lundi 9 juillet 2012

Après la mort de 8.763 soldats et une grande vague de déserteurs, Assad pense encore qu’il peut gagner



Assad-Manaf Tlass (Copier)
Le Général de Brigade Manas Tlass a déserté son maître

Au cours de ses dix-sept mois de répression contre la dissidence, l’armée syrienne a perdu, jusqu’au début juillet, 8763 tués et 21 357 blessés. Certaines unités ont perdu jusqu’à un quart de leurs effectifs. Environ 600 tanks et véhicules blindés – six pour cent de la flotte des corps blindés syriens- ont été endommagés. Près de 200 peuvent remis en état de marche, mais les réparations prendront trois mois.

Les défections, à tous les niveaux de la hiérarchie jusqu’aux généraux, épuisent les divisions de combat. Au total, l’armée syrienne n’a jamais été frappée à cette échelle dans le nombre de tués et de pertes. Pourtant, Assad et la famille régnante, dont certains membres détiennent de hauts rangs dans le commandement de l’armée, de la sécurité et du renseignement, ne montrent aucun signe de crainte d’effondrement imminent.

C’est même tout le contraire : le Président Assad s’est vanté au journal turc Hurriyet, au cours d’une récente interview, que s’il ne jouissait pas du soutien de la majorité du peuple syrien, il serait tombé comme le Shah de Perse, en 1979.

Le dictateur syrien demeure, généralement, imperturbable face à la vague de defections d’officiers supérieurs, en faveur des rebelles, parce que, commeDebkafile l’a rapporté le 2 juillet - Assad pense pouvoir liquider la révolte en deux mois, après avoir passé un grand coup de balai parmi les chefs de l’armée., particulièrement parmi les sunnites et il les a remplacé par des officiers alaouites plus jeunes, sortis des rangs des agences de sécurité et de renseignement, ainsi que de la milice Shahiba, très loyale, mais exceptionnellement brutale. Certains déserteurs sont des généraux, qui vivaient une retraite paisible en bénéficiant de la totalité de leur paie ; d’autres, des officiers de rang intermédiaire, ont vu leurs perspectives d’évolution de carrière et de promotion fondre, face à l’arrivée soudaine de jeunes officiers alaouites seuls à même de prétendre aux postes importants.

Le dernier déserteur de haut-rang, le Général de Brigade Manaf Tlass, Commandant de la 105ème brigade de la garde républicaine, appartient à la seconde catégorie, dévoilent les renseignements de Debkafile. Sa défection porte potentiellement un dommage bien plus sérieux au régime – sur le plan politique, plus que sur le plan militaire. Il ne s’est pas enfui vers les camps rebelles en Turquie, comme l’opposition syrienne l’a indiqué, vendredi 6 juillet, mais s’est dirigé vers Paris pour y rejoindre son père, le Général Mustafa Tlass, l’ancien Ministre de la défense syrienne qui a servi Bachar Assad et son père durant 40 ans, ainsi que sa sœur Nahed Ojjeh, veuve de l’important trafiquant d’armes saoudien Akkram Ojjeh.

Tous deux maintiennent d’excellentes relations à travers le monde arabe et sont proches de l’élite dirigeante russe à Moscou.


Mustafa Tlass a quitté la Syrie il y a cinq mois, à l’occasion d’un conflit relatif au loyalisme : le clan Sunnite Tlass dominant était le fer de lance de la révolte contre Assad à Rastan, une ville près de Homs. Pour éviter d’avoir à prendre parti, le père Tlass a préféré décamper.

Son fils Manaf, Général de Brigade, occupait un poste important dans la Garde Républicaine, qui protège le Palais Présidentiel sur le Mont Qasioun, le centre nerveux de la campagne impitoyable des Assad pour écraser la dissidence. En tant que membre du premier cercle présidentiel, il prenait certainement part au sommet de la hiérarchie de l’armée qui dirige cette campagne.


En effet, Assad a récompensé sa fidélité en le laissant occuper ce poste, tout en suspendant sa promotion au rang de général.

Manaf, réalisant que ses perspectives de carrière, en tant que Sunnite, étaient compromises par l’alaouisation galopante du commandement du haut de l’armée syrienne, a décidé de rejoindre son père.

Selon nos sources, il s’est en réalité échappé de Damas le 26 juin, et non cette semaine, comme cela a largement été rapporté.

Depuis leur nouvelle base à Paris, les chefs du clan Tlass doivent encore décider quelle voie ils vont choisir d’emprunter – soit tirer parti de leurs excellentes relations à Moscou, soit rejoindre le groupe occidentalo-arabe des « Amis de la Syrie », pro-occidentaux, dont la toute récente réunion à Paris, vendredi 6 juillet, était présidée par la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.

Le régime Assad subirait un sérieux revers si les Tlass optaient pour l’Occident et ses ennemis arabes.

Par conséquent, les diplomates américains font tout leur possible pour les y inciter. Ils se sont tournés vers Firas Tlass, le tout-puissant « ministre des finances » du clan syrien basé à Dubaï, pour obtenir son aide. Par-dessus tout, ils déploient de grands efforts pour dissuader ces Sunnites prééminents de graviter autour de leurs vieilles relations à Moscou.


DEBKAfile Reportage exclusif

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