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samedi 2 décembre 2017

Une femme déchue de sa nationalité belge

Ses choix de vie la conduisent à être souvent veuve. Malika El Aroud, la veuve de l’assassin du commandant Massoud, a été condamnée jeudi par la cour d’appel de Bruxelles (Belgique) à perdre sa nationalité belge. Désormais, cette femme de 58 ans n’est plus que Marocaine. Pour justifier sa décision, rare puisque prise seulement dix fois en Belgique, la juridiction a estimé qu’elle avait manqué « à ses devoirs de citoyenne belge ». Car Malika El Aroud, islamiste radicale, est, depuis la fin des années 1990, connue comme pasionaria d’Al-Qaïda et avocate du terrorisme islamiste.
En 1999, la jeune femme, alors âgée de 20 ans, épouse Abdessatar Dahmane. C’est lui qui, sous le nom de guerre d’Abou Obeyda, organise l’assassinat du commandant Massoud. Le 9 septembre 2001, avec un complice et au moyen d’une caméra dérobée à France 3 Grenoble, il se fait passer pour un journaliste, pour approcher au plus près le charismatique chef de l’alliance du Nord anti-talibans. Malika El Aroud est rapatriée en Belgique. Jugée en 2003 et alors qu’elle revendique comme légitime l’acte de son mari, elle est acquittée.
La veuve noire, qui se fait appeler Oum Obeyda, entretient la propagande djihadiste sur Internet, entre la Suisse, où elle s’est remariée avec un Tunisien, et la Belgique. En 2007, le tribunal pénal fédéral suisse la condamne à six mois de prison pour soutien à une organisation criminelle et complicité de diffusion d’images d’exécutions et de mutilations. Son mari est emprisonné. Six mois plus tard, on la suspecte d’ourdir un projet d’évasion d’un ancien footballeur tunisien condamné en Belgique pour terrorisme. Entre-temps, son mari est parti combattre en Afghanistan et a été abattu par un drone. Dans le cadre de cette filière, qui a amené sept ressortissants belges à partir combattre au côté des talibans, Malika El Aroud est condamnée en mai 2010 à huit ans de prison. Lors de son procès, elle s’était excusée « auprès des porcs pour les avoir comparés à des soldats américains ». Le président du tribunal de l’époque avait émis des doutes sur la santé mentale de l’accusée, « enfermée dans une logique maladive ». Elle a achevé sa peine il y a onze mois.
Jeudi, un autre militant du djihad a été condamné à la déchéance de nationalité. Bilal Soughir, 44 ans, avait piloté une cellule d’envoi de combattants étrangers en Irak aux alentours de 2005. Il était en contact avec le Jordanien al-Zarqaoui, le chef d’Al-Qaïda en Irak.
Une autre procédure de déchéance de nationalité est toujours en cours en Belgique, à Anvers. Elle vise Fouad Belkacem, le leader de Sharia4Belgium, un groupuscule de recrutement et d’acheminement de combattants dans les rangs de Daech.



lundi 6 novembre 2017

L’Etat islamique et al Qaïda se déploient entre l’Algérie et le Maroc

Mettant à profit les relations détestables entre l’Algérie et le Maroc, les différents groupes terroristes progressent en toute impunité dans les régions sub-sahariennes, et n’ont pour seule préoccupation que de se disputer le leadership entre l’État Islamique, en pleine déconfiture en Syrie et en Irak et qui se replie vers la Libye, et justement ces régions sub-sahariennes qui lui sont offertes, et l’AQMI, réplique d’Al Qaïda, dans le Maghreb islamique.

Ces deux formations laissant à Boko Haram, créé en 2002 au Nigéria et qui, l’on s’en souvient, avait prêté allégeance à l’EI en mars 2015, toute liberté de massacrer dans la région du Tchad et la possibilité de s’étendre vers l’Afrique Centrale.
Pour tenter, sinon d’éradiquer, ce qui est demeure impossible dans les conditions actuelles, mais de freiner l’expansion de ce terrorisme africain, vient d’être mise en place une nouvelle force antiterroriste « G5 Sahel », composée de seulement 5000 militaires, originaires du Burkina Faso, du Mali, de Mauritanie, du Niger et du Tchad.
Cette « nouvelle force », parrainée par la France et qui devrait être complémentaire de l’opération Barkhane et de la mission de l’ONU, vient de bénéficier d’un appui financier des États-Unis de 51 millions d’euros, accordé pour répondre à la mort récente de trois de ses soldats au Sahel.
  • Le Maroc a donné son accord pour former cette nouvelle force et sécuriser les frontières.
  • En revanche, l’Algérie, l’un des principaux pays intéressé puisque ses frontières se partagent avec trois pays de ce « G5 Sahel » (Mauritanie, Mali et Niger), justement zones de prédilection des groupes terroristes, se trouve écartée de cette nouvelle alliance.
  • Elle avait pourtant proposée la création d’une base militaire de 70.000 hommes, située à Tamanrasset.
  • Mais cette proposition n’a pas fait long feu puisque le Maroc avait été exclu de cette initiative militaire autrement plus importante que le « G5 Sahel ».
Les différends, qui n’en finissent pas, entre l’Algérie et le Maroc, sont responsables du blocage de cette initiative (CEMOC – Comité d’état-major opérationnel conjoint) indispensable pour lutter efficacement contre le terrorisme.
Il serait temps que le Maroc et l’Algérie cessent ce jeu politicien et prennent conscience que c’est leur avenir commun qui se joue actuellement en Afrique.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez 

samedi 21 octobre 2017

Un média pro-Al-Qaïda appelle les djihadistes marocains à se préparer à un soulèvement armé contre les autorités

