lundi 27 avril 2015

Coup d'état prévu en Algérie ?

Alors que le président Abdelaziz Bouteflika appartient au monde des morts–vivants, les trois pouvoirs, le politique, le renseignement et le militaire aiguisent les couteaux en Algérie.
Le pouvoir politique est mené par Saïd Bouteflika, le frère du président. En coulisses, dans l’ombre, Saïd conduit la gouvernance politique du pays, soucieux de maintenir la corruption à son plus haut niveau. Depuis 2013 Saïd manigance et regarde son frère qui ne veut pas mourir, néanmoins il a compris avoir plus d’intérêts à maintenir Abdelaziz vivant que de le faire trépasser. Le décès du président serait une déclaration de guerre ouverte entre tous les prétendants au pouvoir algérien, Boutef. sur un fauteuil roulant permet à Abdelaziz de tirer les ficelles supportant les restes viciés du FLN. C’est d’ailleurs ce même Abdelaziz qui fit assassiner le 25 février 2010 Ali Tounsi, alias le colonel Al Ghaouti, directeur général de la Sûreté nationale algérienne. Les Boutef. espéraient ainsi regrouper sous un même ministère tous les services de police et de gendarmerie, mettant ainsi sous leur coupe le fameux DRS (Département du Renseignement et de la Sécurité) qui fonctionnait de manière autonome. C’est loupé …
Le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), mené depuis 1990 par le général Mohamed lamine Mediene alias Toufik, formé aux renseignements dans l’ex URSS, ancien membre du KGB et toujours très proche des russes, enfin de Vladimir Poutine. Depuis sa création, le DRS est un État dans l’État algérien, à sa plus belle époque, dans les années 1990 à 2000, le DRS, construit selon le modèle communiste de la délation, rétribuait pas moins de 2 millions d’algériens pour surveiller leurs voisins. Le DRS est en lutte violente contre le pouvoir politique, il a récemment menacé de dévoiler les informations de corruptions concernant les frères Bouteflika. Toufik ayant mis sous écoute téléphonique Saïd Bouteflika, le déballage risque d’être douloureux pour le pouvoir en place. Le DRS est fortement soupçonné d’être à l’origine des troubles civils débutés fin 2014 et toujours en cours dans le sud algérien, portant sur l’opposition à la prospection et l’exploitation de gaz de schiste dans ces contrées, les villes d’In Salah et de Tamanghasset étant au cœur de la révolte. Le DRS y sème le vent de la tempête pour faire vaciller le pouvoir en place.
Le pouvoir militaire a fait et défait les gouvernements algériens depuis la création de l’Algérie, c’est-à-dire depuis 1962 car avant la colonisation française puis l’indépendance, l’Algérie n’existait pas en tant que nation unie, les tribus s’y partageant le territoire. Commandée depuis août 2004 par le général Ahmed Gaïd Salah, l’Armée Nationale Populaire (ANP) est vraisemblablement la mieux équipée d’Afrique et ne cesse d’améliorer ses capacités. Son budget 2015 (fonctionnement plus achats) est évalué à environ 20 milliards de dollars. Pour autant l’ANP n’est plus homogène comme elle le fut depuis l’indépendance, d’une part se trouve la vieille garde représentée par Salah, soutien indéfectible des frères Bouteflika et corrompue jusqu’à l’os, de l’autre la jeune garde composée de commandants quinquagénaires qui attendent leur tour.
Et c’est de cette nouvelle génération d’officiers poussés par le DRS, et de la troupe prête à les suivre que la révolte viendra prochainement.
Cependant tout n’est pas si simple, nous avons en présence :
–                La Russie pour laquelle l’Algérie est la Syrie du Maghreb, qui soutient le DRS qui lui soutient la nouvelle génération d’officiers et fomentent les révoltes civiles du Sud,
–                Les États-Unis qui soutiennent la nouvelle génération d’officiers ainsi que les révoltes civiles du Sud mais pas le DRS et qui ont ouvert une base navale à Rota près de Cadix en Espagne, base destinée à assurer une présence US à l’Ouest de la Méditerranée, à protéger Gibraltar, à défendre si nécessaire le royaume de Maroc, et à maintenir une capacité d’intervention rapide en Afrique du Nord,
–                Enfin, le risque terroriste de nouveau, en particulier depuis la chute de la Libye, enflamme les frontières algériennes, hormis celle avec la Maroc.
Le coup d’État militaire se prépare donc, ce n’est qu’une affaire de semaines ou de mois. Que deviendra l’Algérie ? Vivra-t-elle un nouveau cycle de régime autoritaire et corrompu ? Se tournera-t-elle vers la Russie, vers les USA ? Se démocratisera-t-elle enfin ? Ou se définira-t-elle comme actuellement, jouant toutes ses cartes pour espérer être la première puissance du nord de l’Afrique ? Une main tendue à la Russie pour l’achat de ses armes comme les missiles S 400 Triumf, pour construire sa future centrale nucléaire de type VVER d’une puissance de 1000 MWe (identique à celle de Bouchehr en Iran) prévue pour une mise en chantier en 2018 et une mise en production en 2025 dans la région de Mers-El-Kébir, une main tendue à la Chine pour le développement de ses missiles longue portée voire balistiques, une autre tendue vers l’Iran pour les coups bas, encore une vers l’Europe pour la coopération commerciale et économique et enfin une dernière vers les États-Unis pour participer à des exercices maritimes de l’OTAN en Méditerranée ?

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