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vendredi 9 juin 2017

Les Frères musulmans quittent Tripoli

Les leaders des Frères musulmans et de leurs organisations armées (Al-Qaïda, Daesh, etc.) quittent Tripoli depuis la rupture des relations diplomatiques saoudo-qatari.
Ils se regroupent en Turquie.
On devrait donc assister prochainement à une relative clarification en Libye où l’un des trois gouvernements actuels devrait être dissout.
Une totale réorganisation des alliances est en cours au Moyen-Orient.

jeudi 3 novembre 2016

Les e-mails d’Hillary Clinton et la Confrérie par Thierry Meyssan

L’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte pas sur une négligence face aux règles de sécurité, mais sur un complot visant à distraire toute trace de ses correspondances qui auraient dû être archivées sur des serveurs de l’État fédéral. Il pourrait comprendre des échanges sur des financements illégaux ou de la corruption, d’autres sur les liens des époux Clinton avec les Frères musulmans et les jihadistes.
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Hillary Clinton et sa directrice de cabinet Huma Abedin.
La relance de l’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte plus sur les questions de sécurité, mais sur des trafics qui pourraient aller jusqu’à la haute trahison.
Techniquement, au lieu d’utiliser un serveur sécurisé de l’État fédéral, la secrétaire d’État avait fait installer à son domicile un serveur privé, de manière à pouvoir utiliser Internet sans laisser de traces sur une machine de l’État fédéral. Le technicien privé de Mme Clinton avait nettoyé son serveur avant l’arrivée du FBI, de sorte qu’il n’était pas possible de savoir pourquoi elle avait mis en place ce dispositif.
Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés.
Anthony Weiner est un homme politique juif, très proche des Clinton, qui ambitionnait de devenir maire de New York. Il dut démissionner à la suite d’un scandale très puritain : il avait envoyé des SMS érotiques à une jeune femme autre que son épouse. Huma Abedin se sépara officiellement de lui durant cette tourmente, mais en réalité ne le quitta pas.
Huma Abedin est une états-unienne ayant été élevée en Arabie saoudite. Son père dirige une revue académique —dont elle fut durant des années la secrétaire de rédaction— qui reproduit régulièrement l’avis des Frères musulmans. Sa mère préside l’association saoudienne des femmes membres de la Confrérie et travaillait avec l’épouse du président égyptien Mohamed Morsi. Son frère Hassan travaille pour le compte du cheikh Yusuf al-Qaradawi, le prêcheur des Frères et conseiller spirituel d’Al-Jazeera.
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À l’occasion d’un déplacement officiel en Arabie saoudite, la secrétaire d’Etat visite le collège Dar al-Hekma en compagnie de Saleha Abedin (mère de sa directrice de cabinet), présidente de l’association des Sœurs membres de la Confrérie.
Huma Abedin est aujourd’hui un personnage central de la campagne Clinton, à côté du directeur de campagne, John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous la présidence de Bill Clinton. Podesta est par ailleurs le lobbyiste attitré du Royaume d’Arabie saoudite au Congrès pour la modique somme de 200 000 dollars mensuels. Le 12 juin 2016, Petra, l’agence de presse officielle de Jordanie, avait publié une interview du prince héritier d’Arabie, Mohamed Ben Salmane, affirmant la modernité de sa famille qui avait illégalement financé à hauteur de 20 % la campagne présidentielle d’Hillary Clinton, quoique ce soit une femme. Le lendemain de cette publication, l’agence annulait cette dépêche et assurait que son site internet avait été piraté.
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Selon l’agence officielle jordanienne Petra du 12 juin 2016, la famille royale saoudienne a illégalement financé 20 % de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton.
Madame Abedin n’est pas la seule membre de l’administration Obama liée à la Confrérie. Le demi-frère du président, Abon’go Malik Obama, est le trésorier de l’Œuvre missionnaire des Frères au Soudan et président de la Fondation Barack H. Obama. Il est directement placé sous les ordres du président soudanais, Omar el-Béchir. Un Frère musulman est membre du Conseil national de sécurité —la plus haute instance exécutive aux États-Unis—. De 2009 à 2012, c’était le cas de Mehdi K. Alhassani. On ignore qui lui a succédé, mais la Maison-Blanche niait qu’un Frère soit membre du Conseil jusqu’à ce qu’une preuve surgisse. C’est également un Frère qui est ambassadeur des États-Unis auprès de la Conférence islamique, Rashad Hussain. Les autres Frères identifiés occupent des fonctions moins importantes. Il faut cependant citer Louay M. Safi, actuel membre de la Coalition nationale syrienne et ancien conseiller du Pentagone.
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Le président Obama et son demi-frère Abon’go Malik Obama dans le Bureau ovale. Abon’go Malik est le trésorier de l’Œuvre missionnaire des Frères musulmans au Soudan.
En avril 2009, deux mois avant son discours du Caire, le président Obama avait secrètement reçu une délégation de la Confrérie dans le Bureau ovale. Il avait déjà invité, lors de son intronisation, Ingrid Mattson, la présidente de l’association des Frères et Sœurs musulmans aux États-Unis.
De son côté, la Fondation Clinton a employé comme responsable de son projet « Climat » Gehad el-Haddad, un des dirigeants mondiaux de la Confrérie qui avait été jusque là responsable d’une émission de télévision coranique. Son père avait été l’un des co-fondateurs de la Confrérie, en 1951, lors de sa recréation par la CIA et le MI6. Gehad a quitté la fondation en 2012, date à laquelle il est devenu au Caire le porte-parole du candidat Mohammed Morsi, puis celui officiel des Frères musulmans, à l’échelle mondiale.
Sachant que la totalité des leaders jihadistes dans le monde sont soit issu de la Confrérie, soit de l’Ordre soufi des Naqshbandîs —les deux composantes de la Ligue islamique mondiale, l’organisation saoudienne anti-nationaliste arabe— on aimerait en savoir plus sur les relations de Madame Clinton avec l’Arabie saoudite et les Frères.
Il se trouve que dans l’équipe de son challenger Donald Trump, on compte le général Michael T. Flynn qui tenta de s’opposer à la création du Califat par la Maison-Blanche et démissionna de la direction de la Defense Intelligence Agency(Agence de Renseignement militaire) pour marquer sa réprobation. Il y côtoie Frank Gaffney, un « guerrier froid » historique, désormais qualifié de « conspirationniste » pour avoir dénoncé la présence des Frères dans l’État fédéral.
Il va de soi que, du point de vue du FBI, tout soutien aux organisations jihadistes est un crime, quelle que soit la politique de la CIA. En 1991, les policiers —et le sénateur John Kerry— avaient provoqué la faillite de la banque pakistanaise (quoi qu’enregistrée aux îles Caïman) BCCI que la CIA utilisait pour toutes sortes d’opérations secrètes avec les Frères musulmans tout autant qu’avec les cartels latinos des drogues.

lundi 27 avril 2015

Cadre important des Frères Musulmans… et directeur Egypte de la Fondation Clinton

