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mercredi 9 décembre 2015

L’Otan s’élargit encore. Stratégie d’encerclement de la Russie.

Faut-il rappeler l'énorme magouille, avec la complicité de l'UE en 2006, lors du grand foutage de gueule du pseudo référendum sur l'indépendance du pays où quasiment 200 000 Monténégrins vivant en Serbie se sont vus interdire le droit de se prononcer quant à l'indépendance du pays, alors qu'au même moment on accordait la participation aux Monténégrins pro-Djukanovic vivant dans l'UE et aux USA. L'OTAN collabore avec les muslims, avec les narco-trafiquants-islamistes de l'UCK, maintenant avec le vrai mafieux Djukanovic, rien de nouveau en fin de compte.

http://news360x.fr/lotan-selargit-encore-strategie-dencerclement-de-la-russie/


La décision « historique » du Conseil de l’Atlantique-Nord d’inviter le Monténégro à commencer la procédure d’accès pour devenir le 29ème membre de l’Alliance, constitue un pas ultérieur de la stratégie USA/Otan visant à l’encerclement de la Russie. Quelle importance a pour l’Otan le Monténégro, dernier des Etats (2006) qui se sont formés à la suite de la désagrégation de la Fédération Yougoslave, démolie par l’Otan au moyen de l’infiltration et de la guerre ?

On le comprend en regardant la carte géographique. Avec une superficie un peu inférieure à celle des Pouilles (à seulement 200 Kms sur la rive opposée de l’Adriatique) et une population d’à peine 630 mille habitants (un sixième de celle des Pouilles), le Monténégro a une position géostratégique importante. Il est frontalier avec l’Albanie et la Croatie (membres de l’Otan), le Kosovo (de fait déjà dans l’Otan), la Serbie et la Bosnie-Herzégovine (partenaire de l’Otan). Il a deux ports, Bar et Porto Monténégro, utilisables à des fins militaires dans la Méditerranée. Dans le second fit escale, en novembre 2014, le porte-avions Cavour. Le Monténégro est stratégiquement important aussi comme dépôt de munitions et autre matériel de guerre. Sur son territoire se trouvent dix grands bunkers souterrains construits à l’époque de la Fédération Yougoslave, où restent plus de 10 mille tonnes de vieilles munitions à liquider ou exporter, et des hangars fortifiés pour avions (bombardés en 1999 par l’Otan). Avec des millions d’euros fournis y compris par l’Ue, a commencé depuis longtemps leur restructuration (les premiers étant Taras et Brezovic). L’Otan disposera ainsi au Monténégro de bunkers qui, modernisés, permettront de stocker d’énormes quantités de munitions, armes nucléaires comprises aussi, et de hangars pour des chasseurs-bombardiers. Le Monténégro, dont l’entrée dans l’Otan est désormais certaine, est aussi candidat à entrer dans l’Union européenne, où déjà 22 des 28 pays membres appartiennent à l’Otan sous commandement étasunien. Un rôle important en ce sens a été joué par Federica Mogherini : visitant le Monténégro en tant que ministre italienne des affaires étrangères en juillet 2014, elle rappelait que « la politique sur l’élargissement est la clé de voûte de la réussite de l’Union européenne -et de l’Otan- dans la promotion de la paix, de la démocratie et de la sécurité en Europe » et félicitait le gouvernement monténégrin pour son « histoire de réussite ». Ce gouvernement à la tête duquel se trouve Milo Djukanovic que même Europol (l’Office de police de l’Ue) avait mis en cause dès 2013 parce que le Monténégro est devenu le carrefour des trafics de drogue de l’Afghanistan (où opère l’Otan) à l’Europe et le plus important centre de recyclage d’argent sale. Une « histoire de réussite », analogue à celle du Kosovo, qui montre comment même la criminalité organisée peut être utilisée à des fins stratégiques.

Le premier ministre du Montenegro Milo Dukanovic et Madame Federica Mogherini ministre italienne des affaires étrangères en juillet 2014.

