mercredi 12 juillet 2017

L'Europe de l'Est, gardienne de la civilisation occidentale par Giulio Meotti

  • « La grande différence, c'est qu'en Europe, politique et religion ont été dissociées. Dans l'islam, c'est la religion qui détermine la politique ». — Zoltan Balog, ministre hongrois des Affaires sociales.
  • Ce n'est pas un hasard si le président Donald Trump a choisi la Pologne, un pays qui a combattu à la fois le nazisme et le communisme, pour appeler l'Occident à un peu de volonté dans cette lutte existentielle contre le nouveau totalitarisme : l'islam radical.
  • « Posséder des armes est une chose ; avoir la volonté de les utiliser en est une autre ». — Pr William Kilpatrick, Boston College.
Face à une foule polonaise enthousiaste, le président américain Donald Trump a, dans un discours historique prononcé à la veille du sommet des dirigeants du G20, décrit la bataille que l'Occident doit mener contre le « terrorisme islamique radical » dans le but de protéger « sa civilisation et son mode de vie ». Trump a interrogé la volonté de survie de l'Ouest :
« Avons-nous confiance dans nos valeurs pour les défendre à tout prix ? Avons-nous assez de respect pour nos citoyens pour protéger nos frontières ? Avons-nous le désir et le courage de préserver notre civilisation contre ceux qui n'aspirent qu'à subvertir et détruire ? »
C'est en Europe de l'Est, où Trump a choisi de prononcer ce puissant discours, que la question a des chances de susciter un écho.

Le 6 juillet 2017, le président Donald Trump a prononcé un discours à Varsovie, en Pologne, devant le monument commémorant l'insurrection de la ville en 1944 contre les Nazis. (Source de l'image : la Maison Blanche)

