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jeudi 18 mai 2017

Il faut accélérer le transfert des réfugiés depuis l’Italie et la Grèce

Mardi matin, les députés exhorteront les pays de l’UE à accélérer le transfert de réfugiés depuis l’Italie et la Grèce vers d’autres États membres, comme conclu en septembre 2015.

Conformément à deux décisions adoptées par le Conseil en septembre 2015, les États membres se sont engagés à relocaliser 160 000 demandeurs d’asile depuis les pays situés en « première ligne » d’ici à septembre 2017. Cependant, seulement 18 418 personnes ont dans les faits été relocalisées (en date du 11 mai). Après le débat en plénière avec des représentants du Conseil et de la Commission, les députés se prononceront sur une résolution jeudi.
Contexte
Au vu de la gravité de la crise migratoire et des réfugiés lors de l’été 2015, l’UE a adopté deux mesures d’urgence pour relocaliser 160 000 demandeurs d’asile – qui ont de grandes chances d’obtenir le statut de réfugiés – depuis l’Italie et la Grèce vers d’autres États membres, pendant le traitement de leur demande.
Selon une décision adoptée ultérieurement par le Conseil en septembre 2016 – à laquelle le Parlement s’est opposé – les États membres ont convenu que 54 000 places sur les 160 000 prévues pouvaient être utilisées pour l’admission des réfugiés syriens depuis la Turquie, dans le cadre de l’accord migratoire entre l’UE et la Turquie, plutôt que depuis l’Italie ou la Grèce.
Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, environ 50 000 demandeurs d’asile sont bloqués en Grèce tandis que l’Italie a établi un nouveau record avec 181 436 arrivées en 2016.
© Gaïa 

En definitive toute la problématique des migrants ou refugiés se base dans l'incompétence des gouvernements concernés notamment le top de la pyramide EU que n’arrive pas à négocier directement avec les pays qui propulsent leur population à fuir leur territoire. (pays en guerre exclus)
La question est simple; ou est localisé le probleme dans des pays comme le Mexique ?
Pourquoi le Mexicain fuit sa terre et rêve de l 'Amerique? 

Pourquoi les Africains et les Arabes veulent à tout prix quitter leur pays pour demander à l’Europe de leur faire cadeaux d’une vie meilleure? 
Pourtant hors  zones de conflit dans leur propre pays qui serait securisé par des accords internationaux on pourrait bâtir des camps . Ceci éviterait les camps des refugiéss en EU dont la plupart sont dans des situations inhumaines…
Il faut savoir qu’en Italie les ONG sont dans le collimateur de la justice et de la politique: on les soupçonne effectivement d’entretenir le trafic de migrants. Sans parler des mafias italiennes qui recherchent dans « l’accueil » des migrants de nouveaux marchés…

mercredi 21 octobre 2015

Pourquoi Erdoğan en personne et l’État turc profond se trouvent derrière le massacre d’Ankara

Le massacre d’Ankara (86 morts et 186 blessés, le 10 octobre 2015) n’a pas été revendiqué. Cependant, compte tenu de la volonté préalable du PKK de proclamer un cessez-le-feu unilatéral durant la période électorale, de la volonté du président Erdoğan de faire peur à son propre électorat, et du passé criminel de l’État turc profond, il ne fait pas de doute pour Savvas Kalenteridis que la responsabilité en revient à Ankara.

ait le 24 mai 1993. Un bus transportait des soldats non armés de Malatya à Bingkiol. Dix kilomètres avant sa destination, les guérilleros du PKK, dirigés par Semntin Sakik, arrêtèrent le bus et capturèrent les soldats. Dans les premières heures matinales qui suivirent, ils exécutèrent 33 d’entre eux, plongeant la Turquie dans le deuil et éveillant les humeurs nationalistes et chauvinistes de la société turque contre les Kurdes et le PKK.
Une série d’événements a montré par la suite que, derrière ce crime odieux, se cachait l’État turc.
Le bus en question n’était pas escorté, une première en la matière.
Semntin Sakik, qui se rendit plus tard à l’État turc et trahît des secrets importants et vitaux de l’organisation aux autorités turques de sécurité, entretenait des relations avec l’infâme Gésil (Mahmut Yıldırım), kurde sunnite, agent et exécuteur des services secrets turcs, qui l’a informé du parcours de l’autobus et l’a chargé d’exécuter les soldats non-armés, un acte qui va à l’encontre du code des valeurs du PKK.
Selon des observateurs objectifs, le crime de l’exécution des 33 soldats a été conçu par le service de lutte anti-terroriste (JITEM), qui était le repaire de l’État profond, pour créer une vague de réaction dans l’opinion publique turque contre le PKK, pour faire pression sur le gouvernement et les forces armées afin de commencer des opérations militaires contre le PKK et de mettre fin de facto à la trêve unilatérale décrétée par Abdullah Öcalan, le 20 mars 1993, de concert et à l’instigation de l’ancien président de la République, Turgut Özal.
Il est à noter que le cessez-le-feu du 20 mars, fut prolongé de deux mois après une nouvelle déclaration d’Öcalan qu’il fit le 15 avril, toujours en consultation avec Turgut Özal et avec Celal Talabani comme médiateur diplomatique.
Pour ceux qui gardent encore un léger doute quant au rôle de l’État profond dans ce cas et combien était perturbante la voie de la paix, laquelle avait pour but d’apporter une solution politique à la question kurde, il suffit que nous révélions que deux jours après le second avis de l’extension du cessez-le-feu, Turgut Özal mourrut, empoisonné par l’État profond (17 avril 1993).
Vu que le PKK prolongea la trêve, l’État profond organisa l’exécution de 33 soldats non armés le 24 mai, laquelle fut attribuée au PKK, et fut suivie par de grandes opérations militaires de l’armée turque, mettant ainsi fin au cessez-le- feu unilatéral.