Source de la photo : tvnewsroom.consilium.europa.eu

Ainsi continue l’expansion de l’Otan à l’Est. En 1999 elle englobe les trois premiers pays de l’ex Pacte de Varsovie : Pologne, République tchèque et Hongrie. En 2004, l’Otan s’étend à sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie (auparavant partie de l’Urss) ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie (auparavant partie du Pacte de Varsovie) ; Slovénie (auparavant partie de la Yougoslavie). En 2009, l’Otan englobe l’Albanie (à un moment membre du Pacte de Varsovie) et la Croatie (auparavant partie de la Yougoslavie).

A présent, malgré la forte opposition interne durement réprimée, on veut faire rentrer le Monténégro, suivi par quelques «pays aspirants» -Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Ukraine- et par d’autres encore à qui on laisse « la porte ouverte ». En s’étendant à l’Est de plus en plus au bord de la Russie, l’Otan, avec ses bases et ses forces militaires y compris nucléaires, ouvre en réalité la porte à des scénarios catastrophiques pour l’Europe et le monde.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 8 décembre 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-nato-si-allarga-ancora/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



mercredi 9 octobre 2013

BOSNIE-HERZÉGOVINE Un recensement de la population à haut risque

Le 1er recensement de la population en Bosnie-Herzégovine depuis la fin de la guerre. Sarajevo, 1er octobre 2013 - AFP / Elvis Barukcic

Le 1er recensement de la population en Bosnie-Herzégovine depuis la fin de la guerre. Sarajevo, 1er octobre 2013 - AFP / Elvis Barukcic

Pour la première fois depuis vingt-deux ans, la Bosnie-Herzégovine procède à un recensement de sa population (entre le 1er et le 15 octobre). Une fois les données statistiques recueillies et recoupées, nous connaîtrons les chiffres officiels concernant la population de notre pays, le nombre de maisons, de vaches, de fermes, etc.

Il était temps ! Les recensements de 2001 et de 2011* n'ont pas pu avoir lieu conformément aux critères de l'Eurostat [l'office de statistiques de l'Union européenne], faute d'accord des dirigeants politiques d'un pays où tout est surpolitisé. Au final, ils se sont entendus sur le questionnaire. Et les questions portant sur l'appartenance ethnique et religieuse ainsi que sur la langue pratiquée – aucune des trois n'exigeait une réponse obligatoire – sont remontées à la surface comme étant les plus importantes.

Ainsi, les données portant sur le nombre de Musulmans bosniaques, de Serbes et de Croates vivant en Bosnie-Herzégovine, sur la répartition des musulmans, des orthodoxes et des catholiques, ou sur la langue qu'ils parlent sont devenues la question centrale pour les élites politiques.

Toutes les données qui touchent à la vie réelle, à savoir au nombre d'hôpitaux et d'écoles dont on a besoin, aux terres cultivables ou encore au nombre de gens bénéficiant d'un emploi ont été repoussées au second plan. Depuis deux mois, tous les appels des hommes politiques et des dignitaires religieux incitant la population à participer au recensement sont accompagnés de "consignes" pour inciter à déclarer clairement la confession et l'appartenance ethnique.

Répartir les postes bien rémunérés

Certes, le recensement risque de donner à voir l'état réel des conséquences de la guerre [1992-1995] qui a sévi en Bosnie-Herzégovine, à savoir des modifications démographiques résultant du nettoyage ethnique et de l'obstruction au retour des réfugiés. Tout cela sera répertorié. Toutefois, les leaders nationaux ne s'en soucient guère. Ils se préoccupent davantage de la future structure ethnique que le recensement fera apparaître. D'autant plus qu'elle servira de base pour la répartition des postes ministériels, dans le système judiciaire ou dans les conseils d'administration des grandes entreprises. Bref, de toutes les fonctions bien rémunérées dans les institutions publiques, depuis les collectivités locales, en passant par les cantons et les entités [la Bosnie-Herzégovine et composée de deux entités : la Fédération croato-bosniaque (ou croato-musulmane) et la République serbe de Bosnie (ou Republika Srpska)], jusqu’au sommet de l'Etat.