Après que deux polonais aient trouvé la mort à Manchester, en compagnie de 20 autres spectateurs, dans un attentat-suicide islamiste, Beata Szydło, première ministre de la Pologne, a déclaré que son pays n'accepterait aucun « chantage » aux quotas de la part de l'Union européenne et qu'elle refusait les milliers de réfugiés que Bruxelles entend répartir entre les pays membres. Elle a exhorté le législateur polonais à protéger le pays et l'Europe des fléaux du terrorisme islamiste et du suicide culturel :
« Où vas-tu, Europe ? Debout et sors de ta léthargie, ou tu risques de pleurer sur tes enfants chaque jour qui vient ».
Quelques jours plus tard, l'Union européenne a annoncé qu'elle entamerait une politique de sanctions contre la Pologne, la Hongrie et la République tchèque qui persistent à refuser leurs quotas de migrants dans le cadre du plan concocté par la Commission européenne en 2015.
Après le discours de Szydło, Zoltan Balog, ministre hongrois des Affaires sociales, a déclaré :
« L'islam est une culture et une religion majeures, que nous devons respecter, mais l'identité de l'Europe est d'une nature différente, et ces deux cultures sont incapables de coexister sans conflit ... En Europe, politique et religion ont été dissociées l'une de l'autre, dans l'islam au contraire, c'est la religion qui détermine la politique ».
Viktor Orban a été qualifié d'« ennemi intérieur de l'Europe » parce qu'il a indiqué - ce que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne fera jamais – sa volonté de « garder l'Europe chrétienne ».
Ces discours des responsables du Groupe de Visegrad - République Tchèque, Pologne, Hongrie et Slovaquie - ne sont que deux exemples des profondes divisions idéologiques apparues entre les pays d'Europe occidentale et ceux d'Europe centrale et orientale.
Les dirigeants du Groupe de Visegrad tendent à présenter l'islam comme une menace civilisationnelle pour l'Europe chrétienne. Si, en Europe occidentale, le christianisme a été dramatiquement abandonné par l'opinion publique et marginalisé par les règles officielles de l'UE, de nouveaux sondages révèlent qu'en Europe de l'Est, la religion chrétienne est plus robuste et patriotique que jamais. C'est pourquoi Trump a surnommé la Pologne, la « nation fidèle ». C'est pourquoi les magazines catholiques américains demandent ouvertement s'il existe un « réveil chrétien » en Europe de l'Est. La Slovaquie a même approuvé une loi visant à empêcher l'islam de devenir une religion d'État officielle.
Ces pays d'Europe centrale et orientale savent que le multiculturalisme de l'Europe occidentale a favorisé les attaques terroristes. Ed West du journal The Spectator l'a noté :
« Pas dans toute l'Europe bien sûr. L'Europe centrale, surtout la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, sont en grande partie protégées de la menace terroriste, alors que certains de ces pays interviennent militairement au Moyen-Orient dans le cadre de l'OTAN. Les raisons sont si évidentes qu'elles ne peuvent être mentionnés. La population polonaise ne comprend que 0,1% de musulmans, et encore il ne s'agit que d'une communauté Tartare établie de longue date. La Grande-Bretagne a 5% de musulmans, la France en compte 9% et Bruxelles 25% ; des chiffres en constante augmentation ».
Ces « évidences » qu'il serait inconvenant de mentionner tiennent au fait que la Pologne et la Hongrie sont protégées des attentats terroristes islamiques parce que leur population compte très peu de musulmans. Alors qu'en Belgique et au Royaume-Uni, c'est l'inverse. L'Europe aurait probablement été plus sûre si elle avait suivi l'exemple de l'Europe de l'Est.
Non seulement l'Europe de l'Est affiche une meilleure compréhension de la culture occidentale que l'Europe de l'Ouest ; mais les pays de l'Est ont respecté leurs engagements vis-à-vis de l'OTAN, qu'ils considèrent comme le rempart de leur indépendance et de leur sécurité. Culture et sécurité marchent de pair : quand vous tenez à votre culture et à votre civilisation, vous vous montrez prêt à les défendre.
Un bref aperçu des dépenses militaires des membres de l'OTAN en pourcentage du PIB montre que la Pologne a respecté l'objectif de 2%, contrairement aux autres pays d'Europe occidentale. Cinq seulement des 28 pays membres de l'OTAN - les États-Unis, la Grèce, la Pologne, l'Estonie et le Royaume-Uni – ont respecté leur engagement de 2%. Et la France ? La Belgique ? L'Allemagne ? Et les Pays-Bas ?
« Contrairement à la plupart de ses pairs européens au sein de l'OTAN, » a expliqué Agnia Grigas, chercheur au Conseil de l' Atlantique, « la Pologne a, depuis deux décennies, toujours placé la défense en tête de ses priorités, au point d'apparaître lentement mais sûrement comme un pilier de la sécurité européenne ». La Pologne - contrairement à la Belgique, l'Italie et d'autres pays européens - n'est pas un « resquilleur » mais un partenaire de confiance pour son allié américain. La Pologne a loyalement soutenu les États-Unis et ses soldats ont combattu les Talibans en Afghanistan et aidé à renverser Saddam Hussein en Irak.
Ce n'est pas un hasard si le président Donald Trump a choisi la Pologne, un pays qui a combattu à la fois le nazisme et le communisme, pour inviter l'Occident à faire preuve d'un peu de volonté dans cette lutte existentielle contre le nouveau totalitarisme : l'islam radical.
« L'Occident continuera d'avoir l'avantage militaire pour un bon moment encore, mais posséder des armes est une chose, et être prêt à les utiliser en est une autre », a écrit William Kilpatrick , professeur au Boston College. « L'Occident est fort au plan militaire, mais faible au plan idéologique. Il manque de confiance civilisationnelle ».
Il est donc essentiel que l'Europe de l'Est continue de marquer fortement sa dissidence au sein du projet européen. Elle pourrait apporter ce minimum de confiance culturelle dont les bureaucrates européens semblent cruellement manquer - au péril de l'Europe elle-même.
Giulio Meotti, journaliste culturel à Il Foglio, est journaliste et auteur italien.