Ce qui a conduit au massacre du 10 octobre à Ankara

Le 9 octobre 2015, le codirigeant du PKK, Cemil Bagik, a annoncé que le PKK était prêt à déclarer une trêve unilatérale, de sorte à éviter une atmosphère de guerre en période électorale au Kurdistan turc occupé et le jour des élections du 1er novembre.
L’annonce officielle devait être faite par Murat Karayilan, le chef militaire du PKK, le samedi 10 octobre 2015.
En même temps, le mouvement kurde avait convenu, en accord avec diverses organisations, de co-organiser une grande manifestation pour la paix à Ankara.
Mais le duo Erdoğan-Davutoğlu avait organisé toute la campagne des élections du 1er novembre dans un climat belliqueux, dans le but de rassembler, autour des conservateurs de l’AKP, les électeurs nationalistes et de déstabiliser les électeurs turcs pacifiques, lesquels, par les centaines de milliers, avaient voté pour le Parti de la Démocratie des Peuples (HDP), aux élections du 7 juin 2015.
En définitive, c’était pour cette raison qu’Erdoğan avait interrompu la longue trêve et commencé la guerre contre le PKK à la mi-juillet 2015. Ce sont ces votes visant à obtenir la majorité absolue de l’AKP à l’assemblée nationale et à se faire nommer nouveau sultan, une pâle imitation de Saddam Hussein et de Mouammar el-Kadhafi.
En quelque sorte le mouvement de la paix et le cessez-le feu devraient être torpillés et ne devaient pas influencer les électeurs.
La guerre qu’il commença lui-même, sur sa propre décision à la mi-juillet et coûté la vie à des centaines de Kurdes et Turcs devait être poursuivie. Ainsi, des agents de l’État profond turc, des Kurdes sunnites, recrutés par les autorités de sécurité turques en 2013 et 2014, dans la ville d’Adiyaman, pour être engagés par l’Émirat Islamique et se retourner contre leurs frères Kurdes du PKK ont exécuté la mission, comme des kamikazes lors de l’attentat meurtrier à la gare d’Ankara.

Et quelle est la tragédie de cette affaire ?

Le kamikaze d’Ankara, est probablement Yunus Emre Alagöz, le frère aîné de Şeyh Abdurrahman Alagöz, qui, lui-aussi kamikaze, a tué 33 jeunes Kurdes à Suruç, le 20 juillet 2015 après quoi le PKK commença la guérilla contre l’État turc.
C’est cela la Turquie, tel est l’État turc. Profondément brutal et implacable envers ses « ennemis ».
Nous espérons que ceux qui « caressent » depuis des « années » maintenant les représentants de cet État réaliseront cette simple vérité, tandis que la Turquie perpétue aujourd’hui sur la personne des Kurdes, le génocide des Grecs, des Arméniens et des Assyriens, tandis que la même Turquie poursuit son occupation de Chypre et ses ambitions d’expansion dans la mer Égée.
Savvas Kalèdéridès
Savvas KalèdéridèsBrigadier de l’Armée de terre grecque. Il démissionna en 2000 après la capture du leader kurde Abdullah Öcalan par la CIA, le Mossad et le MIT turc. Il était alors en mission d’accompagnement à Nairobi (Kenya), pour le compte du Renseignement grec. Très populaire en Grèce et à Chypre, il est l’auteur de nombreux ouvrages d’analyse géopolitique et dirige la maison d’édition Infognomon et le site internet InfognomonPolitics.

mardi 25 février 2014

Emploi en Grèce : bienvenue dans l’enfer du servage ultralibéral

350 euros par mois à temps plein, « à prendre ou à laisser ». Qu’il semble loin, déjà, le temps de la « génération 700 euros » de 2006… Avec la crise, trouver un emploi est devenu une mission quasi-impossible en Grèce. Les employeurs en profitent pour imposer des conditions de travail toujours plus dures. Plongée dans les eaux troubles du servage néolibéral.
 Dimitris n’arrivait même pas à entendre ses propres pensées à cause des cris. Le responsable de la tournée hurlait : « Des Abonnements ! Je veux des abonnements ! ». Personne n’osait lever la tête pour le regarder. Une fois, Dimitris a marmonné « j’essaie ». « Ce mot n’existe pas ! », lui avait alors crié son responsable. « La réponse est : Je ferai des abonnements ! ».
Ce centre d’appel, un parmi les dizaines qui se sont développés à Athènes depuis le début de la crise, était chargé de promouvoir les nouvelles offres d’abonnement d’une compagnie de téléphonie mobile. Sur un tableau, le nombre d’abonnements qu’ils avaient vendus était inscrit en regard des noms des employés. Un zéro s’affichait à coté de la plupart des noms.
Dimitris, 29 ans, a tenu à peine une semaine dans cet enfer. « Ils ne nous permettent pas même pas une pause de dix minutes. Personne ne se plaint de peur de se faire virer. Tu ne peux même pas quitter le travail à l’heure prévue dans ton contrat parce que les responsables te disent que tu n’aides pas l’équipe ». Chaque employé de ce centre d’appel doit passer plus de cent coups de fil par jour. « La pression psychologique et la fatigue sont insupportables. Chaque jour, plusieurs employés laissent tomber leurs écouteurs, se lèvent et partent », raconte-t-il.

Finie la « génération 700 euros », place à la « génération 350 euros »

La plupart des employés de ces centres d’appel sont des jeunes qualifiés qui n’arrivent pas à trouver un travail ailleurs. Il y a aussi quelques seniors, des gens de plus de 50 ans qui viennent trouver là de quoi survivre. « Tu les vois la tête baissé, ils sont désespérés. Mais ils savent qu’au moins ici ils seront payés ». Dans d’autres centres d’appel, les employés sont payés seulement s’ils effectuent un nombre minimum de ventes. « Pour 4h par jour tu es payé 270 euros par mois, pour 5h 300 et pour 8h 500 ».
Génération 1.000 euros, le livre des Italiens Alessandro Rimassa et Antonio Incorvaia, qui dénonçait la précarité et l’insécurité économique des jeunes en Europe, est devenu en 2006 un best seller. En Grèce, ce phénomène a été surnommé « génération 700 euros ». Personne ne s’attendait à ce qu’en 2014 la moyenne des salaires soit encore deux fois plus basse et que les employeurs vous disent que c’est « à prendre où a laisser ».
Les centres d’appels incarnent l’exemple même des dérives du marché du travail en Grèce depuis l’apparition de la crise. Outre les salaires humiliants, la plupart de ces entreprises font signer des CDD d’à peine un mois pour que les employés s’épuisent à gagner le droit de voir leur contrat renouvelé. Dans un de ces centres d’appels, le taux horaire est d’à peine 2,9 euros et les CDD réduits à 15 jours.
Pire, dans certains cas, les gens ont une période d’essai d’un mois non rémunérée, et à la fin ils sont remerciés. D’autant que parfois, l’entreprise va jusqu’à afficher le nom des employés licenciés pour accroître encore la pression. Des témoignages ont révélé que les employés d’un centre d’appel étaient obligés de chanter en rythme « Pourquoi eux et pas nous ? »…

Lire la suite : News360X

vendredi 18 octobre 2013

Haro sur l’Église orthodoxe grecque !

