mardi 6 novembre 2012

Non, la laïcité ne gagnerait rien à renoncer à son héritage judéo-chrétien

Cette semaine, Gilles William Goldnadel revient aussi sur l’appel à manifester de Jean-François Copé qui indigne la gauche.
Comme si la rue était la propriété exclusive du peuple de gauche
Lundi dernier, la gauche française était indignée, forcément indignée, après que Jean-François Copé a envisagé de faire descendre dans la rue les Français opposés à la politique gouvernementale. Comme si la rue était la propriété exclusive du peuple de gauche. Relayant ces protestations outragées, Thomas Legrand sur France Inter, ordinairement plus subtil, tentait de les justifier en suggérant que si le secrétaire général de l’UMP rameutait sur le pavé des protestataires contre le mariage homosexuel ou le vote des étrangers, les extrémistes de droite qui s’y joindraient feraient plutôt mauvais genre. Argument spécieux s’il en est. La gauche peut faire descendre dans la rue les enfants des collèges, des sans-papiers dans l’illégalité, des extrémistes de gauche soutenant des mouvements terroristes, tandis que la droite serait tenue de ne mobiliser que des contestataires polis et propres sur eux.
Bercoff: « un moyen très commode de détecter les connards, c’était de repérer ceux qui voient des nazis partout »
Dans le concert des indignés, il s’est trouvé, bien entendu certains, comme Monsieur le sénateur Assouline, pour dire que la perspective d’une droite en cortège rappelait les ligues des années 30. Monsieur Assouline aurait pu évoquer la grande manifestation de soutien à de Gaulle en Juin 68, ou encore celle du 24 Juin 1984 à l’appel des parents d’élèves de l’enseignement privé : non, il fallait absolument évoquer les droites factieuses et fascisantes. Mon ami André Bercoff écrivait récemment qu’il était un moyen très commode de détecter les connards, c’était de repérer ceux qui voient des nazis partout. Je trouve que Bercoff exagère.
Jeudi 1er Novembre, Le Point n’hésitait pas à faire sa couverture sur « cet Islam sans gêne ». Suivait un article décomplexé de Franz-Olivier Giesbert intitulé « la République sera laïque ou ne sera plus » et dans lequel il écrivait notamment : « pardon de déranger les habitudes, mais il est temps d’en finir avec ce tabou si on veut éviter que la France, déjà en déclin économique, n’aille au devant de sérieux séismes civils, ethniques et religieux ».
Peux-je faire remarquer que si l’on avait débuté plus tôt, sans crainte d’être taxé d’islamophobie, y compris, parfois, dans les colonnes du Point, la catastrophe que redoute son directeur s’annoncerait moins terrible ?
Toujours dans la même publication, un article évoque les revendications islamiques de débaptiser les fameux marchés de Noël : la droite est vent debout contre cette idée, qui séduit certains à gauche, tel que le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen : « il faut savoir ce qu’on veut. Si on veut une laïcité stricte et dire non à tous les communautarismes pour défendre la république, il faut en passer par là ». Je tiens Monsieur Le Guen comme un honnête homme, mais je pense qu’il se trompe. La laïcité ne gagnera rien en cédant sur la symbolique de la toponymie. En revanche, les Français y laisseraient ce qui leur reste encore de racines judéo-chrétiennes. C’est ainsi que les peuples meurent.
Lyssenkisme à la française (suite) : le rapport du professeur Séralini sur les OGM a beau avoir été décrédibilisé impitoyablement, au grand dam des éminences vertes – de José Bové à Madame Duflot – que le ministre de l’Agriculture continue imperturbablement à vouloir en tirer des conclusions politiques en infraction manifeste avec les décisions européennes.
Mais mieux vaut avoir tort avec Monsieur Seralini qu’avoir raison avec Monsanto
Dans ce même ordre d’idées sulfureuses et destinées à montrer combien l’information scientifique était menacée par le moralisme de grande consommation, je prenais date, il y a quelques semaines, sur une révision qui ne manquerait pas de s’imposer sur le dossier du Mediator. Je rappelle que je m’étais abstenu d’aborder la question dans ces colonnes, étant partie prenante, jusqu’à ce que les résultats de la procédure d’indemnisation fassent état d’un faible nombre de valvulopathies, dont peu de cas reconnus comme graves. Bien loin donc de la fameuse estimation de l’Afssaps, validée dans un bel ensemble médiatique, qui chiffrait le nombre de morts imputables au médicament de Servier entre 500 et 2000.
Dans la foulée de ce début de révision d’une affaire jugée par avance, Le Monde du 30 Octobre a interrogé sur le sujet deux éminents professeurs de cardiologie : extraits.
Question du journal au professeur Pierre Louis Michel : « Etes vous surpris du faible nombre de dossiers de patients ayant pris du Mediator chez lesquels pour l’instant, l’expertise révèle une atteinte des valvules cardiaques ? »
Réponse : « Les premiers résultats sur le faible nombre d’atteintes importantes des valvules cardiaques chez les personnes ayant pris du Mediator ne constituent pas une surprise. (…) Lorsque les deux rapports réalisés estimant le nombre d’hospitalisations et le nombre de décès imputables au Mediator sont parus, le professeur Jean Acar, grand spécialiste des valvulopathies dont je suis l’élève, a émis des réserves. »
Quant au professeur Jean François Obadia, dans le même sens, il écrit : « les experts confirment qu’il existe moins de valvulopathies qu’on aurait pu l’imaginer. »
Lorsque, il y a à peine plus d’une année, dans sa conférence, Aquino Morel, aujourd’hui brillante plume du président de la République, condamna le laboratoire au nom de l’Igas, de nombreux journalistes présents dans la salle l’applaudirent debout.
Je suis sûr que ceux là vont préférer avoir tort avec Madame Frachon plutôt que de risquer d’avoir raison avec Monsieur Servier.
Ce même Jeudi 1er Novembre, Hollande et Netanyahu se retrouvaient à Toulouse. L’Israélien pour dire que l’islamisme radical a voulu la mort de Français chrétiens, musulmans comme juifs dans une caserne comme dans une école.
 
