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lundi 6 novembre 2017

L’Etat islamique et al Qaïda se déploient entre l’Algérie et le Maroc

Mettant à profit les relations détestables entre l’Algérie et le Maroc, les différents groupes terroristes progressent en toute impunité dans les régions sub-sahariennes, et n’ont pour seule préoccupation que de se disputer le leadership entre l’État Islamique, en pleine déconfiture en Syrie et en Irak et qui se replie vers la Libye, et justement ces régions sub-sahariennes qui lui sont offertes, et l’AQMI, réplique d’Al Qaïda, dans le Maghreb islamique.

Ces deux formations laissant à Boko Haram, créé en 2002 au Nigéria et qui, l’on s’en souvient, avait prêté allégeance à l’EI en mars 2015, toute liberté de massacrer dans la région du Tchad et la possibilité de s’étendre vers l’Afrique Centrale.
Pour tenter, sinon d’éradiquer, ce qui est demeure impossible dans les conditions actuelles, mais de freiner l’expansion de ce terrorisme africain, vient d’être mise en place une nouvelle force antiterroriste « G5 Sahel », composée de seulement 5000 militaires, originaires du Burkina Faso, du Mali, de Mauritanie, du Niger et du Tchad.
Cette « nouvelle force », parrainée par la France et qui devrait être complémentaire de l’opération Barkhane et de la mission de l’ONU, vient de bénéficier d’un appui financier des États-Unis de 51 millions d’euros, accordé pour répondre à la mort récente de trois de ses soldats au Sahel.
  • Le Maroc a donné son accord pour former cette nouvelle force et sécuriser les frontières.
  • En revanche, l’Algérie, l’un des principaux pays intéressé puisque ses frontières se partagent avec trois pays de ce « G5 Sahel » (Mauritanie, Mali et Niger), justement zones de prédilection des groupes terroristes, se trouve écartée de cette nouvelle alliance.
  • Elle avait pourtant proposée la création d’une base militaire de 70.000 hommes, située à Tamanrasset.
  • Mais cette proposition n’a pas fait long feu puisque le Maroc avait été exclu de cette initiative militaire autrement plus importante que le « G5 Sahel ».
Les différends, qui n’en finissent pas, entre l’Algérie et le Maroc, sont responsables du blocage de cette initiative (CEMOC – Comité d’état-major opérationnel conjoint) indispensable pour lutter efficacement contre le terrorisme.
Il serait temps que le Maroc et l’Algérie cessent ce jeu politicien et prennent conscience que c’est leur avenir commun qui se joue actuellement en Afrique.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez 

vendredi 29 septembre 2017

L’Iran finance une route internationale entre l’Algérie et la Mauritanie pour isoler le Maroc

L’Afrique est désormais au cœur d’une stratégie géopolitique de haute importance. Comme jamais auparavant, l’Iran espère avoir une place de choix sur le continent africain afin de légitimer sa posture internationale et rassembler le soutien des pays africains.

La diplomatie de « conquête africaine » de l’Iran se décline sur plusieurs fronts :
  • tractations et cooptations politiques par des réseaux d’influence,
  • mise en place de projets de rapprochement économiques,
  • activation de programmes de coopération de hauts niveaux,
  • accélération de l’aide au développement… etc.
L’État d’Israël ne voit pas d’un bon œil ce rapprochement. Un travail de longue haleine l’attend donc pour contrer l’offensive iranienne.
Pour faire avancer ses pions sur l’échiquier du continent africain, Téhéran a financé une nouvelle route de passage sur la frontière algéro-mauritanienne.
L’annonce de l’ouverture officielle de la route internationale Tindouf (en Algérie) vers Zouerate (Mauritanie) est prévue dans quelques jours.
Elle reliera le sud-ouest de l’Algérie au nord de la Mauritanie, proche de la frontière avec le Sahara occidental.
Grâce à ses relais, notamment en République islamique de Mauritanie mais également ses liens forts avec l’Algérie, l’Iran entend à la fois renforcer ses leviers géopolitiques et pénétrer les réseaux dans le nord-ouest de l’Afrique.
Des réseaux bien implémentés en Algérie, permettent à l’Iran, à travers ce projet, d’accentuer sa coopération avec l’Afrique de l’Ouest. Ainsi la Mauritanie devient un pays d’intérêt pour les iraniens.
Le gouvernement mauritanien entretient de bonnes relations avec Téhéran. D’ailleurs en juin 2017, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zariff, était en visite officielle en Mauritanie et en Algérie.
Zariff avait exprimé la détermination de l’Iran à renforcer la coopération avec Nouakchott et Alger.