Le 30 septembre 2017, le média Al-Hijrah, affilié à Al-Qaïda, publiait le numéro 15 de son bulletin hebdomadaire en anglais  consacré au « Djihad contre le régime marocain malfaisant ». Le texte, non signé, conseille aux Marocains d’attendre leur heure avant de déclencher un soulèvement armé contre les autorités et, dans l’intervalle, de se préparer en s’entraînant et en amassant des armes. Il était accompagné d’une affiche faisant savoir que le roi du Maroc est « recherché mort ou vif pour crimes contre l’islam ».
Faisant allusion aux récentes manifestations antigouvernementales intervenues dans la province d’Al Hoceïma, au nord du pays, l’auteur appelle les Marocains à poursuivre leur action et les félicite de leur opposition au régime. Il souligne que c’est le moment pour les partisans du djihad de s’établir au Maroc, en particulier au sein des tribus berbères qui sont à l’avant-garde des protestations. Il demande aux éléments djihadistes de se préparer à un soulèvement en établissant des bases d’entraînement militaire, tout en demeurant discrets et en évitant pour l’heure toute attaque ou manifestation, car tout acte prématuré permettrait au gouvernement d’intervenir vigoureusement.
Le bulletin a été diffusé sur les chaînes Telegram d’Al-Hijrah et diffusé sur les réseaux sociaux. Extraits :
Chers Marocains,
Nous suivons quotidiennement les nouvelles. Nous nous félicitons de constater que vous avez défendu vos droits après une longue période d’hibernation.
Poursuivez les manifestations quotidiennes contre le régime injuste. Il est d’une importance vitale que vous continuiez à défendre vos droits jusqu’à l’émergence d’un groupe qui défendra les intérêts des musulmans.
C’est l’ultime occasion pour les véridiques de s’établir parmi les berbères à Al Hoceïma et d’y ouvrir des installations d’entraînement militaire afin de préparer les jeunes au djihad armé contre le régime marocain malfaisant. Sachez bien que vous avez beaucoup d’ennemis dans vos propres rangs, comme les services secrets. […]
Alors que vous n’en êtes encore qu’aux premiers stades et que vous n’avez aucune expérience militaire, il est d’une importance vitale que vous ne donniez pas à votre gouvernement de raison ou de prétexte de vous affubler de l’étiquette « terroriste », de crainte qu’ils ne vous attaquent avec toute la force militaire dont ils disposent.

vendredi 29 septembre 2017

L’Iran finance une route internationale entre l’Algérie et la Mauritanie pour isoler le Maroc

L’Afrique est désormais au cœur d’une stratégie géopolitique de haute importance. Comme jamais auparavant, l’Iran espère avoir une place de choix sur le continent africain afin de légitimer sa posture internationale et rassembler le soutien des pays africains.

La diplomatie de « conquête africaine » de l’Iran se décline sur plusieurs fronts :
  • tractations et cooptations politiques par des réseaux d’influence,
  • mise en place de projets de rapprochement économiques,
  • activation de programmes de coopération de hauts niveaux,
  • accélération de l’aide au développement… etc.
L’État d’Israël ne voit pas d’un bon œil ce rapprochement. Un travail de longue haleine l’attend donc pour contrer l’offensive iranienne.
Pour faire avancer ses pions sur l’échiquier du continent africain, Téhéran a financé une nouvelle route de passage sur la frontière algéro-mauritanienne.
L’annonce de l’ouverture officielle de la route internationale Tindouf (en Algérie) vers Zouerate (Mauritanie) est prévue dans quelques jours.
Elle reliera le sud-ouest de l’Algérie au nord de la Mauritanie, proche de la frontière avec le Sahara occidental.
Grâce à ses relais, notamment en République islamique de Mauritanie mais également ses liens forts avec l’Algérie, l’Iran entend à la fois renforcer ses leviers géopolitiques et pénétrer les réseaux dans le nord-ouest de l’Afrique.
Des réseaux bien implémentés en Algérie, permettent à l’Iran, à travers ce projet, d’accentuer sa coopération avec l’Afrique de l’Ouest. Ainsi la Mauritanie devient un pays d’intérêt pour les iraniens.
Le gouvernement mauritanien entretient de bonnes relations avec Téhéran. D’ailleurs en juin 2017, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zariff, était en visite officielle en Mauritanie et en Algérie.
Zariff avait exprimé la détermination de l’Iran à renforcer la coopération avec Nouakchott et Alger.

Le Maroc devrait être isolé dans la stratégie algério-iranienne

Cette nouvelle route internationale entre l’Algérie et la Mauritanie va supplanter le Maroc qui était la seule porte d’entrée en Afrique.
Les autorités mauritaniennes ont l’intention de fermer leur frontière nord, le seul passage frontalier entre la Mauritanie et le Maroc, au niveau d’El-Guergarat, et d’ouvrir un nouveau passage sur la frontière algéro-mauritanienne à Chom-Tindouf.
Cet événement est le plus important de l’histoire de la région.
La République islamique d’Iran semble vouloir pénétrer vers le cœur du continent africain et couper la route traditionnelle qui fait du Maroc la porte d’entrée vers l’Afrique.
Cette manœuvre s’explique par l’aggravation des tensions dans les relations diplomatiques entre le Maroc (allié des pays du Golfe, sunnites) et la Mauritanie (allié de l’Iran) parallèlement à l’amélioration du niveau de coordination dans les relations entre Nouakchott et Alger.
La mise à exécution de ce projet ne manquera pas de renforcer l’isolement du Maroc et l’affaiblissement du rôle qu’il a joué ces dernières années dans l’accaparement des espaces traditionnels occupés par l’Algérie, alliée de l’Iran.
En agissant ainsi, la Mauritanie (avec notamment le soutien intéressé d’Alger et Téhéran) privera le Maroc du passage terrestre lui permettant d’atteindre les pays d’Afrique subsaharienne et de l’Ouest. Par ailleurs, ce changement de cap de Nouakchott, qui a décidé de se rapprocher d’Alger, aura des conséquences incommensurables sur la connexion du Maroc avec l’Afrique subsaharienne, et pour cause. Le Maroc, qui sera puni pour ses prises de position contre l’Iran dans les affaires régionales et internationales, pourrait «étouffer économiquement » après la fermeture de son seul passage frontalier d’entrée vers l’Afrique.
Par contre l’Algérie, qui a des solides liens avec les Iraniens, va tirer profit de l’ouverture de l’axe routier. L’Algérie aura une connexion avec le Sud-Ouest du continent. Et la Mauritanie va aussi pouvoir remonter vers le nord.
Avec des alliés solides à l’ouest du continent, la stratégie africaine de l’Iran est en marche et s’implante durablement dans le paysage africain.
Ceci pourrait mener à plus de clivages entre les États membres de l’Union africaine (UA), déjà mise à mal par un manque de solidarité et des divergences politiques importantes.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail 