Il est bon de rappeler qui est Hillary Clinton et éviter un désastre Obama bis
Le conseiller spécial du parti Liberté et Justice, façade politique des Frères Musulmans en Egypte, a été arrêté par l’état égyptien en août 2013 dans le cadre de son coup de filet contre les cadres du mouvement islamo-terroriste.
Gehad El-Haddad
Fils de Essam el Haddad, membre du bureau exécutif des Frères Musulmans, il fut aussi porte parole de la campagne présidentielle de Mohamed Morsi.
Les Etats-Unis ont ces dernières années soutenu activement les prises de pouvoir en Tunisie et Egypte des islamistes, Hillary Clinton en tant que secrétaire d’état à la politique étrangère notamment.
De août 2007 à août 2012, Gehad El-Haddad a été le directeur pour l’ Egypte de la Fondation Bill Clinton.
L’Egypte a, depuis le pouvoir du général Sissi, tenu rigueur aux Etats-Uniens de leur soutien aux Frères Musulmans, d’où leur réorientation stratégique envers la Russie et la France.
Observatoire de l’islamisation, 19.04.2015.source
note de la rédaction Israël-flash
Créée en 1997 par Bill Clinton, (42e président des États-Unis entre1993 et 2001) à la fin de son premier mandat présidentiel, cette fondation à but humanitaire, philanthropique et écologique a levé plus de 500 millions de dollars en 10 ans grâce à des donations de plus de 200 000 donateurs provenant essentiellement de contributeurs étrangers, notamment de la famille royale saoudienne, du roi du Marocet de plusieurs monarchies pétrolières du Moyen-Orient, etc
En 2005, Bill Clinton crée et parraine Clinton Global Initiative, une ONG qui lutte contre la pauvreté en Afrique, le paludisme et le SIDA. < Ca c’est pour la facade ! 

vendredi 6 mars 2015

Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage



Depuis des décennies, les Frères musulmans tentent de séduire les partis politiques. Aujourd'hui, ils font offre de service pour lutter contre la radicalisation. L'histoire du pompier pyromane ?

Dans le courant des années 1990, les Frères ont été priés, en interne, de se raser la barbe pour ne pas être pris pour des "barbus". Ils cultivent à merveille l'art de se couler dans le paysage, de s'adapter au "contexte". Le mot "contexte" est d'ailleurs un de leurs éléments de langage, avec "islamophobie", "citoyenneté" et maintenant "co-inclusion". Une référence à l'auteur de ce néologisme, le sociologue Felice Dassetto (UCL), auteur de L'Iris et le Croissant (Presses universitaires de Louvain, 2011) ?
Quand on est Frère (un peu ou beaucoup), mieux vaut ne pas s'exprimer trop clairement sur les questions qui fâchent ( la violence en politique, l'égalité entre musulmans et non-musulmans, la liberté d'apostasier, le statut de la femme...) et renvoyer au "contexte". Car, à l'état brut, le programme Frère a de quoi faire frémir. La confrérie égyptienne a été, en effet, la matrice de l'islam politique qui, dans sa version djihadiste, a mis le feu aux quatre coins de la planète. Dans son logo, les deux sabres croisés sous le Coran sont accompagnés du début de la sourate 8, verset 60 (le Butin): "Tenez prêt contre eux (les incroyants) ce que vous pouvez de forces et de chevaux pour effrayer l'ennemi de Dieu et votre ennemi et d'autres que vous ne connaissez pas mais que Dieu connaît. Ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera rendu et vous ne serez pas lésés." En arabe, le mot "effrayer" a la même racine que le mot "terroriste". Quand ils veulent, les FM ne sont pas des tendres.
Apparus dans les années 1980 comme étudiants ou réfugiés politiques fuyant les pays où ils voulaient s'imposer, les Frères musulmans ont bâti, en Belgique, une infrastructure permanente et suscité la création de moult associations. Ils ont surtout exercé un lobbying permanent auprès des pouvoirs publics pour devenir les porte-parole officiels de la communauté musulmane. Un rapport du comité de contrôle des services de renseignement (comité R) le notait déjà en 2001, puis en 2007, relevant un autre aspect de leur stratégie : "Susciter ou entretenir les tensions dès qu'ils considèrent qu'un musulman ou une association islamique est victime des valeurs occidentales. Ainsi de la question du port du voile islamique dans les écoles publiques..."
Historiquement, et pour des raisons différentes, certains démocrate-chrétiens et certains laïques ont succombé aux sirènes FM, enchantés par leur discours si policé et si engagé. Et c'est le parti Ecolo qui, en ce moment, paraît le plus sensible à l'idéologie diffuse de la confrérie en Europe. La fascination "frériste" pour le monde politique a cependant des limites. Les partis politiques utilisent le ressort communautaire pour capter les voix des électeurs, mais ils ne renvoient pas toujours l'ascenseur. Selon les musulmans conscientisés de la nouvelle génération, les plus belles opportunités, aujourd'hui, ne se trouvent pas dans l'associatif ou la politique mais bien dans l'économie. Une activité qui procure des revenus pouvant ensuite être réinvestis dans le secteur religieux au sens large. Rien ne se perd.

mardi 14 janvier 2014

Égypte : Sissi face à son destin


Journaliste et écrivain
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais

Que le printemps arabe était beau, il y a trois hivers, quand le cœur de l’Égypte battait sur la place Tahrir ! Sorti de sa légendaire passivité et galvanisé par l’exemple de la révolution tunisienne, le peuple égyptien était à son tour descendu dans la rue et, après deux semaines d’affrontements sanglants, pouvait à son tour crier victoire. Lointain successeur des pharaons et, plus immédiatement, de Nasser et de Sadate, Hosni Moubarak, déstabilisé, détrôné, son effigie partout martelée à coups de babouche, avait fui Le Caire pour aller s’enterrer vivant, à défaut de pyramide, dans sa résidence privée de Charm el-Cheikh. Pour la première fois de son histoire six fois millénaire, pour la première fois de la période contemporaine, après avoir courbé le dos de plus ou moins bon gré sous la férule de Nasser, de Sadate, puis de Moubarak, l’Égypte secouait le joug et respirait l’air enivrant de la liberté, aux applaudissements d’une communauté internationale qui, tout comme à Tunis quelques mois plus tôt, n’avait rien vu venir.
Les revendications de la rue étaient simples et communes, semblait-il, à l’écrasante majorité de la population. Fin de la dictature pharaonique, levée de l’état de siège, pluralisme politique, élections libres, Constitution, démocratie. L’armée était instamment priée de rentrer dans ses casernes et de desserrer son étreinte sur l’ordre public et sur l’économie du pays ; la police avait intérêt à se faire oublier. C’en était fini du règne du sabre et de la matraque.
De fait, après quelques mois de tâtonnements, de dérapages, d’avancées spectaculaires et de retours en arrière, la révolution égyptienne était un fait accompli. Tandis que se préparait, invariable contrepartie des changements de régime et de société, le procès du raïs et de ses ministres déchus, les premières élections libres et régulières organisées sur les bords du Nil donnaient la majorité aux Frères musulmans sortis d’une clandestinité presque séculaire et leur ouvraient le chemin du pouvoir… Désigné par le président Morsi pour prendre la tête du Conseil suprême de l’armée, le modeste, loyal et pieux général al-Sissi, jusqu’alors inconnu en dehors de son bataillon, était le garant de la suprématie de la djellaba, du turban et de la barbe sur la casquette, les épaulettes et les Ray-Ban, autrement dit de l’instauration du pouvoir civil et de l’effacement de la caste politico-militaire.
C’est avant-hier après-midi, à l’occasion d’un séminaire, que le même général, toujours commandant en chef des forces armées et de plus ministre de la Défense, a souhaité une participation massive des citoyens au référendum sur la nouvelle Constitution et s’est déclaré prêt, si le peuple le lui demande poliment, à faire don de sa personne à l’Égypte. L’ex-président Moubarak coule des jours paisibles et discrets quelque part au bord de la mer, l’ex-président Morsi croupit dans quelque cul-de-basse-fosse. Les Frères musulmans ont replongé dans la clandestinité. L’armée n’a pas cédé un pouce de ses prérogatives ni de ses prébendes. La police sait de nouveau se faire respecter, avec ou sans sommations. Le même soleil qu’adoraient Ramsès, Cléopâtre, les organisateurs et les participants de voyages touristiques brille sur l’Égypte. Le même soleil et la même opacité. L’ordre règne au Caire. La révolution, après avoir parcouru un cycle complet, est revenue à son point de départ. Sissi, imperator et pharaon, est face à son destin, pour reprendre le titre de l’un des épisodes de la fameuse série qui fit connaître Romy Schneider. Circulez, il n’y a plus rien à voir – en dehors de Louqsor et d’Abou Simbel.

