lundi 23 janvier 2012

USA-Iran pourparlers?

Trois semaines après que Téhéran ait menacé de mener des actions contre tout porte-avions entrant dans le Détroit d’Hormuz, Washington a réalisé deux avancées : le Secrétaire à la défense américain Léon Panetta a dévoilé, dimanche 22 janvier, que le groupe d’attaque de l’USS Enterprise traverserait le détroit stratégique en mars ; à peine quelques heures plus tard, la Marine américaine envoyait, sans incident notable, le porte-avions USS Abraham Lincoln dans les eaux du détroit stratégique, accompagné de 5 bateaux de guerre britanniques (dont le HMS Argyll, selon  http://www.defencetalk.com ) et français.
 
US Forces Poised to Deal with Iran Threat
 
Le fait de dissiper la crise d’Hormuz a instauré les conditions pour une reprise des négociations nucléaires, menant à l’échange de plusieurs messages par des voies détournées, entre l’Administration Obama et Téhéran, au cours des dernières semaines – au beau milieu des préparatifs israéliens d’une frappe des installations nucléaires iraniennes.
 
Ces évolutions ont creusé le fossé entre les Etats-Unis et Israël. Deux jours plus tôt, le vendredi 20 janvier, le Général Martin Dempsey, Président de l’Etat-Major interarmes américain, s’est rendu en visite en Israël et a insisté auprès des dirigeants israéliens sur la coopération entre Washington et Jérusalem, concernant la menace iranienne. Le gouvernement Netanyahou s’est plaint que toute action ait été reportée depuis des années, pour un prétexte après un autre, et que la même chose s’est produite avec des sanctions potentiellement plus efficaces contre les exportations de pétrole par l’Iran et sa Banque Centrale. Par conséquent, Israël est contraint d’exercer sa propre option militaire contre le péril mortel de l'avènement d’un Iran nucléaire avant qu’il ne soit trop tard, a déclaré le Premier Ministre.
 
Là-dessus, dimanche 22 janvier, le Secrétaire à la Défense Panetta s’est présenté dans un hangar d’avions de l’Enterprise, vêtu de l’uniforme d’un homme d’équipage du navire et a déclaré à son auditoire des 1700 hommes du personnel servant à bord, que le porte-avions serait envoyé vers Hormuz en mars. Sa déclaration était une diversion. Quelques heures à peine après, l’Abraham Lincoln y était déjà présent.
 
Mais ce qu’il a dit sur l’Enterprise se tient comme suit : “C’est toute la mission à laquelle ce porte-avions est destiné. C’est la raison pour laquelle nous maintenons une présence au Moyen-Orient… Nous voulons qu’ils sachent que nous sommes pleinement préparés à faire face à toute éventualité et que le mieux pour eux est d’essayer de trouver une issue avec nous par des moyens diplomatiques ».  
 
Les sources de Debkafile à Washington notent que Panetta était le premier responsable de haut-rang de l’Administration à lancer un ultimatum à Téhéran. Acceptez l’offre américaine de négocier les termes de l’arrêt de votre programme nucléaire, ou affrontez la puissante flotte des porte-avions de l’Amérique. « Notre point de vue, c’est que ces porte-avions, du fait de leur présence, du fait de la puissance qu’ils représentent, sont une part importante de notre capacité à maintenir la projection de notre pouvoir aussi bien dans le Pacifique qu’au Moyen-Orient », a déclaré le secrétaire à la défense.
 
Cependant, derrière cette démonstration de force, Washington se préparait activement à s’asseoir à la table des négociations et à parler. Samedi 21 janvier, le Washington Post a révélé qu’Obama avait envoyé un émissaire spécial à Téhéran porteur d’un message oral, qui propose à l’Iran de rejoindre les Etats-Unis pour reprendre les négociations nucléaires.
 
Le nom de cet émissaire n’a pas été dévoilé – bien qu’il y ait des spéculations affirmant que c’est le Ministre des affaires étrangères turc qui a été choisi pour remplir cette mission- pas plus que la réponse iranienne n’a transpiré.
 
Selon le WP, son contenu se lit comme suit : Les Etats-Unis et la Communauté Internationale ont tout intérêt à la poursuite du libre-échange du commerce et à la liberté de navigation dans toutes les eaux internationales… Depuis qu’il a pris ses fonctions, le Président a clairement fait savoir qu’il était disposé à s’engager, de façon constructive et sérieuse, avec l’Iran, au sujet de son programme nucléaire.
 
Samedi également, les Gardiens de la Révolution iranienne ont déclaré qu’ils considéraient le retour probable des navires de guerre américains comme faisant partie de leur activité de routine. Ils n’ont pas cédé, concernant leur menace initiale. Cette déclaration n’est survenue qu’après que Téhéran ait aperçu l’USS Steinnis, objet de la menace, sortir du Golfe, vendredi 20 janvier, et qu’il ait décidé que c’était bien les Américains qui avaient fait marche-arrière.
 
Les commentaire de Panetta, dimanche, étaient destinées à corriger cette impression et à faire clairement savoir à Téhéran que, bien que le Stennis soit parti, l’Abraham Lincoln était bien là et que l’Enterprise arrivait bientôt, « pleinement préparé à faire face à toute éventualité ».
 
DEBKAfile Reportage spécial 

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