Une « olive sans noyau » m’est restée en travers de la gorge en lisant le papier de Marie Delarue hier matin sur Boulevard Voltaire. Ainsi l’Église orthodoxe grecque serait non seulement « propriétaire d’un tiers environ du pays » mais, en outre, on l’aurait dispensée de payer ses impôts. Et qui plus est les moines grecs, « riches comme Crésus », rouleraient en Porsche… Alors que, vous l’aviez compris, le peuple crève de faim.
À moins de travailler pour Gala ou l’Huma, il vaut toujours mieux vérifier les « on-dit » plus ou moins farfelus qui circulent sur la Toile… Car l’Église orthodoxe grecque a en réalité très officiellement versé au fisc 12,5 millions d’euros en 2011, pour l’ensemble de ses évêchés, monastères et paroisses. Et ces affameurs de chrétiens poussent même le détail jusqu’à donner – pour les journalistes pointilleux – la somme au centime près : 12.584.139,92 euros. Espèrent-ils ainsi faire taire la rumeur journalistique autour du « trésor mythique de l’Église grecque » ? Sans doute, mais les insinuations continuent et se distillent subrepticement, élégamment même, y compris sur Boulevard Voltaire.
Il est vrai que les Grecs eux-mêmes entretiennent des relations souvent passionnelles avec leur Église, où se mêlent des sentiments souvent contradictoires entre vénération et envie. Ils n’oublient pas que l’Église orthodoxe reste étroitement liée à leur libération du joug ottoman en 1827, et à l’idée même de la création de la nation grecque. Les biens immobiliers de l’Église ont notamment servi d’hypothèque à l’État grec pour l’émission de ses bons du Trésor. C’est encore elle qui a tenu lieu de garantie pour les emprunts de 1845 auprès de la Banque centrale d’Angleterre.
Certes, l’Église grecque n’est pas à plaindre. Elle reste même, après l’État, le plus grand propriétaire foncier du pays. Mais comme dirait Mgr Antonios, numéro 2 de l’Église grecque : « Il est normal que notre Église soit en possession de certains biens puisqu’elle existe depuis 1.700 ans… Elle est bien plus ancienne que l’État Grec. » Un État grec chancelant dont l’Église orthodoxe reste la béquille indispensable encore aujourd’hui, assurant le soutien social en ces temps de pénurie, distribuant plus de 250.000 repas par jour, payant les factures d’eau et d’électricité, les loyers et les impôts de familles dans le besoin.
Alors, « riche comme Crésus », l’Église grecque ? Elle l’est tellement qu’elle a du mal à entretenir ou à restaurer elle-même les lieux de culte historiques tombant en ruines. Pas question de compter sur le soutien de l’État qui préfère, on l’a vu, financer la construction d’une grande mosquée à Athènes
José
Meidinger
Journaliste.
Ancien grand reporter à France 3 Alsace, il passe son temps entre l’Alsace et la Grèce

mercredi 12 juin 2013

Stupéfaction après l’extinction de la radio et la télé publiques en Grèce

ardi soir, le gouvernement grec a pris une mesure qui est en train de susciter un beau tollé par sa brutalité: la fermeture immédiate, à la clôture des programmes, des trois chaînes d’Ellinikí Radiofonía Tileórasi (ERT), la télévision publique. Pour cause de mauvaise gestion, de dépenses inconsidérées et de manque de transparence dans les comptes.
On dit le gouvernement de coalition d’Antonis Samaras divisé sur la mesure, mais sous pression de la troïka. Les experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI supervisent le redressement financier du pays et exigent que le nombre de fonctionnaires – les employés d’ERT en sont – soit drastiquement réduit pour faire fondre la dette publique et satisfaire aux exigences des partenaires européens de la Grèce à Bruxelles.

«Tremblement de terre»

«C’est la junte [au pouvoir entre 1967 et 1974] qui revient», a aussitôt déclaré au Monde, via l’AFP, Constantin Zambounis, ténor dans le Chœur d’ERT, qui est sous le choc: «Comme les 2655 autres salariés du groupe […], il a appris mardi soir la fermeture brutale des antennes, décrétée sans préavis et aussitôt mise en application.» Et de s’emporter: «Tout est arrêté, la télé, la radio, le Chœur aussi et dans toute la Grèce, tout va s’arrêter aussi.» Le quotidien Ta Nea parle de «tremblement de terre».
L’agence relate aussi qu’«en début de soirée, tout le monde pensait que les salariés d’ERT allaient organiser la résistance, garder l’antenne et le contrôle de la situation […]. Mais c’est l’émetteur principal, situé sur le mont Hymette à l’est d’Athènes, qui a été neutralisé.» Le journal Eleftherotypía compare le «forfait» à un «lynchage public». Et Kathimeriní précise, sur son site anglophone, que les journalistes résistent tout de même en continuant à émettre, mais dans le vide.

L’UER n’est pas d’accord

L’Union européenne de radio-télévision (UER) a d’ailleurs aussitôt demandé à la Grèce d’«annuler sa décision», écrit Le Figaro. Son président, Jean-Paul Philippot, et sa directrice générale, la Suissesse Ingrid Deltenre, ont écrit au premier ministre pour l’appeler à «user de tous ses pouvoirs» dans ce but, arguant du fait que «l’existence de médias de service public et leur indépendance à l’égard du gouvernement sont au cœur des sociétés démocratiques».
Peut-être en Grèce plus qu’ailleurs, où les médias privés se distinguent par leur médiocrité. De fait, le pays d’Homère devient aujourd’hui le premier en Europe à ne plus disposer de télévision publique, laissant le soin aux chaînes privées de servir leur soupe infame. Alors la décision choque, forcément. Pour les Grecs, indique Libération, «ce geste rappelle de mauvais souvenirs: la dernière fois que la télévision nationale du pays a cessé d’émettre, en 1967, un quarteron de colonels prenait le pouvoir et instaurait une dictature».

«Un choc et un scandale»

Après l’annonce, Slate.fr s’est entretenu avec le journaliste Vangelis Demeris, correspondant à Bruxelles d’ERT de 2001 à février 2013 et qui travaille maintenant entre autres pour le journal Ethnos, le deuxième quotidien grec, qui titre ce matin: «Tempête après la mort subite.» «Cette fermeture totale? s’interroge-t-il. Il y avait des rumeurs, des spéculations […]. Mais je ne m’attendais pas à ça. C’est un choc et un scandale. Je suis consterné, c’est absurde.»
ERT est la source majeure d’information pour l’opinion publique. […] C’est extrêmement grave pour la démocratie. […] Je n’exclus pas une grève des collègues journalistes de tous les médias, par solidarité. Et donc il n’y aurait plus d’information. Une situation pareille n’est jamais arrivée nulle part. Ça n’est jamais arrivé. Ils ont parlé de rouvrir plus tard, mais il n’y a pas d’agenda, pas de calendrier.»

