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mercredi 3 janvier 2018

Que se passe-t-il en Jordanie ?

Le roi Abdullah II de Jordanie a annoncé que les princes Ali, Faiçal et Talal se retiraient de leurs fonctions militaires.
Le prince Ali ben Al Hussein est le fils de l’ancien roi Hussein avec sa troisième femme. Il commandait la Garde royale. Alors que les États-Unis songeaient à rétablir la monarchie en Iraq, il a épousé la journaliste de CNN, Rym Brahimi. Celle-ci est la fille de Lakhdar Brahimi, un des organisateurs du coup d’Etat algérien contre les islamistes qui était à l’époque le représentant spécial de l’Onu en Iraq. Mais la politique US changea et le pouvoir fut transmis à un gouvernement républicain provisoire. Le prince Ali est par ailleurs président de la Fédération jordanienne de football. Il fut candidat plusieurs fois en vain à la présidence de la FIFA.
Le prince Faisal bin Hussein (à l’arrière-plan sur la photo) est le fils du roi Hussein avec sa seconde femme. Il était chef d’état-major adjoint et, par ailleurs, membre du Comité olympique international. Il faisait office de régent lors de l’absence hors du pays du roi Abdallah II.
Le prince Talal bin Muhammad est un cousin du roi. Il était le nouveau directeur du Conseil de sécurité nationale.
Officiellement les trois princes ont à la fois été mis à la retraite et ont reçu une promotion honorifique. Officieusement, ils ont été placés en résidence surveillée.
Le palais a instauré la censure sur cette « promotion » et menacé quiconque présenterait les évènements en portant atteinte à la famille royale.
La presse arabe assure que les deux princes ont tenté un coup d’État avec l’aide de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. La famille royale jordanienne est très liée au Royaume-Uni qui tente actuellement de réorganiser des alliances au Moyen-Orient contre l’Arabie saoudite et les Émirats.

mercredi 1 mars 2017

Mc Cain

A l’occasion d’un voyage officiel au Moyen-Orient, durant lequel il a été reçu par le président turc et le roi d’Arabie saoudite, le sénateur John McCain s’est secrètement —et illégalement— rendu en Syrie. Il y a rencontré des chefs militaires kurdes et états-uniens.
Cette rencontre est intervenue alors que s’ouvrent de nouvelles négociations de paix à Genève.
John McCain était venu en Syrie, en mai 2013, rencontrer les chefs des groupes armés, dont les responsables du futur Émirat islamique.
En février 2011, il avait co-présidé au Caire la réunion de lancement des guerres de Libye et de Syrie, puis il s’était rendu au Liban pour choisir d’implanter à Ersal une base arrière des islamistes.

jeudi 22 décembre 2016

Arrestation de jihadistes et d’officiers étrangers à Alep-Est

Les jihadistes présents à Alep-Est ont été autorisés à rejoindre, selon leur choix, Idleb (Al-Qaïda) ou Rakka (Daesh), ou à se constituer prisonniers. Ils y ont été acheminés par autobus sous la responsabilité de la Syrie et de la Russie et en présence de représentants de l’Onu.
Certains d’entre eux ont tenté de fuir en se mêlant à la population civile. Les services de Renseignement sont parvenus à en identifier et à en arrêter plus de 1 500 lors de l’enregistrement des 120 000 habitants.
Le député et président de la Chambre de commerce d’Alep, Farès Shehabi, a publié une première liste non-exhaustive de 14 officiers étrangers faits prisonniers dans le bunker de l’Otan. Il s’agit de :
Mutaz Kanoğlu — Turquie
David Scott Winer — États-Unis
David Shlomo Aram — Israël
Muhamad Tamimi — Qatar
Muhamad Ahmad Assabian — Arabie saoudite
Abd-el-Menham Fahd al Harij — Arabie saoudite
Islam Salam Ezzahran Al Hajlan — Arabie saoudite
Ahmed Ben Naoufel Al Darij — Arabie saoudite
Muhamad Hassan Al Sabihi — Arabie saoudite
Hamad Fahad Al Dousri — Arabie saoudite
Amjad Qassem Al Tiraoui — Jordanie
Qassem Saad Al Shamry — Arabie saoudite
Ayman Qassem Al Thahalbi — Arabie saoudite
Mohamed Ech-Chafihi El Idrissi — Maroc
Cette liste ne comporte les noms que des officiers ayant décliné leur identité. À l’évidence, d’autres prisonniers représentent d’autres États impliqués dans cette guerre contre la République arabe syrienne. Conformément à la Convention de Genève aucune image ne sera publiée.
En février 2012, une quarantaine d’officiers turcs et une vingtaine d’officiers français avaient été restitués à leur armée d’origine, soit par l’intermédiaire de Mikhaïl Fradkov (directeur des services de Renseignement russe), soit directement à l’amiral Edouard Guillaud (chef d’état-major français) à la frontière libanaise.

mardi 25 octobre 2016

Fiercely resistant ISIS seizes two Iraqi cities

ISIS’ seizure of the strategic Iraq town of Rutba prompted Jordan to place its army on war alert. The fall of Sinjar was a major loss for the Kurdish Peshmerga.