Le Maroc devrait être isolé dans la stratégie algério-iranienne

Cette nouvelle route internationale entre l’Algérie et la Mauritanie va supplanter le Maroc qui était la seule porte d’entrée en Afrique.
Les autorités mauritaniennes ont l’intention de fermer leur frontière nord, le seul passage frontalier entre la Mauritanie et le Maroc, au niveau d’El-Guergarat, et d’ouvrir un nouveau passage sur la frontière algéro-mauritanienne à Chom-Tindouf.
Cet événement est le plus important de l’histoire de la région.
La République islamique d’Iran semble vouloir pénétrer vers le cœur du continent africain et couper la route traditionnelle qui fait du Maroc la porte d’entrée vers l’Afrique.
Cette manœuvre s’explique par l’aggravation des tensions dans les relations diplomatiques entre le Maroc (allié des pays du Golfe, sunnites) et la Mauritanie (allié de l’Iran) parallèlement à l’amélioration du niveau de coordination dans les relations entre Nouakchott et Alger.
La mise à exécution de ce projet ne manquera pas de renforcer l’isolement du Maroc et l’affaiblissement du rôle qu’il a joué ces dernières années dans l’accaparement des espaces traditionnels occupés par l’Algérie, alliée de l’Iran.
En agissant ainsi, la Mauritanie (avec notamment le soutien intéressé d’Alger et Téhéran) privera le Maroc du passage terrestre lui permettant d’atteindre les pays d’Afrique subsaharienne et de l’Ouest. Par ailleurs, ce changement de cap de Nouakchott, qui a décidé de se rapprocher d’Alger, aura des conséquences incommensurables sur la connexion du Maroc avec l’Afrique subsaharienne, et pour cause. Le Maroc, qui sera puni pour ses prises de position contre l’Iran dans les affaires régionales et internationales, pourrait «étouffer économiquement » après la fermeture de son seul passage frontalier d’entrée vers l’Afrique.
Par contre l’Algérie, qui a des solides liens avec les Iraniens, va tirer profit de l’ouverture de l’axe routier. L’Algérie aura une connexion avec le Sud-Ouest du continent. Et la Mauritanie va aussi pouvoir remonter vers le nord.
Avec des alliés solides à l’ouest du continent, la stratégie africaine de l’Iran est en marche et s’implante durablement dans le paysage africain.
Ceci pourrait mener à plus de clivages entre les États membres de l’Union africaine (UA), déjà mise à mal par un manque de solidarité et des divergences politiques importantes.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail 