Depuis plus d'une décennie, l'égalité des peuples constituant le pays (Musulmans bosniaque, Serbes et Croates) est garantie aux niveaux de l'Etat central et des entités régionales. Mais, en réalité, seules certaines lois garantissant cette égalité sont appliquées. L'égalité des peuples n'est respectée que dans le domaine de la justice, et au sommet du pouvoir exécutif et législatif des entités locales.

Les minorités écartées
Si le principe d'égalité avait été respecté à la lettre, le nombre de représentants des minorités embauchés dans les municipalités locales ne se serait pas réduit comme une peau de chagrin. Si cela avait été le cas, les écoliers bosniaques de Vrbanjac et de Konjevic Polje [des localités situées en République serbe de Bosnie] n'auraient pas boycotté leurs écoles, étant privés du droit fondamental de bénéficier d'une éducation en langue maternelle. Toutefois, ceux qui appellent aujourd'hui les citoyens à déclarer de manière claire leur appartenance ethnique et religieuse ne sont pas très convaincants. A part les éternelles lamentations sur la non-application des lois, ils ont fait très peu de démarches concrètes pour changer l'état actuel des choses.

Et comme si les appels répétés soulignant l'importance de l'appartenance ethnique, de la confession et de la langue pour les Serbes bosniens ne suffisaient pas, l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants (Snsd, parti serbe] a rappelé l'"obligation" de la population de l'entité serbe de se déclarer en tant que citoyens de la République serbe de Bosnie. Cette insinuation ne peut que profiter au Premier ministre Milorad Dodik et à ses acolytes, et alimenter leur discours que la République serbe de Bosnie constitue un Etat à part entière.

Certes, les citoyens auront le dernier mot. La plus grande sanction infligée à ceux qui vivent confortablement sur leur dos depuis plus de vingt-deux ans serait de refuser de déclarer une appartenance ethnique. Ou alors de s'y soumettre, dans la mesure où cela permettrait de mettre fin au principe de l'exclusivité ethnique, ce qui donnerait une chance aux gens éduqués et intelligents, et pas seulement à ceux caractérisés par leur profil ethnique. Ce serait beau…
 
Note :* Le dernier recensement en Bosnie-Herzégovine a eu lieu en 1991 – à l'époque, le pays faisait partie de la république fédérale de Yougoslavie. La population locale avait été estimée à 4,4 millions d'habitants, dont 43,5 % de Musulmans bosniaques, 31,2 % de Serbes et 17,4 % de Croates. A l'heure actuelle, elle serait de 3,8 millions d'habitants.
 

lundi 1 avril 2013

Saudi heavy weapons supply to Syrian rebels breaks up Arab summit in uproar

Syrian rebels in Aleppo have begun receiving their first heavy weapons – 220-mm MLRS rocket launchers – from a large-scale supply operation headed by Saudi intelligence chief Prince Bandar bin Sultan, DEBKAfile reports exclusively. In Serbia, Bosnia, Croatia and Kosovo, his agents produced snapped up Russian-made MLRS (Smerch) and Hurricane 9K57 launchers capable of firing scores of 220-mm rockets to a distance of 70 kilometers. Bandar hopes that with these weapons the rebels will soon capture the big Syrian air base of Nairab near Aleppo, key landing site for Iranian and Russian arms airlifts to the Syrian army.
This news brought the Arab League summit taking place in Doha, Qatar this week to a clamorous end.  The conference proceedings were abruptly halted as Arab delegation members pitched in to separate Saudi and Qatar delegates who came to blows in a side room of the assembly hall.

samedi 30 mars 2013

Obama livre des armes aux djihadistes syriens



La CIA est derrière une grande partie de la fourniture d’armes aux rebelles syriens, depuis la Croatie, la Turquie et la Jordanie. Les agents de la CIA sont impliqués dans les achats d’armes, la logistique et le choix des destinataires. Or, il y a plusieurs centaines de groupes rebelles et de seigneurs de la guerre qui luttent contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie.
Et l’écrasante majorité des analystes confirment que ce sont les radicaux islamistes – soutenus par l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et la Jordanie – qui, en Syrie, tiennent le couteau par le manche. En clair, Barack Hussein Obama livre en secret sur sol syrien des armes aux miliciens intégristes – syriens et étrangers – soutenus par des pays sunnites. Obama le soi-disant ami d’Israël joue donc – une fois de plus – avec le feu. Exprès ?
Alors que le véritable intérêt des démocraties occidentales devrait être de tenter de contenir le conflit à l’intérieur des frontières de la Syrie, quand bien même ce conflit se poursuivrait encore longtemps ; de ne favoriser ni les sunnites, ni les chiites, ni les laïcs, ni les religieux ; et enfin, de garantir la sécurité des Chrétiens souverainistes du Liban, de l’Etat d’Israël et du détroit d’Ormuz.