The Islamic State Tuesday completed its capture of Rutba, a western Iraqi town of 20,000 inhabitants 200 km from the Jordanian border. Arab media describe how bomb cars driven by jihadist suicide killers were blown up among groups of Iraqi soldiers causing many casualties.

Official US optimism was absent from the latest Pentagon spokesman’s evaluation of the state of the offensive to wrest Mosul from ISIS as it entered its second week. Late Monday, Oct. 24, Capt. Jeff Davis said that, while Iraqi and Kurdish forces were making “solid progress,” they are now meeting “heavy resistance,” outside Mosul and predicted that “its going to get heavier” as allied forces push into the city. 
Capt. Davis also admitted that the 80 or so villages and small towns retaken by Kurdish and Iraqi forces in the first week of the campaign were largely uninhabited.
US soldiers were Monday ordered to use gas masks after ISIS poured oil on a sulfur mine 70km south of Mosul that continues to burn near the US and Iraqi military center at Qayyarah.
One obstacle after another – often unforeseen - is slowing the coalition’s advance on Mosul - as DEBKAfile was the first publication to reveal last week. It is becoming obvious that ISIS is following a plan to circle around Mosul in a wide radius and pouncing on important spots for diversionary attacks:
Last week, they overran Kirkuk; this week, Sinjar and Rutba.
The capture of Sinjar in northern Iraq near the Syrian border was the Islamists’ second victory against the Kurdish Peshmerga. Its fall saved ISIS’ main supply route from Iraq to its Syrian stronghold in Raqqa from being cut off. For the Kurdish Peshmerga, it was disastrous. Sinjar was the main assembly center for Syrian Kurdish fighters coming in to aid their brothers in the fight for Mosul. A large concentration of the outlawed Turkish Kurdish PKK was also present.
The fighting in Kirkuk only died down Sunday after three days, leaving at least 100 Iraqi and Kurdish fighters dead.
ISIS captured the Anbar desert town of Rutba, 700km southwest of Mosul, by a three-pronged strike.
Rutba commands the Baghdad-Amman highway. It is also situated near the Ayn al-Asad Air Base, the largest US military facility in Iraq, which hosts US air and special operations units.
Iraqi government forces including Emergency Regiments, border guard units and Sunni tribal militias which command this part of western Iraq, were deployed to guard this strategic town. However, they were no match for ISIS. The Mayor of Rutba, Imad al-Dulaimi’s desperate appeal to Baghdad for backup to save the town from ISIS’ grasp, fell on deaf ears. Large numbers of Iraqi, Kurdish and local Sunni fighters fell in battle there.
It has become apparent from these events that the planners of the Mosul operation, Haidar al-Abadi’s generals and the American officers fighting with them did not take into account that ISIS would mount major attacks in unexpected places far and near to throw the coalition assault on Mosul off balance.

Next door, the Jordanian army went on war preparedness as its generals looked nervously at the fighting drawing near to the kingdom and took note that the main highway linking Amman to Baghdad had been cut off. 

mardi 17 mars 2015

ISRAËL DE PLUS EN PLUS IMPLIQUÉ DANS LA CRISE SYRIENNE ?

Sources : www.noterror.eu
Le moins que l’on puisse dire est que la situation militaire de la rébellion syrienne est loin d’être favorable.
Subissant une double offensive de la part de l’armée régulière au Nord et au Sud du pays, les groupes djihadistes ont de plus perdu en quelques jours un grand nombre de leurs chefs militaires, éliminés dans des frappes aériennes de l’armée syrienne qui semble être redoutablement informée sur les faits et gestes des chefs djihadistes.
Ainsi le 10 mars, un raid a frappé une réunion de divers groupes rebelles à al-Fatiane, dans le gouvernorat de Quneitra. Raid au cours duquel aurait été tué… un officier israélien, si l’on en croit du moins certaines agences de presse moyen-orientales.
Notons néanmoins que ce même jour, l’armée israélienne a reconnu la perte d’un militaire qui aurait été touché « par des tirs » dans la partie occupée du Golan…
Selon certaines informations, l’officier en question était présent en tant qu’officier spécialisé en communications. Il aurait déjà eu des contacts, depuis des mois, avec les rebelles afin de les aider à utiliser les moyens de télécoms modernes.
Selon d’autres sources, un officier jordanien était également présent mais on ne connaît pas son sort.
On savait que certains rebelles syriens étaient soignés en Israël. On avait vu des photos de conversations amicales entre rebelles et soldats de Tsahal dans le Golan. Mais on pouvait penser qu’il ne s’agissait que d’une volonté de ne pas se mettre à dos, des groupes armés proches de la frontière…
Mais si la présence de cet officier israélien en territoire syrien, au cœur d’une réunion de coordination de plusieurs groupes islamistes, se confirmait ; cela poserait de graves questions quant à la politique israélienne face aux groupes djihadistes et au jeu effectivement très dangereux que les autorités israéliennes jouent, y compris avec la sécurité de leur propre population.
Logo du service de renseignement militaire israélien AMAN
Logo du service de renseignement militaire israélien AMAN

jeudi 5 mars 2015

Abdallah de Jordanie : « Il s’agit d’une Troisième Guerre mondiale »