dimanche 5 mai 2013

La nuisance du Qatar


Par 
«Etendez vos pieds selon la longueur du tapis». Proverbe arabe
On pensait avoir tout dit de la nuisance du Qatar. Il n'en est rien. Nous découvrons chaque jour l'étendue de sa capacité de malfaisance proportionnelle à une rente imméritée et inversement proportionnelle à l'intelligence. Ceci, du fait d'un machiavélisme qui fait que sa diplomatie est celle du chéquier à laquelle personne, apparemment, ne résiste. Souvenons-nous, à titre d'exemple, des enveloppes de 10.000 dollars remises par l'ambassadeur du Qatar en France à chacun de ses invités lors d'une réception.. Justement, cette diplomatie du chéquier fait des ravages. On se souvient aussi de la réconciliation spectaculaire entre le Hamas et le Fatah à Doha. Il n'est pas étonnant dans cet ordre d'idées au nom d'une impunité des grands, que le Qatar se croit tout permis. Nous allons, dans cette contribution, traiter de deux chancres dans le corps arabe. L'affaire syrienne et le douloureux problème palestinien. Plusieurs écrivains se sont penchés justement sur cette mécanique du diable et apportent un éclairage. Dans une contribution remarquable, Majed Nehmé a interviewé Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget. Ces deux journalistes ont enquêté sur ce minuscule État tribal, obscurantiste et richissime, qui, à coup de millions de dollars et de fausses promesses de démocratie, veut jouer dans la cour des grands en imposant partout dans le monde sa lecture intégriste du Coran. Ecoutons-les: " (...) L'on y a l'impression de séjourner dans un pays virtuel,(...) convaincus qu'il y avait une stratégie de la part du Qatar enfin de maîtriser l'Islam, aussi bien en France, que dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. D'imposer sa lecture du Coran qui est le wahhabisme, donc d'essence salafiste, une interprétation intégriste des écrits du Prophète. (...) Le paradoxe du Qatar, qui prêche la démocratie sans en appliquer une seule once pour son propre compte, nous a crevé les yeux. (...) Il existe une folie des grandeurs. L'autre vérité est qu'il faut, par peur de son puissant voisin et ennemi saoudien, que la grenouille se gonfle. Enfin, il y a la religion. Un profond rêve messianique pousse Doha vers la conquête des âmes et des territoires. (...) " (1)
Allant plus loin dans la description du machiavélisme, les deux auteurs attribuent l'impunité du Qatar au parapluie américain. " Certains avançant que le souverain est un roi malade, poussent la montée vers le trône, son fils désigné comme héritier, le prince Tamim. (...) La présence de l'immense base Al-Udaï est, dans l'immédiat, une assurance-vie pour Doha. L'Amérique a ici un lieu idéal pour surveiller, protéger ou attaquer à son gré dans la région. Protéger l'Arabie Saoudite et Israël, attaquer l'Iran. (...) Il faut que le public sache enfin que le Qatar est le champion du monde du double standard: celui du mensonge et de la dissimulation comme philosophie politique. Par exemple, des avions partent de Doha pour bombarder les taliban en Afghanistan alors que ces mêmes guerriers religieux ont un bureau de coordination installé à Doha, à quelques kilomètres de la base d'où décollent les chasseurs partis pour les tuer ". (1)