jeudi 13 décembre 2012

La Haye : Les deux derniers clous dans le cercueil de la justice internationale ?

En l’espace de moins de quinze jours, le Tribunal de La Haye, jugeant les crimes commis pendant les guerres d’ex-Yougoslavie, a fait preuve d’une clémence inhabituelle en acquittant cinq prévenus. Point commun : ils étaient tous accusés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité à l’encontre de civils serbes.

Le premier verdict, ayant acquitté le 16 novembre les généraux croates Ante Gotovina et Mladen Markač, a résulté d’un procès en appel, les deux accusés ayant été condamnés, en première instance, à – respectivement – 24 et 18 ans de prison. Gotovina, ancien de la légion étrangère, disposant de la nationalité française, avait dirigé l’Opération Tempête. En août 1995, celle-ci avait permis à la Croatie de reprendre le contrôle d’environ un quart de son territoire, la Krajina serbe, où la population avait pris les armes et fait sécession après que la république croate se soit elle-même séparée de la fédération yougoslave. Parfois qualifiée de plus grand nettoyage ethnique en Europe après la Seconde guerre mondiale, cette opération avait provoqué l’exode de quelque 220 000 Serbes et la mort de près de 2 000, en majorité des civils. La plupart des exilés ne sont jamais revenus en Croatie, où la proportion de Serbes est actuellement d’environ d’un quart de ce qu’elle était avant la guerre.
Plus de « responsabilité de commandement » pour les généraux croates
Contrairement à ce qu’il avait jugé en première instance, le Tribunal a estimé que les deux généraux n’étaient pas responsables de ces crimes – dont il n’a pas nié la réalité – car n’étant pas leurs auteurs directs. Cependant, ce Tribunal défendait jusqu’à présent le principe de « responsabilité de commandement », qui a permis la condamnation à de lourdes peines de plusieurs dizaines de dirigeants politiques et militaires serbes, arguant qu’ils étaient automatiquement responsables des crimes commis par leurs subordonnés. Malgré des déclarations sans équivoque des plus hauts responsables politiques croates de l’époque, le Tribunal a aussi estimé que les deux hommes ne participaient pas une « entreprise criminelle commune » visant à nettoyer la Croatie de sa population serbe. Enfin, il a usé d’oiseuses considérations balistiques pour estimer qu’il n’était pas prouvé que les bombardements qui ont détruit plusieurs bourgades serbes visaient particulièrement des objectifs civils, ceci alors que les autorités croates ont toujours refusé de livrer les carnets de tirs d’artillerie de l’Opération Tempête, soi-disant perdus.
S’il a suscité la surprise des juristes – car il est rare que des accusés, condamnés à de lourdes peines, soient acquittés en appel –, le verdict a également divisé les juges qui l’ont prononcé, puisque seuls trois d’entre eux s’y sont rallié. Les deux autres l’ont dénoncé en des termes peu habituels, l’Italien Pocar déclarant qu’il « contredit le sens même de la justice », que 1300 pages de preuves ont été ignorées et que ses trois collègues ont commis de « nombreuses erreurs et constructions fausses dans leur prise de décision », tandis que le dernier, le Maltais Agius, considérait que le verdict était basé sur « une approche étroite, artificielle, déficiente, confuse et problématique » menant à des « résultats incorrects ». Si le Procureur du Tribunal, le Belge Brammertz, s’est simplement dit « déçu », son prédécesseur, la médiatique Carla Del Ponte, s’est dite « stupéfaite » et « choquée » par le verdict et affirmé qu’il avait été influencé « par la politique, l’argent ou quelque chose n’ayant rien à voir avec le tribunal ».
En Serbie, où l’acquittement des deux généraux a été accueilli avec colère, dégoût ou résignation, plusieurs hommes politiques ont évoqué un jugement « politique » qui viserait à blanchir la Croatie de tout crime de guerre à quelques mois de son entrée dans l’Union européenne. De possibles pressions des Etats-Unis sont moins évoquées et on semble oublier que l’Opération Tempête a été organisée par des officiers américains « à la retraite » employés par une firme de sécurité, privée mais dépendant du Pentagone, la Military Professional Resources Inc (MPRI). Bien entendu, Washington a refusé toute coopération avec le Tribunal durant ce procès, en net contraste avec les tonnes de documents livrés à l’encontre d’accusés du camp d’en face. Ce verdict tombe donc assurément bien pour les Etats-Unis, dont le rôle actif dans les guerres des Balkans continue d’être partiellement occulté. Néanmoins, l’hypothèse d’un achat des trois juges reste la plus vraisemblable, tant leur verdict semble défier toute logique humaine et juridique.