vendredi 25 octobre 2013

Tunisie : les limites de l’islam politique

Nicolas
Gauthier
Journaliste, écrivain.
Nicolas Gauthier est auteur avec Philippe Randa des Acteurs de la comédie politique. 29 € À commander en ligne sur francephi.com.

Vu de nos médias, qu’il était beau ce premier printemps arabe. Le réveil de la démocratie, nous assurait-on. Mais pour s’endormir démocrate, au moins faut-il l’avoir été avant de faire la sieste… La Tunisie n’est donc pas un pays d’Europe de l’Est, et il ne suffit pas d’y renverser un autocrate pour que, soudainement, naisse une démocratie à l’occidentale, concept pour lui inconnu en raison d’une longue histoire durant laquelle la Tunisie ne connut l’indépendance qu’en 1957, avec à la clef le régime autocratique d’Habib Bourguiba.
Aujourd’hui ? Depuis la destitution de Zine el-Abidine Ben Ali, en 2011, toujours pas de Constitution, gouvernement réduit à l’impuissance et économie en pleine déroute. Afin de débloquer la situation, le Premier ministre Ali Larayedh (Ennahda, filiale tunisienne des Frères musulmans) propose sa démission. Et même ça, ce n’est pas gagné… En effet, tel que le note très justement Le Monde du 24 octobre : « Chaque tentative de parvenir à un terrain d’entente entre le gouvernement dominé par le parti islamiste et l’opposition, chaque date symbolique est désormais précédée d’un attentat ou d’affrontements meurtriers. »
Le 23 du même mois, c’est la mort de six agents de la garde nationale. Ce qui s’ajoute à l’assassinat, le 6 février dernier, de Chokri Belaïd, l’un des chefs de l’opposition de gauche laïque, meurtre revendiqué par les salafistes ; soit les meilleurs ennemis, ou les faux amis, d’Ennahda. Du coup, la nouvelle tentative de concertation nationale proposée par Ali Larayedh et le Président Moncef Marzouki est en train d’avorter : le gouvernement exigeant que les négociations commencent avant la démission, alors que l’opposition réclame le contraire.
Bien sûr, certains diront que « ça marchait mieux avant ». Pas faux, dans un État policier, ça marche toujours mieux et quand l’opposition est systématiquement encabanée, qu’on dénombre deux flics pour un citoyen, le débat démocratique n’a que peu de chance de faire la une des gazettes. À ce compte, pourquoi ne pas regretter l’URSS ?
Qu’en conclure ? Première question : à quoi jouent les salafistes ? Que les Frères musulmans et leur opposition laïque puissent vouloir le bonheur de la Tunisie tout en s’affrontant sur la manière de la sortir de l’ornière, on peut leur faire ce crédit. Mais la mouvance salafiste ne fonctionne pas sur le même logiciel : peu leur importe la patrie, tant que leur cause islamique mondialisée progresse. Et dans cette oumma fantasmée, les « Frères » demeurent finalement leurs pires adversaires, puisque musulmans trop « tièdes » à leurs yeux. De fait, qui a intérêt à déstabiliser la jeune « démocratie »” tunisienne ? Il est sûrement trop tôt pour répondre à la question. Seulement sait-on que l’Arabie saoudite finance les salafistes et que le Qatar est désormais le principal bailleur de fonds des Frères musulmans ? C’est-à-dire que le destin des uns et des autres est devenu enjeu dépassant de loin les frontière de l’antique Carthage.
À plus long terme se pose cette question : l’islam politique a-t-il encore un avenir ? Et comment faire cohabiter diverses factions d’un même peuple dans un territoire commun ? Ceux qui veulent plus d’islam et ceux qui en veulent moins… Tunisiens des villes et Tunisiens des champs… Tunisiens occidentalisés et Tunisiens tentant de se réarabiser. La Turquie de Recep Erdoğan – Premier ministre qui, même proche des confréries soufies, n’en est pas pour autant épigone des Frères musulmans – paraît avoir en partie résolu l’équation en maintenant l’essentiel des acquis laïcs du kémalisme tout en passant d’un laïcisme de combat à une laïcité plus souple. Avec parfois des heurts, mais sans guerre civile larvée.
Résumons. Si, pour les musulmans, l’islam peut être la solution idoine pour que leurs âmes aillent au paradis, il ne leur dit pas grand-chose sur la mondialisation, les nouvelles technologies, les grands rééquilibrages géostratégiques ; et manifestement guère plus sur la politique.
Un ami, député algérien, élu sur une liste de la confrérie, me confiait, dès 2011 : « On m’a proposé un poste de ministre. Je l’ai refusé afin de ne pas ridiculiser mes « Frères ». Près d’un siècle de persécutions et de clandestinité, ça peut former l’âme d’un homme, mais pas forger le cerveau d’un dirigeant. » On a déjà entendu plus nigaud…

 

lundi 7 octobre 2013

L’Égypte s’embrase à nouveau

Il s’agit du bilan le plus lourd depuis la semaine de répression sanglante qui avait débuté le 14 août quand soldats et policiers avaient dispersé par la force deux rassemblements pro-Morsi au Caire. Des centaines de manifestants islamistes avaient alors été tués.
L’armée, qui réprime dans le sang depuis près de deux mois toute manifestation des pro-Morsi, avait déployé bien davantage de blindés que d’ordinaire dimanche au Caire.
AP
Dans le même temps, les anti-Morsi avaient demandé aux Égyptiens de descendre massivement dans la rue pour soutenir l’armée et les autorités, ce qui laissait redouter de nouvelles violences. Vendredi, au moins quatre civils avaient déjà péri dans des heurts entre pro et anti-Morsi au Caire.
Et dimanche, au moins 45 personnes ont été tuées au Caire et cinq autres dans différentes villes au sud de la capitale, a détaillé Ahmed al-Ansari, haut responsable au ministère de la Santé, sans préciser qui avait péri, où et dans quelles circonstances. Selon lui, 268 autres ont été blessées.
Dans la capitale dimanche, de violents heurts ont éclaté entre pro et anti-Morsi et les policiers anti-émeute qui ont dispersé les islamistes à coups de grenades lacrymogènes, de chevrotine et, parfois, de rafales d’armes automatiques, dès que leurs rassemblements grossissaient.
Le ministère de l’Intérieur a accusé dans un communiqué les manifestants d’avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre et vandalisé des biens publics au Caire, contraignant les policiers à « intervenir ». Selon le ministère, 423 personnes ont été arrêtées dans la capitale.
M. Morsi, premier chef de l’État égyptien élu démocratiquement, a été destitué et arrêté le 3 juillet par l’armée, qui a promis des élections pour 2014 et dirige de facto le gouvernement intérimaire qu’elle a mis en place.