La démission probable de Lakhdar Brahimi " Regardons ce qui se passe dans ce coin de désert. Les libertés y sont absentes, on y pratique les châtiments corporels, la lettre de cachet, c'est-à-dire l'incarcération sans motif, est une pratique courante. (...) La " justice ", à Doha, est directement rendue au palais de l'émir, par l'intermédiaire de juges qui, le plus souvent sont des magistrats mercenaires venus du Soudan. Au regard des " printemps arabes ", où le Qatar joue un rôle essentiel, il faut observer deux phases. Dans un premier temps, Doha hurle avec les peuples justement révoltés. On parle alors de " démocratie et de liberté ". Les dictateurs mis à terre, le relais est pris par les Frères musulmans qui sont les vrais alliés de Doha ". (1)
" En Libye, poursuivent les auteurs, nous le montrons dans notre livre, l'objectif était à la fois de restaurer le royaume islamiste d'Idriss tout en essayant de prendre le contrôle de 165 milliards. (...) Au Sahel, les missionnaires qataris sont en place depuis cinq ans. Réseaux de mosquées, application habile de la zaqat, la charité selon l'Islam, le Qatar s'est taillé, du Niger au Sénégal, un territoire d'obligés suspendus aux mamelles dorées de Doha. (...) La Syrie n'est qu'une extension du domaine de la lutte avec, en plus, une surenchère: se montrer à la hauteur de la concurrence de l'ennemi saoudien dans son aide au djihad ". (1)
Justement, s'agissant de la politique syrienne, on apprend que Lakhdar Brahimi est tenté de démissionner du fait d'une situation intenable mise en place par le Qatar selon Richard Gowan, de l'Université de New York. Le médiateur, ajoute M.Gowan, a été "pris au piège, entre un régime syrien qui l'a traité avec mépris et des gouvernements arabes sunnites qui ne veulent pas de compromis avec (le président syrien) Bachar al-Assad". Certains diplomates évoquent la possibilité que M.Brahimi garde un rôle de conseiller auprès de M.Ban sur la Syrie ou le Proche-Orient, avec l'idée qu'il puisse entrer de nouveau en scène au cas où le régime syrien s'écroule et que l'ONU doive organiser une opération internationale d'aide à la population syrienne. (2)
Pour rappel, l'accord de Genève adopté par le groupe d'action le 30 juin 2012 parlait d'une transition en Syrie. Washington estime qu'il ouvre la voie à l'ère "post-Assad", tandis que Moscou et Pékin affirment qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir. Les deux parties en conflit continuent, en effet, de camper sur leurs positions et refusent de faire les concessions nécessaires à l'amorce d'un dialogue. Le pouvoir syrien reproche à Lakhdar Brahimi, d'aller en fait vers une partition, une " yougoslavisation " de la Syrie comme ce que Peter Fitzgerald avait avancé pour le démantèlement de la Yougoslavie. Nous aurons, dans un premier temps, la réduction des pouvoirs de l'Etat central comme ce fut le cas de la Yougoslavie avec les " Accords de Dayton " qui ont mis fin à la Yougoslavie du maréchal Tito, l'un des piliers des non-alignés avec Nehru, Chou En-Lai et Nasser. Comme conséquence, nous aurons aussi un démantèlement des institutions militaires, ce qui permettra par analogie avec le TPIY, un tribunal pénal international pour la Syrie: le TPIS...
Rejeté par la Syrie, diabolisé par le Qatar, Lakhdar Brahimi est tenté de démissionner:
" Lakhdar Brahimi, écrit Hassan Moali, a compris qu'il est pratiquement le seul à croire à la solution politique conformément aux accords de Genève. Sa démission relève alors de la dignité d'un homme qui ne veut pas cautionner la "qatarisation" de la Ligue arabe, avec la complicité de son secrétaire général qui s'apprête lui aussi à "vendre" son poste, histoire de déplacer pour de vrai le centre de gravité du Monde arabe du Caire à Doha ". (3)