Liquidation des témoins
Le second verdict, prononcé le 29 novembre, a acquitté Ramush Haradinaj, ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), ainsi que deux de ses acolytes, Idriz Balaj et Lahi Brahimaj, accusés de torture et de meurtre de civils serbes et roms au Kosovo en 1998. Il s’agissait ici d’un nouveau procès, le premier ayant déjà abouti, en 2008, à l’acquittement des deux premiers et à la condamnation à 6 ans de prison du troisième. La nouvelle procédure avait été décidée en raison des nombreuses intimidations subies par des témoins lors du premier procès ; des « intimidations » allant jusqu’à l’assassinat. Selon Vladimir Vukčević, procureur de Serbie pour les crimes de guerre, ce ne sont pas moins de 19 témoins potentiels de l’accusation, tous des Albanais du Kosovo, qui ont été tués ces dernières années. Quant aux témoins survivants, ils ont bien entendu modifié leurs déclarations ou refusé de répondre aux juges lors des audiences. De toute évidence, le Tribunal n’a pas réussi à fournir une protection adéquate aux témoins. L’an passé, un témoin protégé, vivant secrètement en Allemagne, a été retrouvé pendu dans un parc près de son domicile. En outre, le Tribunal a autorisé Haradinaj à revenir périodiquement au Kosovo, où il a pu exercer des activités politiques et – vraisemblablement – mettre au point des méthodes visant à faire taire ses accusateurs.
Dans ces conditions, comme le nouveau procès n’a permis que de causer la mort de nouveaux témoins, on n’a guère été surpris que Haradinaj soit à nouveau acquitté. A Belgrade, le porte-parole du gouvernement a déclaré que le tribunal « a légalisé la loi de la mafia au Kosovo, en particulier l’omerta ». Ce gouvernement pourrait bientôt devoir avaler une couleuvre supplémentaire en devant s’asseoir à une même table que Haradinaj, car l’ancien videur de boîte de nuit ambitionne de retrouver rapidement le poste de Premier ministre du Kosovo qu’il occupait au moment de son inculpation et de diriger les pourparlers en cours avec Belgrade. Notons cependant que le nouveau Premier ministre serbe, Ivica Dačić, a déjà rencontré trois fois à Bruxelles son homologue du Kosovo, Hashim Thaçi, accusé – notamment par un rapport du Conseil de l’Europe – d’avoir dirigé une « bande surpuissante d’entrepreneurs criminels » s’étant livrée au meurtre à des fins d’extraction d’organes de prisonniers serbes en 1999-2000.
Tribunal de la justice sélective et de l’impunité
Ainsi, alors que le Tribunal de La Haye est en train de clôturer ses travaux, pratiquement aucun responsable d’ex-Yougoslavie n’aura été condamné pour crimes contre des Serbes[1]. Parmi les 161 inculpés du Tribunal, les trois-quarts sont des Serbes, et encore davantage si l’on compte le nombre de condamnés[2]. Pourtant, plus de 40 000 tués des guerres des Balkans et plus d’un million de déplacés et réfugiés sont des Serbes des diverses république ex-yougoslaves. Toutes ces victimes demeurent non-reconnues par La Haye, qui a officialisé de son sceau les principes de justice sélective et d’impunité.
Tout ceci ne favorisera bien entendu pas les principes de réconciliation que les partisans du Tribunal n’ont cessé de brandir depuis deux décennies pour justifier les milliards de dollars qui y ont été investis. Les frustrations, la culpabilisation des uns et le sentiment d’impunité des autres, laissent la porte ouverte à d’autres crises et déchaînements de violence. En ostracisant à ce point une nation, reconnaissons cependant au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie d’être sur la même ligne que son homologue rwandais, qui n’a condamné que des Hutu[3], et que la plus récente Cour pénale internationale, qui n’a – à ce jour – inculpé que des Africains. La mission première de ces institutions ne semble pas être le châtiment des coupables ou la défense des victimes, mais de conforter les visions manichéennes des conflits de l’histoire contemporaine suscitées par les grandes puissances et véhiculées par les médias à leur service. Dans ces conditions, la notion de « justice internationale » se révèle être une bien nocive illusion.
Georges Berghezan
N.B. : Une version raccourcie de cet article est publiée simultanément dans Le Drapeau Rouge n° 38 de décembre 2012 (dr@belgi.net).


