vendredi 1 mars 2013

Kerry veut une solution politique en Syrie

Des forces spéciales américaines participent simultanément à la formation de rebelles syriens en Jordanie.
Réunis à Rome, les soutiens internationaux aux rebelles syriens leur ont apporté davantage d'aide financière et matérielle, tout en les appelant à s'engager dans «un dialogue politique» afin d'éviter à la Syrie de s'enfoncer dans l'anarchie, alors que le bilan des victimes dépasse les 70.000 morts et que les réfugiés s'approchent du million. Les États-Unis vont fournir une «assistance directe» aux rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) sous forme d'«aide médicale et de nourriture», a annoncé le nouveau secrétaire d'État, John Kerry, lors d'une conférence de presse en clôture de la conférence des Amis de la Syrie organisée jeudi à Rome.
Washington va également leur fournir 60 millions de dollars d'aide «non létale» dans les prochains mois, essentiellement des gilets pare-balles, des véhicules blindés et même un entraînement militaire. Celui-ci existe déjà à l'état embryonnaire: selon nos informations, des membres des forces spéciales américaines forment en effet au camp jordanien de Yajouz des cadres de l'ASL depuis l'automne. Mais, à Rome, John Kerry a aussi rappelé à ses amis de l'opposition sa priorité: trouver «une solution politique» à la crise. Pour cela, les États-Unis misent sur leur dialogue avec la Russie, principal allié de Bachar el-Assad, pour lancer «une transition politique» soutenue par un «gouvernement provisoire» qui rassemblerait des personnalités des deux camps. Mais cette perspective se heurte à l'opposition aussi bien du régime syrien - qui refuse tout abandon de pouvoir - que de certains de ses adversaires les plus radicaux, les islamistes en particulier.

Des opposants divisés

Pour marquer leur refus de toute négociation avec Bachar el-Assad, les Frères musulmans, principale composante de la Coalition nationale, ont boycotté la réunion de Rome, à laquelle assistaient seulement Moaz al-Khatib, le patron de la Coalition, et une poignée d'autres opposants, dont Riad Seif. Des dissensions internes à la Coalition pourraient également expliquer le report de leur réunion, prévue samedi à Istanbul, au cours de laquelle devaient être désignés un «premier ministre» et un «gouvernement de technocrates» pour gérer les «zones libérées» de Syrie. Une option à laquelle les États-Unis étaient peu favorables, l'estimant concurrente de leur projet de «cabinet de transition» concocté avec Moscou. «C'est une tentative américano-russe pour ouvrir un dialogue entre le régime et la coalition» qui est à l'origine de ce report, confirmait à l'AFP Sami Nachar, membre de la Coalition nationale.
Depuis Moscou, où il effectuait une visite officielle, François Hollande s'est lui aussi déclaré favorable à ce qu'«un dialogue politique(s'ouvre)sous une forme nouvelle (…) pour que toutes les parties s'y retrouvent», a ajouté le président français, lors d'une conférence de presse avec son homologue russe, Vladimir Poutine. «Nous devons imaginer un dialogue politique qui fasse que l'opposition puisse discuter avec une partie qui puisse être acceptable», a poursuivi François Hollande. Longtemps en pointe contre le régime d'Assad, la France souhaite manifestement ne pas rater le lancement d'un processus politique de sortie de crise en Syrie.


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