Il est connu en effet, que la tentation d'empire avec un sabre nain fait partie du délire du Qatar. Pour cela, sa diplomatie du chéquier fait merveille. Fahim Amraoui explique comment le Qatar a, comme objectif, une OPA sur la Ligue arabe qui lui permettra de mettre en place par procuration la paix israélienne. Nous lisons: " Selon un ancien diplomate algérien au Moyen-Orient, le Qatar exploite le contexte de crise politique, mais surtout économique dans laquelle s'enlise l'Egypte pour lui arracher le poste de secrétaire général de la Ligue arabe. Les tractations ont commencé depuis quelques mois. Et l'émir du Qatar a officiellement demandé, lors de ce 24e Sommet, qui s'est tenu à Doha, au président égyptien Mohamed Morsi de ne plus présenter de candidat à ce poste et de faire en sorte que la présidence de la Ligue arabe échoit au Qatar". Le président Morsi, en difficulté sur le plan interne en raison de la crise économique, a besoin de financements extérieurs. (..) Le Qatar aurait même proposé un chèque "de près de 7,2 milliards de dollars en contrepartie de ce poste qui est toujours revenu à l'Egypte". (...) " (4)
" Bien que Lakhdar Brahimi bénéficie, écrit Hassan Moali, toujours de la confiance de Ban Ki-moon et des Etats-Unis ainsi que du soutien de la Russie, le Qatar ne renonce pas à ses manoeuvres pour avoir sa peau "coûte que coûte". Et pour cause, Doha pousse à fond l'option de l'armement des rebelles, en compagnie de l'Arabie Saoudite, pour abattre le régime de Bachar Al Assad. Il fallait donc déblayer le terrain. Comment? En mettant la tête de Brahimi à prix. D'où les spéculations et autres rumeurs récurrentes sur la prétendue démission du diplomate algérien, que Doha et son canal Al Jazeera se chargent de relayer. Mais, en fin diplomate rompu aux manoeuvres de coulisses, Brahimi reste incassable et tient tête aux coups fourrés venus de Doha. Pour l'instant. (...) Il a plusieurs fois remis les responsables de l'émirat à leur place en leur expliquant qu'il ne travaillait pas chez eux. (...) Sans doute que le prince Hamed Bin Jassem avait prévu de sortir son chéquier, croyant pouvoir acheter tout le monde. C'est sa "recette" miracle qui lui a permis de se mettre dans la poche tous les fonctionnaires de la Ligue arabe, y compris le secrétaire général, Nabil Al Arabi. (...) La démission de Nabil Al Arabi n'est qu'"une simple formalité"". (5)
Hassan Moali nous parle " d'empêcheurs de voler en rond " de grain de sable dans la mécanique qatarie: " (...) Mais une sorte "front de refus" empêche Doha de régner au sein de la Ligue arabe. Et l'Algérie, même si sa voix ne porte plus comme avant, tente, selon nos sources, de résister à la razzia qatarie en compagnie de l'Irak, la Mauritanie et parfois le Liban. (...) On se souvient du fameux "vous, les Algériens, votre tour viendra" qu'aurait lancé le ministre qatari des Affaires étrangères à son homologue Mourad Medelci, quand ce dernier s'était opposé à une résolution "hard" contre la Syrie. Comble du paradoxe, l'adjoint de Nabil Al Arabi, l'Algérien Ahmed Ben Hilli, s'avère plus Qatari que ses généreux sponsors. Il porte bien son nom... Voici un passage sulfureux du livre des deux journalistes du Figaro à propos de "notre compatriote": "Ahmed Ben Hilli est prêt à défendre les positions du Qatar. A tel point que dans une réunion à huis clos, il a reçu une volée de bois vert de la part du représentant algérien qui lui a lancé à la figure: " Tu n'es pas Algérien! Tu es un lâche!'" (...) L'argent est l'arme de destruction massive de l'émirat, sachant qu'il est imbattable sur ce terrain d'achat des consciences ".(5)