mardi 11 juillet 2017

Djihad mondial : résumé des événements récents

  • La campagne de reprise de Mossoul arrive à son terme. Cette semaine, le Premier ministre irakien a annoncé "l'élimination de l'état imaginaire de l'Etat islamique". Cependant, la fin de la campagne est retardée en raison des combats persistants dans la vieille ville par les membres de l'organisation, ce malgré leur situation désespérée. Une série d'attaques terroristes a été réalisée cette semaine dans divers lieux d'Irak et démontre(encore une fois) quel'Etat islamique possède des capacités opérationnelles considérables dans les régions de l'Ouest et du Nord de l'Irak (principalement dans les provinces sunnites).Par conséquent, les activitéde terrorisme et de guérilla de l'organisation en Irak devraient continuer même après la reprise de Mossoul, en dépit de changements dans le mode opératoire de l'organisation.
  • Cette semaine, les forces syriennes ont repris la région de Khanaser, au Sud-Est d'Alep, le dernier bastion de l'Etat islamique dans la province d'Alep. Les forces syriennes continuent à avancer vers l'Est, dans l'objectif de menacer les bastions de l'organisation dans la vallée de l'Euphrate. Al-Raqqah, les forces des FDS avec le soutien aérien de la coalition ont réussi à pénétrer dans la vieille ville à travers la fortification entourant la ville après avoir détruit la muraille en deux emplacements. Des combats persistants se déroulent sur place. Dans le secteur de Quneitra sur les hauteurs syriennes du Golan, les affrontements se sont poursuivis entre les organisations rebelles(dominées par le Siège de Libération d'Al-Sham, ancien le Front Al-Nusra) et les forces syriennes, sans changements significatifs sur le terrain. Encore une fois, Israël a riposté aux tirs d'obus de mortier sur son territoire par des attaques contre des cibles de l'armée syrienne.
Frappe d'une prison de l'Etat islamique par des appareils de la coalition
  • Selon un rapport de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (SOHR), des avionsappartenant apparemment aux forces de la coalition ont attaqué un bâtiment servant de prison à l'Etat islamique dans la ville d'Al-Mayadeen, dans la vallée de l'Euphrate. Selon les rapports, la prison était divisée en deux parties. Une partie contenait des détenus civils et l'autre des détenus de l'organisation. Au total, il y avait 100 détenus dans la prison. 42 détenus civils et 15 détenus de l'Etat islamique et des gardiens de prison ont été tués dans la frappe. Le nombre de décès devrait s'accroître en raison du nombre de personnes portées disparues et du fait que certains blessés se trouventen état critique (SOHR, 27 juin 2017).
  • En réponse aux allégations formulées contre les États-Unis selon lesquelles des civils ont été blessésdans l'attaque de la prison, le colonel Joe Scrocca, porte-parole de l'Opération Inherent Resolve, a déclaré qu'au moment des faits, des avions de la coalition ont effectivement effectué des attaques aériennes contre des installations de commandement et de contrôle de l'Etat islamique à Al-Mayadeen. Selon lui, l'opération a étésoigneusement planifiée et exécutée afin que les chances de nuire aux civils soient réduites au maximum.Cependant, il a ajouté que les allégations selon lesquelles les civils auraient été blessés dans la frappe aérienne allaient être examinées (Reuters, 27 juin 2017).
Déclarations du ministre russe de la Défense au sujet des opérations de la coalition contre l'Etat islamique
  • Lors d'une conférence téléphonique organisée au centre national de gestion de la défense de la Fédération de Russieentre le ministre de la Défense russe Sergey Shoygu et l'état-major russe, le ministre de la Défense a fait référence à la situation en Syrie. Selon lui, la"provocation" des pays de la coalition contre l'Etat islamique en Syrie a conduit à une expansion de l'activitédes organisations terroristes dans le pays. Le ministre de la Défense a également souligné qu'après l'interception d'un avion syrien par les forces de la coalition, la Russie a arrêtésa coordination avec les États-Unis en matière de sécurité aérienne en Syrie. Il a noté que l'activité de la coalition est maintenant limitée aux zones convenues dans la région d'Al-Tanf dans le Sud de la Syrie età l'Est de l'Euphrate.
  • Le ministre russe de la Défense a noté qu'au cours du mois écoulé, le régime syrienavec le soutien aérien russe a enregistré des succès, au Nord-Est de la province d'Alep, dans le secteur dePalmyre et dans le Sud de la Syrie. Selon lui, les forces ont libéré 69 localités et 12 177 kilomètres carrés du contrôle de l'Etat islamique en Juin, et progressentvers la frontière syro-jordanienne et la frontière syro-irakienne(Page Facebook du ministère russe de la Défense, 30 juin 2017).

