vendredi 16 septembre 2011


 Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est attendu vendredi en Libye, au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy et de David Cameron dans le pays, tandis que les combats font rage à Syrte, bastion kadhafiste.
Le chef du gouvernement turc, en visite en Afrique du Nord pour défendre l'influence d'Ankara dans la région, va tenter à son tour de récolter les dividendes économiques et politiques de la situation en Libye. Ankara a également prêté main forte aux insurgés Libyens pour chasser du pouvoir Mouammar Kadhafi.
La Turquie, dont les contrats s'élevaient à une quinzaine de milliards de dollars en Libye, a toutefois soutenu du bout des doigts la campagne aérienne de l'Otan et a tardé à reconnaître le Conseil national de transition libyen (CNT).
Un bateau turc a cependant joué un rôle clé lors de l'évacuation des populations civiles lors du siège de Misrata, sur la côte méditerranéenne, et Ankara a récemment apporté au CNT 300 millions de dollars en liquide, en prêts et en aide de toute sorte.
FRAPPES DE L'OTAN ?
Sur le terrain militaire, les forces du Conseil national de transition (CNT) ont lancé jeudi un assaut à Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, où elles essuient des tirs nourris des partisans de l'ancien "guide" libyen.
"Ils sont maintenant entrés dans la ville. Il y a eu une poussée coordonnée à partir du sud, de l'est, de l'ouest et du littoral. Je ne sais pas exactement jusqu'où ils ont réussi à pénétrer", a déclaré à Reuters Abdoulrahman Bousine, porte-parole du CNT.
"Ils essuient des tirs intenses. Le problème tient en particulier aux tireurs embusqués", a-t-il ajouté.
Le porte-parole de Mouammar Kadhafi, Ibrahim Moussa, rapporte que des milliers de partisans du "Guide" sont à Syrte.
"Nous vous disons qu'il va y avoir demain (vendredi) des terribles attaques de l'Otan et de leurs agents sur le terrain contre les villes qui résistent de Syrte, Bani Walid et Sebha", a déclaré jeudi soir Moussa Ibrahim à la télévision syrienne Arrai.
Je pensais que la résolution ONU était de protéger les civils!
Cette chaîne de télévision a indiqué que seize personnes ont péri à Syrte, dont des femmes et des enfants, après des frappes de l'Otan. Selon cette même source, les kadhafistes ont détruit un navire de guerre de l'Alliance atlantique et plusieurs véhicules. Ces informations n'ont pas été confirmées de source indépendante.
A Bani Walid, ville située à 180 km au sud-est de Tripoli et dernière poche de résistance des pro-Kadhafi avec Syrte et Sebha, les forces du CNT se dirigent vers la ville après avoir été attaquées par des kadhafistes.
"Nous avons reçu l'ordre de nos commandants et nous allons entrer dans Bani Walid aujourd'hui à partir de différentes positions", a déclaré à Reuters Mohammed Djouaida, combattant du CNT, à une vingtaine de km au nord de la ville.
"Nous disposons d'un millier de combattants", a-t-il dit, ajoutant qu'ils n'utiliseraient pas l'artillerie lourde afin "de ne pas toucher les populations civiles".
Un peu plus tôt vendredi, des roquettes tirées par des kadhafistes à Bani Walid ont touché une usine, également utilisée comme hôpital. Selon les médecins, personne n'a été blessée ou tuée lors de l'attaque, qui a été suivie par un vif échange de tirs entre les deux camps.
AUDITOIRE CONQUIS
Jeudi, Nicolas Sarkozy a pris des accents gaulliens pour plaider pour une Libye unie et affirmer que Mouammar Kadhafi et ses proches devraient rendre des comptes.
La brève visite en Libye du président français, accompagné du Premier ministre britannique, David Cameron, a culminé à Benghazi, berceau de la révolte libyenne, où les deux hommes, en pointe dans la coalition internationale contre le régime du "guide" déchu, ont été accueillis par une foule en liesse estimée à 1.500 personnes.
"Amis de Benghazi, nous vous demandons une chose, nous croyons dans la Libye unie, pas dans la Libye divisée," a lancé un Nicolas Sarkozy exalté à un auditoire conquis, sur la plus grande place de la ville, rebaptisée place de la Liberté.
Un peu plus tôt à Tripoli, le chef de l'Etat avait appelé les pays qui accueillent des anciens responsables libyens recherchés par la justice à travailler avec les instances internationales "pour qu'ils rendent des comptes".
Nicolas Sarkozy a par ailleurs assuré qu'il n'y avait eu aucun accord entre les nouvelles autorités libyennes et la France pour le partage des richesses de la Libye et que la France ne demandait aucune "préférence".
Premiers dirigeants occidentaux de haut rang à se rendre dans le pays depuis la chute de Tripoli, il y a trois semaines, le président français et le Premier ministre britannique ont été les principaux animateurs de la coalition internationale qui est intervenue en soutien des insurgés il y a six mois.
La Cour pénale internationale de La Haye a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre l'ancien dirigeant libyen, qui n'a pas été vu en public depuis juin, et certains de ses proches.
Benjamin Massot pour le service français

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