Le bradage de la cause palestinienne:
S'agissant de la Palestine, là encore tout est fait pour enterrer en grande pompe les droits inaliénables palestiniens. Quand on veut évoquer la politique du Qatar face aux Palestiniens, comme rapporté par Mejid Nehmé: " (...) Il faut s'en tenir à des images. Tzipi Livni, qui fut avec Ehud Barak la cheville ouvrière, en 2009, de l'opération Plomb durci sur Ghaza - 1500 morts - fait régulièrement ses courses dans les malls de Doha. Elle profite du voyage pour dire un petit bonjour à l'émir. Un souverain qui, lors d'une visite discrète, s'est rendu à Jérusalem pour y visiter la dame Livni... Souvenons-nous du pacte signé d'un côté par HBJ et le souverain Al-Thani et de l'autre, les États-Unis: la priorité est d'assister la politique d'Israël. Quand le " roi " de Doha débarque à Ghaza en promettant des millions, c'est un moyen d'enferrer le Hamas dans le clan des Frères musulmans pour mieux casser l'unité palestinienne. C'est une politique pitoyable. Désormais, Mechaal, réélu patron du Hamas, vit à Doha dans le creux de la main de l'émir. Le rêve de ce dernier - le Hamas ayant abandonné toute idée de lutte - est de placer Mechaal à la tête d'une Palestine qui se situerait en Jordanie, le roi Abdallah étant déboulonné. Israël pourrait alors s'étendre en Cisjordanie. Intéressante politique-fiction.(1)
Pourtant, il y a à peine trois mois, un rapport d'experts indépendants commandé par la Conseil des droits de l'homme des Nations unies a demandé hier l'arrêt immédiat des colonisations dans les territoires palestiniens occupés et le retrait progressif de tous les colons, évoquant pour la première fois un éventuel recours devant la Cour pénale internationale. Selon ce rapport rendu public hier à Genève, " un nombre important de droits de l'homme des Palestiniens sont violés de façons diverses en raison de l'existence de ces colonies de peuplement ".
" Conformément à l'article 49 de la 4e Convention de Genève, Israël doit cesser toute activité de peuplement dans les colonies et ce, sans conditions préalables. Il doit immédiatement commencer un processus de retrait de tous les colons des territoires occupés ", souligne le rapport dans ses recommandations (...) La mission appelle " tous les Etats membres " des Nations unies à assumer leurs obligations et responsabilités au regard des lois internationales dans leurs relations avec un État " violant les normes péremptoires " des lois internationales.Constatant les violations de "certaines obligations selon les lois humanitaires internationales", le rapport souligne la compétence de la Cour pénale internationale.(6)
Quelle fut la réponse de la " Communauté internationale "? Aucune! Israël a rejeté ce rapport et naturellement, aucune reprise par les médias, le rapport est donc enterré. Mieux, poursuivant sa politique du rouleau compresseur, Israël envisage de construire un mur entre Bethléem et Jérusalem. Les Palestiniens chrétiens en appellent au pape... On sait que la Ligue arabe n'a jamais été que l'antichambre de la politique égyptienne, l'OPA du Qatar permettrait à ce dernier de brader sans état d'âme ce qui reste de l'unité arabe et de sa position concernant la cause palestinienne: " Les pays arabes, lit-on sur une dépêche de l'Orient le Jour ont donné un signe d'assouplissement de leur initiative de paix au Proche-Orient, le Premier ministre du Qatar évoquant un échange de territoires entre Israël et les Palestiniens au lieu du retour strict aux frontières de 1967 que la Ligue arabe réclamait jusqu'alors. (...) Le dirigeant qatari s'est exprimé au nom de la Ligue arabe. Israël s'est félicité, mardi dernier, de la nouvelle position des pays arabes sur les frontières d'un futur Etat palestinien. "Il s'agit certainement d'une étape importante et je m'en réjouis", a déclaré la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, chargée du dossier des négociations avec les Palestiniens. Le plan d'inspiration saoudienne prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967, la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et un règlement "équitable et agréé" de la question des réfugiés palestiniens sur la base de la résolution 194 de l'Assemblée de l'ONU. Ce plan présenté lors du Sommet arabe de Beyrouth, en 2002, a été relancé en mars 2007 au Sommet de Riyad ".(7)
Rien ne peut arrêter l'ambition du roitelet qatari si ce n'est l'avènement du gaz de schiste qui fera que les Américains seront de plus en plus autonomes, et partant, de plus en plus lucides....