Principaux développements en Syrie

La campagne de reprise d'Al-Raqqah
  • Le 3 juillet 2017, les forces des FDS sont entrées dans la vieille ville d'Al-Raqqah avec l'appui aérien de la Coalition, après deux semaines d'enlisement des forces des FDS en raison des combats persistants de l'Etat islamique, qui ont causé des victimes et ralenti leur avance.
  • Le porte-parole de la coalition dirigée par les Etats-Unis a annoncé que le 3 juillet 2017, les FDS ont pénétré dans la vieille ville d'Al-Raqqah. Les forces, qui se sont heurtées à la résistance de l'Etat islamique, ont reçu l'appui aérien de la coalition (Page Twitter du porte-parole de la coalition internationale, 4 juillet 2017).
  • Le porte-parole de la coalition a déclaré que les forces des FDS ont réussi à briser la muraille entourant Al-Raqqah à deux endroits.[1] Les forces ont surmonté la résistance de l'Etat islamique, qui avait placé des positions de combat sur la muraille et ont utilisé des mitrailleuses lourdes, des mortiers, des lance-roquettes, des tireurs isolés et des voitures piégées dans les combats.
  • En parallèle aux combats, les membres de l'Etat islamique ont poursuivi leurs attaques suicide contre les forces des FDS. Cinq commandants des forces auraient été tués par l'explosion d'une voiture piégée dans la ville d'Al-Mansura, à l'Ouest de Al-Raqqah (Khotwa, 29 juin 2017). Le 28 juin 2017, 11 décès parmi les forces des FDS ont été signalés suite à l'explosion d'un engin piégé dans le village de Hamra, à l'Est de Nasser (Al-Aan Al-Raqqah Dimashq, 28 juin 2017).
Réalisations du régime syrien à l'Est de la Syrie
  • Les forces syriennes continuent d'enregistrer des succès dans leurs efforts pour nettoyer de vastes régions dans l'Est de la Syrie de la présence de l'Etat islamique. Cette semaine, elles ont repris le secteur de Khanaser, au Sud-Est d'Alep, complétant ainsi l'élimination des membres de l'organisation de la région d'Alep. Elles ont également terminé la reprise de la route Ithriya-Al-Rasafah, après avoir mis un terme à la menace de l'Etat islamique sur la principale route d'approvisionnement à Alep (Alep-Ithriya-Hama). Selon nous, leur objectif est maintenant d'avancer vers l'Est, vers la vallée de l'Euphrate, afin de menacer les bastions de l'Etat islamique (en contrepoids à la campagne d'Al-Raqqah, menée par les FDS et les forces de la coalition).
  • Le 29 juin et le 1er juillet 2017, l'armée syrienne a annoncé avoirrepris une série de villages à l'Est et au Nord-Est de Khanaser (au Nord de la ville d'Ithriya). Ainsi, l'armée syrienne a achevé sa reprise de l'ensemble de la zone du Sud-Est d'Alep (Institut de recherche stratégique syrien Turan, 1er juillet 2017). L'armée syrienne nettoie maintenant la zone des engins piégés et des armes laissés sur place (Al-Mayadeen, 4 juillet 2017). Les membres de l'Etat islamique se sont retirés de la région vers les territoires sous leur contrôle dans le désert de Syrie (Observatoire syrien des droits de l'homme, 30 juin 2017).
  • Les forces syriennes ont également annoncé avoir repris des villages, des fermes et d'autres sites le long de la route Ithriya-Al-Rasafah, complétant ainsi la reprise de la route du Sud-Ouest de l'Euphrate.Selon l'annonce, les forces syriennes contrôlent à présent la route Alep-Khanaser Ithriya (Réseau Sham, 30 juin 2017 ; Télévision syrienne, 1er juillet 2017).
Palmyre
  • Les combats se poursuivent entre l'armée syrienne et l'Etat islamique dans le secteur du champ de pétrole et de gaz d'Aarak, au Nord-Est de Palmyre. Les forces syriennes ont annoncé avoir repris une zone située à trois kilomètres au Nord-Est du champ pétrolier (Réseau Sham, 30 juin 2017).
Deir ez-Zor
  • L'Etat islamiquea interdit l'entrée dans la région menant de Deir ez-Zorau désert syrien et a annoncé que toutes les routes y menant avaient été piégées.L'organisation terroriste a averti les habitants des villages et des villes de ne pas quitter leurs maisons (Khotwa, 29 juin 2017).
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme a signalé qu'au moins vingt membres de l'Etat islamique ont été tués lors d'une attaque aérienne contre un convoi de l'organisation dans la région du champ de gaz de Conoco, au Nord-Est de Deir ez-Zor. Plusieurs véhicules de l'organisation ont été détruits dansla frappe aérienne. Jusqu'à présent, on ne sait pas si la frappe est l'œuvre de la coalition internationale ou de tout autre parti (Observatoire syrien des droits de l'homme, 30 juin 2017).
Affrontements entre l'entrée syrienne et les organisations rebelles sur les hauteurs du Golan
  • Les combats se poursuivent à Madinat Al-Baath entre les forces syriennes et les organisations rebelles, y compris le Siège de Libération d'Al-Sham (anciennement connu sous le nom de Front Al-Nusra). L'armée syrienne a signalé qu'elle avait réussi à regagner le contrôle de deux avant-postes infiltrés par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham à l'Ouest de Madinat Al-Baath (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 2 juillet 2017). Il n'y a pas eu d'autres changements significatifs sur le terrain cette semaine.
  • Au cours des combats, plusieurs obus de mortier tirés par les forces syriennes ont explosé en territoire israélien. En réponse, Israël a attaqué plusieurs cibles de l'armée syrienne dans la région. Selon les médias syriens, Tsahal a attaqué des avant-postes du régime syrien dans le secteur de la 90ème brigade, près du village d'Al-Samdaniya (Al-Durar Al-Shamiya, 1er juillet 2017). Aucune victime n'a été signalée (Dimashq Al-Aan, 1er juillet 2017).
Nominations au sein de l'Armée Khaled Bin Al-Walid (branche de l'Etat islamique dans le bassin du Yarmouk)
  • Le 29 juin 2017, Wael Fa'our al-Eid, alias Abu Taym Inkhil, a été nommé nouvel émir de l'Armée Khaled Bin Al-Walid, la branche de l'Etat islamique dans le bassin de Yarmouk, après la mort le 6 juin 2017 d'Abu Hashem al-Rifai, le précédent commandant (Enab Baladi, 29 juin 2017). Wael Fa'our al-Eid vient de la ville d'Inkhil, au Nord de Daraa (d'où son surnom). Il a occupé le poste de commandant principal dans l'Armée syrienne libre. Il y a deux ans, en raison de ses liens à l'Etat islamique, il a rejoint un cadre jihadiste appelé Jaysh Al-Jihad (l'armée du Jihad). Après que ce cadre a été démantelé, Al-Eid a servi de commandant de la Brigade Shuhada Al-Yarmouk, qui a par la suite fusionné avec le mouvement Al-Muthanna et est devenu une partie de l'Armée Khaled Bin Al-Walid (Enab Baladi, 29 juin 2017)
  • Dans le même temps, Karem al-Masri, alias Abu Oussama, a été nommé commandant militaire général de l'Armée Khaled bin Al-Walid. Al-Masri est du village d'Abedin, dans le Sud du plateau du Golan (le bassin du Yarmouk). Il a servi dans le passé de commandant de Jaysh Mu'taz bi-Allah, un réseau qui faisait partie de l'Armée syrienne libre à l'Ouest de Deraa (Enab Baladi, 29 juin 2017).