jeudi 22 décembre 2016

Arrestation de jihadistes et d’officiers étrangers à Alep-Est

Les jihadistes présents à Alep-Est ont été autorisés à rejoindre, selon leur choix, Idleb (Al-Qaïda) ou Rakka (Daesh), ou à se constituer prisonniers. Ils y ont été acheminés par autobus sous la responsabilité de la Syrie et de la Russie et en présence de représentants de l’Onu.
Certains d’entre eux ont tenté de fuir en se mêlant à la population civile. Les services de Renseignement sont parvenus à en identifier et à en arrêter plus de 1 500 lors de l’enregistrement des 120 000 habitants.
Le député et président de la Chambre de commerce d’Alep, Farès Shehabi, a publié une première liste non-exhaustive de 14 officiers étrangers faits prisonniers dans le bunker de l’Otan. Il s’agit de :
Mutaz Kanoğlu — Turquie
David Scott Winer — États-Unis
David Shlomo Aram — Israël
Muhamad Tamimi — Qatar
Muhamad Ahmad Assabian — Arabie saoudite
Abd-el-Menham Fahd al Harij — Arabie saoudite
Islam Salam Ezzahran Al Hajlan — Arabie saoudite
Ahmed Ben Naoufel Al Darij — Arabie saoudite
Muhamad Hassan Al Sabihi — Arabie saoudite
Hamad Fahad Al Dousri — Arabie saoudite
Amjad Qassem Al Tiraoui — Jordanie
Qassem Saad Al Shamry — Arabie saoudite
Ayman Qassem Al Thahalbi — Arabie saoudite
Mohamed Ech-Chafihi El Idrissi — Maroc
Cette liste ne comporte les noms que des officiers ayant décliné leur identité. À l’évidence, d’autres prisonniers représentent d’autres États impliqués dans cette guerre contre la République arabe syrienne. Conformément à la Convention de Genève aucune image ne sera publiée.
En février 2012, une quarantaine d’officiers turcs et une vingtaine d’officiers français avaient été restitués à leur armée d’origine, soit par l’intermédiaire de Mikhaïl Fradkov (directeur des services de Renseignement russe), soit directement à l’amiral Edouard Guillaud (chef d’état-major français) à la frontière libanaise.

jeudi 17 novembre 2016

TERRORISME: LE REPENTIR D’UNE MAROCAINE DE DAECH INSTALLÉE EN ESPAGNE

 La jeune Marocaine arrêtée en Turquie, en décembre 2014, alors qu’elle tentait d’entrer en Syrie, vient d’être condamnée à cinq de prison ferme et dix ans de liberté surveillée. Le parquet avait requis seize ans de réclusion.
Samira Yerou

Elle s’appelle Samira Yerou, elle est Marocaine d’origine et c’est la première femme accusée de terrorisme à être jugée en Espagne et, plus précisément, par la «Audiencia Nacional», la plus haute juridiction espagnole. Son procès n’est pas passé inaperçu. D’abord, par la nature des faits qui lui ont été reprochés. Ensuite, par la façon dont elle s’est présentée à son audience.
Selon le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, qui rapporte l’information dans son édition du jeudi 17 novembre, la jeune femme, âgée de 36 ans et accusée d’appartenir à l’organisation terroriste Daech, s’est présentée devant le tribunal en jeans et en tunique, les cheveux au vent, autant de signes par lesquels elle manifestait son repentir.

Son histoire remonte donc à deux ans. La jihadiste d’origine marocaine a été interpellée en décembre 2014, en Turquie, alors qu’elle tentait de regagner le territoire syrien, sous contrôle de Daech, en compagnie de son enfant de trois ans. Elle voulait rejoindre la ville de Raqa, plus précisément, et a pris, pour ce faire, à Barcelone, un vol régulier à destination de la Turquie avec l’intention de traverser les frontières terrestres pour rejoindre un combattant de Daech avec lequel elle s’était «mariée» via les réseaux sociaux.

La garde de son enfant lui a été, naturellement, retirée après son arrestation. Aujourd’hui, elle s’est dite prête à tout pour récupérer son fils, né en Espagne. Après son arrestation en Turquie, elle a été extradée, en mars 2015, vers l’Espagne, pays où elle réside régulièrement, dans les environs de la ville de Barcelone. Au terme de son procès qui vient de prendre fin, elle a accepté un accord conclu entre son avocat et le parquet et purgera donc une peine de cinq ans d’emprisonnement, contre douze ans requis par le ministère public. Elle sera néanmoins mise en liberté sous surveillance pendant dix autres années après sa libération.
Lors du procès qui s’est ouvert au début de ce mois, Samira Yerou a reconnu avoir été recrutée par une cellule terroriste au Maroc, à travers les réseaux sociaux. Au terme de son endoctrinement, elle a décidé de voyager en Turquie avec son enfant avec l’intention de rejoindre les zones de combat. Cependant, devant le tribunal, elle a affirmé s’être repentie, précisant qu’elle avait été manipulée. Elle a confié qu’au moment où elle avait été approchée par les réseaux de recrutement à la solde de Daech, elle traversait des moments difficiles. Elle venait de se séparer de son mari et était particulièrement réceptive aux messages de ses recruteurs qui lui promettaient une vie meilleure et de bonnes conditions pour élever son enfant. Au final, elle a déclaré que son seul objectif, à présent, était de récupérer son fils, dont la garde a été confiée à son ex-mari.

Par Amyne Asmlal

mercredi 2 novembre 2016

Maroc : la police tue un pêcheur – le printemps arabe a commencé ainsi, en Tunisie

Une ville côtière dans le Rif marocain, Al-Hoceima, 55 000 habitants.
Mohcine Fikri, 30 ans, a passé sa journée à pêcher. Il rentre chez lui avec un panier plein d’espadon, il s’agit d’une espèce protégée. Intercepté par une patrouille de police, elle saisit sa marchandise et la jette dans une benne à ordures. Mohcine s’oppose tout d’abord à la destruction de sa pêche, puis se précipite pour tenter de la récupérer.
Quelqu’un (un policier selon certains témoignages) met volontairement en marche la benne de ramassage d’ordures.
Mohcine Fikri est broyé vivant.
Un téléphone portable a filmé cette scène abominable. La tête et un bras de la victime dépassant du mécanisme de broyage de la benne.
Diffusée sur Internet, puis sur les réseaux sociaux, la scène macabre a provoqué une colère immédiate dans tout le pays.
Au Maroc, il est vrai que la police a «presque» tous les droits, alors qu’en France les policiers doivent se faire tuer… avant de pouvoir tirer (ce n’est pas drôle mais vrai).
Des milliers de personnes ont assisté, dimanche, aux funérailles de Mohcine et l’ont accompagné jusqu’à la localité d’Imzouren, où il a été inhumé.
Drapeaux berbères en tête des cortèges et des slogans scandant «Criminels, assassins, terroristes», «Nous sommes tous Mohcine», ou encore «Écoute makhzen (Palais royal) on n’humilie pas le peuple du Rif», et, enfin, «Bienvenue à la COP 22 : ici on «broie» les gens».(Dans une semaine s’ouvre à Marrakech la conférence internationale sur le climat, la COP22, dont Rabat souhaite en faire une vitrine internationale).
Le roi, Mohammed VI, actuellement en déplacement en Tanzanie (Afrique de l’est) a dépêché le ministre de l’Intérieur, Mohammed Hassad, afin de présenter les condoléances et la compassion du souverain à la famille de la victime et donné des instructions pour qu’une enquête soit diligentée afin que les responsables soient punis sévèrement (nous connaissons parfaitement ces déclarations d’usages en France).
Souvenons-nous que le printemps arabe a débuté à Tunis, en 2010, parce qu’un jeune vendeur ambulant, Bouazizi, s’était immolé par le feu afin de protester contre la saisie de sa marchandise !
Et que cette ville côtière du Rif, Al-Hoceima, fut à l’origine d’une insurrection populaire en 1958 et l’un des principaux foyers de contestations lors de la version marocaine de ce «printemps arabe» en 2011.
Mais si «débarquer» un président semble possible en Tunisie, un roi, au Maroc, cela paraît impensable… alors qu’en France on «le» décapite !
© Manuel Gomez 
Ce n’est pas parce que la rue crie fort qu’elle a forcément raison. Surtout quand la rue est manipulée, ça saute aux yeux dans les reportages, car ils ont tous le même slogan…Bizarre non ?


vendredi 27 mai 2016

Maroc : Mohammed VI tourne-t-il le dos à l'Occident ?

