mercredi 12 septembre 2012

Un film islamophobe ravive les tensions interreligieuses en Egypte

Le film, en anglais, dépeint Mahomet en grossier personnage. Après sa traduction en arabe et sa diffusion via les réseaux sociaux, la colère est montée dans la population égyptienne.

Par MARWAN CHAHINE Correspondant au Caire
C’est un trailer de film, d’une durée de quatorze minutes, qui risque fort de mettre le feu aux poudres dans le monde musulman. Intitulé l'Innocence des musulmans, ce film, à la réalisation sommaire et aux décors de synthèse, se présente comme une satire potache consacrée à la vie de Mahomet.
Mais le caractère volontairement insultant fait peu de doute. Dans les quelques scènes montées, le prophète des musulmans est montré à l'écran sous les traits d’un idiot, obsédé sexuel, ses disciples comme des crétins sanguinaires. En anglais, Mahomet y est surnommé bâtard («bastard»). Dans une des scènes, on le voit avoir une révélation, la tête entre les cuisses de son épouse, Khadija, dans une autre se battre pour ronger un os...
Le film aurait été réalisé par un dénommé Sam Bacile - très certainement un nom d’emprunt - qui se présente comme un Israélo-américain d’une cinquantaine d’années, travaillant comme promoteur immobilier en Californie. Dans un entretien au Wall Street Journal, il affirme que cette vidéo est extraite d’un long métrage de deux heures, réalisé grâce à une levée de fonds de 5 millions de dollars auprès de «donateurs juifs». Ces propos, invérifiables, sont à prendre avec précaution, d’autant que même s’il s’en défend, l’homme semble avoir agi en conscience et rechercher le conflit. Dans son entretien avec le journal américain, Sam Bacile souligne qu’il s’agit d’un «film politique» et que «l’islam est un cancer».

Ultras

Mis en ligne sur Youtube le 2 juillet, le trailer a longtemps échappé à l’attention des internautes jusqu'à ce qu’il soit sous-titré en arabe, relayé sur le réseau social Twitter et promu par plusieurs personnalités controversées la semaine dernière. Parmi elles, le pasteur américain Terry Jones, connu pour ses positions islamophobes, et qui s'était rendu célèbre en mettant le feu à un coran, le 11 septembre 2009, pour le neuvième anniversaire des attentats du World Trade Center. Terry Jones a posté la vidéo sur son site et devait en faire une lecture hier soir dans son temple, en Floride.
Au Proche-Orient, c’est par l’intermédiaire de plusieurs chrétiens d’Orient extrémistes et notamment de Morris Sadek que la vidéo a été largement diffusée. Ce juriste égyptien de confession copte orthodoxe, exilé aux Etats-Unis, a été récemment déchu de sa nationalité égyptienne en raison de ses positions sécessionistes. Il milite pour la création d’un Etat Copte indépendant et la formation d’une armée Copte de l'étranger, se définit comme «pro-israélien» et n’hésite pas à déclarer : «mon ennemi est le Dieu de l’Islam». Si la presse égyptienne a affirmé que des Coptes extrémistes basés à l'étranger avaient participé au film, aucun élément n’est venu confirmer cette thèse.
En Egypte, la vidéo a suscité une vive émotion alors que la représentation du prophète est interdite dans l’islam. Une manifestation rassemblant un millier de personne s’est tenue hier devant l’ambassade américaine du Caire, onze ans jour pour jour après les attentats du World Trade Center. Plusieurs manifestants sont montés sur le mur de l’ambassade et certains ont même pénétré dans l’enceinte du bâtiment.
Aidés par les ultras de football, ils ont retiré le drapeau américain et l’ont remplacé par un drapeau noir avec écrit dessus la profession de foi de l’islam : «Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.» La foule était majoritairement composée d’hommes, salafistes pour la plupart. Mais l’assemblée comptait également des femmes, dont certaines non-voilées. L’une d’elle distribuait des prospectus intitulés «ce que l’islam est vraiment», visant à contredire la conception caricaturale de la religion musulmane véhiculée par le film.

L’Eglise dénonce le film

A quelques pas de là, sur la place Tahrir, une autre manifestation, plus confidentielle, mais également contre le film, était organisée à l’initiative de plusieurs associations chrétiennes, proches des mouvements révolutionnaires. Sur une pancarte, on pouvait voir la croix et le croissant mêlés, symbole d’une Egypte religieusement unie.
Les autorités de l’Eglise copte ont clairement dénoncé le film et ce, malgré un sentiment de persécution très marqué chez les chrétiens et accentué par la récente élection du Frère musulman Mohamed Morsi à la tête de l’Egypte. Le patriarche Anba Pachomios, pape par interim de l’Eglise copte depuis la mort de Chénouda III, s’est emporte contre ceux qui «sèment la zizanie». «Laissez-nous en paix, nous sommes capables de vivre sous la protection et avec l’amour des musulmans», a-t-il notamment déclaré à l’adresse des Coptes radicaux de l'étranger.
Plusieurs observateurs craignent que la colère suscitée par le film et les rumeurs qui l’entourent n’avivent les tensions intercommunautaires. Le Président Mohamed Morsi ne s’est pas encore exprimé sur l’affaire mais Mahmoud Ghozlan, membre éminent des Frères musulmans, a annoncé la tenue d’une immense rassemblement pacifique vendredi sur la place Tahrir.

L'islam ne résistera pas à la communication moderne. Edifiant son emprise grâce à non éducation des masses et à la misère en plus des menaces de mort , d'enfer et j'en passe, l'islam a tout intérêt à revoir ses textes car ceux - ci avec l'idéologie de haine qui y est véhiculée s'effondreront!

Concernant la réaction de l'Eglise copte , on peut la comprendre. Mais cette église oublie qu'elle est responsable de la prise de pouvoir de l'islam en Egypte avoir tous les malheur que cela lui a apporté.

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