Le 40e anniversaire de la guerre israélo-arabbe de 1973

Comme chaque jour depuis sa destitution, les pro-Morsi -notamment l’influente confrérie islamiste des Frères musulmans- avaient appelé à manifester à l’occasion de la commémoration dimanche de la guerre du Kippour, que L’Égypte considère comme une « victoire » contre Israël dont elle avait réussi à enfoncer les défenses durant plusieurs jours.
AFP
Depuis le 14 août, militaires et policiers ont tué plus d’un millier de manifestants pro-Morsi, arrêté plus de 2.000 Frères musulmans, dont la quasi-totalité de leurs leaders, interdit leurs activités et gelé les avoirs de la confrérie qui avait pourtant remporté haut la main les législatives fin 2011.

Dès qu'on parle des Frères musulmans on lit : massacres, violences, meurtres, haine, terrorisme...et ce n 'est qu' une réplique du tremblement de terre qui a bousculé les Frères musulmans le 14 août . Il y en aura d' autres , dérisoires par comparaison aux exactions de cette engeance .

mercredi 11 septembre 2013

Libye: le torchon brûle entre le Premier ministre et les Frères musulmans

Les Frères musulmans libyens menacent de retirer leurs ministres du gouvernement auquel ils reprochent notamment son rapprochement avec les nouvelles autorités égyptiennes, aggravant les tensions dans le pays en proie à une crise pétrolière et à une insécurité croissante.
La pression sur le Premier ministre Ali Zeidan, un libéral élu en octobre 2012 par le Parlement, s'est accentuée la semaine dernière après sa visite en Egypte où il a rencontré notamment son homologue Mansour Adli ainsi que le général Al-Sissi, le chef de l'armée qui a destitué début juillet le président Mohamed Morsi issu des Frères musulmans.
Dans un communiqué, le Parti pour la justice et la construction (PJC), branche politique des Frères musulmans libyens, a vivement critiqué cette visite qu'il a considérée comme une "reconnaissance franche du coup d'Etat et de ses instigateurs qui ont commis des crimes et des violations des droits de l'Homme" contre des membres de la confrérie en Egypte.
Ce parti a accusé M. Zeidan d'avoir effectué cette visite en vue de "détourner l'attention de l'opinion publique des affaires intérieures" et de l'"échec cuisant du gouvernement à tous les niveaux", évoquant notamment la chute de la production pétrolière, l'insécurité et la corruption.
Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre a expliqué avoir effectué "cette visite dans l'intérêt de la nation", mettant en avant les étroites relations entre l'Egypte et la Libye et l'importance de la coopération entre les deux pays voisins, en particulier dans le domaine de la sécurité.
M. Zeidan a affirmé en outre que les Frères musulmans et le PJC étaient, dès le départ, hostiles à sa candidature au poste de chef de gouvernement, et qu'ils avaient accepté "à contrec?ur" de participer au cabinet, étalant pour la première fois en public les divisions au sein de son gouvernement.
Les islamistes détiennent cinq portefeuilles: le Pétrole, l'Electricité, l'Habitat, la Jeunesse et l'Economie.
Le vice-Premier ministre Awadh al-Barassi issu lui aussi du PJC avait démissionné début août, reprochant notamment au gouvernement "ses dysfonctionnements".
Selon une source du PJC, le bureau politique du parti a décidé lors d'une réunion dimanche de charger un "comité de crise" de se prononcer sur un éventuel retrait des ministres islamistes.


Echec à rétablir la sécurité
Le chef du PJC, Mohamed Sawan, a cependant précisé cette semaine que "les critiques du parti contre le gouvernement n'ont aucun lien avec la visite de M. Zeidan en Egypte".
Il a reproché à M. Zeidan son échec à rétablir la sécurité et à mettre en place une police et une armée professionnelles.
"Les résultats d'Ali Zeidan sont mauvais. Mais les critiques du PJC après la visite (en Egypte), démontrent que l'appartenance des Frères musulmans libyens à la confrérie (en Egypte) est plus forte que leurs liens avec la nation" libyenne, a estimé l'analyste politique Issam al-Faidi.
Les divisions dans le gouvernement d'Ali Zeidan risquent d'aggraver la crise économique, politique et sécuritaire dans le pays.
Le gouvernement fait face en particulier à une chute sans précédent de la production d'hydrocarbures, après le blocage par des gardes des installations pétrolières de plusieurs terminaux.
Selon les autorités, la production du brut qui représente près de 90% du PIB a chuté à moins de 100.000 barils par jour, contre une moyenne de 1,5 à 1,6 million b/j.
La grogne monte par ailleurs au sein de la population en raison de la détérioration des services publics.
Ainsi, les habitants de la capitale souffrent quotidiennement de coupures d'électricité et d'eau de plus en plus fréquentes et font face à une montée de la criminalité.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi tué en octobre 2011, l'est du pays est par ailleurs en proie à une série d'attaques contre les services de sécurité et intérêts occidentaux.

mardi 3 septembre 2013

Le corps judiciaire égyptien réclame la dissolution des Frères musulmans

L’autorité au commissariat d’Etat, qui pourrait être comparé aux fonctions du Conseil constitutionnel en France, a réclamé hier lundi 2 septembre la dissolution des Frères Musulmans et la fermeture de tous leurs quartiers généraux (y compris celui du Caire), rapporte le quotidien égyptien en langue arabe Al-Ahram.
Cette demande a surpris car elle est d’ordre légal et non politique, mais que c’est à la faveur de la situation politique qu’elle a pu aboutir.
  • En mars 2013, les Frères musulmans, dont le mouvement était interdit depuis les années 50, se sont officiellement enregistrés en tant qu’ONG (organisation non gouvernementale) auprès du ministère des Affaires sociales.
  • Le lendemain, un panel de juges demandait sa dissolution, considérant qu’il contrevenait à la loi 84 de 2002, qui interdit aux organisations, institutions et groupes non gouvernementaux de former des milices para-militaires. Cette demande n’aboutira pas, car le nouveau président, Mohammed Morsi, gouvernait en dictateur en dehors du cadre des lois, qu’il faisait modifier selon ses désirs.
  • Immédiatement après la destitution du gouvernement des Frères musulmans et de Morsi le 3 juillet dernier, le ministre des Affaires sociales Nagwa Khalil reprend son dossier bloqué depuis mars, et demande si le quartier général des Frères, au Caire, contenait des armes, et si des groupes militaires ou des milices armées leur étaient affiliés. La question fut posée après que 8 personnes trouvèrent la mort, le 1er juillet, dans des affrontements au quartier général de la confrérie au Caire, à Mouqatam, après qu’une douzaine de manifestants se furent introduit dans le batiment.
Plusieurs leaders des Frères musulmans – sauf Tariq Ramadan qui a un alibi : il était invité de France 2 – y compris le guide suprême Mohammed Badie et ses députés Khairat El-Shater et Rashad Bayoumi, passaient jugement devant la court criminelle, le 31 juillet, pour rendre compte des accusations d’incitation au meurtre et meurtre contre les manifestants au quartier général de la confrérie.
 