1. Mejid Nehmé http://www.legrandsoir. info/le-qatar-champion-du-mensonge-et-de-la-dissimulation.html
2. Syrie: le médiateur Lakhdar Brahimi sur le point de démissionner AFP 01.05.2013
3. Hassan Moali: Lakhdar Brahimi sur le départ. El Watan le 2 05 2013
4. Fahim Amraoui http://www.algeriepatriotique.com/article/un-ancien-diplomate-algeriepatriotique-le-qatar-veut-acheter-le-ligue-arabe-pour-72-milliard Mardi 30 avril 2013
5. http://www.elwatan.com/international/le-qatar-veut-la-tete-de-lakhdar-brahimi-30-04-2013-212107_112.php
6. Un rapport d'experts de l'ONU demande le retrait des colonies israéliennes AFP 01/02/2013
7. http://www.lorientlejour.com/article/812450/les-arabes-prets-a-assouplir-leur-offre-de-paix-au-proche-orient.html 30 04 2013

vendredi 1 mars 2013

En Mauritanie, les prèches contredisent l’appui officiel à la guerre menée par la France au Mali

« Directement concernée par la guerre au Mali, la Mauritanie fait profil bas, mais en réalité elle risque de subir les conséquences directes de l’intervention française : c’est chez nous que les islamistes dispersés viendront se réfugier… »
Abidine Merzough, ingénier de formation, vivant en Allemagne mais effectuant de nombreux séjours dans son pays, suit de près l’évolution de la situation au Mali, même si l’essentiel de son combat personnel se joue ailleurs : lui, il a voué sa vie à dénoncer la situation d’esclavage que connaissent les Mauritaniens noirs. Alors que la situation en Mauritanie va être examinée cette année par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, Abidine Merzough a participé à un « sommet parallèle » organisé à Genève par UN Watch, une ONG vouée à la défense des droits de l’homme, qui avait remis sous les projecteurs plusieurs crises oubliées : l’Iran, le Tibet, le Pakistan, le Soudan, le Sud Kivu et même Cuba.
Estimant que la loi de 2007, qui abroge l’esclavage et place sur le même pied, en théorie tout au moins, tous les citoyens de la République islamique de Mauritanie, n’a jamais été réellement appliquée, Abidine Merzough se bat pour sensibiliser l’opinion internationale au sort réservé à ses compatriotes noirs. Il rappelle que la population de Mauritanie est mélangée : les Maures monopolisent tous les postes importants, dans l’armée, l’administration, les affaires, mais en réalité les « Maures blancs » ne représentent qu’un quart de la population. La confusion vient du fait qu’au sein de toutes les familles maures vivent les « Haratins ». Ces derniers représentent 50% de la population, mais ils sont confondus avec les Maures car ils partagent la même culture, le même langage, la même religion, un Islam sunnite de rite melchite et souvent ils vivent sous le même toit. La différence entre les Maures et les Haratins est aisée à résumer : les uns sont les maîtres et les autres des serviteurs dépourvus de droits. Toutes les tâches domestiques leur sont dévolues, la famille « blanche » se repose sur eux pour tout, amener l’eau, cuisiner, nettoyer…En principe certes, ils peuvent, s’ils le veulent, quitter la maison de leurs maîtres. Mais s’ils le font ils n’ont nulle part où aller et sont totalement dépourvus de moyens… Ils sont exclus de la richesse et du pouvoir. On les retrouve aussi dans l’armée, mais ils ne seront jamais officiers… »
Les Haratins ne sont pas les seuls Noirs de Mauritanie : le pays accueille d’autres groupes negro africains, Peuls, Wolofs et Soninke, riverains du Fleuve Sénégal, apparentés à leurs voisins sénégalais, qui représentent 25% de la population et sont eux aussi victimes de discriminations.
Malgré l’abolition officielle de l’esclavage, Abidine Merzough, Haratin lui-même, estime qu’au sein des familles mauritaniennes, des Noirs sont encore captifs : «l’an dernier, nous avons traversé le pays d’Est en Ouest sur 1000 kilomètres et à chaque étape de cette caravane, nous avons organisé des meetings, dit aux esclaves de refuser leur situation. Six d’entre eux sont sortis du rang, nous avons demandé aux autorités de les protéger mais rien n’a été fait… »
La population mauritanienne, qu’elle soit blanche ou négro africaine, suit de près l’évolution de la situation au Mali mais Merzough décrypte le double langage : d’un côté, les autorités, par la voix du président Mohamed Ould Abdelaziz, se déclarent solidaires de l’intervention française au Mali. Mais par ailleurs, nul n’est dupe : « parmi les islamistes traqués au Mali, il y a des Algériens mais aussi des Mauritaniens, des Sahraouis. Chacun sait que, s’ils sont défaits par l’intervention française, ces hommes vont se replier et se réorganiser chez nous… De plus, l’opposition est hostile à la participation de troupes mauritaniennes aux opérations militaires tandis que la population, elle est absolument opposée à la guerre. » Merzough y voit l’influence des prêches dans les mosquées : « chaque semaine, les imans, sans être inquiétés, assurent dans leurs sermons que les Français mènent au Mali une nouvelle croisade et que le devoir de tout vrai Musulman est de s’y opposer. Les autorités assurent qu’elles veulent rester neutres, mais la population, sous influence, assure qu’elle est solidaire de ses « frères »….

dimanche 27 janvier 2013

Mali en vrac



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17:57 : la menace terroriste s’approche du Sénégal. Cinquante terroristes ont été repérés à 50 kilomètres de Tambacounda.
17:56 : Le Pentagone a envoyé son drone Global Hawk au Mali.
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17:42 : Une rue de la localité de Konna au nord du Mali portera le nom du défunt lieutenant français, Damien Boiteux.
17:37 : le chef d’Ansar Edine, Iyad Ag Ghali, a envoyé un groupe des notables de sa tribu les Ifogas, en Mauritanie pour demander l’asile politique.
Source  : Dreuzinfo