Le Vif.be
Il semble que Mohammed VI du Maroc s'attelle à modifier sa diplomatie, avec de nouvelles alliances, mais aussi une politique internationale plus sécuritaire, souverainiste et anti-occidentale.
Une visite en Russie avant une probable visite en Chine et un discours musclé au premier sommet qui réunissait le Conseil de coopération du Golfe et le Maroc semble entériner un changement de cap diplomatique. Même si selon un spécialiste interviewé par Le Monde on ne peut pas parler de changement de doctrine. Le roi du Maroc souhaite surtout mettre en avant l'autonomie stratégique de son pays et "affûter un discours anti-impérialiste de droite" dit encore le journal.
Le Roi assume aussi ouvertement, et c'est relativement nouveau, la place du Maroc parmi les régimes qui ont combattu le printemps arabe. Il aussi renforcé depuis 2011 la coopération avec la CCG (le Conseil de coopération du Golfe qui regroupe les six monarchies arabes de la péninsule: Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar et les Emirats arabes unis ), ce qui s'est traduit par une hausse des investissements du pays du golfe au Maroc. On parle de 120 milliards de dollars pour la période 2015-2024. Mais cette "alliance" serait surtout motivée par des intérêts sécuritaires.

Le Sahara et les"complots contre son intégrité territoriale"

Pas plus tard que le 20 avril, Le roi Mohammed VI du Maroc appelait les monarchies du Golfe à protéger son pays de ce qu'il a qualifié de "complots contre son intégrité territoriale" accusant au passage le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, d'être utilisé dans une "guerre par procuration" contre le Maroc au travers de ses "déclarations biaisées" à propos du Sahara occidental. Le roi n'aurait guère apprécié que Ban Ki-Moon qualifie d'"occupation", l'annexion par le Maroc du Sahara occidental.
Le Sahara est en effet une cause nationale au Maroc et semble être l'une des premières priorités de la politique étrangère marocaine. Pour rappel, Rabat propose depuis 2007 un plan d'autonomie pour le Sahara occidental, vaste territoire d'un demi-million d'habitants. Les indépendantistes du Polisario réclament un référendum d'autodétermination.
Selon Mohammed VI, les discussions annuelles en avril du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental auraient été utilisées comme un "épouvantail pour faire chanter le Maroc". En représailles, le Maroc a expulsé la plupart des experts civils de la mission des Nations unies dans ce territoire (Minurso) et fait fermer un bureau de liaison militaire, empêchant selon l'ONU, la mission de fonctionner. Une mission a été déployée en 1991 pour surveiller un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et aider à définir le statut du territoire, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975.

Un anti-impérialisme de droite

La critique de Mohammed VI n'était pas cantonnée qu'à l'ONU, puisque, quelques jours plus tôt, le roi adressait un message au sommet de l'Organisation de la Conférence islamique, où il dénonçait "une islamophobie grandissante et inquiétante" en Occident précise encore Le Monde. Une critique dont les prémices remontent déjà à 2014. Le premier ministre marocain avait prononcé un discours à l'ONU dénonçant les effets pervers de la colonisation. Mais le vrai tournant aurait eu lieu un peu plus tôt, en février 2014, lorsque le roi du Maroc se lance dans un discours ouvertement souverainiste et "critique envers les anciennes puissances coloniales": "L'Afrique est un grand continent, par ses forces vives, ses ressources et ses potentialités. Elle doit se prendre en charge, ce n'est plus un continent colonisé".

lundi 27 avril 2015

Coup d'état prévu en Algérie ?