Une douzaine de membres éminents des Frères musulmans ont été arrêtés depuis que les forces de sécurité ont repoussé deux grands manifestations pro-Morsi, au Caire, le 14 août dernier, qui ont fait plusieurs centaines de morts.
Morsi est accusé d’incitation au meurtre lors des violences qui ont eu lieu devant le Palace présidentiel en décembre 2012, et qui a fait 7 morts. Il est en attente de son jugement.
Mohammed Morsi s’était évadé de la prison Wadi Natroum au nord du Caire, le 30 janvier 2011, avec une trentaine de détenus, tous des Frères musulmans, dont 6 guides importants de la confrérie. Essam el-Erian et Saad el-Katatni, qui dirigèrent la branche politique du parti durant la courte période de dictature de Morsi, puis devinrent présidents du parlement, faisaient partie des évadés.
Les opposants de Morsi accusent le Hamas, la branche terroriste des Frères musulmans à Gaza, d’être derrière son évasion. La frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte a été fermée et l’Egypte maintient Gaza sous blocus total : les relations entre Gaza et le monde extérieur passent par Israël.
 
 © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info
 

lundi 2 septembre 2013

Le public occidental effrayé par le général Al-Sissi

Alors que les Égyptiens soutiennent à 95 % le coup d’État militaire qui a renversé le président Morsi, la presse occidentale hurle au retour de la dictature et pleure les morts civils de la répression. Pour Thierry Meyssan, cette attitude trouve son origine dans l’émasculation des populations occidentales qui ont oublié les leçons de leurs aînés et pensent que tous les conflits peuvent trouver des solutions pacifiques.

La presse aux États-Unis et en Europe fait cause commune contre le coup d’État militaire en Égypte et se lamente sur le millier de morts qui a suivi. Il est évident pour elle que les Égyptiens, qui ont renversé la dictature d’Hosni Moubarak, sont aujourd’hui les victimes d’une nouvelle dictature et que Mohamed Morsi, élu « démocratiquement », est le seul légitime à exercer le pouvoir.

Or, cette vision des choses est contredite par l’unanimisme de la société égyptienne derrière son armée. Abdelfatah Al-Sissi a annoncé la destitution du président Morsi en présence des représentants de toutes les sensibilités du pays, y compris le recteur de l’université Al-Azhar et le chef des salafistes, venus l’approuver. Il peut se targuer d’être soutenu dans son combat par les représentants de 95 % de ses compatriotes.
Pour les Égyptiens, la légitimité de Mohamed Morsi ne se mesure pas à son mode de désignation comme président, avec ou sans élections, mais au service qu’il a rendu ou pas au pays. Or, les Frères ont surtout montré que leur slogan « L’islam, c’est la solution ! » masquait mal leur impréparation et leur incompétence.
Pour l’homme de la rue, le tourisme s’est raréfié, l’économie a régressé, et la livre a chuté de 20 %.
Pour les classes moyennes, Morsi n’a jamais été élu démocratiquement. La plupart des bureaux de vote étaient occupés militairement par les Frères musulmans et 65 % des électeurs se sont abstenus. Cette mascarade a été couverte par les observateurs internationaux dépêchés par les États-Unis et l’Union européenne qui soutenaient la Confrérie. En novembre, le président Morsi a abrogé la séparation des pouvoirs en interdisant aux tribunaux de contester ses décisions. Puis, il a dissous la Cour suprême et révoqué le Procureur général. Il a abrogé la Constitution et en a fait rédiger une nouvelle par une commission nommée par lui, avant de faire adopter cette loi fondamentale lors d’un référendum boycotté par 66 % des électeurs.
Pour l’armée, Morsi a annoncé son intention de privatiser le canal de Suez, symbole de l’indépendance économique et politique du pays, et de le vendre à ses amis qataris. Il a débuté la vente des terrains publics du Sinaï à des personnalités du Hamas afin qu’ils transfèrent en Égypte les travailleurs de Gaza et permettent ainsi à Israël d’en finir avec sa « question palestinienne ». Surtout, il a appelé à entrer en guerre contre la Syrie, avant-poste historique de l’Égypte au Levant. Ce faisant, il a mis en danger la sécurité nationale qu’il lui revenait de protéger.
Cependant, le problème de fond des Occidentaux face à la crise égyptienne reste le rapport à la violence. Vu de New York ou de Paris, une armée qui tire à balles réelles sur des manifestants est tyrannique. Et la presse de souligner, pour ajouter à l’horreur, que nombre de victimes sont des femmes et des enfants.
C’est une vision émasculée des rapports humains où une personne serait prête à débattre parce qu’elle serait désarmée. Mais le fanatisme est un comportement qui n’a aucun rapport avec le fait d’être armé ou pas. Les Occidentaux ont pourtant affronté ce problème il y a 70 ans. À l’époque Franklin Roosevelt et Winston Churchill firent raser des villes entières, comme Dresde (Allemagne) et Tokyo (Japon), dont la population civile était désarmée [1]. . Ces deux leaders ne sont pas considérés pour autant comme des criminels, mais sont célébrés comme des héros. Il était évident et indiscutable que le fanatisme des Allemands et des Japonais rendait toute solution pacifique impossible
Les Frères musulmans sont-ils des terroristes et doivent-ils être vaincus ? Toute réponse globale serait erronée car il existe de nombreuses tendances au sein de la Confrérie internationale. Cependant, leur bilan parle de lui-même : ils ont un lourd passé de putschistes dans de nombreux États arabes. En 2011, ils ont organisé l’opposition à Mouamar el-Kadhafi et ont profité de son renversement par l’Otan. Ils continuent la lutte armée pour s’emparer du pouvoir en Syrie. Concernant la Confrérie en Égypte, le président Morsi a réhabilité les assassins de son prédécesseur Anouar el-Sadate et les a libérés. Il a également nommé gouverneur de Louxor le second du commando qui y massacra 62 personnes, principalement des touristes, en 1997. En outre, durant le simple appel à manifester des Frères pour le rétablissement de « leur » président, ils se sont vengés en brûlant 82 églises coptes.
La répulsion des Occidentaux pour les gouvernements militaires n’est pas partagée par les Égyptiens, seul peuple au monde à avoir été exclusivement gouverné par des militaires –à l’exception de l’année de Morsi– durant plus de 3 000 ans.

lundi 26 août 2013

Egypte: les Frères musulmans renouent avec la clandestinité

Eviter téléphone et internet, changer souvent de résidence et se fondre dans la foule: les militants des Frères musulmans en Egypte, rompus à la clandestinité, retrouvent les réflexes d'antan face à la répression qui s'abat sur eux. Depuis que l'armée a dispersé dans le sang les manifestants

vendredi 23 août 2013

Le frère d’Obama : un dirigeant des Frères Musulmans?