Principaux développements en Syrie

La campagne de reprise de Mossoul
  • La campagne pour la prise de Mossoul touche à sa fin.Le 29 juin 2017, le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a annoncé quela mosquée d'al-Nuri dans la vieille ville de Mossoul a été libérée des mains de l'Etat islamique et que "l'état imaginaire de l'organisation a été éliminé" (Al-Sumaria, 30 juin 2017).[2] Les services de lutte contre le terrorisme du gouvernement irakien ont annoncé que seulement environ 400 mètres séparent leurs troupes de la rive du Tigre dans la vieille ville et que la libération complète de la vieille ville est imminente (Al-Sumaria, 2 juillet 2017). Le 3 juillet 2017, l'armée irakienne a annoncé la tenue de combats acharnés contre des membres de l'Etat islamique restant dans la vieille ville (Al-Sumaria, 3 juillet 2017). Ces violents combats retardent l'achèvementde la campagne de Mossoul.
Entretien avec le commandant du bureau militaire de l'Etat islamique à Mossoul
  • La machine de propagande de l'Etat islamique, qui pendant les combats de Mossoul était focalisée sur la diffusion de messages de propagande sans fondement, a publié une interview peu commune avec le commandant du siège de l'armée de Mossoul, décrivant les méthodes de lutte de l'Etat islamique (Al-Naba, 28 juin 2017). Dans l'interview, le commandant évite de faire référence à la situation désespérée de l'organisation à Mossoul et note que la campagne menée par l'organisation à Mossoul est de nature défensive, avec des tactiques offensives. Selon lui, les combats sont fondés sur la défaite de l'ennemi en plusieurs étapes : des tirs de sniper, des poses d'engins piégés, des attaques suicide et des assauts contre les soldats irakiens. La campagne a été planifiée et supervisée à partir d'un centre de crise mis en place par l'organisation, qui comprend des commandants de secteur, des experts militaires et des décideurs.Le commandant militaire ajoute que les autres provinces d'Irak ont également joué un rôle important dans la campagne en recourant aux services de combattants chiites. Il a ajouté que l'organisation adoptera ces tactiques dans des zones de combat supplémentaires(Al-Naba, 28 juin 2017).
Actions de l'Etat islamique dans d'autres zones de combat en Irak
  • Ci-après les actions menées par l'Etat islamique dans d'autres zones de combat en Irak :
  • Le terminal d'Al-Waleed: L'Etat islamique a annoncé le 1er juillet 2017 avoir tué 28 soldats de l'armée irakienne et des membres de la mobilisation populaire (unités affiliées à des milices chiites d'Iran), dans une attaque menée par ses membres contre un avant-poste de l'armée irakienne dans le secteur du barrage d'Al-Waleed à la frontière irako-syrienne (du côté iraquien du barrage d'Al-Tanf) (Haqq, 1er juillet 2017).
  • Province de Diyala (Nord-Est de Bagdad): L'armée irakienne a mené une opération militaire dans la région de la ville de Naft Khaneh, près de la frontière entre l'Irak et l'Iran. Le but de l'opération était d'éradiquer la présence des membres de l'Etat islamique (Al-Sumaria, 3 juillet 2017). Les Irakiens ont annoncé que leurs troupes avaient terminé l'opération, au cours de laquellesept auberges de l'organisation ont été détruites (Al-Sumaria, 3 juillet 2017). L'armée irakienne a également annoncé qu'une cachette d'armes a été découverte dans la région de la ville de Mandali, dans la province de Diyala, non loin de la frontière entre l'Iran et l'Irak (Al-Iraqiyya, 3 juillet 2017).
  • Le secteur de Ramadi : Dans un attentat suicide effectué par l'Etat islamique le 2 juillet 2017, dans un camp de personnes déplacées baptisé "le 60ème kilomètre" à l'Ouest de la ville de Ramadi, 14 personnes ont été tuées et 13 autres blessées, pour la plupart des femmes et des enfants. Un terroriste suicide portant une ceinture d'explosifs s'est fait exploser parmi les personnes déplacées. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque, et a noté que le terroriste s'était fait exploser parmi les soldats de l'armée irakienne à un barrage dans le secteur du camp (Mujaz Al-Iraq, 2 juillet 2017 ; Al-Sumaria, 2 juillet, 2017 ; Haqq, 3 juillet 2017).
  • Le secteur de Baiji: Le 2 juillet 2017, l'armée de l'air irakienne a attaqué un atelier de fabrication de voitures piégées dans la ville de Safra, à environ 35 km au Nord-Est de Baiji. Quatre membres de l'Etat islamique ont été tués dans l'attaque, dont un commandant régional (Al-Sumaria, 3 juillet 2017).