ABDALLAH-EI
Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé lundi l’Occident et le monde arabe à s’unir pour lutter contre le groupe terroriste djihadiste État islamique (EI).
« Nous devons nous unir. Il s’agit d’une Troisième Guerre mondiale entre musulmans, chrétiens et d’autres religions. », a mis en garde le souverain hachémite, lors d’une interview accordée à CNN International.
« C’est un conflit générationnel qui nous concerne tous. Ce n’est pas uniquement une bataille de l’Occident. C’est un combat au cœur de l’islam où chacun doit lutter ensemble contre ces traitres. Sur le court terme, il y a la question militaire ; sur le moyen terme, la question de la sécurité ; et sur le long terme, la question idéologique. », a-t-il ajouté.
« La cruauté avec laquelle ils ont exécuté notre héros, a choqué le monde musulman, mais surtout les Jordaniens. Cela n’avait aucun lien avec l’islam. Leur principale arme est l’intimidation », a déclaré le roi de Jordanie, avouant ne pas avoir regardé la vidéo de l’EI montrant Moath al-Kasasbeh, le pilote jordanien brûlé vif dans une cage.
Faouzi Ahmed 

La guerre civile en Syrie, source de stabilité pour la région

Les bouleversements démographiques causés par quatre années de guerre civile en Syrie ont profondément changé la Syrie et ses trois voisins arabophones que sont l’Irak, le Liban et la Jordanie (la Turquie et Israël ont changé aussi mais dans une moindre mesure). Face aux tragédies et aux horreurs, et alors que les populations s’adaptent aux impératifs cruels du nationalisme moderne, les quatre pays sont – ironie de l’histoire – en train de gagner en stabilité, en raison des combats qui ont poussé les gens à passer d’un statut de minorité ethnique à celui de majorité, encourageant chacun à vivre avec ses semblables.
Avant de se pencher sur chacun des ces quatre pays, faisons un peu d’histoire :
Tout d’abord, à l’instar des Balkans, le Moyen-Orient présente l’une des situations ethniques, religieuses, linguistiques et nationales les plus complexes et les plus instables au monde. C’est un endroit où les alliances transfrontalières compliquent profondément la politique locale. Si les Balkans ont déclenché la Première Guerre mondiale, le Moyen-Orient pourrait provoquer la Troisième.
Ensuite, les tensions historiques entre les deux grands courants de l’islam, les sunnites et les chiites, s’étaient largement estompées avant l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny en 1979. Ce sont les coups de boutoir de Téhéran qui les ont ravivées.

La guerre meurtrière qui pendant 8 ans, de 1980 à 1988, a opposé l’Iran et l’Irak a joué un grand rôle dans l’exacerbation de l’hostilité entre sunnites et chiites.
En outre, quand les puissances européennes impérialistes ont redessiné la plupart des frontières du Moyen-Orient, elles n’ont pratiquement tenu aucun compte de l’identité des peuples qui vivaient dans la région, préférant se concentrer sur les fleuves, les ports et les ressources qui servaient leurs intérêts économiques. Avec pour résultat le désordre actuel de pays définis un peu au hasard (comme la Jordanie).
Enfin, les Kurdes ont été les grands perdants de la redéfinition des frontières il y a un siècle. Par manque d’intellectuels capables de défendre leur cause, ils se sont retrouvés divisés entre quatre États différents où ils ont partout été persécutés. Aujourd’hui, ils sont organisés et prêts pour l’indépendance.
Passons à présent à l’état de la Syrie et de ses voisins arabes (en nous inspirant de l’article de Pinhas Inbari, « Demographic Upheaval : How the Syrian War is Reshaping the Region » [Bouleversement démographique : comment le conflit syrien redessine la région]).
Il est frappant de voir combien la Syrie et l’Irak ont subi les mêmes évolutions. Après la disparition de dictateurs monstrueux en 2000 et 2003, les deux pays se sont chacun divisés en trois entités ethniques, à savoir les Arabes chiites, les Arabes sunnites et les Kurdes. Alors que Téhéran domine les deux régimes d’inspiration chiite, plusieurs États à majorité sunnite (Turquie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Qatar) soutiennent les rebelles sunnites. Les Kurdes se sont retirés des guerres civiles arabes pour bâtir leurs propres zones d’autonomie. Les dictatures autrefois ambitieuses n’ont mis sur pied pratiquement aucune politique étrangère viable. De plus, la frontière séculaire entre la Syrie et l’Irak a en grande partie disparu.
La Syrie. La zone syrienne qui demeure sous le contrôle de Bachar Al-Assad devient de plus en plus chiite. Selon des estimations, 50 % des 22 millions d’habitants que comptait la Syrie avant le début de la guerre, ont été chassés de leurs foyers. Parmi eux, les 3 millions de réfugiés, la plupart sunnites, qui ont fui le pays ne rentreront probablement pas non seulement parce que la guerre civile se poursuit mais aussi parce que le régime d’Assad les a déchus de leur nationalité. Il apparaît également que le régime a volontairement réduit son contrôle sur la zone frontalière avec la Jordanie dans le but d’encourager les sunnites à fuir la Syrie. Selon certaines sources, le régime a utilisé comme autre stratagème en vue d’augmenter la population chiite, l’accueil et la réinstallation d’environ 500.000 chiites irakiens dont certains ont même reçu la nationalité syrienne.