«Tyrannique»

Le site Rue89 est, pour sa part, hors de lui: «La troïka est à la même heure en balade sur place pour rappeler les dirigeants grecs à leurs engagements de sinistre memorandum. […] Le porte-parole de la troïk… du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, a immédiatement abondé dans le sens de ses chers hôtes. […] Alors zou, aussi sec, à minuit, terminé! Plus aucune chaîne publique d’informations, rien que des chaînes privées sous la férule de quelques gros armateurs locaux ou assimilés.»
Des chaînes qui sont «au demeurant illégales puisque, comme le souligne le blogueur Okeanews sur Twitter, leurs concessions ont expiré depuis longtemps sans qu’aucune autorité rescapée ne s’en émeuve. Ce que le plus tyrannique des tyranneaux africains n’avait pas osé, Bruxelles et ses acolytes grecs coalisés viennent de le faire.»

«Un coup d’Etat»

Une blogueuse de Mediapart estime qu’«en pratique, il s’agit d’un coup d’Etat (car la décision ministérielle ayant force de loi) qui met en péril la liberté d’information inscrite dans la Constitution hellénique». Et de noter que «les bâtiments centraux d’ERT, qui abritent des studios et du matériel de haute technologie, seront confiés… au «Ministère de la protection du citoyen» (comprenez: le ministère de l’intérieur et du flicage). Cela ne peut que rappeler les heures noires de l’histoire pas si ancienne de la Grèce.»
L’Avenir ne mâche pas ses mots non plus. Sous le titre «Black-out audiovisuel terroriste, digne d’une dictature», il écrit: «On dira que les journalistes se défendent entre eux et qu’aujourd’hui, ce texte écrit sous le coup de la stupéfaction et de la colère n’est qu’un acte corporatiste au sein du monde des médias. Simple vision d’esprit. Ici, il n’est pas question d’une simple question de solidarité confraternelle mais bien d’une pure aberration démocratique.»

Mal entendu? Mal compris?

En réalité, écrit l’éditorialiste fâché, «c’est une information qu’on a du mal à digérer. On a l’impression d’avoir mal entendu. Mal compris. Mais non, les phrases se répètent, allant toujours dans le même sens. […] Couper le jus, comme ça, sans préavis? Déstabiliser d’un coup l’offre d’information dans un pays? C’est inadmissible. C’est d’autant plus intolérable que dans la situation actuelle, les Grecs sont en droit d’exiger l’information la plus complète et la plus diversifiée possible. Leur pays traverse une crise sans précédent. Ils doivent être informés.»

L'UE est dans l'opinion publique virtuellement morte, nous nous approchons jour après jour de sa chute finale, je pense que les regards doivent se tourner vers l'Allemagne, il sera très probablement le premier pays à annoncer la dissolution de l'eurozone, sinon la dégradation sociale et économique sera telle qu'on pourrait assister à un putsch militaire venant de France, leur gouvernement français ne maîtrise plus rien, c'est une débandade qui ouvre la porte à un nouveau 1789 français qui entraînera la chute de l'Union Européenne.
Le pillage se poursuit Ce qui se passe en Grèce, mais aussi en Europe, ne devrait réjouir personne. Sauf ceux qui l'ont décidé et qui n'en font qu'une histoire de gros sous. Les 2656 salariés de la chaîne publique grecque jetés au chômage, sans justification autre que de faire des soi-disant économies. Le droit d'expression livré en pâture aux chiens d'exécutants des Goldman Sachs, FMI et BCE. La Commission européenne qui reçoit par email les félicitations des patrons de banque et autres théocrates de l'austérité doivent être satisfaits d'eux-mêmes, de pouvoir donner une leçon à ses méprisants journaleux. Personne n'y gagne sauf eux! Alors, que ne restons-nous pas les bras croisés et ne descendons-nous pas dans la rue à l'instar de nos amis Turcs pour envoyer paître ces chiens qui nous tondent comme des moutons, nous pressent comme des citrons. Il suffit! Il est temps de le montrer... L'argent du peuple doit revenir au peuple, l'argent public ne peut devenir privé.
Certains croiraient donc encore à une Europe démocratique ? Pour rappel, la Commission Européenne n'est pas soumise au suffrage universelle et elle est plombée par un lobbying intensif dont l'influence est si grande que certains passages de lois européennes sont de véritables copiés/collés de textes "suggérés" par ces lobbies. La tendance généralisée et continue depuis ses débuts est la privatisation grandissante de tous les services publics à terme, du système carcéral aux soins de santé en passant par les transports. Le pouvoir politique, censé être la voix du peuple via son vote, le garant de ses droits et son défenseur, perd à chaque loi un peu plus de terrain face à un secteur privé qui n'a lui que le profit à ligne de mire et non le service. La télévision publique grecque n'en est qu'un exemple.
Ce qui arrive aujourd'hui en Grèce, arrivera demain en Belgique et dans les autres pays européens. Les Allemands découvrent à l'instant que leurs retraites seront pour la majorité des retraités futurs inférieures au seuil de la pauvreté de l'assistance publique. Il en est de même en Belgique, mais tant que le Titanic flotte, on y danse ... !
 

vendredi 19 avril 2013

Grèce : pic de suicides et de meurtres à cause de la rigueur budgétaire


Le cumul de la récession économique et de l'austérité budgétaire est un coup dur évident pour la Grèce. Selon une étude gréco-américaine publiée dans l'American Journal of Public Health, ces conditions difficiles ont un impact direct sur la mortalité en Grèce.
La santé physique et psychologique des Grecs est en déclin, et à l'inverse, les suicides et les meurtres sont en augmentation. La santé des Grecs est malmenée, avec une recrudescence de Malaria et de VIH. Les cas de troubles mentaux, d'abus de drogue et de maladies infectieuses provoquées par le virus du Nil occidental ont également augmenté.
Aristotle University of Thessaloniki in Greece and the University of New Mexico in the United States

Read more at: http://medicalxpress.com/news/2013-04-reveals-austerity-impact-health-greece.html#jCp
Aristotle University of Thessaloniki in Greece and the University of New Mexico in the United States

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Aristotle University of Thessaloniki in Greece and the University of New Mexico in the United States