Alors que le président Abdelaziz Bouteflika appartient au monde des morts–vivants, les trois pouvoirs, le politique, le renseignement et le militaire aiguisent les couteaux en Algérie.
Le pouvoir politique est mené par Saïd Bouteflika, le frère du président. En coulisses, dans l’ombre, Saïd conduit la gouvernance politique du pays, soucieux de maintenir la corruption à son plus haut niveau. Depuis 2013 Saïd manigance et regarde son frère qui ne veut pas mourir, néanmoins il a compris avoir plus d’intérêts à maintenir Abdelaziz vivant que de le faire trépasser. Le décès du président serait une déclaration de guerre ouverte entre tous les prétendants au pouvoir algérien, Boutef. sur un fauteuil roulant permet à Abdelaziz de tirer les ficelles supportant les restes viciés du FLN. C’est d’ailleurs ce même Abdelaziz qui fit assassiner le 25 février 2010 Ali Tounsi, alias le colonel Al Ghaouti, directeur général de la Sûreté nationale algérienne. Les Boutef. espéraient ainsi regrouper sous un même ministère tous les services de police et de gendarmerie, mettant ainsi sous leur coupe le fameux DRS (Département du Renseignement et de la Sécurité) qui fonctionnait de manière autonome. C’est loupé …
Le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), mené depuis 1990 par le général Mohamed lamine Mediene alias Toufik, formé aux renseignements dans l’ex URSS, ancien membre du KGB et toujours très proche des russes, enfin de Vladimir Poutine. Depuis sa création, le DRS est un État dans l’État algérien, à sa plus belle époque, dans les années 1990 à 2000, le DRS, construit selon le modèle communiste de la délation, rétribuait pas moins de 2 millions d’algériens pour surveiller leurs voisins. Le DRS est en lutte violente contre le pouvoir politique, il a récemment menacé de dévoiler les informations de corruptions concernant les frères Bouteflika. Toufik ayant mis sous écoute téléphonique Saïd Bouteflika, le déballage risque d’être douloureux pour le pouvoir en place. Le DRS est fortement soupçonné d’être à l’origine des troubles civils débutés fin 2014 et toujours en cours dans le sud algérien, portant sur l’opposition à la prospection et l’exploitation de gaz de schiste dans ces contrées, les villes d’In Salah et de Tamanghasset étant au cœur de la révolte. Le DRS y sème le vent de la tempête pour faire vaciller le pouvoir en place.
Le pouvoir militaire a fait et défait les gouvernements algériens depuis la création de l’Algérie, c’est-à-dire depuis 1962 car avant la colonisation française puis l’indépendance, l’Algérie n’existait pas en tant que nation unie, les tribus s’y partageant le territoire. Commandée depuis août 2004 par le général Ahmed Gaïd Salah, l’Armée Nationale Populaire (ANP) est vraisemblablement la mieux équipée d’Afrique et ne cesse d’améliorer ses capacités. Son budget 2015 (fonctionnement plus achats) est évalué à environ 20 milliards de dollars. Pour autant l’ANP n’est plus homogène comme elle le fut depuis l’indépendance, d’une part se trouve la vieille garde représentée par Salah, soutien indéfectible des frères Bouteflika et corrompue jusqu’à l’os, de l’autre la jeune garde composée de commandants quinquagénaires qui attendent leur tour.
Et c’est de cette nouvelle génération d’officiers poussés par le DRS, et de la troupe prête à les suivre que la révolte viendra prochainement.
Cependant tout n’est pas si simple, nous avons en présence :
–                La Russie pour laquelle l’Algérie est la Syrie du Maghreb, qui soutient le DRS qui lui soutient la nouvelle génération d’officiers et fomentent les révoltes civiles du Sud,
–                Les États-Unis qui soutiennent la nouvelle génération d’officiers ainsi que les révoltes civiles du Sud mais pas le DRS et qui ont ouvert une base navale à Rota près de Cadix en Espagne, base destinée à assurer une présence US à l’Ouest de la Méditerranée, à protéger Gibraltar, à défendre si nécessaire le royaume de Maroc, et à maintenir une capacité d’intervention rapide en Afrique du Nord,
–                Enfin, le risque terroriste de nouveau, en particulier depuis la chute de la Libye, enflamme les frontières algériennes, hormis celle avec la Maroc.
Le coup d’État militaire se prépare donc, ce n’est qu’une affaire de semaines ou de mois. Que deviendra l’Algérie ? Vivra-t-elle un nouveau cycle de régime autoritaire et corrompu ? Se tournera-t-elle vers la Russie, vers les USA ? Se démocratisera-t-elle enfin ? Ou se définira-t-elle comme actuellement, jouant toutes ses cartes pour espérer être la première puissance du nord de l’Afrique ? Une main tendue à la Russie pour l’achat de ses armes comme les missiles S 400 Triumf, pour construire sa future centrale nucléaire de type VVER d’une puissance de 1000 MWe (identique à celle de Bouchehr en Iran) prévue pour une mise en chantier en 2018 et une mise en production en 2025 dans la région de Mers-El-Kébir, une main tendue à la Chine pour le développement de ses missiles longue portée voire balistiques, une autre tendue vers l’Iran pour les coups bas, encore une vers l’Europe pour la coopération commerciale et économique et enfin une dernière vers les États-Unis pour participer à des exercices maritimes de l’OTAN en Méditerranée ?

mardi 17 septembre 2013

AQMI fustige le Maroc

Au cours d'une initiative sans précédent, al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a lancé une vidéo provocante d'une longueur de 41 minutes portant sur le Maroc, le mercredi 11 septembre dernier.
Façonnée comme un "documentaire", cette vidéo parue sur Internet tourne en ridicule la politique nationale et étrangère du pays et ses efforts pour lutter contre le terrorisme.
Elle montre également l'image du souverain marocain englouti par les flammes.
La vidéo comprend des images des entraînements des militants d'al-Qaida dans les forêts et dans les montagnes de l'Algérie, sous la surveillance personnelle d'Abdelmalek Droukdel (alias Abou Moussaab Abdelouadoud).
L'enregistrement s'achève sur un appel de Droukdel, qui demande aux jeunes de rejoindre les rangs des jihadistes.
Selon Mohamed Darif, chercheur marocain spécialiste des groupes islamiques, cette nouvelle vidéo révèle le réel "dilemme affronté par l'organisation lorsqu'elle vise le Maroc".
"AQMI a remporté certains résultats, parvenant à attirer les Marocains et à les envoyer au sein des foyers de tension et sur les fronts, en particulier en Syrie et en Irak, mais le groupe a échoué en général lorsqu'il a tenté de viser le Maroc et de compromettre ses institutions", déclare-t-il à Magharebia.
"Cet échec a exacerbé la colère et la rage du groupe", ajoute-t-il.
Cette exception représentée par le Maroc est vécue comme une provocation par al-Qaida, explique Darif.
Le monde a vu les opérations d'al-Qaida "s'étendre en Libye et le long des frontières algéro-tunisiennes, ainsi que dans le Sinaï, en Egypte", explique-t-il. "Le Maroc est aujourd'hui le seul pays qui échappe encore à al-Qaida et cela provoque son irritation".
"En conséquence, l'émission de cette vidéo est l'expression de la frustration ressentie face aux succès remportés par les autorités marocaines dans le démantèlement des cellules terroristes, qui ont été empêchées de mener à bien des opérations de sabotage", indique-t-il.
Le nouvel enregistrement survient effectivement peu de temps après le démantèlement d'une autre cellule terroriste au Maroc.
"Il y a un fort désir d'AQMI de mener une opération de qualité au Maroc, afin d'ébranler la confiance en soi du pays et sa constance et pour mettre un terme à sa situation exclusive dans la région", confirme le politologue Driss Kassouri.
Ksouri note que le leader de la cellule qui a été démantelée était en contact direct avec les hauts-dirigeants de l'organisation à Tizi Ouzou, en Algérie, et qu'il avait prévu une frappe de représailles, entre autres cibles, à l'aéroport de Guelmim.
Mohamed Benhammou, président de la Fédération Africaine d'Etudes Stratégiques, partage ce point de vue.
"Al-Qaida cherche à mener une opération au Maroc en raison de son symbolisme et du fait qu'une telle opération, si elle réussit, serait considérée comme une victoire éclatante, en particulier en ce moment", dit Benhammou.
C'est un moment crucial concernant la restructuration de ces groupes, explique-t-il, après les coups reçus durant l'intervention militaire au Mali. "Ils ont vécu la désintégration et la dispersion, ainsi qu'une fuite de leurs soldats", ajoute-t-il.
La diffusion de cette vidéo coïncide avec la publication par l'organisation centrale d'al-Qaida d'un enregistrement audio d'Ayman al-Zawahiri, qui comprend également des provocations contre le Maroc.
Boubaker Ounghir, activiste des droits de l'Homme amazigh, minimise l'impact de ces menaces mais indique qu'elles nécessitent d'être prises en compte avec application et prudence, "en particulier dans la mesure où al-Qaida dans la région est dorénavant en possession d'une grande variété d'armes après l'effondrement du régime de Kadhafi en Libye et du chaos qui s'est ensuivi".
"De plus, il y a également un facteur de concurrence et comme une course entre les différents groupes terroristes, notamment entre AQMI et le nouveau groupement de Mokhtar Belmokhtar les Mourabitounes qui ont pour objectif de déstabiliser le Maroc et de mettre fin à sa position d'exception", dit Ounghir.
Cherkaoui Roudani, membre du parlement et expert en questions stratégiques, déclare qu'al-Qaida cherche à transformer la région nord-Africaine en nouvel Afghanistan, ce soi-disant état fasciste 'vert' qui est totalement incompatible avec ce que représente le Maroc en termes de construction réussie de la démocratie. Ce modèle est devenu un obstacle aux ambitions portées par al-Qaida".
Il ajoute : "Ils feront tous les efforts possibles pour faire la guerre sur les frontières avec le Maroc, comme ils l'ont déjà fait en Tunisie dans le Jebel Chaambi."
"Ils feront aussi de leur mieux pour conduire des opérations terroristes au coeur du Maroc", affirme-t-il. "Nous devons nous montrer vigilants et méfiants afin de déjouer leurs tentatives et de protéger notre projet démocratique sociétal".
http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2013/09/16/feature-01
 

