mercredi 12 septembre 2012

Libye : l'ambassadeur américain tué dans l'attaque du consulat US à Benghazi

Des manifestations ont éclaté en Libye et en Egypte pour protester contre un film américain jugé offensant pour l'islam.

Christopher Stevens (Ben Curtis/AP/SIPA)
Christopher Stevens (Ben Curtis/AP/SIPA)
 
L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Christopher Stevens,et trois fonctionnaires américains ont été tués mardi 11 septembre dans l'attaque du consulat de Benghazi, rapporte un haut responsable du ministère de l'Intérieur. Les assaillants auraient agi en marge de manifestations contre un film jugé offensant pour l'islam.
Il s'agit d'un long métrage intitulé "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans") et réalisé par l'Israélo-Américain Sam Bacile, pour qui "l'islam est un cancer" selon le "Wall Street Journal". Ce film avait reçu le soutien du controversé pasteur américain Terry Jones, qui avait créé la polémique en brûlant des exemplaires du Coran en avril.

Une attaque particulièrement violente

Des manifestants armés se sont attaqués en début de soirée au consulat et des roquettes ont été tirées sur le bâtiment, selon des sources officielles libyennes. Les assaillants ont également arraché le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamique, d'après les mêmes sources ainsi que plusieurs témoins.
"Des dizaines de manifestants ont attaqué le consulat et y ont mis le feu", rapporte par ailleurs un habitant de Benghazi. Les témoins ajoutent que des affrontements ont eu lieu entre des forces de sécurité et des hommes armés et que les routes menant au bâtiment ont été fermées. Une autre personne indique que des salafistes se trouvaient parmi les assaillants, faisant état d'actes de pillage et de vandalisme.
Des milliers d'Egyptiens, en majorité des salafistes, avaient également manifesté en ce jour anniversaire des attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis devant l'ambassade américaine au Caire pour protester contre le même film.


Hillary Clinton dénonce l'attentat

Plus tôt, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait confirmé la mort d'un agent du département d'Etat, et déclaré que "certains ont essayé de justifier ce comportement brutal en le présentant comme une réponse à des éléments incendiaires diffusés sur internet".
"Les Etats-Unis déplorent toute volonté délibérée de dénigrer les croyances religieuses d'autrui. Notre engagement en faveur de la tolérance religieuse remonte aux origines mêmes de notre nation", a ajouté Hillary Clinton, "mais que les choses soient claires : rien ne saurait jamais justifier des actes de cette nature". La secrétaire d'Etat a par ailleurs indiqué s'être entretenue avec le président de l'Assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef, des moyens de mieux protéger les Américains travaillant en Libye.
Le Congrès général national (CGN) libyen, la plus haute autorité politique du pays, a lui exprimé son "indignation" et "sa condamnation dans les termes les plus forts" de l'attaque "criminelle" qui a conduit "à la mort et la blessure d'un certain nombre de personnes". Le CGN a par ailleurs annoncé l'"ouverture immédiate d'une enquête" et indiqué que le président du Congrès a appelé à une réunion d'urgence avec le gouvernement.

Une montée en puissance de la mouvance salafiste

Considérée comme fief des islamistes radicaux, Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de la révolution libyenne, a connu une vague de violences ces derniers mois, avec des attaques contre des Occidentaux et des assassinats d'officiers de l'armée ou de la sécurité.
Les autorités libyennes, déjà dépassées par la recrudescence des violences et la prolifération d'armes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre dernier, se sont trouvées depuis quelques semaines face à une montée en puissance de la mouvance salafiste.
La destruction de mausolées musulmans dans l'ouest du pays par des groupes d'islamistes extrémistes a révélé ces dernières semaines au grand jour la puissance de cette mouvance, jusque-là discrète, et connue pour avoir comme bastion l'Est libyen.
Le ministre de l'Intérieur Fawzi Abdelali avait alors expliqué qu'il ne voulait pas risquer une confrontation avec les groupes extrémistes nombreux et bien armés.

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