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Les taux de suicide et de meurtre ont explosé entre 2007 et 2009, augmentant respectivement de 22,7% et de 27,6%. Les hommes sont particulièrement touchés par ces fléaux.
Les chercheurs de l’université Aristote de Thessalonique en Grèce et de l'Université de New Mexico aux Etats-Unis ont utilisé dans leurs calculs les statistiques des services de santé du gouvernement. Malgré la détérioration de la santé des Grecs, des coupes budgétaires sont intervenues dans le budget de la santé, et les dépenses du ministère de la Santé ont chuté de 23,7M entre 2009 et 2011.

http://www.atlantico.fr

lundi 6 août 2012

Sursaut national en Grèce : La police interpelle plusieurs milliers d'immigrés clandestins

La police grecque poursuit la chasse aux « sans-papiers » du centre d'Athènes. Une opération commencée jeudi 2 août qui s'est soldée avec près de 5 000 personnes interpellées, et plus de 1 100 arrêtées.
La détermination des autorités grecques semble intacte dans la lutte contre l'immigration clandestine. 2 000 policiers à Athènes et 2 500 à la frontière gréco-turque participent à l'opération intitulée « Xenios Zeus », du nom du premier des dieux antiques, Zeus, protecteur des hôtes.


Reconduire les migrants clandestins dans leurs pays d'origine « est un besoin de survie nationale », a déclaré le porte-parole de la police grecque. L'objectif, a-t-il expliqué, est de faire en sorte qu'Athènes redevienne une métropole de droit, avec une bonne qualité de vie. Le ministre de la Protection et du Citoyen, Nikos Dendias, a souligné, quant à lui, la nécessité de lutter contre les réseaux de prostitution et de drogue dans le centre de la capitale grecque. Il a rappelé par ailleurs que les « sans-papiers » habitent dans des conditions « honteuses » au centre d'Athènes.
Une chose est sûre, avec la crise économique très grave qu'elle traverse, la Grèce n'a pas les moyens d'assurer du travail et des conditions de séjour décentes aux migrants illégaux. Une partie de la société grecque les rejette de plus en plus. Un parti néonazi, Aube dorée, au discours xénophobe et raciste, a fait son entrée au Parlement lors des récentes élections législatives.
Avec RFI

mardi 26 juin 2012

Tensions croissantes pour l’énergie en Mer Égée


Après l’étude de la Méditerranée orientale, William Enghdal se concentre sur les ressources découvertes récemment en mer Egée, qui annoncent un profond bouleversement du paysage géopolitique. Dans le cas de la Grèce, alors que l’exploitation des réserves découvertes permettraient de résorber la dette, les maitres étrangers de cet État qui a perdu sa souveraineté ont des plans très différents. Ainsi Hillary Clinton est venue en personne à Athènes pour assurer les intérêts des États-Unis et de son époux Bill dans la région, alimentant pour le moins les tensions avec la Russie.

La découverte fin 2010 d’importantes réserves de gaz naturel dans les eaux israéliennes en Méditerranée a incité les pays voisins à inspecter de plus près leurs propres eaux. Les résultats montrent que l’ensemble de la Méditerranée orientale regorge d’immenses réserves de pétrole et de gaz inexploitées. Ceci a d’énormes conséquences politiques, géopolitiques, économiques et pourrait avoir aussi des conséquences militaires.
Les premières explorations ont confirmé que les réserves en pétrole et en gaz étaient impressionnantes partout dans les eaux au large de la Grèce, de la Turquie, de Chypre et de la Syrie.

Le sirtaki énergétique grec

Avec la crise financière désastreuse que connaît le pays, il n’est pas surprenant que le gouvernement grec se soit sérieusement mis à chercher du pétrole et du gaz. Depuis qu’il en a trouvé, le pays s’est mis à danser un curieux ballet avec le FMI et les gouvernements de l’Union européenne, une sorte de « sirtaki de l’énergie » afin de savoir qui contrôlera ces immenses découvertes et donc, qui en bénéficiera en dernier ressort.
En décembre 2010, alors qu’il semblait que la crise grecque pouvait encore être résolue sans plans de sauvetage géant ou privatisations, le ministère grec de l’Énergie a constitué un groupe d’experts afin étudier les perspectives en matière de pétrole et de gaz dans ses eaux. L’industrie pétrolifère et gazière du pays a commencé à augmenter ses investissements après une première petite découverte de pétrole en 2009. Des études géologiques plus importantes ont alors été conduites. Les premières estimations révélèrent que la quantité de pétrole au large des côtes grecques dépasserait 22 milliards de barils dans la mer Ionienne à l’ouest et quelque 4 milliards de barils dans le nord de la mer Égée, à l’est. [1]
Les parties sud de la mer Égée et de la mer de Crète ne sont pas encore explorées et les chiffres pourraient in fine s’avérer être beaucoup plus élevés. Un précédant rapport du Conseil National Grec pour la Politique Énergétique annonçait : « La Grèce est l’un des pays les moins explorés en Europe au regard des réserves d’hydrocarbures potentielles » [2]. Selon l’analyste Aristote Vassilakis, « les enquêtes mesurant la quantité de gaz naturel ont évalué les réserves à 9 000 milliards de dollars » [3]. Même si une petite partie seulement de ceci était disponible, cela suffirait à transformer radicalement les finances de la Grèce et de toute la région.
David Hynes, l’expert en ressources pétrolières de l’Université de Tulane (Nouvelle-Orléans) a confié récemment à un auditoire à Athènes que la Grèce pourrait potentiellement résoudre sa crise et rembourser toute la dette publique via l’exploitation des nouveaux gisements de gaz et de pétrole découverts. Il estime que cela pourrait rapporter au pays plus de 300 milliards d’euros sur 25 ans. Mais au lieu de cela, le gouvernement grec est contraint d’accepter des remaniements ministériels, des réductions de salaires et des suspensions du versement de retraites pour obtenir un deuxième prêt de la part l’UE et de du FMI, ce qui ne fera que conduire le pays plus profondément encore sur le chemin du déclin économique. [4]
Il est notoire que les dirigeant du FMI et de l’UE, et notamment d’Allemagne, demandent que la Grèce vende ses ports et ses entreprises publiques, parmi lesquelles bien sûr les compagnies pétrolières d’État, afin de réduire sa dette. Dans le meilleur des cas, la vente des actions rapporterait au pays 50 milliards d’euros [5]. Les plans prévoient que l’entreprise publique de gaz naturel, DEPA, privatise 65 % de ses actions pour rembourser la dette [6]. Les acheteurs viendraient probablement de l’extérieur du pays, comme ce fut le cas pour d’autres entreprises grecques dans la même situation.
Le problème, au-delà de la demande du FMI que la Grèce brade ses ressources pétrolifères, réside dans le fait que la Grèce n’a pas déclaré de Zone Économique Exclusive (ZEE) comme la plupart des autres pays qui forent pour trouver du pétrole. Il y avait peu de besoins jusqu’alors. Une ZEE confère à l’État des droits spécifiques relatifs aux richesses du sous-sol dans ses eaux déclarées en vertu de la Troisième Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer, entrée en vigueur en Novembre 1994. En vertu de celle-ci, une nation peut prétendre à une ZEE jusqu’à 200 milles marins de ses côtes [7].
La Turquie a déjà déclaré qu’elle considérerait comme un « acte de guerre » le fait que la Grèce fore plus loin dans la mer Egée [8]. Jusqu’à présent cela n’avait pas prêté à conséquences car aucune réserve de pétrole ou de gaz n’étaient connues. Désormais il s’agit d’un tout autre enjeu.
Evangelos Kouloumbis, ancien ministre de l’Industrie a récemment déclaré que le pays pourrait « couvrir 50 % de ses besoins avec le pétrole découvert dans les champs offshore de la mer Egée, et le seul obstacle est l’opposition turque vis à vis d’une éventuelle exploitation grecque » [9].