Le Français pour reconnaître que c’est ce nouvel antisémitisme fou qui met en péril aujourd’hui la République.
Reste encore à en persuader ses alliés de la gauche extrême qui manifestement n’ont toujours rien compris.
Ainsi, ce texte abject publié sur slate.fr et repris avec gourmandise par Europalestine. Echantillon : « Je ne sais pas ce que Netanyahu a dû baratiner à Hollande mais visiblement il a du trouver les mots justes. J’attends des actes désormais. Va-t-on enfin se décider a lancer une vaste collecte de fonds pour venir prêter assistance à la communauté juive de France menacée d’extinction ? Organiser un téléthon géant avec Patrick Bruel et Michel Boujenah comme maîtres de cérémonie suppliant en pleurs le paysan bourguignon de verser quelques euros du fruit de ses vendanges afin de me restaurer dans ma dignité de citoyen appartenant à part entière à la communauté nationale ? Vais-je donc avoir ma tronche exsangue de pauvre juif perclus de traumatismes s’afficher sur toutes les colonnes publicitaires de l’hexagone avec écrit en gros : VOUS POUVEZ ENCORE LE SAUVER. Suivi d’une adresse internet sauvezunjuif.com, où les dons pourront être adressés ? »
Si demain le 6 novembre, Obama n’était pas réélu, prés de 90% des Français s’en trouveront mortifiés. Un récent sondage confirme en effet cette « obamania » française, qui arrive largement en tête en Europe. Cette obamaphilie qui fait reconnaître à l’honnête Corinne Lesnes, correspondante du Monde aux Etats-Unis, que ce fut la couleur de la peau du candidat démocrate qui expliqua il y a 4 ans sa victoire et empêcha pendant longtemps les critiques.
Mais aujourd’hui, la déception venue, la même Corinne Lesnes de suggérer que ce serait bien d’élire à nouveau Obama, au nom, cette fois précisément, de ses manquements…
A Paris, lors du débat consacré aux élections américaines sur France 3, la comédienne Macha Méril lança à la cantonade un très compréhensible « nous souhaitons tous la victoire d’Obama ». Et dans la presse française, du Figaro jusqu’à l’Humanité, l‘unanimisme est de rigueur.
Je parlerais bien de pensée unique. Encore faudrait-il considérer se trouver encore dans le domaine de la pensée. Ce serait d’une gentillesse unique.
© Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel

 

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