Français et Maliens ont libéré la ville de Gao

Gao reprise aux islamistes
La ville de Gao, au nord-est du Mali, est depuis hier sous le contrôle des forces française et malienne. Après les villes de Diabali, Konna et Douentza, cette prise est stratégique pour ce 16e jour d'intervention. Gao est l'un des principaux bastions des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).
Dès hier matin, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait confirmé que les forces française et malienne contrôlaient l'aéroport de Gao et le pont Wabary. En fin de journée, les tensions restaient vives. Les terroristes, fondus parmi la population, menaient « des opérations de harcèlement » tirant sur les Français.
Renforts de soldats africains
« Des contingents africains, formés de militaires nigériens et tchadiens, arrivent à Gao pour prendre le relais des forces »françaises, a déclaré hier soir le ministère de la Défense. Sadou Diallo, le maire de Gao réfugié à Bamako, a regagné sa ville.
Il restera aux armées africaines et malienne « à sécuriser la région, progressivement libérée du risque terroriste ». Selon le ministère,« 3 700 militaires français sont engagés dans l'opération Serval dont 2 500 sur le territoire malien. Les contingents africains de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et des troupes tchadiennes atteignent désormais plus de 1 900 militaires ».L'Afrique de l'Ouest s'est engagée hier à relever ce nombre à 6 000 hommes, auxquels s'ajouteront 2 000 militaires promis par le Tchad.
Un otage français « libérable »
Le Mujao a dit hier vouloir négocier la libération d'un otage français, Gilberto Rodriguez Leal, qu'il détient depuis deux mois. Le porte-parole des islamistes a déclaré : « Nous voulons négocier. Pour la guerre, entre musulmans, nous pouvons nous comprendre. » Cette volonté de parler avec Bamako est peut-être liée à la récente scission annoncée entre les islamistes du Mujao et ceux de Ansar Dine, aussi présents au Nord Mali. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré hier ne pas vouloir « rentrer dans des logiques de chantage ».
Tombouctou aujourd'hui ou lundi
À l'Ouest, les forces françaises en route vers Tombouctou « avancent péniblement à cause de pannes mécaniques », rapporte notre correspondant François Rihouay embarqué dans la colonne. Ce détachement, constitué du GTIA 21e RIMa et d'unités maliennes, est passé hier à Léré après un contrôle de la zone par des hélicoptères. L'objectif hier soir était d'arriver à Goundam, dernier gros village avant Tombouctou. Les militaires devraient atteindre Tombouctou aujourd'hui, voire lundi.
Le chef d'Ansar Dine capturé ?
Selon le blog « Lignes de défense » sur ouest-france.fr, une source mauritanienne a annoncé la capture d'Ahmadou Ag Abdalla, le chef d'Ansar Dine. Il aurait été arrêté mercredi soir, par l'armée mauritanienne près de Bassikounou, non loin de la frontière malienne, au moment où il tentait de s'infiltrer en territoire mauritanien.

jeudi 15 septembre 2011

Les talibans s'armeraient massivement en Libye

Le président mauritanien lance un cri d'alarme. Il assure qu'au Sahel, les terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique ont repris une partie de l'arsenal libyen. Selon lui, un "flux massif d'armements" provenant de Libye est récupéré par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Missiles antiaérien Libyens, capturé par des rebelles Tchadiens
Missiles antiaérien Libyens, capturé par des rebelles Tchadiens.

"La Libye était un pays super-équipé et super-armé et tout l'arsenal (que possédait le régime du colonel Mouammar Kadhafi) ou une grande partie, s'est volatilisé et s'est retrouvé sur les axes du Sahel", a-il souligné, évoquant même des missiles sol-air.

"Il y a un flux massif d'armements qui a quitté la libye. Les terroristes qui sont dans la zone du Sahel en profitent", a-t-il déploré.

L'Algérie, qui partage avec la Libye environ un millier de kilomètres de frontières, avait également dénoncé l'entrée d'armes venant de Libye.


Source :

Lexpress.fr via http://infos-meconnues.blogspot.com/2011/09/les-talibans-sarmeraient-massivement-en.html