jeudi 5 septembre 2013

Purpose of New Fighting Group in Syria To Establish Leadership for Moroccan Jihadists


An expert in Islamist movements considers it an initiative to establish a leadership for Salafi jihadists in Morocco.

The 'Sham al-Islam' [Levant of Islam] group, established recently by Moroccan jihadists in Syria under the leadership of former Moroccan Guantanamo detainee Ibrahim Bin-Shaqrun, has released a 'charter' defining its beliefs, positions, and directions that include a number of coded messages.

Moroccan researcher Abdallah al-Rami, an expert in Islamist movements, has linked the founding of the group to disagreements between the Islamic State in Iraq and the Levant and the Al-Nusrah Front without excluding that the new group could be a convincing attempt to create a leadership nucleus for Salafi jihadists in Morocco where they are suffering divisions and the lack of organization and leadership.

Bin-Shaqrun had joined the Al-Qa'ida Organization in Afghanistan, was arrested at the end of 2001, imprisoned in Guantanamo, released in 2004, and deported to Morocco because charges against him could not be proved. However, Moroccan security re-arrested him in 2005 following his attempt to establish a jihadist organization, the so-called Al-Tawhid and Al-Jihad [Unification and Jihad] with other Moroccan Salafi jihadist elements from inside and outside the country. He was sentenced to six years in prison. As soon as he was released, he traveled to Syria.
Al-Rami thinks the new group, which Bin-Shaqrun announced through an audio recording, "might be the extension of that project aborted by Moroccan security in 2005. They have
announced a charter and an independent organization. Despite the name linked to the geographical area of the Levant, the group is composed of Moroccans."

Al-Rami adds that the new movement is attempting to gain its legality from its field presence in Syria and its closeness to Al-Qa'ida to establish a leadership and organizational nucleus for the Salafi jihadists in Morocco.

The charter of the group notes that among its objectives is "breaking the isolation that has struck between the nation's vanguard and its various strata, get through to them, and to engage with them in advice, education and giving, through wisdom and good preachment." However, the group indicates in its charter that the jihad for which it is calling is not only directed against the invaders, but it includes a wider circle it called the circle of apostasy. The charter stipulates that "anyone who supports the apostates, fights Muslims and jihadists, their soldiers and policemen, security men, and their helpers who defend them and abide by their orders and who assist to do this, are part of the general sect of apostates who must be fought regardless of being ignorant, interpreters, or coerced. We consider that disagreement lies in the infidelity of their elders - as long as it does not affect the duty of fighting them - since the fighting circle is wider than the apostasy circle, taking the priorities of the stage into consideration.

The group noted that it considers "all principles of ideological schools, be they communist, socialist, nationalist, secularist, liberal, or other kinds of ideological and doctrinarian affiliations other than the nation of Islam and its entity, call for infidelity and perversity."

The charter deals with ways to manage disagreement among various jihadist groups. It indicates that the "issue of unity among the groups must be based on legal foundations and the definition of a mechanism to translate these bases into practical reality." It adds that "the pledge of allegiance is one of jihad to manage the matters of hijrah [migration], readiness, steadfastness, and fighting. We do not make it a condition on those who join us to pledge their allegiance. However, anyone who enters any group is obliged to obey its emir as long as he is a member of the group."

www.asharqalawsat.com

mercredi 7 août 2013

Maroc : le pédophile « espagnol » gracié par Mohammed VI est irakien

Âgé de 60 ans, Daniel Galvan Fiña était expatrié au Maroc depuis plusieurs années. Dans la ville de Kénitra, il se faisait passer pour un professeur retraité de l’université de Murcia, dans le sud de l’Espagne.
L’avocat de Galvan Mohamed Benjedou a indiqué que son client était un officier de l’armée irakienne qui avait collaboré avec les services de renseignements espagnols pour renverser le dictateur Saddam Hussein. Le condamné gracié puis « dé-gracié » dimanche se serait réfugié en Espagne après l’invasion de l’Irak en 2003. Il se prénommerait Salaheddine et serait né à Bassora. La décision de libérer l’ex-détenu, condamné à 30 ans de prison dont il a seulement purgé deux ans, aurait représenté dans ce contexte une « faveur » de Rabat à Madrid.

vendredi 19 juillet 2013

Le modèle marocain ?

Le Maroc a un long chemin à parcourir pour devenir un modèle de réussite économique.
Par Dalibor Rohac.
Un article du Cato Institute. Traduction : LibreAfrique.