La conduite de l'Etat islamique

Baisse des recettes de l'Etat islamique
  • Les chercheurs et les experts en sécurité de la société HIS Markit estiment qu'après la perte de son territoire en Syrie et en Irak (environ 60 % du territoire), les recettes de l'Etat islamique ont chuté de manière significative. Les auteurs du rapport estiment que les recettes de l'organisation ont chuté de 80  % au cours des deux dernières années. Par exemple, au deuxième trimestre 2017, l'organisation a enregistré des entrées à hauteur de 16 millions de dollars par mois, contre à 81 millions pour la période correspondante de 2015.
  • Les chercheurs ont noté que la plupart, les pertes de revenu étaient liés aux bénéfices sur le pétrole et les produits pétroliers (depuis 2015, les revenus moyens du pétrole et des produits pétroliers ont chuté de 88  %). Ceci a été aggravé par la perte de contrôle sur la population de Mossoul, en Irak, et dans la région d'Al-Raqqah et de Homs, en Syrie, conduisant à une importante baisse de 79  % des recettes de l'Etat islamique et de la confiscation des biens. Cependant, les auteurs du rapport affirment qu'il existe encore une preuve de l'activité économique de l'organisation, en particulier au niveau de la production de pétrole. Des indications montrent que l'Etat islamique est tenté d'augmenter ses réserves financières par la transition d'une économie bureaucratique centralisée à une " économie de guerre" (CNN Money, 29 juin 2017).

La guerre de propagande

  • Le 1er juillet 2017, l'Etat islamique a publié une infographie résumant ses activités pendant le mois de Ramadan (26 mai au 24 juin 2017). Selon l'infographie, 3 150  chrétiens, juifs et sunnites qui ont dévié de la voie de l'Islam ont été tués et blessés dans des opérations de l'organisation au cours du mois de Ramadan. En outre, 280 véhicules militaires ont été détruits. L'organisation a inscrit ses plus importantes opérations dans le mois de Ramadan : l'attaque d'un bus de chrétiens coptes en Egypte ; des attaques combinées à Londres, Téhéran et Manille ; et quatre attaques en Irak (deux attaques suicide à Babel et Karbala, une attaque à Akouba, et un attentat suicide dans la ville de Hit) (Haqq, 1er juillet 2017).
  • Les opérations effectuées par l'Etat islamique pendant le Ramadan ont fait de nombreuses victimes et ont reçu une large couverture médiatique. Cependant, elles n'ont pas eu d'effet significatif d'un point de vue stratégique, puisqu'elles n'ont pas détourné l'attention et les ressources des combats de Mossoul et de d'Al-Raqqah, et n'ont pas modifié le processus de perte des territoires et d'affaiblissement de l'Etat islamique en Syrie et en Irak.
  • [1]Muraille du VIIIème siècle, de l'époque du califat abbasside.
    [2]Avant la reprise de la mosquée parl'armée irakienne, des membres de l'Etat islamique ont fait exploser la mosquéedans laquelle Abu Bakr al-Baghdadi a annoncé la création du califat islamique en 2014. La mosquée a été dynamitée apparemment dans le but de ne pas fournir de"victoire photogénique"à l'armée irakienne.