Hillary aussi sait danser

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Epikaira magazine - "Reportage : Hillary est venue en Grèce pour conclure des contrats de prospection pétrolière" 21 juillet 2011.
En juillet 2011, Washington a rejoint le sirtaki énergétique grec. La secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Athènes en ayant en tête les questions énergétiques. Elle était accompagnée de son envoyé spécial pour l’énergie eurasiatique, Richard Morningstar. Morningstar a été le conseiller spécial du président Bill Clinton, chargé de la diplomatie énergétique dans le bassin capien, et l’un des agents stratégiques de Washington dans les batailles géopolitiques visant à démembrer l’ex-Union soviétique et à faire encercler la Russie alors plongée dans le chaos par d’anciens États de l’URSS pro-OTAN.
Morningstar et le très controversé Matthew Bryza ont été les principaux architectes à Washington des projets étasuniens d’oléoducs et de gazoducs consistant à couper la Russie et ses ressources en gaz de l’Union Européenne. Bryza est un opposant déclaré à l’oléoduc russe South Stream qui passe à travers les pays de l’Est de la Méditerranée [10]. Clairement l’administration Obama n’est pas neutre concernant les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz. Trois jours après qu’Hillary ait quitté Athènes, le gouvernement grec a proposé la création d’une nouvelle agence gouvernementale pour gérer les appels d’offre en matière de prospections et de forages.
Morningstar est le spécialiste étasunien de la guérilla économique contre la politique énergétique russe. Il fut décisif dans la maintient du controversé oléoduc BTC qui part de Bakou, rejoint Tbilissi en Géorgie et va jusqu’au port Turc de Ceyhan, une coûteuse entreprise conçue uniquement pour éviter un transit via la Russie. Il a ouvertement proposé que la Grèce et la Turquie abandonnent leurs différents historiques concernant Chypre, ainsi que de nombreuses autres questions et s’entendent pour gérer conjointement leurs réserves de pétrole et de gaz en mer Egée. Il a également dit au gouvernement grec qu’il devait oublier la coopération avec Moscou sur le gazoduc South Stream ainsi que le projet de gazoduc Bourgas-Alexandroupolis [11].
Selon un rapport de l’analyste politique Aristote Vassilakis publié en juillet 2011, l’objectif de Washington en poussant ainsi la Grèce et la Turquie à unir leurs forces sur le pétrole et le gaz réside dans le partage prévu des revenus de ces exploitations. Selon son rapport, Washington propose que la Grèce obtienne 20 % du chiffre d’affaires, la Turquie 20 % et la société états-unienne Noble Energy, société qui a déjà assuré le forage dans les eaux israéliennes et au large des cotés grecques, obtiendrait la part du lion, c’est à dire 60 % [12].
Bill, l’époux de la secrétaire d’État Hillary, est lobbyiste à Washington pour le compte de Noble Energy. [13]

Les complications chypriotes

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Le président chypriote Demetris Christofias et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou à Chypre en février 2012.
Comme si ces complications géopolitiques ne suffisaient pas, Noble Energy, a également découvert d’énormes volumes de gaz au large de la République de Chypre. En Décembre 2011 la compagnie a annoncé un forage réussi dans une zone dont on estime qu’elle recèle au moins 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Charles Davidson, le directeur général de Noble Energy, a fait remarquer à la presse que « cette dernière découverte démontre que ce bassin est de première importance au niveau mondial, en terme de quantité et de qualité » [14].
Chypre est une pièce compliquée sur l’échiquier. Des documents déclassifiés du gouvernement états-unien des années 1970 révélés récemment, montrent qu’Henry Kissinger, qui était lors le secrétaire d’État, aurait activement encouragé et facilité l’armement du régime turc de l’ancien élève de Kissinger à Harvard et Premier ministre Bulent Ecevit pour organiser une invasion militaire de Chypre en 1974, ayant pour effet la partition ethnique de l’île entre un espace turc au nord et un autre grec et chypriote au sud ; une division qui perdure encore aujourd’hui. La stratégie de Kissinger, soutenue par les Britanniques, était destinée à créer un prétexte pour une présence militaire permanente états-unienne et britannique afin de pratiquer des écoutes militaires dans la Méditerranée orientale durant la Guerre froide. [15]
Aujourd’hui, la partie grecque du sud, où Noble Energy a découvert de larges gisements de gaz, est membre de l’UE. Son président, Demetris Christofias, est l’unique dirigeant communiste de l’Union européenne. Il est également un ami proche d’Israël, et de la Russie. En outre, il est très critique à l’égard de la politique étrangère états-unienne, ainsi que de la Turquie [16].
En ce moment, Israël envisage de construire un gazoduc sous-marin depuis les champs israéliens du Levant à travers les eaux de Chypre jusqu’à la terre ferme grecque, pour approvisionner le marché de l’UE. Les gouvernements de Chypre et d’Israël se sont entendus sur la délimitation de leurs zones économiques respectives, en ignorant la Turquie. Cette dernière a ouvertement menacé Chypre du fait de son accord avec Noble Energy. La Russie a réagi en déclarant qu’elle ne tolérerait pas les menaces turques contre Chypre, compliquant encore un peu plus les relations russo-turques [17].
Les relations turco-israéliennes quant à elles, amicales par le passé, sont devenues de plus en plus tendues ces dernières années sous la politique étrangère d’Erdogan. Ankara a exprimé sa préoccupation au sujet des liens récents entre Israël et ses adversaires historiques, la Grèce et la partie grecque de Chypre. La République turque de Chypre du Nord, alliée de la Turquie, craint de ne pas être représentée de façon juste dans le partage du gaz après qu’Israël et Nicosie aient signé un accord pour se répartir les 250 kilomètres de mer qui les séparent. [18]
Il devient évident, surtout quand nous jetons en parallèle un regard sur la carte de la Méditerranée orientale, que l’appétit féroce pour les réserves de pétrole et de gaz et leur exploitation pose les bases d’un conflit de grande ampleur dans la zone, impliquant les intérêts stratégiques des États-Unis, de la Russie, de l’Union Européene, d’Israël, de la Turquie, de la Syrie et du Liban.