Dans les pays du printemps arabe les économies sont aux prises avec les mêmes problèmes : la question politiquement explosive des énormes programmes de subventions, la bureaucratie, la corruption et l’incertitude juridique dans le développement du secteur privé et des investissements étrangers – et assez peu de consensus sur la voie à suivre.
Dans de telles circonstances, trouver des exemples d’émulation est primordial. Regardons le Maroc, que l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton avait qualifié de « leader et modèle » du fait de la manière dont SM le Roi Mohammed VI avait géré la transition politique. Pour Mohamed Tamaldou, président du Réseau des Libéraux Arabes, « le Maroc a été l’un des premiers pays arabes où l’opposition a accédé au pouvoir par des procédures politiques normales ». On espère que le Royaume sera le premier pays arabe à effectuer une transition vers une monarchie constitutionnelle de style européen, dans laquelle le roi ne jouerait qu’un rôle très limité, tout en offrant un sentiment de continuité politique dans une région en proie à l’instabilité.
Plus que d’autres exemples (relativement) positifs comme la Tunisie, le Maroc s’est distingué en étant « traditionnellement orienté vers l’occident et avec une longue expérience d’économie de marché, quoique souvent de connivence », explique Nouh El Harmouzi, maître de conférences en économie à l’Université Ibn Tofail et premier militant « pro-marché » au Maroc.
Dans les années 1990, lorsque Mohammed VI a accédé au trône, le pays a connu diverses réformes politiques et économiques. De nombreux prisonniers politiques ont été libérés, les entreprises publiques ont été privatisées, et l’économie s’est ouverte au commerce international et à l’investissement étranger. En 2012, l’Economist Intelligence Unit classait le Maroc 66ème dans le monde, devant la Jordanie et la Russie, dans son indicateur « where-to-be-born » (où naître) qui agrège des mesures liées à la satisfaction de la vie dans le monde. Un classement de 2013 par le Forum économique mondial, évaluant la compétitivité des économies à travers le monde, classait le Maroc comme premier en Afrique du Nord, et en meilleure position que la Slovaquie, le Monténégro et la Roumanie.
L’économie du pays n’a cessé de croître même au lendemain du Printemps arabe, avec un taux de croissance de 4,9 pour cent en 2011 et 2,9 pour cent en 2012. Le taux de pauvreté dans le pays est assez faible et en baisse – de l’ordre de 16 pour cent en 1999 à moins de 9 pour cent en 2009.
Pourtant, après un examen plus minutieux, un optimisme excessif serait injustifié. Dans le même discours dans lequel elle saluait la gouvernance du Maroc, Mme Clinton mettait en garde contre les dangers de son taux de chômage élevé chez les jeunes.
Et l’éducation aggrave le problème. Ceux ayant le plus haut niveau d’éducation font face à un taux de chômage de 19,4 pour cent, comparativement à seulement 4 pour cent pour les personnes sans diplômes – d’où le grand nombre de « chômeurs diplômés ». En raison des faibles taux de participation au marché du travail, en particulier chez les femmes, les chiffres officiels du chômage sous-estiment le nombre de personnes sans travail. Comme ailleurs, les mauvaises institutions et les mauvaises politiques publiques sont à blâmer. Le pays a connu 80 immolations depuis février 2011 – des actes de protestation commis par des diplômés ou des vendeurs chômeurs harcelés par les autorités locales.
Tout comme en Égypte, en Tunisie etc., le problème budgétaire est principalement alimenté par les subventions aux biens de consommation (carburants et produits alimentaires) qui représentent 15 pour cent des dépenses publiques totales. Elles ont presque doublé en termes absolus depuis 2010, le gouvernement tentant de contenir les troubles sociaux par des dépenses plus généreuses en subventions et salaires du secteur public. Le parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du Développement (PJD), a réalisé la non-viabilité des subventions, et suivant les conseils du FMI, a proposé une réforme qui réduirait les subventions tout en atténuant le choc pour les 2 millions de ménages les plus pauvres avec des transferts ciblés.
La réforme n’éliminera pas complètement les subventions. Elle les limitera en stabilisant les prix à la consommation dans une certaine fourchette, en permettant des augmentations ou diminutions de prix chaque fois que les prix internationaux sortent des limites fixées. La réforme, qui est maintenant officiellement prévue après le Ramadan, serait moins radicale que les propositions faites par des économistes et des organisations comme le FMI d’éliminer des subventions, tout en introduisant des transferts directs aux ménages pauvres. Mais en permettant 20 pour cent d’économies sur la facture des subventions en 2013, cette réforme sera certainement préférable au statu quo.
Mais depuis la fin mai, même cette modeste réforme est en danger après que le petit partenaire de coalition, le parti nationaliste Istiqlal, a annoncé qu’il ne soutiendrait pas l’effort et que ses ministres quitteraient le cabinet en signe de protestation. Dans un grand déploiement de gesticulation politique, un porte-parole de l’Istiqlal, Adil Benhamza a profité de l’occasion pour annoncer que le « PJD veut augmenter les prix et frapper les plus pauvres, alors que nous préférons ramasser quelques milliards qui se trouvent entre les mains des spéculateurs en contrôlant les importations ».
Quelle que soit la véritable compassion dans le discours, on aurait du mal à trouver un système de subventions qui ne mène pas à des fuites vers le marché noir et à des gaspillages. « Une interprétation possible de la résistance de l’Istiqlal à la réforme des subventions est que les paiements compensatoires rendraient celle-ci populaire, augmentant encore l’avantage électoral PJD » selon M. El Harmouzi.
En tout état de cause, les choses ont pris une tournure un peu bizarre quand, après un appel téléphonique du Roi, les ministres Istiqlal ont décidé de rester au gouvernement jusqu’à ce que Mohammed VI revienne de son congé prolongé un peu mystérieux à Paris. Le 9 juillet 2013, quelques semaines après le retour du monarque, et après que le gouvernement a procédé à l’initiative de la réforme, les ministres Istiqlal ont annoncé qu’ils allaient remettre leur démission. Si elle est acceptée par le roi, le Premier ministre devra soit trouver un nouveau partenaire politique soit déclencher des élections anticipées.
La libéralisation politique du pays semble un peu superficielle si l’on tient compte de l’énorme influence du Roi et de son entourage sur la conduite au jour le jour des affaires publiques – bien loin de la monarchie constitutionnelle présentée – ou le sort du peuple sahraoui dans le Sahara occidental. Dans l’indice de liberté économique dans le monde de l’Institut Fraser, le Maroc est critiqué pour le fardeau des formalités administratives, les contrôles de capitaux, et ses réglementations de l’embauche et du licenciement. Le Maroc est aussi mal placé dans plusieurs domaines de l’indice Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas vraiment une façon d’attirer des investisseurs ou de stimuler l’entrepreneuriat national.
Le pays est parmi les plus mal classés en matière d’enregistrement de la propriété – en partie à cause de son système fiscal sinueux. Une cession de propriété dans le pays requiert 75 jours et coûte 5,9 pour cent de la valeur de la propriété. Cette année, les frais d’enregistrement de l’immobilier ont augmenté, rendant l’enregistrement des biens au Maroc plus difficile qu’en Inde, en Angola, et même en République centrafricaine.
Il devrait être encourageant de constater que les réformes nécessaires pour faire du Maroc un bon endroit pour faire des affaires sont relativement indolores à mettre en œuvre. Le pays a toujours accueilli des investisseurs étrangers et dispose de plusieurs zones de libre-échange – notamment à Tanger, qui est aussi un centre bancaire offshore. Pour aider les investisseurs étrangers à ne pas se perdre à travers la bureaucratie opaque du pays, le gouvernement a mis en place des Centres Régionaux d’Investissement, qui servent de guichet unique pour les investisseurs étrangers.
Mais avec un endettement public croissant (actuellement autour de 71 pour cent du PIB), un important déficit budgétaire (8,2 pour cent du PIB), un chômage des jeunes élevé (17,9 pour cent), 30 pour cent des marocains analphabètes, et une très faible participation économique des femmes, le Maroc a un long chemin à parcourir pour devenir un modèle de réussite économique.
Le gouvernement a donc beaucoup à faire pour améliorer davantage l’environnement des affaires, avec le potentiel de transformer l’économie marocaine en la première destination de la région pour les investisseurs étrangers. Les effets économiques de la libéralisation des flux de capitaux, une réforme du système financier et d’autres « réformes structurelles » seraient considérables. Selon les estimations du FMI, ces réformes pourraient facilement ajouter jusqu’à 2,5 points de pourcentage aux taux de croissance annuels de l’économie.
Cela serait bénéfique non seulement aux Marocains mais aussi pourrait servir de modèle ailleurs dans la région aux réformateurs qui souffrent de l’incapacité à faire passer des réformes de libéralisation afin de ne pas perdre le soutien de leurs électeurs. La bataille pour des institutions économiques et politiques saines dans le monde arabe ne peut être gagnée que par la force des idées. Une success story dans la région montrerait la voie.
M. El Harmouzi reste optimiste: « Je pense que le pays peut potentiellement servir de modèle. Il y a une certaine volonté politique de faire les réformes nécessaires. Et bien que nous devions accélérer, nous allons dans la bonne direction ».
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Une version de cet article a paru initialement en anglais sur le site du Cato. Traduction : LibreAfrique.
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=131282