[1] À l’exception du général Rasim Delić, commandant des forces musulmanes bosniaque pendant la guerre, condamné à 3 ans de prison, mais dont il purgea moins de la moitié à la suite de ses problèmes de santé.
[2] Selon l’actuelle ministre de la Justice de Serbie, 96,8 % des condamnés sont des Serbes. Ce chiffre semble néanmoins faire abstraction de quelques responsables croates de Bosnie condamnés pour des atrocités à l’encontre de Musulmans bosniaques durant la guerre qui a opposé les deux communautés (1992-94).
[3] A l’exception d’un Belge rallié aux extrémistes hutu.

mardi 26 juin 2012

Diffamation sur commande

Quand un pays veut entrer en guerre, il lui faut acquérir l’adhésion de sa population et le meilleur moyen d’y parvenir est le mensonge. Les exemples sont innombrables et on n’en dressera pas la liste ici. Rappelons simplement l’affaire des couveuses du Koweit qui avait permis aux Américains et à leurs alliés d’envahir l’Irak. Ce mensonge, découvert après les événements, avait été forgé par l’une des grandes agences américaines de Public relations et de traitement de l'information : Hill & Knowlton de New York. On nous signale un article, retrouvé en réalité par l’historien Paul-Eric Blanrue et mis en ligne sur son site « Le Clan des Vénitiens » – article publié par la revue zurichoise « Horizons & Débats » dans sa livraison du 10 mars 2007 – qui démontre que c’est encore un mensonge forgé par une influente agence de communication qui avait permis aux troupes de l’OTAN de s’engager contre la Serbie dans la Guerre dite de Bosnie. On reste pantois devant le coup de poker joué par cette agence… Polémia
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2–5 août 1992: coup de poker extraordinaire
Comment est-il possible que la responsabilité de la guerre en Croatie ait été attribuée à ceux qui ne l’ont pas commencée? Et pourquoi les médias ont-ils diffusé des mensonges éhontés et des demi-vérités, déformé la réalité et caché des faits importants? On trouve la réponse à ces questions dans le livre Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire de Jacques Merlino, rédacteur en chef de France 2. Dans cet ouvrage, il reproduit une interview de James Harff, directeur de la grande et très influente agence de communication américaine Ruder Finn Global Public Affairs qui fournit, entre autres, des informations à la Maison-Blanche.
James Harff reconnaît sans détours que son agence a été payée pour répandre de fausses informations des Croates, des musulmans bosniaques et plus tard des Albanais du Kosovo. Il avait déjà été en contact avec ces groupes ethniques avant la guerre. Jacques Merlino s’étonne de la franchise de James Harff, mais il semble qu’un homme comme lui ne soit pas un danger pour cette entreprise géante renommée.

