistan.
Islamabad, parrain historique des talibans lorsqu'ils étaient au pouvoir (1996-2001), est régulièrement accusé de continuer à les soutenir pour défendre ses intérêts en Afghanistan, et y lutter notamment contre l'influence de son rival indien, pays allié des Etats-Unis et du gouvernement afghan.
A défaut d'offensive militaire terrestre -- que l'armée pakistanaise déjà sollicitée sur d'autres fronts contre les islamistes ne se dit pas capable de mener aujourd'hui -- Mme Clinton a demandé à Islamabad "un plus grand partage des renseignements" qui permette de limiter les incursions des talibans d'Haqqani en Afghanistan. Ou de pouvoir les cueillir côté afghan de la frontière, où l'Otan et les forces afghanes ont pour cela lancé cette semaine une vaste offensive, à quelques semaines de l'arrivée du rude hiver afghan, souvent synonymes de ralentissement voire de gel des opérations militaires.
Hina Rabbani Khar a de son côté indiqué que le Pakistan était prêt à coopérer davantage avec les Etats-Unis. Mais si elle a admis l'existence de sanctuaires rebelles au Pakistan, elle a nié qu'ils bénéficient d'un quelconque soutien des autorités.
Source : Google actualités

vendredi 7 octobre 2011

De nombreux Afghans songent à un retour des talibans

Wakil Ahmad Muttawakil, ancien bras droit du mollah Omar, ne voit qu'un moyen de mettre fin à dix ans de guerre en Afghanistan: laisser les taliban revenir au pouvoir.Les troupes étrangères commencent du reste à rentrer chez elles et les islamistes sont assez coriaces pour continuer à combattre pendant des années, fait-il valoir."Le seul moyen d'arrêter la lutte contre les taliban est de les ramener au pouvoir et de faire partir les étrangers", a expliqué Muttawakil lors d'une interview à son domicile de Kaboul, assis sur un sofa en simili peau de tigre et vêtu d'une tunique traditionnelle blanche sur un pantalon.
En outre, la corruption, l'insécurité et l'immoralité n'ont cessé de prospérer depuis que les troupes alliées ont évincé les taliban de Kaboul en 2001, a-t-il ajouté en estimant que leur retour réglerait une grande partie des problèmes.
D'autres Afghans ne sont pas aussi enthousiastes à l'idée de voir se réinstaller à Kaboul une milice dont ils gardent en mémoire le régime cruel et oppressif. Mais en voyant les forces étrangères commencer à se retirer alors que la guerre est loin d'être terminée, c'est un avenir auquel ils se préparent.
"Quand les Américains partiront, les taliban seront de retour en une semaine. Je suis sûr à 100% qu'ils reprendront le pouvoir", dit Khalid Ahmad, marchand de vêtements féminins.
"S'ils reviennent, ils rétabliront leurs lois islamiques, ils feront comme avant. Si ça se produit, je ne partirai pas mais je doute que je puisse avoir un commerce comme celui-ci."
SOUVENIRS D'UNE OPPRESSION
Durant leur passage au gouvernement (1996-2001), les taliban avaient pratiqué une politique aussi contraignante qu'intolérante, illustrée par l'exclusion des femmes de la plupart des activités, études ou possibilités de déplacement.
Sous leur régime, l'adultère donnait lieu à des exécutions publiques, les punitions corporelles - y compris l'amputation - avaient largement cours, et le mouvement à majorité pachtoune soumettait les autres groupes ethniques à des discriminations.
Une interprétation rigoriste de l'islam leur avait aliéné les Afghans que n'affectaient pas leurs pratiques les plus brutales. Les taliban interdisaient la télévision, certains sports et la plupart des musiques, arrêtaient les hommes sans barbe et frappaient ceux qui ne participaient pas aux prières.
Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ou puissances régionales assurent que leur engagement en Afghanistan se prolongera au-delà du 31 décembre 2014, date adoptée par l'Otan et le président Hamid Karzaï pour le retrait des combattants étrangers.
Des responsables américains come l'ambassadeur à Kaboul, Ryan Crocker, estiment que les tentatives de dialogue avec les taliban en vue d'un règlement politique ne progresseront que si la pression militaire demeure soutenue, voire accrue.
"Il faut affaiblir les taliban jusqu'à ce qu'ils viennent à la table en étant prêts à accepter les conditions que nous avons définies conjointement avec les Afghans", a dit Ryan Crocker lors d'une interview accordée récemment à Reuters.
DISCOURS DE FAÇADE ?
Beaucoup d'Afghans n'en considèrent pas moins les gestes en direction des taliban comme le signe que les moyens financiers et l'engagement politique liés à la guerre ne cessent de diminuer. Or, leur confiance dans la police et l'armée afghanes, en proie à la corruption, à la consommation de drogues et à l'illettrisme, est des plus minces.
"Je crains de voir revenir les taliban. Si les forces étrangères nous laissent en cours de route, tous les bénéfices seront dramatiquement perdus", dit Abbas, commerçant de 24 ans.
Pour d'autres, mieux vaut le mouvement insurrectionnel du mollah Omar qu'un retour à la guerre civile tous azimuts.
Et si les soldats étrangers ont d'abord été accueillis en libérateurs par les adversaires des taliban, leur présence a entraîné de nombreux morts et les milliards de dollars injectés dans le pays ont financé la corruption autant que le changement.
Plus de 11.000 civils passent pour avoir été tués durant la guerre et des milliers d'autres blessés. Même si les insurgés sont responsables de 80% des morts de civils en 2011, certains voient dans les troupes étrangères la cause de leurs problèmes.
"La montée des actes immoraux, les attentats suicides et tous les malheurs sont dus à la présence américaine en Afghanistan", assène Abdul Nazir, imam d'une mosquée de Kaboul. Comme Muttawakil, il pense qu'un retrait américain mettra fin aux violences.
Les taliban eux-mêmes ont changé en dix années de guerre. Certaines déclarations de responsables du mouvement laissent penser qu'ils ont assoupli certaines de leurs positions, sur l'éducation ou l'entreprise privée par exemple.
Selon certains analystes, ils se présenteraient comme un mouvement panafghan apte à diriger un gouvernement civil plutôt qu'un régime à dominante pachtoune.
En août, le mollah Omar a publié pour la fête de l'Aïd al Fitr un communiqué affirmant qu'un nouveau régime taliban serait fondé sur la méritocratie et l'intégration. Il y exprimait la volonté de développer les secteurs minier et énergétique pour combattre "la pauvreté, le chômage (...) et l'ignorance".
Les sceptiques notent cependant que les positions affichées peuvent être très différentes du changement réel, et que les taliban peuvent encore chercher à gouverner comme avant 2001.
"Avec leur mentalité et leur idéologie, il leur serait très difficile d'accepter les autres, et aux autres de les accepter", dit Ghulam Jelani Zwak, directeur d'un centre d'études à Kaboul. "Nous avons un long chemin à faire pour cela."
Avec Sayed Hassib, Philippe Bas-Rabérin pour le service français, édité par Gilles Trequesser