The Impact of Jihadi Attacks on the British Elections A briefing by Sam Westrop

The terror attacks in the run-up to the British elections were not the only factor behind the elections' surprise outcome. Brexit, austerity politics, and religious divisions within British society played a key role in the Conservatives' loss of parliamentary majority, leaving Theresa May's coalition government vulnerable to Labor and its reinvigorated leader Jeremy Corbyn, with his long history of pandering to Islamist terror groups and sponsors, notably Hezbollah, Hamas, and Iran.
In these circumstances, Mrs. May's pledge that "enough is enough" remains hollow so long as it is not followed with concrete steps. She proffers an ambitious four-pronged approach to fighting lone wolf jihadism that consists of defeating the ideology, regulating the cyberspace, destroying ISIS, and developing a counterterrorism strategy. Yet when she was Home Secretary, her preventive and investigative measures were confined to social media censorship, which, while producing some tactical successes, failed to stop jihadist ideology from flourishing.

Labor leader Jeremy Corbyn (left) has a long history of pandering to Islamist terror groups, while Conservative leader Theresa May (right) has pledged "enough is enough."
Nor has Mrs. May addressed the flow of funds from the Arab monarchies of the Gulf to Islamist British institutions, the Salafi radicalization in the prison system, and the role of taxpayer money in funding British schools under the sway of Islamists, thus showing a lack of seriousness about tackling both jihadist terrorism and the radicalization of Western Muslim communities by non-violent Islamists.
Absent the will, credibility, and political capital to initiate substantive reforms for curbing Islamist ideology, the recent reprisal attack against a London mosque might herald a white working-class violent backlash that can easily deteriorate to targeting the Jewish community, hated by both extremes. Unfortunately, while recognizing the Islamist danger attending the influx of Middle Eastern and North African migrants into Europe, Mrs. May (like her EU counterparts) prefers to look the other side, focusing on ISIS and online propaganda as the main threats.
The British predicament is emblematic of Europe's wider extremism problem and offers a foretaste of what lies in stock for America. Unless the European governments meet the Islamist challenge head on, their fast-growing Muslim populations will remain susceptible to its radicalizing influence, which bodes ill for the continent's future.