Voici un extrait de l’interview.
Merlino : Monsieur Harff, ce qui m’intéresse en premier lieu est d’essayer de comprendre votre méthode de travail.
Harff : C’est très simple. Un fichier, un ordinateur et un fax, voilà l’essentiel de nos outils de travail. Le fichier comprend quelques centaines de noms, journalistes, hommes politiques, représentants d’associations humanitaires, universitaires. L’ordinateur trie ce fichier selon une série de thèmes croisés afin de présenter des cibles très efficaces. Et cet ordinateur est relié à un fax. Ainsi, nous pouvons en quelques minutes diffuser une information précise à tous ceux dont nous pouvons penser qu’ils réagiront. Notre métier est de disséminer l’information, de la faire circuler le plus vite possible pour que les thèses favorables à notre cause soient les premières à être exprimées. La vitesse est un élément essentiel. Dès qu’une information est bonne pour nous, nous nous devons de l’ancrer tout de suite dans l’opinion publique. Car nous savons parfaitement que c’est la première affirmation qui compte. Les démentis n’ont aucune efficacité.

Merlino : A quel rythme intervenez-vous?
Harff : Ce n’est pas la quantité qui est importante. C’est la capacité d’intervenir au bon moment et auprès de la personne adéquate. Je peux vous donner quelques chiffres si vous le souhaitez. Ainsi, de juin à septembre, nous avons organisé trente entretiens avec les principaux groupes de presse et nous avons diffusé treize informations exclusives, trente-sept fax de dernière minute, dix-sept lettres officielles et huit rapports officiels. Nous avons également organisé des rencontres entre des officiels bosniaques et le candidat à la vice-présidence Al Gore, le très actif secrétaire d’Etat Lawrence Eagleburger et dix sénateurs influents dont George Mitchell et Robert Dole. Nous avons donné 48 coups de téléphone à des membres de la Maison-Blanche, 20 à des sénateurs et près de 100 à des journalistes, éditorialistes, présentateurs de journaux télévisés et autres personnages influents dans les médias.

Merlino : Quelle précision! Mais dans tout ce travail, de quoi êtes-vous le plus fier?

Harff : D’avoir réussi à mettre de notre côté l’opinion juive. La partie était très délicate et le dossier comportait un très grand danger de ce côté-là. Car le président Tudjman a été très imprudent dans son livre Déroute de la vérité historique. A lire ses écrits, on peut l’accuser d’antisémitisme. Du côté bosniaque, cela ne se présentait pas mieux car le président Izetbegovic avait, dans sa Déclaration islamique publiée en 1970, pris trop fortement position en faveur d’un Etat islamique et fondamentaliste. En outre, le passé de la Croatie et de la Bosnie avait été marqué par un antisémitisme réel et cruel. Plusieurs dizaines de milliers de juifs ont été supprimés dans les camps croates. Il y avait donc toutes les raisons pour que les intellectuels et les organisations juives soient hostiles aux Croates et aux Bosniaques. Notre challenge était de renverser cet état de choses. Et nous l’avons réussi d’une manière magistrale. Entre le 2 et le 5 août 1992, lorsque le New York Newsday a sorti l’affaire des camps. Nous avons alors saisi l’affaire au bond et immédiatement, nous avons circonvenu trois grandes organisations juives: la B’nai B’rith Anti-Defamation League, l’American Jewish Committee et l’American Jewish Congress. Nous leur avons suggéré de publier un encart dans le New York Times et d’organiser une manifestation de protestation devant les Nations unies. Cela a formidablement marché ; l’entrée en jeu des organisations juives au côté des Bosniaques fut un extraordinaire coup de poker. Aussitôt, nous avons pu, dans l’opinion publique, faire coïncider Serbes et nazis.
Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qui se passait en Yougoslavie, et pour être franc, je vous dirai que la grande majorité des Américains se demandaient dans quel pays d’Afrique se trouvait la Bosnie, mais d’un seul coup nous pouvions présenter une affaire simple, une histoire avec des bons et des méchants. Nous savions que l’affaire se jouerait là. Et nous avons gagné en visant la bonne cible, la cible juive.
Aussitôt, il y eut un très net changement de langage dans la presse avec l’emploi de termes à très forte valeur affective, tels que purification ethnique, camps de concentration, etc., le tout évoquant l’Allemagne nazie, les chambres à gaz et Auschwitz. La charge émotionnelle était si forte que plus personne ne pouvait aller contre sous peine d’être accusé de révisionnisme. Nous avons tapé en plein dans le mille.