Bachar Al-Assad devrait être meilleur ophtalmologue que dictateur.
L’Irak. La guerre civile en Syrie a donné à l’État Islamique (ou EIIL/EIIS) l’occasion de pénétrer en Irak et de prendre des villes comme Falloujah et Mossoul, avec pour conséquences l’exode de non-sunnites (surtout des chiites et des Yézidis) et un redécoupage de l’Irak selon des critères ethniques. Étant donné le mélange de populations qui caractérise le pays, particulièrement dans la région de Bagdad, il faudra des années voire des décennies avant que le tri ne s’opère entre les différents groupes. Toutefois, c’est un processus qui semble inexorable.
Le Liban. Les sunnites sont en train de se renforcer et de contrecarrer l’influence iranienne. Les millions de réfugiés sunnites en provenance de Syrie constituent désormais 20 % de la population du pays, soit un quasi-doublement de la communauté sunnite. Par ailleurs, le Hezbollah, l’organisation chiite dominante au Liban, est en train de négliger sa base et de perdre de son influence dans le pays en combattant en Syrie au profit du régime d’Assad.
La présence de miliciens du Hezbollah en Syrie réduit l’influence de l’organisation dans son propre pays, le Liban.
La Jordanie. L’afflux récent de réfugiés syriens a été précédé d’une vague d’environ un million de réfugiés irakiens. Ensemble, ces deux nouveaux groupes ont fait baisser la proportion de Palestiniens en Jordanie au point que ces derniers ne constituent probablement plus la majorité de la population du pays. Ce changement a des conséquences politiques majeures : d’une part, il réduit la menace potentielle représentée par les Palestiniens pour la monarchie hachémite, d’autre part il met à mal le raisonnement soutenu par certains Israéliens et qui consiste à assimiler Jordanie et Palestine.
En résumé, l’Irak et la Syrie voient leurs contours redéfinis par leurs composantes religieuses et ethniques, le Liban voit sa communauté sunnite se renforcer et la Jordanie sa communauté palestinienne s’affaiblir. Aussi terrible que puisse être son coût humain, la guerre civile en Syrie pourrait, à long terme, transformer le Moyen-Orient en une zone moins explosive et moins propice au déclenchement d’une Troisième Guerre mondiale.
26 février 2015
Version originale anglaise: Syria’s Civil War Could Stabilize Its Region
Adaptation française: Johan Bourlard