Manchester, le MI6, Al-Qaïda, Daesh et les Abedi

Selon Scotland Yard, l’attentat contre les spectateurs du concert d’Ariana Grande à l’Arena de Manchester, le 22 mai 2017, a été commis par Salman Abedi, dont on a heureusement trouvé une carte bancaire dans la poche du cadavre déchiqueté du « terroriste ».
Cet attentat est généralement interprété comme la preuve que le Royaume-Uni n’est pas impliqué dans le terrorisme international et qu’au contraire, il en est une victime.
Salman Abedi est né au Royaume-Uni d’une famille d’immigrés libyens. Il s’est rendu plusieurs fois en Libye au cours des derniers mois, avec ou sans son père.
Ce dernier, chez qui il vivait, Ramadan Abedi, est un ancien officier des services de Renseignement libyens. Il était spécialisé dans la surveillance de la mouvance islamiste, mais deux décennies plus tard n’a pas observé que son fils avait rejoint Daesh.
En 1992, Ramadan Abedi fut retourné par le MI6 britannique et participa à un complot de la Couronne visant à assassiner Mouamar Kadhafi. L’opération ayant été éventée, il fut exfiltré par le MI6 et transféré au Royaume-Uni où il obtint l’asile politique. Il se fixa en 1999 à Whalley Range (sud de Manchester) où réside la petite communauté islamiste libyenne du Royaume-Uni.
En 1994, Ramadan Abedi retourna en Libye pour le compte du MI6. Il participa, fin 1995, à la création du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), branche locale d’Al-Qaïda, aux côtés d’Abdelhakim Belhaj. Le GICL fut alors chargé par le MI6 d’assassiner Mouamar Kadhafi contre 100 000 livres sterling. Cette opération, qui elle aussi échoua, provoqua de vifs débats au sein des services de Sa Majesté, dont la démission de notre ami David Shayler.
De nombreux « anciens membres » du GICL ont également vécu à Whalley Range, dont l’ami des Abedi, Abd al-Baset Azzouz. En 2009, ce dernier rejoint Al-Qaïda au Pakistan et devient un des proches de son chef, Ayman al-Zawahiri. En 2011, il participe au sol à l’opération de l’Otan contre la Libye. Le 11 septembre 2012, il dirige l’opération contre l’ambassadeur des États-Unis en Libye, J. Christopher Stevens, assassiné à Benghazi. Il est arrêté en Turquie et extradé aux États-Unis, en décembre 2014, où il attend son procès.
On ignore si, en 2005, Ramadan Abedi a rejoint les membres du GICL pour former Al-Qaïda en Irak et si, en 2011, il participa à l’opération du MI6 du « printemps arabe » et au rôle de soutien au sol du GICL auprès de l’Otan. Quoi qu’il en soit, il s’installa en Libye à la chute de Kadhafi et y transféra sa famille, laissant ses grands enfants dans la maison familiale de Whalley Range.
Selon l’ancien Premier ministre espagnol, José María Aznar, Abdelhakim Belhaj participe aux attentats de Madrid du 11 mars 2004. Plus tard, il est secrètement arrêté en Malaisie par la CIA et transféré en Libye où il est torturé non pas par des fonctionnaires libyens ou états-uniens, mais par des agents du MI6. Il est finalement libéré lors de l’accord entre Saif el-islam Kadhafi et les jihadistes. Durant la guerre de Libye, Belhaj qui est exilé au Qatar, rejoint la Libye dans un avion de l’émir et commande les opérations au sol en lien avec l’Otan. Le 28 juillet 2011, il organise d’assassinat du général Abdelfattah Younès qui prétendait avoir rejoint les « rebelles », mais auquel il reprochait d’avoir commandé la lutte contre le GICL dans les années 90. En septembre 2011, Belhaj est nommé gouverneur militaire de Tripoli par l’Otan. En 2012, secondé par l’Irlandais Mahdi al-Haraii, il créé l’Armée syrienne libre, puis revient à nouveau en Libye. Le 2 mai 2014, il est reçu au Quai d’Orsay. En décembre 2013, à la suite de la découverte dans les archives de la Jamahiriya arabe libyenne d’une lettre de l’ancien chef du MI6, il lance une procédure à Londres contre le Royaume-Uni pour l’avoir enlevé et torturé neuf ans plus tôt. Les services secrets britanniques placent alors illégalement ses avocats sur écoute et seront finalement contraints de détruire ces enregistrements. Selon le procureur général d’Égypte, Hichem Baraket, en mai 2015, Belhaj devient le principal leader de Daesh en Afrique du Nord ; information reprise par Interpol. Belhaj installe trois camps d’entraînement de Daesh en Libye à Derna (dans l’ancienne propriété d’Abd al-Baset Azzouz), à Syrte et à Sebrata. En octobre 2016, il ouvre à Londres une nouvelle procédure à propos de son enlèvement et de des tortures subies, cette fois nominativement contre l’ancien directeur du MI6, Sir Mark Allen.
Daesh a revendiqué l’attentat de Manchester, mais sans qualifier Salman Abedi de « martyr ». Après l’attentat, Ramadan Abedi a déclaré son hostilité au jihad à des journalistes qui l’ont joint par téléphone. Il a également affirmé que son fils prévoyait de passer le mois de ramadan avec lui en Libye et qu’il était persuadé de son innocence. À la demande du Royaume-Uni, il a été interpellé par une police libyenne.

Une vidéo de recrutement produite par un groupe de médias djihadiste dénonce la société occidentale et encourage les musulmans d’Occident à rejoindre le djihad en Syrie

Le 25 juin, le groupe de médias djihadiste en Syrie, Al-Muhajirun, dirigé par des militants occidentaux, a téléchargé sur sa chaîne YouTube une vidéo de 35 minutes intitulée « Fitrah – l’Occident derrière le masque », commentée en arabe avec des sous-titres en anglais. A travers le regard d’Abd Al-Salam Al-Mujahir, anciennement Andreas Müller, un Européen ayant grandi « au cœur de l’Europe », la vidéo cherche à recruter des musulmans résidant en Occident au sein des groupes djihadistes qui combattent en Syrie, en dénonçant le mode de vie occidental et en glorifiant la migration en Syrie pour y participer au djihad.