vendredi 5 juillet 2013

Evangéliste arrêter pour avoir ébranlé la foi d'un musulman

L’homme, un ingénieur électricien, a été appréhendé par la police touristique sur la corniche de la ville, alors qu’il proposait ses supports, dont le but est d’ébranler la foi des Musulmans, expliquent des sources locales.

L’évangéliste anglais, 25 ans, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il aurait mené depuis son arrivée à Agadir le 15 juin dernier, une campagne de prosélytisme auprès des jeunes, principalement dans le quartier de Talbourjt, où il résidait.

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Le mis en cause sera déféré cette semaine devant le procureur général de la Cour d’Appel d’Agadir, pour complément d’enquête.

Au moins 20.000 Marocains se seraient convertis au christianisme, d’après l’institut américain Pew, selon lequel, le christianisme serait la deuxième religion au Maroc.

Si la Constitution marocaine interdit toute forme de discrimination quelle qu’en soit l’origine, le code pénal du pays, dans son article 220 punit “quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins”.

http://www.islametinfo.fr/2013...-a-agadir/

jeudi 27 juin 2013

La nouvelle voie d’entrée en Europe pour les clandestins

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Michel Garroté, réd en chef  –-  Quelques 300 musulmans subsahariens ont lancé, mercredi 26 juin, un assaut massif à la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla, à la pointe nord de l’Afrique. Une centaine sont parvenus à entrer en Espagne. Cela s’est passé vers quatre heures du matin (02h00 GMT). Depuis minuit, l’alerte avait été donnée car un groupe de 300 musulmans avait été repéré se dirigeant du mont Gurugu au Maroc, vers Melilla. L’assaut a été violent.
Les musulmans subsahariens ont jeté des pierres sur les forces de sécurité marocaines et finalement, sur 300, une centaine a réussi à entrer sur le territoire espagnol. Melilla, 80’000 habitants, avec l’autre enclave espagnole, celle de Ceuta, également sur la côte marocaine, sont les deux seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain.
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La préfecture de Melilla avait souligné en mai la difficulté pour les autorités espagnoles de répondre à la forte pression migratoire aux portes des enclaves, le flux de l’immigration clandestine en provenance d’Afrique s’étant déplacé depuis la fin des années 2000, après avoir utilisé la voie maritime vers l’archipel des Canaries, à l’ouest du Maroc.
Ces dernières années, la situation au Sahel et dans les pays arabes, de même que la lutte contre l’immigration à travers l’Atlantique vers l’Espagne, ont modifié les flux. Ceuta et Melilla sont devenues les principales voies d’entrée des Subsahariens en Espagne et par la même occasion l’une des plus importantes voies d’entrée en Europe pour des dizaines de milliers de clandestins du continent africain.
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Rappelons qu’un réseau Al-Qaïda envoyant des combattants en Syrie a été démantelé, le 21 juin à l’aube, dans l’enclave espagnole de Ceuta. Huit personnes ont été arrêtées. Le réseau Al-Qaïda de Ceuta avait aussi une base dans la ville voisine de Fnideq, située au Maroc. L’opération a été menée conjointement par la police nationale espagnole qui avait commencé à enquêter sur ce réseau en 2009, et, par la garde civile espagnole, qui avait commencé à enquêter sur ce réseau en 2011.
Le réseau terroriste hispano-marocain démantelé envoyait des djihadistes venus du Maroc, en partance depuis l’enclave espagnole de Ceuta, aux groupes affiliés à Al-Qaïda en Syrie, via la ville espagnole de Malaga, puis, la Méditerranée, et, enfin la péninsule anatolienne de Turquie ; ou encore, par le détroit de Gibraltar, puis via la Belgique et les Pays-Bas. Des dizaines d’individus, certains mineurs, sont partis de Ceuta et du territoire marocain via ce réseau terroriste.
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Certains ont perpétré des attentats-suicides tandis que d’autres ont intégré des camps d’entraînement qui les ont préparés au djihad. Plusieurs groupes de djihadistes attendaient encore de faire bientôt le voyage depuis l’Espagne jusqu’en Syrie. Ce réseau, installé à Ceuta et Fnideq, réalisait un travail de recrutement, d’endoctrinement, d’organisation et de financement des voyages, en contact avec d’autres terroristes, et, suivant les directives de l’organisation terroriste al-Qaïda.
Situés au sud du détroit de Gibraltar, sur le continent africain et au large de celui-ci, l’enclave de Ceuta, celle de Melilla, les îles de Perejil, Chafarinas et d’Alboran, ainsi que les presqu’iles de Vélez et d’Alhucemas sont des territoires espagnols. Gibraltar est un territoire britannique. Sous le gouvernement espagnol précédent – socialiste – des centaines de milliers de clandestins marocains ont été régularisés par la gauche au pouvoir. Ceux-ci sont déjà – ou deviendront bientôt – des citoyens espagnols et donc des titulaires d’un passeport communautaire.

© Michel Garroté www.dreuz.info