S’exprimant récemment sur  Bitna al-Kibir, une emission TV en direct, Tahani al-Gebali, la Vice Présidente de la Cour Suprême Constitutionnelle d’Egypte, a dit que le temps allait venir où toutes les conspirations contre l’Egypte seraient mises en lumière – conspirations qui expliquent pourquoi l’administration Obama s’est montrée si ardent partisan de la Confrérie islamique dont le terrorisme a – parmi d’autres atrocités – provoqué la destruction de quelque 80 églises chrétiennes en moins d’une semaine.
Al-Gebali a fait référence à des “documents et preuves” [documents and proofs”] que les agences de renseignements égyptiennes possèdent et au fait que  « le temps de leur révélation au grand jour approche ». Au cours de la discussion sur le fait que ces documents contiennent des extraits d’échanges financiers massifs entre des instances internationales et les Frères Musulmans, elle a dit : « Le frère d’Obama est l’un des  architectes des investissements pour le compte de  l’organisation internationale des Frères Musulmans. »
A ce moment là, l’animateur embarrassé l’interrompit et lui demanda de répéter ce qu’elle venait de dire, ce qu’elle fit, en toute confiance, ajoutant: « Si cela s’avère nécessaire, il faudra tenir le peuple informé » – faisant apparemment référence à l’appui d’Obama en faveur des Frères Musulmans contre l’état égyptien, avec pour conséquence le fait que les responsables égyptiens ont fait le pari de vendre la mèche quant à la véritable nature des relations entre les Etats-Unis, la Confrérie et l’Egypte.
Elle n’a pas précisé auquel frère du président il était fait allusion mais, il avait déjà été révélé que son frère, Malik Obama dirigeait une organisation caritative africaine à but non-lucratif très liée à la Confrérie et au terroriste génocidaire du Soudan, Omar al-Bashir. [but earlier it was revealed]

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_tXobwywmXE

Sources : FrontPagemag – 22 août  2013 – par  Raymond Ibrahim  – Traduction Nancy Verdier

lundi 19 août 2013

Que se passe-t-il en Egypte ?

Rien n’est jamais un hasard en géopolitique. Ce qui se passe actuellement en Egypte l’est moins que jamais !
Les Frères Musulmans semblaient pourtant être devenus des interlocuteurs privilégiés des USA ! Ils furent d’ailleurs très impliqués dans ce qu’on a appelé le « printemps arabe » et ceci dans tous les pays qui ont connu ces événements…Au point d’arriver au pouvoir, d’une manière ou de l’autre, dans plusieurs pays arabes.
Il apparaît en tous les cas certain que les Frères Musulmans – par leur organisation, leur structure, leur implantation sociale et leur habitude de la clandestinité - étaient les partenaires idéaux pour provoquer des révoltes successives dans divers pays arabes.
On peut donc imaginer un accord entre les USA et les Frères Musulmans, dans le cadre d’un vaste plan visant à changer la physionomie du Moyen Orient, avec le deal suivant : « Les Américains lâchaient tous leurs « alliés » en place et laissaient les Frères prendre le pouvoir à la condition qu’ils ne développent jamais de politique hostile aux Etats Unis et à ses intérêts. »
L’objectif étant double : couper l’herbe sous le pied des islamistes radicaux et garantir l’influence américaine dans la région.
Cet accord n’est en rien étonnant puisque l’administration américaine entretient depuis longtemps les meilleures relations avec la confrérie musulmane. Et en particulier depuis l’arrivé d’Obama au pouvoir.
Ainsi, une collaboratrice d’Hillary Clinton fut proche des Frères Musulmans. Mais on en retrouve aussi à la Sécurité Intérieure, comme conseillers juridiques de la Maison Blanche ou encore comme rédacteurs des discours d’Obama sur l’Islam…
Tout ceci rend bien évidemment très étrange, la destitution de Morsi par une armée égyptienne pourtant financée, équipée et entraînée par l’armée US.
Il faut avant tout y voir les conséquences du fait que l’armée égyptienne a l’impression d’avoir été flouée. Car si elle avait accepté, en son temps, de lâcher Moubarak (qui était l’un des siens rappelons-le), ce n’était sans doute pas pour voir arriver au pouvoir des Frères Musulmans tout puissants. Ceci pour des raisons d’intérêts sans doute mais aussi car l’esprit nassérien (nationaliste arabe laïc) reste vivace chez les officiers.
Mais cette réaction a sans nul doute aussi été favorisée par une autre intervention extérieure : celle de l’Arabie Saoudite qui soutient manifestement les militaires égyptiens. Et sans doute pas qu’avec des mots ! Les Saoudiens voient  en effet l’arrivée au pouvoir dans le monde arabe de partis issus des Frères Musulmans d’un très mauvais œil ! Pour diverses raisons…
Avant tout car l’image d’une forme républicaine d’islamisme n’a rien pour plaire aux souverains de droit divin du royaume saoudien. En effet, l’essence même du système politico-religieux saoudien est que si les souverains sont bien entendu les gardiens de la foi et des lieux saints, il y a néanmoins une claire séparation entre l’état et le côté religieux. Ce qui n’est absolument pas le cas avec les Frères Musulmans pour qui, c’est dans l’Islam que l’on peut trouver les solutions à tous les problèmes politiques.
Il y a aussi une différence sur le côté idéologique. En effet, les Saoudiens se réfèrent au wahabisme, – -idéologie fondée au 18è siècle par Ibn Abdel-Wahhab et prônant une interprétation à la lettre de tous les enseignements écrits par les compagnons du prophète (les Salaf, d’où vient aussi l’utilisation du terme salafiste) – tandis que les Frères Musulmans n’hésitent pas à défendre une vision adaptable de l’Islam à l’époque actuelle et à l’endroit où ils se trouvent. Les dirigeants politiques des Frères n’hésitent ainsi pas à s’habiller à l’occidentale ni à envoyer leurs enfants dans les universités occidentales.
Quoi qu’il en soit, ce bras de fer d’un nouveau genre entre les Saoudiens et les Américains pourrait, selon ses suites, changer la donne par rapport à d’autres problématiques au Moyen Orient.
Il pourrait aussi favoriser un essor des factions  islamistes les plus radicales. C’est-à-dire juste l’effet inverse que visaient les opérations de type « printemps arabe ». Ce ne serait pas la première fois que les Américains finiraient victimes de leurs fausses « bonnes idées ».
OBAMA-~1
« Centre Solidariste d’Etudes Politiques » du Mouvement NATION.

samedi 17 août 2013

Egypte: le fils du chef des Frères musulmans tué

La situation en Egypte ne laisse personne indifférent. Pas même le pape.
Le frère du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a été arrêté samedi en Egypte, pour "soutien" au président islamiste déchu Mohamed Morsi, ont annoncé des responsables des services de sécurité à l'AFP.
Ces sources, qui s'exprimaient sous le couvert de l'anonymat, ont précisé que Mohamed al-Zawahiri, un Égyptien qui vit au Caire, a été arrêté à Guizeh, dans la banlieue de la capitale.
Le fils du chef des Frères musulmans tué 
Le fils de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, la confrérie du président islamiste déchu Mohamed Morsi, a été tué par balles vendredi au Caire dans les heurts entre forces de l'ordre et manifestants pro-Morsi, a annoncé la confrérie samedi.
Bilan officiel de 173 morts en 24H
Au moins 173 personnes ont été tuées dans toute l'Égypte depuis vendredi dans les heurts entre manifestants partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et les forces de l'ordre qui avaient reçu l'autorisation d'ouvrir le feu, a annoncé samedi le gouvernement.
Un précédent bilan à partir de chiffres officiels et d'un décompte de l'AFP faisait état de 83 morts au moins. Depuis trois jours, 57 policiers ont été tués, selon le porte-parole du gouvernement, qui n'a pas précisé s'ils venaient ou non s'ajouter au 173 morts.
"L'inquiétude croissante" du pape
Le pape François "continue à suivre avec une inquiétude croissante les graves informations en provenance d'Égypte", selon une déclaration de la salle de presse du Vatican citée samedi par l'agence Ansa.
Le pape "continue à prier et à souhaiter que cesse la violence et que les parties en présence choisissent la voie du dialogue et de la réconciliation", conclut la déclaration.
Le pape François avait déjà prié jeudi lors de son Angélus pour les victimes des violences sanglantes en Egypte, ainsi que "pour la paix, le dialogue et la réconciliation dans cette chère terre".
Cette déclaration est intervenue alors que la police égyptienne assiégeait samedi matin une mosquée du Caire, où sont retranchés de nombreux manifestants islamistes, faisant craindre une escalade dans le pays où les pro-Morsi appellent à une nouvelle mobilisation au lendemain de manifestations meurtrières.