vendredi 20 février 2015

L’Etat islamique entame sa seconde phase d’extension

Les pays occidentaux ne l’avaient pas vu venir. Sans beaucoup combattre, l’organisation de l’Etat islamique s’est emparée d’un vaste territoire en Irak et en Syrie. Et elle défie la coalition alliée contre lui (Etats-Unis, pays d’Europe, du Golfe …) par ses mises en scène provocatrices d’exécutions ou d’exactions, y compris dans des territoires éloignés de son berceau natal. Dimanche 15 février, l’organisation a revendiqué l’exécution de 21 chrétiens d’Egypte enlevés en Libye dans une vidéo diffusée sur internet, à la mise en scène macabre.
Pierre-Jean Luizard, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Moyen-Orient, s’interroge dans son livre Le piège Daech, l’Etat islamique ou le retour de l’histoire (éd.La Découverte, parution le 19 février) sur les racines du succès fulgurant de ce groupe multiforme. Comment a-t-il assis sa conquête territoriale ? Sur quels échecs a-t-il bâti son avancée ?  Entretien.
France tv info : Comment expliquez-vous les succès territoriaux fulgurants de Daech en Irak ?
Pierre-Jean Luizard. La première cause, c’est l’échec de l’intégration des Arabes sunnites dans les gouvernements mis en place en Irak depuis 2003, après l’occupation du pays par les Etats-Unis. Or cette minorité, exclue aujourd’hui, a le monopole du pouvoir dans sa culture historique. Avant la chute de Saddam Hussein, elle le détenait depuis toujours, et n’est pas prête à devenir une simple minorité marginalisée et sans ressources.
Cet échec n’a pas été consommé dès 2003 car les élites sunnites ont cru un moment pouvoir s’intégrer. Mais elles ont constaté très vite qu’elles ne pouvaient pas changer le rapport de force. Cela s’est confirmé à partir de 2011, lorsque, sur le modèle des printemps arabes, les Arabes sunnites ont manifesté pacifiquement contre l’autoritarisme du premier ministre [chiite] Nouri al-Maliki. La répression a été impitoyable. Ce fut le déclic.
Vous pouvez retracer les grandes étapes de l’avancée de l’Etat islamique ?
Fin 2013, les Arabes sunnites prennent conscience, à une large majorité, de l’impossibilité de s’intégrer au système de gouvernement irakien. Ce basculement conduit en janvier 2014 à la prise par l’Etat islamique de Falloujah. Une ville aux portes de Bagdad, que le gouvernement central n’a jamais réussi à reprendre.  En juin 2014, l’Etat islamique prend Mossoul, Tikrit, et, à l’Ouest, la majeure partie de la province d’Al-Anbar, sans rencontrer de résistance.
La raison ? L’armée irakienne était trois fois moins nombreuse à Mossoul et Tikrit que ce qui était dit sur le papier !  La corruption était telle qu’il y avait une pratique généralisée : les militaires versaient la moitié de leur solde à leurs supérieurs pour ne pas être présent sur le terrain. Du coup, l’Etat islamique a pu s’emparer de pans entiers de territoire pratiquement sans tirer un seul coup de feu. Il se dirige vers Bagdad, en juin, mais l’alliance des Kurdes, de l’armée irakienne et des milices chiites stoppent sa progression. Confiné dans les zones arabes sunnites, l’Etat islamique doit abandonner tout espoir de conquérir la capitale irakienne.
Il change alors de stratégie ?
Exactement. Il tente une sortie vers le haut. Faute de pouvoir s’étendre vers les zones kurdes ou chiites, l’Etat islamique entame sa seconde phase d’extension : celle de l’effacement des frontières issues des accords Sykes-Picot [le partage du Moyen-Orient en 1916 entre la France et la Grande-Bretagne].
L’Etat islamique crée une province à cheval sur la Syrie et l’Irak avec la volonté d’internationaliser le conflit, et de lier aux conflits voisins. C’est un coup de génie. Il se rattache ainsi au temps long d’avant les frontières actuelles, puisqu’un certain nombre d’Etats au Moyen-Orient sont soit en voie d’effondrement comme l’Etat irakien, soit en état de déliquescence avancée comme  l’Etat syrien, soit en proie à une très grande inquiétude comme le Liban ou la Jordanie. Tous ces Etats ont en commun d’être des créations coloniales issues en 1920 du démembrement de l’empire ottoman.
D’où vient le califat ?
Ce terme de califat est un rappel des trahisons occidentales. Il y a un siècle, les Britanniques, par la voix du légendaire Lawrence d’Arabie, avaient promis d’accorder aux Arabes, s’ils se révoltaient contre l’empire ottoman, un royaume unifié sur les territoires actuels de la Syrie, du Liban, de la Transjordanie, de la Jordanie, de la Palestine et d’une partie de l’Irak.
Au lieu du royaume et même du califat arabe promis, il y a eu des Etats arabes croupions [Irak, Syrie etc.], mis sous mandat de la Grande-Bretagne ou de la France. Ces différents Etats ont divisé des populations qui étaient unies, et n’ont jamais eu de légitimité suffisante pour permettre l’émergence d’une citoyenneté partagée. En Irak, le pouvoir a été monopolisé par la minorité arabe sunnite. En Syrie, il y a eu un jeu incessant avec des solidarités claniques familiales.
D’où la volonté de l’Etat islamique aujourd’hui de bâtir un Etat sans frontières bien au-delà de l’Irak. Comme le montre son nouveau nom [il ne s’appelle plus Etat islamique en Irak et au Levant, mais Etat islamique tout court], il ne se fixe plus de limites. Ses actes de provocations menacent directement le Liban, la Jordanie, la Turquie ou l’Arabie saoudite. C’est un nouveau  « grand jeu » régional. Face à cette menace, les pays occidentaux ont réagi uniquement sur la base d’une contre-offensive militaire sans tenir compte des enjeux politiques.
De quels enjeux politiques parlez-vous ? 
L’Etat irakien, par exemple, est véritablement derrière nous. Il y a désormais trois Etats sur le territoire irakien [chiite, kurde, sunnite]. Cela ne sert à rien d’appeler les sunnites à participer à un gouvernement d’union en Irak, comme l’avait fait le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en août 2014. Il n’y a plus aucun espoir d’un tel retournement. Le gouvernement de Bagdad ne représente plus que les chiites.
L’enjeu est là : arriver à dissocier les Arabes sunnites d’Irak de l’Etat islamique. Il faut prendre en compte leur refus de réintégrer un Etat irakien qui ne peut être que dominé par les chiites.
Vous mettez en cause l’absence de réponse politique de la part des Occidentaux?
L’absence de volet politique est le piège tendu à la coalition par Daech. Les Etats occidentaux font des frappes aériennes  sans proposer de solution. Et comme ils n’ont pas de troupe au sol, ils se reposent sur l’armée irakienne et les peshmergas qui sont les premiers responsables de l’éclatement de l’Etat irakien.
Il faudrait que l’Onu s’engage à revenir sur la trahison des promesses faites il y a un siècle à ces populations, en leur disant que chacun sera consulté par voie référendaire sur l’Etat auquel il veut être rattaché et dans quelle frontière. Toutes ces questions ont été mises sous le boisseau pendant cent ans. Ce qui a permis à des régimes autoritaires sans légitimité démocratique d’asseoir leur pouvoir en faisant le jeu soit de minorités confessionnelles soit de minorités claniques ou tribales ou les deux.
L’Etat islamique joue-t-il le « choc des civilisations » ?
L’Etat islamique présente désormais son combat, à l’origine inscrit dans un territoire local, comme  un choc de civilisation. Un choc non pas entre Orient et Occident, mais entre les « mécréants » (à la tête desquels se trouvent les Etats-Unis, mais aussi leurs alliés dans la région, Arabie Saoudite, Jordanie, Egypte etc., considérés comme de « mauvais musulmans ») et les vrais croyants (qui peuvent être occidentaux).
C’est une coalition contre une autre coalition. L’Etat islamique procède à un appel direct envers toute une partie de la jeunesse des pays occidentaux, qui peut être sensible à ce discours leur permettant de se retrouver dans un projet, une famille. Car la faiblesse des démocraties occidentales, c’est de faire reposer sur les épaules des individus une très grande responsabilité, celle de devoir se penser seul. L’Etat islamique apporte l’espérance des lendemains qui chantent, même si on sait qu’en réalité, c’est l’inverse. Il est fort de la faiblesse de ses ennemis.
Sa stratégie d’attaques tous azimuts n’est-elle pas suicidaire ?
A force de déclarer la guerre à tout le monde pour impliquer le plus grand nombre possible d’acteurs au niveau international, jusqu’au lointain Japon, l’Etat islamique a effectivement peu de perspective sur le terrain. On peut se poser des questions sur le degré suicidaire de sa stratégie. Il provoque même des Etats ambigus vis à vis de lui comme la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite.
Sa défaite est inéluctable, mais, encore une fois, il n’est pas fort grâce à sa puissance militaire, mais grâce aux échos qu’il rencontre dans des milieux sans lien entre eux. Et il espère en Occident, par ses attentats, provoquer des réactions communautaires en chaîne qui peuvent miner notre système démocratique.