mercredi 28 septembre 2011

Afghanistan, les talebs massacrent 16 civils (11 enfants)

Seize civils, dont 11 enfants, ont été tués mardi par l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur autocar en revenant d'un mariage dans l'ouest de l'Afghanistan, ont annoncé les autorités locales. | Aref Karimi

Seize civils, dont 11 enfants, ont été tués mardi par l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur autocar en revenant d'un mariage dans l'ouest de l'Afghanistan, ont annoncé les autorités locales. Le drame s'est produit dans la province d'Herat. Ces bombes artisanales dissimulées en bordure des routes sont l'arme privilégiée des rebelles talibans.
"Un car transportant des passagers qui revenaient d'un mariage a sauté sur une mine artisanale dans le district de Shindand, et 16 personnes ont été tuées", 11 enfants, quatre femmes et un homme, a déclaré par téléphone à l'AFP Mohayedin Noori, porte-parole de l'administration de la province d'Herat.

La zone où a été commis l'attentat "est en proie aux combats, les talibans y sont actifs, nous pensons qu'ils sont responsables de la mort de ces civils", a déclaré à l'AFP Noor Khan Neikzad, le chef de la police d'Herat. L'attaque n'a pas été revendiquée. Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont intensifié leur insurrection ces dernières années malgré la présence d'environ 140.000 soldats étrangers, et mènent des actions de guérilla dans la quasi-totalité du pays.
Et pas de condamnation dans la presse occidentale!

jeudi 15 septembre 2011

Les talibans s'armeraient massivement en Libye

Le président mauritanien lance un cri d'alarme. Il assure qu'au Sahel, les terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique ont repris une partie de l'arsenal libyen. Selon lui, un "flux massif d'armements" provenant de Libye est récupéré par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Missiles antiaérien Libyens, capturé par des rebelles Tchadiens
Missiles antiaérien Libyens, capturé par des rebelles Tchadiens.