Merlino : Peut-être. Mais entre le 2 et le 5 août 1992, vous n’aviez aucune preuve que ce que vous disiez était vrai. Vous ne disposiez que des articles de Newsday.
Harff : Notre travail n’est pas de vérifier l’information. Nous ne sommes pas équipés pour cela. Notre travail, je vous l’ai dit, est d’accélérer la circulation d’informations qui nous sont favorables, de viser des cibles judicieusement choisies. C’est ce que nous avons fait. Nous n’avons pas affirmé qu’il y avait des camps de la mort en Bosnie, nous avons fait savoir que Newsday l’affirmait.

Merlino : Mais c’est une énorme responsabilité. Vous rendez-vous compte de cette responsabilité?
Harff : Nous sommes des professionnels. Nous avions un travail à faire et nous l’avons fait. Nous ne sommes pas payés pour faire de la morale. Et quand bien même le débat serait placé sur ce terrain, nous aurions la conscience tranquille. Car si vous voulez prouver que les Serbes sont de pauvres victimes, allez-y, vous serez bien seul.»
Jacques Merlino
Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire
Horizons et Débats n° 9
10/03/2007
Extraits de : Alexander Dorin (Hrsg.), In unseren Himmeln kreuzt der fremde Gott. Verheimlichte Fakten der Kriege in Ex-Jugoslawien (Kroatien, Bosnien und Kosovo). Lörrach 1999. ISBN 3-9521797-0-1 (p. 66–69) (interview tirée de Jacques Merlino, Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire, Albin Michel, Paris, 1993 pp. 126–129)

jeudi 15 septembre 2011

Libye : les insurgés ont assassiné plusieurs dizaines de Serbes, Ukrainiens, Colombiens et Croates

Selon le quotidien croate Vecernji List du 13 septembre, et d’autres sources en provenance des Balkans, les insurgés libyens, ceux que l’on présente comme des « démocrates », auraient assassiné des dizaines d’étrangers à Misrata, après un simili de procès expéditif, dont 11 Serbes, 9 Croates, 11 Ukrainiens, 10 Colombiens et d’autres civils étrangers à la nationalité non précisée. Il y aurait aussi parmi ces victimes de la nouvelle « démocratie » libyenne des musulmans de Bosnie-Herzégovine.



Faussement présentés comme « un groupe de mercenaires étrangers », ces hommes (il y aurait aussi quelques femmes) étaient des coopérants techniques et scientifiques qui travaillaient légalement en Libye en accord avec des contrats signés par le régime de Kadhafi. Nombre d’entre eux, « exécutés sur place », étaient des spécialistes de l’aéronautique, des médecins, des infirmiers, des informaticiens, des enseignants, des ingénieurs du BTP, des spécialistes de l’hôtellerie, du tourisme, etc.
La ville de Misrata a été placée sous la responsabilité d’un chef jihadiste d’Al-Qaïda, Abdelhakim Al-Hasadi, avec l’aide précieuse de la CIA et du Pentagone. On voit aujourd’hui les premiers résultats de cette fine stratégie géopolitique.
À Belgrade, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement pro-occidental a préféré déclarer n’avoir « aucune information » concernant ces ressortissants serbes assassinés en Libye, plutôt que d’assumer pleinement son rôle de garant de tous ses citoyens de part le monde. Même attitude lâche du côté de Zagreb et de Sarajevo. Belgrade a seulement reconnu l’existence de « cinq citoyens serbes détenus à Zintan ».
Comme on peut s’en rendre compte, la démocratie s’installe durablement en Libye, grâce à BHL, Sarkozy et Obama.

Note sur la photo : Il n'y a pas que des Noirs que les fiers combattants islamistes du CNT ont assassinés, mais aussi des ressortissants des Balkans, de Colombie et d'Europe de l'Est.
 
 

Source : NPI