Ennahdha, l’UOIF et le Hamas sont des filiales de l’internationale islamiste des Frères musulmans

Mercredi dernier, la police et l’armée égyptienne ont réussi à disperser deux camps retranchés et armés des Frères musulmans au Caire. La « communauté internationale » s’est émue… de la répression et des morts chez les islamistes !
Pourtant Roger Heurtebise nous a expliqué l’importance mondiale de l’éradication de la « Confrérie » entreprise par les Egyptiens.
Pour ma part, j’ai attiré votre attention sur ce qui est en train de se passer en Tunisie, où là aussi les « Frères » d’Ennahdha et leurs deux idiots utiles Ettakatol et CPR sont en très mauvaise posture face à un front laïque, républicain et patriotique.
Le rapport entre les événements tunisiens et égyptiens vous est désormais connu : il s’agit bien de la même organisation internationale islamiste qui tente de garder le pouvoir dans le premier cas, et de le reconquérir par la force dans le second.
Mais nous avons les mêmes à la maison. En France, la succursale des Frères musulmans c’est l’UOIF : Union des organisations islamiques de France, installée sous les ors de la République par l’UMPS sous Nicolas Sarkozy.
Alors pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette entreprise mondiale, je vous invite à prendre le temps de regarder la vidéo suivante (1 heure et 21 minutes). Ce reportage diffusé en mai 2013 sur France 3 décortique en détails la Confrérie (جمعية الأخوان المسلمين, jamiat al-ikhwan al-muslimin), son histoire, son organisation, depuis sa proximité avec le régime nazi jusqu’à ses liens avec al-Qaïda. En passant par sa myriade de filiales très structurées dans le monde, dont l’Ennahdha de Rached Ghannouchi et ses milices en Tunisie, l’UOIF et ses centaines de mosquandanturs en France, le Hamas terroriste à Gaza, et des organisations jihadistes de tout poil.
Image de prévisualisation YouTube
Je ne saurais évidemment retracer ici en quelques mots tout ce qui est dit dans ce reportage très riche et exhaustif. Mais vous pouvez aussi consulter aussi la fiche Wikipédia de l’organisation :http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_musulmans
D’un point de vue idéologique, le programme des Frères musulmans est simplissime et se résume au quatrain qui lui sert de profession de foi : « Allah est notre objectif. Le prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le jihad est notre voie. »
Voilà donc quel est l’objectif des Frères musulmans, en Egypte, en Tunisie, en France comme partout dans le monde : installer par le jihad la charia et le Califat.
En Europe, la Confrérie tente de « ré-islamiser » les populations immigrées d’origine musulmane, et l’UOIF y a une place centrale puisque la France est le premier pays européen en terme de population musulmane. Je cite Wikipédia :
« En 1973, les Frères musulmans participent à la fondation du Conseil islamique d’Europe, mais c’est surtout dans les années 1980 qu’ils reviennent sur le devant de la scène avec la fondation de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE) et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) (1983), émanation de la précédente. La majorité des cadres de l’UOIE sont membres de l’UOIF. Bien que ces deux organisations ne se reconnaissent pas officiellement comme satellites des FM, elles s’appuient essentiellement sur les idéologies d’Al-Banna, Qutb et Maududi, ainsi que sur les fatwas d’Al-Qardawi. Fouad Alaoui avoue souvent rencontrer Al-Houweidi, « ambassadeur » des Frères en Europe. Par ailleurs, l’UOIF partage le projet panislamique des Frères musulmans. »
sarkozy-alaoui« En 1997 voient le jour le Conseil européen de la fatwa (Dublin), dirigé par Al-Qardawi, et l’Association musulmane de Grande-Bretagne. Le premier organisme, sur lequel s’appuient l’UOIE et l’UOIF, s’est donné pour mission d’émettre des fatwas spécialement destinées aux musulmans vivant en Europe afin qu’ils puissent rester intégralement gouvernés par la charia. Le second a pour but de renforcer la présence frériste face aux autres organisations islamiques britanniques puissantes comme le British Muslim Council. Deux instituts de formation d’imams liés à l’UOIE et à l’UOIF sont créés : l’Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon (1990) et l’European Institute for Humanitarian and Islamic Studies au Royaume-Uni. »
Le reportage de France 3 explique également cette filiation. Pour ceux qui n’ont pas le temps de le visionner en entier, voici un extrait qui parle de l’UOIF :
Image de prévisualisation YouTube
Les Egyptiens ont « dégagé » les Frères musulmans du pouvoir et sont en train de les éradiquer.
Privé de l’aide logistique des Frérots d’à côté, les terroristes du Hamas seront vite asphyxiés, d’autant plus que les armées égyptiennes et israéliennes coopèrent fort bien pour les combattre.
Les Tunisiens sont en train d’expulser du gouvernement et des administrations Ennahdha, filiale de la Confrérie chez eux.
Et nous autres Français, quand allons-nous dire « Dégage ! » à l’UOIF, succursale de cette internationale islamiste et jihadiste dans notre pays ?
Djamila GERARD

vendredi 16 août 2013

Egypte : "un vendredi de colère" espéré par les Frères musulmans

Va-t-on vers une guerre civile en Egypte ? Le mot est encore un peu fort mais la situation s'enlise et les deux camps restent figés sur leur position. Si bien que le pire est redouté ce vendredi. Une nouvelle journée de violence pourrait avoir lieu car les Frères musulmans ont appelé à manifester. Des millions d’Égyptiens pourraient braver l'interdiction des autorités. Le pouvoir égyptien mis en place par l'armée a prévenu qu'il ouvrirait le feu sur quiconque prendrait pour cible la police ou les institutions publiques. D'après un bilan encore provisoire, 623 personnes sont mortes et des milliers d'autres ont été blessées mercredi lorsque la police a entrepris de démanteler par la force deux campements érigés au Caire par les Frères musulmans pour protester contre le renversement par l'armée du président Mohamed Morsi, issu de leurs rangs. Même s'ils admettent avoir subi "des coups", les Frères musulmans refusent de reculer dans leur confrontation avec le chef d'état-major de l'armée, le général Abdel Fattah al Sissi. Dans un communiqué, ils disent vouloir organiser un "vendredi de la colère" en réunissant des millions de partisans à l'issue de la grande prière hebdomadaire en milieu de journée. "Malgré la douleur et la peine suscitées par la perte de nos martyrs, le dernier crime commis par les putschistes a renforcé notre détermination à en finir avec eux", disent-ils. Le "vendredi de la colère" a été le nom donné à la journée la plus violente du soulèvement de janvier-février 2011 ayant abouti à la chute d'Hosni Moubarak. Ce jour-là, le 28 janvier 2011, les manifestants ont pris le dessus sur la police, ce qui a amené l'armée à intervenir et à mettre à l'écart le "raïs". Face à cette initiative de la confrérie islamiste, le Front de salut national (FSN), coalition hétéroclite de gens de gauche et de libéraux, a lui aussi appelé les Égyptiens à manifester ce vendredi contre les "actes évidents de terrorisme" commis par les Frères. Cette aggravation de la situation et la polarisation croissante de la société égyptienne inquiètent la communauté internationale. Réuni d'urgence jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel à la retenue.
http://www.atlantico.fr/pepites/egypte-vendredi-colere-espere-freres-musulmans-816498.html#SqxxEskf85A1usqj.99