samedi 7 février 2015

Jordanie Etat islamique

Monarchie constitutionnelle, la Jordanie, État d’Asie occidentale du Moyen-Orient, est encerclée par l’Égypte, la Cisjordanie, Israël, la Syrie, l’Irak et l’Arabie saoudite. Autant dire, eu égard aux conflictualités de très haute intensité qui secouent la région, que ce pays majoritairement sunnite (92 %) est, en permanence, à la merci de toute entreprise de déstabilisation. Le royaume est objectivement menacé par le wahhabisme saoudien, l’arc irano-syrien chiite, sans oublier les tensions au sein d’Israël (la bande de Gaza et l’irrédentisme du Hamas et le Sud-Liban avec un Hezbollah intransigeant).
Activement soutenu par les États-Unis et par l’Union européenne, le royaume hachémite n’échappe pas aux forces centrifuges de ce que le démographe Gérard-François Dumont dénomme le « paradigme religieux », lequel s’est progressivement substitué au « paradigme panarabe » dont l’acmé fut la création, en 1945, de la Ligue des pays arabes (comprenant originellement l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie et le Yémen du Nord). Cette dernière coalition, ayant en commun une certaine conception de l’arabité, a rapidement fait long feu. Le développement économique, grâce à l’exploitation de la manne pétrolière, comme un règlement durable de la question palestinienne ont été les pierres d’achoppement d’une organisation politique incapable de surmonter les tropismes nationalistes et autoritaires de ses membres.
Aujourd’hui, la promesse de frappe aérienne de la Jordanie ne doit pas être l’arbre arabo-occidental devant servir à cacher la forêt islamo-terroriste. Il ne fait que peu de doutes que Washington instrumentalise le terrorisme islamique. Pourquoi, aux dires des milieux islamistes « autorisés », l’un des doctrinaires les plus virulents de l’État islamique, l’ex-lieutenant de Ben Laden, Abou Moussab al-Souri (auteur, en 2004, du monumental Appel à la résistance islamique mondiale, dans lequel il exhorte à la domination mondiale de l’islam), a été libéré, en 2011, par la Syrie, après que les services secrets pakistanais l’eurent livré à la CIA qui le remit ensuite aux autorités syriennes ?
La Jordanie demeure le jouet docile du Pentagone, au service de ses intérêts géostratégiques. Dans ce nouveau « Grand Jeu », la duplicité diplomatique des États-Unis ne vise rien moins qu’à accompagner les desseins de dislocation/balkanisation du monde arabo-musulman suivi de sa réorganisation selon des critères religieux (sunnites, chiites, druzes, alaouites) et ethno-fédéralistes.
Or, la redistribution des cartes prévoit tout simplement l’effacement de la Jordanie.

Aristide Leucate
Docteur en droit, journaliste et essayiste

mercredi 2 octobre 2013

Tensions entre l’Egypte et l’Iran/ l’Egypte annule tous ses vols et toutes relations touristiques avec l’Iran

Non, la Syrie n’est pas le seul front secoué par le terrorisme aux portes de l’Etat d’Israël, seul élément stable de la région.
L’Egypte vient d’annoncer officiellement qu’elle rompait toutes activités touristiques avec l’Iran, y compris tous les vols directs.
L’annonce a été faite ce mardi, il y a quelques dizaines de minutes, en partie en réaction au rapprochement recherché par le président Obama avec l’Iran, alors que les échanges entre l’Iran et l’Egypte s’étaient considérablement développés pendant la présidence de Morsi et des Frères musulmans.
Le nouveau régime égyptien est en train de prendre ses distances avec Téhéran, qui s’était imposé comme allié naturel chiite des Frères musulmans, alors que les services de sécurité égyptiens livrent en ce moment même une offensive difficile contre les terroristes islamistes qui tiennent une partie du pays.
« Les conditions de sécurité ne permettent pas au Ministère du tourisme d’autoriser les contacts vers l’Iran, par avion ou autre » a déclaré le porte parole du ministère, Rasha Azaiza, qui craint une arrivée massive de terroristes d’al Qaida depuis l’Iran, et un risque de constitution de milices étrangères comme en Syrie.
 