"La Libye était un pays super-équipé et super-armé et tout l'arsenal (que possédait le régime du colonel Mouammar Kadhafi) ou une grande partie, s'est volatilisé et s'est retrouvé sur les axes du Sahel", a-il souligné, évoquant même des missiles sol-air.

"Il y a un flux massif d'armements qui a quitté la libye. Les terroristes qui sont dans la zone du Sahel en profitent", a-t-il déploré.

L'Algérie, qui partage avec la Libye environ un millier de kilomètres de frontières, avait également dénoncé l'entrée d'armes venant de Libye.


Source :

Lexpress.fr via http://infos-meconnues.blogspot.com/2011/09/les-talibans-sarmeraient-massivement-en.html

mercredi 14 septembre 2011

Les Talibans marquent des points dans la guerre psychologique

« Ce n’est pas vraiment grand-chose (…) une demi-douzaine de roquettes tirées de 800 m ce n’est pas le Têt (1), c’est du harcèlement », déclarait mercredi 14 septembre l’ambassadeur américain à Kaboul, en référence à l’offensive menée en janvier 1968 par les Vietcongs pendant la guerre du Vietnam. Minimisant la portée des attaques des talibans mardi à Kaboul, Ryan Crocker a estimé que « si c’est tout ce qu’ils peuvent faire (…) cela montre leur faiblesse ».
Il a même jugé que la réaction des forces de sécurité afghanes était un « vrai succès ». « Elles ont fait ça elles-mêmes. C’était une opération afghane. Nous n’avions pas de forces engagées. » Le processus « de transition », qui prévoit le transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes d’ici à fin 2014 « se déroulera selon le rythme prévu ».

Rappel des faits

Les forces afghanes sont venues à bout mercredi, après plusieurs heures de siège, d’un groupe de kamikazes qui avaient pris position mardi dans un immeuble en construction d’une dizaine d’étages, en plein centre de Kaboul. De là, ils avaient commencé à tirer au fusil d’assaut et à la roquette, visant notamment le QG de l’Otan et l’ambassade américaine. 
Quatre afghans, un garde et trois demandeurs de visa, ont été blessés lors des attaques contre l’enceinte diplomatique tandis que le complexe de l’Otan a subi des « dégâts mineurs ».
Neuf kamikazes ont été tués, selon la police : six dans l’immeuble et trois autres, abattus à l’ouest de la capitale et sur la route de l’aéroport. Revendiquée par un porte-parole taliban, la responsabilité des attaques a été attribuée par l’ambassadeur américain au réseau Haqqani, affilié aux talibans et réputé proche d’Al-Qaida.

Attaque sophistiquée

Spectaculaire, quoique sans portée militaire, cette nouvelle série d’attaques au cœur de la capitale avait clairement un objectif psychologique et médiatique : montrer aux Afghans et aux Occidentaux la capacité des insurgés à pénétrer, ne serait-ce que quelques heures, les quartiers les plus sécurisés de Kaboul, miner la confiance des citoyens dans les forces de sécurité afghanes et souligner le lien entre insécurité et présence étrangère dans le pays. 
Dans la perspective du retrait des troupes occidentales, les talibans affichent également leur détermination à poursuivre le combat, plutôt que de négocier une « réconciliation » avec le gouvernement afghan.
« L’ampleur de cette attaque prouve que les terroristes ont reçu l’aide de responsables de la sécurité au sein du gouvernement, affirmait, par ailleurs, Mohammed Naim Hamidzai Lalai, président de la Commission du parlement pour la sécurité intérieure. Une attaque aussi sophistiquée serait impossible à planifier sans des complicités à l’intérieur. »
En dehors du survol de l’immeuble par des hélicoptères, les forces afghanes, officiellement en charge de la sécurité de Kaboul depuis moins de deux mois, n’ont pas reçu une aide très visible de l’Otan mais elles ont toujours besoin de soutien en logistique et moyens de surveillance et communication. 
Reste la bataille de perception, plus que jamais à l’avantage des insurgés. « C’est difficile, cela continuera à être difficile mais ce n’est pas désespéré. La clé, c’est la patience stratégique », affirmait la semaine dernière Ryan Crocker, ajoutant que « le plus gros problème de Kaboul est la circulation ».
(1) L’offensive du Têt, en janvier 1968, est une bataille mythique de la guerre du Vietnam.
François d’Alançon

Source : LaCroix.fr