jeudi 15 août 2013

Égypte: les violences reprennent - Détention de Mohamed Morsi prolongée d'un mois

Les manifestations qui se sont déroulées mercredi au Caire auraient fait 525 morts et 1 400 blessés, selon le dernier bilan des autorités. Mais plusieurs témoins affirment qu'environ 230 cadavres calcinés entreposés dans la mosquée Al Iman n'ont pas été comptabilisés, ce qui alourdirait fortement le bilan.
Les Frères musulmans parlent quant à eux de 2 200 morts et de 10 000 blessés à travers le pays. De milliers de manifestants réclamant le retour du président Morsi s'étaient rassemblés sur les deux places du Caire, mais aussi ailleurs dans le pays. La police les a délogés dans un véritable bain de sang.
Des manifestants islamistes ont mis le feu au siège de l'administration d'une province au Caire, au lendemain de cette dispersion très meurtrière par la police et l'armée égyptienne, a annoncé la télévision d'Etat. La télévision privée CBC montrait également des images du siège du gouverneur de la province de Guizeh en feu (Caire). 
Par ailleurs, deux policiers ont été tués jeudi dans deux provinces d'Egypte par des militants du camp pro-Morsi, ont affirmé à l'AFP des responsables de la sécurité.
La tension reste donc à son comble. Les islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations ce jeudi. De leur côté, les forces de l'ordre préviennent qu'elles n'accepteront aucun nouveau sit-in. 
 
Mercredi, les forces de l'ordre ont pris le contrôle des deux places du Caire (Rabaa et Nadha) où des islamistes campaient depuis un mois et demi. Les manifestants étaient venus avec femmes et enfants pour réclamer le retour du président Morsi. La police, qui soutient le nouveau président par interim, Adli Mansour, est intervenue de manière musclée. En résulte un véritable bain de sang. 
 
Le dernier bilan officiel fait état de lourdes pertes civiles et de 43 victimes parmi les policiers. Les Frères musulmans ont annoncé que la fille de 17 ans d'un de leurs principaux dirigeants, Mohammed al-Beltagui, a été tuée par balles. Un cameraman de la chaîne britannique Sky News a également trouvé la mort dans la dispersion des manifestants.
 
A l'issue d'une journée de heurts meurtriers, les autorités ont décrété l'état d'urgence dans la moitié des provinces, dont celles du Caire et d'Alexandrie. L'état d'urgence se limite pour l'instant à un couvre-feu. Mais il représente une potentielle restriction de la liberté pour les égyptiens, qui n'auraient par exemple plus le droit de rejoindre des rassemblements politiques non-autorisés. L'état d'urgence, tel que défini dans un décret-loi de 1958, pourrait aussi réhabiliter des mesures en vigueur sous le régime de Moubarak : détentions sans jugement, fouilles sans mandat, ou encore contrôle accru des médias et des communications.  
 
La police saluée "pour sa très grande retenue"
Alors que le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei a démissionné de son poste de vice-président, refusant "d'assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n'était pas d'accord", le Premier ministre nommé par l'armée Hazem Beblawi s'est risqué à saluer la police pour "sa très grande retenue".
Le Premier ministre Beblawi est apparu à la télévision pour assurer qu'"aucun État qui se respecte n'aurait toléré" ces sit-in qui duraient depuis un mois et demi, s'engageant dans le même temps à poursuivre la mise en oeuvre du processus qui doit conduire à des élections début 2014.
Le ministre de l'Intérieur a quant à lui annoncé que "Les instructions étaient de n'utiliser que les gaz lacrymogènes, pas d'armes à feuMais quand les forces de sécurité sont arrivées, elles ont été surprises par des tirs nourris".
Après la dispersion des manifestants des places Rabaa et Nahda, des heurts se sont poursuivis dans différents quartiers du Caire et ont fait plusieurs morts dans d'autres villes du pays. Les pro-Morsi ont aussitôt appelé à de nouveaux sit-in et manifestations.
ElBaradei se désolidarise 
Face aux violences meurtrières, Mohamed ElBaradei, qui avait apporté sa caution morale à la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet par les militaires, a démissionné, mettant au jour les profondes divisions au sein des autorités de transition installées par la toute-puissante armée.
Il avait à plusieurs reprises plaidé pour une solution politique à la crise, répétant que les Frères musulmans devaient participer à la transition.
Dans la matinée, une autre figure morale s'était désolidarisée de l'opération meurtrière des forces de l'ordre: l'imam d'Al-Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite, qui avait expliqué n'avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l'ordre comptaient employer.
La violente répression est condamnée 
La communauté internationale, qui avait tenté une médiation pour éviter une issue dramatique au bras de fer entre pro-Morsi et nouveau pouvoir, a condamné l'usage de la violence pour disperser les deux rassemblements de milliers d'islamistes venus avec femmes et enfants réclamer le retour au pouvoir du premier président élu démocratiquement du pays.
eudi matin, dans une démarche exceptionnelle, le président français François Hollande a convoqué à l'Elysée l'ambassadeur d'Egypte en France pour lui dire "que tout doit être mis en oeuvre pour éviter la guerre civile" dans son pays.
"La libération de prisonniers, dans le respect des procédures judiciaires en cours, pourrait constituer un premier pas vers la reprise de pourparlers", selon un communiqué de l'Elysée. "La France est attachée à la recherche d’une solution politique et souhaite que des élections soient organisées dans les meilleurs délais, conformément aux engagements pris par les autorités égyptiennes de transition", ajoute le communiqué.
Londres a convoqué l'ambassadeur d'Egypte pour lui exprimer sa "profonde inquiétude". 
A Washington, le secrétaire d'État américain John Kerry a exhorté à organiser ces scrutins, condamnant un bain de sang "lamentable".
Ankara, qui s'était opposé à la destitution de Mohamed Morsi, l'Iran et le Hamas palestinien ont dénoncé un "massacre".
Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dénoncé "la méthode utilisée contre des manifestants pacifiques", tandis que Berlin lançait un appel au calme dans le pays où les violences entre pro et anti-Morsi et entre pro-Morsi et forces de l'ordre avaient auparavant fait plus de 250 morts depuis fin juin, essentiellement des manifestants islamistes.
L'Égypte a fermé mercredi son point de passage avec la bande de Gaza pour une durée indéterminée après les violences, a annoncé un responsable de la sécurité.