Par contraste, Téhéran a annoncé hier qu’il cherche à établir des vols directs avec les Etats Unis dans l’intention de revitaliser les liens entre l’Iran et les Etats Unis qui a déclenché une vague d’inquiétudes sérieuses dans tout le Moyen Orient – et pas seulement en Israël.
 
Un journaliste saoudien proche de la monarchie a critiqué le réchauffement des relations entre Washington et Téhéran, suite à la conversation téléphonique entre le président Barack Obama et le président iranien Hassan Rouhani.
Le journaliste Abdel Rahman Rashed a ajouté que si les Etats Unis cessent d’adopter une attitude ferme vis à vis de l’Iran, les pays du Moyen-Orient devront affronter un futur où l’Iran possède l’arme nucléaire. Dans le quotidien londonien Asharq Al Awsat, Rashid a également indiqué que la conversation téléphonique entre Rouhani et Obama a choqué les pays du Golfe, la Jordanie, la Turquie, ainsi qu’Israël et d’autres pays de la région.
© Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info
 

mercredi 18 septembre 2013

Writer says chemical Weapons deal exposing Conspiracy on Syria’s Revolution


The scandal of the conspiracy against the Syrian revolution has not been clearer than it is now following the agreement on the disposal of the Syrian chemical weapons. It has been confirmed to everyone with a mind and logic that we are before an international conspiracy coupled with an Arab silence and capitulation at the expense of the Syrian revolution and always in favor of the Zionist entity.

The story about the military strike against the Syrian regime was nothing more than one of the stops of implementing the Zionist wishes with regard to the ongoing conflict in Syria. It is true that there is a dimension pertaining to the standing of Obama and the United States after the latter made statements pertaining to the red lines that the Syrian regime must not cross. However, the more important dimension in this issue is the Israeli dimension because demand of the Zionist entity has been and continues to be the disposal of the chemical weapons out of fear they might later fall into the hands of “groups that cannot be controlled.”

It is known that the policy of attrition in Syria has been and continues to be the Zionist entity’s preferred policy as there is an ongoing destruction of a pivotal state. At the same time, there is now an attrition of Iran, Hizballah, Turkey and the Arab Spring and the instigation of Sunni-Shiite sedition, as we have always reiterated. However, this does not mean guaranteeing the continuation of the attrition indefinitely because despite the ongoing conspiracy, the rebels have been making progress, albeit gradually and slowing, and could one day win the battle. What this means to Netanyahu is the need to dispose of the chemical weapons and after that the long range missiles and perhaps the anti-aircraft missiles so that they would not fall in the hands of the rebels.

Here, they found in the regime’s use of chemical weapons the opportunity to do that. The objective of the strike was merely targeting the storage facilities of the chemical weapons and some other dangerous weapons (long range missiles and anti-aircraft missiles). When the Russian initiative was put forward the Zionists found in it the best opportunity to get rid of those chemical weapons since that would be carried out more accurately and professionally by international inspectors. Obama on the other hand found in the initiative the opportunity to come down from the tree he had climbed amid fears having two dimensions. First, fears that the military operation could develop in a manner that could represent a dilemma. Second, fears that the Congress could refuse to give cover to the strike amid an overwhelming popular rejection of the strike.

In return, it can be said that the regime was defeated by terror because it sold the chemical weapon it had purchased to improve the balance of deterrence with the enemy and paid for it from the bread of the Syrians. It sold it for the sake of its survival although the strike would not in any case have aimed to topple it and the Zionists would not have allowed it to be toppled to begin with. Also, strikes lasting three days cannot topple a regime no matter how fragile it is but the regime feared repercussions that would be difficult to predict and therefore it chose safety by selling the chemical weapons.

As things stand, the Russians, who have in practice become the custodians of the regime, are no less eager to protect the security of the Zionist state than the Americans. When Netanyahu asked them to stop the S300 missiles they stopped and they did the same with Iran. However, the Russians are offering their goods in a clever way because they are using their custodianship over the regime within the framework of affirming their international presence (and they have actually succeeded in that) under a polar plurality that has become a general characteristic in the international scene.

The thing that we should always remember and also of which we remind those who relied on the Americans and their strike is that it is the Americans who have prevented the revolution from making progress by denying the qualitative weapons. The Americans pressured the supporting countries not to provide the rebels with qualitative weapons that would enable them to win and subsequently they were not planning to topple the regime.

It can be said now that the Zionists have found in the chemical weapons deal the opportunity to get rid of this kind of weapon in Syria but the thing that is no less important is that they found in this deal a stop to get rid of the Iranian nuclear program by concluding a deal with Iran which would include the lifting of sanctions and keeping Bashar in power. This is a fantastic deal because keeping Bashar weak and exhausted is required in any case regardless of the fate of the Iranian nuclear program and that is instead of the arrival of others whose behavior would be difficult to predict.

It can be said here that what has happened represent a blow to the Arab countries, along with Turkey, that support the revolution. They provided the cover and also the funding for the strike but were not consulted in anything before the strike was cancelled or postponed and they were also not consulted about the new agreement. They should respond to this by adopting a decisive stand through a road map for rescuing the Syrian people which must include qualitative weapons and clearer intervention.