lundi 28 mai 2012

Il n'a pas que Bayrou qui trouve cela chaquant

La patronne du FMI a estimé que les Grecs «devraient commencer par s'entraider collectivement» en «payant tous leurs impôts» .

François Bayrou a jugé lundi «extrêmement choquants» les propos de Christine Lagarde sur la Grèce car, a-t-il dit, la patronne du FMI «a mis en accusation le peuple grec» alors que celui-ci a été «entraîné dans un aveuglement» par «le bandeau» que ses dirigeants lui avaient mis sur les yeux
«J’ai trouvé les propos de Christine Lagarde extrêmement choquants parce qu’elle a mis en accusation le peuple grec comme si il était coupable et responsable», a expliqué François Bayrou sur France Inter.
Mme Lagarde a mis le feu aux poudres en estimant dans un entretien au Guardian que «les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement», et ce, en «payant tous leurs impôts», et en se disant moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d’Afrique.
«Il y a, dans la société grecque, dans le pouvoir grec et son organisation, des responsabilités mais il n’est pas vrai que ce soit le peuple grec qui soit responsable de ce qui lui arrive. Il a été entraîné dans un aveuglement, il avait un bandeau sur les yeux et on lui a fait croire qu’on pouvait continuer à vivre en empruntant», a estimé le patron du MoDem.
«Mais, a-t-il souligné, il n’est pas le seul peuple en Europe à qui on ait mis un bandeau sur les yeux et à qui on ait raconté qu’on pouvait continuer à vivre en s’endettant».
«C’est pourquoi j’ai trouvé que le Fonds monétaire international et Christine Lagarde devraient s’exprimer de manière différente pour des peuples en souffrance. Je n’aime pas qu’on mette les peuples, et les plus fragiles, en cause. Ce sont eux qui paient les pots cassés des crises que d’autres ont décidées. Les gouvernements grecs de gauche et de droite sont éminemment responsables de la situation qui a été créée», a-t-il conclu.
Que pense - t- elle de la gestion africaine des aides européennes envoyées pour soulager la souffrance des peuples africains??