All that is left to say is that what the American, Zionists and Russians want is not destiny even if the supporting Arabs do not move in the required manner and even if that led to a much longer attrition. It is an attrition that cannot end with the victory of Bashar and a return to the situation that had existed before regardless of the price and whatever the sacrifices.

The other aspect of the scandal is represented by the position of the regime, Iran and army of Arab thugs because they deemed the Russian initiative and Washington’s acceptance of it a major victory (the Iranian deputy foreign minister deemed it a triumph for the resistance front). Is there a greater decadence than this joy and exultation and harmony between them and Netanyahu?

 http://addustour.com/

mercredi 11 septembre 2013

Political analysts say Jordanian jihadists in Syria threatening kingdom


The reported flow of Jordanian jihadists joining ranks with Al-Qa'idah-affiliated groups in Syria threatens to undermine the future security and stability of the Kingdom, Jordanian political analysts told The Jordan Times.

Hassan Abu Hanieh, political analyst and expert on Islamic groups, said earlier this week that Jordanians are considered among the most prominent foreign nationalities fighting alongside Islamist forces in the anti-Al-Asad rebellion, as hundreds have allegedly joined the radical and ultraconservative Salafist jihadist groups of Jabhat al-Nusrah and the Islamic State of Iraq and the Levant, both Al-Qa'idah-affiliated, he said.

Vested in their struggle against the "enemies of Islam", Jordanian Salafist militants have made Syria the latest platform for "holy war" against Westernisation, non-Sunnis and "godless" secular regimes in the Arab world, Hanieh said.

Jordanian authorities have grown increasingly wary of the rising jihadist power within the ranks of the Syrian rebellion, fearing its potential repercussions on Jordan, he added.

"They fear this could backfire on Jordan in terms of strikes," Hanieh said, making reference to the Amman bombings, the triple suicide attacks which struck three Amman hotels in November 2005, killing scores of people.

Jordanian Salafist jihadist leader Mohammed Shalabi, better known as Abu Sayyaf, claims that 700 Jordanians are currently fighting alongside radical Islamist forces in Syria to help Syrian Sunnis against the "Alawite infidel regime" and to "implement Sharia [Islamic law]".

"Injustice has fallen on the Sunnis by the Alawite regime. The struggle against Bashar al-Asad is a duty for each Muslim," Abu Sayyaf told The Jordan Times.

The sectarian dimension to the uprising and the current involvement of Assad's regional Shi'i allies, has further boosted the influx of Salafist jihadists seeking to counter the Shi'i presence on the Syrian battlefield, Hanieh added.

Considering the Assad regime non-Muslim, the jihadist movement has called for jihad to defend Syrian Sunnis against Alawite Shi'i violence, he noted.

According to Hanieh, dozens of Jordanians have reportedly climbed ranks within the jihadist and US terror-listed Jabhat al-Nusra [Al-Nusrah Front] with Zarqa-hailing Mustafa Abdul Latif al-Salih, known as Abu-Anas Al Sahaba, currently holding the rank of field commander.

"They fight to establish an Islamic state," said Muhammad Abu-Rumman, a researcher at the Centre for Strategic Studies at the University of Jordan.

Should jihadist groups gain a permanent foothold in Syria, some Jordanian jihadists may envision Jordan as another object for expansion, said Osama Al Sharif, journalist and political commentator.

Abu Sayyaf has rejected the charge directed against the Salafist movement of undermining Jordan's security, but authorities have implemented tighter restrictions on the mobility of his jihadist co-believers.

Members of the group were protesting Monday, demanding the release of some group leaders from prisons, it was reported.

To curb the traffic of potential Jordanian jihadists into neighbouring Syria, the authorities have tightened security and increased patrolling along the 370km-border, arresting suspected jihadist "infiltrators" caught on their attempted departure or return, trying several before the State Security Court.

"Jordan is committed to guarding its borders," Minister of State for Media Affairs and Communications Muhammad Mumani told The Jordan Times when questioned about the flow of Jordanian jihadists into war-torn Syria.

"They [the government] are trying to make sure there is no direct confrontation," said Sharif, with regard to the government's current security campaign. "It is a subtle kind of repression. The government does not want public hysteria... because so far they [the Salafist jihadists] are small in numbers so they are known and are monitored," he said.

Jordanian officials have previously expressed concern that Jordanian militant radicals venturing into Syria could subject Jordan to retaliation from the Syrian regime.

Hanieh is convinced Jordanian security agencies are keeping the domestic Salafist jihadists under close surveillance.

"They monitor every breath they take," he said.

The cities of Zarqa (hometown of the hunted-down Al-Qa'idah in Iraq leader Abu Musab Al Zarqawi), Salt and Maan remain fertile soil for recruitment of jihadist fighters due to poverty, unemployment, underdevelopment and marginalisation prominent in these areas, experts say.

The flow of fighters into conflict-ridden corners of the region is not a new phenomenon as scores of Jordanians have pursued martyrdom on foreign battlegrounds. Hundreds fought American troops after the 2003 US-led invasion of Iraq and in the 1980s and 2000s Afghanistan constituted another main scene for aspiring Jordanian jihadists vested in "liberating Muslim lands" from foreign occupation.

While numbers are disputed, 60-80 Jordanians are believed to have been killed fighting alongside Sunni Islamist fighters in Syria.
Source: Jordan Times website