dimanche 18 septembre 2011

La question n’est pas : si Erdogan va perdre la face, mais quand


Les sites chypriotes et grecs nous alertaient, il y a peu, de l’arrivée imminente de sous-marins nucléaires russes dans leur région. Qu’est-ce à dire ?
Il existe un consensus international sur les droits conjoints de Chypre et d’Israël à développer leur exploitation sous-marine des ressources pétrolières et gazières, dans leur Zone d’Exclusion Economique. L’avertissement russe démontre que, loin d’une compétition contre les entreprises américaine et israélienne, Noble Energy et Delek, la Russie est prête à participer à la protection de ces champs énergétiques. Moscou est intéressé à passer un accord de long terme avec la Grèce et Israël, installant un pipeline entre Athènes, Ashkelon, puis Eilat, vers l’Asie du Sud-Est. Gazprom s’allierait pour contourner le « guichet » imposé par la Turquie. Laquelle tire l’essentiel de sa richesse du noeud de conductions des énergies qui traversent son territoire, depuis l’Asie Centrale.
 La véritable concurrence oppose, au contraire, la Turquie à la Russie, sur deux plans : l’accès maritime en Méditerranée et la course au contrôle monopolistique des ressources et de leurs débouchés vers l’Europe et l’Asie. Comme nous l’expliquions, il y a quelques temps , la petite île de Chypre est la clé du contrôle stratégique des côtes syriennes, donc de ses ports, où mouillent les navires russes (à Tartous). Elle est aussi indispensable à l’Europe et à la marine de l’OTAN qui accoste dans ses criques. Non content d’être en froid avec Israël, l’adjoint d’Erdogan, Besir Atalay menace, maintenant, de suspendre tous les accords turcs avec l’Union Européenne, si l’île chypriote occupe la présidence tournante de l’institution bruxelloise, en juillet 2012. 
La Turquie islamiste entend démontrer au monde entier sa capacité de nuisance, sur tous les sujets. Et c’est ainsi que, pas à pas et de provocation en provocation, elle construit son superbe isolement, qui risque, bientôt, de la rendre plus « insulaire » que les plages chypriotes…
  Ankara joue, aussi un rôle éminemment ambigu, dans l’insurrection syrienne en cours, où il s’agit de se gagner l’estime de l’opposition tout en s’affirmant comme le médiateur indispensable pour le régime d’Assad. Les Russes l’ont compris et flairé le danger d’être mis sur la touche, en cas d’entente (improbable à cette heure) entre les parties. Une délégation de sénateurs russes s’est rendue à Damas, menée par le vice-président du Conseil de la Fédération, Ilias Oumakhanov. Elle réaffirme l’opposition russe à toute « ingérence extérieure » : il faut y lire, bien sûr, le poids des Etats-Unis et de l’Europe, mais aussi leur naïve délégation à Erdogan pour masquer leur impuissance à peser sérieusement sur le destin final d’Assad.
 Là encore, la Turquie verrouille les issues et s’impose comme le champion de toute négociation ultérieure. Néanmoins, les membres de l’opposition syrienne ruent dans les brancards et dénoncent un double-jeu turc devenu trop criant : vendredi, les opposants accusaient Erdogan d’avoir livré un officier supérieur déserteur, le Lt. Col. Hussein al-Harmoush aux tortionnaires d’Assad. Peu de temps après, le gradé apparaissait face aux caméras, exploité comme « témoin à charge » contre les ennemis du régime. Il était réfugié politique en Turquie, lorsque son sort a été réglé entre Erdogan, son chef du renseignement, Hakan Fidan et la police secrète syrienne. Un proche, Omar Al Muqdal, témoigne devant CNN, que le colonel avait rendez-vous avec un membre de la sécurité turque. Celui-ci ne l’a jamais ramené au camp de réfugiés où il résidait provisoirement, mais l’a livré aux loups d’Assad. D’autres décèlent des signes évidents de torture dans la prestation imposée devant les écrans de la TV syrienne.
 Ce double-jeu permanent des services turcs prend, même, des allures de crise interne : jeudi dernier, Erdogan a accusé, à nouveau, Israël, d’être à l’origine de la diffusion, dans tous les grands médias turcs, d’enregistrements, théoriquement « secrets », des négociations tenues par le chef du renseignement, Hakan Fidan avec les responsables du PKK. Jusqu’alors, le Gouvernement niait toute approche de cet ordre avec un groupe réputé « terroriste ». Plutôt que de se justifier de ce changement de cap et de répondre aux mises en cause des partis d’opposition, le démagogue Erdogan s’est contenté de rejeter la faute interne sur un pays-tiers : le problème, pour lui, n’est donc pas le contenu de ces bandes qui mettent en question sa probité et sa posture officielle, mais qui les a fait publier. La vieille théorie conspirationniste qui galope dans les rues moyen-orientales durera quelques temps. Elle n’empêchera jamais Erdogan d’avoir des comptes à rendre à son peuple. Il dit vouloir défendre bec et ongles son protégé Fidan, martelant que cet homme a été désigné comme pro-iranien par « les Sionistes » et que c’est la raison du « complot ». Barak, en effet, l’avait mentionné comme un risque de transmission d’informations sensibles jusqu’alors partagées entre Ankara et Jérusalem, aux Mollahs de Téhéran. Ce n’est un secret pour personne que Fidan est devenu, depuis son poste d’observateur nucléaire, à Vienne, un intime des « négociateurs » iraniens sur le nucléaire et qu’il est à l’origine de « l’offre » turco-brésilienne destinée à contourner les sanctions.
 Deux leaders de l’opposition nationaliste, Kemal Kılıcdaroglu et Devlet Bahceli, ont exigé la démission immédiate de Tayyip Erdogan et de son protégé, pour atteinte aux intérêts de l’Etat. C’est que, d’un côté comme de l’autre, on ne plaisante pas avec l’autonomie ni la stigmatisation officielle, au moins, des dirigeants des groupes armés kurdes.
 Erdogan accuse aussi Israël d’avoir livré des drones aux équipements électroniques incomplets, après avoir chassé ses experts en aéronautique. Ils ne lui sont d’aucune utilité contre les Kurdes des montagnes. Incapable de réduire ce petit peuple rebelle, ce n’est pas, non plus, demain, qu’il osera s’opposer aux sous-marins russes, aux marines et aviations israélo-greco-chypriotes, appuyées en sous-main, par l’Europe et les Etats-Unis.
 A cela s’ajoute la confirmation de la crise « à la Grecque » qui menace l’économie turque sous le règne de l’AKP islamiste. Guy Bechor confirmait, dans Ynetnews du jeudi 15 septembre, bien des données que nous avancions dès le 4 du même mois . Le déficit budgétaire grec est à 10%, celui de la Turquie, à 9, 5%. C’est donc une question de semaines ou d’heures, avant que la façade de santé économique insolente ne s’écaille. Comparativement, celui d’Israël se situe entre 3 à 2% dans l’année en cours. La « croissance » turque est affaire de manipulation financière. Les banques ont concédé des prêts à des taux défiant toute concurrence. A ce tarif-là, entreprises et populations ont emprunté des sommes colossales, pour des biens durables ou immédiatement consommables. Elles vivent donc à crédit. C’est ainsi qu’Erdogan s’est acheté un électorat, plutôt que celui-ci n’a adhéré à son programme islamiste et défiant à l’égard d’un monde extérieur qu’il ne pourra bientôt plus rembourser. Désormais, le déficit ainsi entretenu frise les 10%, où les voyants rouges ont commencé à s’allumer. La dette externe a doublé en 18 mois, en pleine période électorale favorable à Erdogan.  Oui, mais voilà, il va bien falloir, à un moment donné, passer à la caisse et rendre des comptes. Le taux de chômage grimpe à 13%, la monnaie locale se dévalue vis-à-vis du dollar, la bourse d’Ankara a perdu 40% de sa valeur au cours des 6 derniers mois.
 Dès les 1ers signes de sa débandade économique, ses opposants, les journalistes bâillonnés, les avocats jetés en prison, les militaires condamnés injustement pour « complot », les leaders de l’opposition, fonderont sur le cercle rapproché du Gourou islamiste régional et, semaines après semaines, le mettront en pièces.
 Il aura alors, perdu la face en Méditerranée, vraisemblablement à l’égard des montagnes kurdes, puisque sans technologie pour les vaincre, il aura perdu ses alliances avec la Syrie et l’Iran, n’aura entraîné que le prurit de la rue égyptienne, chauffée à blanc contre Israël, durant des générations, se sera mis l’Europe et la Russie à dos.
Peut-être, alors, lui restera t-il l’issue de l’exil pour échapper à un procès, dernière fashion victim d’un possible « Printemps turc » ?
 Par Marc Brzustowski
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mardi 6 septembre 2011

Accord militaire entre la Grèce et Israël

Une réunion a eu lieu en présence des deux ministres dans la base de Kyria à Tel Aviv.
« Nous souhaitons la bienvenue au Ministre grec de la défense et nous remercions son gouvernement pour leur assistance rapide lors de l’incendie du Carmel. Nous sommes heureux de constater que les relations se développent entre nos deux pays dans tous les domaines, y compris la défense », a déclaré Barak à la fin de la réunion.
Ehud Barak a ajouté que la Grèce et Israël sont « deux nations anciennes qui ont contribué à la culture mondiale. Nous espérons que la coopération va s’intensifier entre nos deux gouvernements, nos deux armées et nos deux peuples ».
Selon Barak, cet accord sécuritaire est le symbole de la future coopération entre la Grèce et Israël. « Nos deux pays traversent une période difficile et je crois que nous portons un regard positif l’un sur l’autre ».
Au cours des dernières années, l’Armée de l’Air Israélienne a suivi des entraînements avec de nombreuses armées étrangères et récemment la coopération militaire entre l’Armée Grecque et l’Armée Israélienne s’est beaucoup développée.
En juin dernier, l’Armée de l’Air Israélienne a effectué un exercice en coopération avec l’Aviation Grecque dans la région de Larissa en Grèce à bord des hélicoptères Sikorsky UH-60 Black Hawk et AH-64 Apache.